‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 40. supplChapitre 32 sur 531 · MICROBES. - RÔLES BES M · texte numérisé non relu

MICROBES. - RÔLES BES M

[SüfpléjientJ

ce bacille a cependant été attaquée par un grand nombre -d’auteurs (Straus, Finckler, Lewis, etc.), qui ont retrouvé des éléments semblables en dehors du choléra et ne les ont pas rencontrés dans tous les cas ; cependant Koch a maintenu ses premières assertions, tout en n’ayant pas réussi par l’inoculation de ce microbe à donner le choléra aux animaux sur lesquels il a expérimenté (il aurait cependant réussi à donner le choléra aux cobayes par un procédé qu’il n’a pas encore publié).

Fig. 50. Fig. 51.

Bacille-virgule du choléra. Polymorphisme du bacille-virgule de Koch dans les cultures. «

Spirochaete pathogène (fig. 52). — Le seul spirochaete qui doive nous intéresser ici est celui qu’Obermeier a décrit (1873) dans ldi fièvre récurrente. De 16 à 40 p. de longueur, à courbes très-égales, à mouvements rapides et ondulés, il se meut en spirale et s’incurve sur son axe autour d’une portion immobile qui sert de pivot. Il existe dans le sang pendant l’accès, puis disparaît peu à peu, il n’en reste plus deux ou trois jours après la fin de l’accès. Koch et Carter, par l’inoculation de sang humain contenant le spirille d’Obermeier à des animaux, ont réussi à leur transmettre la fièvre récurrente. Cependant on n’a pu parvenir jusqu’ici à fournir la preuve irrécusable de son pouvoir pathogène par des cultures en dehors de l’organisme et la réinoculation de leur produit.

D’après la définition et les limites que nous avons attribuées au terme microbe (schizophytes), nous n’avons pas à nous occuper des affections que déterminent un certain nombre d’autres organismes inférieurs appartenant à la classe des champignons ; elles ont, du reste, été étudiées à l’article Parasites de ce Dictionnaire, t. XXVI. Cependant il est une affection connue ou du moins étudiée depuis peu et qui, n’ayant pas trouvé sa

* Bizzogero et Friket. Microscopie clinique.

«A, éléments isolés entre les globules de sang; B, éléments formant un feutrage dans lequel les globules sont contenus.

Fig. 52. — Spirochaete de la fièvre récurrente (grossi 700 fois).

332 MICROBES. — rôles des m. LSdppléhemt]

place dans ce Dictionnaire, mérite du moins une courte mention ; nous voulons parler de V actinomycose, nom donné par Bollinger à une maladie de l’espèce bovine, plusieurs fois observée chez l’homme, ressemblant, eu général, par son évolution, à l’ostéosarcome, donnant dans certains cas le syndrome de la tuberculose miliaire aiguë, et due à la présence dans l’organisme d’un champignon astériforme, l’actinomycète (Artigalas), fig. 53. Étudiée par Lehert, Rivalta, Perroncito, Bollinger, chez le bœuf, la maladie se présente sous forme de tumeurs solides des gencives, et d’un gonflement avec induration de la langue. L’épaisseur de cet organe est parsemée de petites tumeurs microscopiques dans le centre desquelles se voit un amas d’actinomyces (fig. 54) . Des tumeurs analogues se rencontrent quelquefois dans la peau et le poumon, où elles simulent des tubercules d’autant mieux qu’elles sont entourées d’une zone de cellules géantes, épithélioïdes et lymphoïdes, analogues à celles qu’on observe dans la tuberculose. Israël, puis Ponfick, ont signalé un certain nombre d’observations d’actinomycose de l’homme ; chez lui la maladie est caractérisée par des ahcès métastatiques dont l’origine semble être dans un abcès des gencives et qui se trouvent dans différents organes internes. L’actinomyces aurait été cultivé par Israël sur le sérum de bœuf solidifié, Johne l'aurait transmis d’animal à animal par inoculation, et Israël aurait réussi à inoculer la maladie à un lapin en lui introduisant dans la cavité péritonéale un fragment d’une tumeur actinomycotique de l’homme (Klein).

f IG. 55. — Âctiuoiayces. Fig. o4. — Langue actinomycotique (Klein). *

Cette liste déjà si longue de microbes dont les relations avec certaines maladies sont généralement admises, nous pourrions l’augmenter encore, si nous voulions indiquer toutes les affections qu’à tort ou à raison on a

♦ Klein. Microbes et maladies, trad. Fabre Domergue.

