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CAMPHRE. ACTION THÉRAPEUTIQUE

chaleur locale et dimiaue les douleurs. Malgaigne a traité avec succès des érysipèles simples ou compliques en saupoudrant les parties avec de la poudre de camphre qu'il recouvre de compresses mouillées, *afin de favoriser la volatilisation. A l'hôpital Necker, Trousseau a employé contre cette maladie, et avec de très-bons résultats, Téther camphré préparé avec une parlic de camphre et deux parties d'éther; il Tétend sur tous les points malades, et même au delà, avec un pinceau de charpie; on répète ces applications cinq à six fois par jour; l'action réfrigérante et anesthésique du camphre renforce celle de Téther, et la guérison est plus promptement obtenue.

Le camphre était autrefois un médicament très-usité dans le traitement des maladies des yeux, sous des formes diverses, en Allemagne et en Angleterre. On l'emploie encore très-souvent dans des sachets, dans des collyres contre les ophthalmies goutteuse, rhumatismale ou catarrhale. En France, on y a rarement recours. Néanmoins des faits nombreux déposent en faveur de son efficacité contre certains symptômes des maladies oculaires et surtout contre la photophobie, souvent si rebelle aux moyens les mieux indiqués ; le camphre agit dans ce cas par ses propriétés anesthésiques ; on l'applique devant les yeux dans des sachets mouillés.

Ce médicament, dont les effets calmants sont bien avérés, est Journellement prescrit contre les douleurs névralgiques, rhumatismales, goutteuses ; Tcau sédative a une réputation populaire contre les céphalées et la migraine. Mais ici l'action est complexe : Tammoniaque et l'eau, qui entrent dans sa composition, doivent assumer, par le froid qu'elles déterminent, une partie des bons résultats qu'on lui attribue ; dans ces maladies on a aussi r^ecommandé de priser du camphre râpé.

L'action anesthésique du camphre est utilement mise à profit pour combattre les vives douleurs qu'occasionnent les piqûres de guêpes, d'abeilles, de moustiques, de l'ortie, le prurit qui accompagne certaines maladies de la peau. Dans ces cas, on l'applique en poudre ou en solution. De petits fragments de camphre placés dans un bourdonnet de coton et introduits dans le conduit auditif calment avec promptitude les douleurs si vives parfois de l'otalgie.

Le camphre a été souvent recommandé contre l'odontalgie, tantôt en grumeaux placés dans la cavité d'une dent cariée, tantôt en solution en frictions sur les gencives; son action anesthésique est dans ce cas trèsmanifeste. Pour la rendre plus énergique, on l'a uni au chloroforme; on obtient ainsi une pâte à demi épaisse avec laquelle on oint les gencives qui embrassent les dents malades. Ce mélange est très-efficace pouranesthésier ces parties quand il y a lieu de procéder à l'extraction des dents. Cottereau fils recommande un éther ammoniacal camphré contre l'odontalgie provoquée par la carie; l'évaporation rapide de l'éther laisse déposer dans les cavités dentaires une couche de camphre suffisante pour préserver le nerf du contact de l'air, tandis que l'ammoniaque agit comme un^léger caustique {voy. Dents).

H8 • CAMPHRE. — action thérapeutiqoe.

Le chloroforme camphré a été souvent employé pour obtenir une ânesthésie locale. Martenol et Glaise ont recommandé ce mélange lorsqu'il était nécessaire de pratiquer de petites opérations, telles que Touverture d'un abcès, l'incision d'un panaris, Textraction d'un ongle incamé ; on l'applique avec une petite éponge sur la partie où T instrument doit agir.

2*^ Action sédative^ stupéfiante et diffusible. — Le camphre trouve ses indications essentielles dans le traitement des maladies nerveuses; déjà, nous avons constaté ses bons effets contre certaines névralgies dont il calme les manifestations douloureuses, alors qu'elles sont peu intenses et de courte durée, car ce médicament a une action fugace et passagère ; aussi ne doit-on pas être surpris de le voir impuissant contre des névralgies quelquefois rebelles, telles que l'intercostale, la sciatique, etc. Pour rendre son efficacité plus grande, les auteurs ont eu le soin de Tassocier à des stupéfiants plus énergiques, tels que la belladone, la jusquiame, l'opium, etc.

