‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 42 sur 75 · VL · texte numérisé non relu

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CARDIOGRAPHIE.

càrdiograprib physiologique.

BUpéf ieurement une membrane élastique. Dans la caisse s'ouvre on tée qui la relie à Tampoule initiale. — Un disque repose sur la membrar et supporte une arête sur laquelle est posé le levier. Chaque fois cpe de Tair est foulé dans la caisse, la membrane se soulève et communiqBe son mouvement au levier // dont Pextrémité p, disposée en plume, éoil sur le papier. — Toutes les pièces de ce petit appareil sont mobiles et peuvent être déplacées à l'aide des écrous ou vis de rappel E, e^ 7,oeqn» permet de régler à volonté Tamplitude des mouvements du levier, ainsi que la position de la plume.

Ampoules initides de V oreillette et du ventricule droite et sonde qui urt à les conduire dans les cavités du comr (fig. 99 et 101). — Une seule soade

Fio. 101.

k double courant est munie de deux ampoules initiales Y et 0. Des tobes séparés mettent chacune de ces ampoules en communication avec son ^ pareil sphygmographique (voy., sur Ja coupe, les détails de la sonde. L'ampoule V, destinée au ventricule droit, communique par son tube TT avec le levier Iv. L'ampoule 0, destinée à l'oreillette, communique par \i conduit extérieur avec le tube TO et le levier lo. — La sonde s'introduit par la veine jugulaire du cheval, jusque dans les cavités du cœur droit U longueur qui sépare les ampoules V et 0 est telle, que, lorsque Y est dam le ventricule, 0 occupe l'oreillette.

Ampoule initiale destinée à transmettre la pulsation cardiaque ou Am du cosur. — C'est une ampoule élastique semblable à celle qu'on introdvt dans les cavités du cœur (fig. 99, c). Cette ampoule se place, soit à droik. soit à gauche, dans le quatrième espace intercostal, entre les deux mœclés intercostaux, au niveau du point où la masse ventriculaire n'est pi& recouverte par le poumon.

Expérience cardiographique destinée à déterminer la succession des ^^ers mouvements du cctur. Caractères et rapports des mouvements auriculmr& ou ventriculaires et de la pulsation cardiaque (ûg. 102). —La figure ll>î représente les tracés de l'oreillette droite (n^ 1), du ventricule droit (n* 3' et de la pulsation cardiaque (n^ 5) pris simultanément pendant quatrf révolutions complètes du cosur, avec une échelle qui permet de mesurer ea fraction» de secondes la durée des moindres mouvements de l'organe. Ad

CARMOGRAPHffi. — cjirdiôgrapuie physiologique. 555

Tur el à mesure que les ondulations de ces tracés sont expliquées, elles sont marquées au trait plein, au lieu de Tétre au trait ponctué.

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1'* révolution. — Deux verticales a, h indiquent le début de la systole auriculaire o et celui de la systole auriculaire v. Prolongées sur le tracé

.356 CARDIOGRAPHIE. — 'cARDioGiupjaE parsioLOGiQUE.

infériear,- ces lignes montrent que la contraction de ToreiUettepTécèile^ beaucoup le choc, et que celui-ci commence avec la contraction do veitricule.

2* révolution. — On y voit la durée et la forme des systoles auricolaire ou ventriculaire et de la pulsation cardiaque, ainsi que le Hteëede réplélion des cavités du cœur pendant leur période de relàohenient. - La systole de Toreilletle n'a qu^me durée très-minime, presque im^. tanée ; elle finit en o', au moment même où elle arrive à son nuoiaiiiiL et avant que le choc ne débute. — La systole du ventricide a une imk beaucoup plus longue. Arrivée à son summum, en v\ la pression qa'ille développe se maintient à peu près au même degré jusqu'au i^lâdMBtH

— La pulsation cardiaque présente exactement la même durée qiM Urotôle ventriculaire, preuve que ce sont deux phénomènes cooneieili forme en est un peu différente, car la courbe de la pulsation, àpaitirili moment où elle est arrivée à son maximum, en c\ subit un abaÎMenuiit continu jusqu'au moment où survient le relâchement veniricukmre; cel effet est le résultat de la déplétion graduelle du ventricule en oontndidD.

— Un effet inverse se produit pendant la période de relâchement duonr. L'ascension graduelle des trois courbes qui se manifeste alors indicpela réplétion progressive des cavités cardiaques par TafOux du tMtng (p revient des veines. Une petite ondulation ff placée à Vexirémik èboik ligne de réplétion diastoUque exprime, danâ la courbe veobricaliiit K dans la courbe de la pulsation, la contraction de Foreillette^ fj

5"^ rémlulion. — Elle montre l'effet des mouvements valvubiMÉK les tracés. La valvule auriculo-ventriculaire, au moment oùeUeeslUw, éprouve des oscillations qni se traduisent par de petites ondulaticottyâii dans le tracé de l'oreillette, en h' dans le tracé du ventrieiile, m h" dans le tracé du choc. — Une petite ondulation analogue i i' i''est fioduite, dans les tracés, par le claquement des valvules sigmoïdes.

V révolution. — Tous les mouvements du cœur s'y trouvent nar^ an trait plein, c'est-à-dire qu'ib ^ont tous décrits et expliqués»

Chauveau et Marey ont appliqué la même méthode â détearmiaer leijlchronisme d'action des deux ventricules et la force rdative que àifkM ces deux cavités. Ils ont .aussi établi la relation qui existe entée la isôflànction ventriculaire et le pouls artériel, celui-ci n'arrivant méine^ i'^n^ii^ de Paorte qu'un certain temps après le début de la oontractHUX dikteotricule. ..„/ .,

Nous n'entrerons paa dans les détails de ces expériences. ' ;l d

Tout récemment Marey a présenté à l'Institut un travail sut huho» graphique du battement extérieur du cœur chez diOérentes eapèeesiioi* maies. Dans cette étude de physiologie comparée, l'auieur fait reasortoi^ différence que présente ce battement dana les différentes espècesieiiviiilK la simplification constante de ce phénomène k mesure qu'on ViAmtnitat une classe d'animaux placés plus bas dans l'échelle zoologique, le tam du mollusque semble être celui dont la fonction est la plus simple, son tracé se réduit à une ondulation unique dont la courbe n'est accideotés

GiBMOGBAPHlË. — : cjuidiographie clinique. 357

d^aucune de ces saccades que l'on trouve dans le tracé des animaux supérieurs.

et très-variées qui correspondent a des états anormaux de la fonction cardiaque. Peut-être trouvera-t-on dans les cas de maladies du cœtir des mo-

CARmOCBAPUiB.

