AUTOPSIE
ANATOMO-PATHOLOGIQDE.
optique à son extrémité postérieure ; le noyau lenticulaire et l’avant-mur n’y sont plus représentés ; elle divise la couronne rayonnante dans la région dont les lésions destructives déterminent l’hémianesthésie. »
Frc. 6. — Coupe pédiculo-pariétale. ❖
Il va sans dire qu’on peut pratiquer, entre les coupes qui viennent d’être indiquées, et sur les portions préfrontale et occipitale de chaque hémisphère, d’autres coupes plus ou moins multipliées qui permettent de ne laisser aucune portion du cerveau inexplorée.
Nous ferons remarquer que les coupes, suivant le procédé de Pitres, peuvent parfaitement être pratiquées sur la partie inférieure du cerveau quand on a divisé celui-ci avec la scie, comme cela a été indiqué à propos des autopsies médico-légales. Il manquera sur la surface des coupes la partie supérieure, qui en général ne présente pas d’intérêt, et que d’ailleurs ou peut toujours reconstituer.
L’examen du bulbe rachidien et de la protubérance annulaire se fait en général par une série de coupes longitudinales, celui des pédoncules cérébraux par des coupes transversales, celui du cervelet par des coupes rayonnées dont le centre est au vermis inferior.
L’ouverture du rachis ne peut guère être pratiquée que par la partie postérieure ; l’ouverture par la face antérieure, telle que nous l’avons indiquée plus haut, nécessite des délabrements énormes qu’on ne peut se permettre que dans certaines autopsies médico-légales.
Nous ne citons ici que les ouvrages récents et qui ont été utilisés pour la rédaction de cet article. Les autres n’ont guère qu’un intérêt historique.
Boueseville et Bnicos, Manuel de technique des autopsies. — Paris, 1885, in-18, figures.
[Sdpplémiînt] baume DE GÜRJUN. — histoire naturelle. 89
Bkoüakdel, De la réforme des expertises médico-légales (avec la traduction du règlement prussien sur la manière dont les médecins doivent procéder aux autopsies médico-légales). Rapport présenté au nom de la Soc. de Méd. lég. à la Chambre des Députés.
Pitres, Recherches sur les lésions du centre ovale des hémisphères cérébraux, étudiées au point de vue des localisations cérébrales. — Paris, ISTT.
ViBERT et Ogier, De la présence de l’albumine dans l’urine des cadavres (Ann. d’hyg. publ. et de méd. Ug., 3' série, 1885, t. XIY).
VmcHOW. Die Sections Tecknick. Berlin, 1884. Ch. YlBERT.
BAUaiE DE GERJUIV. — Huile de bois. — Gut'jun balsam, Gurjun-oil, Wood-oiL
Sous les noms, également impropres, de baume de Gurjun et d’huile de bois, on connaît en France une oléo-résine voisine du copahu, employée dès 1838 par un médecin indien, W. O’Shanghnessy, dans le traitement de la blennorrhagie : les heureux résultats de ces essais les ont fait renouveler par les médecins de l’Inde anglaise, toujours avec succès. Cependant ce n’est qu’en 1854 que cette substance fit son apparition en Europe, et c’est à Londres qu’elle fut d’abord importée. Elle fut étudiée, au point de vue chimique, par Hanbury (1856), de Vrij (1857), Flückiger (1866), et, au point de vue thérapeutique, par Lowe (de Manchester) et Handerson (de Glasgow).
La seconde application médicale du baume de Gurjun, son emploi dans le traitement de la lèpre, a été innovée par le D’’ Dougall, du service médical de Madras (1873). Erasmus Wilson ne tarda pas à étendre cet emploi à la thérapeutique d’un certain nombre de maladies cutanées.
Enfin, en France, Vidal fut le premier à l’essayer contre la lèpre et contre les affections blennorrhagiques (1876) ; Mauriac (1877), G. Paul (1879), Malez, en ont fait aussi usage dans la blennorrhagie.