La toux nerveuse, quinteuse, sèche, est heureusement combattue par le camphre. Alquié (de Montpellier) a reconnu qu'il guérissait promptement non-seulement les simples toux nerveuses, mais encore les toux sèches, douloureuses, que Ton observe à la suite d'une simple irritation catarrhale des bronches; quaod la toux est humide, avec crachats épais et jaunâtres, quand il existe une lésion matérielle des poumons, il est tout à fait inefficace; le mode d'administration consiste à avaler à plusieurs heures d'intervalle de petits fragments de camphre.

Ce médicament a été recommandé contre plusieurs névroses, telles que la chorée, le tremblement nerveux, le tétanos, Tasthme, la coqueluche, etc. Parmi les maladies de cette classe, il en est une contire laquelle il a été plus particulièrement préconisé : c'est l'aliénation mentale, surtout dans les formes désignées sous les noms de manie, de mélancolie. Paracelse, EttmuUer, Burserius, Kinneir, Esquirol (Dict, des sciences médicales}^ ont cité de nombreux cas qui démontrent l'efficacité réelle du camphre contre cette maladie, surtout quand elle est symptomatique des affections hystériques. Avenbrugger a exalté ses propriétés contre la manie du sexe masculin, alors qu'elle est accompagnée de certains symptômes siégeant sur les organes génitaux, tels qu'exiguïté du pénis, rétraction des cordons spermatiques, etc. Mais ce médecin, avant d'avoir recours au camphre, administrait les purgatifs, prescrivait des saignées du pied. H affirme avoir obtenu des guérisons. Employant le camphre à la dose journalière de 2 grammes, il provoquait souvent chez ses malades des phénomènes d'excitation et de stimulation que nous n'avons pu admettre parmi les actions physiologiques, car la stimulation, nous l'avons dit^ n'est que le commencement des actes toxiques de cette substance.

L'éclampsie a été quelquefois heureusement combattue par le camphre. Plat a eu souvent à s'en louer; il a constaté qu'il ne produisait aucun effet tant que la matrice n'était pas débarrassée du produit. Mais après l'accouchement, son efficacité a presque toujours été très-marquée.

CAMPHRE. — ACTIO.N THÉRAPEiniQDE. lift

Dewes le recommande contre les tranchées utérines qui suivent l'accouchement.

Le camphre a été prescrit contre l'épilepsie par Tissot, Locber, Culleu^ Werlhof. Richter, qui Fa souvent employé^ est d'avis qu'on ne doit y avoir recours que lorsque cette maladie a eu* pour cause Tabus du -coït ou la masturbation. Guersent Tayaut administré sur sept enfants, n'en a obtenu aucun effet, et a constaté qu'il ne retardait pas les accès, ainsi que CullenTavait affirmé, et qu'il ne diminuait pas leiir intensité, comme- Font écrit Richard et Barbier (d'Amiens).

Le camphre a été préconisé contre les palpitations du cœur ; son action sédative sur la circulation justifie son emploi dans ce cas, alors que ce» palpitations sont purement nerveuses.

Rayer a retiré d'excellents effets de l'emploi du camphre à la dose de 60 centigrammes par jour, dans un cas rebelle de polydipsie idiopathique essentielle.

Le camphre a été prescrit par les médecins anciens contre presque toutes les maladies, même contre les inflammations, et avec quelquesbons résultats. Aussi l'avaient-ils considéré comme émoUient et anti** phlogistique. Mais, dans ces cas, ce médicament n'amenait une améliorar tion phis ou moins notable qu'en débarrassant la maladie des phénomènes ncrveui. C'est de cette manière que quelques bons cliniciens du siècle dernier, tels que Hoffmann, Bâillon, ont compris l'action du camphre. Ayant constaté les mauvais effets qu'il déterminait quand il était prescrit dans les inflammations du tube digestif, ils pensèrent qu'il agissait principalement comme sédatif et n'y eurent recours, dans ces affection»^ qu'après avoir administré les antiphlogistiques vrais.

