‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 40 sur 75 · COMBINAISONS DU CARBONE AVEC LE SOUFRE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU CARBONE AVEC LE SOUFRE

\ mmMÊmrm Ae cariioiie CS*. — Le carbone peut brûler dans la va-

peur de soufre, comme il brûle dans l'oxygène : il donne, en pareil cas, un i composé liquide que Ton désigne sous le nom de sulfure de carbone, I mais que beaucoup de chimistes appellent acide sulfoearbonique^ en raii son des analogies qu'il présente avec l'acide carbonique. f Dans son état de pureté, le sulfure de carbone est liquide, incolore,

k très-mobile, doué d une odeur fort désagréable qui rappelle celle des \ cboux pourris. Sa densité est 1,295 à 0"", ou 1,271 à 15"*. Il se dilate donc beaucoup par la chaleur. C'est qu'en effet il est très-volatil : il bout à 4Ç'' sous la pression normale de 0™,760. C'est un des liquides qui pro- \ duisent le plus de froid en s'évapoi'ant. Lorsqu'on le place dans une capr suie fious le récipient de la machine pneumatique, et qu'on fait le vide, [ oa voit la température s'abaisser graduellement et rapidement. Elle peut descendre, dans les conditions les plus favorables, jusqu'à 60" au-dessous de Q\

La densité de sa vapeur est égale à 2,67. Si l'on réfléchit que le aulf furede carbone est extrêmement volatil, et que sa vapeur, qui est formée 1 de. deux éléments essentiellement, combustibles, est deux fois et demie plus lourde que l'air, on s'explique la grande réserve qu'exige le manier méat de ce liquide, et les précautions qu'il faut prendre pour le cliauffer , ou le distiller.

[ Le. sulfure de carbone réfracte très-fortcHient la lumière, comme le

I faisaient pressentir sa densité et sa nature combustible. Il surpasse sous

, oe rapport tous les licpides connus, et même un très-grand nombre de

s<>lides, t^ que le verre, le cristal. Son indice de réfraction, pour la

raie D, et pour la température de 15", est de 1,655.

Le sulfure de carbone peut subir une chaleur rouge intense sans éprouver de décomposition. Mais au contact de l'air, il brûle avec une flamme bleue en produisant des acides carbonique et sulfureux. Sa v^eur, mêlée d'oxygène ou d'air, détone avec violence, lorsqu'on approche du vase qui CQintient le mélange, un corps en igniUon.

.il ne se dissout pas sensiblement dans l'eau, à laquelle toutefois il COiAmimique son odeur fétide. Il se dissout en toutes proportions dans ralqool, et donne lieu, dans ce cas, à deux phénomènes très-remarquables qui ont été signalés dans ces derniers temps par Bussy et Buignet, savoir une augmentation de volume et un abaissement de température. Ces deux phénomènes s'observent également, si l'on remplace l'alcool par le chloroforme. L'éther, les huiles grasses et volatiles le dissolvent facilement. Il dissout le soufre et le phosphore en grande abondance, et les abandonne sous forme de cristaux par évaporation.

Les métaux le décomposent au rouge en s'emparant du soufre. Les oxydes de fier, d etain, de manganèse, le décomposent également; il se

346 CARBONE. — sdlpoiub de carbone.

produit un sulfure, ainsi qu'un mélange d'acides carbonique et suUih reux.

Pour préparer le sulfure de carbone, on prend un tube de porcelaine que Ton remplit de braise concassée, et que l'on place dans un fourneau à réverbère, en ayant soin de lui donner une légère indinaison. L'exUémité supérieure de ce tube est fermée par un simple bouchon de^liôg^ tandis qu'à l'autre se trouve adaptée une allonge dont le bee recourbé n se rendre dans un flacon contenant de Teau. Le tube étant porté a» rouge, on introduit de temps à autre des fragments de soufre dans soi intérieur, en ayant soin de le boucher exactement après chaque additioD. Le soufre fond et se volatilise. Sa vapeur rencontre le charbon incaode^ cent et s'y combine en donnant naissance au sidfnre de carbone qai se condense dans le récipient et tombe au fond de l'eau. On le dobarnsse du soufre qu'il retient en dissolution en le rectifiant une ou deux fois au bain-marie.

