‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 38 sur 75 · CAOUTCHOUC. — THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

CAOUTCHOUC. — THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE

Le bonnet à glace que nous représentons ici embrasse étroilement la calotte crânienne. Il peut être pourvu d*une ou de deux tubulures par lesquelles on peut renouveler son contenu ou faire passer sur la surface du crâne un courant liquide d'une température constante (fig. 51). Cet

Fig. 51. — Bonnet à glace de Galante. — a, Double sac contenAnt une cnvilé où doivent é(rc reçues l'eau glacée ou la glace en fragments. — b, Ouverture circulaire, espèce' de chembée de dégagement pour les vapeurs qui s'échappent du cuir chevelu. Une seconde ouverture, qui communique avec l'intérieur du bonnet, reçoit un bouchon de liège, garni lui-même d'une enveloppe de caoutchouc vulcanisé et percé de deux trous pour le passage de deux tubes dont l'un communique avec le réservoir d, placé au-dessus du niveau de la tête du malade, et dont l'autre, é*, se rend dans un récipient inférieur.

appareil remplace avantageusement les affusions froides dans les inflammations nnéningo-encéphaliques.

Dans le cas d'incontinence d'urine, un urinai en caoutchouc masque en partie cette triste iniirmilé. Pour l'homme, c'est une poche suspendue entre les cuisses par une ceinture qui embrasse le bassin; elle se termine par un tube dans lequel plonge la verge. Galante, fabricant d'instruments de caoutchouc, fait surmonter le réservoir par un suspensoir qui embrasse complètement les parties génitales (fig. 52). Pour la femme.

Fig. 52. — Urinai Galante, avec ceinture et suspensoir. — a, Suspensoir, avec sous-cuisses, f. — b, Partie qui doit recevoir la verge. — c, Réservoir de l'urine, avec cordons, g g, qui s'attachent à la partie externe de la cuisse et empêchent ce réservoir de ballotter — d Robinet pour récoiûement de l'urine — c. Ceinture abdominale.

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le tube supérieur est remplacé par un entonnoir qui s'applique au périnée et se continue en avant snrle pénil et en arrière jusque sur \t coccyx (fig. 55). Avant que le caoutchouc fût connu, on employait pov ces mêmes usages la vessie don animal ou le cuir; le progrès est id manifeste.

Les tubes de caoutchouc rendent en médecine et en chirurgie de nombreux services; ils sontsoapk et longtemps inaltérables aux liquides qui les traversent. On s'en sert comme conducteurs daus les nombreux irrigateurs que Ton m- F.G. 55. - Urinai pour femme. pj^jg jjg gercent aussi à établir des

siphons lorsqu'on veut obtenir récoulement continu d'un liquide. Depuis les travaux de Chassaignac, ik sont en chirurgie d'un usage fréquent. Le drainage chirurgical, dont nous n'avons pas à étudier ici les avantages ou les inconvénients {voy, Abc^ Drainage, Kystes), s'exécute au moyen de tubes en caoutchouc de diamètres variables ouverts aux deux bouts et percés de petites fenêtres sur toute leur longueur. La grande souplesse des tubes à drainage faits de caoutchouc, la douceur et le poli durable de leur surface, permettent aux tissus de l'organisme de les supporter facilement. Les liquides sécrétée dans les foyers où on les introduit parcourent facilement le cylindre béaot qu'ils présentent, et les injections qu'ils conduisent permettent un lavage complet de ces mêmes cavités. Les tubes en caoutchouc sont appelés à remplacer avantageusement dans presque tous les cas les mèches de charpie et de linge. Citons seulement pour mémoire les canules flexibles, les bouU de seUij les seins pour Tallaitement artificiel, les siispensoirs du «««, calottes de caoutchouc au moyen desquelles on exerce sur la glande m pression continue et uniforme ; ils sont peu employés.

L'avantage que présentent ces instruments faits de caoutchouc est la facilité avec laquelle on les entretient dans la plus parfaite propreté. Os ont un inconvénient inhérent à la substance dont ils sont fabriqués : comme les corps gras attaquent facilement le caoutchouc, quelle que soit sa qualité et la perfection de sa vulcanisation, mis en contact du lait ou des sécrétions sébacées de la peau, ils ne tardent pas à se ramollir, deviennent collants et perdent leur rigidité.

Les sondes uréthrales faites de caoutchouc méritent un examen plu-^ approfondi. Elles présentent des avantages et des inconvénients qui doivent les faire adopter dans certains cas et rejeter dans d'autres. Un fait incontestable, sur lequel j'ai souvent attiré l'attention des élèves, c'est qu'elles s'altèrent moins vite que les sondes emplastiques lorsqu'on te laisse à demeure dans Turèthre, surtout si l'on a soin de remplacer k

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corps gras, destiné à favoriser leur introduction, par un liquide mucilagincux. De plus, grâce à leur grande souplesse, elles suivent les courbures de ce canal, sans presser sur aucun point ; aussi les snpporte-t-il plus facilement que les sondes ordinaires, dont la surface devient rugueuse et offensive, et dont la rigidité, quelque légère qu^elle soit, se nianifeste à la longue par des pressions douloureuses. On devra donc préférer les sondes de caoutchouc comme sondes à demeure, et je suis heureux de pouvoir m'appuyer ici sur Tautorité de Nélaton. La crainte que Ton a manifestée de les voir se briser dans la vessie, serait à peine légitime pour de mauvais instruments mal vulcanisés ou déjà altérés par un trop long usage. Mais l'extrême souplesse devient un défaut dans la sonde lorsque le cathétérisme présente quelque difficulté. On peut bien, il est vrai, la rendre rigide par un mandrin en métal, mais alors dans bien des cas elle n'a pas une flexibilité suffisante. Ici les sondes emplastiques ont une supériorité marquée, grâce à la rigidité toute spéciale qu'elles présentent.

Le mélange siccatif est aussi, et pour les mêmes raisons, préférable au caoutchouc pour la fabrication des botigies coniques, filiformes^ olivaires^ etc., et pour celle des sondes œsophagiennes.

Les applications de la force élastique du caoutchouc sont nombreuses et variées. On en fait des bracelets destinés à exercer une pression circulaire autour d'un membre; ils remplacent, par exemple, les bandelettes agglutinatives dans le traitement des ulcères. Ils sont peu employés : les sécrétions, le cérat, les onguents, les altèrent assez rapidement, et la pression continue qu'ils exercent n*est que difficilement supportée par les malades.

2** Les ceintures en caoutchouc embrassant l'abdomen en maintiennent les parois affaiblies; elles servent surtout aux femmes, et trouvent aussi leur application dans les éventrations, dans les hernies ombilicales, dans celles qui sont la conséquence des larges incisions faites à la paroi antérieure de l'abdomen, pour l'ovariolomie, l'opération césarienne etTablation des tumeurs de l'utérus. On pourrait les employer après la paracenthèse pour remplacer la pression qu'exerçait le liquide sur les vaisseaux de l'abdomen, et pour prévenir

leur engorgement passif si favorable à la repro- ^'î^tnron'tfuT il'Se! duction de l'ascite. Enfin, nous ne serions pas ment deai peloios, / /, pouéloigné d'employer des ceintures thoraciques vam se gonOer d'eau ou d'air.

i»«^i al 1 ifi j*â cl contenant par leur dé velop-

faites de caoutchouc dans les fractures décotes; ^^^^^^ deurhemies inguielles pourraient, mieux que les bandages de naies linge qui ont l'inconvénient de se relâcher, immobiliser les fragments et diminuer les douleurs que provoque le mouvement des côtes dans l'acte respiratoire. Nous reproduisons ici deux exemples de ceintures abdominales embrassant étroitement Tune la partie

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inférieure de Tabdomcn (fig. 54), l'autre ses parties moyenne et supérieure, ainsi que la base de la cage thoraciqoe (Kg. 55). ^

Les partisans déclarés du caoutchouc ont tooIo remplacer dans tous les cas les bandes en linge par des bandes en caoutchouc. Il est facile de prévoir les inconvénients qu'elles présenlenl. Étant imperméables, elles s'opposent à l'éîapa ration de la sueur qui se concentre sous les doloires qu'elles forment; il en est de même des

Fio. 55 — Ceiniare Galante ab- liquides qui s'écoulent dcs plaies qu'elles recoodominaie;ihoraco^bdominaie. ^^^^^ p^ ^j^g^ j, ^^^ très-difQcile de modérer

la pression qu'elles exercent: quelque légère que soit la tension de la bande, comme son action est continue, elle est très-fatigante et souvent très-pénible à supporter. Ces inconvénients ont restreint l'usage des bandes de caoutchouc, aux seuls cas où l'on cherche une pression continue. Ce qui tout à l'heure était un inconvénient, devient ici un précieux avantage. Maisonneuve en a tiré parti pour réduire des hernies étranglées et pour combattre l'engouement, précurseur de plus graves désordres, dans les hernies anciennes, volumineuses et irréductibles. Lorsque la tumeur herniaire ne forme pas une sailHe notable, il se contente de la recouvrir de tours de bande de caoutchouc suftisamment tendus. Dans le cas contraire, il pédiculise d'abord la tumeur par deux oa trois tours circulaires qui la circonscrivent vers sa base.

Ceux qui sont partisans de la compression dans le phlegmon diffus doivent, pour être logiques, la faire au moyen de bandes élastiques, car les bandes de toile ne maintiennent pas longtemps la pression qu'elles exercent lors de. leur application. Ce serait, je crois, un dangereux moyen. On emploie très-avantageusement des bandes tissées avec du fil et du caoutchouc dans les engorgements chroniques sanguins ou séreui des membres, quelle qu'en soit du reste la cause anatomique, qu'ils tiennent à une inflammation chronique ou à un obstacle quelconque au cours du sang veineux. Ces bandes tissées ne sont pas imperméables, et, ne s'opposant pas à l'évaporation de la sueur, elles n'ont pas l'inconvénient de maintenir la peau dans un perpétuel état de moiteur qui peut ramollir Tépiderme et favoriser les inflammations érythémateuses si fatigantes pour les malades.

Le docteur Millot vient de réaliser avec le caoutchouc un nouveau genre de sutures sèches qui est appelé à rendre d'assez bons services dans les plaies dont les lèvres ont une tendance marquée vers récartement On colle sur les bords de la plaie, au moyen d'une solution de caoutchouc dans un liquide volatil, deux petites bandes de linge sur lesquelles sont cousues des agrafes ordinaires; une bandelette de caoutchouc fine, étroite et perforée d'oeillets, est engagée dans les agrafes et court en serpentant d'une lèvre à l'autre de la plaie qu'elle réunit. On peut faire varier à volonté le degré de striction qu'exerce cette bandelette en multipliant ses

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ya-el-vienk et en augmentant sa tension. Cette suture a Tinconvénienide provoquer vers le troisième jour des démangeaisons souvent assez vives ; de plus, comme toutes les sutures sèches, elle n'agit qu'à la superficie . Suivant nous, elle doit surtout servir à soutenir les sutures ordinaires lorsque ces dernières menacent de couper trop vite les parties qu'elles réunissent.

Les bas élastiques, employés dans les varices des membres inférieurs, seront étudiés au sujet de cette affection (voy. VAnicEs) ; qu'il nous suffise de signaler les avantages incontestables que Ton retire ici de Télasc ticitc du caoutchouc.

> On a eu recours à cette même force pour obtenir une extension conti- I nue dans les fractures des membres, lorsque les fragments ont de la tendance au chevauchement. On se sert à cet effet, de lacs en caoutchouc, pour faire l'extension et la contre-extension, ou, cette dernière étant fournie par un point d*appui immobile et un liçn inextensible, Textension seule est faite par un lien élastique. On emploie de préférence à cet effet, les tubes de caoutchouc d'épaisseur et de diamètre variables que Ton trouve facilement partout. L'on ne saurait trop recommander de bien matelasser les points du membre où s'appliquent les lacs : faute de cette précaution, la pression qu'ils supportent devient rapidement intolérable.

