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COMBINAISONS DU CARBONE AVEC LE CHLORE

Quoique le carbone ne puisse pas se combiner directement avec le ^ chlore, il existe plusieurs composés formés par la réunion de ces deux corps ; ces composés s'obtiennent par l'action que le chlore exerce sur les hydrogènes carbonés. En se substituant à l'hydrogène, équivalent à équivalent, le chlore forme une succession de composés remarquables par leurs propriétés chimiques, comme par la relation qu'ils présentent avec la théorie des substitutions. Si Ton épuise l'action du chlore sur un hy- ' drogèae carboné, on arrive à remplacer tout l'hydrogène que ce dernier renferme par son équivalent de chlore, et à obtenir par conséquent un chlorure de carbone analogue par sa composition au carbure d'hydrogène, d'où il dérive*

P^clilarare de earlioiie, G<C1«. — Ce composé correspond au gaz des marais C*H*. C'est un liquide incolore, doué d'une odeur piquante et éthérée. Sa densité est d'environ 1,6. Il bout à IV et se solidifie à — 23'' en une masse cristalline d'apparence nacrée. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 5,245, d'où il suit que la formule CCI* correspond à 4 volumes.

548 CARBONE. — pnoTOCHTX)RDRE de carboke.

On l'obtient en faisant agir un excès de chlore sur le gaz des marais eft s'aidant de Tintervention de la radiation solaire. On le débarrasse d'une petite quantité de chlore libre en le distillant sur du mercure. Sa production s'explique par l'équation C«H* + 8 Cl = 4 HCl + C«C1\

•esquiclilorare de carl»one» CM]1<^. — Ce chlorure correspond ao carbure C*H*. Il est solide, transparent et sans couleur. Il cristallise tantôt en prismes, tantôt en lames. Il fond à 160* et bout à 182*. Sa denâlé sous forme solide est double environ de celle de Teau. La densité de sa vapeur est égale à 8,164. Il renferme 10 pour 100 de carbooe, ce qm conduit à la formule C*CI* = 4 volumes de vapeur.

On l'obtient en soumettaiit la liqueur des Hollandais à l'action d'un excès de chlore, sous Tinfluence des rayons solaires. Henri Boicret.

Thérapeutique, -r- Recommandé par Korefï, ce sel a été administré parTroschel (de Berlin), à la dose de 25 centigrammes répétés toutes les demi-heures ou toutes les heures dans la période asphyxique du choléra; d'après ce médecin, ce médicament a souvent combattu avec succès la période algide et amené une réaction facile; Koffmann Ta ausssi prescrit avec de bons résultats ; mais il faut surveiller son emploi et ne pas d^ser les doses indiquées, car il provoque des états inflammatoires et dfô accidents typhiques graves. Les essais qui ont été faits à Paris, eo 18497 n'ont pas été très-heureux. Le sesquichlorure de carbone est un stimulant très-énergique, dont l'action est très-rapide. Administré à tçè^pptites doses, il pourrait rendre encore quelques services dans les formes de choléra caractérisées par la persistance de Talgidité, et par des réactions incomplètes. Aug. Bakralueb (de Toulon).

Protochlorare de carl»one^ CHIH. — Ce composé correspond ao gaz oléfiantC*H*. Il est liquide, incolore, très-limpide. Il bout vers 120». Il est insoluble dans Peau, mais il se dissout facilement dans Talcool, Téther et les huiles volatiles. Sa densité est égale à 1,619. Celle de sa vapeur est égale à 5,726. Il renferme 14,5 pour 100 de carbone, ce qui conduit à la formule C*C1* = 4 volumes.

Il n'est pas combustible, et cependant sa vapeur, mêlée à un excès d*oxygène, détone lorsqu'on en approche un corps en ignition. L'hjdrogène le décompose également à . une température élevée en donnant de l'acide chlorhydrique. Les métaux le décomposent au rouge; il se produit des chlorures, et le carbone est mis à nu.

