‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 5 sur 75 · CACAO. — CHOCOLAT · texte numérisé non relu

CACAO. — CHOCOLAT

liuît, le chocolat est devenu un médicament reconstituant, il est devenu pectoral par l'addition du Lichen. On a fait des chocolats vermifuges en incorporant à la pâte la Mousse de Corse, la racine de Fougère, l'écorce de Grenadier, Téthiops minéral. Dans la fièvre intermittente, on a employé des chocolats à la quinine et dans les dyspepsies on a ordonné le chocolat uni aux extraits de Quinquina, de Colombo, de Gentiane, de Houblon, de Petite Centaurée, de Germandrée, deChardon-bénit, de Noyer, etc., etc. On a prescrit des .chocolats purgatifs avec le mercure doux, la poudre de Jalap, etc.; des chocolats aphrodisiaques avec le Musc, la Civette, etc. Pour les obtenir il sufflt, en général, de chauffer le chocolat, et quand il est à l'état de pâte, d'incorporer la dose déterminée du médicament.

Nous devons signaler en particulier un Chocolat médicamenteux à rhuile de foie de morue. Cette préparation, que Ton doit à E. Allais (de Rouen), a été le sujet d'encouragements très-vifs de la Société de médecine de la Seine-Inférieure. Duménil, rapporteur, conclut en ces termes : « Le Chocolat à l'huile de foie de morue constitue une préparation pharmaceutique de nature à rendre de très-grands services et méritant d'être sérieusement encouragée ; elle masque, autant qu'on peut le désirer, le goût désagréable du médicament et facilite son absorption en permettant de le donner à doses fractionnées. »

Le Cacao entre, en outre, dans la composition de deux poudres analeptiques dont l'une surtout jouit d'une certaine réputation, ce sont le Palamoud et le Racabout.

Le Palamoud a pour formule :

Cacao lorréfié 250

Farine de rix • , . . iOOO

Santal rouge 30

Fécule de pommes de terre iOOO (Soubeibas).

On a donné plusieurs formules du Racahout.

Cacao torréfié 8

Farine de rii 24

Fécale de pommes de terre 24

Sucre 72

Vanille 1 (Scdwiraw).

Cacao 4

Salep.. 1

Fécule de pommes de terre 8

Sucre 8

VanUle Q. S. (CAOET^-

FALsmcATioNs ET ALTÉRATIONS. — Quo le chocolal soit pris comme aliment ou qu'il soit ordonné comme médicament, on conçoit Tintérct que l'on doit attacher à l'avoir pur et bon ; il est cependant peu de substances, qui aient été aussi fréquemment falsifiées. Elle est chaque jour

6 CACHEXIES. — aperçu historique et dépinition.

adultérée sur une grande échelle; il est même certains fabricants qui 6nt trouvé, presque, le moyen de faire du chocolat sans Cacao ; arôme, odeur, couleur, consistance, tout a été imité et souvent avec un art tel qu'il est difficile de démasquer la fraude.

L'arôme, nous l'avons dit, est souvent la Vanille. On a trouvé le moyen de la remplacer, par le Storax calamité, le Baume du Pérou, le Baume de Tolu et le Benjoin, c'est la moins grave et la moins préjudiciable de toutes les sophistications.

Certains fabricants, après avoir enlevé le beurre de Cacao pour les usages que nous avons vus, emploient le marc des graines pour faire du chocolat et alors pour leur donner le moelleux qu'on demande à cette substance, ils incorporent à ce marc de Thuile d'olive, de l'huile d'amandes douces, des jaunes d'œufs, du suif de veau et de mouton ou encore d'autres graisses. Pour découvrir la fraude, il faut isoler le principe gras et voir s'il présente les caractères que nous avons indiqués plus haut pour le beurre de Cacao.

La consistance de la pâte de chocolat a été imitée à l'aide de substances diverses telles que les enveloppes des graines broyées et réduites en poudre impalpable, les amandes grillées, la gomme adragante, la gomme arabique, la dextrine, la sciure de bois, et plus fréquemment encore par les farines de blé, de riz, de lentilles, de pois, de haricots, de fèves, de maïs, la fécule de pomme de terre.

Enfln la couleur a été donnée par le cinabre, l'oxyde rouge de mercure, le minium, le carbonate de chaux, les terres ocreuses rouges.

On comprend comment, par suite de ces adultérations, le chocolat, qui est un aliment excellent, peut dans certains cas, devenir d'un emploi même dangereux.

Jiwtsih (de Ronen), Vnm médicale de la Setne-Inférieure. 1866.

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