‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 52 sur 75 · FORMULAIRE · texte numérisé non relu

FORMULAIRE

Cataplasmes émollients. — Outre le cataplasme de farine de lin, dont la préparation a été indiquée précédemment, le Codex donne comnh^ exemples de cataplasmes émollients ceux de poudre émolliente, composée à parties égales de feuilles de mauve, de guimauve, de bouillon blanc et de pariétaire ; ceux de poudre de guimauve, de fécule de ponune de terre, d'amidon et de farine de riz. Nous y ajoutons les cataplasmes de toutes les farines de céréales et ceux des farines de plusieurs papilionacées : lupin, fèves, lentilles, fénugrec, orobe, etc.

Cataplasmes admants. — Le cataplasme calmant le plus habituelleraeiit employé est le simple cataplasme de farine de lin arrosé de dix à trente gouttes de laudanum de Sydenham. On prescrit quelquefois des ctt^ plasmes calmants ayant pour base une farine émolliente quelconque, et pour véhicule un décocté de capsules de pavots ou de feuilles de jusquiame, belladone, stramoine, morelle, ciguë officinale, ciguë aquatique, petite ciguë, etc. (voy. ces mots).

On pourrait aussi étendre, à la surface d'un cataplasme de farine de lin tout préparé, une couche d'onguent popiileum.

Le Codex a adopté, pour le cataplasme calmant, la formule suivante:

Capsules de pavot blanc ^ grammes.

Feuilles sèches de jusquiame 50 —

Poudre émolliente iOO — .

Etu 600 —

« Coupez les capsules de pavots et les feuilles de jusquiame, et faites^t^ bouillir pendant quelques instants dans Peau. Passez avec expressiofi. Délayez la farine dans le produit de la décoction, et faites cuire en coo* sis tance de cataplasme.

<x Si Ton ajoute du laudanum à cette préparation, on ne doit pas le mélanger à la masse, mais en arroser seulement la surface du cataplasme.!

Cataplasmes maturatifs. — On donne ce nom à des cataplasmes émollients que Ton a rendus légèrement irritants par l'addition de diOerente« substances mélangées à leur masse ou étendus à leur surface.

Formulée du Codex.

Poudre émolliente 100 grammes.

Eau Q. S.

Onguent basilicum 52 grammes.

« Opérez comme il a été dit pour le cataplasme de farine de lin, et, pcndan( que le cataplasme sera encore chaud, mélangez-y l'onguent basilicom.»

Autre formule.

Farines résolutives 125 grammes.

Eau. , Q. s.

Onguent basilicum 32 grammes.

F. S. A. (Soubeiran).

Dans ces deux compositions, la poudre émolliente et les farines résohi' lives pourraient être remplacées sans inconvénient par de la larinc*

CATAPLASMES. — TnâRAiBoriQUE (APPuàrion). 471

lin, et Ponguent basilicum par des onguents ou des emplâtres à propriétés analogues, tels que les onguents de styrax, d^areseus, les emplâtres de la mère,dediachylum gommé, etc. On pourrait aussi substituer à ces diverses substances le savon, la poix noire, des corps gras, des résines, etc. Nous avons vu employer fréquemment, comme topique maturatif, un mélange de deux parties d'oseille cuite et d'une partie d'axonge; et aussi la levure de bière récente, délayée en bouillîe elaire à l'aide d'une suffisante quantité d'eau tiède.

Cataplasmes astringents ûu toniques. — Le tannin, le cachou, la noix de galles, le tan, les qaîoqnûifls, les racines de ratanhia, de tormentille, de bistorte, les tqêê^ et Provins, les feuilles de ronces, d'aigremoine, etc., en un «ut isoles les substances astringentes ^urraient être utilisées p«r heonfeetîon de ces cataplasmes. Ces diverses substances sont étendues pulvérisées à la surface des cataplasmes de fécule ou de farine de lin*

Les feuilles et les fleurs peuvent être aussi traitées par décoction dans Fean et appliquées en bouillie. ' . •

Enfin, on obtient encore des cataplasmes astringents en arrosant les cataplasmes émollients avec' de* Veau :blanche ou des solutions de sulfate de fer, d alun, etc. QueHes que soient les matières qui les composent, les cataplasmes astringents doivent; toujours être appliqués froids.

iHÉRAPEirriQUE. — Lcs) cataplasmes appartiennent surtout à la thérapeutique chirurgicale; I mais ils sont aussi, dans le ti^aitemcnt des affections internes, des agents précieux.