L'alaxie, qui entrave si souvent la marche des maladies typhiques, est avantageusement combattue par le camphre; nous l'avons fréquemment eAiployé contre les phénomènes ataxiques du typhus épidémique, et nous avons été très-satisfaits des résultats que nous en avons obtenus. Il est vrai que le plus souvent nous l'associons au musc, qui peut revendiquer une partie des succès que nous avons notés. D'une manière générale, le camphre est indiqué dans les fièvres continues graves, lorsque le déUre n'est pas très-actii, et il importe de ne pas dépasser la dose de un gramme à un gramme et demi ; au delà il faut craindre l'apparition de cet état d'excitation qu'il convient d'éviter. On peut aussi l'administrer à Textérieur, en onctions, fomentations, etc. Guersent l'employait en frictions le long de la colonne vertébrale. Il importe de se rappeler que son action sédative est d'autant plus prononcée que l'individu est plus faible, il faut donc surveiller ses eflets.

Huxham a recommandé le camphre dans la fièvre lente rterveuse, alors qu'il y avait insomnie, délire tranquille, mouvements convulsifs,. soubresauts des tendons. Barthez, Halle, l'associaient à l'azotate de po* tasse dans les fièvres intermittentes avec prédominance des symptômes nerveux.

Le camphre a été préconisé contre les pneumonies ataxiques par

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Grâflenaucr et Chapman. Werlhof remployait contre les pleurésies à Pintérieur et à Pextérieur. Mais ici n'était-on. pas en présence de véritables pleurodynies? Grâffenauer, qui Fa administré dans une épidémie de grippe qui régna à Strasbourg en 1803, le considère comme un spécifique; il le donnait dans toutes les périodes de la maladie.

Dans certaines fièvres éruptives, telles que la variole, la rougeole, la scarlatine, compliquées de symptômes ataxiques, le camphre a été prescrit avec succès; mais pour que son efficacité soit réelle, il faut que les accidents nerveux ne soient pas trop prononcés.

Neuhold a été conduit par le hasard à remployer comme moyen abortif des pustules varioliques; il les recouvre d'un linge frotté avec du camphre, et comme résultat constant, il a constaté que les boutons avortaient et se desséchaient sans parcourir leurs périodes; en même temps il le donnait à Tintérieur à la dose de 5 à 15 centigrammes.

Dans les fièvres continues graves, le camphre n^agit pas seulement comme sédatif et diffusible; son action est plus complexe, et ce n est pas sans raison qu'on lui a attribué la propriété de s'opposer à la tendance désorganisatrice que certains tissus présentent; ses propriétés désinfectantes sont signalées dès les premiers temps de son emploi thérapeutique. Dans l'île de Bornéo, où l'on garde les morts plusieiirs jours, on parvient, dit-on, à arrêter la décomposition des cadavres, malgré l'influence de la chaleur excessive de ce pays, en soufflant dans la bouche avec un tuyau du camphre pulvérisé. Pringle a conservé de la viande dans une solution camphrée. Astier lui attribue la faculté d'arrêter la fermentation putride et de désinfecter les appartements. Guersentdit qu'il neutralise les émanations fétides presque aussi bien que le charbon et le chlore. C'est en s'appuyant sur ces faits que l'on a reconnu à ce médicament des propriétés antiseptiques^ et qu'on l'a préconisé comme un préservatif efficace du choléra et autres maladies épidémiques. En 1852-1855 on Tavait exalté outre mesure comme moyen prophylactique du typhus indien, qui ravagea la France pendant cette période, mais il ne répondit pas à la confiance qu'il avait inspirée ; aussi fut-il beaucoup moins employé dans les épidémies qui suivirent. Néanmoins un grand nombre de personnes timorées n'ont pas cessé, dans les dernières apparitions du choléra, d'avoir recours au camphre sous les formes les plus variées, et surtout de porter constamment à la bouche la cigarette prônée par Raspail. Ce moyen innocent, tout à fait inefficace, avait l'avantage de fortifier la sécurité des individus qui y avaient recours et qui croyaient, par son aide, pouvoir vivre sans danger au milieu des foyers cholériques.

