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ACTIONS PHYSIOLOGIQUE, TOXIQUE ET THÉRAPEUTIQUE

Les propriétés que Ton a attribuées au camphre sont si nombreuses et si variées, qu il est difficile d'établir, d'une manière précise, les actions qu'il développe et les indications curatives qu'il remplit; ces divergences d'appréciation proviennent de causes multiples; d'abord, il faut faire la part des influences diverses que le camphre détermine suivant les doses et ses modes d'administration, et tenir compte des idées doctrinales qui, ne s'appuyant que sur une de ses actions dominantes, en ont fait, soit un excitant, soit un antispasmodique, soit un contre-stimulant, d'autres fois un vermicide général et une panacée, opinions exclusives qui ont beaucoup contribué à rendre confuse l'histoire médicale du camphre, el à en faire un véritable chaos.

Nous chercherons à exposer avec soin les propriétés réelles du camphre et à les présenter dans un ordre méthodique, en nous basant, autant que possible, sur des faits cliniques.

A. Action physiologique. — l^ Action locale. — Lorsqu'on applique du camphre, en poudre ou dissous dans un véhicule approprié, sur la peau saine, on éprouve une réfrigération très-manifeste, déterminée par sa grande volatilité ; la soustraction du calorique, qui en est la conséquence, développe une sensation agréable de fraîcheur et modère l'afflux du sang dans la partie ; c'est là un résultat tout physique comparable à celui que donnent certaines autres substances, telles que l'éther, le chloroforme, l'huile essentielle de menthe, etc. Cette réfrigération, qui est souvent accompagnée d'une diminution des douleurs, est un véritable acte d'ànesthésie locale.

Si on met du camphre sur une muqueuse ou sur une plaie, il détermine une action irritative d'autant plus prononcée, que les parties sont douées d'un plus grand degré de sensibilité; cette action est démontrée par diverses expériences; un peu de camphre porté dans l'œil, occasionne une rougeur douloureuse de la conjonctive; Trousseau et Pidoux ont vu un morceau de camphre gardé pendant quelque temps sur la langue, rougir et enflammer le point sur lequel il avait été appliqué ; cette irritation locale peut être expliquée par un efl'et de réaction dans la partie sur laquelle le camphre est resté en contact ; car elle dépend probablement d'un afflux en retour du sang dans les capillaires, conséquence de Tastriction et de la réfrigération que le médicament avait primitivement développées.

Introduit dans la cavité buccale, le camphre donne lieu à une saveur acre, amarescente, puis piquante avec sensation de froid ; bientôt après survient une chaleur très-vive sur toute la muqueuse, s'étendant Jusqu'aux parties inférieures du pharynx ; la sécrétion du mucus buccal est

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