PLÈVRE. - MALADIES SECONDAIRES
mettre ici en relief, c’est la relation fréquente qui existe entre certaines maladies des plèvres et les mêmes maladies du péritoine.
La tuberculose et la carcinose du péritoine coïncident fréquemment avec des maladies semblables des plèvres, et cette coïncidence a une grande valeur au point de vue diagnostique. En effet l’existence simultanée d’une pleurésie simple ou double et d’une péritonite imposera d’une façon presque absolue l’idée d’une tuberculose des membranes séreuses; si l’on sait, d’après les recherches cliniques d’Empis, que, dans la tuberculose aiguë des séreuses, il est à peu près de règle que les plèvres et le péritoine soient affectés en même temps, cela n’est pas moins vrai pour la tuberculose chronique : Go délier, cité par Yillemin, a posé en loi que, « quand il y a tuberculisation du péritoine, il y a toujours aussi tuberculisation de l’une ou des deux plèvres. » On conçoit toute l’importance clinique de cette loi : dans les cas où une péritonite tuberculeuse ne se traduit que par des symptômes douteux, ou bien encore dans les cas où le diagnostic est hésitant entre une péritonite et une autre affection de l'abdomen, comme une cirrhose du foie par exemple, on devra rechercher immédiatement s’il existe en même temps quelques signes de pleurésie chronique, et les résultats positifs ou négatifs de cette recherche décideront presque toujours à admettre ou à rejeter la tuberculose. Yillemin déclare que bien des fois il a eu l’occasion de vérifier l’exactitude de cetté loi et qu’il n’a jusqu’ici rencontré aucun exemple qui s’en écarte. Mon observation personnelle me permet -d’ajouter que souvent aussi j’ai pu constater la valeur diagnostique de ce caractère de coïncidence.
Gomment comprendre cette relation si habituelle entre certaines affections des membranes séreuses thoraciques et abdominales ? Assurément on peut admettre que les plèvres et le péritoine deviennent malades au même titre et indépendamment l’une de l’autre, par le fait de la diathèse tuberculeuse ou cancéreuse ; il est probable qu’il en est souvent ainsi, notamment dans les cas nombreux où l’apparition des accidents semble se faire en même temps dans plusieurs membranes séreuses. Maison peut encore, dans certains cas, invoquer un autre mécanisme, à savoir la propagation de proche en proche ou à distance d’une altération développée primitivement dans un foyer unique. Nous avons déjà indiqué, à propos de la tuberculose et du cancer des plèvres, que ces affections, le plus souvent secondaires, étaient considérées aujourd’hui comme résultant habituellement d’une infection de voisinage dont le système lymphatiquè serait la voie de transmission la plus fréquente ; les travaux de Yirchow, Villemin, Charcot, Lépine, Debove, Troisier, que nous avons mentionnés, semblent mettre ce mode pathogénique au-dessus de toute contestation. Suivant toute probabilité, c’est d’une façon analogue que se propageraient les lésions des plèvres au péritoine ou inversement : pour le cancer par exemple, Charcot et Debove ont pu suivre la propagation du cancer du sein à la plèvre par les vaisseaux lymphatiques eux-mêmes dégénérés, ainsi que nous l’avons déjà vu ; mais ce n’est pas tout, les mêmes auteurs ont constaté que la dégéné-