Nous reproduisons ici, comme type de ce nouveau genre de service rendu par les lacs de caoutchouc, Fappareil du docteur Gariel pour les fractures du fémur (fig. 56). Nous ne saurions toutefois en recommander l'emploi.

FiG. 56. — Appareil à extension et contre-extension continues pour le traitement de la fracture du col du fémur.

car l'immobilité des fragments n*est pas suffisamment assurée. Elle Test même moins que dans l'appareil analogue où les liens ne sont pas élastiques. Du reste, aucun exemple ne peut mieux nous montrer l'intolérance extrême de nos tissus pour une force continue quelque légère qu'elle soit. L'observation attentive faite au lit du malade, me porte à croire que l'extension continue, lorsqu'elle est réellement efficace, ne saurait être tolérée par le plus courageux. Il suffit d'examiner un de ces appareils en place, pour reconnaître que si le malade le supporte, c'est que la traction

^64 CAOUTCHOUC. — thérapeutiqoe chirurgicale.

est annulée par le poids du membre, par la pression et par le frottement qu'il exerce sur le lit ou dans Tappareil où il est enfermé.

Le caoutchouc est appelé au contraire à rendre de grands services dans certains cas de coaptation difficile. On en a fait des coussins à air qui grâce à leur élasticité répartissent très-également la pression des ateiles. Ceux qui sont munis d'un robinet permettent d'augmenter ou de diminuer la pression exercée sur le membre sans lever Tappareil. C'est là surtout leur grand avantage sur les coussins de balle d*avoine dont la souples5e est moins grande, mais dont le prix est beaucoup moins élevé. Les coussins de caoutchouc sont supérieurs aux autres dans les fractures comminutives et compliquées lorsque Ton veut soumettre le membre à des irrigations continues ou lorsque le pus et la sanie s'écoulent en abondance et salissent Tappareil : on les lave facilement avec une éponge mouillée. Cette répartition exacte de la pression dans toute l'étendue de l'appareil peut devenir un inconvénient lorsque l'on veut agir avec plus de force sur un point que sur d'autres. Peut-on y obvier par de petits coussins supplémentaires?

Les coussins de caoutchouc ont aussi l'inconvénient de perdre à h longue l'air qu'ils contiennent : la pression qu'ils exercent va donc en s'affaiblissant de jour en jour et presque d'heure en heure.

Les matelas de caoutchouc contenant de l'eau, matelas hydrostatiques^ préviennent la formation des escharcs dues à la pression du lit, et faci litent leur guérison lorsqu'elles se sont produites. Un défaut les a fait rejeter jusqu'ici : la plus petite déchirure et même un trou d'aijruille permettent au matelas de s'affaisser et d'inonder la chambre lorsqu'il est rempli d'eau, c'est là un inconvénient qu'il est facile d'éviter.

Le matelas hydrostatique construit par Galante (fig. 57), d'après les

FiG. 57. -~ Matelas hydrostalique de Galante.

indications de Demarquay, a l'avantage d'être d'un maniement facile, il ne contient que 25 litres d'eau que l'on peut renouveler facilement, ei dont on peut faire varier la température au gré du malade.

Dans un mémoire sur les hôpitaux de Londres, nous avons cherché à faire ressortir les avantages que peut retirer la pratique hospitalière des lits hydrostatiques, et nous espérons voir bientôt leur usage se généraliser dans nos hôpitaux comme dans la pratique privée.

Nous n'hésitons pas à présenter ici les figures de quelques-uns de ces lits hydrostatiques employés dans les hôpitaux anglais.

CAOUTCHOUC. THEftAPEUTIQUE CUIRORGICAtE. 265

La figure 58 représente un matelas et un coussin] recouvrant toute la

FiG. 58. — Matelas hydrostatique de Hoopcr [de Londres). — Tout le lit.

surface du lit. Le malade repose tout entier sur une couche liquide que sa pression déplace et qui se moule, en quelque sorte, sur toutes les saillies et sur toutes les anfractuosités de Tocciput, de la nuque, du dos et des épaules,^ du bassin et des membres inférieurs. Mais il peut ne pas être nécessaire de protéger tout le plan postérieur contre la pression du lit et Ton peut dans bien des cas se contenter des trois quarts ou de la moitié d'un matelas (figures 59 et 60).

Fie. 59. — Matelas hydrostatique de Hoopcr (de LonHrcs\ — Trois quaris.

Fi6. 60. — Matelas hydrostatique de Ilooper (de Londres). — Demi.

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Souvent, enfin, il suffit d'un simple coussin hydrostatique que Ton

place, suivant les cas, sous la nuque, sous les membres, sous les épaules,

•sous le bassin, comme dans la figure 61. L'appareil peut être glissé vide

FiG. 61. — Coussin hydrostatique de W. Hooper (de Londres).

SOUS le malade, puis rempli sur place au moyen d*un fuyau conducteur que ferme un robinet. On peut ainsi, sans déranger le malade, changer le liquide que contient le matelas et faire varier à volonté sa température et sa tension élastique.

Boudin s'est servi du caoutchouc pour construire un spiromètre d'une très-grande simplicité; c'est une vessie en caoutchouc maintenue par uo point dans un cadre métallique assez grand pour lui permettre un développement étendu. Elle porte, au point opposé à celui ou elle est fixée, une tige de bois léger et graduée qui glisse dans une ouverture du cadre; la vessie, en se remplissant de l'air expiré qui lui arrive par un tuyau garni d un embout, fait remonter la tige sur laquelle on lit au niveau de l'ouverture qu'elle traverse, la quantité d'air qui a pénétré dans l'appareil (voy. Spiromètre).

Les propriétés du caoutchouc ont été utilisées d'une façon fort ingénieuse dans la confection d'un certain nombre d'appareils destinés au tamponnement des cavités naturelles. Celui destiné aux fosses nasales est un petit tube muni d'une ampoule terminale; on l'introduit vide jusque dans le pharynx en le faisant glisser au moyen d'un mandrin sur la paroi inférieure qui est plane. L'insuiflation déplisse le sac; il bouche l'orifice postérieur sur lequel il se moule grâce à l'élasticité du caoutchouc. La pression qu'il exerce sur tous les points de la muqueuse avec lesquels il entre en contact est douce et uniforme. C'est un moyen très-silnple, facile à appliquer, beaucoup moins douloureux pour le malade que le tamponnement exécuté avec des bourdonnets de charpie. Suivant nous, il mérite dans tous les cas la préférence.

CAOUTCHOUC. — THÉRJLPEOTIQUE CHIRUnCICALE. 267

On a aussi tamponné le vagin dans les métrorrhagies avec une vessie en caoutchouc que l'on introduit vide après Tavoir trempée dans une décoction mucilagineuse ou simplement dans i'eau et que Ton distend sur place en la gonflant d'air. On se sert à cet effet d'une poire en caoutchouc (insufflateur), munie d'un robinet et présentant un volume suffisant.

Nous reproduisons (fig. 62) le tamponnement du vagin réalisé au moyen d'un de ces appareils; il est d'une exécution facile et rapide.

Des poires munies de canules allongées présentant des parois assez épaisses pour revenir avec force à leur forme sphéroïdale, lorsqu'on les a aplaties en les comprimant, servent à aspirer les liquides ou à en injecter dans les plaies avec une force que le chirurgien peut graduer lui-même en faisant varier la pression qu'il exerce. Ces appareils n , . a . . .

* . , 1 - P riG. 62. — Pelote a tamponnement du vagin.

aspirateurs remplacent lacilement les seringues dans

le pansement des plaies, et en les modifiant légèrement, on a obtenu des irrigateurs portatifs pour le vagin et le rectum. De petits globes en caoutchouc, présentant une ouverture assez large et des parois d'une épaisseur suffisante font l'office de ventouses par l'aspiration qu'ils produisent en reprenant leur forme, lorsqu'on les a comprimés entre les doigts et appliqués à la surface des téguments. Kilian de Bonn met une de ces ventouses en caoutchouc sur le mamelon pour réveiller pendant l'accouchement les contractions de l'utérus lorsqu'elles ont de la tendance à se ralentir.

Des pessaires de toutes les formes ont été faits en caoutchouc. Les uns sont à air fixe^ les autres à réservoir mobile ; ces derniers ont l'avantage de pouvoir franchir vides l'anneau vulvaire. On les insuffle dans le vagin, et on les vide avant de les retirer ; si l'on ajoute à ces qualités la souplesse des instruments de caoutchouc, on leur accorde sans peine la préférence.

Les pessaires à réservoir présentent, à côté de leurs avantages, un inconvénient inhérent au caoutchouc : grâce à leur grande élasticité, ils ne maintiennent bien l'utérus qu'à condition d'être énormément distendus. Ils seront donc toujours plus volumineux que les pessaires emplastiques; ils sont néanmoins beaucoup mieux tolérés. Trois mois suffisent environ pour les détériorer.

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Les figures 65 et 64 représentent un pessaire globuleux à réservoir mobile avant et après son application.

Fie. Cû). — Pesia TC Galante a réservoir d'air avant l'introduction.

Fie. 6i. — l'cssdire Galante à réservoir d'air après l'introduction.

Le réducteur à air de Favrot, destine à relever Tutérus dans la rétroversion, est une vessie en caoutchouc que l'on introduit vide dans le rectum, et qui, en se distendant, refoule en avant la paroi antérieure de Tinteslin et le fond de Tutérus. Les figures 65 et 66 représentent les deux temps de

Fi6. t)6. — fl, Utérus réduit. — à, Vigb — c, Vessie. — d, Réducteur dilaté. — ^, Pelote4nsufflateur — f, Symphyse do pubis.

CAOUTCHOUC. THjfiRAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 269

Topération. Dans la figure 65, Tuténis en rétroversion déprime la paroi antérieure du rectum; la vessie réductrice est introduite vide dans le rectum. Dans la figure 66, la vessie rectale distendue a repoussé en avant l'utérus, qui est revenu dans sa position normale. Il nous semble évident que cet appareil ne saurait obtenir une réduction difficile; la force qu'il développe est assez limitée, et s'exerçaut excentriquement dans toutes les directions, elle est en partie perdue.

Mous pourrions rappeler ici Finstrument ingénieux de Tamier, déjà exposé et figuré dans cet ouvrage à propos de l'accouchement prématuré artificiel (voy. vol. I, p. 505).

Le caoutchouc a été employé pour fabriquer des pulvérisateurs^ et ces derniers, depuis les ingénieux essais de Richardson, ont été modifiés de plusieurs manières pour produire Tanesthésie locale. Celui dont nous nous servons, qui est de l'auteur anglais, est représenté figure 67. 11 est formé d'un flacon ^.

de verre contenant ^^:-.

le liquide volatil ^^

(éther, kérosène, f*'"

kérosolène, gazo- ^

lène ou rhigolène;

l'éther est préfé- ^«

rable); le bouchon est de caoutchouc; il est traversé par un tube de métal € recourbé, muni d'un embout mo-

l>ile dont la lu- Fig. 67. — Appareil de Richardson pour l'aoesUiésic locale.

mière est très -

étroite. Ce tube présente à la partie inférieure du bouchon une petite ouverture qui le fait communiquer avec la partie supérieure du flacon contenant l'éther, et il renferme un second tube, plus fin, qui va du fond du flacon jusqu'à l'embout. Sur le tube d'enveloppe, et près du bouchon, vient s'adapter l'appareil souffleur. Ce dernier est formé de deux poires de caoutchouc B, C, reliées entre elles et à l'appareil par des tubes de caoutchouc a, c. La poire terminale B est une pompe aspirante et foulante pourvue d'une valvule ou clapet, en tous points semblable à celle des irrigateurs. C'est celle que l'on tient en main; on la fait marcher par pression de la main. La poire intermédiaire C est une chambre à air; elle régularise le courant intermittent fourni par la première. L'air, en arrivant dans le tube d'enveloppe, se divise en deux colonnes, à cause de l'étroitesse des orifices d'écoulement. La colonne descendante pénètre dans le flacon d'éther, et, par pression, fait monter ce liquide dans le petit tube, d'où il tend à s'échapper par l'embout ; mais là il rencontre la colonne d^air ascen* dante, qui, le soufflant avec force à travers l'orifice, le pulvérise, en fournissant un jet de 8 à 15 centimètres. En se vaporisant, l'éther