^^^^■07u,t,t cmm.

édifications de la pulsation cardiaque assez caractéristiques pour constituer •un signe nouveau. Tout porte à croire qu'il en sera ainsi ; mais cette étude e è son début; poinr la rendre accessible aux climcieBa i{ih youle suivre dans ses recherches, Marey a fait construire une annexe ^gmographe^ qui permet d'enregistrer facilement sur chaque malade du battement du cœur. Delà, résulte une comparaison facile des du pouls et de la pulsation cardiaque et uœ plus grande valeur ue de ces deux phénomènes contrôlés Tun par Tautre. Déjà, la phie a été utilisée par plusieurs cliniciens, notamment par dont le travail sur les dédoublements des bruits du cœur sera profit dans un autre article. Nous renvoyons le lecteur à Tarticle iM êè les questions qui ne sont qu'indiquées ici, seront traitées avec & développement.

l'Qneifueftredielches sur h circulttion du sang à l'aide des appareili enregistreurs (Thèse

. .^.dtM MAREf, Détehnioation graphite des rapports du choc dn cœur stoc les mouvemeots

i:mnettes et des ventricules {(impteg remém des séances d0 VAcad- des sciences, 1862,

^ m. 32)*^ Appareils et expériences cardiographiques : Démonstration nouvelle du méca-

^«esviouTementsdttCOBurpar rèoiploi des appareils enregistreurs i indications continues

*m de r Académie impériale de médecine, 1865, t. XXVI, p. 272 319, avec 23 fig.)

irABM, Rapport à FInstitat sur deux mémoires de MM. Chauveau et Marey^ relatifs â

^dea mtfuyeméats dn cœur i Taide d'un appareil enregistreur [Comptes rendu» des

^ VAoadémU des sciences, i862, t. LIV, p. 591M04).

^e médicale de la drculation du «ang. Paris, 1863, in-8. — Études physiologiques

res du battement dn cœur et les conditions qui le modifient [Journal de l'am^

i de fa physiologie, de Robin, t. II, p. 276). — Caractère» graptiques du battement du

ifi^hoinme et chez diverses espèces animales [Comptes rendus de V Académie des

pWS. Journal de Vanatomieet de la physiologie, 1865, avec figures ; t. LXI, p. 778).

pport sur les appareîk et expériences cardiographiques de MM. Cbauveau et Màrey

eik et eacpériences cardiographiques (BuUetin de V Académie impériale de méde^

, t. XXVIII, p. 602 et suiv.). *- Discours sur la théorie des mourements du cœur

de r Académie impériale de médecine. Paris, 1864, t. XXIX, p. 716).

Discussion & ^Académie de médecine sur les mouvements do cœur. Compte rendu

Paul Loium.

i k bibliographie de Tarticle Cœue [physiologie).

IUlAIiAIi:. Voy. Gastralgie.

IDIVK. Voy. Cœur.

lIBf V&y. Ostéite.

IIE.BBI» BKSVS. Voy. Dents.

IBJlII ou Karlsbad, ou encore Kai$er-Karslbad {Bains de Èharles, — Bohème (cercle d'Eger). Deux lignes de chemins onduisent de Paris à Cak'lsbad. — Ligi^e de l'Est, section de , par Mayence, Wurzbourg et Hof, ou par Strasbourg et Darmf**— Ligne du Nord, par Leip^g et Schwarxemberg, puis diligence " ^ 'sbadi. r-*- Altitude * 384 mètres. — Température de 30* à 73* centigrades. — Eaux sulfatées sodiques.

Bâtie sur les bords de la Tepel, dans Tétroite vallée de ce nom, assise,

selon l'expression de Granville, sur un volcan aquatique, dont la croate calcaire, formée par les dépôts mêmes de Teau minérale, de composition chimique essentiellement incrustante, a été rompue en plusieurs endroits, notamment dans le lit même de la Tepel, où il a fallu fermer am d*énormes blocs de pierre liés par des barres de fer les ouvertures qni s'étaient faites, Carlsbad représente une des stations thermales importantes de TEurope. Le nombre et Textréme abondance de ses sources, Ii variété et Télévalion de leur température, la magnificence de sa fontaine bouillonnante (Sprudel) dont le jet intermittent élève au milieu de li ville, avec un bruit imposant et au milieu d'un nuage de vapeur, sa gerbe majestueuse, ont contribué, aussi bien que les incontestables Tertus thérapeutiques de ses eaux, à fonder sa renommée consacrée par le titre de roi des eaux minérales qu'on lui décerne en Allemagne.

De hautes montagnes ferment aux vents du sud et de l'est la vallée de Carlsbad, qui reste ouverte à ceux du nord et de Touest. Aussi y ressenton de brusques variations de température, contre lesquelles les malades doivent se prémunir par des vêtements épais et chauds.

Prenant naissance dans un immense réservoir souterrain, qui leur est pi*obablement commun, les sources, au nombre de douze, qui fournissent un débit dont le total ne s'élève pas à moins de 1051 lit. par minute, so^ tent de roches granitiques, mais en traversant un amas considérable de sédiments calcaires que leurs eaux elles-mêmes ont accumulés en quantité qu'on ne saurait apprécier.

