‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 16 sur 75 · CAMISOLE · texte numérisé non relu

CAMISOLE

autres, leur laisser la liberté de courir, de s'agiter dans un endroit clos, en se bornant à la simple répression du gilet de force. »

Aux yeux de Tillustre maître, la camisole, prescrite et maintenue d'une manière temporaire, répond à une indication thérapeutique en maîtrisant les emportements du malade, lui laissant en même temps Texercice nécessaire à sa santé. Esquirol, Georget, Ferrus, n'adoptèrent pasd'au-^ très préceptes, insistant dans leurs écrits, dans leur pratique, sur la réserve qu'il convenait d'apporter dans lusage des moyens de répression, et, en même temps, sur leur incontestable utilité. L'Angleterre est le pays où les réformes françaises, en matière de régime des aliénés, ont pénétré le plus difûcilement; en Belgique, en HoHande, en Allemagne, les chaînes, les carcans étaient depuis longtemps abolis, tandis qu'en 1859, Ferrus trouvait encore à Hanwell tout un formidable appareil de répression. Aujourd'hui les médecins anglais, en bannissant d'une manière absolue Tusage des mesures coercitives du traitement de l'aliénation mentale, s'efforcent de nous devancer sur ce chemin, que nous aurons la gloire d'avoir ouvert avant eux. En proposant cet abandon, les médecins anglais ignoraient-ils donc les déceptions cruelles qui en sont la conséquence obligée. Il faut, pour tomber dans de pareilles exagérations, ou bien peu connaître les aliénés, ou se laisser égarer par un amour exagéré du bien public; mais comme le non restraint a été érigé en doctrine, dont ConoUy s'est fait l'apôtre, nous devons l'examiner avec le soin qu'il mérite. Ce système pose en principe que l'aliéné ne doit jamais perdre la libre disposition de sa personne, qu'il doit être traité avec douceur et politesse» maintenu à l'aide de gardiens quand il se livre à des actes de violence, ou enfermé dans des cellules obscures, solitaires, matelassées au besoin. Ce traitement, disent les partisans du système, est plus humain et offre de grands avantages. Les moyens coercitifs sont dégradants, ils deviennent un obstacle à la guérison, en entretenant un état d'irritation chez le malade; les gardiens sont portés à en abuser pour simplifier leur surveillance, et on a vu bien des fois des aliénés succomber aux cscharres produites par la pression prolongée des entraves; enfin, avec un personnel plus nombreux, une classification plus méthodique des affections mentales, la surveillance est aussi régulière, efGcace, qu'avec l'usage des moyens de contention. Il faut bien reconnaître qu'une pensée élevée, gAéreuse, a donné naissance à ce système; entourer les aliénés de tous les égards dus à l'humanité souffrante, tel est le but louable que se sont proposé les médecins anglais. Mais, voyons s'ils ne se sont pas fait illusion sur la valeur des procédés qu'ils ont adoptés.

Casimir Pincl dit avec raison que le non restraint n'existe pas plus en Angleterre qu'en France, que les moyens de contrainte seuls sont différents, et qu'il ne s'agit plus dès lors que de les comparer sous le rapport de leurs avantages et de leurs inconvénients. Sous quelque forme qu'on l'adopte, la contrainte est de toute nécessité dans bien des cas ; il fau- 'drait, pour la oupprimer, abolir du même coup les conceptions délirantes,

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