270 CAOUTCHOUC. — thérapeutique chirurgicale.

abaisse rapidement la température des objets qu'il rencontre. Â 8 oq 10 centimètres de l'embout, le thermomètre s'abaisse à quinze degrés au-dessous de zéro; en une minute environ, la peau se blancliil, durcit légèrement et devient parfaitemefnt insensible. Il est bon de noter que l'épaisseur des couches anesthésices ne dépasse guère 1 centimètre, et que la dissection est rendue plus difficile par Tinduration des parties ; le jet d'éther dans la plaie ne réveille, du reste, aucune douleur, L'anesthésie locale doit donc être réservée pour les incisions simples et superficielles, et encore, lorsque les parties sont enflammées, comme dans le panaris, les abcès, etc., l'action du froid semble presque aussi douloureuse que celle du bistouri. Nous ferons aussi la remarque que Tanesthcsie par le froid provoque une hémorrhagie capillaire qui dure une dizaine de minutes ; c'est un jnconvénient au point de vue de la réunion immédiate. Malgré ces quelques imperfections, la méthode de Richardsoneâ appelée à vivre et à se généraliser dans la pratique chirurgicale : mais c'est trop lui demander que de vouloir l'employer comme on a chercliéà le faire dans les amputations, dans l'ovariolomie ou dans l'hystérotomie. Si nous jetons les yeux sur les usages du caoutchouc dans la prothèse,

nous lui voyons fournir pour les béquilles des coussins, qui présentent en les eiigérant les avantages et les inconvénients des coussins à fracture (voy. p. 264). Les pelotes des bandages herniaires^ faites de caoutchouc, ont le défaut de s'affaisser len- FiG. 68.— Genouillère orlhopcdiqiic tcment; ct, de plus, elles sont asscz rapide Galante, demi-cylindre, sorte de dément attaquées par l'enduit sébacé de

carapace qui embrasse exactement la , j floiatiers les bracelets les

partie antérieure du genou, et qui ** P^*"' ^^^ aoigiiers^ les oraceieiS.lfS

présente de chaqne côté trois anneaux çauts^ ne sont pas entrés dans la pratique; pour fixer l'appareil sur un plan de jgs genouHlères^ au Contraire, ont scrri

bois earni d'un coussin en caoutchouc i <• • « i ■ . .ri-

Tuicanisé. Sous la carapace est fixée quelquefois a redresser lentement lartiune pelote à air. culation du genou, fléchie avec fausse

ankylose. La figure 68 représente l'appareil en place. C'est une plaque de caoutchouc vulcanisé, fixée sur la partie antérieure du genou par six rubans qui s'attachent sur les bords d'une attelle postérieure garnie d'un coussin. .4u besoin on peut augmenter la pression exercée par cet appareil sur la partie antérieure de Farticulation, en glissant entre la peau et la genouillère Fie. 69. — Obturateur corn- "" coussin à air que Ton peut distendre au moyen posé de trois plaques de du robiuct dout il cst pourvu. Il cst représenté

caoutchouc vulcanisé, su- g^^. ,3 f ^„ ^ ^^jg ^jj^

DerDosees et soucices en—

semble. — a, Plaque du On a fait cn caoutchouc vulcanisé et durci des milieu. — b, Plaque su- obturateurs rappelant par leur forme les doubles ^rTcure. "" ^* ^^^^^ '" boutons de chemises, destinés à fermer les perforations de la voûte palatine (fig. 69). Ces petits appareils sont plus faciles à introduire que ceux qui sont faits cd

CAPILLAIRES. — capillaires de Montpellier.

métal ; ils sont aussi infiniment mieux supportés par les malades, mais ils ont l'inconvénient de ne pas être inaltérables.

Le même reproche peut être adressé aux dentiei's de caoutchmic durci introduits dans la prothèse dentaire par TAméricain Evans. Il est toutefois parvenu à retarder beaucoup, sinon à conjurer, Taltération du caoutchouc, auquel il donne une couleur analogue à celle des gencives. Ici les plaques métalliques ou osseuses dures, douloureuses, excoriant par pression la muqueuse gengivale, et déchaussant les dents sur lesquelles elles prennent leur point d'appui, sont avantageusement remplacées par une substance tout à la fois ferme, élastique et malléable.

Comme on le voit par cette énumération rapide, le caoutchouc rend de nombreux services à la médecine et à la chirurgie, et de jour en jour on trouve pour cette substance des applications nouvelles.

Coup d'œil sur l'emploi chirurgical du caoutchouc vulcanisé (Bull, de thér,, 1849, t. XXIVIT,

Fatrot, Sur un nouveau mode de réduction des déviations de la matrice [Bulletin de VAcad.

de médecine, \Sb\y t. XVII, p. ît5 ei Revue médico-chirurgicale de Paris, \9bi}. Coup d'oeil sur les pessaires à réservoir (Bulletin de thérapeutique y 1853, t. XLIV, p. 552). Sarazix, Essai sur les hApiUux de Londres [Ann. d^hygiénepuàl. etdeméd, légale, \W&, t. XXV).

Charles Sarazîn.

CAPEIjIME. Voxj. Bandage.

CAPIIiliAIKES. — Sous le nom de Capillaires, on connaît plusieurs plantes qu'on emploie en matière médicale ; toutes appartiennent à la famille des FocGÈREs, et la plupart au genre Adianium.

Description. — 1** Capillaire 4e Montpellier {Adianium Capillus Veneris Linn.) (fig. 70).

— Nous plaçons cette espèce la première, non parce que c'est elle *qui aie plus de réputation, mais parce que c'est notre espèce indigène, et qu'elle est la plus employée, possédant, au reste, tout autant de vertus que l'espèce qui nous vient du Canada. Le Capillaire de Montpellier a une tige souterraine brunâtre de 10 centimètres de longueur, couverte d'écaillés présentant au-dessuus

des radicules fines et laissant F,g. 70. - Capillaire de Montpellier

échapper en dessus de longues [Adianium capillus Veneris L.).

CAPILLAIRES. — capillaires du camada et du Mexique.

feuilles décomposées à pétioles très-fins, brunâtres, luisants, à folioles

vertes, alternes cunéiformes, lobées, glabres ; d'une odeur aromatique.

2» Capillaire da Caoada {Adiantum pedattm Linn.) (fig. 7i).

La tige est comme celle de la précédente espèce, les feuilles sont hautes

FiG. 71. — Capillaire du Canada (Adiantum pedalum).

de 50 à 40 cent., lair pétiole est brun, rougeâtre très-foncé, divisé en deux branches qui portent elles-mêmes cinq à six rameaux chargés de folioles cunéiformes, dont le bord supérieur est arqué et incisé de créne- Inres profondes. Ces rameaux, insérés tous du côté interne de chacune des divisions du pétiole, font ressembler la fronde entière à deux pieds mal assurés; de là le nom de pedalum imposé à cette espèce.

Sou odeur est beaucoup plus agréable que celle de l'espèce précédente. Sa saveur est styptique. Celte plante nous vient du Canada, mais elle est très-rare. Aussi lui substitue-t-on quelquefois l'espèce suivante.

S"" Capillaire dn MeaLlqoe (Adiantum trapezi forme Linn.). — Les feuilles sont hautes de 30 à 50 cent. Le pétiole est noir, très-lisse.

CAPILLAIRES (vaisseaux). — aratoiiie et physiologie. 275

Irès-ramifié à la partie supérieure ; les folioles, qui sont caduques, rappellent par leur forme le losange ou le trapèze, le bord supérieur est légèrement incisé ou crénelé.

Cette espèce vient de rAmérique méridionale. Son odeur est plus agréable que celle de la Capillaire de Montpellier et moins que celle de la Capillaire du Canada.

4** Capillaire sair {Asplenium adianthum nigrum Linn.).

o*^ Capillaire ronge (Asplenium tiichomanes Linn.).

Propriétés, usages, doses et mode d'administration. — C'est une plante réputée dans les affections bronchiques. On la donne en tisane (infusion, 10, 20 grammes pour un litre d'eau), coupée avec du lait; ou bien en sirop (30 à 100 grammes), avec lequel on édulcore d'autres tisanes.

Cette plante entre dans le sirop à'Eryximum composé.

Succédanés. — Cétérach, Ceterack officinartim, D.C. — La Doradille des murs, Asplenium ruta muralia Linn. Léon Marchand.

CAPILIjAIKES (Taisscaiix). — Ainsi désignés à cause de leur grande ténuité, les vaisseaux capillaires appartiennent au système sanguin ou au système lymphatique. Nous ne nous occuperons ici que des capillaires sanguins. (Voy. Lymphatiques pour ce qui a trait aux capillaires lymphatiques.)

Les capillaires sanguins établissent une communication entre les artères et les veines, et forment la partie périphérique de la grande et delà petite circulation. Ce sont aussi des capillaires sanguins que l'on rencontre dans les ilôts du foie, et qui font communiquer les branches terminales de la veine porte avec la veine centrale des lobules. Ces différents vaisseaux capillaires ne diffèrent ni par leur structure ni par leurs propriétés physiologiques. Aussi les comprendrons-nous dans la même description générale.

Anatomie et physiologie. — Les capillaires sanguins, à cause de leur ténuité, furent connus seulement à partir de l'époque où le microscope fat appUqué aux études anatomiques. Malpighi découvrit ces vaisseaux en examinant le poumon et le mésentère de la grenouille vivante. Il vit les globules du sang sortir des artères, arriver dans les veines, après avoir traversé des canaux flexueux d'une finesse extrême. Mais ce ne fut que beaucoup plus tard que les vaisseaux capillaires furent isolés dans différents organes par Windischmann, J. Mûller, Yalentin, Schultz, Tre- Tiranus, Schwann, etc., et depuis lors aucun anatomiste ne soutint plus que chez l'homme le sang circule dans des lacunes creusées au sein des tissus.

Les capillaires échappant à Tœil nu, c'est à l'aide du microscope seul qu'on peut déterminer leurs limites; et pourtant les histologistes ne sont pas tous d'accord sur ce point. Pour les uns, le mot capillaire doit être pris dans son acception rigoureuse, c'est-à-dire comprendre tous les vaisseaux d'une grande ténuité (Henle et Ch. Robni). Les autres définissent los capillaires par leur structure et non par lenr diamètre {Kôlliker et

2VO0V DILT. MÉD. IT ClOU ^ TC — 8

CAPILLAIRES (VAISSEAUX). — stroctore.

\irchow). Nous pensons qu'il y a avantage à suivre ces derniers auteurs, aussi bien pour la clarté de la description anatomique que pour la sim« plicité des déductions physiologiques. Si nous considérions en eflèt comme capillaires tous les vaisseaux ayant un diamètre inférieur à 0"",14 nous serions forcé d'admettre plusieurs variétés histolgiques (capillaires vrais, petites artères et petites veines), dont les limites serai^t incertaines, et nous trouverions à ces différents canaux sanguins des propriétés physiologiques diSerant pour chacun d'eux. Les petites artères et les petites veines ont des parois éminemment contractiles, tandis que la membrane des capillaires vrais est entièrement inerte; et c'est dans la structure de ces vaisseaux que nous trouvons la raison de cette différence physiologique essentielle. C'est pour cela que nous nous éloignons complètement de Henle et de Ch. Robin, car leur première variété, qui au premier abord semble correspondre aux vrais capillaires, ne saurait cependant les englober tous, puisqu'ils y font rentrer tous les vaisseaux inférieurs à 0"*",03, et n'accordent par là-méme qu'un rôle accessoire à leur structure.

Nous pensons donc avec Kôlliker que les vrais capillaires sont les

seuls petits vaisseaux dépourvus d*éléments musculaires de la vie o^ ganique.

Ainsi envisagés, les capillaires se montrent avec des caractères histologiques qui ne diffèrent pas dans les divers tissus ou organes de l'économie.