;Sdppléîiest] MICROBES. — mode d’aitiok des m. pathogènes. 555

cherché et on cherche tous les jours à englober dans le groupe des maladies infectieuses, et pour lesquelles on a voulu découvrir le microbe qui leur donne naissance. Mais si, laissant de côté les exagérations d’un enthousiasme trop facile, nous nous reportons à ceux que nous venons de décrire, nous verrons qu’il en est bien peu pour lesquels la démonstration soit parfaite, et dont le rôle pathogène soit à l’abri de toute discussion.

Mode d’action des micdoees pathogènes. — Pour les microbes zymogènes, les conditions de nutrition de ces organismes nous rendent compte jusqu’à un certain point des nombreuses modifications qu’ils font subir aux liquides qui fermentent ; les processus de dédoublement, de décomposition, qu’ils y produisent, se résument à la formation de corps que la chimie peut isoler ou analyser avec toute rigueur scientifique, mais il s’en faut que nous possédions des données aussi complètes et aussi exactes sur le mode d’action des microbes pathogènes.

Ici se pose une question préjudicielle. Existe-t-il des microbes véritablement et primitivement pathogènes, ou bien les propriétés infectantes de certains d’entre eux ne sont-elles que des « propriétés d’emprunt provenant du milieu spécial où les microbes ont végété? » L’action infectante que possède la bactérie d’un varioleux ou d’un diphthéritique et qui manque à la bactérie similaire dont l’origine est autre, est-ce une propriété primitive ou n’est-ce qu’une « vertu de seconde étape, issue du milieu originel? » Les microbes ne deviennent-ils pathogènes « qu’à la condition d’avoir passé par un organisme malade? » Cette dernière hypothèse, quia été soutenue et défendue avec le talent que nous leur connaissons par des hommes tels que Naegeli, Ch. Robin, Jaccoud, Peter, est basée surtout sur le fait de la similitude qui existe entre les microbes que l’on a décrits comme agents infectieux et les bactéries vulgaires, inoffensives, et elle était étayée par les expériences de Bûchner, de Sattler, de Grawitz, qui, transportant pendant plusieurs générations dans des milieux de culture variés le bacille de l’infusion de foin, cultivant dans l’infusion de jequirity des bacilles inoffensifs, maintenant à de hautes températures (39 à 40“ C) et dans des milieux alcalins les spores des moisissures ordinaires, les auraient vus prendre des propriétés pathogènes, le premier se transformant en bacillus anthracis, les seconds donnant une ophthalmie purulente, les troisièmes produisant une mycose généralisée chez le lapin. Ces expériences ont été discutées et les conclusions en ont été rejetées par Koch, qui a repris toutes ces recherches et, se mettant à l’abri de toute contagion extérieure, n’a jamais vu un microbe moîî&asiiabiniüo devenu pathogène ensuite; d’autre part les études les plus récentes sur la coloration et la culture des microbes ont pu démontrer des différences importantes entre des micro-organismes de formes identiques; enfin par des cultures en séries successives on arrive à débarrasser les microbes d’une façon presque absolue de toute trace de l’humeur dans laquelle ils étaient baignés quand on les a recueillis sur le malade, et ces cultures pures ont reproduit la maladie première. Sans doute la démonstration n’est encore faite que pour un petit nombre d’espèces, et ce n’est que par

534 MICROBES. — mode d’action des m. pathogènes. [Sopplément]

analogie que l’on peut conclure à des propriétés identiques pour les autres microbes; cependant, malgré l’importance des réserves formulées par des maîtres aussi éminents que ceux que nous citions plus haut, et tout en reconnaissant hautement l’influence considérable du terrain sur le plus ou moins d’activité, d’énergie, de virulence des microbes, nous admettons, avec la plupart des bactériologistes, que l’action pathogénique constitue pour certains microbes un caractère spécifique, primordial, essentiel, qu’il est, en un mot, des microbes primitivement pathogènes.

Cette notion de la spécificité des micro-organismes nous permet seule de comprendre la spécificité des maladies infectieuses qu’affirme l’observation et qu’a toujours admise la médecine de tous les temps.

Ceci admis, par quel mécanisme les microbes pathogènes arrivent-ils à produire la maladie? Et d’abord, leur mode d’action est-il uniforme pour tous ou varie-t-il suivant chaque espèce?

