MICROBES. - RÔLE DES M
Le hacterium du choléra des poules (fig. 41) (Joannis et Mégnin, Semmer, Perroncito, Toussaint et Pasteur) est un microbe assez analogue au bactérium terme, dont les extrémités sont également plus colorées que la partie centrale, ayant la forme d’un 8 de chiffre, c’est-àdire un peu étranglé au milieu. Sous l’influence de l’oxygène, ce microbe perd son énergie, s’atténue (après un ou deux mois) et peut servir de vaccin ; il a 1 p, 5 à 3 n de longueur sur 0 p, 25 à 0 fi, 5 de largeur. Quant à son rôle pathogène, il est mis en doute par Klein, qui se demande si les inoculations ont été faites avec la bactérie pure ou un microbe accidentel.
Bacilles pathogènes. — C’est dans le genre bacillus que nous rencontrons les microbes les plus importants au point de vue qui nous occupe.
Le hacillus anthracis (fig. 42 (bactéridie du charbon de Davaine), bacilles immobiles et aérobies qu’on trouve dans le sang et surtout les vaisseaux de la rate, du poumon et du foie des animaux morts du charbon; ils ont, suivant les espèces animales, de 5 à 20 jx de longueur sur 1 à 1 fc, 2 de largeur, et sont tronqués à leurs extrémités; ils se divisent quand ils ont atteint environ le double de leur longueur primitive. Dans un liquide nutritif à 36 degrés, ils s’allongent en longs filaments, réunis par faisceaux, et dans lesquels se montrent à intervalles réguliers des spores ovoïdes et brillantes qui deviennent libres et, cultivées artificiellement ou injectées à un rongeur, reproduisent les bacilles caractéristiques (lig. 43). Ces spores ont 2 à 3 p. de longueur et ne prennent pas les couleurs d’aniline, ce qui les différencie des bacilles ; elles sont animées de mouvements rapides. Les bacilles du charbon se détruisent par la putréfaction (Pasteur), une température de 40 degrés (sang des oiseaux) arrête leur développement. Les spores ont une résistance considérable; elles conservent, même desséchées et pendant plusieurs années, leurs propriétés infectantes, et résistent à l’air comprimé (P. Bert). Ces spores, formées
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dans le, sol où ont été enfouis des cadavres d’animaux charbonneux et ramenés à la surface par les vers de terre, permettent l’inoculation sur des animaux qui vont paître dans ces prés.
Les bacilles peuvent être si nombreux dans le sang, qu’ils arrivent à obstruer les vaisseaux ; ailleurs, la mort survient sans que le nombre des microbes soit bien considérable.
Ces mêmes bacilles se retrouvent dans la maladie des trieurs de laine, dans la pustule maligne et dans certaines formes de mycose intestinale (charbon gastro-intestinal).
Cultivés à 42 degrés et 45 degrés dans le bouillon de poule, ces bacilles ne donnent plus de spores (Pasteur); maintenus à cette température pendant six semaines, ils meurent et ne peuvent plus ensemencer un nouveau bouillon; mais, pendant qu’ils vivent, ils ont perdu toute virulence, et cela d’autant plus que le temps de culture est plus prolongé. A cet état, ils peuvent servir de vaccin ; inoculés aux animaux susceptibles dé contracter le charbon, ces liquides de culture donnent une maladie plus bénigne que le charbon et confèrent l’immunité pour celui-ci.
Examiné suivant le procédé de Weigert et Koch, le filament semble constitué par une mince membrane hyaline dans laquelle se trouve une rangée de masses cubiques ou allongées de protoplasma fortement coloré. Dans un milieu favorable, chacune de ces masses peut contenir une spore.
Le Bacille du charbon symptomatique, dont Chabert a montré la différence avec les autres affections chaibonneuses, a été décrit par Arloing, Cornevin et Thomas : c’est un bacille de 0«,5 à 0,6 d’épaisseur surlft, 5 à 5 ou 6 ^ de longueur, mobile, enferme de battant de cloche, à spore terminale, ovale, brillante. Injectés en petite quantité, ou chauffés à 85 degrés pendant six heures, ces bacilles donnent une maladie légère qui procure l’immunité ; ils sont difficiles à cultiver.
