ATIIREPSIE. - SYMPTÔMES ET DIAGNOSTIC
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peine; tous les muscles inspirateurs sont mis à contribution; le sternum et la partie adjacente des côtes s’enfoncent vers la colonne vertébrale, formant une sorte d’entonnoir qui peut devenir permanent. Pourtant la fréquence des mouvements respiratoires est normale, et l’auscultation montre que le murmure vésiculaire n’est pas modifié, à moins de complications.
Température. Pouls. — Dans les premières périodes de l’athrepsie, la température subit ordinairement des variations qui peuvent atteindre et dépasser deux degrés. Habituellement, elle est d’abord un peu plus élevée qu’à l’état physiologique. Puis la température centrale commence à décroître, s’abaisse à 36, 54, 50 degrés : Parrot cite même le chiffre de 25°, 9. A la fin, cet abaissement, d’autant plus marqué que l’enfant est plus chétif, est constant et progressif : alors l’haleine se refroidit ; la peau est également froide au toucher, surtout celle des extrémités.
Le pouls subit en général les mêmes modifications que la température. Après avoir dépassé le chiffre de 140 pulsations, normal chez le nouveau-né, il tombe au-dessous de la moyenne physiologique; les battements du cœur, sans changer de rhythme, s’affaiblissent et se ralentissent, si bien qu’on finit par ne plus compter que 40 à 60 pulsations.
Cris. Habitus extérieur. Émaciation. — D’abord grognon, agité, l’enfant, lorsque la diarrhée est franchement établie, pousse des cris aigus qui indiquent, comme nous l’avons dit, le dérangement intestinal dont il souffre, et redoublent au moment des garde-robes. Dans les derniers temps, le cri est moins fréquent, moins sonore : mais en même temps il devient plaintif, anxieux, prolongé, déchirant. Parrot, qui lui donne le nom de cri de détresse, le regarde comme le signe de plus sûr de l’athrepsie confirmée parce qu’il n’existe que dans cet état morbide, sans pourtant y être absolument constant.
Parrot a donné de Yhabitus extérieur et de Y émaciation de l’enfant athrepsié une description tout à fait frappante. Quand le mal évolue rapidement, ce qui n’arrive que chez les enfants primitivement l’obustes, la face seule s’altère profondément, le reste du corps étant peu modifié en apparence. Lorsqu’au contraire la marche des accidents est lente, ce qui est l’habitude, deux cas peuvent se présenter : ou bien l’amaigrissement se fait d’une façon continue, par résorption de la graisse et dimi nution des muscles, sans diminution de souplesse de la peau, qui forme de nombreux plis, surtout à la face, laquelle prend une expression simiesque ; ou bien la peau perd son élasticité, se tend, devient unie et dure, prend une consistance spéciale qui donne au doigt la sensation du suif figé ou du bois, et résiste à la pression, devient livide: de cet endurcissement athrepsique des nouveau-nés, auquel participent le tissu cellulo-adipeux sous-cutané et les muscles, et qu’il faut toujours regarder comme un résultat de l’athrepsie confirmée, résulte pour les membres une rigidité particulière qui les maintient immobiles dans l’extension, et pour la face une raideur des lèvres et des parois buccales qui s’oppose à la succion et à la déglutition. Le corps alors paraît momifié ; il semble
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que « l’organisme entier souffre d’aridité, que les tissus soient à sec; » que la diminution de volume des parties charnues dépende d’une diminution des liquides de l’économie plutôt que d’une destruction des solides.
Les os du crâne eux-mêmes subissent l’influence du vice de la nutrition : ils se rapprochent, chevauchent les uns sur les autres : de là une immobilité des sutures, une dépression graduelle et une diminution de largeur de la fontanelle. La saillie des maxillaires et la rétraction des commissures labiales agrandissent la bouche. Dans les orbites excavés, entourés d’une peau bleuâtre, les yeux s’enfoncent avec leurs conjonctives rouges, leur cornée terne, souvent ulcérée, parfois perforée. Enfin, à part le cas d’endurcissement où il semble que la face est couverte d’un masque rigide, de nombreux plis se dessinent sur le visage, horizontaux au front, en arcs de cercle concentriques àl’ouverture buccale, sur les joues.