Histoire naturelle. — Cette oléo-résine est fournie par plusieurs espèces du genre Dipterocarpus Gœrtn., famille des Diptérocarpées. Ce sont les D. incanus Roxb. ; D. turbinatus Gœrtn.; D. alatus Roxb. ; D. lœvis Blume; D. trinervis Blume;Z). costatus Blume. Ces arbres, originaires de l’archipel Indien, des îles Malaises et de la côte orientale du. Bengale, atteignent jusqu’à 70 mètres de hauteur, et plus de 2 mètres de circonférence. Ils ont des feuilles alternes, simples, entières, à stipules caduques; des fleurs axillaires ou terminales, en grappes; un calice gamosépale à 5 divisions dont 2 ou 3 se développent plus que les autres en formant des ailes au-dessus du fruit ; 5 pétales sessiles ; des étamines en nombre indéfini, à anthères introrses ; un ovaire triloculaire ; deux ovules pendants, anatropes, dans chaque loge ; un style et un stigmate simples ; une capsule indéhiscente pour fruit.
Récolte. — Dans le tronc de ces arbres on pratique une large entaille à 1 mètre au-dessus du sol, et l’on établit le long du tronc une gouttière aboutissant à un vase placé à terre, puis on chauffe la partie qui correspond à l’entaille. La chaleur fluidifie l’oléo-résine, qui coule dans le récipient, où, par le repos, elle forme deux couches, dont la supérieure, plus fluide, est facilement séparée par décantation de la couche inférieure nommée guad dans le langage du pays (Roxburgh) .
90 BAUME DE GURJÜN. — composition. [Supplément]
La moyenne du rendement, pour un seul arbre vigoureux, est de 125 à 200 kilogrammes de liquide, ce qui, joint à l’abondance des arbres qui le fournissent, le met à un prix bien inférieur à celui du copahu.
Propkiêtés physico-chimiques, composition. — Le baume de Gurjun est un liquide épais et visqueux, dont l’aspect est rendu trouble par une résine qu’il tient en suspension : si on sépare cette résine par la filtration ou le repos, il devient transparent et de couleur rougeâtre foncée vu par réfraction, opaque et de couleur gris verdâtre à la lumière réfléchie. Sa densité est un peu plus élevée que celle du copahu (0,964). Son odeur se rapproche de celle de ce corps, mais elle est moins forte; son goût est amer et aromatique.
Il se dissout entièrement dans le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles essentielles, en partie dans l’éther, presque complètement dans 2 parties d’alcool.
Chauffé en vase clos à 130°, il se trouble et se prend en gelée au point que le vase qui le contient peut être renversé sans que le contenu s’écoule. Parle refroidissement, il se solidifie plus complètement encore : mais une chaleur douce et une agitation modérée lui rendent sa fluidité.
Cette action de la chaleur peut servir à reconnaître les falsifications dont le copahu est souvent l’objet par mélange avec le baume de Gurjun. La saveur et la densité des deux substances sont aussi des caractères différentiels. D’autre part, l’acide azotique ou chlorhydrique ajouté au wood-oil lui donne une couleur rouge violacée, et le mélange est coloré en jaune par le nitrate acide de mercure ; le copahu ne prend pas les colorations.
Le baume de Gurjun renferme 37 pour 400 d’une huile essentielle, jaune pâle ; soluble dans l’alcool amylique, l’éther et le chloroforme, peu soluble dans l’alcool ordinaire ; bouillant à 250°; distillant à 255° ; dextrogyre d’après Flückiger, lévogyre selon Werner et A. Petit.
Après distillation de l’essence, il reste une résine qui renferme, en plus d’une matière neutre, cristallisahle, incolore, fusible à 126°, une substance acide, Vacide gurjunique, lequel e.st bibasique, et se présente sous forme de petits cristaux solubles dans l’alcool et l’éther, moins solubles dans la benzine, fusibles à 220°, bouillant à 260° en se décomposant : cet acide serait identique à l’acide métacopahivique (Flückiger et Hanbury).
Effets physiologiques et thérapeutiques. — Si nous sommes assez bien renseignés sur les effets thérapeutiques du baume dé Gurjün par les travaux de Hendérson, Dougall, Er. Wilson, Vidal, Deval, etc., il n’en est pas de même pour ses effets physiologiques, pour son mode d’action, qui ont été jusqu’ici passés sous silence. Cette lacune d’ailleurs semblera de peu d’importance, si l’on considère que, cétte sdbstahdë ayant des propriétés organoleptiques, physiques et chimiqûès, fort analogues à cellës du Copahu, les propriétés curatives des deux agents doivent reconnaître les rtiêmés caüséS; Aussi nous contenterons-nous de rëtl-
[Sdpplémext] baume DE GüRJüN. — effets physiol. et thérapedt. 91 voyer le lecteur au t. IX (p. 403) pour ce qui a trait à l’action secondaire qui résulte de l’absorption du médicament, et ne parlerons-nous ici que de son action primitive sur les organes digestifs et de son élimination.
