‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 37 sur 155 · PLEURÉSIE. - P. AIGDË PRIMITIVE. - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE. - P. AIGDË PRIMITIVE. - TRAITEMENT

cette pratique ancienne la formation si commune aujourd’hui, et naguère inconnue, de ces vastes épanchements dont la résorption est impossible, et dont on n’arrive à débarrasser les malades qu’à l’aide de la thoracentèse, « Je le dis bien haut : de nos jours, à Paris, on abandonne trop volontiers le pleurétique à lui-même, on laisse trop platoniquement- l’épanchement s’opérer, on néglige trop les émissions sanguines. Si, pour les citadins, dont l’organisme n’a pas la vigueur ni le sang, la richesse de ceux des campagnards, on ne peut pas toujours avoir recours à la saignée générale, au moins doit-on commencer le traitement par une application de ventouses scarifiées ou de sangsues, en nombre proportionné à la force du malade et à l’intensité de la douleur comme de la fièvre (à l’intensité de la douleur surtout), application que l’on renouvelle ou non, suivant le besoin (Peter). »

L’emploi des saignées générales n’est pas toujours indiqué; évidemment, chez un malade vigoureux, pléthorique, quand le début est violent et impétueux, si le point de côté est très-douloureux, l’oppression trèsvive, et qu’on assiste à l’explosion de la maladie, il sera très-sage de pratiquer une saignée, laquelle donnera sur-le-champ une amélioration incontestable. Mais, si la pleurésie a des allures moins bruyantes, si elle fràppe un sujet de complexion médiocre que l’on n’est pas appelé à traiter dès les premiers jours, on s’abstiendra des émissions sanguines générales, et l’on donnera la préférence aux ventouses scarifiées qui agissent en même temps comme révulsifs. Indépendamment de leur action antiphlogistique,' elles ont un effet évident sur le point de côté, assez violent quelquefois pour exiger une intervention spéciale: elles font cesser la névrite qui en est la cause.

Les Allemands et les Anglais emploient les mercuriaux comme antiphlogistiques et altérants ; ils prescrivent le calomel à dose fractionnée et les frictions d’onguent napolitain jusqu’à saturation et sialorMiée. Cette méthode populaire chez les Anglais, dans la pleurésie et dans la péricardite, est à peu près inconnue chez nous. La digitale, qui par ses propriétés antipyrétiques’ modère les combustions, peut être donnée au début en infusion ou macération comme antifébrile, en attendant que son action diurétique trouve son emploi dans l’élimination de l’épanchement. On pourrait donner l’émétique comme contro-stimulant, mais les vomissements et la diarrhée qu’il peut provoquer ne seraient pas sans inconvénients chez les sujets débiles. Pour enrayer la marche de la phlegmasie, on tirera encore un bon parti de l’application de larges vésicatoires. Tous ces moyens s’adressent à l’inflammation pleurale, et doivent être appliqués dans la période initiale; il faut les choisir avec discernement et en proportionner l’emploi à la gravité des symptômes.

• Quand la pleurésie est simple, franchement inflammatoire, on s’en tient aces agents thérapeutiques. S’il existe un état bilieux ou saburral, on aura recours à un éméto-cathartique ; lorsqu’il y a de l’adynamie, on emploie les toniques. Quelquefois la fièvre est nettement rémittente, sans être liée à ûn état gastrique; on se trouvera bien alors de l’emploi du sulfate de quinine.

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Quand la réaction fébrile est peu marquée, la douleur de côté médiocre, l’oppression peu accusée, il conviendra de laisser de côté la médication antiphlogistique, pour ne recourir qu’aux agents qui s’adressent plus spécialement à l’épanchement, c’est-à-dire aux révulsifs, ventouses, vésicatoires, badigeonnages iodés ; aux dérivatifs intestinaux, drastiques principalement; aux diurétiques, digitale, diète lactée, nitrate de potasse; aux sudorifiques, jaborandi. Avant d’intervenir trop activement, on fera bien d’observer le marche du liquide : il est des cas où la résolution, trèsprécoce, commence du sixième au dixième jour, mais c’est surtout du quinzième au vingtième qu’elle débute. Tant qu’on la voit se continuer régulièrement, il est inutile d’agir, et l’on pourra ne faire de médicatiotr que si le liquide cesse de diminuer. Toutefois, il ne faut pas oublier que, même chez les sujets vigoureux et robustes, la pleurésie n’a jamais une allure aussi aiguë, aussi franchement inflammatoire, une tendance aussi nette vers la résolution que la pneumonie. On ne perdra pas de vue qu’il faut au malade un certain degré de vigueur pour résoudre sa phlegmasie, et, lorsque l’on sera en présence de sujets anémiques ou faibles, on ne devra pas abandonner la résolution aux seules forces de l’organisme. En pareil cas, une fois la fièvre tombée, l’inflammation languit, elle traîne en longueur, le liquide reste stationnaire, puis tous les phénomènes phlegmasiques disparaissent, et à la pleurésie se substitue un hydrothorax, une véritable hydropisie de poitrine qui n’a aucune tendance à la résolution, ou bien, ce qui est autrement grave, la pleurésie devient purulente ou passe à l’état chronique.

Woillez, surveillant à l’aide des tracés cyrtométriques la marche du liquide, a noté l’effet des diverses médications sur sa résolution; il a obtenu le tableau suivant qui résume en centièmes, pour chaque médication, la proportion des effets favorables ou nuis, et dans lequel on trouve des résultats inattendus. Ces données n’expriment, bien entendu, que l’influence de la médication sur l’épanchement seul ; on n’y trouve pas noté l’effet des diurétiques, dont l’emploi continu amène des modifications graduelles non susceptibles d’être saisies par les tracés de mensuration.

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