Appllcatloo de« cataplAMiies. — Ils ne doivent être ni trop liquides ni trop épais : ttop^liqiudes,ils coulent sous la pression des pièces de pansement destinées-à* les maintenir; trop épais, ils agissent beaucoup moins efficacement.

Les cataplasmes sont appliqués à nu ou entre deux linges; l'application à nu se fait de la manière suivante : on place sur une table ou sur une surface horizontale quelconque, un carré de vieux linge, de toile ou de coton; on verse dessus la bouillie du cataplasme, et l'on étend celle-ci sur une épaisseur d'un travers de doigt environ. On replie-ensntte les bords du linge comme Tindique . ' la figure 128. Lorsque le cataplasme doit être appliqué entre deux linges, il est préférable de se servir de morceaux de mousseline ou, si Ton veut, d'un carré de vieux p,, ^^g^cupiu^T F,o. m. - cupi^oH, linge sur lequel on étend 4 nu. eotre deux linges.

la bouillie, de la même

manière que si le cataplasme devait être appliqué k »«> «* on le recouvre ensuite d'un morceau de mousseline, de gaie, de tulle, ou de tout autre tissu à mailles très-lâches; les bords sont, du reste, repliés comme le représente la figure 129.

472 CATAPLASMES. — thérapeutique (moob d'actiw).

Le cataplasme entre deux linges a sur le cataplasme à nu ra?aiib«p de s'appliquer et de s*enlever beaucoup plus facilement; de pim, il est le seul dont on puisse faire usage sur les parties couvertes de poils n pour le pansement des plaies,

La manière de fixer les cataplasmes varie nécessairement selon lenép qu'ils occupent; A la tête, au cou ou sur les membres, quelques toor; de bandes ou un mouchoir suffisent; mais si le cataplasme doit être phcé sur le tronc, il faut le maintenir à l'aide d'une serviette ou d'un bandip de corps.

Mode d*«eitoo de« c^taplasnies* — Les effets produits sont i peu de chose près, ceux d'un bain local plus ou moins prolongé. Ds dit feront, selon la température du cataplasme, selon la nature des éléffleols qui le constituent, suivant que la partie du corps sur laquelle on Fipplique est privée ou non de tégumeat^Ettrne, suivant que ce demieresi exactement recouvert de son enveloppe épidernrique ou qu'il s'en trmnf plus ou «moins complètement dépourvu.

C'est seulement en tenant compte de ces considérations, que les eRfL* thérapeutiques généraux et spéciaux résultant de l'emploi des cataplasmet peuvent être exactement appréciés.

Étudions d'abord les effets produits par on cataplasme composé (k substances inertes, dépourvu conséquemment de toute propriété spéciale indépendante' de la chaleur et de l'humidité qu'il renferme.

Rien de plus facile, d'ailleurs, que de réaliser un tel cataplasme : m suffit-il pas, en effet, de placer entre deux linges un carré de moDetoo mouillé ou des lames d'épongés ^uperposé^ ict imprégnées d'une suit santé quantité d'eau? Supposons que eette^eaulsoit chaude, et que le cataplasme obtenu soit à + 50^ centigrades, par exemple, il est cerUii qu'étant appliqué sur la peau, que celle-ci soit ou non dénudée, on \A topique est susceptible de produire divers effets qui doivent être rapportés à la chaleur qu'il dégage^ à l'humidité qu'il entretient, et, un pea aussi à la pression qu'il exerce.