Voici le nom et la température de ces douze sources : 1** Le SprvM (bouillonnement ou source jaillissante) 73" centigrades; VHtjgienasqudlt (fontaine d'Hygie) 73"; le Neubrunnen (source nouvelle) 59**; le Mùklbrwknen (source du Moulin) 53"; le Theresienbrunnen (source de Thérèse) 50*; le Bemhardsbrunnen (source de Bernard) 68"; le Stefan-oder Felsenbmnen (source d'Etienne ou du Rocher) 56**; le Schlossbrunnen (source da Château) 50"; le Marktbrunnen (source du Marché) 48**; le Kaiserbmm (source de l'Empereur) 48*»,5; le Spitalbrunnen (source de l'Hôpital) 41*; le Russischekrone (la Couronne de Russie) 30" ,5.

Une source ferrugineuse (Eisenquelle), découverte il y a quelques années à peu de distance de la ville, mérite une mention spéciale.

Toutes ces sources sont loin d'avoir une égale importance. Celle dont on fait principalement usage sont le Sprudely le Neubrunnen^ le JHtfWbrunneUj le Theresienbrunnen et le Marktbrunnen.

La composition chimique des eaux de Carlsbad a été l'objet des recherches de plusieurs savants, parmi lesquels nous devons citer les noms de Reuss ( 1812), de Steinmann (1823), de Wolff (1 838), de Zembesch (I8«), de Gôltl (1856). La plus récente est celle de Ragsky. L'analyse du Spmdé, la source la plus importante de la station, celle qui la caractérise, loi a donné les résultats suivants :

Substances fixes 5*^,431 de minéralisation par litre : sulfate de soude, 2«^372, de chaux, 0»%163; chlorure de sodium, 1«%030; carbonate de soude, 1«',361, de chaux, 0»',297, de strontiane, 0«^0008, de ma-

gnésie, (K,124, de protoxyde de fer, O^'^OOS, de manganèse, 0«',00<te ; fluorure de calcium, CjOOS; phosphate de chaux, O^^^OOOS; silice, (K.072.

Gaz : Gôtll a trouvé 210",59 d'acide carbonique; 0,85, d'azote.

Le sel de Carlsbadj extrait du Sprudel par évaporation, est du sulfate de soude à peu près pur. On le fabrique aussi artificiellement. Ce sel est fort employé en Allemagne comme purgatif.

Des conferves verdâtres recouvrent les dépendances de la fontaine.

De nombreuses espèces d'infusoires appartenant à la famille des bacil* laires existent dans les eaux de Carlsbad et leurs dépôts (Ehrenberg).

La richesse de ces eaux en acide carbonique est, selon l'observation de Durand Fardel, un fait d^autant plus digne de remarque, que c'est une circonstance peu commune dans les eaux sulfatées, à part un certain groupe d'eaux sulfatées voisines de Carlsbad. Il est probable qu'une part assez considérable doit être attribuée à la présence de ce gaz dans un certain nombre de résultats obtenus près de cette station.

La balnéation fut primitivement et pendant plusieurs siècles la pratique à peu près unique, ou tout au moins dominante, à Carlsbad. Mais peu à peu l'habitude de donner à l'administration de l'eau en boisson une extension de plus en plus considérable, fit reléguer sur un plan trèssècondaire l'usage des bains, et depuis 1855, nous voyons ceux-ci réduits au rôle d'auxiliaire du traitement.

C'est peut-être à cette circonstance qu'il faut attribuer l'infériorité relative de l'aménagement des sources et de l'installation des bains d'un poste thermal qui jouit d'une célébrité de vieille date. On n'y trouve, en effet, que deux établissements, celui du Sprudel et celui du Muhlbrunnen\, qui reçoivent, outre l'eau de leurs sources propres, celle de VHygienasquelle j du Neubrunnenet du Bemhardsbrunnen.

Le Sprudelbad contient, dans des cabinets distincts, vingt baignoires où les malades peuvent prendre des bains d'eau et des bains de boue. Ces derniers se font ordinairement en délayant un quart de tourbe dans trois quarts d'eau minérale. C'est encore dans cet établissement que se trouyent six boites destinées aux bains de vapeur minérale, provenant exclusivement de la source d'Hygie. Enfin les bains Russes sont dans un salon spécial, où l'on a réuni les diverses espèces d'appareils qui servent aux douches en pluie, ascendantes, latérales, etc. Une seule douche verticale existe à Carlsbad.

LeMûlhbad ne contient que des baignoires, au nombre de vingt.

Cinq maisons exploitent, en outre, le privil^e de recevoir chaque jour gratuitement, l'eau des sources de' la ville nécessaire pour alimenter deux baignoires par maison.

Trois entonnoirs de fer-blanc, installés dans le prétoire des Bemhardsbrunnen, et qui, par leurs pavillons renversés, amènent, au moyen de leurs tuyaux toujours ouverts, la vapeur de cette source, employée topiquement, depuis quelques années, dans certaines maladies des yeux et des oreilles, complètent !a série des appareils balnéaires que possède Carlsbad.

Il y a deux hôpitaux : un hôpital civil et un vaste et bel hôpital militain.

Près de chacune des sources les plus usitées en 'boisson, et parai lesquelles nous devons citer le Sprudel^ le Schlossbmmen^ le Marbknoinejiy est établie une buvette ou trinkhalle.

L'habitude où Ton était jadis de prendre des quantités considérables d'eau de Carisbad, et notamment d'eau du Sprudel a fait place à une pratique plus sage.

Le maximum des doses est généralement aujourd'hui de cinq à sii verres, d'une contenance de 180 grammes, pris dans l'espace d'une heure et demie à deux heures, avec un intervalle de seize minutes entre chaqw verre.