StmeCare des caplllalref. - La structure de ces vaisseaux apparaît d'abord avec une extrême simplicité; les tubes qui les constituent semblent formés d'une membrane hyaline parsemée de noyaux. Cette membrane a un double contour, dont l'interne est toujours moins accusé que l'externe; son épaisseur varie enfape 0"",001 cl 0"",002; elle est d'une transparence parfaite; on n'y voit ni stries, ni fentes, ce qui a fait admettre jusque

dans ces derniers temps qu'elle est

Fifl. 72.- Vaisseaux les plus tins du côté de» complètement amorphe. Lesréactife trières. — a, Membrane amorphe des capU- qu OU emploie d ordinaire dans les

laires, — d, d, Noyaux de celle membrane, recherches microscopiques n'ont SUT

"'""*' elle qu'une action faible : l'acide acé-

tique la rend moins réfringente, la gonfle un peu, mais ne la dissout pas ; le carmin ne la colore que difficilement, et s'il produit sur elle une teinte légère, celle-ci disparait bientôt

CAPILLAIRES (vaisseaux). — strugturb.

dans le liquide conservateur. C'est donc avec juste raison que KôUiker la compare aux vieilles membranes de cellules et au sarcolemme.

Les noyaux, sphériques dans quelques organes (reins et poumons) > sont habituellement ovalaires; ils ont de 0'^,007 à 0'^,010 de longueur sur 0^,004 à O^^jOOS de largeur. Leur grand axe est toujours dans la direction du vaisseau. Ils semblent compris dans Tépaisscur même de la membrane, bien qu'ils fassent saillie quelquefois dans Tintérieur, d'autres fois à l'extérieur du tube capillaire. Ils ne sont pas moditiés par Pacide acétique et sont colorés fortement par le carmin qui y demeure fixé.

Le diamètre des capillaires n'est pas constant; il varie entre 0"*'",005 et 0"^,02: les plus fins se trouvent dans le poumon, et les plus volumineux dans les os. Les capillaires appartenant au même réseau n^ont pas tous le même volume. On a remarqué depuis longtemps que la membrane des gros capillaires est plus épaisse, et que le nombre des noyaux y «st plus considérable sur un même espace'.

Cette structure si simple paraissait définitivement établie, quand de nouvelles recherches sont venues la renverser de fond en comble. Auerbach, Eberth et Aeby, en injectant chez la grenouille le système circulatoire avec une solution de nitrate d'argent à j^, sont arrivés à démontrer que la membrane des capillaires, qui paraissait amorphe, est en réalité constituée par des cellules, à chacune desquelles correspond un •des noyaux du capillaire. On savait déjà que le nitrate d'argent donne un précipité blanchâtre sur le ciment intercellulaire des pavés épithéliaux délicats, de telle sorte que des cellules, qui auparavant ne pouvaient pas être distinguées, sont maintenant séparées les unes des autres par des lignes sombres à la lumière transmise. Ces observateurs ayant obtenu sur la membrane des capillaires des dépôts d'argent disposés d'une manière régulière autour de chaque noyau, en ont conclu que cette membrane n'est pas amorphe, mais bien constituée par des cellules aplaties, réunies par leurs bords. Quel- -que temps après, -Chrzonczczewsky modifia le procédé des observateurs que nous Tenons de citer, et arriva à des conclusions un peu différentes. Remarquant •que les capillaires ne 66 prêtent pas bien à l'examen quand ils sont aplatis, il essaya de les rendre, tiurgides et de les imprégner d'argent du même coup. A cet effet,

Fie. 73. — Structure des vaisseaux capillaires d'après Clirzonczcxewsky ; la paroi de ces Taisseauz est tapissée par des cellules allongées. Ei\ ë et eu ^, les cellules ont été détachées au mo* ment de l'injection.

276 CAPILLAIRES (vaisseaux). — structure.

il poussa dans les vaisseaux une injection composée d'eau, de gélatine et de nitrate d'argent.

 Paide de ce procédé, Chrzonczczewsky constata que les capillaires, comme les artères et les veines, sont revêtus d'un épi thélium, que les cellules qui forment ce revêtement sont allongées, losangiques, ayant 0'"'",05 à 0"»",09 en longueur et 0«^,04 à 0-^,08 en largeur! celles des petites artères et des petites veines sont moins longues, et leors côtés sont plus nombreux. En passant des artères sur les capillaires, ces cellules ne changent pas brusquement de forme ; la transition est gnduelle. Il arrive parfois que la matière à injection en arrivant dans les capillaires entraine une portion de la membrane épithéliale ; elle ne pénètre pas pour cela dans les tissus, et le calibre du vaisseau reste constant. Ce dernier fait a conduit Fauteur à penser que la couche épithéliik est soutenue par une membrane propre. Il n'a cependant pas vu un double contour à cette prétendue membrane, de telle sorte que sa démonstration n'est pas encore complète. Mais par contre, on ne saurait nier aujourd'hui la présence d'une couche épithéliale. Lepithélium ne manque donc sur aucun point du système circulatoire.

Nous pouvons comprendre maintenant comment s'établit la continuité des capillaires avec les deux autres ordres de vaisseaux, et pourquoi sur ceux-ci la tunique interne conserve encore pour un temps les caractères*de la membrane des capillaires. Ce n'est, en effet, que sur des vaisseaux d'ua calibre assez fort que cette tunique devient plus épaisse et striée en long.

Pour compléter ce qui a trait à la structure des capillaires sauguins, nous devons indiquer les modifications importantes qu'elle subit dans les centres nerveux et dans les organes lymphoîdes.

On savait depuis longtemps que chez la grenouille les vaisseaux artériels et capillaires sont compris dans une gaine lymphatique. On ne connaissait chez l'homme aucune disposition analogue, lorsque Ch. Robin découvrit que, dans le cerveau, les petites artères et les capillaires sont

FiG. 74. — Vaisseau capillaire du cerveau entouré de sa gaine lymphatique, d'après Ch. Robin.

enveloppés par une membrane complètement amorphe, distante de la paroi externe de ces vaisseaux (fig. 74). Il en résulte un espace en forme de manchon, au centre duquel se trouve le yaisseau sanguin. Ch. Robio

CAPILLAIRES (vaisseaux). — réseaux. 277

ayant reconnu dans cet espace des éléments de la lymphe, en avait conclu qu'il était en rapport avec le système lymphatique. Plus récemment, His, qui à ce propos ne cite pas l'auteur de la découverte, ;Bst arrivé au moyen d'injections à démontrer la communication directe de ces espaces avec les vaisseaux lymphatiques. (Pour plus amples détails, voir Tarticle Lymphatiques.)

Dans les organes lymphoïdes (ganglions lymphatiques, rate, amygdales, follicules intestinaux isolés ou agminés, muqueuse de l'intestin grêle, etc.) le tissu connectif est constitué par des fibrilles très-minces anastomosées les unes avec les autres ; dans les points de jonction se trouvent des épaississements ou nœuds ; les mailles que laissent entre elles ces fibrilles sont comblées par des globules de la lymphe (fig. 75). Dans ce stroma réticulé cheminent des capillaires sanguins, qui sont recouverts d'une seconde membrane ayant de 0-^,001 à 0"^,002 d'épaisseur, plus opaque que l'interne, d'un aspect fibrillaire, et de laquelle se détachent des fibres fines qui se rendent à des

nœuds du stroma réticulé. Cette dis- Pic. 75. - Capillaires contenus dans le tissu position signalée par Kôlliker et Frey connectif réticulé d'un ganglion lympba-

se rencontre dans tous les organes \T^^ ^'"P"*^' ^'%^a?' y^sse^ux c»pii-

. , . > Tk 1 laires sanguins revêtus dune couche de tissu

qui ont ete indiques. Pour la rendre fibrillaire. — c, stroma réticulé contenant

évidente, il faut employer le durcis- ^^ cellules de lymphe.

sèment dans l'acide chromique à un

degré suffisant pour permettre des coupes à l'aide du rasoir, et cependant

pas assez fort pour qu'on ne puisse avec le pinceau chasser les globules

lymphatiques ; car lorsque ceux-ci encombrent les mailles du stroma, on

ne peut nettement en distinguer les fibrilles.

Bé«e«ax onpiiialreai. — Nous trouvons dans le mode suivant lequel les capillaires s'abouchent les uns dans les autres un caractère d'une grande importance. Tandis que les artères et les veines se divisent et se subdivisent comme les branches d'un arbre, les capillaires forment des réseaux. Ces réseaux affectent les formes les plus variées, de telle sorte que chaque tissu et organe possède un réseau capillaire caractéristique soit par la forme de ses mailles, soit par leur étendue. Ce n^est pas ic le lieu d'en donner une description minutieuse ; nous devons nous bor ner à quelques aperçus ayant des applications directes à la physiologie ei i la pathologie.

Dans les os longs, par exemple, les capillaires ont une direction générale parallèle à Taxe de l'os ; ils ne sont réunis les uns aux autres que par de rares branches obliques ou perpendiculaires» On peut donc considérer ces os comme étant constitués par une série de colonnes, disposition

278 CAPILLAIRES (vaisseaux). — déyeloppemest.

éminemment favorable à la solidité et à la résistance que doivent offrir les leviers osseux,

La manière dont se fait la circulation capillaire dans le rein est tout à fait spéciale ; le sang artériel est obligé de parcourir deux réseaux successifs avant de se Jeter dans les veines. On sait, en effet, qu'en arrivaol dans les glomérules de Malpighi, la petite artère qui lui est destinée fruchit la capsule de Bowman et fournit un pinceau de capillaires anastomosés fréquemment entre eux ; tous ces capillaires se reconstituent ensuite en une branche artérielle efférente qui sort de la capsule dans le voisinage de Taiférente, pour aller se diviser de nouveau et former le réseau capillaire des tubuli de la substance rénale. On comprend combien cette disposition unique est favorable à Texcrétion si abondante de l'urine.

Dans le poumon, chaque vaisseau capillaire appartient à plusieurs alvéoles; il contourne en pas de vis une des trabécules minces celluloélastiques qui les séparant, en faisant dans Tune et l'autre alvéole une saillie très-marquée. De cette façon, les capillaires sont contenus non pas dans la trame de l'organe, mais dans les alvéoles eux-mêmes. Pendant longtemps ou a même cru que les portions saillantes de ces vaisseaux n'étaient pas recouvertes d'épithélium, mais Chrzonczczewsky, à l'aide de l'imprégnation d'argent, est arrivé à le démontrer sur toute la surface des vésicules pulmonaires.

Cette saillie des capillaires dans les alvéoles du poumon prèle à d^importantes déductions physiologiques et pathologiques. Elle facilite d'abord à un haut degré les échanges de gaz entre le sang et Tair atmosphérique, puisque ces deux fluides ne sont séparés que par des membrane» d'une délicatesse extrême. Nous comprenons aussi facilement pourquoi le poumon est un des organes les plus sujets aux hémorrhagies.

Enhn, dans la peau et les muqueuses, les capillaires présentent une disposition bien connue depuis longtemps ; ils y forment toujours deux réseaux, l'un superficiel destiné aux papilles ou aux villosités, présidant à l'absorption ; l'autre profond, se distribuant aux glandes et leur apportant les matériaux nécessaires à leur sécrétion. Ces réseaux périglandulaires ont une forme et une richesse en rapport avec la texture et l'activité des glandes.

Dans presque tous les autres organes la configuration du réseau capillaire est sous la dépendance de la forme des éléments^ et de l'agencement des tissus.

Il en est autrement de la richesse de ce réseau, qui semble en rapport, soit avec l'activité fonctionnelle de l'organe, soit avec l'absorption, les sécrétions et les échanges qu'il doit effectuer. Aussi est-ce dans le cerveau, les muqueuses, le foie, le rein et le poumon que nous trouvons la plu* grande richesse vasculaire.