Dès qu'elle est un peu appréciable, la pression que le catapltsw exerce sur les parties qu'il recouvre, devient, dans la plupart des e», plus ou moins doulooiMiic^ partant nuisible. Aussi s'applique-t-on i éviter cette pression en donnant aux cataplasmes peu d'épaisseur et a ne serrant que très«»l§gèrement les liens destinés à les maintenir.

L'humidité entretenue par le cataplasme à la surface des parties^ lesquelles on l'applique, produit des effets différents selon que cette surface est OM n'est pas recouverte d'cpiderme. Dénudée, la peau jouit, comme on le sait^ d'une grande puissance d'absorption, et l'on conçoit aisément que se mêlant an sang des parties frappées d'inOamroation, Tetti puisse jouer, dans ce cis, un rôle important; mais, il n'en est plus ainsi lorsque la peau se trouye être revêtue de son épiderme et que celui-d k présente aucune solution de continuité : l'absorption de l'eau par ceUt membrane n'est pas seulement, dans ces conditions, un peu amoindrie, comme on le pense généralement, elle ne peut alors avoir lieu, ^elon

CATAPLASMES. — thérapeutique (mode d'action). 475

nous, qu'avec une cxlrêm« difficulté ot aj i\?s un contact tros-longlcmps prolongé.

L'absorption des liquides par le tégument externe non dénudé est encore aujourd'hui une des questions de physiologie les plus controversées. Cette absorption, admise sans réserve par les uns, sur des preuves insuffisantes, a été niée par d'autres, et sans plus de raison, de la manière la plus absolue. C'est dans ces derniers temps seulement que des idées un peu plus conformes à la vérité, nous le croyons du moins, ont lié émises sur ce sujet intéressant au double point de vue de la physioogie et de la thérapeutique.

La peau de l'homme étant formée de parties comparables, par leur lisposition et leur structure anatomique, aux éléments constitutifs des nuqueuses, et ces dernières membranes jouissant d'une manière incon- «stable de la propriété de se laisser pénétrer par les liquides, il n'est pas surprenant qu'un assez grand nombre de physiologistes aient, a priorij m sur des preuves indirectes et insuffisantes, attribué aussi cette propriété à la peau. L'épiderme et le derme, éléments essentiels de la peau,, sont, en effet, les analogues de l'épithélium et du chorion, éléments essentiels des muqueuses; mais entre le tégument externe et les mu- |ueuses, il y a cette différence qujB, tandis que ces dernières lubrifiées constamment par des liquides, présentent un surtout épithélial parfaitenent imbibé, la peau sans cesse exposée à l'air, nous montre, au conraire, son épiderme dans un état plus ou moins complet de siccité. De >lus, et cette particularité est à prendre en grande considération, l'épilerme est imprégné, dans toute son épaisseur, d'une matière grasse, ébacée, que I on peut, il est vrai, lui enlever par l'action de certains lissoivants, tels que les huiles fixes et volatiles, les éthers, le chloroorme, l'alcool, le sulfure de carbone, etc., mais qui, tant qu'elle existe, 'oppose d'une manière plus ou moins complète, non-seulement à l'imprégnation de l'épiderme, mais même à la simple adhérence de l'eau h a surface. Ce dernier phénomène est, du reste, tellement marqué que . Drsque la peau est demeurée pendant plus de six heures au contact de 'eau, celle-ci glisse encore sur elle comme sur une toile cirée. La paume les maim, la plante des pieds et la région ischiatique^ dépourvues de »oils et par conséquent de glandes sébacées, sont les seules parties du orps qui, en présence de l'eau, puissent contracter adhérence avec elle, t les seules aussi par conséquent où il puisse y avoir imbibition de l'é- ►iderrae. Mais, chose digne de remarque, l'épiderme, en ces divers points, achète ce défaut de protection par Tépaisseur même de ses couches, et i pénétration, bien que possible, ne peut avoir lieu néanmoins qu'avec ne grande difficulté. Dans les expériences que nous avons entreprises ur ce sujet, ce n'est qu'après six heures d'immersion dans de l'eau H- 55° centigr. que l'épiderme' de la paume des mains, de la plante es pieds et la région ischiatique nous a paru à peu près complètement nprégné. Ce n'est donc, par conséquent, qu'après cet espace de temps, t pour ces trois régions 8eulement,^que des phénomènes d'absorption

474 CATAPLASMES. ~ mode d'action.

véritable, consistant dans le passage de l'eau à travers les vaisseaux (kr miques, peuvent commencer à se manifester.

