KOUV. DICT. MÉD. ET CHIR. XXVIII
558 PLOMB. — intox, chron. rapports du saturnisme avec le traumatisme. avant l’amblyopie. Il semble que la dilatation pupillaire parétique dépend d’une amaurose à un degré plus avancé.
L’amblyopie et l’amaurose sont le plus souvent liées à la paralysie de sensibilité cutanée; elles sont alors ordinairement dues à une névrite optique spéciale (Hirscbler) : injection et opacité des papilles, dont les bords sont obscurcis par un voile rougeâtre (Schneller) . A l’inflammation peut succéder l’atrophie (Hutchinson), qui dans certains cas serait essentielle et primitive (Ilorner). Cette amblyopie s’établit lentement, affectant, tantôt les deux yeux, tantôt plus particulièrement ou même exclusivement l’œil correspondant à la moitié du corps dans laquelle la paralysie sensitive prédomine ou siège uniquement (hémianesthésie). D’ailleurs, d’une manière générale, nous avons constaté la prédominance des divers troubles visuels dans la moitié du corps à laquelle appartenaient les parties atteintes de saturnisme direct. Dans le cas d'hémianesthésie croisée à la face et au reste du corps, nous avons toujours vu l’anesthésie faciale entraîner une altération de la vue du même côté, tandis que la surdité siégeait du côté de l’anesthésie des membres. Weiss avait déjà signalé l’amblyopie unilatérale dans l’hémiplégie saturnine. Nous relaterons dans la thérapeutique un cas de névrite optique locale et directe, par absorption oculaire médicamenteuse. A la période hypérémique, la guérison s’effectue graduellement en un ou deux mois, ou même brusquement en quatre ou six jours; le pronostic devient beaucoup plus grave, quand il y a atrophie prononcée de la papille.
Dans l’amaurose qui précède, accompagne ou plutôt suit l’encéphalopathie, il y a ordinairement œdème de la papille, dépendant d’un étranglement du nerf optique par accumulation de liquide dans l’espace intervaginal par suite d’une augmentation de pression intra- crânienne (Meyer). L’atrophie totale des nerfs optiques peut en être la conséquence ; d’-autres fois, la vue est presque rétablie après plusieurs semaines.
Rarement enfin, s’observerait la cécité moins gravé, par rétinite albuminurique (Danjoy, Després) ; plus exceptionnelle encore est l’amaurose urémique, passagère, bénigne, sans signe ophthalmoscopique notable (Duplay).
Ouïe. — Les troubles de l’ouïe se rencontrent en générât associés aux altérations de la vue : les bourdonnements et le tintement d’oreille, avec les éblouissements, accompagnent la céphalalgie; et la surdité s’allie à l’amaürose. Les altérations de l’ouïe siègent aussi uniquement ou prédominent du côté le plus anesthésié; mais, nous l’avons dit, quand il y a croisement de l’hémianesthésie, la surdité siège du même côté que l’anesthésie des membres. La surdité, complète ou incomplète, est tantôt passagère, tantôt, mais plus rarement, permanente.
Goût et odorat. — Outre la sensation sucrée ou amère qu’éprouvent souvent les malades, on observe un affaiblissement et une perte du goût et de l’odorat, sous la dépendance de l’hémianesthésie.
F. Rapports du saturnisme avec le traumatisme. — Les plaies des saturnins se compliquent facilement de lymphangite et à’ érysipèle, qui en compromettent ou tout au moins en retardent la guérison.