Quel que soit le lieu de la surface ou de l’intérieur de notre corps où ils élisent domicile, quel que soit le tissu ou l’humeur où, trouvant les conditions favorables à leur développement, ils tendent à se fixer et à proliférer, le processus réactionnel par lequel l’économie cherche à résister à l’étreinte des microbes, ou les lésions que ceux-ci arrivent à y produii’e quand ils sont les plus forts, ne présentent rien de spécial, rien de spécifique; nous y voyons des troubles circulatoires (hyperémie, anémie, embolies, etc.), des inflammations, des dégénérescences de diverses natures, mais ces lésions se présentent avec les mêmes caractères que lorsqu’il s’agit d’autres agents morbides, ,ipt cependant dans la maladie infectieuse il y a plus que ces lésions banales. Si, pour certains microbes qui se multiplient activement dans le sang, la principale action sur l’organisme semble se borner à une absorption d’oxygène et aux phénomènes asphyxiques et anhématosiques qui en résultent, cette modification manque dans un grand nombre de maladies infectieuses et même pour celles où l’enrayement de l’hématose interstitielle sous l’influence de la nutrition des microbes peut paraître le phénomène capital (pour le charbon, par exemple) ; il est bien des cas où cette explication ne permet de comprendre ni l’ensemble des phénomènes morbides, ni la marche suraiguë de l’affection.

Nous avons dans un autre article (Zymotiqües {Maladies), t. XL de ce Dictionnaire, essayé de montrer que ce n’est ni par une action purement mécanique, ni sous la seule influence de leur nutrition et par l’absorption de quelque élément indispensable à l’organisme, que l’on peut comprendre le rôle pathogène des microhes. Les maladies microbiennes ne constituent pas une simple variété du parasitisme ; par leurs caractères cliniques elles tiennent à la fois des maladies parasitaires et des intoxications. Que le composé toxique soit un effet de la désassimilation du microbe lui-même ou qu’il soit un produit de décomposition des éléments de l’organisme sous l’influence de la vie du microbe, qu’on l’appelle sepsine, ptomaïne ou autrement, c’est là un facteur qu’il ne faut pas

[Sdpplément] microbes. — mode d’action des m. pathogènes. 355

négliger et dont la connaissance a une importance capitale. « C’est, disions-nous, dans cette direction qu’il faudra chercher. »

Nous ne serions pas revenu sur ce point sans la discussion retentissante que vient de soulever à l’Académie de médecine la remarquable communication du professeur A. Gautier sur les alcaloïdes dérivés de la destruction bactérienne ou physiologique des tissus animaux, et qui, sous le titre de « microbes et ptomaïnes », vient de mettre en présence les opinions des maîtres les plus éminents sur cette question qui intéresse à un si haut degré la pathologie et l’hygiène.

Dans sa communication, A. Gautier, résumant d’importantes et fructueuses recherches commencées dès 1869 et patiemment poursuivie depuis, a démontré : 1“ qu’au cours de la putréfaction des tissus animaux il se produit toujours un certain nombre de substances alcaloïdiques vénéneuses qui se forment aux dépens des matières albuminoïdes, sont ou exemptes d’oxygène et volatiles ou oxygénées, et dont les plus importantes par leur masse et leur constance appartiennent aux séries pyridiques et hydropyridiques : ces alcaloïdes putréfactifs sont les ptomaïnes; 2° que des corps de la nature des ptomaïnes (leucomaïnes) se rencontrent toujours dans les excrétions fournies par les animaux vivants et en pleine santé aussi bien que dans la maladie, que l’organisme animal fabrique donc incessamment des matières vénéneuses dont l’imparfaite élimination ou la destruction incomplète par l’oxygène du sang explique la genèse de bien des maladies.

Cette communication, dans l’esprit de A. Gautier, ne portait aucune atteinte à la doctrine microbienne maintenue dans de justes et scientifiques limites, car, ainsi qu’il le dit lui-même, si les leucomaïnes sont incontestablement produites par nos cellules normales, en pleine santé, les ptomaïnes sont aussi fabriquées par des cellules, mais par des cellules étrangères à l’organisme; pas de ptomaïnes sans cellules, par conséquent pas d’empoisonnement possible par ces ptomaïnes qui n’ait comme origine et agent incessamment producteur un microbe, généralement anaérobie, cause première de l’infection. Et cependant elle fut le point de départ d’un tournoi scientifique où adversaires et partisans de la doctrine microbienne se donnèrent libre carrière, tous s’appuyant sur les recherches si importantes qui venaient de leur être présentées.