Quant à la température, dont il nous reste à étudier les effets, c^est dî assurément qui parait jouer ici le principal rôle. En se communiquant db parties superficielles aux parties profondes, la chaleur relâche les tiœ. dilate les vaisseaux, diminue la plasticité du sang et de la lymphe, et, d la sorte, peut faciliter ou rétablir la circulation de ces liquides ralentie mx interrompue. C'est vraisemblablement en agissant ainsi que les cat^ plasmes chauds font disparaître plus ou moins complètement lesphéoG* mènes de tuméfaction, de rougeur et de douleur qui, à des degrés diicn, accompagnent et eanctérisent tout état congestif ou inflammatoire. Noti sommes égalem^it porte a croire que tant que la chaleur d*un cataplasnke oscille entre + 50"" et la tempènrtan 4u corps, les effets produits sont plus ou moins marqués, mais identiqueomt les itopir Cependant il est généralement admis que lorsque Ton a e& vue d*obteur k watéém pure et simple d'une inflammation, il convient dVmployer des ata^ mes tièdes, tandis que si Ton croit la suppuration inévitable, ks cat^ 'plasmes chauds doivent être préférés. En un mot, les cataplasmes tièd6 devraient être considérés plutôt comme, résolutifs et les cataplasine chauds comme maturatifs. Quoi quMl en soit, la résolution et la sappvration sont deux résultats que Ton peut obtenir avec les mêmes moyeœ, sans que Ton puisse à volonté déterminer Pun ou l'autre : tous les jour, dit Barbier, quand on attend une suppuration, la résolution s*opère, et w suppuration s'établit quand on se croyait fondé à compter sur une résolution.

Lorsqu'un cataplasme se trouve avoir le même degrérde chaleur que h partie du corps sur laquelle il est appliqué, le cataplasme tend à méÙtc cette partie en équilibre de température avec l'atmosphère en s'y mettiBl lui-même : la sensation qu'il produit alors n'est plus, comme danslec^^ précédent, une sensation de chaleur, c'est une sensation de froid. Et, chose curieuse, bien que les effets physiques et physiologiques soieni très-diiïérents, les effets thérapeutiques sont presque identiquement kr mêmes : la chaleur, en dilatant les vaisseaux et faisant un appd k liquide dans les points enflammés et dans les parties circonvoisines, ritablit la circulation; mais le froid, par la constriction qu'il exerce sur Ift^ tissus congestionnés, peut la rétablir également en faisant peu à pev repasser, dans le torrent circulatoire, les globules sanguins dont h marche était entravée dans les vaisseaux capillaires; de sorte qu'une chaleur modérée (soit de -h 55** à -h 50** centigrades), et un froid mode' (soit de -h 5** à -h 25**), peuvent exercer une action également rAoWft'. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que les cataplasmes chauds t^ sent plutôt comme émollients et les cataplasmes froids plutôt coDnÉt> toniqueSj et qu'il peut se rencontrer certaines indications thérapeutiq»^ qui ne permettent pas de les employer indifféremment.

Enfin, est-il besoin d'ajouter que, au contact du corps, les catapteoK^ froids s'échauffent assez rapidement, de même que les cataplasmes cluod^ se refroidissent, et que si l'on tient à conserver à ces topiques leur teffl-

CATAPLASMES. — cataplasmes émollients. 475

pérature initiale, il est de toute nécessité de les renouveler fréquemment.