Les effets physiologiques de l'eau de Carisbad, effets qu'il est bicD difficile d'obtenir entièrement exempts de toute espèce d'influence morbide, ont cependant été l'objet des recherches de Porges, d'Œsterr^cher. Toutefois, les expérimentations de Porges sont encore trep peu nombreuses, les faits qu'elles ont fournis sont consignés sous oie forme trop analytique pour qu'il soit possible d*en tirer un ensemble de déductions précises. Nous devons donc accepter des résultats recueillis, pour la plupart, sur des organismes malades.

Les effets physiologiques, aussi bien que les effets ttiérapeutiques, varient, d'après Œsterreicher et Rotureau, selon qu'on a recours aui unes ou aux autres des sources de Carisbad qui peuvent, à ce point de vue, se grouper autour de deux types principaux constitués par le Spndd et le Schlossbrunnen.

Tandis que, d'après ces auteurs, le SMossbrunnen exerçant son adioi spéciale sur les membranes muqueuses et, en particulier, sur celles des voies digestives et des voies urinaires, respecte l'intégrité du système nerveux, de même que le Marktbrunneny le MiUdbrunnen et le Kmerbrunnen^ dont les eaux sont surtout purgatives, on observe, par l'usage do Sprudel^ des effets bien différents. Ici l'action pui^tive n'occupe ploi qu'une place secondaire, si les doses sont restées dans des limites connnables. Ou bien elle est légère, ne se produit parfois qu'après douze i quinze jours de traitement, ou bien elle fait complètement défaut et est remplacée par de la constipation. Mais c'est d|i côté du système nerveux^ et notamment du côté du centre encéphalo-rachidien, que se montrent les manifestations les plus remarquables. D'abord c'est une sorte d'^riété (Sprudel-rausch), puis des troubles de la mémoire, portant à la fobsw les choses et sur les mots, de l'incohérence dans les idées, .^es vertiges légers et fugitifs, qui peuvent augmenter ensuite au point d'occasionner une chute, si les malades ne trouvent un point d'appui.

Si malgré ces avertissements et les conseils du médecin, on persiste à continuer la cure, on voit ces accidents s'aggraver, se multiplier, s'accompagner d'un sentiment de vacuité intérieure, qui rend les malades asses légers pour qu'ils croient pouvoir marcher dans l'air, ou les pieds appuyés seulement sur une planche mobile et élastique. Toutes ces tiens morbides disparaissent par le décubitus horizontal.

CÀRLSBA». 5«S

Il est juste d'igoutef que les symptômes d'axeîtation qui vieiment d^étre présentés avec leur physionomie la plus accentuée, que le traitement externe peut aussi produire et qui s'élèvent à leur plus haute puis* sance par la combinaison des médications interne et externe, sont loin d'atteindre toujours ce degré d'intensité. Seulement les cas où ils s'observent restent pour affirmer l'énergie effective du Spmdel et la prudence avec laquelle on doit en ménager Temploi. Tantôt Timpression reçue par l'économie ne se révèle que par un petit nombre de traits à peine ébauchés, d'autrefois ceux-ci font complètement défaut et, l'organisme, ainsi qu'il arrive près de beaucoup d'autres stations thermales, subissant en silence les effets thérapeutiques des eaux, opère la guérison sans antres phénomènes apparents que la disparition graduelle de la maladie.

Cette différence d'action des diverses sources qui est loin d'être absolue, qui varie souvent avec les idiosyncrasies, ce que savent bien les médecins de Carlsbad, tient-elle à des différences de température, comme le voulait Kreysig, ou faut-il Tattribuer à des différences dans leur composition chimique? Ces questions ne peuvent encore être résolues, et ne sont pas, d'ailleurs, en clinique, d une importance capitale.

Quatre groupes d états morbides : les affections du tube digestif et surtout de ses annexes, le foie et la rate; la goutte; la gravclle et le diabète, constituent la spécialisation thérapeutique des eaux de Carlsbad et lui fournissent son principal contingent de malades.

La dyspepsie, contre laquelle on se sert volontiers du SehloBsbrunnetiy dans toutes ou, au moins, dans la plupart des expressions de ce trouble fonctionnel, peut être heureusement modifiée par l'usage des eaux de Carlsbad. Les auteurs du Dictionnaire des eaux minérales font, toutefois, contrairement à l'opinion de Botureau, des réserves relatives à la forme gastralgique. Ils paraissent peu disposés à croire qu'il soit rare de voir résister à une cure par Teau du Sprudelj à petite dose, des gastralgies, jusqu'alors rebelles aux médications les plus rationnellement instituées.

La dyspepsie flatulente qui relève souvent de la goutte, la dilatation de l'estomac qui peut être la conséquence de la distension de ce viscère par des gaz et fréquente en diverses provinces de l'Autriche (Rotureau) sont rapidement amendées près des sources de Carlsbad.

Il en est de même d'un certain nombre d'autres symptômes dyspeptiques qui, par leur prédominance, attirent spécialement l'attention des malades, et peuvent devenir l'objet des préoccupations du médecin. Ici se rangent l'anorexie chronique, les aigreurs, le pyrosis, le hoquet, les '^ vomissements habituels, les pulsations épigastriques (Porges).

Ainsi qu'on peut le remarquer, les phénomènes morbides que nous Tenons dépasser en revue, comme Couriiissant l'indication de l'usage des eaux de Carlsbad, se rapportent, le plus souvent, aux formes atoniques de la dyspepsie. Nous ne les avons considérés jusqu'ici que comme des perturbations purement fonctionnelles de la digestion. Les eaux de Carlsbad peuvent-elles les combattre avec autant de bonheur lorsqu'ils se rattachent

à une lésion de (extare de l'estomac? Tout d'abord, malgré des assertions qui nous paraissent manquer de fondement, nous éliminerons du cadre des maladies qui en sont justiciables, le cancer et l'ulcère rongeant. Restent le catarrhe chronique et Tulcère simple, qui peut être considéré comme en étant la conséquence.