Ingéré à la dose de 4 à 6 grammes, le baume de Gurjun est ordinaire ment bien supporté. Sa saveur, moins désagrable que celle du copahu, cause moins d’âcreté à la gorge. Arrivé dans l’estomac, il détermine une sensation de chaleur à l’épigastre, puis quelques éructations, rarement des nausées et des vomissements, les 2 ou 3 premiers jours : la tolérance gastrique s'établit vite. Il en est de même pour l’intestin, qui ne manifeste l’effet produit que par 1 ou 2 selles survenant 2 heures environ après l’ingestion. Au delà de 6 à 8 grammes, des signes d’intolérance gastro-intestinale apparaissent : vomissements, coliques assez violentes, diarrhée abondante allant jusqu’à 5 et 6 selles par jour (Deval).
L’élimination se fait par plusieurs voies. L’essence sort de l’économie par l’appareil sudoripare de la peau (avec les sueurs), et par les voies respiratoires : cependant l’haleine n’est pas forte comme après l’absorption du copahu, et l’on n’observe pas ordinairement l’éruption erythématopapuleuse, produite trop souvent par ce dernier ; seul le D'' Montgomery a observé cet exanthème dans un cas unique (Er. AVilson).
La résine est éliminée avec les urines, qui restent claires, mais prend une couleur foncée et uue faible odeur balsamique, analogue à celle de la térébenthine, et n’ayant pas plus que l’haleine le caractère délateur qu’ont les urines copahifères. L’urine gurjunifère, traitée par l’acide nitrique, se trouble et donne un précipité abondant, qui diffère du précipite albumineux en ce qu’il est plus léger, non grumeleux, et complètement soluble dans l’alcool et l’éther, étant principalement formé par la résine précipitée (Ed. Monin).
II. Parmi les affections de la peau qui ont été traitées par le baume de Gurjun, la lèpre occupe le premier rang. Dougall, qui, nous l’avons dit, fit les premières recherches dans ce sens, et expérimenta à l’hôpital des lépreux des îles Andaman, faisait frotter tout le corps des malades, deux fois par jour, et pendant 2 heures chaque fois, avec un mélange de 1 partie de baume pour 3 d’eau de chaux ; de plus, il faisait prendre à l’intérieur 15 grammes d’un mélange à parties égales de ces deux substances, deux fois aussi par jour. Deux mois après le début du traitement, ses bons effets commencèrent à se manifester par le retour de la voix à son timbre habituel, par le ramollissement progressif des tubercules et leur disparition, par la cicatrisation des ulcères, enfin par la reprise partielle de la sensibilité lorsque la maladie avait la forme anesthésique.
Au mois d’octobre 1876, Vidal institua sur une femme âgée de 30 ans, reçue à l’hôpital Saint-Louis pour une lèpre tuberculeUsé et anesthésique, un traitement analogue à celui de Dougall : frictions matin et soir avec un Uniment composé de parties égales d’èaii dé chaux et de baume; ingestion quotidienne de 4 à 7 grammes de baume.
92 BAUME DE GDRJÜN. — effets physiol. et thérapeut. [SopplémentJ Sortie de l’hôpital dans un état notablement amélioré, cette femme continua le même traitement et était presque complètement guérie, en apparence du moins, au mois de juin 1877. Vidal fait observer avec raison qu’il faut compter avec les rémissions passagères, les fausses apparences de guérison de la lèpre. Cependant ce fait, joint à ceux observés en Angleterre et aux Indes par Dougall, Er. Wilson, Macrae (de Madras), Dyce Duckworth (de S. Bartolomew’s Hospital), montre qu’il y a là un adjuvant utile, sinon un agent exclusif, du traitement de la lèpre.
Pour les autres maladies de la peau, les observations sont moins nombreuses. Wilson dit avoir obtenu de bons résultats dans l’eczéma chronique, dans certaines formes de lupus, dans l’éléphantiasis au début. Hancock aurait eu un succès chez une dame atteinte de tubercules et d’ulcérations douloureuses de la peau : mais de nouvelles expériences seraient nécessaires pour confirmer les services que le baume de Gurjun peut être appelé à rendre dans les dermatoses.