Développement de» €saiplllaitres. — Le développement des vaisseaux capillaires et de leurs réseaux diflère complètement du mode de formation des artères et des veines. Tandis que ces derniers vaisseaux,

CAPILLAIRES (vaisseaux). — dIveloppement. 279

comme Remak Ta observé, prennent naissance dans des traînées de cel* Iules embryonnaires, dont les périphériques forment les parois, les internes constituant les cellules du sang, nous voyons 1^ capillaires naître aux dé* pens des cellules plasraatiqucs et de leurs ramifications- En effet, Schwann d'abord, Kôlliker ensuite, ont observé ce mode de développement sur la queue des têtards de grenouille (fig. 76); ils ont vu des réseaux dé cellules plasmatiques, dont quelques canaux venaient s'aboucher dans des capillaires déjà formés. Ces canaux, dun finesse extrême, s'élargissaient graduellement, jusqu'à ce qu'ils pussent livrer passage aux globules sanguins. De cette façon les membranes de cellules et les parois des canaux plasmatiques formeraient la tunique des capillaires; les noyaux des cellules formatrices, restant appliqués sur cette tunique, en constitueraient les noyaux permanents.

Dans ces derniers temps, Balbiani est arrivé à souder de très-jeunes tétards de grenouilles, et il a observé qu'il s'établissait une circulation commune.^ Le développement des capillaires appartenant à cette circulation se fait par le procédé décrit par Schwann et Kollikcr.

Nous savons bien que ce mode de développement n'est pas en rapport avec la structure qui a été récemment découverte. Néanmoins nous ne pouvons pas mettre en opposition ces faits de structure et de développement si bien constatés de part et d'autre. Constatons là une lacune, que des recherches ultérieures combleront probablement un jour.

Une fois formés, les réseaux capillaires peuvent acquérir de nouvelles ramifications, suivant le même procédé que nous avons indiqué phis haut. On voit aussi quelquefois une communication latérale s'établir entre lieux capillaires (J. Mayer et Platlner); deux prolongements canaliculés d'une grande ténuité, venus chacun d'uu des capillaires voisins, s'abou^ chent entre eux ou dans une cellule plasmatique intermédiaire.

Tout ce que nous venons de dire touchant la formation des capillaire*

FiG. 76. — Capillaires de la queue d'un tétard. — fl, Capillaires développés. — b, Noyau et restée du contenu des cellules formatrices primitives. — c, Prolongements d'un vaisseau terminés en cul-desac. — d, Cellule formatrice étoilée, reliée par trois prolongements avec autant de prolongements de capillaires déjà creux

e^ Corpuscules sanguins renfermant eil-

core quelques granulations. Grossissement de 350 diamètres. (Kôluker.)

280 CAPILLAIRES (vaisseaux). — physiologie céiiéRÂLE.

et de leurs résaux ne nous fait pas comprendre comment s'établit leor continuité avec les artères et les veines ; nous ne saurions dire non phn par quel mécanisme des capillaires peuvent devenir des artérioles et des veinules.

Pliyslologte générale des captllalres. — La physiologie géné> raie des capillaires se divise naturellement en deux parties distinctes : 1^ mécanisme de la circulation des capillaires ; 2^ rapports de ces vaisseaux avec la nutrition intime des tissus, les sécrétions et TabsorptioD. V Mécanisme de la cieulation capillaire. — Pour avoir une bonne idée de la manière dont se fait cette circulation, il faut avoir recours i la belle expérience de Malpighi et de Leeuwenhoek, qui consiste à étaler ao moyen d'épingles la membrane interdigitale, ou mieux la langue d'ooe grenouille, sur une plaque de liège percée d'un trou, au niveau duqod doit se trouver la partie étendue. En fixant cette plaque de liége sur la platine d'un microscope, on peut à Taîde d'une bonne lumière transmise et d'un grossissement de 100 à 200 diamètres étudier tous les détails de la circulation capillaire.

Il s'agit d'abord de bien distinguer les différents vaisseaux ; les artères se reconnaissent au sens suivant lequel se fait la circulation des grosses branches vers des branches plus petites, et aux ondées saccadées, intermittentes et isochrones qu'on y observe. Les veines sont plus volumineuses que les artères ; la circulation y est régulière, et s'y fait des petites vers les grosses branches.

On reconnaîtra les capillaires à première vue par leur diamètre, par les réseaux qu'ils forment et l'irrégularité de leur circulation.

Ce qui frappe d'abord dans cette circulation, ce sont ces oscillatioos irrégulières, d'autant plus saisissables, qu'on peut suivre chaque globule sanguin dans sa course vagabonde. A l'extrémité d'un tube capillaire, juste assez grand pour le contenir, un globule rouge peut s'engager dans l'une des deux ou trois branches qui se présentent. Rien ne semble le solliciter à entrer dans l'une plutôt que dans l'autre ; il s'arrête un instant, puis il s'échappe et parcourt rapidement l'une d'elles. Aussi pendant quelques secondes la circulation est-elle complètement interrompue dans un tube capillaire, pour reprendre ensuite avec énergie. Dans ces dcm conditions on ne voit ce tube ni se dilater, ni revenir sur lui-même; son calibre reste constant.

La circulation n'est pas également active dans tous les points du calibre des capillaires. Au centre le courant est rapide, tandis que, près des parois, on remarque une couche presque immobile, dans laquelle se trouvent beaucoup de globules blancs, couche adhésive de Poiseuille. La présence de cette couche est éminemment favorable à la ciculatioo dans les petits vaisseaux, en ce sens que le frottement des globules contre la paroi vasculaire étant évitée, chaque globule glisse facilement sur cette couche, ou en entraine une partie.

Les globules blancs et les globules rouges ne circulent pas avec la même facilité; les rouges sont lisses, et leur constitution, et leur forme lenrfet-

CAPILLAIRES (vaisseaux). — physiologie cinéRALE. 28i

mettent une certaine réductibilité. — Les globules blancs sotit légèrement rugueux, adhèrent aux surfaces et sont à peine réductibles. Aussi les globules rouges ont une circulation très-active et passent avec rapidité au centre du vaisseau, tandis que les blancs se fixent à la paroi du capillaire et ne s'en détachent qu'au bout d'un instant pour être entraînés un peu plus loin.

Cette différence dans la circulation des globules rouges et des globules blancs, constatée sur la grenouille doit être plus considérable encore chez rhomme, puisque chez celui-ci, les globules blancs sont plus volumineux que les rouges, contrairement à ce qui existe chez les batraciens.

On peut, du reste, reproduire artificiellement entre deux lames de Terre une circulation comparable jusqu'à un certain point, à la circulation capillaire vraie, et qui met en relief les propriétés physiologiques des deux espèces de globules. Que l'on reçoive une gouttelette de sang sur une lame de glace, et q^'on la recouvre avec une lamelle de verre de manière à ce que le sang n'occupe qu'un des coins de celle-ci; qu'à ce niveau on ajoute une simple goutte d'eau, elle pénétrera par capillarité entre les deux lames, et on verra au microscope tous les globules blancs rester en place, bien que les globules rouges qui sont entraînés rapidement viennent à chaque instant leur imprimer des secousses. Lorsque l'équilibre sera rétabli, tous les globules rouges occuperont un point de la préparation et les blancs en occuperont un autre.

Vierordt qui s'est appliqué d'une façon spéciale à déterminer la vitesse du courant sanguin dans les capillaires, et qui pour arriver à ce résultat a mis en usage des procédés variés, donne les chiffres suivants pour la circulation générale : 0™,6 à 0"**",9 par seconde chez l'homme, et 0"",36 chez la grenouille. Du reste, rien n'est plus variable que la vitesse du courant sanguin dans les capillaires. Ces variations résultent des conditions nombreuses que nous allons étudier bientôt. Les unes sont fixes et dépendent de la richesse du réseau parcouru, de la longueur et du diamètre des vaisseaux qui le composent.

Pour apprécier d'une façon mathématique la vitesse de la circulation capillaire, il ne suffit pas de chercher le rapport entre l'aire totale du réseau capillaire avec l'aire du système artériel, mais il faut voir encore le rapport de l'aire des capillaires d'un organe avec les artères correspondantes. On comprendra que moins ce rapport sera éloigné, plus la circulation sera active dans le réseau capillaire. En outre, on sait, aujourd'hui que la circulation capillaire d'un organe ne se fait pas avec la même activité dans tous les points, depuis que Cl. Bernard a découvert la circulation dérivative et démontré son importance dans les fonctions d'un organe. Un certain nombre d'observateurs ont fait des recherches^ dans le même sens (Sucquet et Sappey). On comprend alors comment le sang passant plus ou moins facilement dans tel ou tel département vasculaire, la circulation capillaire y variera de rapidité.

Le diamètre et la longueur des capillaires ont au point de vue du cours du sang une importance qui a été mise en lumière par Poiseuille : c'est

28^ Capillaires (yaisseadx). — phtsiolo^ib générale.

a^ec juste raison que celui-ci a cherché à appliquer aux capillaires sanguins les lois de l'écoulement des liquides dans les tubes capillaires.

I. Les quantités d^eau écoulées dans un même temps ^ sous une même pression^ à une même température^ à travers des tubes capillaires d'i» même diamètre^ diminuent propot^ionnellement à la longueur des tubes.

II. Les quantités d'eau écoulées dans un même temps^ sous une même pression^ à une même température^ à travers des tubes capillaires d'une même longueur^ sont, entre dles comme les quatrièmes puissances des (fiamètres de ces tubes.

11 est certainement bien difBcile d'appliquer ces lois à la marche do sang t'ans tel ou tel organe spécial, à cause de la forme complexe des réseaux capillaires. — Ces lois n'en restent pas moins invariables pour chaque capillaire en particulier, et elles nous font comprendre la difficulté croissante que le sang éprouve à parcourir des vaisseaux, lorsque leur diamètre devient très-petit, surtout si cette étroitesse n.'cst pas compensée par la richesse du réseau.

Les autres conditions de la circulation capillaire sont variables et devront être étudiées dans le cœur, les artères, les veines, le sang et les parties circonvoisines aux capillaires.

Disons tout d'abord que c'est à Cl. Bernard que revient tout l'honnetu^ des connaissances précises que nous avons aujourd'hui sur cet important sujet. Cet illustre physiologiste, par ses expériences sur les nerfs vasomoteurs, et surtout par les conclusions qu'il a tirées de leur mode d'action, nous a montré, en effet, que Torgane actif de la circulation est le cœur seul, et que la contractilité des petites artères ne saurait avoir d'autre effet que de la ralentir ou de la supprimer sur un point. Les ' petites artères sont donc, par excellence, les organes régulateurs de la circulation capillaire.

L'action du cœur sur la circulation capillaire a été signalée depuis longtemps. Les premiers observateurs ont constaté que, lorsque l'animal mis en expérience s'afTaiblit et que les pulsations cardiaques perdent de leur fréquence et de leur intensité, la circulation se ralentit dans les capillaires; elle peut même cesser d'une manière complète entre deux pulsations distantes. Dans certains cas on observe aussi une circulation eo retour qui reprend sa marche première sous Tinfluence de la prochaine ondée sanguine. Poiseuille a fait à ce sujet une expérience encore plus démonstrative : il supprimait la circulation dans une artériole en appliquant sur elle un petit cylindre de platine; un arrêt complet du sang se faisait aussitôt remarquer dans les capillaires dérivant de cette branche artérielle. L'opinion de Bichat sur T indépendance de la circulation capillaire est donc dénuée de tout fondement; faisant cesser l'action du cœur dans les artères, il voulait que le sang cheminât dans les capillaires en vertu de la contractilité qu'il leur supposait. Cette contractilité existâtelle, elle ne pourrait évidemment servir qu'à enrayer la circulation.

L'action des artères se traduit de deux façons sur la circulation dans les vabseaux capillaires ; elle transforme un mouvement intermittent en

CAPILLAIRES (vaisseaux). — physiologie générale. S83

mouvement continu ; elle règle le courant et peut même le supprimer d'une manière complète. C'est aux petites artères et non aux capillaires qu'il faut rattacher ce qui a été dit par Thomson, Kaltenbi'unner, Wharton Jones et Marey, touchant l'action des substances chimiques et des agents mécaniques sur la circulation qui nous occupe. Les expériences très-simpies de Marey méritent surtout de fixer lattention. Il est fâcheux seulement que cet habile physiologiste ait attribué les effets qu'il a observés aux capillaires, confondant ainsi différents ordres de vaisseaux qui s'éloignent autant par leurs propriétés physiologiques que par leur structure. Ces expériences, que chacun peut reproduire sur lui-même, consistent dans la production d une légère irritation mécanique à la surface de la peau. En passant rapidement le tranchant d'un ongle sur le dos de la main, il se produit d'abord une ligne blanche, à laquelle succède une ligne rouge, sur les deux bords de laquelle on aperçoit un liséré blanc.