L'eflicacité d'une cure à Carisbad contre le catarrhe chronique, dont les symptômes se confondent souvent, du reste, avec ceux de la dyspepsie simplement fonctionnelle, nous paraît réunir, en sa faveur, ropinioi d'hommes considérables, à la tête desquels nous devons citer Niemeier.

Les lignes suivantes, empruntées au professeur de Tubingue, tànoigoeol de l'importance attachée à ces eaux par les médecins allemands, dansk traitement de cette maladie. « Dans les cas tant soit peu opiniâtres de catarrhe chronique, l'usage du Soda-Water ou des eaux acidulés naturelles à base de soude, telles qu'Ems, Salzbrunn, Selters, Bilin, méritent m pleine confiance; il en est de même des eaux qui, indépendamment di bicarbonate, renferment beaucoup de sulfates alcalins et terreux, ou de chlorure sodique. Les plus brillants résultats ont été obtenus à Karlsbid et à Marienbad. On ne peut rien dire qui parle plus en faveur de ces eux que d'annoncer que cette recommandation part d'une école dont personne ne peut affirmer qu'elle se berce facilement d'illusions sur les résultats thérapeutiques : en effet ce sont les coryphées de l'école de Vienne et de Prague qui exaltent l'usage des eaux thermales de Karisbii comme le meilleur moyen de combattre le catarrhe chronique et mène l'ulcère chronique de l'estomac... »

Quant à l'ulcère simple, « contre lequel les eaux de Karlsbad ont s» vent, très-souvent, montré leur efficacité » (Porges) ; dans le traitement duquel <x l'usage régulier des carbonates alcalins, surtout les cures de Marienbad et de Karlsbad produisent encore des effets surprenants! (Niemeyer); nous ne nions pas, c'est entendu, sa curabilité, moins fréquente toutefois et moins facile à obtenir, que quelques persoooes paraissent disposées à la croire. Nous pensons que les eaux de Carisbad peuvent être employées utilement. Mais en face des difficultés de diagnostic que présente cette maladie, de l'aveu même des médecins de Carisbad, en présence de la distance qui sépare d'aussi brillants résultats de ceux qu'une observation rigoureuse a pu démontrer en France, près des sources de Vichy, également carbonatées alcalines, on se prend i regretter que des faits nombreux et détaillés ne viennent pas établir s» des bases inébranlables la supériorité de la station thermale que nous étudions.

Les affections du tube intestinal correspondantes à celles de l'estomK, qui viennent d'être passées en revue, sont également soumises, avec avantage, à l'action des eaux de Carisbad. Ici viennent se ranger diflérentes formes de dyspepsie intestinale, les pneumatoses, la constipatioa, le catarrhe intestinal, la diarrhée chronique.

Le Sprudel est particulièrement employé avec succès dans la consth pation avec engorgement stercoral, qu'on rencontre souvent chex te

mélancoliques et les hypochondriaques. 11 faut alors prescrire, noorseu^ lement les eaux à rintérieur, mais encore Temploi simultané des bains d'eau et des cataplasmes de boue, appliqués sur les parois abdominales. Les médecins de Carisbad savent, et les malades doivent en être avertis, que, parfois, les constipations opiniâtres et habituelles ne cèdent point complètement pendant la cure, s'améliorent seulement et ne cesj :nt qu'après quelques semaines et même quelques mois (Rotureâu).

La diarrhée chroniquCy avons-nous dit, rentre dans le cadre des attributions de Carisbad. Deux mots d'explication sont nécessaires sur ce point. Qu'on ne s'étonne pas, d'abord, de voir le même agent heureusement appliqué au traitement de deux états morbides aussi opposés l'un à Tautre. Que l'on veuille bien réfléchir que le catarrhe qui tient sous sa dépendance beaucoup de diarrhées chroniques, peut à certaines périodes de sa durée devenir upe cause de constipation ; que la constipation elle- ' même, par l'irritation qu'elle entretient dans la muqueuse intestinale, ' provoque souvent des flux, qui succèdent à la rétention des matières ' fécales en alternant avec elle, et Ton comprendra mieux des faits en apparence contradictoires, dont l'expérience clinique a, du reste, établi ^ la réalité. Ne voit-on pas l'usage des purgatifs être suivi de constipa- > tion, et la médication évacuante ne figur&-t-elle pas au nombre de celles 1 qui sont, à juste titre, recommandées contre la diarrhée? (Yay. Diarrhéb, t Eaux minérales, Plombières).

^ Lorsque le flux intestinal se rattache à des ulcérations l'usage des eaux

» est contre-indiqué (Forges).

On conçoit que les diarrhées bilieuseSj contre lesquelles Gans recom-

I mande Carisbad, guérissent près de cette station. Tantôt, en effet, elles

se rattachent à un catarrhe intestinal, d'autrefois, elles résultent d'une

t pertubation fonctionnelle ou organique de la sécrétion du foie. Or, dans

r tous ces cas, Carisbad est parfaitement indiqué.

Les affections du foie tiennent une place considérable dans l'histoire médicale de Carisbad. Carisbad et Vichy sont effectivement les denx sta- I lions qui occupent, et à bon droit, le rang le plus élevé dans la thérapeui tique thermale des affections de la glande hépatique. « Carisbad trouve r sa principale indication dans les maladies du foie » (Seegen). E En premier lieu viennent se ranger ici ces états pathologiques variés,

i dont l'ensemble forme ce qu'on désigne sous le nom d^ engorgements du I foie. Réunis par un symptôme commun, l'augmentation de volume, avec t ou sans induration de l'organe, ces différents états morbides forment un groupe remarquable par la variété des lésions qui le constituent, qui, on le conçoit, entraînent dans les chances de succès de nombreuses diffé- I .renées. A côté d'un engorgement qui consiste dans une simple conges- I tion subaiguê ou chronique, nous voyons figurer, en effet, l'hyperémie, qui marque la première période de la cirrhose ou hépatite interstitielle, Tengorgement, parfois très-considérable, qui se lie à l'existence des calculs .biliaires, l'engorgement du foie, le plus souvent compliqué d'une hypertrophie de la rate, qui reconnaît pour origine l'intoxication palustre;

cdm ^p» rapportent les Anglais de rhabitation prolongée dans levs possessions indiennes. De bonheur, encore, s'il ne s'agit pas d'une tr»H* formation graissense ou de cette dégénérescence décrite, depub quelques années, sous les dénominations de dégénérescence lardacée, cireuse os amyloïde (voy. Amtloîde (Dégénérescence), t. II).