Ce procédé s'obtient, soit en faisant passer des vapeurs de sesquichlorure de carbone à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, soit en faisant agir du sulfhydrate de sulfure de potassium sur une dissolution alcoolique de sesquichlorure de carbone.

On lave la matière à l'eau; on la dessèche sur du chlorure de calcium fondu, puis on la distille. Sa formation est représentée par la formule :

C*C1« + 2(KSI1S) = 2HS -f- 2S H- 2KC1 h- C*C1*.

CARDAMOMES. — petit cardamome, grand cardamome dd malabar. 349

COMBINAISON DU CARBONE AVEC l'aZOTE.

L'azole ne peut »e combiner directement avec le carbone; mais, sous rinfluence de la chaleur et des carbonates alcalins, les deux corps peuvent s'unii* chimiquement, et donner naissance à un gaz connu sous le nom d^eyauogènej découvert en 1814, par Gay-Lussac. Ce gaz, qui présente une. très-grande importance par lui-même et par les composés qu'il forme, tant au point de vue des propriétés chimiques que des propriétés médicales, sera traité avec les détails qu'il comporte à i'articlç Cyanogène.

LcBLAKC (FélÎK), Recherches sur U composition de l'air confiné, mémoire lu à l'Académie des

sciences le 6 juin 18 i2 (.4ftit. de chim. et dephyt., 3* série, 1842, t. V, p. 223). BuiGNBT, Nouveau procédé de dosage de l'acide carbonique dans les eaux minérales, suivi de cou-

sidérations sur la constitution des eaux de Vichy [Journal de pharmacie et de chimie, 3* séx.,

i856, t. XXX, p. 521).

BissT et BoicNBT, Recherches sur les changements de température et do voUime produits par

le mélange des liquides de nature différente [Annales de chimie et de physique, 4« série,

!863, t. IV, p. 5).

Henri Bdignet.

CAHBOiyiQlJi: (Acide), Toxicologie. Yoy. Asphyxie. CAWLCElXOmm. Voy. Cancer.

CABDAHiOllIES. — On comprend sous le nom générique de Cardamomes une série assez considérable de produits appartenant à la famille des SciTAiiiNÉES. Ce sont des fruits de différentes formes et de différentes grandeurs appartenant à plusieurs genres de la section des AmoméeSj mais tous présentent comme caractères communs d'avoir un péricarpe trigone, sec, partagé à l'intérieur en trois loges (quelquefois deux par avortenient) contenant, chacune, un plus ou moins grand nombre de graines comprimées à saveur chaude et à goût aromatique et térébin- Uiacc.'

On a décrit un grand nombre de Cardamomes^ mais la plupart de ces espèces ne se rencontrent qu accidentellement. La droguerie n'en reconnaît que quatre qui sont : le petit Cardamome, le moyen Cardamome, le grand Cardamome et la Maniguette.

L Peit$ CTardamome, CardAVioiiie du MalalN^r. — Il est fourni par TElettaria cardamomum^ Maton. C'est le Cardan^ome officinal. Le fruit est arrondi, d'un jaune blanchâtre, uniforme,* marqué de stries parallèles longitudinales, plus ou moins déprimé au sommet où il porte la cicatrice des différents verticelles de ^^ ^^ ^^^^ Ramone la fleur (fig. 92). Cette capsule s'ouvre en trois du Malabar.

Talves par déhiscence loculicide, laissant libre au centre, par suite de la déchirure ultérieure des cloisons, un ensemble de graines brunâtres irrégulières.

