‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 85 sur 155 · PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE. TROUBLES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE. TROUBLES CIRCULATOIRES

hématique est plus fauve, moins franche que dans l’ictère hépatique, dont elle diffère d’ailleurs par les caractères de l’urine.

En dehors de la période aiguë de certains cas exceptionnels de colique, le pouls, petit, mou, facilement dépressible, parfois irrégulier, tombe à 50 et 40 pulsations par minute. Ce ralentissement reconnaît des causes diverses. D’une manière générale, l’affaiblissement de vitalité des éléments anatomiques, n’est plus compatible avec une circulation active; d’autre part, la rigidité des vaisseaux apporte un retard au cours du sang, car la rigidité des canaux diminue le débit d’un courant intermittent (Marey). La macrocythémie elle-même rend le sang moins fluide, parla difficulté que les globules plus volumineux et moins malléables éprouvent à circuler dans les capillaires (Malassez). Il n’est pas jusqu’à la présence du plomb dans le sang qui ne contribue pour sa part à ce ralentissement du pouls, puisque Potain et Malassez ont constaté que du sérum contenant 1 millième d’acétate de plomb passe plus lentement dans un tube capillaire que du sérum pur. Nous citerons enfin l’ictère dont l’action modératrice du pouls est si énergique.

Le tracé sphygmique des saturnins chroniques est pathognomonique (Marey, Bondet, Lorain). 11 offre un plateau ondulé par des ressauts, qui donnent à la pulsation un caractère tricrote et même polycrote, dû, selon

Marey, à une anomalie dans la contraction ventriculaire cardiaque. La ligne de descente est tremblée par une suite de brèves ondulations isochrones, résultant d’une légère trémulation musculaire ordinairement invisible. Il apparaît constamment dans la période aiguë de la colique un tracé analogue, ayant une ligne ascensionnelle courte et inclinée, avec plateau à rebondissements, mais dont la ligne de descente est rectiligne. Teissier fils, de Lyon, attribue ces caractères du pouls à un état spasmodique musculaire des artères.

Hitzig a remarqué sur les veines superficielles du dos des mains et des avant-bras, surtout aux points d’abouchement, des zones de contraction leur donnant une apparence moniliforme; cette contracture annulaire des fibres transversales était temporaire et s’exagérait par les efforts. Les veines n’étaient d’ailleurs ni variqueuses, ni indurées. Nous reviendrons sur le rôle important que cet auteur fait jouer au système circulatoire, surtout veineux, dans la pathogénie de la paralysie.

Les troubles cardiaques manquent parfois au début; mais on observe assez souvent, en particulier dans la période de cachexie, des palpitations et un impulsion exagérée. Nous avons vu un peintre gaucher, atteint de troubles sensitifs de la moitié gauche du corps, surtout au membre supérieur, ressentir à plusieurs reprises une violente douleur cardialgique

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