111. Dans les affections blennorrhagiques, son efficacité n’est pas douteuse. Après avoir réussi entre les mains des médecins de l’Inde et de la marine anglaise, il a été employé avec succès par Waring, Montgomery, Henderson, etc., en Angleterre; par Vidal, Mauriac, Mallez, en France.
Vidal l’a administré à Saint-Louis dans 15 cas de blennorrhagie uréthrale. Au bout de 48 heures, il a constaté la cessation presque complète des douleurs qui accompagnaient la miction, et la diminution de quantité ainsi que le changement de couleur de l’écoulement, qui de jaune verdâtre était devenu blanchâtre. Du 6® au 8® jour, la blennorrhagie avait complètement cessé dans les cas favorables, qui, ici comme avec les autres balsamiques, sont constitués par les écoulements anciens, les blennorrhées, les blennorrhagies à la période de maturation. Les autres malades, qui ont pris le médicament à la période aiguë, éprouvèrent cependant une amélioration remarquable dès les premières doses ; les douleurs cessèrent au bout de 48 à 72 heures; la guérison fut obtenue du 15‘ au 20” jour du traitement.
H a aussi donné de bons résultats dans d’autres affections blennorrhagiques. Dans 2 balano-posthites et dans 5 vaginites, il a rapidement fait cesser l’inflammation et tari l’écoulement.
En résumé, la facilité avec laquelle il est accepté et toléré, son élimination exempte d’odeur pour l’haleine et l’urine, son prix inférieur à celui du copahu, son efficacité antiblennorrhagique, doivent lui faire prendre une place dans la thérapeutique à côté des balsamiques.
Modes d’emploi et doses. — Pour l’usage interne, n’étant pas solidifiablepar la magnésie comme le copabu, il ne peut être donné en pilules, et les capsules de gélatine ou de gluten étant moins bien supportées que la potion, c’est à celle-ci qu’on donnera la préférence, suivant une des formules suivantes :
I Sdpplémest]
BERGK-SUR-MEPi. — climatologîe.
Formule de Vidal.
Gurjun . 4 grammes
Gomme . 4 —
Sirop simple ou de cachou . 12 —
Infusion rie badiane . • ... 40 —
k prendre en 2 fois, au commencement des repas.
Formule de Mauriac.
Gurjun . . . 16 grammes
Gomme . 10 —
Sirop de gomme . 30 —
Eau de menthe . 50 —
.4 prendre en 3 fois dans la journée.
Celte defnière dose délermine souTent des troubles gastro-intestinaux : il est prudent de ne pas dépasser 6 grammes. Pour faciliter la tolérance et l’absorption du médicament, Yidal fait prendre après chaque dose de potion un verre à liqueur de vin de Malaga. Quant au régime, il ne subit pas de modifications : le vin peut être pris pendant le traitement, sauf dans le cas d’état inflammatoire intercurrent.
II. Pour {'usage externe, on emploie un Uniment composé de parties égales de baume et d’eau de chaux. Il sert à faire des frictions dans les affections de la peau. Vidal l’a aussi utilisé dans la vaginite : après avoir fait une injection d’eau tiède, il place dans le vagin un tampon d’ouate ou de charpie imbibé du Uniment, et maintenu en place par un second tampon sec; le pansement est fait une seule fois par jour. Dès la première application, l’écoulement est modifié; il est presque tari du 3® au 4" jour; du 6 au 10% la guérison est complète.
CiüVET, Hist. nalur. médie., 3® édit., t. Il, p. 317. — W. O’Shaxchnessy, Bengal Dispensatory, 1842, p. 420. — Hesdeksox, Treatment of gonorrhea b. G. B. (Medic. Times and Gaz., 1865, p. 571). — Ekash. Wilsos, Lectur. on Dermatol., 1874-75, p. 26. — Deval, Élude s. le b. de G. et quelques-unes de ses applic. thérap., 1877, n” 240. — Vidal, Kote sur le traitement des affect, blennorrh. p. le b. de G. {Jourti. de thérap., 1877, p. 571),
Ch. D’Ivors.
BERCK-SUR-niER. — Station maritime du Nord de la France, où l’Assistance publique de Paris possède depuis 1861 un hôpital destiné au traitement des enfants scrofuleux de la classe pauvre. Les résultats obtenus dans cet établissement et consignés dans le travail publié en 1866 par le D’’ Bergeron (de l’Académie de médecine), ainsi que dans les rapports rédigés chaque année par les médecins des hôpitaux d’enfants, ont montré combien avait été heureux le choix de cette station, qui convient merveilleusement à la plupart des manifestations de la scrofule.