550 CARDAMOMES. — graines ©o paradis.

II. liong Cardamame do MaïaiiaY. — Il est fourni par la nèi&e plante que le précédent (fig. 93), dont il

Fig. 93. — Long Cardamone du Malabar.

n'est qu'une variété ; il présente les me- | mes caractères, si ce n'est qu'il a une couleur plus cendrée et qu'il est oblongovoïde au lieu d'être arrondi.

m. Cardamame de Ceylan. — Il est produit par YElettaria major Smith. Fig. 94. — Cardanione de Cejia. C'est le grand Cardamome. La capsule,

portant souvent au sommet une partie des débris du périanthe, estovak. oblongue, acuminée (Gg. 94), d'un brun grisâtre, à stries saillantes, (i^ venues plus blanches par suite du frottement. Les autres caractères sool les mêmes que dans les deux espèces précédentes, mais les propriété sont moins marquées.

IV. €»ralne« dn paradis. — Ce sont, pour Pereira, les graines de YAmomum grana paradisi Linn., et pour Guibourt, celles de VA.Afuli

Fig. 95. — Graine du Taradis (Âmomum grana paraiisï,.

Rose. (Gg. 95). On les connaît encore dans le commerce sous le nomik Maniguette ou Melegneite^ qu'il ne faut pas confondre avec la ManigutiU que produit le Xylopia. La graine du paradis nous vient de TAFrique Iro-

CABDIOGRâPHIE. 35i

pieale et surtout de la Guinée et 4u Gabon, On nous l'envoie moqdée de ses capsules, en sorte que ce n'est que par hasard qu'on les rencontre; elles sont représentées fig. 95. « Ce fruit, dit Guibourt, est formé d'une capsule ovale obscurément trigone, longue de 41 millimètres, large de 27 millim., terminée assez brusquement par un prolongement fibreux épais de 7 à 9 millimètres et long de 14. Celte capsule est d'un gris brunâtre, rugueuse à l'extérieur, épaisse d'un demi-millimètre, consistante, unie à l'intérieur, divisée en trois loges par trois cloisons membraneuses très-minces, lesquelles en se rompant près de la capsule la laissent comme remplie d'une masse pulpeuse desséchée et blanchâtre. » C'est dans cette masse que se trouvent les graines du paradis, plongées dans une gangue cellulaire qui les isole; elles sont anguleuses, irrégulières, rugueuses, d'un brun rougeâtre, à enveloppe dure et cassante, contenant une amande dont la saveur est aromatique, acre, brûlante, prenant à la gorge.

V. Amome en grappe (Amomum cardamomum Likn.). Ses capsules, de la grosseur d'un grain de raisin, sont . arrondies, avec trois dépressions longitudinales (fig. 96). Ces fruits présentent à l'intérieur les mêmes caractères que ceux du grand et du petit Cardamomes ; ils en ont les propriétés. F., ^ ^^^ ^ ^^^^ ^^^^^

Propriétés et usages des Cabdamomes et cardamomum), Cardamone de Java. DES Amoiies. — La saveur chaude et aromatique de ces graines les ont fait utiliser autrefois comme carminatifs et stomachiques, de nos jours leur usage est presque abandonné. Les Anglais les emploient cependant encore , et dans l'Inde on se sert des Cardamomes grands et petits comme de condiments apéritifs.

Léon Marchand.

CARlilllGRAPIIIE. — La cardiographie fait partie d'une série de procédés appartenant à une méthode générale d'investigation qui tend à prendre une place considérable dans la médecine contemporaine. Cette méthode se propose pour but de substituer l'exactitude mécanique au tact trompeur du médecin, et de permettre à la maladie de s'inscrire elle-même. Les tracés fournis par des instruments qui n'obéissent qu'à l'impulsion même des organes, sont une preuve irrécusable du trouble fonctionnel de ces organes, et offrent un témoignage dont l'exactitude ne saurait être suspectée. La perfection de ces tracés dépasse de beaucoup les résultats obtenus par l'expérience seule de nos i^ens, et défie toute comparaison avec Thabileté même des observateurs les plus exercés aux difficultés du diagnostic. La cardiographie a pour objet de représenter

CÂRDIOGRÂPUIE. CARDIOGnAPHIE PHYSIOLOGIQUE.

graphiquement les difTérents mouvements qui se passent dans le eomr d'un animal vivant. Conçue dans un but purement physiologique, cetu méthode tend à prendre aujourd'hui un caractère d'utihté pratique qui en fera un nouveau moyen de diagnostic des maladies du cœur.