Troubles nerveux. — Plus rares, plus tardifs, mais plus graves que les désordres qui précèdent, les troubles nerveux consistent en coma et convulsions.
Le coma se manifeste par un état d’abattement plus ou moins prononcé, d’où les excitations, piqûres ou pression, font difficilement sortir l’enfant; la sensibilité est fortement émoussée, l’analgésie est très-prononcée, la motilité très-affaiblie. L’indice le plus habituel de cet état comateux est une atrésie très-prononcée des pupilles, que l’on constate en entr’ouvrant les paupières ordinairement closes.
Au coma peuvent se joindre des attaques convulsives, qui jamais n’existent sans lui. Tantôt tout se borne à la contraction anormale d’un ou plusieurs muscles, surtout de ceux qui meuvent le globe oculaire : il en résulte un strabisme divergent, continu ou présentant de courtes rémissions. Tantôt on observe de véritables attaques épileptiformes, variables par leur nombre et leur intensité ; ces convulsions peuvent être généralisées ou limitées à une partie du corps ; elles se rapprochent des attaques épileptiformes des autres âges de la vie par l’insensibilité absolue et la dilatation pupillaire qui les accompagnent toujours; elles s’en éloignent par l’absence constante de stertor, par la rareté de l’écume labiale, et surtout par leur caractère de tonicité, qui atteint spécialement les muscles des mâchoires et des extrémités. C’est cette spécialisation des convulsions toniques aux muscles masticateurs dans l’athrepsie qui a conduit Parrot à séparer le tétanos du nouveau-né de celui de l’adulte, et à proclamer l’identité du premier avec les convulsions athrepsiques ; opinion qui a été discutée ailleurs (t. XXXV, p. 458).
Complications. • — C’est une chose bien remarquable que les affections inflammatoires qui surviennent dans le cours de l’athrepsie, ou qui sont compliquées par elle, ne manifestent plus la tendance à l’ascension thermique qui les caractérise dans toute autre circonstance.
Ainsi la pneumonie, la plus fréquente des complications de cet état morbide, ne s’annonce ordinairement par aucune accélération du pouls.
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par aucune élévation de la température : le nombre des mouvements respiratoires n’est même pas augmenté habituellement. Si on se rappelle, de plus, que la toux est rare chez le nouveau-né, que l’ampleur et la difficulté de la respiration existent dans l’athrepsie en dehors de toute inflammation du parenchyme pulmonaire, enfin que celle-ci augmente rarement le nombre des mouvements respiratoires, on comprendra qu’elle passe souvent inaperçue pendant la vie. De son côté, cette inflammation, par l’abattement et la perturbation générale qu’elle cause, peut mener à l’athrepsie, et la marche de la première se trouve immédiatement modifiée sous le i-apport de la température.
Lorsque l’érysipèle complique l’athrepsie, la température reste inférieure à la normale. Quand l’athrepsie le complique, ce qui est plus fréquent, le degré thermométrique et le nombre des pulsations sont notablement plus élevés.
L’œdème des nouveau-nés, souvent confondu, en France surtout, avec l’endurcissement athrepsique, ne complique jamais l’athrepsie; mais celle-ci complique assez souvent l’œdème. Il se passe alors un phéno mène curieux : à mesure que l’endurcissement atbrepsique apparaît à la partie postérieure des membres pelviens et du tronc, ses points d’élection, l’œdème disparaît de ces régions, dont la déclivité favorise habituellement l’infiltration, pour se concentrer exclusivement aux membres supérieurs.
Marche. Durée. — Envisagée d’une façon générale, l’évolution de l’athrepsie se fait en trois périodes, de gravité croissante.
Dans la première, l’enfant est agité, dort mal ; sa soif est augmentée, mais vite éteinte ; le dérangement intestinal se manifeste par une augmentation de fréquence et une diminution de consistance des selles : les urines sont moins abondantes et plus foncées.
