SOOÏ DICT. MED.. ET CUIR. XXVIII
194 PLEURÉSIE. — p. aiguë primitive. — traitement.
active et perpétue l’exhalation séreuse. La guérison n’est pourtant pas impossible, alors les organes voisins se rapprochent, la paroi thoracique se déprime et le vide est à peu près comblé.
La notion du terrain sur lequel la maladie s’est développée joue un rôle important dans le pronostic, et l’on devra tenir compte des conditions d’âge, de constitution, d’étât général, etc. La pleurésie primitive simple, chez un enfant âgé de plus de six ans est d’ordinaire bénigne, et, si sa marche est très-aiguë, la guérison est assurée ; chez l’enfant, toutefois, il faudra tenir compte de la fréquence plus grande des complications. Quant aux pleurésies primitives chez les très-jeunes enfants, les observa-, fions en sont trop rares pour qu’il soit possible d’établir des règles.
Dans la vieillesse, où elle est. aussi rare que la pneumonie est fréquente,! la maladie tend à passer à l’état chronique. II en est de même chez les malades qui ont un état général mauvais, dont la constitution est appauvrie par la misère et les excès, chez les sujets anémiques ou en puissance d’une diathèse, la goutte, la tuberculose, le rhumatisme. A ce propos, on ne devra pas confondre la pleurésie développée pendant le cours du rhumatisme, laquelle est, comme nous le verrons, une affection bénigne,, avec celle qui survient chez un sujet rhumatisant en dehors d’une attaque; aiguë. Celle-ci pâtit en quelque façon du milieu où elle a pris naissance,? et le rhumatisant qui contracte une pleurésie l’a volontiers mauvaise, g
Traitement. — On doit tenir compte de deux faits essentiels: 1° L’acte morbide qui constitue la phlegmasie pleurale. 2° L’épanchement qui en est le produit. De là deux indications importantes : enrayer ou modérer l’inflammation de la membrane séreuse ; faciliter la résorption de l’épanchement à l’aide des moyens médicaux, ou en provoquer l’issue au dehors par l’intervention chirurgicale.
Traitement médical . Au premier rang des agente antiphlogistiques destines à combattre l’élément inflammatoire, se placent les émissions sanguines générales et locales, elles sont surtout indiquées quand la fièvre est très-vive, l’oppression intense, la douleur du côté très-aiguë. Les saignées générales ne sont guère pratiquées aujourd’hui dans la pleurésie ; les médecins en jugeaient autrement dans la première moitié de ce siècle, et la saignée générale tenait alors une grande place dans la thérapeutique. Les faits tirés de la pratique d’Andral, de Bouillaud, de Cruveilhier, de Chomel, de Louis, témoigneht de la haute valeur de cette médication. Entre les mains de ces maîtres éminents, on voyait, grâce aux émissions sanguines, des pleurésies tourner court rapidement, souvent en cinq ou six jours , quelquefois même avant la formation de l’épanchement. Depuis de longues années, une réaction excessive, comme toujours, s’est opérée contre la saignée, et l’on est passé, sur ce point, d’un engouement extrême à une indifférence complète. Dans sa traduction de Walshe, Fonssagrives se plaint que les émissions sanguines n’occupent plus dans le traitement de la pleurésie la place qui leur est due ; le professeur Peter insiste énergiquement sur les conséquences, d’après lui désastreuses, de ce mépris des saignées générales. Il attribue à l’abandon de