C'est surtout dans la fièvre maligne et dans la fièvre putride que Faction antiseptique du camphre a été invoquée; Fincohérence dans Fenchainement des actes morbides, l'apparition de symptômes graves alternant et se manifestant sans annonce apparente, sans que le malade en ait conscience, symptômes qui constituent la malignité, commandent dans bien des cas l'administration du camphre. Ce médicament est moins bien indiqué dans la putridité, du moins à Fintérieur. La prostration

CAMPHRE. — ACTION TUÉRAPBDTIQUE. 131

^nérale, les troubles des fonctions intestinales, telles que diarrhée fétide, selles involontaires, tendance aux hémorrhagies, abcès, plaies de position, contre-indiquent quelquefois son emploi. Néanmoins, même dans des cas de ce genre, le camphre a été parfois très-utile; il partage ces propriétés antiseptiques avec d'autres substances : opium, huiles essentielles, musc, etc., que Ton peut considérer comme ses analogues.

Haldonado affirme avoir guéri un grand nombre d'hépatites chroniques par l'application de cataplasmes avec la farine d'orge et le vinaigre camphré. Marjolin, Récamier et Roux ont obtenu de bons résultats dans le phlegmon des mamelles, connu sous le nom de poil, avec des onctions faites avec 8 grammes de camphre dissous dans un jaune d'œuf. Par ses propriétés stupéfiantes,* ce liniment calme rapidement les douleurs et contribue puissamment à amener laguérison. A ce sujet, je mentionnerai l'usage très-populaire dans certaines contrées de la France de ce médicament pour supprimer la sécrétion du lait; les applications extérieures suffisent. Dalle conseille de placer entre les seins, quelques heures après la délivrance, un sachet de camphre pulvérisé.

Raulin, Despatureaux, Raisin, Swediaur, ont signalé le camphre comme très-efficace pour prévenir, modérer ou supprimer la salivation mercurielle. On l'a employé à l'extérieur sous forme de ponmiade, ou à l'intérieur en pilules, uni à l'opium. Cependant un grand nombre de médecins, Cullerier, entre autres, refusent à ce médicament cette propriété qui n'a pas été confirmée par les expériences auxquelles ils l'ont soumis.

C'est surtout contre les inflammations des organes génilo-urinaires que le camphre a trouvé ses meilleures indications ; mais pour qu'il agisse avec efficacité, il convient que la phlegmasie ne soit pas trop intense. Aussi il faut n'y avoir recours que lorsqu'on a, en premier lieu, employé les antiphlogistiques ; en suivant cette précaution il a souvent réussi contre la néphrite, la cystite. B. Bell le vante uni à l'extrait de jusquiame ^ans le traitement de l'uréthrite suraigué, avec érections pénibles et douloureuses ; il est aussi très-utile contre les érections nocturnes qui compliquent diverses maladies des voies urinaires. Le camphre doit être administré à l'intérieur à la dose de 1 à 2 grammes; etï même temps on fait des frictions avec une pommade ou un liminent sur les lombes et les aines. 11 a été souvent utile contre le priapisme, la nymphomanie, bien que, dans quelques cas, il ait déterminé des effets opposés à ceux qu'on devait en attendre.

Presque tous les auteurs s'accordent pour reconnaître l'efficacité du camphre contre l'ischurie et la strangurie cantharidiennes que détermine parfois l'application des vcsicatoires ; non-seulement il a été employé comme curatif, mais encore comme préservatif. Comme moyen préventif, on a constaté des eCTets variés provenant du mode d'emploi; en France on saupoudre de camphre Templâtre vésicant; en Ecosse on'se sert d'huile camphrée. Ces deux manières sont vicieuses : le camphre pulvérisé, placé sur une partie peu humectée et dont l'inflammation va diminuer momentanément les forces absorbantes, n'agit que très-incom-

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plélement. L^huile camphrée est plus facilement absorbable, mais elle pénètre l'emplâtre et n'entre pas facilement en contact ayec la surface cutanée. Aussi, devant l'impuissance de préservation du camphre mêlé aux cantharides, a-t-on proposé de l'administrer séparément soit en potions, soit en pilules, soit en lavements, ou bien en frictions sur les aines, comme le conseille Chrestien, de Montpellier.