Ce fut Peter, champion attitré de la spontanéité morbide, et l’un des ennemis les plus redoutables de la théorie bactérienne, qui vint nier le rôle des microbes dans des affections où les leucomaïnes de A, Gautier lui suffisent pour tout expliquer; ce fut Le Fort, admettant que des transformations peuvent dans certaines circonstances, dans certains milieux, sous des influences vitales ou pathologiques, former des proto-organismes qui, une fois créés, une fois constitués, ont la propriété de se régénérer, de se reproduire; ce fut G. Colin (d’Alfort), un autre adversaire des microbes, qui vint plaider contre la spécificité causale des maladies infectieuses, et refuser aux germes extérieurs et aux ptomaïnes, au profit d’une altération spontanée du sang et des humeurs, le rôle patho-

3S6 MICROBES. — mode d’action des m. pathogènes. [Sdpplément]

genique que la science moderne tend de plus en plus à leur reconnaître. C’est Béchamp, reprenant toute sa théorie du microzyma pour l’opposer aux doctrines microbiennes.

Et, dans le camp opposé, ce furent A. Guérin, Cornil, Verneuil, Charpentier, Guéniot, Villemin, qui, tous partisans des théories microbiennes, y Toient l’heureux complément des données étiologiques de la médecine traditionnelle, et, sans négliger pour la graine morbide le terrain qui la reçoit, admettent, à côté des maladies d’ordre physiologique dans lesquelles l’organisme joue le principal rôle, des maladies mésologiques pour lesquelles « l’économie en est réduite à accepter, à subir, à multiplier ou à détruire, à refuser ou à rejeter les germes, sans pouvoir en créer un seul, en quelque moment et dans quelques conditions que ce soit » (Verneuil).

Cette discussion si brillante ne convertira sans doute personne, mais elle a montré du moins que le reproche bien souvent formulé de vouloir tout expliquer par les microbes, s’il s’adresse avec raison à quelques enthousiastes vulgaires, n’est applicable ni à la doctrine elle-même, ni aux homines éminents qui, par leurs études et leurs recherches incessantes, sont parvenus à la fonder sur des bases inébranlables et à lui donner pour soutiens les brillants résultats pratiques de la médecine, de la chirurgie et de l’obstétrique modernes.

Cette doctrine a été parfaitement définie et résumée par le prof. Cornil dans quelques propositions qui serviront de conclusion à notre étude :

« Aujourd’hui, disait-il, il faut bien le reconnaître et je le proclame hautement pour mon compte, il existe toute une doctrine médicale basée sur l’étude scientifique des bactéries. Sans parler des bactéries de l’air, de l’eau, de la bouche, de l’intestin, de celles qui sont inoffensives ou utiles et nécessaires, il est un grand nombre d’espèces pathogènes, productrices de maladies. Celles-ci sont déterminées par les recherches publiées dans ces dernières années, au point de vue de leur foi’me, de leurs dimensions, de leurs propriétés de se cultiver sur tel ou tel milieu nutritif déterminé, de la forme et de la couleur de leurs colonies, au point de vue de leur action sur telle ou telle catégorie d’animaux et de leur action pathogène chez l’homme. Pour déterminer une bactérie, il faut réunir tous ces caractères physiques ou physiologiques. Il faut de plus qu’après avoir obtenu des cultures pures de cette bactérie on puisse avec elle reproduire chez les animaux ou chez l’homme une maladie donnée qui soit certainement la même.

« Lorsqu’avec un micro-organisme bien déterminé par sa forme, ses cultures, son mode de coloration, etc., obtenu en culture pure et introduit dans les tissus d’un animal, on reproduit une maladie toujours la même; lorsqu’avec les tissus de l’animal infecté on peut inoculer d’autres animaux et reproduire par la culture sur les milieux nutritifs la bactérie initiale, on peut considérer cette bactérie comme la cause de la maladie.

