‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 17 sur 75 · CAMISOLE · texte numérisé non relu

CAMISOLE

les hallucinations qui engendrent les déplorables manifestations Ique nous a^ons tous les jours sous les yeux. Comment avoir autrement raison des penchants onaniques, des tendances à la destruction? Comment s'opi poser à ces besoins immondes qui portent les malades à manger leurs i excréments, à boire de l'urine? Faut- il laisser ces malheureux ' errer ! demi-nus quand ils ont mis leurs vêtements en .lambeaux? L'usage temporaire de la camisole est alors le seul remède. Il en est de même - dans les cas de fureur extrême. En Angleterre, les moyens mécaniques sont ' alors remplacés par les mains des gardiens, les chambres obscures ; mais ^ à moins de supposer que les gardiens soientdes modèles de respect, de h douceur, on peut croire que les luttes qui s'engagent avec le malade pour le contenir, ou le faire entrer dans sa cellule,^doivent amener parfois des }. conséquences fatales, comme on Ta vu à Hanwell il y a quelques années, I où un aliéné a succombé à des blessures reçues dans une scène de vio- E lence où la patience dos inGrmiers s'est trouvée en défaut. La contention mécanique doit certainement agir sur Tesprit du malade d'une manière i moins fâcheuse que la répression par deux ou, trois personnes; en eflet, l'aliéné ne tarde pas à cesser toute résistance dès qu'il voit qu'elle est inutile, et qu'il n'aperçoit pas autour de lui des gens occupés à réprimer tous ses mouvements. N'est-il pas des circonstances où il faut

e protéger le malade contre lui-même? Qui ne sait que quand domine l'idée i du suicide, la surveillance la plus active ne parvient pas toujours à sous* ■ traire les malheureux aux conséquences de leurs fatales idées, puisqu'on g en a vu s'étrangler, s'asphyxier dans leur lit, sous l'œil de leur gardien i (Brierre de Boismont). Les moyens coercitifs ont l'avantage de ne priver ^ les malades ni de la promenade, ni de l'air ; et avec des appareils bien disposés, on procure le calme pendant le jour, le repos pendant la nuit, l résultat qu*on ne saurait atteindre autrement. On a dit qu'autoriser la [ camisole, c'était offrir l'occasion de mille prétextes pour en multiplier l'emploi, mais le gardien n'est -il pas dirigé par le médecin, bienveillant I et juste, sachant développer à propos une fermeté énergique et se concij lier en même temps la confiance et l'attachement en n'usant de la con- \ train te que dans la mesure dictée par l'intérêt du malade. La crainte d'humilier l'aliéné est une chimère, l'immense majorité des malades n'a aucune conscience de ce qui se passe, et il n'est pas rare de voir l'exci- , tation violente faire place h un calme parfait dès que la camisole est ap- ' pliquée. Ajoutons à cela que tous les asiles renferment un grand nombre I de monomanes méchants, indisciplinés, rebelles aux bons procédés, aux I paroles persuasives, que la menace de la camisole seule tient en respect, dispose à la docilité, et nous n'aurons pas oublié un des moindres bienfaits de la coercition appliquée d'une manière intelligente. Comme l'a dit ; Ferrus, « dans l'emploi des moyens de répression, il ne faut pas perdre de vue que la plus grande partie d'entre les malades n'est pas absolument privée de raison, il faut donc s'efforcer de prendre sur eux de l'ascendant, les encourager, les soumettre par l'ordre, la douceur mêlée de fermeté, le travail, sans employer, s'il est possible, une rigueur souvent inutile;

i03 CAMOMILLE. — descriptioii.

mais il n'en peut être toujours ainsi, et il est bien des cas où l'usage de la contention devient absolument nécessaire. »

Nos préférences pour le système français, appuyées sur ces sages et excellents préceptes, n'^Mit pas besoin d'être justifiées davantage; à notre sens Tabolilion complète des entraves est un rêve inutile, et quand on voit que, dans nos asiles, Tencamisolement est une exception, on peut croire que le traitement des aliénés n'est pas, chez nous, moins conforme aux devoirs de l'humanité, aux précieuses indications de la science que chez nos voisins. Engages dans la voie tracée par Pinel, Esquirol, Ferrus, tous nos médecins aliénistes s'accordent à penser que la rareté d'application des moyens de contention est en raison directe du degré de perfectionnement de l'asile, et que, dans les établissements bien organisés, la proportion des malades maintenus par la camisole ne doit pas s'élever à plus de 4 pour 400.