Les congestions simples, subaigûes ou chroniques du foie, avec on saos altération de la sécrétion biliaire^ accompagnées des troubles locnii oa sympathiques si multiples qu elles entraînent à leur suite {voff. Fok), le catarrhe des Toies biliaires comme celui de l'intestin sont favoraUeoient modifiés par les eaux de Carisbad.

Lorsqu'on est consulté dès le début de la cirrhose, (juand on assistes la première période ou période d'hyperémie, les eaux sont encore ap^ cables et nous les voyons conseillées par Frerichs, Niemeyer, Porges, Oppoizer. Mais plus tard, les chances heureuses diminuent, les contreindications se multiplient. Frerichs ne les emploie que lorsque te individus sont encore robustes. Pour Niemeyer, elles ne s'adressent qai la première période. « Carisbad ne saurait au contraire produire anom effet dans les cas d'atrophie du foie, et de développement d'une substanet granuleuse à la place de son tissu » (Forges).

Le traitement des calculs biliaires ainsi que des engorgements hép^ tiques (jui les accompagnent souvent, appartient particulièrement an eaux bicarbonatées sodiques et aux eaux sulfatées sodiques. Parmi ces dernières, Carisbad jouit surtout d'une grande notoriété; aussi y trooret-on beaucoup de malades atteints de cette affection. Ce n'est pas m k Heu d'établir quelles sont les indications que l'on doit chercher à remplir dans le traitement des calculs biliaires par les eaux minérales, de recfae^ cher le mode d'action de celles-ci : ces questions seront traitées ultérieurement (voy. Eaux bonérales). Qu'il nous suffise de rappeler quec'(^, a général, à une époque éloignée d'une attaque qu'il faut tenter la can Uiermale, surtout lorsqu'on a recours à des eaux puissamment minénralisées, telles que Carisbad et Yichy. Si on néglige ces précautions on s'expose à voir les attaques se reproduire pendant le traitement. De }do$ les accès de coliques hépatiques peuvent être suivis d'accidents de congestion active, d'inflammation aiguë de la glande et des voies biliaires^ de phénomènes douloureux ; dans ces cas, l'usage des eaux est contreindiqué {voy. Biliaires (Voies), t. V).

L'usage interne du Sprudel est ordinairement précédé de celui d^^in moins chaudes, du Mûhibrunnen, par exemple. Plus tard, lorsque lesboveurs sont, pour ainsi dire, habitués au séjour et aux eaux de Carisbad, ai leur prescrit également des bains (Rotureau).

Les malades atteints d'engorgements du foie, accompagnés de lésions delà rate, par suite d'une intoxication paludéenne, trouvent à Carisbad comme à Vichy, des ressources précieuses. L'importance de l'hôpital militaire, installé dans cette ville par le gouvernement autrichien, pour recevoir les militaires qui avaient contracté, dans les garnisons de Hongrie et d'Italie, des fièvres intermittentes rebelles, est une preuve de lef-

fieacité de ses eaux. Ce serait, du reste^ bien plutôt contre les altérations du foie et de la rate que contre les accès fébriles eux-mêmes, qu'il faudrait compter sur le traitement thermal (Œsterreicher).

L'infiltration adipeuse du foie reconnaît pour cause trop de maladies diverses, parmi lesquelles plusieurs lui impriment leur caractère d'incurabilité, pour qu'elle puisse, dans tous les cas, être également guérie par l'usage des eaux de Carlsbad. Celles-ci sont cependant recommandées par des hommes autorisés (Frerichs, Niemeyer). Il est en effet quelques espèces, contre lesquelles le traitement réussit. De ce nombre sont la dégénérescence graisseuse, consécutive à l'alcoolisme (voy. ce mot, 1. 1), à la fièvre typhoïde (Rotureau).

Après avoir raillé les hypothèses iatro-chimiques, à Taide desquelles on a cherché à expliquer l'action des eaux alaclines, et qui ont conduit à comparer le corps d'un baigneur de Carlsbad à une savonnerie, Niemeyer ajoute : « Il ne i\ous est pas permis d'attendre une meilleure explication, et nous devons après comme avant continuer d'envoyer à ces eaux les individus atteints d'obésité générale et d'infiltration graisseuse concomitante. » Il proscrit les sources alcalines-salées, lorsque l'organisme est très-affaibli. Frerichs montre la même réserve, et lorsqu'il existe de la diarrhée il veut qu'on s'adresse à Eger ou à Ems. Porges proclame, avec beaucoup de justesse, l'insuccès de Carlsbad dans les cas de foie gras, engendrés par la tuberculose et la diathèse'cancéreuse.

Les eaux alcalines (Vichy, Carlsbad, Marienbad), de même que quelques autres sources d'une caractéristique chimique toute différente {voy. Aix-la-Chapelle, 1. 1, p. 502), peuvent être utiles contre la dégénérescence amyloîde. Frerichs, qui les recommande, rappelle pourtant qu'elles doivent être employées avec ménagement. Facilement elles amèneraient la diarrhée et aggraveraient la cachexie, dont la dégénérescence lardacée n'est le plus souvent que l'expression. Il est juste, du reste, de reconnaître, avec Jaccoud, que les cas où les eaux minérales seules, ou combinées à d'autres moyens, ont procuré une guérison, sont des cas de transformation cérumineuse Syphilitique.