La seconde période est caractérisée par l’extrême fréquence des évacuations alvines, la fluidité des matières, leur odeur forte, leur coloration blanc grisâtre ou verte; par des vomissements de lait; par la présence de muguet et d’ulcérations dans la bouche ; par l’érythème cutané, par les variations de la température et du pouls, avec tendance à la décroissance; par des cris aigus, sonores, par un commencement d’émaciation et une diminution des forces,
A la troisième période, tout indique une nutrition très-amoindrie : perte d’appétit, selles très-fétides et fréquentes, ou rares et d’aspect normal; vomissements sans efforts, blancs, verts ou bruns; abondance du muguet, ulcérations cutanées etpemphigus; suppression des urines, difficulté de la respiration, diminution marquée de la température et des battements cardiaques; émaciation générale et caractéristique, souvent avec endurcissement spécial; faiblesse et timbre particulier du cri, coma et convulsions.
La marche de l’athrepsie se fait d’après deux modes principaux. Dans l’un, ce qui domine, c’est l’absence d’alimentation, qui se produit par une perte de poids journalière considérable : la diarrhée existe toujours,
[Süpplément] ATHREPSIE. — termin. pronostic, akat. pathologique. 65 les vomissemenls sont rares ; les yeux sont secs et profondément enfoncés, la fontanelle se déprime; la mort arrive en 3 ou 4 jours, une semaine au plus, au milieu d’une grande agitation, sans que la température ait présenté l’abaissement accoutumé. La marche est toujours rapide, parfois foudroyante (forme foudroyante). Quand la cyanose est très-marquée aux extrémités et gagne le tronc et la face, on a la forme cyanotique ou cholériforme, qui n’est à proprement parler qu’une variété de choléra infantile.
Le second mode ou forme lente de l’athrepsie est caractérisé par les oscillations et la bénignité apparente des troubles du début, par les modifications dans un sens et dans l’autre que présentent le poids et la température d’un jour à l’autre jusqu’à ce que tous deux baissent décidément et progressivement. C’est chez les enfants primitivement robustes et bien constitués que s’observe cette forme, dont la durée est très-variable en raison des arrêts et des reprises successives du mal, sauf dans le cas où elle est abrégée par une complication.
Terminaisons. Pronostic. — Si, à l’exemple de Parrot, on fait entrer dans le cadre de l’athrepsie tous les troubles digestifs qui sont l’indice d’une perturbation nutritive, et non plus seulement l’ensemble morbide des dernières périodes, on peut affirmer avec lui que les cas heureux sont beaucoup plus nombreux que ceux où la terminaison est funeste. Le thermomètre et la balance fournissent les meilleures indications pronostiques. La température et le poids ont-ils subi un abaissement prononcé, mais de peu de durée, et manifestent-ils une tendance au relèvement lent, mais continu, on peut espérer une terminaison favorable, même si les accidents du début ont présenté une certaine gravité. La perte de poids est-elle considérable chaque jour, la chaleur diminue-t-elle parallèlement, on doit craindre une déchéance telle de la nutrition que la mort est inévitable : alors le cri s’éteint, la respiration devient plus rare, le cœur bat à peine, la vie cesse sans secousse, par un simple arrêt des fonctions primordiales depuis longtemps chancelantes.
Anatomie pathologique. — En outre des lésions de la cavité buccale (muguet et ulcérations), de la peau (érythème, ulcérations, pemphigus, endurcissement), des os du crâne (chevauchement, asymétrie), qui ont été précédemment exposées à propos des symptômes ou dans les articles spéciaux de ce Dictionnaire, on trouve à l’autopsie des enfants athrepsiés une altération profonde du sang, des thromboses veineuses disséminées, des stéatoses viscérales très-prononcées : les lésions sont surtout marquées dans le tube digestif.
Le sang est poisseux, de coloration noirâtre ou lie de vin. Sa fluidité a diminué au profit de l’élément globulaire, mais d’une façon inégale pour les deux espèces de globules : tandis que les hématies sont moins nombreuses; ratatinées, parfois chargées de granulations sphéroïdales, les leucocytes ont augmenté de nombre et de volume, au point que la proportion des globules blancs aux globules rouges atteint au lieu de •glj-g, moyenne physiologique chez le nouveau-né. La circulation géné-