La ligne rouge correspond au tracé de l'ongle et serait due à un épuisement de l'activité musculaire des petits vaisseaux par une forte irritation ; le liséré blanc dépendrait de ce que sur les pJDints où il s'est produit, l'activité musculaire étant accrue par une irritation modérée, la tunique musculeuse des petites artères mise ainsi en jeu déterminerait l'occlusion de ces vaisseaux.

Les autres expériences de Marey viennent confirmer le résultat de celles-ci. Ces résultats sont du reste en rapport ayec ce qu'on connaissait de l'action des substances chimiques qui, suivant qu'elles sont faibles ou fortes, fait rétrécir ou dilater les petites branches vasculaires.

Il est vrai que plusieurs observateurs, et entre autres Wharton Jones, ont noté danslmrs expériences le rétrécissement des plus fins capillaires lorsqu'on les soumet à des causes d'irritation. Mais comme ces expériences ont été faites sur la langue de la grenouille et sur les ailes" de la chauve-souris, et que dans ces deux cas les vaisseaux sont noyés dans du tissu musculaire, c'est à l'action des muscles environnants et non à l'activité propre de la membrane des capillaires qu'il faut rattacher le phéno- ^ mène observé, comme James Traer a essayé de le démontrer.

La paralysie des petites artères se traduit toujours par un afBux plus considérable de sang dans les capillaires. Il peut même arriver que dans ces conditions la pulsation cardiaque s'y fasse sentir; c'est ce qu'on constate fréquemment chez les grenouilles mises en expérience, lorsque l'animal est considérablement affaibli, et cette circulation saccadée a été considérée, avec juste raison, par Milne Edwards, comme le résultat de l'atonie des parois artérielles.

L'influence des veines sur la circulation capillaire est démontrée par des faits nombreux. Tout le monde sait qu'une compression circulaire autour d'un membre suffisant pour arrêter la circulation veineuse, et permettant encore l'afflux du sang dans les artères, détermine la turgescence des capillaires : la peau rougit, et la moindre piqûre amène une» goutte de sang. Poiseuille, appliquant uue ligature sur la patte d'une grenouille mise en expérience, vit les capillaires se dilater et devenir le

284 CAPILLAIRES (vaisseaux). — physiologie générale.

siège de pulsations semblables à celles des artères. Les petites veines ont donc sur la circulation capillaire une action inverse de celle dfô artérioles, action moins forte, il est vrai, puisque les veinules contienaent des fibres musculaires en quantité beaucoup plus faible.

On ne saurait donc comprendre maintenant pourquoi certains physiologistes, reconnaissant à tous les petits vaisseaux une même activité, leur ont donné à tous indistinctement la même action synergique.

La composition du sang peut aussi avoir une influence considérable sur la circulation capillaire. Poiseuillc a mis ce fait hors de doute en appliquant chez les animaux les données que lui avait fournies ^expé^imeDt^ tion sur des tubes inertes. Il avait remarqué que plusieurs substances chimiques, Tazotate de potasse et Tiodure de potassium, facilitent récoolement des liquides dans les tubes inertes, et que d'autres substances, chlorure de sodium , carbonate de soude, le ralentissent. En introduisant ces substances dans le torrent circulatoire du cheval , il a vu la circulation se ralentir ou s'accélérer suivant qu'il employait les unes ou les autres, et ces actions étaient entièrement en rapport avec ce que rexpérinnentition physique lui avait donné.

Les modifications apportées à la circulation capillaire par Fétat du sang se rencontrent dans beaucoup d'autres circonstances. La présence de gai dans les vaisseaux peut amener un arrêt complet de la circulation capillaire, et ce doit être la cause de la mort dans les cas d'introduction d^air dans les veines. Les expériences de Jamin sur les corps poreux et les tubes capillaires sont venues donner une grande consistance à cette interprétation. Ce physicien a remarqué que si une pression déterminée suffit pour faire cheminer dans un tube capillaire une petite colonne de liquide, cette pression devra être double pour faire cheminer deux index du même liquide séparés par une petite colonne d'air, triple pour trois index, et ainsi de suite, quelle que soit du reste la longueur des index. On comprendra donc que, pour faire cheminer une colonne constituée par un grand nombre d'index successifs, il faille une pression énorme, bien supérieure à la tension artérielle, qui, comme on le sait, est seulement équivalente à 15 centimètres de mercure. Si donc de l'air vient à s'introduire dans une veine béante, arrivé dans les cavités droites du cœur, il rendra le sang spumeux, et celui-ci, projeté dans les capillaires, du poumon entravera d'une manière complète la circulation dans cet organe et déterminera l'asphyxie. (J. Béclard.)

La présence dans le sang d'une grande quantité de globules blancs peut aussi entraver la circulation. Ces globules, à cause de leur diamètre et de leur pouvoir adhésif, s'accumulent dans les capillaires, et ne peuvent que difficilement s'en échapper. Aussi, quand on vient à examiner les organes de sujets leucocythémiques,trouve-t-on les capillaires comblés par les globules blancs et déchirés par places, de telle sorte que ces globules s'épanchent dans les tissus. (Ollivier et Ranvier.)

2° Des capillaires dans leurs rapports avec la nutrition^ rabsorptiw et la sécrétion.

CAPILLAIRES (vaisseaux). — dilatation. 28S

Les éléments anatomiques se nourrissent en vertu d'une activité qui leur est propre ; c'est-à-dire qu'ils font un choix des matériaux dont ils ont besoin.

L'activité des capillaires dans cette nutrition est donc seulement relative à l'apport des substances qui peuvent être utilisées par les éléments d'un tissu. Les capillaires ont en effet une structure et des propriétés analogues dans tous les organes. Et comme les organes ont des fonctions spéciales à chacun d'eux, on ne saurait voir dans les capillaires autre chose que des tubes chargés d'y amener le sang en quantité suffisante. Les propriétés de la membrane des capillaires sont uniquement relatives aux transsudations de la portion séreuse du sang; ces transsudations dépendent de la tension du sang dans le réseau capillaire, de la composition de ce sang et de celle des liquides contenus dans les tissus qui avoisinent ces réseaux. (Pour plus amples détails, voir l'excellent article Absorption, publié dans ce Dictionnaire par Paul Bert.) Nous ne saurions mieux faire également que de renvoyer au même article pour ce qui a trait au rôle des capillaires dans l'absorption et la sécrétion ; nous éviterons ainsi des redites nombreuses.

PATHOLOGIE

Le rôle des capillaires sanguins dans un grand nombre d'actes morbides, tels que congestions, hémorrhagies , néoformations, etc., paraît avoir une si grande importance que l'on pourrait rattacher à Pétude des capillaires la pathologie générale presque tout entière. Mais ce serait peut-être à tort, car dans ces différentes affections les vaisseaux ne sont pas les seuls organes mis en jeu, et de plus, il convient de réserver des articles spéciaux de ce dictionnaire pour les congestions, les hémorrhagies, etc., questions qui y seront traitées avec le développement qu'elles compcrtent. Aussi, nous bornerons-nous dans cet article à décrire les différentes modifications constatées jusqu'à ce jour dans les vaisseaux capillaires. Dans cette description nous ne devrons donc pas suivre Tordre noso* logique, mais bien l'ordre anatomique ; c'est-à-dire qu'au lieu de prendre successivement chaque maladie et de montrer les modifications qu'elle (ait éprouver au système capillaire , nous exposerons méthodiquement ces modifications, en indiquant à mesure les affections dans lesquelles on les rencontre. Ces modifications sont des dilatations, des ruptures, des rétrécissements, des oblitérations, des transformations graisseuses, des dégénérescences amyloîdes et des néoformations de capillaires.

L'étude des capillaires, déjà si difficile à l'état physiologique, devient le plus souvent d'une difficulté extrême lorsqu'il s'agit de constater des altérations de ces vaisseaux, et surtout de poursuivre le développement de branches nouvelles. On ne sera donc pas surpris de voir combien ces questions sont peu avancées ; mais comme dans ces dernières années on a beaucoup perfectionné les moyens d'investigations histologiques, nous espérons que cette lacune sera bientôt comblée. •itatati«M. — Ces dilatations sont passagères ou permanentes.

286 CAPILLAIRES ( vaisseaux j. — dilatation.

Elles sont passagères lorsqu'elles n'ont pas dépassé la limite d'élasiîcilé . de la membrane vasculaire. On ne les a pas constatées chez rhomme, mais chez les animaux qui ont servi à Tétude microscopique de la circulation capillaire , on a observé qu'un afOux considérable de sang dans m réseau détermine un élargissement de ses branches. La rougeur et le léger gonflement qui caractérisent Thyperémie d'une certaine intensité, seraient donc dus, non-seulement à la réplétion du réseau capillaire, mais encore à la dilatation de ses rameaux. Mais alors la dilatation ne survit pas à l'action qui Ta produite, et elle ne se retrouve plus après la mort (érythème, érysipèles, etc.).

Dans d'autres cas où l'hyperémie a été plus forte, et surtout de pbs longue durée, des dilatations persistantes, de véritables ectasies ont été observées. Hasse et Kôlliker, les premiers, virent de pareilles dilatations sur les muqueuses atteintes d'inflammations catarrhales chroniques. Ds {tirent suivis dans cette voie par un grand nombre d'histologistes : Bmcb observa une pareille altération dans la péritonite ; Ecker, dans les engorgements scrofuleux ; Lebert, dans l'airthropathie rhumatismale et dans ks méningites ; Yirchove, dans l'hypertrophie inflammatoire des papilles de la peau. On ne s'est pas contenté de constater ces dilatations dans le pro* cessus inflammatoire, on les a encore étudiées dans des affections de difC^ rentes espèces, développées en dehors de tout mouvement phlegmasique.

Considérées en elles-mêmes, les dilatations des capillaires se présentent sous diverses formes. Virchow les a divisées en ectasies simples, variqueuses, ampullaires, disséquantes et caverneuses. Galliet n'accepte pas des divisions aussi nombreuses; pour cetauteur, les ectasies des capillaires peuvent toutes être ramenées à trois types : ectasies simples, variqueuses et ampullaires.

L'ectasie simple consiste dans une dilatation uniforme. La variqueose est déterminée par une dilatation et élongation telles, que le vaisseau devient serpentin. L'ampullaire comprend les dilatatioiis circonscrites unilatérales ou -fusiformes.

Galliet, faisant observer que les ectasies caverneuses sont des ectasies variqueuses ou ampullaires parvenues à leur dernière limite, les rejette comme espèce distincte. Il n'admet pas non plus les ectasies disséquantes, puisqu'elles seraient constituées par une accumulation de sang sous h tunique adventive des petits vaisseaux, et que cette tunique n'existe pas pour les capillaires vrais. Mais depuis les recherches de Ch. Robin sur b gaine lymphatique des capillaires du cerveau, nous savons que ces ectasies disséquantes, qui, du reste, n'ont été observées que dans les centres nerveux, sont dues à la rupture de la membrane vasculaire; lesangser^Mnd alors dans la gaine lymphatique et distend la roemhrane qui la forme. Dans ce cas, il n'y a pas dilatation, mais bien rupture du capillaire ; l'expression d'ectasie disséquante ne saurait donc convenir.

L'ectasie des capillaires se traduit à l'oeil nu par de la rougeur soos forme de plaque ou d'aii)orisation ; elle est quelquefois açsea prononcée

CAPILLAIRES (vAissBàUx). — DiLàTATiow. 287

pour que les tissus, dans lesquelles elle se rencontre, soient parsemés de points rouges de la grosseur d'une tête d'épingle. Cette rougeur persiste après la mort, car le sang qui a été accumulé sous rinfluence de Thyperémie s'échappe difUcilement des parties dilatées, surtout quand Tectasie est partielle, fusiforme ou ampullaire.