Ferrus, Des nlién^s. Paris, 1834.

Report of the metropoliian Commissioners in Lunacy lo tlie Lord Chancelier, prescnted lo boUi

Houses of Parliament by command of Her Majesly. London, 1841. Brierbe de Boismont, Obeenrations pratiques sur ce rapport (Armales d'hygiène et de médecine

légale, 1845, t. XXXIV.

CoNOLLT, The treatmenl oî Insane wilhout mechanical restraints. London, 1856. * PîwEL ; Casimir), Du Non-Resti-aint [Journal de médecine mentale y 1862). MoHEp (de Rouen), Le Nou-Restraint ou de l'abolition des moyens coercitifs dam le traitemeot de

la folie, Paris, 1860, in-8.

ÀiiiÊDÉE Pain.

CAKOHliliiiE. — On connaît sous ce nom plusieurs plantes de la famille des Composées ; mais il s'applique plus spécialement à VOrmenis nobilis J. Gay (Camomille romaine. Camomille noble. Camomille odorantc) (6g. 17).

Description. — Cette petite plante, très-connue dans les climats chauds, se rencoiitre en France, surtout dans le midi. Elle se plait dans les lieux sablonneux, le long des routes, et sur les pelouses sèches. Les tiges rameuses, couchées d'abord, portent sur leur partie rampante de nombreuses racines adventives. Leurs extrémités se redressent pour porter les capitules ; cette portion est cylindrique, striée, pubesccnte. Les feuilles sont alternes, pinnatiséquées, velues, à nervure médiane bordée, à segments petits, étroits, linéaires.

Ces feuilles froissées donnent une odeur aromatique agréable. Les capitules ont un réceptacle très-convexe, proéminent, oblong, conique ; au centre sont des fleurs hermaphrodites, à la circonférence des demi-fleurons femelles ; le capitule est entouré d'un involucre composé de folioles scaricuses, velues, disposées sur plusieurs rangs. L'ovaire est ovoïde et nu ; il devient à la maturité un fruit (akène) surmonté d'un bourrelet membraneux ; il présente trois côtes filiformes. Par la culture, les fleurs du centre se transforment en demi-fleurons, la fleur devient double. On préfère ces fleurs monstrueuses pour l'usage médical.

Propriétés et usages. — Les capitules sont seuls employés ei^ rnéde-»

CAMOMILLE. — pROPRifrfs et dsages.

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cino; ils ont une odeur aromatique agréable et une saveur amère. Ces caractères expliquent les usages auxquels on les a réservés. En effet, la Camomille est regardée comme tom'que, excitante, antispasmodique, anthelminthique et fébrifuge.

Ses propriétés toniques et excitantes Pont fait préconiser dans les digestions difficiles, les dyspepsies, les langueurs d'estomac, les coliques venteuses, Thypochondrie, la lièvre typhoïde, la dysenterie, Taménorrhée. Ses propriétés antispasmodiques expliquent son emploi dans Thystérie. Comme tous les amers, on Ta administrée dans les affections verroineuses et dans les fièvres d'accès. Enfin on Ta vantée daiis les suppurations chroniques.

Avant l'apparition du quinquina, la Camomille était Tantipériodique par excellence, et elle est de tous nos fébrifuges indigènes un de ceux qui sont le plus restés en usage. Galien, Dioscoride,Prosper Alpin, Roy, Cullen, Hoffmann, Morton, Bodart, Trousseau et Pidoux, reconnaissent son efficacité dans la fièvre intermittente ; mais ces auteurs la défendent plus ou moins éncrgiqucment : les uns veulent lui donner la préséance sur le quinquina ; les autres, tout en reconnaissant qu'elle guérit dans les cas où le quinquina est infidèle, disent qu'on ne doit la réserver que pour les cas où la fièvre ne dépend pas de miasmes paludéens. Cazin, à ce sujet, s'exprime en ces termes : « L'opinion qui établit que les fébrifuges indigènes sont nuls ou insuffisants dans les fièvres paludéennes, est erronée, bien qu'elle soit professée par Trousseau et Pidoux. Pendant plus de vingt ans, j'ai traité avec succès, sans quinquina et sans sulfate de quinine, la plupart des habitants des marais du Calaisis, atteints annuellement de ces fièvres. Je n'admettais d'exceptions que pour les fièvres pernicieuses. »

Si Von admet l'eflicacité de la Camomille comme antipériodique, on doit croire à ses bons résultats dans les fièvres larvées, et on s'explique les succès de Lecointe dans les névralgies faciales.

