CANCER
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-CAHîCEn. — La fréquence du cancer et la gravité de ses manifestations ^ont assez remarquables pour justifier les nombreux travaux dont cette maladie a de tout temps été l'objet, et cependant, malgré les acquisitions nouvelles que la science enregistre chaque jour, on peut dire, sans être taxé d'exagération, que le cancer est encore une des questions les plus ardues delà pathologie.
126 CANCER. — nom, historique.
La difficulté de réunir dans un même cadre et d'envisager à un point de vue général les maladies cancéreuses des viscères et celles des organes ' externes, l'indécision qui règne encore sur le nombre des lésions qu'on doit rattacher au cancer, Tobscurité qui environne le développement des tumeurs, les différences d'aspect sous lesquelles se présentent les affections cancéreuses même les plus communes et les mieux connues, tout cela constitue à nos yeux des obstacles difficiles à surmonter. Aussi ne pouvons-nous avoir la prétention de résoudre tous les points douteux de l'histoire du cancer, et de donner, dans les étroites limites de cet article, une idée complète de ce vaste sujet ; nous serons forcé de nous borner à une description sommaire de la maladie, tout en faisant ressortir ses caractères les plus importants.
Nom; historique. — Le mot cancer a reçu en pathologie deux acceptions différentes : il sert à désigner, tantôt la maladie cancéreuse elle-même, tantôt les lésions qui en sont la conséquence ; cette double signification peut, sans inconvénient, lui être conservée. Le nom de carcinomCj employé comme synonyme par un assez grand nombre d'auteurs, semble spécifier plutôt les productions cancéreuses que la maladie qui leur a donné naissance.
Cancer, en latin aussi bien qu'en grec (cancer, xopxîvo;), veut dire crabe^ écrevisse^ soit qu'on ait cru qu'un animal rongeait les tissus, soit qu'on ait comparé aux pattes d'un crabe les veines bleuâtres qui, souvent, s'irradient autour de la tumeur cancéreuse. Employé d'abord pour désigner certaines tumeurs du sein, ce nom fut plus tard étendu à toutes les productions qui, au point de vue de leurs caractères physiques ou de leur marche, offraient avec celles du sein une certaine analogie.
Je n'essayerai pas de passer en revue les différentes opinions qui ont été émises sur la nature de cette terrible maladie, et qui, presque toutes, sont empreintes des idées physiologiques de l'époque qui les a vues naître. Cette revue rétrospective nécessiterait, sous peine d'aridité, des développements considérables et ne pourrait avoir pour nous aucun intérêt. Nous devons nous* borner à signaler le chaos où l'étude des tumeurs était plongée avant le commencement du siècle, et faire ressortir les efforts qu'on a tentés de nos jours pour constituer la maladie cancéreuse et déterminer le nombre et la nature de ses lésions.
Rien de plus vague et de plus confus que l'opinion des anciens sur la maladie que nous étudions. Ainsi on a pu voir des auteurs compter au nombre des cancers la gangrène et le sphacèle (Celse), et donner les noms de cancer albus aux aphthes, de cancer aqueux à la gangrène de la bouche chez lesenfants ; une foule d'affections disparates, l'herpès, l'esthiomène, les ulcères rebelles, les indurations de toute nature, les engorgements lymphatiques, les tubercules, sont également, sans distinction, compris dans la même classe.
Plus près de nous, l'acception du mot cancer fat moins étendue; toutefois, au siècle dernier, la confusion était encore extrême. A peu près tout ce qui constitue aujourd'hui la classe des tumeurs était appelé squirrhe