SOUV. DICT..MÉ0. ET CHIR. XXVIII
322 PLOMB. - INTOXICATION CHRONIQUE. TROUBLES nerveux et locomoteurs,
hémiplégique, parfois limitée à une moitié de la face et au membre supérieur correspondant. Cette même paralysie- peut n’apparaître que dans le cours ou au stade terminal de l’encéphalopathie; elle; s’associe également bien au coma, au délire et aux accès épileptiformes. Bien qu’elle soit accompagnée de troubles de la parole et d’altération des sens, indices de l’atteinte portée à l’encéphale, elle offre néanmoins, chez les ouvriers saturnins, cette particularité intéressante de siéger généralement sur la moitié à laquelle appartient le membre supérieur le plus en rapport avec le poison plombique ; ce qui semble indiquer, parfois du moins, une certaine relation d’origine avec la paralysie locale par absorption cutanée, qui dans ce cas lui préexiste probablement toujours. En dehors de toute explication, ces faits constituent une véritable forme paralytique de l’encéphalopathie qui méritait d’être classée à part. Cette paralysie, d’ailleurs curable, marchant même assez vite vers l’amélioration, -ne devra pas être confondue avec celle qui s’établit lentement dans la convalescence et se montre progressivement croissante,
L’amblyopie et Y amaurose ont été observées dans les divers stades de; accidents cérébraux, auxquels elles peuvent même survivre quelque temps.
Les récidives de l’encéphalopathie sont fréquentes.
Enfin, comme modalités rares du saturnisme cérébral, nous devons encore mentionner la paralysie générale (Delasiauve, Devouges, Boutdesol, Marcé, Ealret et Bucquoy), et une forme hydrophobique (Montault).
Lecerveau des saturnins contient incontestablement du plomb (Devergie, Tanquerel, Empis et Robinet, Guillot et Melsens, Vulpian et Personne) ; il est peu probable que le dépôt métallique se localise dans les tuniques artérielles (Rosenstein) à l’exclusion de la substance cérébrale, comme on a cru l’avoir démontré par l’analyse du cerveau d’un malade mort d’encéphalopathie dans le service de Moutard-Martin ; il ne suffisait pas, dans ce cas, de constater l’absence du plomb dans l'encéphale dépouillé de ses enveloppes et étanche de sang ; il eut, de plus, fallu démontrer directement la présence du métal dans les méninges.
Chez les sujets ayant succombé à l’encéphalopathie, le cerveau offre un aspect caractéristique. Il est ischémié, d’où pâleur de la substance grise, et quelquefois œdémateux; souvent jaunâtre, ictéroïde , il est ferme, résistant, donnant, sous le doigt qui l’écrase, la sensation molle et collante de la pâte de guimauve (Martin-Solon) ; ses circonvolutions, aplaties et serrées les unes contre le$> autres, le font paraître hypertrophié (Tanquerel et Grisolle). Nous ne rejeterons pas absolument les constatations anatomiques de Thomas, de Canuet et d’Andral, relatives à un ramollissement des centres nerveux, car une nécropsie de Négrié a montré un peu de ramollissement, des congestions et des noyaos apoplectil'ormes dans l’encéphale d’un- sujet mort d’encéphalopathie mixte (Talforin).
Les méthodes histologiques actuelles ont été jusqu’ici impuissantes à révéler aucune lésion appréciable.