En terminant, nous devons appeler l'attention des praticiens sur les propriétés qu'Ozanam a reconnues à la Camomille de prévenir les suppurations ou de les tarir quand elles existent depuis longtemps. Il faut l'administrer à hautes doses, 5, 10, 50 grammes par litre d'eau, et l'on continue jusqu'à la guérison. On peut aider à cet effet par l'application de

Fio. 17.

- Camomille romaine {ùrmeni nobiHs J. Gaj).

i04 CAMPHRE. — histoire maturelle médicale.-

compresses imbibées d'infusion de la même plante. Nous comptons dans notre matière médicale bien peu d'agents capables de tarir les suppurations. La Camomille à haute dose trouvera son emploi dans la diathèse purulente des amputés, la fièvre puerpérale, les érysipèlcs phlegmoneux, partout enfin où il devient nécessaire de s'opposer à des suppurations trop abondantes ou trop prolongées.

Doses et mode d'administration. — Infusion. — Capitules, 3 à 4 grammes pour un litre d'eau : à Tintérieur, pour faciliter les vomissements ; à l'extérieur, pour lotions, fomentations, cataplasmes, lavements, etc. Dans les suppurations graves, 5 à 50 grammes, en tisane.

Poudre. ^ — 50 centigrammes comme stomachique, tonique et carminatif; comme fébrifuge, 4 à 8 grammes dans de Peau, du vin ou en bols. Eau distillée. — 30 à 100 grammes comme véhicule de potions toniques et antispasmodiques.

Teinture. — Camomille, 1 partie; alcool, 5 parties; '4 à 10 grammes en potion.

HuUe essentielle. — A l'intérieur, 1 à 5 gouttes dans les crampes d'estomac ; à l'extérieur, en frictions résolutives et antiseptiques.

Huile de Camomille. — Camomille, 1 partie; huile d'olive, 10 parties ; chauffez au bain-marie. A l'intérieur, 10 à 20 grammes comme vermifuge ; à l'extérieur, en frictions, liniments, embrocations, etc.

Extrait, — Fleurs, 1 partie; eau, 2 parties; on pulvérise les capitules et on traite par l'eau tiède ; puis on fait évaporer, l'extrait retient tout le principe amer, mais on ne retrouve plus Phuile essentielle.

Mixture vermifuge (Roques). — Camomille romaine, une pincée, faites bouillir légèrement dans 125 grammes d'eau, laissez infuser deux heures, passez avec expression, ajoutez un peu de sucre, une cuillerée de jus de citron, et une cuillerée d'huile d'olive. On fait prendre en deux fois aux enfants.

Sophistications. — On trouve souvent mêlées aux capitules de Camomille les capitules des espèces suivantes : Çhrysanthmtum leucanthemum Linn.; Maruta cotula D. C; Matricaria Camomilla Linn.; Chrysanthemum parthenium fers.

Incompatibles. — Solutions de gélatine, sels de fer, azotate d'argent, bichlorure de mercure, sels de plomb .

Lecointe, De la camomille romaine à haute dose dans les névralgies faciales (BuU. thirap.^

1854, t. XL VII, p. 556).

OzANAM, De l'emploi de la camomille dans les suppurations [Compte rendu de VAcad. des

êciences, 1856. — Bull, thér., 1858, t. LIV, p. 42). Toibal-Lagrave, Note sur la camomille romaine du commerce [BuU. thérap., 1859, t. LVU,

Léon Marchand.

CAMPHlKi:. — Histoire naturelle médicale. — Les camphres sont des produits divers que l'on rencontre tout formés dans les végétaux [ou que l'on obtient artificiellement.

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