Mais pour constater ces dilatations d'une manière positive, il faut avoir recours à Texamen microscopique. Cet examen sera facile dans les centres nerveux, la rate et dans les tis&us pathologiques d'une consistance analogue, parce qu'il sera alors possible d'isoler les vaisseaux affectés. On constatera aisément aussi de pareilles dilatations sur des membranes transparentes, car il suffira de les étaler sur une plaque de verre. Il faudra seulement éviter d'ajouter de Teau à la préparation, parce que ce liquide dissout les globules rouges et enlève ainsi l'avantage de l'injection naturelle. On pourra substituer à l'eau des solutions d'albumine et de chlorure de sodium, connues des micrographes sous le nom de liquides neutres.

Dans certains cas, les dilatations des capillaires ont été reconnues à l'aide d'injections colorées (Thiersch), mais ce procédé a été rarement mis en usage.

Dans le cerveau et les méninges, les dilatations des capillaires sont communes; leur histoire se trouve confondue dans le ramollissement cérébral et l'encéphalite. Ces dilatations sont rarement primitives ; le plus souvent elles surviennent à la suite d'une transformation graisseuse des capillaires. Dans le plus grand nombre des cas, la membrane vasculaire arrive à se rompre sous l'influence de la force qui Ta distendue, et le sang pénètre dans la gaine lymphatique, s'y accumule, la dilate et produit alors les prétendues ectasies disséquantes des capillaires. Cette altération, commune dans les foyers apoplectiques et de ramollissement, se montre avec des formes très-variées. Tantôt la dilatation est régulière, le plus souvent elle est ampullaire, et dans certains cas elle est assez considérable pour que la pe* tite ampoule ainsi produite atteigne la dimension de 1 ou 2 millimètres. Une rupture de cette seconde enveloppe peut encore se produire et déterminer alors une hémorrhagie interstitielle (Pe8taIozzi,Yirchow,Laborde). Dans les méninges, on rencontre des ectasies des capillaires à la suite des congestions intenses et des inflammations (encéphalopathies rhumatismales, méningites simples, tuberculeuses et rhumatismales).

Ces dilatations, observées d'abord par Lebert, sont régulières, fusiformes et quelquefois ampuUaires. Le même observateur a constaté des ectasies semblables dans les franges synoviales des articulations atteintes do rhumatisme aigu ; nous avons eu bien des fois l'occasion d'étudier ces diverses altérations.

Les muqueuses atteintes d'affections catarrhales de longue durée, présentent aussi des dilatations des capillaires et des petits vaisseaux. On a noté de pareilles ectasies dans presque tous les organes ayant été le siège d'une phlegmasie prolongée, de telle sorte que l'hyperémie inflammatoire intense ou de longue durée parait se traduire d'une façon à peu près constante par la dilatation des capillaires. . .

288 CAPILLAIRES (vaisseaux). — dilatation.

Mais ce n'est pas seulement dans les tissus enflammés que cette dilatation a été rencontrée. La plupart des tumeurs molles sont sillonnées par des vaisseaux dont quelques-uns sont le siège d'ectasies plus ou moins considérables. De toutes les espèces de tumeurs, le sarcome (tumeurs fibroplastiques), est peut-être celle qui présente le plus souvent des ectasies des capillaires. Nous pensons même que dans certains cas, la paroi des capillaires participe à la néoformation; le sang creuse alors dans lamai^e morbide des cavités plus ou moins considérables, qui se tronyent en rapport avec la circulation. Aussi, les ponctions exploratrices pratiquées daœ ces sortes de tumeurs donnent-elles souvent des quantités notables de sang. Dans quelques formes de sarcome, l'ectasie porte sur presque tous les capillaires, et Télément vasculaire devient prédominant; entre 1^ vaisseaux dilatés ou les lacunes anfractueuses qui les représentent, existe une faible quantité du tissu morbide. Dans ces cas, on pourrait croire avoir affaire à une tumeur érectile vraie, alors qu'il n'en est rien. La marche de ces sarcomes télangiectasiques est habituellement rapide, tandis que les tumeurs érectiles sont fixes ou ont une évolution beaucoup plus lente. Lebert décrit dans son ouvrage d'anatomie pathologique qudques tumeurs de ce genre. L. Labbé a présenté à la Société anatomique une production analogue développée, dans l'extrémité supérieure du tibia. Du reste, les ectasies des capillaires dans les sarcomes ont été décrites par un grand nombre d'anatomo-pathologistes (Galliet, Paget, Rokitansky, Schrôder van der Kolk, Fôrster, etc.).- Ce dernier a en outre figuré des ectasies des capillaires, dans un prétendu sarcome de la duremère, mais en réalité dans une de ces tumeurs constituées par des cellules épithéliales semblables à celles qui forment la tunique interne des petits vaisseaux, ou à celles qui constituent la membranes des capillaires. Dans cette espèce de tumeur, décrite pour la première fois par Ch. Robin, et à laquelle Virchow donne le nom de glyome, à cause de sa consistance spéciale, les petits vaisseaux présentent constamment des dilatations telles que les indique Fôrster, d'autant plus faciles a constater, qu'il suffit d'une légère dilacération pour isoler les capillaires. Dans les carcinomes mous (encéphaloïde), surtout dans la variété villeuse, les ectasies des capillaires sont constantes et revêtent toutes les formes décrites précédemment. Quand les vaisseaux dilatés prédominent on donne à la tumeur le nom de carcinome télangiectode.

Dans les tumeurs érectiles {voy. ce mot) proprement dites (angiome), la néoformation et l'ectasie portent quelquefois uniquement sur les plus petits vaisseaux, ce qui constitue une des variétés de ces tumeurs.

Maintenant que nous connaissons les principaux cas dans lesquels l'ectasie des capillaires a été constatée, il nous reste à étudier la cause prochaine de ces dilatations. Tous les auteurs qui se sont occupés de cette question reconnaissent que la pression excentrique du sang, accrue par Uhypérémie inflammatoire, joue un jcertain rôle dans la dilatation des capillaires, mais la plupart font intervenir d'autres causes dont Tinipoi^ tance devient prédominante. Ainsi pour Harting, Schrôder van der Kolk,

CAPILLAIRES (vaisseaux). — ruptdres. 289

Kuss et Paget, rinRammation déterminerait une diminution dans la consistance des membranes des capillaires, et celles-ci pourraient seulement alors subir une distension permanente sous Tinfluencc de la tension sanguine. Quekett et Lebert, se fondant sur ce que dans les tissus ennammés on observe des capillaires de nouvelle formation, pensent que la dilatation, qu'on remarque dans ce cas, ne serait qu'une première phase de la néoformation. Virchow, s'appuyant sur le rapport entre la durée de l'hypérémie et la dilatation des vaisseaux, constatant d^autre part Texistencc de pareille dilatation dans des productions pathologiques molles, survenues en dehors de tout mouvement phlegmasique, a de la tendance à faire jouer le principal rôle à la tension sanguine.

Il est probable que dans la majorité des cas, les différentes causes invoquées par ces auteurs concourent à produire la dilatation des capillaires. On sait, par exemple, que dans le processus inflammatoire, la tension sanguine est augmentée, que Thyperémie est accompagnée ou suivie de près d'une exsudation à travers la membrane des capillaires, et que cette exsudation détermine une diminution notable dans la consistance des tissus. Il se peut aussi, surtout dans les phlegmasies chroniques, que l'élargissement des capillaires précède la néoformation de branches vasculaires ; mais pour démontrer que la tendance à la néoformation détermine Télargissement du capillaiire, il faudrait constater un plus grand nombre de noyaux sur la membrane de celui-ci. Cette constatation n'a pas été faite dans ce • cas, mais elle est facile dans celui de tumeur molle, quand les capillaires y sont considérablement dilatés et facilement isolables; les renflements qu'ils présentent alors sont quelquefois surchargés de noyaux.

Les modifications ultérieures qui surviennent dans les capillaires dilatés, n'ont été suivies que dans un petit nombre de circonstances. Quand Fectasie est ampullaire et sacciforme, il peut arriver que le sang se coagule dans la portion dilatée et subisse les altérations qu'on observe en pareil cas ; les globules rouges se dissolvent d'abord, et ensuite se décomposent en donnant de l'hématoïdinc sous forme de granulations ou cristaux, et des granulations graisseuses. La membrane du capillaire subit alors la transformation graisseuse, comme nous le verrons plus loin.

Kaptures. — La division des capillaires par une incision pratiquée dans des tissus vasculaires détermine habituellement une .très -légère hémorrhagie en nappe, et celle-ci s'arrête bientôt, grâce à la contraction des petites artères afférentes, déterminée par l'irritation mécanique. Dans certains cas, heureusement très-rares, cette hémorrhagie prend une proportion alarmante {voy. Hémorrhagie). Dans les contusions, l'ecchymose qui survient' est due à la rupture des capillaires et à Tépanchement de sang {voy, les mots Contusion et EccnYMosE).

La rupture des capillaires se produit aussi en dehors de toute action traumatique, et les causes qui la déterminent peuvent être alors très- Tariées. Les unes semblent être générales, purpura simplex et hémorrhagicn, scorbut, cachexies, divers empoisonnements, hémorrhaphylie, etc. Dans ces divers cas on n'a trouvé dans les capillaires aucune altération

ÎIOCT. DICT. MÉO. ET CHIR. VI. — 19

290 CAPILLAIRES (vaisbeaux). — rétrécissements et oBLiTÉRÀnoKS -

histologique précédant la rupture, et Ton ne saurait faire intenreoir non plus une tension plus considérable du sang dans les vaisseaux.

D'autres causes de rupture spontanée des capillaires ont pu être saisies. Ces causes sont un accroissement de tension dans le système circulatoire général ou partiel, ou des altérations appréciables des vaisseaux capillaires.

La dilatation des vaisseaux capillaires précède quelquefois kor rupture et constitue une cause importante d'hémorrhagie, conune Galliet Ta démontré. La transformation graisseuse de la membrane des peCit» vaisseaux, en diminuant sa consistance détermine quelqueiois lev rupture; ainsi qu'on Tobserve dans le cerveau et dans le rein Brigthique^ à la dernière période de Talbuminurie.

On ne peut reconnaître à Texamen direct qu'un capillaire a été romps. Celte constatation est complètement impossible à Taide des procédés mis en usage jusqu'à ce jour pour Tétude des petits vaisseaux; de telle sorte que ceux qui soutiennent encore la possibilité des hémorrhagies par trausudation pourraient appeler à leur aide ce défaut de robservation. Mais il ne serait pas difficile de leur répondre en leur faisant remarquer que le système circulatoire est complètement clos et qu'un globule rouge ne peut s'en échapper, s'il ne trouve une ouverture pratiquée dans les membranes qui forment les gros ou les petits vaisseaux.

Bétrf^lsseineiits et oblltératloiis. — Certains produits pathologiques se développant autour des capillaires peuvent en les comprimant diminuer leur calibre; la membrane du capillaire est quelquefois envahie par la transformation graisseuse et la dégénérescence amyloîde, et par leur accumulation ces substances rétrécissent la lumière du vaisseau.

Ces rétrécissements déterminent souvent l'oblitération, soit que ratréaie se complète, soit que le sang se coagule dans les points où la circulatioo est ralentie ou interrompue. On conçoit en effet que l'atrésie d'un capillaire doive déterminer une stagnation d'abord, puis une coagulation da sang eu deçà et au delà du point rétréci. Mais l'oblitération des capiL laires n'est pas toujours la suite de rétrécissement, car des capillaires d'abord dilatés peuvent être oblitérés à la suite d'une coagulation du sang qu'ils contiennent; cette coagulation est la conséquence du ralentissement de la circulation dans les portions qui ont subi Pectasie ampuUaire. L'oblitération des capillaires s'observe encore dans les embolies, qu'elles soient artérielles, capillaires ou veineuses, et dans les thromboses; le sang, stagnant alors dans les réseaux correspondant au tronc vasculaire oblitéré, se coagule.

