‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 44 sur 155 · PLEURÉSIE. - P. PURULENTE. - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE. - P. PURULENTE. - TRAITEMENT

très-petit diamètre, dont la canule, une fois en place, est presque parallèle à la paroi interne de la poitrine, et ne peut léser le poumon. Cette canule porte à son extrémité externe un petit disque de métal ou bouclier, que l’on fixe à l’aide de rubans de fil passés dans les fentes qu’il porte, et collés à plat sur la peau au moyen du collodion. Aussitôt le trocart retiré , on visse sur la canule un ajutage à robinet qui s’adapte à l’aspirateur, on extrait alors le liquide et l’on pratique des lavages et des injections médicamenteuses ; puis, l’ajutage étant enlevé , on ferme le tube avec un bouchon à vis ou obturateur. On peut ainsi répéter l’aspiration et les lavages aussi souvent qu’il est nécessaire .

Moutard-Martin donne la préférence aux canules en caoutchouc, auxquelles il trouve l’avantage de ne pas blesser le poumon, d’être bien tolérées par les tissus qu’elles traversent, sans causer aux malades de douleurs dans les mouvements. Pour les appliquer, on emploie un trocart de moyen calibre, dans la canule duquel le tube que l’on a choisi doit passer facilement. Avant d’introduire le trocart, on glisse à la base de la canule un petit disque de caoutchouc percé à l’emporte-pièce d’un orifice central. Le trocart étant retiré, on glisse le tube de caoutchouc dans la canule, puis on enlève celle-ci, en maintenant le tube dans la plèvre et la plaque de caoutchouc contre la paroi thoracique. Le tube étant alors retenu en place par le disque de caoutchouc qui le serre légèrement, celui-ci est Gxé à la peau par une petite lame de baudruche fixée avec le collodion.

Les canules métalliques et celles de caoutchouc finissent souvent par laisser pénétrer l’air, soit par la canule elle-même, soit sur ses côtés par élargissement de l’orifice d’entrée. Arân a signalé un accident difficile à expliquer et paraissant déterminé par l’emploi des canules métalliques, c’est le développement de péritonites surtout lorsque la canule est à gauche.

Drainage. — C’est l’application aux abcès de la plèvre de la précieuse méthode vulgarisée par Chassaignac. A l’aide d’un long trocart courbe, on pénètre à la partie la plus déclive du thorax dans un espace intercostal, et l’on fait ressortir la pointe de l'instrument à une certaine distance, soit dans le même espace, soit entre deux côtes voisines. Puis, le poinçon étant retiré et la canule laissée en place, on y introduit un drain, c’est-à-dire ce tube de caoutchouc, si employé en chirurgie , qui est fenêtré dans toute sa longueur ; le drain étant ressorti par l’extrémite dé la canule, on retire celle-ci, en maintenant en place le tube en caoutchouc , dont on réunit les deux chefs par un fil. Le pus s’écoule alors peu à peu et cesse de s’accumuler dans la poitrine. Le tube à drainage permet d’effectuer des lavages, mais non sans difficultés, le liquide sortant souvent par les côtés du tube extérieur au thorax; il a en outre l’inconvénient de laisser pénétrer l’air dans la plèvre, et, s’il permet l’évacuation constante et facile du foyer, il finit souvent par être obstrué, en raison du petit diamètre de ses orifices, par les particules solides qui flottent dans l’épanchement. Le manuel opératoire n’est d’ailleurs pas toujours des plus aisés, et il est quelquefois difficile de faire ressortir la pointe du trocart.

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Siphon de Potain. — Cet appareil, des plus ingénieux, a réalisé un grand progrès dans le traitement de la pleurésie purulente. Pour le construire et l’appliquer, il faut introduire dans la partie déclive de la plèvre un tube en caoutchouc de trente centimètres, dont les deux tiers environ doivent pénétrer dans la poitrine, Le mode d’introduction est le même que pour les canules à demeure en caoutchouc, et comme pour cellés-ci l’extrémité du tube est engagée et légèrement serrée dans l’orifice central, un peu étroit pour elle, d’une petite plaque de caoutchouc fixée à la peau à l’aide de la baudruche et du collodion. Une fois cette canule introduite, le pus s’échappe et empêche l’air de pénétrer dans la poitrine. On emploie alors un tube de caoutchouc bifurqué en Y, et dont la branche impaire se termine par un petit cylindre de verre un peu effilé et destiné à être introduit à frottement dans l’extrémité libre de la canule thoracique. Chacune des deux branches paires se relie pareillement, par l’intermédiaire d’un petit tube de verre, à des tuyaux.de caoutchouc longs d’un mètre environ. L’un de ces tubes plonge'' dans un vase rempli du liquide destiné aux lavages et placé à une certaine hauteur au-dessus du lit ; l’autre descend dans un vase destiné à recevoir les liquides qui sortent de la poitrine. Tout le système du tube en Y et de ses deux longs ajutages ayant été préalablement rempli d’eau et fermé à ses trois extrémités à l’aide de serres-fines, on introduit dans la canule thoracique le tube de verre qui termine la branche impaire. Puis, la pince qui ferme celle-ci étant enlevée, l’appareil est prêt à fonctionner. Il suffît d’ouvrir le tube inférieur, en ôtant la serre fine, pour que le pus, sollicité par le poids de la colonne d’eau, s’écoule rapidement. Quand l’écoulement a cessé, on ferme le tube inférieur, on ouvre le supérieur, et le liquide destiné aux lavages se précipite dans la plèvre avec une vitesse qui varie suivant qu’on élève plus ou moins le réservoir supérieur. Pour les lavages, on emploie de l’eau tiède, purgée d’air par l’ébullition. Lorsque la plèvre est remplie de liquide, on ferme le tube supérieur et l’on ouvre le tube d’écoulement ; après avoir répété plusieurs fois cette manœuvre, et lorsque l’eau qui a lavé la plèvre en sort transparente et limpide, on remplace, dans le réservoir supérieur, l’eau par uu liquide modificateur ou antiputride : eau alcoolisée, eau phéniquée ou teinture d’iode très-diluée; celle-ci a malheureusement l’inconvénient d’altérer très-vite les appareils de caoutchouc, ce qui peut amener la rupture et le morcellement du tube à demeure dans le thorax.

Quel que soit l’appareil employé, il arrive un moment où il devient inutile : lorsque la cavité purulente est cicatrisée, lorsque les parois de la poche se sont accolées, il convient d’enlever l’instrument qui a servi aux lavages et a donné issue au pus. On reconnaîtra que la guérison est complète lorsque l’orifice de la canule ou du drain ne laissera plus sortir que quelques gouttes de pus, ou lorsque l’eau des lavages ne pénétrera plus qu’en minime quantité dans la poitrine et ressortira claire et sans être troublée par le pus. Si l’appareil est retiré trop tôt, alors qu’il existe encore une cavité, il peut se faire que l’orifice cutané se ferme provisoi-

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