Supposons maintenant que la température d'un cataplasme, au lieu d'être comprise entre -h 5** et 50* centigrades, se trouve être au-dessous de la première de ces deux limites ou au-dessus de la seconde, soit par exemple à 0* ou à -h 55. Alors d'autres phénomènes se produïront, il y aura une excitation vive, une sensation douloureuse, insupportable, une sorte de révolte du système nerveux, et, dès que le topique aura été enlevé, comme pour justifier la règle qui veut que les extrêmes se touchent, dans Tun et l'autre cas il se produira une réaction intense et par suite une rubéfaction. C'est ainsi qu'un cataplasme très-chaud et un cataplasme trèsfroid agissent l'un et Tautre comme de puissants révulsifs. En outre, et tant que dure leur application, les cataplasmes très-froids, arrêtant la circulation, peuvent être employés comme anesthésiques.

Tels sont les effets principaux qu*un cataplasme peut emprunter à sa température et à l'humidité qu'il renferme. Voir du reste, les articles Absorption, Bains, Chaleur, Froid.

Maintenant, quelles propriétés nouvelles les cataplasmes sont-ils susceptibles d'acquérir lorsqu'on fait intervenir dans leur composition, non des substances inertes, telles que du molleton ou des éponges imprégnées d'eau, comme nous l'avons d'abord supposé, mais des substances de nature médicamenteuse? Il est évident qu'un grand nombre de matières actives astringentes, narcotiques, irritantes, etc., peuvent être sous des formes très-diverses, ajoutées aux cataplasmes dans le but d'en accroitre ou d'en modifier les propriétés. Mais il est alors extrêmement important de tenir compte de la grande différence d'absorption qui existe entre la peau munie de son épiderme et celle qui en est plus ou moins dépourvue. Et, lorsque l'application du topique doit avoir lieu sur la peau non dénudée^ il ne faut pas oublier non plus, ce qui a été dit précédemment, que les solutions aqueuses ne passent point ou du moins né passent qu'avec une très-grande difficulté à travers l' épiderme, lorsque celui-ci est parfaitement intact et que la substance dissoute est incapable de l'altérer; mais que l'épiderme se laisse, au contraire, facilement pénétrer par les solutions médicamenteuses qui ont pour véhicule une substance susceptible de le dépouiller de la matière sébacée qui l'imprègne, tels que l'alcool, les éthers, le chloroforme, les huiles fixes, les essences, l'axonge, les savons alcalins, etc.

Mous ne pourrions, sans nous exposer à de nombreuses redites, entreprendre ici de décrire l'action spéciale de tous les cataplasmes médicamenteux employés dans la pratique médicale et chirurgicale. Cependant, parmi ceux dont nous avons donné plus haut le formulaire (voy. p. 470), il en est plusieurs extrêmement usités et sur l'action particulière desquels nous ne pouvons nous dispenser de donner quelques détails. Nous voulons parler des cataplasmes émollients^ calmants et maturatifs.

Cataplasmes émollients. — Les cataplasmes émollients agissent surtout, avons-nous dit, par la température et l'humidité qu'ils entretiennent à la surface des parties qu'ils recouvrent. Aussi les substances les plus conve-

47G CATAPLASMES. — cataplasmes éhoi.lients.

nables h la préparation de ces topiques sont-olles précisément celles qui jouissent au plus haut degré de la propriété de conserver longtcin|is Wa qu'elles ont absorbée. Sous ce rapport, la farine d'alpiste (phalaris ca»^ riensis) serait, dit-on, la matière qui devrait être préférée. Mais lecaUplasme émollient le plus fréquemment employé est celui de farine t graine de lin. La semence de lin est peut-être, après la semewf d'alpiste, la substance qui donne le cataplasme le plu§ visqueux et k moins susceptible de se dessécher et de se refroidir. La fécule de pomme de terre, suffisamment cuite, donne également une bouillie très-visi|a«tf et qui retient assez bien Teau qu'elle a absorbée. Hais la farine de lin noib paraît avoir, sur la fécule et sur les autres farines, un très-grand avantage, celui de renfermer une très-forte proportion d'huile douce qui, ai contact de l'eau et du mucilage, donne une sorte d'émulsion capable ilt dissoudre ou de ramollir suffisamment la matière sébacée de répidonnt. pour rendre possible l'absorption de l'eau et des solutions médicamettteuses qui ont ce liquide pour véhicule.

