PLEURÉSIE. - P. PURULENTE. — PRONOSTIC
Le terrain sur lequel évolue une pleurésie est également à considérer : il en est tout autrement d’une pleurésie développée chez un sujet jeune, vigoureux et sain, ou de celle qui frappe un organisme usé par l’âge, la misère ou les excès. L’existence de certaines diathèses et surtout de la tuberculose devra être notée, bien que la pleurésie, dans ce cas, ne soit pas nécessairement purulente.
La marche de la pleurésie a son importance pour diagnostiquer la nature du liquide, et, si l’on en excepte les épanchements de la pyohémie et de la fièvre puerpérale, la pleurésie purulente a presque toujours une allure chronique. D’après Verliac, toute collection chronique devient purulente chez l’enfant.
La pleurésie purulente peut être confondue avec les maladies à marche chronique, et notamment avec celles qui, à la longue, amènent de la fièvre hectique et du dépérissement. La tuberculisation étendue d’un poumon, outre ces symptômes généraux, offre des signes locaux qui rendent la méprise plus facile. Entre les troubles généraux de la tuberculose fièvre hectique, diarrhée, cachexie, et ceux de la pleurésie suppurée, il n’y a que des nuances insuffisantes à motiver un choix raisonné; on trouvera plus de ressources dans l’examen physique : une matité trèsétendue d’un côté, avec intégrité absolue ou presque complète du poumon opposé, exclura presque l’idée d’une tuberculose avec laquelle les vibrations vocales seraient en outre normales ou exagérées, tandis qu’elles sont faibles ou nulles dans la pleurésie.
La méprise est plus facile à éviter dans le cas de tumeurs du poumon, de la plèvre ou du médiastin. Les symptômes communs sont la voussure du thorax, la matité, le silence respiratoire, la broncho-égophonie, mais les vibrations vocales sont exagérées par le fait d’une tumeur, et celle-ci, gênant la circulation centrale, amène le développement du réseau veineux sous -cutané; il y a quelquefois un œdème thoracique distinct par son étendue de l’infiltration circonscrite de la pleurésie suppurée. Enfin, quand le poumon ou le médiastin sont envahis par le cancer, on trouve des masses ganglionnaires dans l’aisselle, ou dans le creux sus-claviculaire.
Les hypertrophies du foie, et surtout les kystes de sa face convexe, amènent des déformations, de la voussure et de la matité de la base du thorax ; il y a, dans ce point, absence du bruit vésiculaire et des vibrations vocales; mais la limite supérieure de la matité est convexe en haut dans les tumeurs du foie, concave dans le même sens ou sinueuse dans les collections pleurales, où elle remonte souvent très-haut, en même temps que l’on trouve du souffle et de la matité; dans les tumeurs du foie, le bord cartilagineux des côtes est souvent comme rebroussé en dehors, circonstance qui fait défaut dans la pleurésie; enfin l’étude des commémoratifs, l’existence dans le passé d’un ictère, de coliques hépatiques, le mode de début, la marche de la maladie, achèveront de faire écarter la pleurésie.
Pronostic. — La pleurésie suppurée est d’une façon générale une
PLEURESIE.