Cleiatologie. — Située sur la Manche, dans l’arrondissement de Montreuil (département du Pas-de-Calais), à 6 kilomètres de Yerton (station du chemin de fer du Nord), la plage est circonscrite à l’Est par une large zone de dunes; au Nord, par les falaises du Boulonnais; auSud, par celles du Tréport et de Dieppe ; à l’Ouest, au contraire, elle se développe largement, formée par un sable doux, non mouvant, dans lequel la mer, à
94 BERCK-SÜR-MER. — climatologie. [Suppléhekt]
marée basse, laisse de petits bassins où les enfants peuvent prendre des bains dans une eau calme, dont la température atteint parfois 25®. Quant à la température atmospbérique, elle est d’une douceur et d’une uniformité exceptionnelles sous un pareil climat (0,40 longitude Ouest; 50,20 latitude Nord) ; elle n’est jamais inférieure à — 9® dans les plus rigoureux hivers; elle oscille entre -t- 4® et-4" pendant les hivers ordinaires. Aussi les enfants peuvent-ils, quelle que soit la saison, vivre en plein air, sur la plage. Celle-ci est encore favorisée en ce qu’aucun marais salant ne s’y rencontre, en ce qu’aucun cours d’eau ne vient de l’intérieur des terres y former, à marée basse, des dépôts limoneux et malsains.
C’est le 8 juillet 1861 que, pour la première fois, cent petits scrofuleux, des familles indigentes de Paris ou des environs de Montreuil, furent installés dans l’établissement de Berck, alors composé de deux corps de logis à grand axe perpendiculaire à la plage, reliés entre eux du côté de la mer par une galerie vitrée, et recevant de tous côtés l’air et la lumière. Ces bâtiments servent aujourd’hui de communs à l’hôpital qui, en 1869, a remplacé l’établissement primitif, et dans lequel 500 enfants trouvent asile et soins éclairés : comme autrefois, ils séjournent le plus possible sur la plage, jouant, prenant des bains, et ne quittent le bord de la mer que pour rester dans un grand préau couvert, où ils font une gymnastique appropriée à leur âge et à leurs forces. Enfin, en cas de maladie intercurrente, de poussées aiguës nécessitant le séjour au lit, ils sont reçus dans une inürmerie aussi bien aménagée et ventilée qu’on peut le désirer.
Ces détails sur les avantages que présente la station de Berck intéressent autant le praticien que le médecin des hôpitaux : quelle clientèle urbaine, et même rurale, ne compte pas un certain nombre d’enfants scrofuleux, lymphatiques ou rachitiques, auxquels l’air et l’eau de mer rendraient les plus grands services, à la condition d’être assez tempérés pour pouvoir être mis à profit en toute saison, assez toniques pour modifier une constitution languissante!
Indicatioîns et costre-indications. — C’est le D‘' Perrochaud (de Montreuil) qui, le premier, a appelé l’attention du conseil de l’Assistance publique de Paris sur les services que pourrait rendre le séjour de Berck, dont les trois indications principales restent : la scrofule, le lymphatisme, le rachitisme. Cependant toutes les manifestations et localisations de ces états morbides ne doivent pas être indistinctement considérées comme tributaires du traitement maritime.
Les médecins des hôpitaux de Paris envoient de préférence à Berck les enfants qui présentent des engorgements ganglionnaires, des abcès froids, des gommes scrofuleuses, des coryzas et ophthalmies chroniques, des ostéites d’origine strumeuse, des tumeurs blanches, des caries osseuses (en particulier la carie vertébrale), du rachitisme, des atrophies musculaires consécutives à la paralysie infantile.
Toutes les variétés d’adénite chronique, depuis la simple induraliou imputable au lymphatisme jusqu’à l’infiltration tuberculeuse des ganglions, sont améliorées ou guéries par le séjour h Berck. Celui-ci con-
[Sopplément] BERCK-SUR-MER. — indications et contre-indications. 95 vient dans tous les cas de tumeur blanche, mais se montre plus efficace quand le mal siège aux membres supérieurs qu’aux membres inférieurs. Dans le mal de Pott, il donne de bons résultats même quand il existe de la gibbosité et des abcès par congestion ; il favorise la résorption des collections purulentes et agit puissamment sur le trouble de nutrition des vertèbres.