D'après cela, le cataplasme de farine de lin devrait être considm comme le cataplasme émollient par excellence ; c'est, en effet, Topinift générale, et nous nous sentons très-disposé à la partager, à une conditi* cependant, c'est qu'on ne fera servir à la préparation de ce médicameïl que de la farine de bonne qualité, récente et non privée, par expressioi de sa matière huileuse. II y a quelque temps, l'énorme quantité de fanfc de lin consommée annuellement, dans les établissements hospitaliers ife Paris, avait suggéré à l'administration de l'assistance publique l'idée* faire ajouter à cette farine une assez forte proportion de tourteau de lin c'est ainsi qu'on nomme, dans le commerce, le résidu, fort analogue a dV la sciure de bois, que l'on obtient après avoir soumis la farine de lin H presse pour en extraire Thuile. Après quelques mois d'expérience:^, lechirurgiens des hôpitaux de Paris se déclarèrent, presque unanimeroaH, contre cette innovation, et l'on en est revenu, aujourd'hui, à Tusagciif la farine pure.

A côté des avantages qui viennent d'être signalés, les cataplasmes i graine de lin présentent, à dire vrai, quelques inconvénients : comme li plupart des autres cataplasmes émollients, ils s'aigrissent vite, ce qni nécessite de les renouveler fréquemment; de plus, lorsqu'ils sont oblen» avec des farines non récentes, ils ont fort souvent la propriété de fair^ naître sur la peau des éruptions érythémoïdes, pustuleuses, etc. Tous It^ individus ne sont pas, il est ¥rai, également prédisposés à ces accideoL*^ mais il en est d'extrêmement sensibles à l'action des substances irrilanlechez lesquels le simple contact, avec la peau, d'une matière résina» ou même quelquefois d'un corps gras parfaitement récent suflil po«r donner lieu à un érythème. On rencontre aussi des malades pour lesqoek l'odeur fade et sui generis du cataplasme de lin est tout à fait insupp table. C'est dans ces divers cas surtout qu'on peut recourir avec avanUge aux cataplasmes de poudre émolliente (p. 470), de farine de riz,d*arai(ioo, de fécule de pomme de terre, de mie de pain, etc. Ces cataplasmes ^^"^

CATAl^LÀSMES. — cataplasmes calmants et maturatifs. 477

aussi ceuiL que l'on applique le plus souvent sur le visage, particulièrement aux yeux et aux lèvres.

Cataplasmes calmants. — Les cataplasmes émoUients qui jouissent, comme on le sait, de la propriété de combattre le symptôme douleur, |)ourraient, à la rigueur, être considérés comme des cataplasmes calmants; néanmoins on n'emploie, en général, cette dénomination que pour désigner des topiques additionnés de substances narcotiques (voy.p. 470).

Le plus facile à préparer et aussi probablement par cette raison, le plus employé des cataplasmes calmants, est le cataplasme émollient laudanisé (voy. p. 470).

Quant au cataplasme calmant, adopté par le Codex de 1837 et conservé dans celui de 1866, avec quelques légers changements qui lie portent que sur les doses seulement, ce cataplasme est inusité. Cela lient sans doute à ce qu'il faut un peu plus de temps pour le préparer, et peut être aussi à ce que sa composition n'est plus en rapport avec l'état actuel de nos connaissances thérapeutiques. En effet, ce mélange de capsules de pavots et de feuilles de jusquiame, cette association (le deux médicaments à propriétés opposées, cela peut fort bien ne pas paraître a beaucoup de praticiens une chose très-heureuse. Que l'on allie, .M Ton veut, la jusquiame avec ses congénères la belladone ou le stramoine; il n'y a là aucune incompatibilité, ces trois substances ayant, comme on le sait, les mêmes propriétés, à l'énergie près, exprimées par les ra])ports 1 : 2 : 4 ; mais, si l'on tient à ne pas voir leurs propriétés plus ou moins complètement neutralisées, aucune d'elles, dans aucun cas, ne devra être associée au pavot ou à l'opium.

