‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 50 sur 155 · PLEURÉSIE. - P. CHRONIQUE. - SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE. - P. CHRONIQUE. - SYMPTÔMES

La pleurésie chronique est très-souvent partielle, et limitée aux parties déclives; elle peut être sèche même dans la forme simple, mais bien plus fréquemment chez les tuberculeux; alors aussi elle est partielle, mais localisée au voisinage du sommet.

Symptômes- — La pleurésie chronique peut commencer par l’état aigu dont elle est un mode de terminaison, ou bien être primitivement chronique; ces deux formes ne diffèrent qu’au début, une fois l’épanchement formé, elles se confondent dans une symptomatologie commune.

Lorsque la pleurésie aiguë aboutit à l’état chronique, la transition est quelquefois marquée par la disparition complète de la fièvre et de la douleur avec persistance des signes physiques; mais souvent elle est difficile à saisir, et l’on ne peut s’aider, pour juger le début de l’état chronique, delà durée de la maladie, une pleurésie aiguë pouvant devenir chronique après quinze ou vingt jours; dans tous les cas, une durée de six semaines ou deux mois implique la chronicité.

Dans la forme chronique d’emblée, le début est très-insidieux, et cè n’est qu’au bout d'un temps souvent fort long qu’elle se caractérise. Il n’existe pas de douleur de côté, mais une simple sensation de gêne ; la fièvre est nulle ou ne paraît que vers le soir; la toux est rare et sèche; la dyspnée à peine marquée au repos ne s’accuse que dans les mouvements violents, elle ne devient notable que lorsque l’épanchement sé développe. Cet état de simple malaise, qui contraste avec la gravité de l’affection, peut se prolonger durant des semaines et même au delà. Les signes physiques établissent alors la présence d’un épanchement peu abondant de la plèvre.

Quel que soit le mode de début, à un moment donné les symptômes sont les mêmes; ils sont surtout en rapport avec l’existence d’un épanchement considérable.

Les signes physiques sont ceux de la pleurésie aiguë : néanmoins le souffle tubaire et les bruits pseudo-cavitaires, souffle caverneux ou amphorique, gargouillement, sont plus fréquents dans la forme chronique qui détermine la condensation graduelle du poumon et le refoulement de son tissu sur les gros tuyaux bronchiques. L’égophonie est ici beaucoup plus rare que dans la pleurésie commune; exceptionnelle au début, elle est absolument inconnue dans la période de retour. L’épanchement, souvent si considérable dans la pleurésie chronique, entraîne le déplacement des viscères, du foie, du cœur, de la rate et même de l’estomac. U y a alors dilatation de la poitrine d’un côté, et écartement des espaces intercostaux.

Lorsque la pleurésie est sèche, elle est caractérisée par des frottements râpeux le plus souvent limités au sommet.

La marche de la maladie est lente, souvent semée d’exacerbations avec accroissement du liquide; celles-ci indiquent un état plus aigu, et parfois à la suite de ces poussées inflammatoires survient une amélioration.

La durée de la pleurésie chronique est illimitée : elle peut n’être que de trois ou quatre mois, ou se prolonger pendant six mois, un an et plus.

252 PLEURÉSIE. — p. chronique secondaire.

C’est surtout dans les cas d’épanchement séreux que la maladie dure trèslongtemps.

La pleurésie chronique aboutit à la guérison, ou se termine par la mort.

Lorsque la maladie doit guérir, l’état général s’améliore longtemps axant que les signes physiques en disent rien. Bientôt la matité diminue d’étendue et d’intensité, l’expansion pulmonaire revient un peu, mais le poumon ne reprend jamais son volume primitif; le thorax dilaté se réduit peu à peu, la paroi suivant le retrait du liquide. Cette modification n’est pas toujours sensible à la simple vue, et l’on fera bien de pratiquer la mensuration; l’emploi du ruban métrique fera suivre avec précision la marche du liquide et permettra d’éviter une ponction inutile, à une période où, le liquide étant résorbé, des fausses membranes épaisses donneraient encore de la matité et laisseraient croire à la persistance de l’épanchement.

La guérison complète se fait attendre très-longtemps : elle n’est obtenue qu’au prix d’un rétrécissement du côté malade; il peut y avoir ainsi une différence de quatre ou cinq centimètres d’un côté à l’autre. L’épaule du côté atteint est abaissée, le mamelon est situé plus bas et le côté malade plus court que le côté sain. Le rachis finit par décrire une courbure dont la concavité est tournée vers la lésion, et les malades semblent s’incliner de ce côté, ce qui donne à leur allure quelque chose de la claudication. A un degré moindre, le rétrécissement est partiel et borné à la partie inférieure du thorax.