€ardIograpbIe pltysloloslque. — Nous allons exposer d^sd)ord)ei expériences par lesquelles Chauveau et Marey ont déterminé grapliiqiwment la succession des différents mouvements qui se passent à chacunt dès révolutions du cœur.

Indiquons en quelques mots le principe sur lequel est basée laconstm* tion du cardiographe ou appareil enregistrant des mouvements du cœur.

Soit un levier très-léger (fig. 97) obj tournant autour d'un point o,el dont l'extrémité libre b porte une plume. — Une plaque P couverte ik papier se meut au-devant de la plume, dans la direction de la DèdK.

Fig. 97.

— Si le levier exécute des mouvements alternatifs d'ascension et de descente, sa pointe tracera sur le papier une courbe alternativement asceadante et descendante. Il s'agit de transmettre à ce levier les mouvemeots qu'on veut étudier.

Soient deux ampoules élastiques (iig. 98) B et A pleines d*air, réonies

Fig. 98.

par un tube flexible. Supposons que l'ampoule ûiUia/^B soit introdaite dans un ventricule du cœur. Chaque fois que ce ventricule se coDt^a^ tera, l'ampoule B sera comprimée et refoulera de l'air, par le tube, daos l'ampoule terminale A qui se gonflera. — Réciproquement, quand leveotricule cessera de se contracter, l'air repassera de A en B et l'ampoule 1 diminuera de volume.

Si l'on dispose le levier (fig. 97) de façon qu'il repose sur l'ampoule terminale A par un point voisin de son centre de mouvement o, chaque contraction du ventricule, faisant gonfler l'ampoule A, soulèvera le lener; celui-ci, en raison de sa longueur, amplifiera ce soulèvement et la plume tracera sur la plaque une ligne ascendante.

La ligure 99 reproduit le cardiographe avec la disposition qu'on doit loi donner dans le cas où Ton veut enregistrer à la fois : 1** l^s mouvements

CARDIOGRAPHIE. — cardiographie physiologique. 355

deroreillelle; 2** ceux du ventricule; 5° les battements du cœur contre la paroi Ihoracique.

Deux appareils indépendants composent ce cardiographe : AE, appareil enregistreur^ représentant la plaque P de la flgureÔ?; AS appareil spbygmographique^ formé par les trois leviers chargés d'écrire, et par les systèmes d'ampoules conjuguées qui leur correspondent. Ces parties fondamentales du cardiographe, plaque enregistrante^ ampoule initiale^ ampoule terminaley avec le levier qu'elle met en mouvement, ont dû, pour leur adaptation au but que les auteurs se proposaient, recevoir des dispositions spéciale^ et un peu compliquées, dont nous allons indiquer les principales.

Appareil enregistreur. — C'est un appareil d'horlogerie (fig. 99, AE, H) qui met en mouvement un cylindre sur lequel s'enroule une longue

Fi6. 99. — lOj Lerier traçant les monvements de l'oreillette. — Iv, Levier traçant les mouvements du ventricule. — /c, Levier enregistrant le choc du cœur. — (o^ tv^ ICf Tubes de ^oreillette» du ventricule, du choc.

bande de papier. Les leviers sphygmographiques, superposés dans le même plan, appuient sur cette bande de papier, par le bec des plumes qui les terminent. Celles-ci sont placées exactement les unes au-dessus des autres, de sorte que tous les mouvements qui se passent au même instant soient enregistrés sur une même ligne verticale.

Ampoules terminales. — L'ampoule terminale, dans le cardiographe, est constituée par une caisse métallique plate T (Kg. 100) que ferme

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