‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 29 sur 75 · CANCER. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX DBS TUMEURS CANCÉREUSES · texte numérisé non relu

CANCER. — CARACTÈRES GÉNÉRAUX DBS TUMEURS CANCÉREUSES

fection. Ces motifs nous font supposer que la cause anatomique est toujours la même, quoique Ton n'ait pas encore constaté directement, pour tous les cancers, les lésions veineuses qui accompagnent si souvent Pencéphaloïde.

Un fait remarquable, c'est que les tumeurs par infection ont habituellement une texture analogue à celle de la tumeur primitive ; c'est ce qu*0Q a appelé la loi de permanence. Ainsi, consécutivement à un cancer roélanique de la peau ou de l'orbite^ on trouve des tumeurs mélaniques dans les organes les plus divers, par exemple dans les poumons et le système osseux; — à un cancer ostéoïde du squelette succèdent des tumeurs ostéoïdes d'organes parenchymateux, glandes lymphatiques et poumons en particulier. Cette tendance à la formation de lésions semblables va même si loin, que Robin, consécutivement à un cancer du sein, a constaté dans le poumon des culs-de-sac glandulaires formés d'un épithélium polyédrique finement grenu, à noyaux assez volumineux, semblables à ceux qu'on trouve dans la mamelle atteinte de cancer. — Toutefois la forme anatomique peut changer, et il semble que dans ce dernier cas la ditthèse tend à produire de préférence Tencéphaloïde, celui de tous les cancers qui possède au plus haut degré les caractères de la malignité. Celte alternance se voit surtout pour le squirrhe, mais des exemples remarquables sont également fournis par le cancroïde, le fibro-plastique, l'ostéoîde, le chondrome, etc.

En terminant ce qui a trait à Tanatomie pathologique générale des cancers, nous devons parler d'une lésion qui au siècle dernier a déjà été mentionnée par Ânt. Louis, c'est la fragilité des os. On peut se demander si cette modification du squelette existe réellement, car pour en admettre la réalité, il ne suffit pas de se fonder sur la facilité avec laquelle des fractures se produisent chez certains cancéreux, puisque maintes fois on a pu constater que ces fractures dites spontanées étaient déterminées par une lésion cancéreuse de l'os. Broca, qui s'est livré à quelques recherches pour élucider cette queslion, a trouvé sur un sujet mort de cancer que les os, sains en apparence, étaient d'une fragilité remarquable.

D'autres fois, au contraire, comme l'a montré Cazalis, les os présentent en quelques points une augmentation de densité pouvant aller jusqu'à l'ébumation.

En nous fondant sur les caractères anatomiques que nous venons de tracer, est-il possible de faire un diagnostic anatomique^ ou, en d'autres termes, une tumeur étant donnée, peut-on, en l'étudiant à Tœil nu et au microscope, se prononcer sur sa nature?

Si dans les types il n'est guère possible de se méprendre, il y a quelques tumeurs qui peuvent beaucoup embarrasser le praticien. En général, il faut se défier des tumeurs qui possèdent une structure embryonnaire, surtout quand leurs éléments, volumineux, sont disposés sansr ordre et tendent à s'éloigner des types qui à l'état normal doivent se trouver dans la région où le tissu morbide s'est développé. Il faut se défier également

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des tumeurs qui se confondent insensiblement avec les tissus voisins et qui contiennent un suc abondant.

Tout cela permet d'approcher beaucoup de la vérité, mais ne sufGt pas toujours pour caractériser avec certitude une tumeur maligne. Dans- les cas douteux^ il est prudent de n'être pas trop affirmatif, le pronostic devant être fondé non-seulement sur les caractères anatomiques du tissu, mais encore sur la marche de la tumeur qui met en lumière ses propriétés cliniques. A l'appui de cette proposition on peut citer ces cancers iibroïdes que Paget a observés et qui se rapprochaient beaucoup, par leur texture, des tumeurs fibreuses bénignes.

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