La terminaison favorable peut succéder à l’établissement d’une fistule pleuro-bronchique ou pleuro-cutanée, ce qui est commun dans la pleurésie chronique à épanchement purulent.

Longtemps même après la disparition de l’épanchement, la respiration reste incomplète; le côté malade conserve toujours une élasticité moindre, de la matité et de la faiblesse du murmure respiratoire. Les malades ne retrouvent jamais leur état primitif; ne respirant presque qu’avec un seul poumon, ils conservent une tendance à la dyspnée et s’essoufflentau moindre mouvement.

Quand l’issue est fatale, elle arrive lentement; elle est annoncée par un dépérissement graduel, la fièvre hectique, la pâleur, l’œdème qui, des parois costales, gagne le reste du corps ; il y a des sueurs, de la perte de l’appétit et des forces, une diarrhée fétide et l’état cachectique. Souvent une double perforation pulmonaire et thoracique, en entraînant l’altération putride du contenu de la plèvre, donne le signal de ces fâcheux accidents, qui n’arrivent guère que dans la forme purulente. La mort peut être due encore, dans les cas surtout où l’épanchement est séreux et très-abondant, à une suffocation brusque, à une syncope, tous accidents que nous avons indiqués dans la pleurésie aiguë.

Pleurésie chronique secondaire. — Nous avons vu qu’elle peut tenir à des lésions locales des parois thoraciques ou du poumon, mais dans la grande majorité des cas elle dépend de la tuberculose; les symptômes de cette variété sont les mêmes que ceux de la pleurésie chronique simple,

PLEURÉSIE. — p. CHRONIQUE SECONDAIRE. 233

mais ils empruntent souvent une physionomie spéciale au développement simultané de la phthisie, à l’étude de laquelle ils se rattachent ( Voy. Phthisie pulmonaire, t. XXVII, p. 215). Nous nous bornerons à passer ici en revue les différentes formes de pleurésie qui sont liées à la tuberculose ; ce sont : 1° la pleurésie sèche, qui siège d’ordinaire au sommet ; elle est due à de petites phlegmasies partielles déterminées par l’apparition de granulations sur la membrane séreuse. Ces poussées s’accompagnent de la formation de fausses membranes et d’adhérences; elles donnent lieu à des douleurs thoraciques spontanées ou provoquées. Toutefois, lorsque les fausses membranes qu’elle développe sont très-épaisses, la pleurésie sèche peut donner un peu d’obscurité du son de percussion, mais on la reconnaît surtout par les craquements secs et les frottements que perçoit l’oreille. L’existence d’une pleurésie sèche du sommet est trèssignificative : elle indique d’une façon presque certaine la présence de tubercules pulmonaires.

2° Tuberculose pleurale. Le développement de granulations tuberculeuses sur les plèvres peut être aigu ou chronique. Dans le premier cas, la détermination pleurale est une des manifestations de la phthisie aiguë; elle est souvent accompagnée de tuberculose séreuse généralisée. Elle peut être sèche, mais, le plus souvent, elle provoque la formation d’un épanchement, et, comme la poussée granulique, atteint les deux plèvres, l’épanchement est double. En même temps on observe des manifestations abdominales. Le diagnostic de cette forme de pleurésie est facile : dissémination des lésions, fièvre rémittente avec oscillations très-marquées de la courbe thermique, état typhoïde, etc. (Voy.- Phthisie aiguë, t. XXVII, p. 321.)

Lorsque la tuberculose pleurale est chronique, les granulations ont leur évolution ordinaire, elles se développent sur les plèvres et plus souvent encore sur les néomembranes, où on les trouve sous forme de plaques, de -masses caséeuses. L’épanchement est tantôt séreux, tantôt il est séro-purulent; la nature purulente du liquide est d’ailleurs loin d’être aussi intimement liée qu’on l’avait cru à la tuberculose, et il est fréquent de trouver à l’autopsie un épanchement purement séreux chez des sujets morts avec une pleurésie, à une période avancée de la phthisie, tandis que dans certains cas de pleurésie purulente on ne trouve pas traces de tubercules. Souvent l’épanchement est double et prend alors une valeur diagnostique surlaquelle Louis a beaucoup insisté : sur cent cinquante pleurétiques, il n’avait vu d’épanchements doubles, en dehors du rhumatisme, que dans la, gangrène ou dans la tuberculose. L’apparition d’un épanchement double chez un sujet sain en apparence est donc une présomption de tuberculose.