Le vibrion septique de Pasteur, ou bacille de V œdème malin de Gaffky et Koch. Bacilles de 3à 5 ^ de longueur sur 1 pi d’épaisseùr, accolés par leurs extrémités, formant des chaînes de deux à plusieurs éléments et donnant lieu à des pseudo-Blaments de 20 à 40 y droits ou recourbés. Ils forment des spores sans le secours de l’air, c’est-à-dire qu’ils sont anaérobies. On les trouve dans la terre, l’humus, la poussière du foin, les liquides putréfiés, les cadavres. Inoculés dans le tissu cellulaire d’un cochon d’Inde, ils déterminent la mort de l’animal en seize à vingt-quatre heures.
Le bacille de l'érysipèle du lapin (Koch) est un micro-organisme de 3 ft de long sur 0 p, 3 d’épaisseur que l’on rencontre dans l’érysipèle produit par l’injection des selles de souris.
Le bacille de la septicémie de la souris (Koch). Dans le sang et les liquides putréfiés, on trouve des bacilles de 1 y sur 0 p, 2, réunis deux à deux, ou en chaînette, qui, injectés à des souris, entraînent la mort en quarante à soixante heures.
Bacille de la stomatite ulcéreuse du veau (Lingard) . Il a 4 à 8 p de longueur sur I pi de largeur, se présente sous forme de faisceaux de
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filaments droits ou recourbés et contient quelquefois des spores. Le même bacille aurait été trouvé dans un cas de noma chez l’homme (Lingard).
Dans la septicémie de V homme, Klein a ti'ouvé quelquefois des bacilles isolés ou en chaînettes courtes, ayant 1 à 2 f«, 5 de longueur sur Ou, 3 à Ou, 5 d’épaisseur, formant des masses continues dans les capillaires et les petites veines.
Des bacilles gros et longs contenant parfois une ou deux spores ont été décrits par Arloing, Cornevin et Thomas, dans la gangrène gazeuse ; cultivés à l’état de pureté et inoculés aux animaux, ils auraient reproduit la même maladie.
D’autres bacilles courts, de 1 à 2 jt de long sur 0 fi, 5 à 0 p, 8 d’épaisseur, ont été trouvés par Frisch dans les grandes cellules des tumeurs du rhinosclérome.
Les bacilles du rouget du porc (Klein) ont de 1 à 3 p. de longueur, sont mobiles et susceptibles de former des spores par la culture. Ces cultures donnent une maladie atténuée et l’immunité contre une inoculation ultérieure. Ces bacilles existent dans les liquides des tissus, mais non dans le sang.
Le bacille de la morve (Schulz et Loeffler, Bouchard, Captan et Charrin, Wassilieff, Bahès) est long de 2 à 5 p, et épais de 0 p. 3 à 0 P 4. Ces microbes se rencontrent dans les tubercules et les ulcérations des organes internes des chevaux morts de la morve. Cultivés et inoculés par les auteurs précités, ils ont reproduit la morve sur des ânes, des chevaux, et surtout sur le cochon d’Inde, très-apte à contracter la maladie.
Dans la fièvre typhoïde, Eberth, Klebs, Gaffky, ont décrit dans la muqueuse intestinale, les ganglions mésentériques, la rate, le foie, le larynx, les poumons des typhiques, et Bouchard les a retrouvés dans l’urine et les reins, des bacilles de 0 p. 6 d’épaisseur et d’une longueur variable, mais pouvant donner des chaînes de 50 p. de longueur . Ces bacilles donnent naissance à des spores qui ne se colorent pas. Ils ont été cultivés par Gaffky, mais l’inoculation aux lapins et aux cobayes, où elle aurait produit une infiltration des plaques de Peyer, n’est pas assez dém.onstrative pour forcer la conviction ; sauf peut-être le cheval, les animaux paraissent en effet réfractaires à la fièvre typhoïde.
Bacilles de la malaria. — Klebs et Tommasi-Crudeli, analysant l’air, l’eau et le sol des marais Pontins, y ont décrit une série de micro-organismes, parmi lesquels des bacilles de 2 à 7 p. de longueur, munis de spores à leurs extrémités ou au milieu, pouvant s’allonger en filaments, aérobies et mobiles, et qu’ils considèrent comme les agents de la fièvre intermittente. Inoculés à des lapins, ces bacilles auraient reproduit les diverses formes de l’intoxication palustre ; mais ces résultats sont loin d’être concluants, car dans les pays à fièvre les lapins ne prennent pas la malaria et il est même contestable que les symptômes observés à la suite des inoculations aient été ceux de la fièvre palustre. D’ailleurs les expériences de Sternberg avec les cultures provenant du sol (des localités
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paludéennes de l’Amérique ne concoi’dent pas avec celles de Klebs et Tommasi-Crudeli.
d’après Laveran.* déformés (Laveran).