« Eh bien, il existe un grand nombre de bactéries pathogènes pour lesquelles ce cycle complet a été réalisé »..., et ailleurs :

[Sdpplésekt] microbes. — bibliographie. 557

or Quelque convaincu que je sois du rôle des micro-organismes dans les maladies infectieuses, je suis loin de nier l’influence du milieu dans lequel les bactéries se développent. 11 faut assurément qu’elles trouvent un terrain préparé à leur germination. C’est là ce qui constitue la prédisposition pathologique. »

Après les excentricités ridicules que l’on a débitées sur le rôle pathogénique des microbes, et malgré les desiderata inévitables d’une science née d’hier, il était bon que l’un des représentants les plus autorisés de la bactériologie affirmât hautement et résumât en quelques données aussi claires que précises ce que nous savons de positif, de véritablement scientifique, sur ce monde d’infiniment petits qui nous entourent, nous servent ou nous menacent.

On pourrait compter par milliers les travaux qui depuis une vingtaine d’années ont paru sur les microbes. Nous n’indiquons ici que ceux qui traitent le sujet d’une manière générale et ceux dont il a été plus particulièi’ement question dans cette étude.

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J. ScHMlTT.

542 MUGUET. — histoire natdrelle. chimie. [Sdpplémestj

MUCtUET {Convallarîa maïalis) . — Tout le monde connaît et apprécie l’aspect agréable, le parfum suave, des fleurs de cette charmante espèce, si répandue dans les bois de notre pays, et plus généralement dans toute l’Europe centrale et septentrionale. Cette plante a, comme tant d’autres, son histoire médicale, qui s’est enrichie dans ces dernières années de données précieuses, lesquelles constituent d’ailleurs une résurrection plutôt qu’une innovation.

Le muguet a été regardé comme sternutatoire et éméto-cathartique par Dœderlinius, Schulze, Mossdorf, etc., au siècle dernier; Cartheuser (1745) lui reconnaît de plus des vei’tus en partie discussives, nervineset céphaliques, en partie stimulantes, détersives, laxatives, apéritives et diurétiques; le même auteur recommande l’eau distillée contre les palpitations cardiaques.

Cette eau distillée était aussi employée, sous le nom d’mit d’or, pour ranimer les forces vitales et fortifier l’action cérébrale : les propriétés céphaliques et antispasmodiques du muguet n’étaient dues qu’à l’essence qu’il renferme, il les partage avec toutes les plantes contenant une huile essentielle. Quanta son action éméto-cathartique, mise à profit parCazin, Peyrille, Klein, Mérat et de Lens, etc., elle est due à un principe résinoïde contenu dans toutes les parties de la plante, y compris les racines.

Enfin, l’effet sternutatoire, que manifestent principalement les fleurs, paraissait seul devoir résister à l’indifférence professée par les médecins pour le Convallaria, lorsque des expériences physiologiques et cliniques tout à fait récentes ont de nouveau attiré l’attention sur le profit qu’on peut tirer de son emploi dans les maladies de cœur.

Nous avons dit que Cartheuser le regardait comme diurétique et utile contre les palpitations : E. Labbée nous apprend que cette notion est encore plus ancienne, puisque dès 1580 Mathiole le signale comme trèsactif chez les malades qui ont des battements de cœur, comme « fortifiant le cœur. ». Mais c’est seulement en 1880 que deux médecins russes, Troitzsky et Bojojawlensky, pour contrôler l’opinion accréditée de temps immémorial parmi les paysans de leur pays que le muguet est un moyen certain de guérir l’hydropisie, entreprirent, à l’instigation du professeur Botkin, une série d’expériences physiologiques et cliniques, qui leur montrèrent l’action puissante de cette plante sur la circulation. G. Sée ne tarda pas à faire connaître en France ces tentatives qu’il compléta en beaucoup de points, et qui ont été le point de départ de nouveaux travaux de la part de A. Langlebert, Coze et P. Simon, Noguès, Filhoud-Lavergne, etc.; de Simanowski, Isaer, en Russie; Ling Taylor, Robinson, Polk, en Amérique.

Histoire naturelle. Chimie. — Le Muguet {Convallaria maïalis L.) appartient à la famille des Liliacées, tiûbu des Asparagmées. La partie souterraine est constituée par un rhizome grêle et rampant. Du milieu de deux feuilles radicales, largement lancéolées, partent les hampes florales, hautes de 20 à 25 centimètres ; les fleurs, qui paraissent aux mois de mai et juin, sont blanches, disposées en clochettes, douées d’une odeur

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