Eu plus des indications précédentes, qui forment un important chapitre de la nosographie infantile, et qui seules ont accès dans l’établissement hospitalier, le médecin praticien trouvera dans la chloro-anémie essentielle, fréquente chez les jeunes filles dont la menstruation s’établit mal, et chez les jeunes gens qu’une croissance trop rapide ou des études trop assidues ont momentanément surmenés, des motifs suffisants pour avoir recours aux propriétés excitantes de l’air marin et de l’eau de mer : Berck est assez pourvu d’hôtels et de chalets pour satisfaire à toutes les exigences.
Par contre, les affections, aiguës surtout, des bronches, les lésions cardiaques, la diathèse rhumatismale, sont des contre-indications au séjour de Berck comme de toute autre plage du Nord. 11 en est de même des maladies cutanées de nature herpétique, telles que l’eczéma, le lichen, lorsqu’en un mot elles ne relèvent pas de la scrofule; la tuberculose pulmonaire, même au début et circonscrite, est aussi une contre-indication formelle : au contraire, les jeunes sujets atteints d’adénite tuberculeuse des bronches ou du mésentère peuvent y être envoyés sans crainte.
On lira sans doute avec intérêt les deux statistiques suivantes, que sépare un intervalle de quinze années, mais que rapproche la concordance des résultats.
La première se trouve dans le rapport de Bergeron. Sur 380 enfants envoyés à Berck du 1" juillet 1861 au 31 décembre 1865, 234 ont été guéris (soit 61,58 pour 100), et 93 améliorés (24,47 pour 100); il y a eu 18 décès (4,74 pour 100), et 35 résultats nuis (9,21 pour 100) : ceuxci ont trait à des enfants prématurément renvoyés à Paris pour cause de teigne eu d’indiscipline, ou sur le désir de leurs parents. Si l’on entre dans le détail des 380 observations, on trouve : 118 scrofuleux avec toutes les variétés d’engorgement ganglionnaire (85 guéris, 33 améliorés) ; — 85 tumeurs blanches, dont 34 aux membres supérieurs (21 guéries,
8 améliorées, 5 stationnaires), et 51 aux membres inférieurs (29 guéries, 10 améliorées, 8 stationnaires, 4 décès) ; — 7 cas de rachitisme (4 guéris, 3 améliorés) ; — 38 caries vertébrales (12 guéries, 17 améliorées, 6 stationnaires, 3 décès) ; — ■ enfin 132 enfants présentaient des manifestations multiples de la scrofule (83 guéris, 31 améliorés, 9 stationnaires,
9 décès).
La seconde statistique, consignée dans sa thèse par le D” Hervéou, comprend 64 enfants revenus de Berck en 1881 après un séjour de 2 ans 1/2 en moyenne, et classés de la façon suivante : 47 scrofuleux, 11 rachitiques, 6 lymphatiques. Sur les 47 scrofuleux, dont la plus grande partie portaient des adénites cervicales ou inguinales, suppurées ou non,
BIRMENSTORF.
[Supplément j
et quel([ues-uns, en outre, des ostéo-périostites, des tumeurs blanches, etc., 26 ont été guéris (dont 2 coxalgiques, et 5 présentant un mal de Pott plus ou moins avancé); 16 ont vu leur situation améliorée; les 5 autres restés stationnaires étaient tuberculeux. Les 11 cas de rachitisme comptent 3 guérisons, 7 améliorations, 1 résultat nul (tuberculeux). Sur 6 lymphatiques, 4 ont été guéris ; les 2 autres étaient atteints d’affections cardiaques.
Ces deux statistiques montrent à la fois l’excellence des résultats obtenus à Berck ; l’inutilité, parfois même le danger du séjour des plages du Nord pour les sujets affectés de tuberculose pulmonaire ou de lésion cardiaque; en6n l’efficacité de ce séjour comme médication de la diathèse scrofuleuse; dans ce cas, comme l’a montré Bergeron, il y a nonseulement curation des accidents actuels, mais encore prophylaxie des manifestations futures, en raison de la modification profonde et heureuse imprimée à un organisme en voie d’éyolution.
