PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE. TROUBLES DIGESTIFS
leurs intestinales. A un haut degré d’intensité, il y a rétraction de l’ombilic et de l’anus.
Dans environ un septième de nos cas, les coliques du début ont été suivies d’une débâcle diarrhéique; puis la constipation s’établissait désormais opiniâtre, comme elle l’est d’emblée chez la plupart des malades. Cette diarrhée initiale, commune dans l’intoxication aiguë par ingestion, s’observe plus particulièrement sur les ouvriers en céruse et minium, exposés à absorber rapidement une grande quantité de poison. La constipation s’accompagne d’un certain développement de gaz intestinaux; l’inappétence est absolue, la soif plus ou moins vive ; vomissements fréquents-de matières glaireuses ou bilieuses, éructations et parfois hoquet. Chez quelques sujets , un état ictérique ou seulement subictérique coïncide avec une sensibilité à la pression et une rétraction temporaire du foie (Potain), soit par anémie ou défaut d’apport sanguin, soit plutôt par contraction de la tunique musculaire des vaisseaux (ischémie). Les troubles urinaires seront étudiés en leur lieu.
On remarque de plus quelques signes de faible réaction sur les autres organes; céphalalgie fronto-temporale, avec éblouissements, tintements d’oreilles , subdélirium nocturne et prostration générale; courbature, douleurs et crampes dans les membres, constriction thoracique, etc. L’apyréxie est si fréquente, que Grisolle la donnait comme la règle ; dans certains cas, le pouls se ralentit jusqu’à 40 pulsations par minute, et la température s’abaisse au-dessous de la normale; mais, par contre, on observe quelquefois, comme l’avait noté Blache, pendant les premiers jours, une fièvre pouvant se traduire par une accélération du pouls, 124 pulsations, et par une élévation de la température rectale à 59°, 4 (Lorain) . Le pouls est en outre dur et vibrant ; nous examinerons les caractères de son tracé à propos des troubles circulatoires.
La durée de l’attaque de colique varie de quelques jours à plusieurs semaines. La guérison se fait par le retour des selles et de l’appétit; les récidives sont extrêmement fréquentes, quelquefois nombreuses.
Sans parler des divers symptômes d’intoxication chronique (troubles sensitifs et moteurs) , qui coexistent presque toujours, même avec la première atteinte de colique, à laquelle ils préexistent souvent, les véritables complications, telles que l’encéphalopathie et la paralysie confirmée, ne surviennent guère que dans le cours des premières récidives.
La dyspepsie cachectique , consécutive à de nombreuses atteintes de colique ou d’autres manifestations toxiques graves , revêt différentes formes liées d’ordinaire à un catarrhe gastrique ; l’anorexie en est le principal symptôme.
Desnécropsies empruntées à diverses sources et analysées parTanquerel, etde celle de Kussmaul et Maier, il ressort que le plomb, agissant dès le début sur le tube digestif, y produit d’abord des lésions hypertrophiques des éléments glandulaires êt musculaires, mais, qu’à la longue, son action mène à l’atrophie. Les lésions atrophiques sont les suivantes : du côté de la muqueuse de l’estomac et de l’intestin jusqu’à la partie infé-