Il est inutile d'insister pour démontrer que les autres lésions qui entraînent une augmentation de volume de l'organe hépatique (kystes hydatiques, cancer, tubercules) ne rentrent en aucune manière dans les applications de Carlsbad. Mais qu'il nous soit permis d'émettre un avis qui sera partagé, nous l'espérons, par les cliniciens habitués à se trouver aux prises avec les difficultés qu'offre l'étude des maladies du foie.

Malgré les progrès incontestables que des recherches histologiques suivies avec persévérance ont réalisés, depuis quelques années, dans la pathologie hépatique, bien souvent encore pendant une période parfois assez longue de la maladie, le diagnostic des affections du foie reste incertain, pour les médecins les plus exercés. Nous pensons qu'en raison des résultats inattendus que fournit, en certains cas, l'usage des eaux alcalines (Carlsbad ou Vichy, Vais), on doit, si cela est possible, tant que le diagnostic d'un état organique, [nécessairement incurable, ne peut être

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posé d'une manière certaine, faire bénéficier les rnsflades des chances favorables, si peu nombreuses qu'elles soient, que peut leur offrir une cure près d'une de ces stations, pourvu qu'il n'existe pas d'ailleurs de contre-indications .

L'ictère chronique, il ne s'agit ici que de celle variété, reconnaît assez souvent pour origine ceux des états organiques que nous venons de considérer comme rentrant parfaitement dans les attributions de Carlsbad (catarrhe du duodénum ou des voies biliaires, calculs biliaires, congestion hépatique). Dans ces cas la jaunisse est très-efficacement traitée près de ces sources. Seulement, dans ceux où Tictère proviendrait d'une occlusion permanente des conduits, l'augmentation dans la sécrétion biliaire par le traitement thermal, amènerait ou aggraverait la colliquation et hâterait la lin des malades.

Ce qui vient d'être dit sur les indications et les contre-indicatioDs de Carlsbad dans le traitement des engorgements du foie, s'applique à ceux de la rate.

Les eaux de Carlsbad, parmi les sulfatées sodiques, représentent uoe des rares stations près desquelles on adresse les malades atteints de li goutte. Elles jouissent, sous ce rapport, en Allemagne, d*une notoriété pourtant moins importante que celle de Wiesbaden. Du reste, les documents que nous possédons sur les circonstances particulières relatives à la forme de la goutte, à ses manifestations, dans leurs rapports avec k traitement thermal, sont peu nombreux. La plupart des écri?ains modernes de Carlsbad, Fleckles, Helfft, Seegen, par suite de leur théorie pathogénique de la goutte qu'ils considèrent comme liée à la dyscrasic veineuse, font bien rentrer cette diathèse dans le cadre des applications de leurs eaux; mais là se bornent leurs renseignements. Cependant Gans, cité par Durand Fardel, nous apprend que c'est particulièrement dans la goutte aiguë, ou pour parler un langage plus exact, c'est alors que la goutte, maladie essentiellement chronique, présente encore des manifestations aiguës, qu'on doit instituer le traitement. Celui-ci, à moins qu'on n'ait intérêt à exciter des manifestations articulaires pour conjurer les accidents menaçants de localisations anormales, doit être administré à des époques éloignées des accès dont il n'est pas rare de le voir provoquer les retours. Il doit avoir pour but, ainsi que l'avait déjà bien compris Kreysig, non pas tant de combattre les manifestations goutteuses elles-mêmes que la disposition constitutionnelle qui les engendre.

Quant aux cures merveilleuses annoncées en France comme ayant été obtenues à Carlsbad dans la cachexie goutteuse, nous ne trouvons, dans les écrits des hommes les mieux placés pour observer près de cette station, aucun témoignage qui nous autorise à les admettre. Durand Fardd résume ainsi la part qui revient à Carlsbad dans le traitement des diverses formes de goutte : <x Carlsbad se rapporte à la goutte aiguë ou chronique, avec complication abdominal», torpeur du foie, de l'appareil digestif, hémorrhoïdes, état catharrhal des voies urinaires. » (Voy. Eaux so^éraus et Goutte.)

Si Von réfléchil aux rapports qui unissent la diathèse uriquc à la goutte, on ne s'étonnera pas que Carlsbad puisse être utile dans la gravelle unique. Aussi voit-on beaucoup de malades atteints de cette espèce de gravelle venir demander au Sprndel guérison ou soulagement.

Les cas de calculs phosphatiques, dont la signification est différente, y sont cependant traités avec avantage (Rotureau) par suite de modifications imprimées à la muqueuse des voies urinaires (voy. Calculs).

C'est dans les deux stations de Carlsbad et de Vichy que se concentre jusqu'à présent la médication thermale du diabète. Les résultats obtenus par Seegen, sur cent cas .de diabète constitutionnel ou de glycosurie symptomatique, sont dignes de fixer l'intérêt, quoique la guérison complète n'ait pas été obtenue une seule fois. Constamment, en effet, il a vu une amélioration momentanée. Dans les cas les plus graves et les plus désespérés, les symptômes les plus pénibles, la soif, le besoin incessant d'uriner, s'améliorent pendant quelque temps. Dans la grande majorité des cas, on constate en même temps une diminution notable de la quantité de glycose éliminée. Sur ses cent cas, l'auteur n'en compte que douze dans lesquels cette diminution a été insignifiante ou a fait complètement défaut ; dans tous ces cas la maladie était arrivée à sa dernière phase, et avait entraîné à sa suite les troubles les plus profonds de la nutrition. Très-souvent on ne retrouvait plus que des traces de glycose, et chez plus de vingt malades la glycosurie cessa complètement. Il est assez singulier que d'après les faits observés jusqu'à présent les résultats du traitement ne paraissent pas être influencés sensiblement par les causes de la maladie. Ces résultats ne semblent être en rapport qu'avec l'intensité de la maladie et la période à laquelle elle est arrivée. Il faut en dire autant à propos du laps de temps pendant lequel l'amélioration obtenue se maintient. Lorsque la santé générale n'est pas profondément atteinte, Pinfluence favorable du traitement n'est pas transitoire ; chez les malade3 qui s'y soumettent pendant plusieurs années de suite, on constate à chaque saison consécutive que la quantité de glycose est moindre que dans la précédente, et, en outre, le plus souvent qu'ils ont augmenté de poids ; cette dernière circonstance prouve mieux que toute autre qu'une amélioration réelle a été obtenue (Voy. Diabète, Eaux minérales et Vicht).