Enfin l'oblitération des capillaires se produit quand on les met es rapport avec des substances qui ont une action coagulante sur le sang qui les remplit, comme le perchlorure de fer, l'acide chromique, le chlorure de zinc, etc. C'est à cette propriété que ces substances doivent leur action hémostatique; il est probable aussi que les eschares, déter* minées par leur application, soient en partie le résultat de l'oblitératioD des vaisseaux.

CâHLLâIRES (vabseaux). — tbansporsatiom cba^isseose. 391

La coagulation du sang dans les capillaires de la muqueuse stomacale 8*observe, lorsqu'à la suite d'une ulcération de celle-ci les vaisseaux se trouvent au contact du suc gastrique. Il faut se garder de prendre le coagulum ainsi fermé pour une embolie capillaire, car on Tobserye dans des cas d'ulcérations pemphigoïdes, pour lesquelles on ne peut pas faire intervenir cette dernière cause.

Dans le cerveau, la rate, et les tissus ayant une consistance analogue, fl est facile d'isoler les capillaires et par suite d'étudier les oblitérations qui s'y rencontrent quelquefois. C'est dans ces organes que Virchow a constaté l'existence d'embolies yéritablement capillaires, en ce sens que des masses emboliques d'une finesse extrême (fragments de caillots, débris des valvules du cœur, grains mélaniques), avaient pu arriver jusque dans les vaisseaux les plus ténus, où il étaient encore reconnaissablés par leur forme anguleuse ou leurs caractères spéciaux.

On reconnaîtra encore l'oblitération des capillaires sur des coupes \ pratiquées dans des tissus durcis à l'aide de l'acide chromique; cet acide i conserve aux globules rouges leur forme caractéristique, de telle sorte I qu'un capillaire perméable, examiné après l'action de ce réactif, a sa • I lumière remplie de globules reconnaissables, ou complètement vide, s'il ne I renfermait pas de sang au moment où l'on a fait macérer la pièce. Si le sang contenu dans les capillaires a été coagulé pendant la vie, les globules ^ rouges, contenus dans le coagulum, ont habituellement subi une dissociation moléculaire, et Ton trouve alors dans la lumière du vaisseau une ji masse homogène, souvent parsemée de fines granulations graisseuses. 11 arrive quelquefois que des globules blancs se sont rassemblés en grand nombre dans le capillaire oblitéré, ils sont alors accumulés le long de la paroi du vaisseau. On ne sera pas surpris de ce dernier fait, si l'on considère que le ralentissement de la circulation sur un point est en même temps cause de coagulation du sang et d'accumulation des globules blancs.

Quand les capillaires ont été oblitérés par coagulation du sang dans leur intérieur, le caillot subit ses métamorphoses régressives habituelles. De telle sorte que dans le stade ultime de Taltération, un réseau capillaire peut être représenté seulement par des traînées de granulations graisseuses ; c'est ce qu'on observe dans les infarctus anciens et dans la forme atrophique de la maladie de Bright.

TraBsroraiatlan ci**><M®aa^ ^^ dëcénërescence amyldde. — Les capillaires sont très-sujets à la transformation graisseuse, encore serait-on porté à en exagérer la fréquence, si l'on s'en rapportait à ce qui s'observe dans les centres nerveux. Chez l'adulte, en effet, on trouve constamment des granulations graisseuses disséminées sur les capillaires du cerveau. Mais ces granulations contenues dans les gaines lymphatiques (Ch. Robin), sont simplement des parties constituantes de la lymphe qui circule dans cette région. Dans le ramollissement cérébral (Prévost et Cotard), on observe une exagération de cet état, et des amas considérables de granulations graisseuses enveloppent les capillaires, sans leur

29i CAPILLAIRES (vaisseaux). — transformatioii graisseosb.

adhérer. Il ue s'agit pas là d'une transformation graisseuse des capillaires, mais simplement d'une accumulation de granulations graisseuses i leur périphérie, liée à une altération spéciale de la lymphe. Nous rapproeherons de cette accumulation de granulations graisseuses autour des capillaires, la présence de pareilles granulations dans le calibre des petits vai^ seaux, résultant de la décomposition des caillots formés à leur intérieor. Quand ces deux espèces d'altérations sont très-avancées, il est souvent difficile de les distinguer de simples transformations graisseuses des etpillaires ; et la preuve en est que la confusion a été laite jusque dans ces derniers temps. On pourra néanmoins faire cette distinction, car, dau Taccumulation périphérique, la masse de granulations est mobile sir le vaisseau ; dans Toblitération par caillot dégénéré eu graisse, on voit, sur les coupes perpendiculaires à la direction des vaisseaux, la luroièn de ceux-ci occupée par une masse centrale; dans la transformation graisseuse simple des capillaires,il est rare que la quantité des granulations soil assez grande pour masquer complètement la structure du vaisseau et généralement dans quelques points voisins des plus altérés, on relrourt , la membrane et ses noyaux avec quelques granulations rassemblées astour de ces derniers. En effet, la transformation graisseuse vraie des capillaires commence presque toujours au voisinage des noyaux, et gagne peu à peu toute retendue de leur membrane.

Ajoutons que souvent la transformation graisseuse vraie de la mesbrane des capillaires accompagne Taccumulation de granulations graisiscuses à leur surface ou leur oblitération par un coagulum granuleux.

La transformation graisseuse des capillaires se montre à la période régressive du processus inflammatoire, elle est surtout commune et joue un rôle considérable dans les phlegmasies chroniques (voy. les mois

ËNCÉPHAUTES, RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL, AlGOOLISIIE, AlNUHTIURIE) . Lorsque

des tumeurs de n'importe quelle nature arrivent à la transformation graisseuse, les capillaires qu'elles contiennent subissent la même altératioa. La dégénérescence graisseuse des capillaires accompagne quelquefob Tathérome artériel, non-seulement dans le cerveau, mais encore dans d'autres organes, le poumon par exemple (Dittrich). Dans les infarctus (voy. ce mot), la dégénérescence graisseuse des capillaires survieot constamment; on l'observe encore dans les parties mortifiées par gangrène.

Les conséquences de la transformation graisseuse des capillaires, sout souvent très-graves. Le dépôt des granulations dans l'intérieur de li membrane de vaisseaux aussi ténus, diminue considérablement leur calibre, et si un grand nombre de vaisseaux sont en même temps ennbis dans un organe, le rein, par exemple, il peut en résulter des troubles dans la circulation locale et générale (Traube), assez importants pour amener une hypertrophie du cœur gauche. En outre, à la suite de cette transformation, la tunique des capillaires perd de sa consistance, se laisse distendre ou rompre suivant le cas. De telle* sorte que la transformation graisseuse des capillaires, est une cause puissante d'hémorrhagie, SD^

CÂPILLÂlRiiiS (vaisseaux). — néoformation. 293

tout s'il ne survient pas une coagulation du sang dans rinlérieur des vaisseaux malades, ou si celte coagulation n'a pas précédé la transformation graisseuse, comme dans les infarctus. Quand un capillaire ainsi dégénéré. séjourne au sein de l'organisme, il se désorganise peu à peu, et les matériaux de cette désorganisation sont repris par la circulation.

Il arrive aussi que les vaisseaux capillaires dégénérés en graisse subissent la transformation calcaire, mais cette altération est beaucoup plus rare pour ceux-ci que pour les artères.

La dégénérescence amyloide des vaisseaux ne commence jamais par les capillaires vrais (Virchow;; les artérioles sont les premières aftectées, et c'est dans les cellules musculaires qui constituent leur tunicpie moyenne que se fait le premier dépôt de la substance amyloïde. Â un stade plus avancé de Taltération, les capillaires sont envahis à leur tour, leur membrane devient épaisse et homogène, on n'y distingue plus de noyaux. Cette altération détermine une friabilité plus grande de cette membrane, ce qui explique les hémorrhagies qui surviennent au début du processus (Jaccoud). (Voy, le mot Amylou)e).

ivéofaraiatloo. — La formation de nouveaux capillaires au sein de Torganisme est établie par de nombreuses observations. Les plus saillantes sont celles de Natalis Guillot sur l'établissement d'un résau anastomotique, entre les vaisseaux pulmonaires et les intercostaux, à la suite de cavernes tuberculeuses superficielles ; celles d'OUier et de Bert sur les communications vasculaires qui se constituent entre l'organisme et des tissus greffés. On sait aujourd'hui que presque toutes les néoformations simples ou hétéroplastiques s'accompagnent de la formation de capillaires nouveaux. Les néoplasies inflammatoires sont éminemment favorables à la production de nouvelles branches vasculaires, ainsi qu'on l'observe dans les bourgeons charnus, les néomembranes et les adhérences.

Les tumeurs contiennent aussi des capillaires, nouvellement formés, en quantité plus ou moins considérable. Les angiomes ou tumeurs érectiles sont constituées presque en totalité par des branches vasculaires des trois ordres.

Un petit nombre de néoplasies semblent se produire sans qu'il se forme pour les nourrir de nouveaux capillaires ; dans ce cas, ce sont les granulations tuberculeuses (Fôrster, Yillemin, Cornil), elles étouffent même les rameaux sanguins, autour desquels elles se sont formées. Ainsi s'expliquent le petit développement qu'elles prennent et leur courte durée.

Le mode suivant lequel se forment et se développent les nouveaux vaisseaux capillaires, est un des points les plus obscurs, et par suite des plus discutés. Les uns (Cruveilher, Kaltembrunner, etc.) veulent que les branches nouvelles s'établissent de toute pièce en dehors de l'action des vaisseaux préexistants; pour les autres — ce sont les plus nombreux et ceux dont les recherches sont les plus récentes (Lebert, Quekett, Fôrster, Rokitansky, Galliet) — les vaisseaux nouveaux dériveraient des anciens. Cette manière de voir, fondée sur des observations minutieuses, paraît la seule admissible aujourd'hui.

294 CAPILLAIRES (vais^adx). — bibuograoiiie.

Mais la formation des branches nouvelles ne semble pas se faire toojours suivant le même lypc.

Le plus souvent (Paget, Fôrster), surtout dans les processus inOam. matoires et dans les tumeurs, la néoformation est amenée par des dilatations, des sortes de bourgeons creux des capillaires anciens. Ces bourgeons arrivent au contact d'autres bourgeons; des ouvertures s établissent entre eux, et ainsi se constituent de nouveaux réseaux. Suivant Fôrster^ quelques-uns de ces bourgeons portent à leur sommet un filament creoi, délié, qui aboutit à une cellule plasmatique de leur voisinage. Diaprés Rokitansky, les vaisseaux qu'on rencontre dans les néomembranes des séreuses naissent, par de longs bourgeons en forme de massue, déTeloppéssur les capillaires primitifs de la membrane séreuse.

Il peut encore se former des capillaires nouveaux, d'après le type physiologique décrit par Kôlliker ; des réseaux de cellules plasmatiqws (Mayer) entrent en communication avec des capillaires, au moyen de prolongements en pointe, tels que nous venons de les indiquer. Les canaux plasmatiques s'élargissent progressivement, les globules sanguins ypénètrent et un nouveau réseau capillaire prend ainsi naissance.

D'après Fôrster et Frey, des capillaires pourraient encore se développer dans des productions pathologiques, aux dépens de cellules embryonnaires, disposées en rangée; le sang pénétrerait entre celles-ci, qui se souderaient alors pour former un canal.

Enfin, pour être complet, signalons une opinion assez singulière de Rokitansky, d'après laquelle des cellules superposées et se touchant Terraient se détruire les cloisons cellulaires qui les séparent et fourniraient alors par leur réunion un canal complet.

Le sang qui occupe les nouveaux réseaux capillaires, au moment de leur formation, peut-il s'être constitué dans leur intérieur comme Billroth le soutient? Tous les auteurs que nous avons cités précédemment assurent n'avoir jamais observé ce fait, et ils pensent que le sang contenu dans le nouveau réseau y est arrivé au moment où il a été mis en rapport avec le système vasculaire.

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