^Pleurésies accidentelles. Il est enfin une dernière variété de pleurésies liées à la phymatose, ce sont celles qui se produisent accidentellement chez un tuberculeux ou chez un sujet que ses antécédents héréditaires exposent à lé devenir. Il est probable qu’il faut singulièrement restreindre le nombre de ces pleurésies, qui seraient purement fortuites et n’auraient pas pour origine une lésion antérieure de la plèvre. Nous croyons,, avec

234 PLEURÉSIE.— p. chronique secondaire. — traitement. — eirliograi>hie. Hérard et Corail, que dans la majorité des cas les pleurésies qui se montrent chez les tuberculeux sont dues au développement des granulations dans la plèvre. Dans les cas où une pleurésie développée chez un sujet sain en apparence a été suivie à plus ou moins longue échéance de l’apparition des symptômes de la phthisie pulmonaire, on a souvent accusé l’affection pleurale d’avoir provoqué l’éclosion des tubercules dans le poumon; c’était l’opinion de Trousseau et celle de Grisolle. Il est probable que la lésion suit une marche inverse; il y a d’abord des granulations limitées à la plèvre qui déterminent une pleurésie qui peut guérir et reparaître à plusieurs reprises; tant que les tubercules sont limités à la séreuse, la santé peut se maintenir, et ce n’est que lorsque les. lésions spécifiques envahissent le poumon que l’on reconnaît la tuberculose. La marche des pleurésies accidentelles chez les tuberculeux est chronique ou subaiguë, l’épanchement est quelquefois purulent ou séro-purulent, bien souvent aussi il est séreux.

Aran avait supposé que la pleurésie droite était plus spécialement en rapport avec le développement de la phthisie, et qu’un épanchement ! droite était un fâcheux indice et une menace pour l’avenir. L’expérience basée sur un grand nombre d’observations n’a pas confirmé ces idées, qui étaient sans doute l’effet d’une généralisation trop prompte, et l’on voit indifféremment des pleurésies droites ou gauches arriver à la guérison, ou être suivies de symptômes de tuberculose.

Traitement. — Lorsque la maladie n’est pas trop ancienne, et que le processus inflammatoire n’est pas complètement éteint, on pourra tirer quelques avantages de l’emploi des révulsifs cutanés, vésicatoires, teinture d’iode, et des émissions sanguines locales sous forme de ventouses scarifiées, si l'état des forces le permet. Quand l’épanchement, par son abondance, sera un danger pour le malade, si le cœur est déplacé, s’il y a imminence de suffocation, de syncope ou d’accidents graves, on pourraêtre amené à pratiquer la thoracentèse d’urgence.

Si enfin, la maladie n’étant pas trop ancienne, on peut espérer que les fausses membranes qui brident le poumon pourront encore céder et lui permettre de reprendre sa place, on devra tenter l’aspiration suivie d’injections iodées. Mais, quand la pleurésie date de loin, on doit renoncer à l’espoir de voir les deux feuillets de la plèvre se rapprocher et venir au contact. En présence d’une pleurésie tuberculeuse, il conviendra d’être réservé dans l’emploi de la thoracentèse, et de ne la pratiquer que pour parer à des accidents sérieux; en dehors de cette indication, il conviendra de s’abstenir d’une intervention qui n’aurait aucune espèce de chances curatives et amènerait à peine un soulagement éphémère. ^

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PIÆURODYNïIE. — La pleurodynie (xÀeupou ôSuvyj, douleur de côté) est le rhumatisme musculaire des parois thoraciques ; c’est une des espèces les plus fréquentes. Rare dans l’enfance, elle est plias commune chez l’adulte et le vieillard ; on l’observe aussi plus souvent chez les gens adonnés aux affections manuelles et obligés à des efforts violents.