Si l'action préventive du camphre est souvent incomplète, ses propriétés curatives ne sont plus douteuses lorsque l'irritation vésico-uréthrale s* est manifestée; employé en frictions, uni à la salive ou à l'huile, sur la partie interiie des cuisses, en lavements, en potions, il calme facilement les divers accidents provoqués par l'absorption de la cantbaridine.

Le camphre a été prescrit avec succès dans quelques cas de menstruation difficile et douloureuse, et, une fois, L. Gosselin en a obtenu de bons résultats dans la spermatorrhée.

Cette substance a été recommandée contre diverses maladies diaihésiques, telles que la tuberculisation pulmonaire, le rhumatisme^ la goutte, etc.

Dans la dernière période de la phthisie pulmonaire, alors que surviennent une expectoration purulente abondante, de la diarrhée, la fièvre hectique, le camphre est prescrit avec avantage; il procure aux malades des moments de calme, de soulagement, d'autant plus précieux que dans cette phase de la maladie il n'y à presque plus rien à faire, si ce n'est calmer et consoler.

Son action sédative et stupéfiante est souvent invoquée dans le traitement du rhumatisme articulaire ; des frictions ou des fumigations sur les parties malades modèrent souvent les douleurs. CoUin, Grimaud, Rayer, Tont employé avec succès à l'iutérieur. Dupasquier le considérait comme un véritable spécifique de cette maladie sous forme de fumigations. CuUen, Landré-Beauvais, ont réussi à calmer les douleurs de la goutte par des frictions avec un liniment camphré. Mérat et de Lens disent avoir connu des personnes qui portaient du camphre dans leurs chaussettes pour se préserver de la goutte. Lentin rapporte qu'un individu retarda jusqu'au lendemain un accès dont il ressentait les.prodromes en en prenant quelques grains à l'intérieur, et en remplissant autant qu'il le put ses bas avec du camphre pulvérisé. Dans la goutte irrégulière, anormale (goutte remontée, rétrocédée), ce médicament trouve une de ses meilleures indications, car il agit comme difTusible et dissémine l'influx nerveux concentré sur un point.

Propriétés vermicides. — Les expériences citées précédemment ont démontré que le camphre est un poison pour certains animaux inférieurs. Bouchardat dit au sujet du camphre : a Si l'on considère son action sur la série animale, on trouve qu'il tue toutes les plantes, tous les animaux inférieurs; que ceux qu'il n'empoisonne pas immédiatement sont d'autant plus affectés qu'ils s'éloignent plus de l'homme. C'est une arme avec laquelle il peut se défendre, sans se compromettre, de tous les parasites

CAHPHBE. PROPRIÉTÉS ANTIDOTIQOES. 125

qui rentourent et qui semblent attendre et provoquer sa fin; on pourrait fÛre d'une façon générale qu'à Topposé des solanées vireuses, le camphre épai^e d'autant plus les êtres organisés qu'ils se rapprochent le plus de l'homme..»

Cette action parasiticide était connue depuis très-longtemps. Baillou employait le camphre dissous dans Thuile dans le traitement de la gale ; Yaidy, Asiier, Baumes, Mélier, y ont eu aussi recours et ont constaté qu'il agissait avec autant d'efficacité que les autres antipsoriques, et, que de plus, il avait l'avantage de dissiper très-facilement le prurit, si insupportable, que détermine cette maladie. Biett le prescrivait incorporé à diverses àubstances, telles que le .soufre, les alcalins. On l'a administré avec de bons résultats contre l'herpès tonsurant, leCavus, la mentagre, etc.

A l'intérieur, le camphre a été administré avec succès contre les ascarides lombricoïdes par Chomel, Alibert, Schvrilgué, etc.

Les propriétés parasiticides du camphre se bornaient à ce que je viens de faire connaître, lorsqu'il y a environ trente ans apparut une doctrine médicsde qui, ainsi que je l'ai déjà dit, considéra toutes les maladies comme étant produites par des parasites, et exalta conséquemment tous les médicaments vermicides. Le camphre occupa la place d'honneur dans la nouvelle matière médicale. Cette médication, d'une grande facilité d'application, propagée par toutes les voies de la publicité, est devenue populaire. Certainement le camphre possède des propriétés insecticides, mais établir que toutes nos maladies sont engendrées par des insectes, c'est de l'exagération.