Les recherches de Laveran ont porté sur le sang des paludéens, et il pense que le parasite de la fièvre intermittente s’y trouve sous trois formes : les corps n“ 1 (fig. 44) sont des éléments allongés, fusiformes ou incurvés en croissant, de 8 à 9 de longueur sur 3 [j, de largeur ; les corps n" 2 (fig. 45) sont d’ordinaire sphériques, de 6 [j. de diamètre, et présentent à leur intérieur une couronne de granulations pigmentaires ; quelques-uns, animés de mouvements, sont munis de filaments très-ténus, se mouvant dans tous les sens, étalés de tous côtés ou groupés en un seul point et ayant une longueur d’environ trois ou quatre fois celle d’un globule sanguin ; ces corps changent de forme pendant qu’on les examine ; enfin les corps n° 3 (fig. 46), plus grands que la partie sphé-
Fjg. 45. — Microbes de la malaria (Laveran). ««
rique des précédents, ayant de 8 à J 0 \j. de diamètre, à forme plus ou moins irrégulière, présentant également dans leur intérieur des granulations pigmentaires déposées sans ordre ou formant une couronne
par l’acide osmique à 1/300 et la glycérine picro-carmince ; on aperçoit un double contour.
*«A, corps n” % immobile; B, corps n- 2 avec filaments mobiles. Ces filaments, au nombre de quatre, sont munis d’un petit renflement à leur extrémité libre. B', autre aspect d’un corps n‘ 2 en mouvement, les filaments mobiles sont situés d’un même côté; C, un filament mobile devenu libre; D, corps sphérique rempli de granulations pigmentaires qni s’agitent très-vivement; E, corps n- 2, dans une préparation de sang traitée par l’acide osmique à 1/300 et conservée dans la glycérine picro-carminée ; oa aperçoit un double contour
[Supplément] MICROBES. — rôles des m. 5“29
comme dans les précédents. S’agit-il là d’éléments d’espèces différentes? n’a-t-on affaire qu’à des formes diverses d’un même parasite? est-ce bien là l’agent de la fièvre paludéenne? Autant de questions auxquelles il serait prématuré de répondre. Depuis les travaux de Laveran, Marchand a décrit dans le sang des sujets atteints de fièvre palustre des bâtonnets allongés et des diplococcus. Tout cela est encore sujet à contestation; en tout cas, si les éléments décrits par Laveran sont véritablement pathogènes, il ne s’agit pas là de microbes dans le sens que nous avons donné à ce mot, de schizophytes, car il n’est pas possible de les colorer avec les couleurs d’aniline.
Fig. 47. — Bacilles de la lèpre d’après Neisser. *
Bacilles de la lèpi^e (fig. 47). — Armauer Hansen, puis Neisser, ont découvert dans les grandes cellules lépreuses de Yircho-w, dans les néoplasmes de la peau et des muqueuses, les nerfs et les ganglions, les organes atteints, des bacilles rigides, quelquefois renflés à leurs extrémités, de 3 à 7 [i. de longueur sur 0 p.4 à 0 j;, 5 de largeur, que Neisser a pu cultiver artificiellement, mais que l’on n’a pu inoculer avec succès aux animaux domestiques ni aux singes. Damsch, Kœbner, Vidal, ont essayé en vain de reproduire la lèpre par l’inoculation. Les bacilles de la lèpre sont à peu près semblables à ceux que nous allons trouver dans la tuberculose, mais ils s’en distinguent par la facilité avec laquelle ils se colorent par la fuchsine en solution et leur plus grande résistance à la décoloration par l’acide nitrique.
Bacilles de la tuberculose (Koch). — ]La description du microbe tuberculeux (fig. 48 et 49) a été faite par Hanot à l’article Tuberculose de ce dictionnaire, t. XXXVI, nous ne le signalerons ici que pour
*A, Bacilles; B, les mêmes avec formaüon d'espaces translucides; C, cellules de boutons __lêpreux avec bacilles.