On a rarement l’occasion de pratiquer l’examen nécroscopique des muscles atteints’, et lorsqu’une maladie intercurrente entraîne la mort, on n’observe guère que des résultats négatifs. Il n’existe aucune modification dans la couleur, le volume ou la consistance des muscles, et si quelquefois on a trouvé de la suppuration, c’est qu’on a pris pour le rhumatisme musculaire un phlegmon sous-aponévro tique ou un abcès métastatique. Si l’affection est chronique et ancienne, il peut cependant y avoir décoloration et atrophie du tissu musculaire, radis c’est là une lésion consécutive. Parfois on trouve des altérations plus profondes, et la plèvre est intéressée. La phlegmasie rhumatismale portant sur les muscles pectoraux et grands dentilés peut, surtout quand elle est violente, s’étendre aux muscles intercostaux, à leur aponévrose profonde et à la plèvre pariétale; on trouve alors à l’autopsie 'un exsudât fibrineui limité à la plèvre costale et qui est le vestige d’une pleurésie sèche. L’inflammation rhumatismale peut mèmè aller plus .loin, et donner lieu à l’exsudation d’un épanchement liquide en faible quantité. . :

Symptômes. — C’est une affection le plus souvent purement locale, sans réaction fébrile, ou provoquant à peine un: peu1 de malaise général. Plus rarement le début est marqué par du frisson, de la fièvre, de la courbature, de l’insomnie, mais le mouvement fébrile tombe rapidement Une fois déclarée, et quel que soit son mode de. début, la pleurodynie sc

PLEURODYNIE. — symptômes. 23D

traduit par deux symptômes essentiels : la douleur et la gêne des mouvements musculaires.

La douleur est lancinante, vive, plus forte que celle de la pleurésie, s’exaspérant par la toux et les grandes inspirations, qui restent limitéeset incomplètes. Au lieu d’être vive, la douleur peut être sourde et obtuse; dans les cas intenses la pression 1 exaspère d’une façon bien marquée. Quelquefois limitée à un point restreint, et surtout au voisinage du mamelon, d’autres fois elle est diffuse, répartie sur une large surface et/ùon bornée à un foyer circonscrit. Elle peut atteindre les deux côtés de la poitrine, mais elle est plus commune à gauche, son siège varie d’ailleurs avec lès muscles atteints. Elle occupe souvent le grand pectoral, soit dans une grande partie de son étendue, soit seulement au niveau de ses insertions costales; on la voit aussi affecter les digitations du muscle grand dentelé. Moins fréquemment elle répond aux insertions acromiales du deltoïde, aux fibres du trapèze et du grand dorsal. Elle%jeut, en résumé, occuper tous les muscles superficiels ou profonds de la paroi thoracique. Dans les cas légers la pression est indifférente, ou même elle calme la souffrance ; mais, quand l’affection est intense, si l’on saisit à pleines mains les masses charnues, la douleur devient très-vive. II n’existe pas de points douloureux, et le doigt promené dans l’espace intercostal ne provoque nulle part d’exacerbations.

Les mouvements, aussi bien ceux qu’exige la respiration et les secousses de la toux, de l’éternument, que ceux qui consistent à fléchir ou à étendre le tronc, sont difficiles et pénibles. Pour restreindre la contraction musculaire, les malades osent à peine respirer, et s’ils viennent à s’oublier et à faire une inspiration profonde, ils s’arrêtent brusquement et poussent un gémissement; l’excursion de la paroi costale est diminuée du côté atteint, et le bruit vésiculaire y est moins prononcé. Dans les cas très-violents, il peut exister une véritable dyspnée, et sj. la phlegmasie s’est propagée à la plèvre, il y a de la toux et même aies signes d’auscultation : tantôt du frottement, si la pleurésie est sèche, comme c’est le cas le plus ordinaire, tantôt du souffle et de l’égophonie, s'il yea épanchement séreux.

L’aspect extérieur des parties n’est nullement modifié, il n’y a ni changement de coloration de la peau, ni tuméfaction appréciable.

A part la fièvre qui signale quelquefois le début, il n’existe pas de symptômes généraux. Comme dans toutes les manifestations du rhumatisme, les malades ont souvent une grande tendance aux transpirations abondantes.

La durée du rhumatisme thoracique est variable, il peut être éphémère ou persister durant de longs mois ; il peut, tout en restant localisé au thorax, abandonner son siège initial pour envahir d’autres points, ou bien, obéissant aux tendances propres au rhumatisme, il quitte les muscles atteints pour aller frapper d’autres parties du système musculaire plus ou moins éloignées ; on a même vu, quoique le fait soit rare, celte forme de rhumatisme aboutir à des poussées articulaires qui consti-

240 PLEURODYNIE. — diagnostic. — traitement.

tuaient en quelque façon la signature de la diathèse rhumatismale. Comme toutes les manifestations du même ordre, le mal est voué aux récidives provoquées tantôt par les fatigues professionnelles, tantôt par l’action du froid humide.

