PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE
rieure du coIod, atrophie du stroma et des éléments glandulaires frappés de dégénérescence graisseuse ; la tunique celluleuse, surtout celle de l’intestin , offre un épaississement scléreux rétrécissant le calibre des vaisseaux; dégénération graisseuse de la tunique musculaire, spécialement au niveau du pylore et dans l’intestin grêle. Enfin, les ganglions sympathiques, dont la lésion avait déjà été signalée par Tanquerel et Segond, sont indurés, ischémiés, et présentent une diminution de leurs cellules nerveuses (Kussmaul et Maier).
La théorie pathogénique qui s’accorde le mieux avec les faits connus ! jusqu’aujourd’hui, est celle dans laquelle on considère la colique saturnine comme résultant d’une sorte de crampe douloureuse avec parésie et ; névralgie intestinales. Le plomb se fixe sur les éléments de l’intestin dans lesquels il s’accumule en réserve, sous forme d’une poussière noirâtre de ! sulfure (Gubler et Quévenne), soit directement par ingestion, soit indirectement par élimination.
Les causes déterminantes de la colique sont diverses : ingestion d’une suffisante quantité de plomb en un temps donné ; tendance active à l’élimination digestive du poison introduit par les diverses voies, et . suppression de son élimination rénale ou cutanée; solubilisation, mise •en circulation et élimination digestive d’une réserve métallique emmagasinée, soit à la surface du canal alimentaire, soit dans le foie, soit enfin en certains points de l’organisme, par exemple, dans les extrémités atteintes d’intoxication locale par absorption cutanée (Frank-Smith), ..j,^
La solubilisation du plomb est facilitée par les acides (vins acidulés, vinaigre) et par l’iodure de potassium. Les excès alcooliques favorisent,^ développement de la colique, non que l’alcool entrave? par son passages travers le rein, l’élimination régulière du métal, mais plutôt parce que, activant les échanges organiques élémentaires, il déplace le métal fixé dans les tissus et le réintroduit dans le sang (Rosenthal) .
4° Ictère. — L’ictère hépatique , plus rare que ne le pensait Tanquercl, n’est pas nécessairement sous la dépendance de la colique, car il peut se rencontrer chez des sujets qui n’ont jamais eu de colique, et on l’a vu disparaître dans le paroxysme des douleurs. Il semble devoir être rattaché à la sensibilité morbide et à la rétraction du foie, qui, si elles accompagnent quelquefois la colique, peuvent aussi exister en dehors I d’elle, d’une façon plus ou moins permanente, notamment à la période cachectique; le canal cholédoque présente alors les lésions du catarrhe chronique (Kussmaul et Maier). Dans un cas d’embarras gastro-intestinal, nous avons constaté une légère hypertrophie avec sensibilité morbide du foie. La cirrhose hépatique a d’ailleurs été observée une fois par Coûtenot. Les recherches chimiques d’Heubel ont prouvé que le foie est un des organes dans lesquels le plomb s’accumule le plus. Enfin , ce métal s’élimine par la sécrétion biliaire qui en contient des proportions faibles (Hermann), mais cependant appréciables. On ne devra point confondre ! cet ictère vrai avec la teinte ictéroïde hématique de l’anémie saturnine. j
Deux autres glandes annexes de l’appareil digestif, le pancréas surtout