‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 41 sur 155 · PLEURÉSIE. — P. PURULENTE. - DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE. — P. PURULENTE. - DIAGNOSTIC

et la maladie peut se prolonger ainsi pendant des mois, une année et même deux .

Que la maladie soit aiguë ou chronique, au bout d’un temps variable les accidents de fièvre hectique surviennent ; il se produit des frissons irréguliers, des sueurs nocturnes, le malade pâlit de plus en plus, il a du dégoût pour les aliments, des diarrhées fétides, de l’œdème des extrémités inférieures, et il finit par succomber dans le dernier degré du marasme.

A la suite des fistules pulmonaires ou thoraciques, la mort survient encore, si le pus, en rapport avec l’air, subit l’altération putride. Le malade épuisé par la suppuration, empoisonné par la résorption des produits septiques que contient sa plèvre, succombe à la fièvre hectique.

Diagnostic. — La pleurésie purulente n’a pas de signe pathognomonique, aucun de ses symptômes ne lui est absolument propre, et sa physionomie est variable comme ses causes : aussi le diagnostic en est-il parfois très-difficile, et de nature à embarrasser les plus expérimentés. Tantôt les caractères de l’épanchement purulent sont manifestes, tantôt on ne peut affirmer que l’existence du liquide , sans rien présumer de sa nature; d’autres fois enfin, l’existence même de la pleurésie est méconnue, le début a été insidieux, et toute la plèvre est prise sans qu’aucun indice soit venu donner l’éveil.

C’est vers le début de la forme aiguë que l’embarras sera le plus grand : dans ces conditions, en effet, rien ne distingue la maladie do la pleurésie simple. Ce n’est qu’en observant la marche des symptômes, en notant que la résorption tarde au delà des limites habituelles , que l’on commencera à soupçonner la suppuration. Plus tard, il est vrai, la face pâlira et prendra la teinte terreuse spéciale ; on verra paraître cet œdème de la paroi costale qui permet d’affirmer, avec une presque certitude, la purulence; mais ces signes, dont la valeur est grande, sont malheureusement inconstants et tardifs.

A défaut des caractères significatifs de la suppuration, il faudra observer avec soin l’état général, et tenir grand compte des modifications qui décèleront un empoisonnement de l’organisme. Parfois on notera une discordance singulière entre l’état plus ou moins grave de l’économie et le peu d’importance de l’épanchement ; souvent il surviendra des frissons répétés, des sueurs, une fièvre continue avec exacerbations vespérales ou des accès fébriles existant seulement le soir, de l’anorexie , de la diarrhée, un peu d’œdème des jambes.

L’étiologie devra venir en aide au diagnostic, la pleurésie suppurée étant presque toujours secondaire, et venant souvent compliquer certaines affections bien connues, les circonstances .dans lesquelles la maladie est survenue constitueront les probabilités les plus grandes en faveur de la nature du liquide: ainsi, certaines maladies étant données, la pleurésie^quL vient les compliquer est presque à coup sûr purulente ; il en est ainsi pour la fièvre puerpérale, la scarlatine grave, la pyohémie, la morve, la fièvre typhoïde.

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