En dehors de la pleurésie circonscrite, déjà peu commune, il est rare de rencontrer des complications dans la pleurodynie; on observe quelquefois concurremment une bronchite catarrhale qu’on a considérée alors comme un rhumatisme des muscles bronchiques. Quant à l’endocardite, à la péricardite, à la pneumonie, elles sont absolument rares et exceptionnelles.

Diagnostic. — La pleurodynie est difficile à méconnaître; alors même qu’elle est très-intense, elle n’a guère de commun avec les phlegmasies des viscères thoraciques que les quelques phénomènes fébriles du début, la douleur de côté et parfois une dyspnée légère; il n’existe ni toux, ni crachats, ni signes positifs d’auscultation; à peine, quand la douleur est très-vive, le bruit vésiculaire est-il un peu affaibli, mais on ne perçoit ni râles, ni souffle, ni égophonie, et les bruits de percussion sont normaux.

Dans la péricardite la douleur de côté peut faire songer à la pleurodynie, mais la réaction fébrile intense, la dyspnée, les signes de percussion 4 d’auscultation, ne permettront pas d’hésiter.

La douleur de la névralgie intercostale est plus aiguë, elle s’accompagne d’élancements et correspond au trajet d’un nerf intercostal; elle est localisée, tandis que celle de la pleurodynie est étendue en nappe; les contractions des muscles de la région restent sans influence sur elle et ne l’exaspèrent pas, et de plus la pression provoque des exacerbations douloureuses dans un certain nombre de points assez bien déterminés, dont le plus constant siège à l’extrémité postérieure de l’espace intercostal atteint, au niveau de la gouttière vertébrale. Jamais dans la pleurodynie on ne constate une douleur siégeant uniquement dans deux points situés à une grande distance l’un de l’autre, comme cela arrive dans la névralgie intercostale ; celle-ci est d’ailleurs une maladie fréquente, tandis que le rhumatisme des parois thoraciques est une affection rare, et bien souvent, d’après Yalleix, on a dû prendre une névralgie intercostale pour une pleurodynie.

Le pronostic de la pleurodynie est favorable, elle ne devient fâcheuse que par sa persistance, ou bien lorsque, très-violente, l’inflammation musculaire se propage à la plèvre. Dans ces cas, d’ailleurs assez rares, la pleurésie est toujours très-limitée et le plus souvent sèche.

Traitement. — Dans les cas légers on pourra se contenter de l’application locale de quelques agents narcotiques, ou de l’emploi de révulsifs légers : castaplasmes laudanisés, frictions avec le baume tranquille, badigeonnages avec un mélange à parties égales de teinture d’iode et de laudanum., application d’un sinapisme, frictions sèches ou avec un liniment irritant. On se trouvera bien encore de l’emploi de sachets de sable chaud, de l’usage de compresses

PLÈVRE. — pathologie. 241

imbibées de chloroforme,, qui agissent bien moins comme calmant qu’à titre de révulsif.

. La position du corps est ici très-favorable à l’apaisement des douleurs, et l’attitude qui met dans le relâchement les muscles affectés amène toujours un grand soulagement.

Si. la douleur est très-violente, on devra recourir aux émissions sanguines locales, aux sangsues et surtout aux ventouses scarifiées. Les vésicatoires morphinés donnent aussi de bons résultats ;-.pn pourra recourir encore, pour amener une sédition,. 4jusc bains tièdés, aux bains russes, et surtout. aux. bains de'- valeur, '-dont l’effet est de provoquer une forte diap'hôresei v . . .

Si l’affection tend à devenir chronique, on fera bien de'preserire l’usage îles douches chaudes^avec d^s ..eaux* sulfureuses ou salines ; dans ce but on devra envoyer les malades a Luchon, à Baréges, à Aix en Savoie, ou bien au Mont-Dore, à Néris, à Bourbonne. On pourra recourir enfin à l’emploi de l’électricité sous forme de courants constants.

Pour prévenir les récidives, on devra, après la guérison prémunir les rhumatisants contre l’action du froid et de l’humidité, et leur imposer l’usage de la flanelle. Ils devront éviter les efforts musculaires violents et répétés, et renoncer, s’il est possible, aux professions qui les exigent.

