‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 46 sur 155 · PLEURÉSIE. - TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE. - TRAITEMENT

les lavages ne pouvaient modifier qu’un petit nombre, le pus s’altérant dans les autres et amenant l'infection putride. Il convient d’ajouter que la proportion des guérisons n’est pas toujours aussi considérable, et que, depuis la publication de l’excellent travail du médecin de l’Hôtel-DieUi on a rapporté un certain nombre de cas de mort.

L’opération de l’empyème est souvent préférable à tous les autres procédés, non-seulement à cause de l’issue continuelle du pus, de la facilité des injections et des lavages, mais surtout parce que seule elle permet la sortie de tous les produits solides contenus dans la cavité pleurale, quels qu’en soient le volume et la nature.

La guérison de la pleurésie purulente est souvent très-longue à se produire à la suite de l’empyème ; après l’opération, il survient d’ordinaire une amélioration marquée, puis la suppuration reprend de l’odeur, des signes d’infection putride surviennent ; mais sous l’influence de lavages plus multipliés, d’une alimentation plus réparatrice, les accidents tombent: peu à peu la cavité pleurale diminue de capacité, ce que l’on reconnaît à la quantité de liquide de moins en moins grande qu’elle admet lors des lavages puis au bout d’un temps assez long, variant de quelques semaines à plusieurs mois, la cavité se comble complètement, les. injections ne pénètrent plus et, dans l’intervalle des pansements, il s’écoule seulement quelques gouttes d’un liquide à peine louche. Quelquefois la guérison du kyste pleural est semée d’épisodes inquiétants, et d’alternatives où l’on voit reparaître les symptômes de putridité. Comme à là suite des autres opérations, on voit ici des fistules persister après la guérison, et résister à tous les efforts du médecin. Enfin, dans un certain nombre de cas , la suppuration est intarissable, le kyste n’a aucune tendance â la cicatrisation et les malades meurent épuisés par la fièvre hectique.

Malgré ses avantages, l'empyème impose aux malades une opération grave à laquelle il ne faudra jamais recourir que lorsque des accidents sérieux mettront la vie en danger : il sera donc sage de n’en venir à cette extrémité qu’après avoir essayé des procédés exigeant un traumatisme moindre : la thoracentèse avec injections, le trocart de Dieulafoy, le siphon de Potain ( Voy . art. Poitrine, thoracentèse).

Le traitement médical n’a, dans la guérison de la pleurésie suppurée, qu’une influence secondaire qu’il sera bon, néanmoins, de ne pas négliger. Les malades chez lesquels on est amené à pratiquer l’ouverture de la plèvre sont souvent dans un état de cachexie et de dépérissement assez marqués ; on devra faire appel à tous les agents thérapeutiques de nature à relever les forces et à favoriser l’effort qui s’opère vers la guérison: alimentation réparatrice et de facile digestion, viande crue, vin pur et alcool en petite quantité, quinquina, arséniate de soude, etc. Duboué (de Pau) a conseillé l’usage du tannin à haute dose, dont il aurait éprouvé les bons résultats pour tarir la suppuration. La diarrhée, si elle se produit, devra être combattue par les agents spéciaux qu’elle indique ; mais souvent cette diarrhée est liée à l’odeur fétide du pus : elle est un symptôme de putridité et elle disparaît quand le pus cesse de s’altérer.

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