Bbochakd, Des bains de mer chez les enfants, Paris, 1864. — Bebgeron, Rapp. sur les résultals obt. dans le trait, des enfants scrof. à l’hôp. de Berck-s.-Mer, Paris, 1866. — Traitement et prophylaxie de la scrofule par les bains de mer {Ann. d'hyg. publ. et de méd. lég-, 2' série, t. XXIX, p. 241). — Heevéou, Indications et contre-indications des bains de mer chez les enfants, thèse de Paris, 1881. — Vas Merris, La scrofule et les bains de mer, Paris, 1886.
Ch. d’Ivors.
BIRMEIVSTORF. — Suisse, canton d’Argovie, sur la rive droite de la Beuss, à peu de distance de Baden et de Schinznach, à 559 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Birmenstorf possède deux sources, l’une bromo-iodurée, l’autre sulfatée et chlorurée magnésienne, toutes deux froides.
La première, plus récemment découverte, peu abondante, n’a été l’objet d’aucune analyse précise, et n’a pas jusqu’ici été utilisée.
La source sulfatée, purgative, a une eau limpide, transparente, non gazeuse. Sa densité est 1,020 ; sa température, 10°, 2; sa réaction alcaline. Sa saveur est très-amère, comme celle des eaux de Pullua et de Sedlitz, mais avec un arrière-goût salé moins désagréable et moins persistant. Voici l’analyse de 1000 grammes de cette eau, telle que l’a donnée Bolley en 1842 :
[Sdpplémemt] BOLDO oü BOLDU. — histoire naturelle. 97
Birmenstorf ne possède pas d’établissement ; son eau sert souvent d’adjuvant à la cure faite à Schinznach, et surtout à Baden (Argovie) ; c’est là son seul emploi sur place. Par contre, elle est transportée au loin en grande quantité et ne s’altère pas en bouteille.
Laxative à la dose d’un à deux verres pris le matin à jeun, purgative à la dose de quatre verres, elle a les mêmes indications que les eaux purgatives naturelles, plus connues, de Sedlitz et de Pullna : constipation habituelle, affections chroniques du foie, embarras gastro-intestinal, tendance à la congestion encéphalique ou oculaire, etc.; dans tous les cas, en un mot, où on cherche à produire sur l’appareil digestif une action révulsive qui puisse être répétée sans crainte d’irritation ou de révolte de cet appareil, elle sera employée de préférence aux agents purgatifs delà matière médicale. De même elle rend des services dans l’obésité, dont le traitement par les purgatifs salins doit être prolongé plusieurs mois.
Bolleï, Analyse des eaux magnésiques de Birmenstorf. Aarau, 1842.
Ch. D’Ivors.
BOliDO ou BOLiDU. — Noms vulgaires des jeunes rameaux et des feuilles du Pneumus boldus Molina [Ruizia fragrans R. et Pav. ; Pneumus fragrans Pers. ; Boldoa fragrans G. Gay ; Boldea fragrans Tul.), plante de la famille des Monimiacées, originaire du Chili, dont les propriétés excitantes paraissent porter principalement sur l’appareil digestif et sur la membrane muqueuse des voies urinaires.
Histoire natürelle. — Le Pn. boldus est un arbre haut de 5 à 6 mètres, toujours vert, à écorce mince, très-aromatique. Les feuilles sont d’un vert grisâtre ou brun rougeâtre, opposées, entières, ovales, coriaces, pourvues de poils rudes, crochus, simples ou étoilées ; mâchées, elles ont une saveur piquante et camphrée ; elles possèdent une odeur aromatique, due à une huile volatile contenue dans de grosses cellules sphériques disséminées dans leur parenchyme ; les cellules se retrouvent en moins grand nombre, et avec des formes diverses, dans l’enveloppe herbacée et dans la moelle de la tige.
Les fleurs, dioïques, jaunâtres, sont disposées en cymes. Le réceptacle en forme de sac, et couvert de poils comme les feuilles, porte à sa face interne, dans les fleurs mâles, de nombreuses étamines échelonnées en spirale; dans les fleurs femelles, des staminodes enferme de languettes étroites en dedans du périanthe, et plus profondément 3-5 carpelles libres, uniloculaires.
Le fruit est formé d’un petit nombre de drupes, à mésocarpe mince, aromatique, à noyau très-dur, monosperme, à albumen .^oléagineux.
Composition chimique. — Ed. Bourgoin et Cl. Verne, traitant le boldo successivement par l’éther, l’alcool et l’eau distillée, l’ont trouvé composé de ; huile essentielle, 0,02 ; principe amer {boldine), 0,01 ; acide