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Eug. d’Heilly.

PLEUROSTHOTOjVOS. Voij. Tétanos.

PLÈVRE Anatomie. Voy. art. Poitrine.

Pathologie. — Il convient de distinguer dans les maladies des plèvres deux groupes bien distincts : les unes sont primitives, affectant la membrane séreuse exclusivement, ou du moins ne développant dans les parties adjacentes que des altérations subordonnées à celles de la plèvre elle-même; les autres sont secondaires et résultent, soit de la propagation de maladies des organes contigus à la plèvre, soit même de maladies d’organes éloignés ou de maladies générales.

Parmi les maladies primitives, il n’y a de très-commune et de vraiment importante que la pleurésie ; la plupart des autres sont des raretés pathologiques : la gangrène, si tant est même qu’elle puisse affecter la plèvre sans intéresser d’abord au moins les couches superfîeiellés du poumon, les tubercules, le cancer, les hydatides et d’autres productions morbides, se montrent quelquefois dans la plèvre à l’exclusion de toute autre détermination dans d’autres organes, mais il est bien plus fréquent que ees

PLÈVRE. — - PATHOLOGIE. — GANGRÈNE, affections de la plèvre résultent de l’extension de maladies analogues occupant le poumon, le médiastin ou d’autres organes voisins, ou bien qu’elles ne soient, comme pour le tubercule ou le cancer, qu’une des déterminations locales d’une maladie générale qui intéresse en même temps les autres membranes séreuses ou d’autres parties de l’économie. Quoi qu’il en soit, nous dirons quelques mots de chacune de ces maladies pour indiquer ce qu’elles présentent de particulier quand elles occupent les plèvres.

Les maladies secondaires. 4es plèvres sont bien plus fréquentes que les maladies primitives, bien entendu, si l’dn excepte la pleurésie. En effet, outre les affections que nous venons d’énumérer (cancer, tubercules, etc.), elles comprennent encore tous les épanchements non inflammatoires qu’on peut observer dans les plèvres, notapipient les épanchements séreux qui constituent l’hydrothorax et les épanchements gazèüx qu’on réunit sous la dénomination de pneumothorax. Bien que ces deux lésions soient habituellement décrites dans les livres de pathologie interne comme des maladies distinctes, ce ne sont pas, à vrai dire, des maladies de la plèvre. Ce -sont des accidents qui viennent compliquer les maladies d’organes divers, et, la plèvre n’est que le réceptable de ces épanchements, sans entrer par elle-même pour la moindre part dans leur formation. Cependant, sous ces réserves, nous devrons étudier l’hydrothorax et le pneumothorax dans cet article, parce que ces accidents ou épiphénomènes,) une fois développés, entraînent des troubles et des conséquences qui, au point de vue pratique, les rapprochent surtout des maladies des plèvres.

Nous observerons, dans l’exposé rapide qui va suivre, l’ordre que nous venons d’indiquer; nous dirons d’abord et à part quelques mots des lésions congénitales ou vices de conformation des plèvres.

A. Vices de conformation. — - Les lésions congénitales de la plèvre sont très-rares. On a vu quelquefois ce sac séreux manquer dans quelquesunes des parties qu’il occupe à l’état normal : ainsi Laboulbène dit avoir vu, sur un poumon droit, les incisures des lobes très-peu marquées et la plèvre ne s’y prolongeant que de 2 centimètres; il n’existait pointée pleurésie ayant réuni les feuillets opposés. Plus souvent, on rencontre des dépressions de la plèvre en certains points de la paroi thoracique ou du diaphragme; l’étude de ce vice de conformation rentre plutôt dans celle des hernies du poumon. Enfin la plèvre manque, bien entendu, au niveau des orifices anormaux qui, dans quelques cas exceptionnels, font communiquer le thorax avec l’abdomen à travers le diaphragme, et permetr tent aux viscères abdominaux de faire hernie dans la poitrine.

B. Maladies primitives. — 1° Inflammation. Voy. Pleurésie.

2° Gangrène. — Laennec a consacré un article spécial à la gangrène de la plèvre qu’il donne d’ailleurs comme une altération très-rare; il la • considère comme rarement primitive, et déclare qu’il n’a vu aucun cas dans lequel elle parût être un effet d’une inflammation aiguë; le plus souvent elle serait la suite de la rupture dans la plèvre d'un abcès gangréneux du poumon ; ou bien encore elle surviendrait dans les pleurésies

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