Les auteurs du Dictionnaire des eaux minérales font remarquer avec justesse qu'il existe certainement en dehors des affections qui viennent d'être passées en revue d'autres états morbides qu'on peut traiter heureusement à Carlsbad. Tels sont les rhumatismes nerveux et les rhumatismes musculaires chroniques, les varices, les engorgements du col et du corps de l'utérus, l'hypertrophie de cet organe, ainsi que les dérangements fonctionnels qui tiennent à une maladie de ses annexes ou à quelque autre influence : dysménorrhée, aménorrhée, stérilité, etc. Mais beaucoup d'autres tliermes pourraient revendiquer de semblables spécialisations.

Certaines amblyopies ou amauroses commençantes sont quelquefois améliorées par la dérivation que le traitement exerce sur le système hémorrhoïdaire.

Kocv. wcT. «£d. et cmK. VI. — ?4

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Kyba se loue de l'action des eaux de Carlsbad dans les inflammatûm^ chroniques des parties externes ou profondes de l'œil, à caractère passif, que domine un trouble chronique de la digestion déterminé lui-même par l'inertie du tube digestif, du foie, de la rate, et des glandes mésentériques.

On voit figurer dans son énuméralion la blépharite chronique, la sclérotite rhumatismale chronique et la Itératite, pour lesquelles il recommande la plus grande précaution, à cause de la tendance fâcheuse de Tinflammation à s'étendre à Tiris et à la membrane de Descemet ; la kératite rhumatico-scrofuleuse, ou plutôt les infiltrations plastiques de la cornée qu'elle laisse à sa suite. Byba déclare, malgré des opinions contradictoires, que les eaux de Carlsbad ne peuvent rien contre la cataracte, mén» au début.

On se sert beaucoup, contre les maladies des yeux, du Bemhardsbrunnen et des appareils qui servent à apporter les vapeurs de cette source.

Les surdités qu'on observe chez des malades affectés d'hémorrhoîdes ou de rhumatismes, peuvent être améliorées ou guéries à Carlsbad, el, dans les suppurations de Toreille externe, l'emploi des vapeurs du Bernhardsbrunnen possède la même efficacité que dans les inflammatioi^ chroniques de la conjonctive palpébrale ou oculaire (Botureau).

Est-il possible, au milieu des effets multiples que produisent les eaui de Carlsbad sur l'organisme sain ou malade, de dégager une propriété spéciale qui serve de lien commun à des résultats curatifs si divers, obtenus dans des affections si différentes les unes des autres? En d'autre? termes, quel est le mode d'action de ces eaux?

L'action purgative ne nous semble pas devoir être invoquée d'une manière générale. Elle est loin d'être constante, et la guérison s'opère bien souvent alors qu'elle fait complètement défaut.

D'après des idées qui trouvent aujourd'hui crédit en Allemagne, notamment auprès d'un certain nombre de médecins de Carlsbad, il faudrait chercher l'explication des effets de la médication que fournissent ces eaux dans leur action spéciale contre la dyscrasie veineuse ou exaltation morbide de la vénositéj c'est-à-dire cette modification pathologique de toute la masse sanguine dans laquelle le sang artériel se rapproche du sang veineux, et dans laquelle ce dernier présente à un point plus marqué les caractères qui le distinguent du sang artériel (llenle). Cette dyscrasie, qui puise sa source dans des conditions variées d'alimentation vicieuse, par sa qualité ou par sa quantité absolue ou relative, dans le dérangement des fonctions respiratoires et circulatoires, des fonctions de la peau, se traduit le plus souvent par des accidents dont le caractère dominant est la passivité^ par le développement et l'engorgement du système veineux et surtout de celui de la veine porte (pléthore abdominale^ crase abdomitiale).

Nous sommes disposé à accorder que l'action des eaux de Carlsbad sur le système de la veine porte, que les évacuations qu'elles produisent, en

CARMINATIFS. 371

certains cas, d'une manière continue, et qui en favopsent la déplétion, que les congestions hémorrhoïdales qu'elles provoquent volontiers, puissent être fort utiles dans les afTections du tube digestif, du foie et de la rate qui sont unis au système de la circulation-porte par des liens si intimes ; mais là se borne, à notre avis, leur rôle dans leurs rapports avec la dyscrasie veineuse, dont les traits cliniques, d'ailleurs, ne sont pas toujours as&ez nettement dessinés, dont l'influence pathogénique ne repose pas toujours sur des fondements assez solides.

Quelques médecins en Allemagne voudraient faire de la dyscrasie veineuse la base de la pathologie des maladies chroniques. Nous ne saurions, pour notre part, souscrire à cette opinion à laquelle Porges a consacré un livre qui contient des aperçus ingénieux. Elle ne nous parait pas justifiée par l'observation.

Les résultats obtenus à Carlsbad ont été considérés comme les effets 4'une médication résolutive altérante, modifiant profondément Téconomie, s'adressant plus spécialement au système nerveux, aux fonctions de nutrition, sans révéler son action par des phénomènes pharmaco-dynamiques bien apparents. Il est permis jusqu'à présent d'accepter cette interprétation applicable à la majeure partie des cas. (Voy. Altérants,

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