Propiuétés antidotiqces. — D'après ce que j'ai dit dans la partie thérapeutique, le camphre est souvent efficace contre les accidents produits par l'absorption de la cantharidine ; il est vrai que, dans quelques cas, son action a été incomplète et quelquefois nulle, mais il suffit que son emploi ait été parfois avantageux pour qu'on continue à l'administrer dans cette intoxication.

On ne connaît pas jusqu'ici d'antidote pour combattre avec plein succès l'empoisonnement par la strychnine. Il est vrai que plusieurs moyens ont été vantés, mais en général ils n'ont pas donné des résultats bien satisfaisants. Le chloroforme ayant été heureusement administré par Maunson, contre les accidents tétaniques que cet alcaloïde détermine, plusieurs médecins américains prenant en considération les analogies qui rapprochent le chloroforme et le camphre, pensèrent que celui-ci, par ses propriétés stupéfiantes et diffusibles, serait utile contre cette intoxication. Rochester de Buffalo l'a prescrit deux fois, avec des résultats assez marqués, et, il croit devoir conclure qu'on ne saurait actuellement révoquer les propriétés du camphre comme antidote de la strychnine.

Halle a prétendu que le camphre était le correctif de l'opium, mais Orfila a nié tout à fait cette action.

Enfin, d'après Hahnemann, le camphre a la propriété de neutraliser l'action des médicaments administrés sans rapport de spécificité ou avec

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ce rapport, mais à des doses trop peu ménagées. Cette vertu antidotiqae ayant uneefGcacité immédiate, Ilahnemann conclut que le camphre opère dans ce cas par ses effets primitifs et qu'alors il ne doit être considéré que comme médicament palliatif.

Doses et modes d'administration. — Le camphre est ordinairement prescrit à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme. Il est nécessaire quand on doit continuer son emploi de le donner à doses graduellement croissantes, pour maintenir son action dans les limites strictement médicamenteuses, et, par conséquent, surveiller ses effets pour ne pas laisser se développer des symptômes avoisinant l'intoxication.

A cause de sa saveur et de son odeur, le camphre est rareitient prescrit en potions, on Tadministre le plus souvent sous forme pilulaire.

Étant à peu près insoluble dans Teau, il faut, quand on le donne en potion, avoir recours à un intermède; on se sert, à cet effet, d'un jaune il'œiif, surtout quand la potion doit être prise dans un temps de peu de durée ; si on la conservait au delà d'un ou de deux jours, le camphre se séparerait et se précipiterait. Pour éviter cet inconvénient, Baudon a proposé la magnésie blanche, que l'on triture avec le camphre en y ajoutant de Teau peu à peu, et on filtre ensuite sur -du papier non collé. Planche a proposé l'amidon. Le miel jouit aussi de cette propriété, ainsi que les sirops; les divers mucilages peuvent suspendre le camphre et rendre miscible a l'eau une quantité égale à la moitié de leur poids.

Il résulte des expériences de Planche que l'addition de certaines résines a une action manifeste sur le camphre ; celles-ci peuvent effacer, atténuer, exalter son odeur.

L'assa fœtida, le galbanum, le baume dô Tolu l'effacent;

Le sang-dragon, le mastic, le benjoin, la gomme ammoniaque Tatténuent ;

La gomme-gutte, la résine de jalap, la scammonée Texaltent.

Quand on prescrit le camphre en lavements, il faut le suspendre dans un jaune d'œuf.

Chassaignacse seii du camphre pour appHquer les moxas : il en prend avec des pinces à pansement un morceau de la grosseur d'une noisette, rapplique sur le point choisi et y met le feu; il faut empêcher que la flamme agitée par Tair n'atteigne les parties voisines, car la combustion est très-rapide. La chaleur se communique instantanément à la peau et détermine de vives souffrances. Aussi Chassaignac ne laisse-t-il que peu de temps ce moxa à la même place. S'il convient d'en appliquer plusieurs, il transporte le même morceau de camphre enQammé d'Ai point à un autre, et pose ainsi trois à quatre moxas en quelques minutes.

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