Ce procédé peut être employé dans les laboratoires; mais il &utc(ttlinuer l'opération pendant plusieurs heures pour avoir une quantité ua peu notable de sulfure de carbone. Aussi l'industrie a-t-elle modifié la disposition d'appareil de manière à permettre une préparation plus abondante et plus régulière.

La composition du sulfure de carbone peut être établie à l'aide k l'oxyde de cuivre, en transformant le carbone en acide carbonique elle soufre en acide sulfurique. L'opération s'exécute comme les analysai ^ganiques ordinaires. Le sulfure de carbone, enfermé dans une petite an* poule, est introduit au fond du tube à combustion que l'on remplit oosuite d'oxyde de cuivre jusqu'à moitié de sa longueur, et d'oxyde de plomb pulvérisé (litharge) dans l'autre moitié. Cet oxyde de plomb a pour objet d'arrêter les traces d'acide sulfureux qui pourraient échapper à l'action de l'oxyde de cuivre, 'et de faire que l'acide carbonique se rende seul dans le tube à potasse liquide, destiné à en faire connaître la proportion. Cette première opération donne le dosage direct du carbone, et celui du soufre par différence.

Dans une seconde opération, on introduit dans te tube à combustion un mélange de bioxyde de cuivre et de carbonate de soude bien pur -61 bien sec. Le sulfure de carbone, distillant lentement sur ce mélanp chauffé au rouge, se décompose en acide carbonique qui se d^age^ et en acide sulfurique qui est fixé par la soude à l'état de sulfate. A lafin.de Topération, on fait dissoudre le sel dans l'eau, on le sursature par l'acide chlorhydrique, et on dose l'acide sulfurique par le chlorure de baryum. On a ainsi un dosage direct du soufre, et par conséquent una contitépreuve de l'opération précédente. ••• ■• »*•**

En combinant ensemble les résultats de ces deux analyses, on reconnaît que la substance analysée ne contient que du soufre et du carbone, dans le rapport de 6 de carbone ou un équivalent, pour 32 de soufre OQ deux équivalents.

D'un autre côté, la considération de la densité de vapeur conduit a id-

CARBONE. ^- PBRCHLORUBE ET SESQUICBLOBGft^ BE CARBOHE. 347

mettre que la formule CS* correspond à 3 volumes^. et qu elle présente ainsi la plus grande analogie avec celle de Tacide carbonique C0*= 2 volumes, n est à remarquer, d'ailleurs, que le sulfure de carbone s'unit aux sulfures alcalins avec lesquels il forme des combinaisons cristallisablée et bien définies, dont on peut exprimer la composition par la formule générale MSCS*, tout à fait analogue à celles des carbonates MOCO*, à cette différence près que Toxygène s'y trouve remplacé par des quantités équivaletates de soufre.

Le sulfure àe carbone est fort peu employé en médecine, mais il tend â se répandre dans les usages pharmaceutiques, comme véhicule extracteur, en raison de la facilité merveilleuse avec laquelle il dissout ceri taines substances, telles que les résines, les corps gras, les huiles fixes et I volatiles, et de la facilité non moins remarquable avec laquelle il s'en sé- I pare par l'action de la chaleur. Nous répéterons ici que ces distillations ne doivent être pratiquées qu'avec de grandes précautions, la vapeur de I sulftirede carbone s'enflammant avec une très-grande facilité par le voîi sinage des corps incandescents, et pouvant donner lieu à des détonations I d'autant plus dangereuses que les produits qui en résultent, l'acide car- ^ bonique, l'acide sulfureux et l'azote, sont irrespirables.

Le sulfure de carbone entre aujourd'hui comme élément indispensable dans un grand nombre d'industries, particulièrement dans la fabrication I du caoutchouc vulcamsé. Son emploi entraine des conséquences fâcheuses I au point de vue de l'hygiène, et, malgré les précautions usitées, les ou- , vriers qui travaillent à cette fabrication ne sont que trop souvent vie* I times des émanations auxquelles ils se trouvent nécessairement exposés f {voy. Caootchodg, p. 254).

Page 1