‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 6 sur 155 · PINCES · texte numérisé non relu

PINCES

PEVCES. — La Pince (du hollandais Pitsen, pincer; forceps ou volsella, lat.; Àaôtç, grec), est un instrument destiné à l’emplacer l’action du pouce et de l’index dans tous les cas où les parties à saisir sont d’un trop petit ■volume, ou sont situées dans des points inaccessibles aux doigts. La chirurgie a commencé avec une pince et un couteau, et aujourd’hui encore la pince est un des instruments les plus précieux à l’art chirurgical.

Les pines que l’on emploie aujourd’hui sont de trois espèces : 1° les pinces simples, applicables à la généralité des opérations ; 2° les pinces appropriées à quelques opérations en particulier ; 3° la pince à pression continue, dont le mécanisme diffère des autres pinces ; enfin le clamp anglais et ses dérivés, qui ne sont autre chose eux-mêmes que des dérivés de l’entérotome de Dupuytren, sont des pinces à pression continue.

1° Les pinces de la première espèce sont :

La pince à dissection (fig. 1), formée de deux lames d’acier trempé, soudées à une de leurs extrémités, au talon, et dont les extrémités, prenantes ou mors, sont effilées, pourvue de traits de lime sur la face interne du mors. Une bonne pince à dissection ne doit serrer que par la pointe terminale de ses mors ; ses branches doivent être suffisamment larges pour que les doigts puissent la bien tenir, et être suffisamment flexibles pour que l’on puisse serrer facilement les deux mors l’un contre l’autre.

La pince à artères est une pince dont les mors doivent s’adapter par une large surface, elle est munie d’un verrou (fig. 2) de diverses formes.

Cette pince n’a pas besoin de l’élasticité de la pince à dissection. La pince de nos trousses a une rainure verticale à la face interne de ses mors, pour loger au besoin la partie supérieure d’une épingle. La pince à artères est en même temps une pince à suture. Si l’on voulait avoir une excellente pince à ligature d’artères, il faudrait avoir une pince dépourvue de cette rainure, et une autre pince qui la porterait : cette dernière serait une pince exclusivement réservée pour placer les épingles des sutures.

Tillaux a fait construire des pinces à torsion des artères : ce sont des pinces à artères à mors garais d’une barre transversale qui donne au mors la forme d’un T ; c’est une modification de l’ancienne pince à torsion de Thierry.

11 y aune pince en forme de ciseaux ; les lames sont remplacées par des mors olivaires : c’est la pince à pansement. Dans nos trousses modernes, cette pince est pourvue d’un point d’arrêt près des anneaux, de sorte que celte pince à pansement peut servir à lier des artères, à les comprimer et à faire une hémostase préventive ou temporaire.

2° Les pinces appropriées à des opérations spéciales sont :

Les pinces à griffes droites et courbes, dont les mors sont pourvus de griffes engainantes (fig. 5).

Les pinces à mors larges pour faire la ligature des artères au fond d’une cavité.

La pince à suture de Bonnefin (fig. 6).

Les pinces porte-aiguilles , constituées par deux tiges pourvues de mors

engainés dans une canule et qu’on serre en faisant glisser la canule sur les mors, sont une variété de pince qui a été remplacée par la pincetenelte des Américains (fig. 8) , pince dite américaine pour fistule vésicovaginales.

Les pinces à griffes , à fixation de l’œil, sont décrites à l’article Catabacte, t. Vf, p. 498, Iris, t. XIX, p. 448, etc. Ce sont des pinces à griffe modifiées. La pince de Verduin, pour l’entropion; la pince à mors plats de Desmarres, sont des pinces appropriées à une seule opération et qui dérivent des pinces ordinaires. La pince à chalazion de Desmarres (fig. 9) est dans le même cas ; c’est un instrument spécial.

3° Les pinces à- pression continue sont :

Les serres-fines de Vidal (de Cassis), les serres-fortes de Charrière (fig. 10 et 14) ; les petites pinces à anneaux à point d’arrêt, les pinces à disséquer à mors croisés et à pression continue (fig. 12, 13, 14) ; toutes ces pinces ont été arrangées et appropriées à des opérations spéciales. Tel est la grosse serre-fine dont se servait Guersant pour rapprocher les ailes du nez apres l’opération du bec-de-lièvre ; la pince à pression continue appliquée par Rieord et Ycrneuil pour arrêter les hémorrhagies de l’amydale.

Les clamps ou pinces articulées à charnière serrée à l’aide d’une vis ou à l’aide de longs manches sont en certain nombre : telles sont une pince imaginée par Thierry (fig. 15) et Legouest, pour étrangler la base d’un polype naso-pharyngien ; la cuvette articulée imaginée par Jobert pour serrer les hémorrhoïdes avant d’y appliquer le caustique (Voy. Hémorrhoïdes, t. XVII, p. 429), enfin, les nombreuses pinces porte-caustique ou galvano-caustique; imaginées par Follin, Desgranges, Valette (fig. 16) et Amussat fils. Je signalerais enfin le clamp appliqué par Allingham aux hémorrhoïdes, qui semble être une concurrence regrettable à l’écraseur linéaire de Chassaignac.

Enfin, cet article ne serait pas complet, si nous ne mentionnons les pinces des accoucheurs : le forceps (Voy. Forceps, t. XV, p. 351), et le céphalolribe. (Voy. Embryotomie, t. XII, p. 657.)

De l’application des pinces comme moyen d'hémostase. Forcipressure. — Il y a eu de tout temps des chirurgiens qui, dans le cours d’une opération, se trouvant gênés par l’écoulement du sangartériel ou veineux, ont eu l’idée de pincer avec diverses pinces les vaisseaux divisés ; ils terminaient ensuite l’opération, ils levaient les pinces, liaient les vaisseaux qui donnaient encore, les tordaient ou les cautérisaient. Personne n’avait songé à tirer gloire de cette manière d’agir, jusqu’à nos jours. Cependant les ligatures médiates, la compression médiate pour arrêter les hémorrhagies comprenaient l’application de pinces à demeure laissées* plus ou moins longtemps. Les livres classiques du commencement de ce siècle renferment çà et là des mentions de ce fait ; témoin la Nosographie chirurgicale de Richerand (1815 et 1821), t. 111.

Le mémoire publié par Verneuil dans le Bulletin de la Société de chirurgie contient à cet égard un historique qui ne laisse rien à désirer.

Tout le monde s’est servi des serres-fines de Vidal de Cassis, pour ar-

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