Cataplasmes maturatifs. — On appelle ainsi les cataplasmes destinés à liàter la terminaison des abcès chauds en favorisant la formation et Texpulsion du pus.

Dès qu'un abcès chaud est reconnu, il faut en pratiquer Touverture le plus tôt possible, dit Laugier, exprimant en cela le précepte suivi par presque tous les chirurgiens (voy, t. I, p. 16); et, lorsquMl est ouvert, c'est alors que les substances dont on additionne ordinairement les cataplasmes pour les rendre maturatifs, — c'est plutôt suppuratifs qu'il faudrait dire, ^ c'est alors que ces substances exercent au plus haut degré leur action médicatrice. Tant que la peau n'est pas entamée, le meilleur topique maturatif nous parait être un cataplasme émollient appliqué chaud cl fréquemment renouvelé, ou mieux encore un cataplasme formé de levure de bière délayée dans de l'eau tiède. On obtient aussi de très-bons effets d'un bain local, de 45 à 50<» environ, longtemps prolongé, moyen auquel on a souvent recours, dans les cas de phlegmons des extrémités, particulièrement dans le traitement des tournioles et des panaris.

Les médicaments qu'on ajoute aux cataplasmes dans le but de les ren* dre suppuratifs sont généralement composés de corps gras, de résines et d'huiles volatiles, tels par exemple, les onguents de styrax, d'arcœus et d'althaea; la poix noire fait de plus partie de l'onguent basilicum et de l'onguent de la mère; ce dernier renferme, en outre, de l'oxyde de

478 CATAPLASMES. — cataplasmes maturatifs.

plomb combiné à des acides gras. On fait usage aussi quelquefois k digestifs simple et animé {voy. ces mots).

liC nombre des compositions suppuratives est moindre aujoardlwi qu*ii n'était autrefois ; mais il est encore fort considérable, car il n'eïl pour ainsi dire, pas de congrégations religieuses, de rebouteurs ou k panseurs quelconques qui ne possèdent un de ces onguents à propriètr merveilleuses, et qui n'en fassent plus ou moins mystère.

Tous ces onguents, pour être efficaces, doivent agir à la fois coms^ excitants et comme antiputrides. Sous ce rapport, la plupart, sinon toQ<. pourraient être très-facilement remplacés, dans le pansement des phb mous ou des plaies, par des préparations moins complexes el plusntionnelles. On pcAirrail peut être leur substituer, avec avantage, pi exemple, la glycérine iodée étendue à la surface des cataplasmes ouioir^ duite dans les cavités des abcès, à Taide de mèches ou de plumassam de charpie. Ce médicament, étant liquide, recouvre plus eiactemenllt? surfaces suppurantes, et, tandis que la glycérine se comporte coninf agent conservateur, l'iode exerce une action excitante qui favorise b formation et Texpulsion du pus, en même temps quil désinfecte b produits de décomposition putride qui, en proportion plus ou mm notable, accompagnent, d'ordinaire, tout travail de suppuration. N(3> avons, pour la première fois, fait usage de la glycérine iodée, pour si abcès du sein, chez une malade qui ne pouvait supporter rodeorib onguents suppuratifs. Les résultats furent excellents /et, depuis, ayaot a à traiter plusieurs phlegmons (anthrax et panaris) nous n'avon&eoccestamment qu*à nous louer de ses bons effets.

La levure de bière employée comme cataplasme raaturatif, parti» lièrement sur les phlegmons superficiels, donne aussi des résultats f méritent au plus haut point d'être mentionnés. Non-seulement le atJplasme de levure de bière, appliqué sur un phlegmon, accélère sa œitiration, tout autant et peut-être plus qu'aucun autre cataplasme, non-^tf^ lement il empêche Tinflammation de s'étendre, mais, propriétés préciettse^ il agit en outre, et à un très-haut degré, comme analgésique et comme aoii septique. Jusqu'ici, nous avions constaté les excellents effets de la la^f" sans essayer de nous rendre compte de son mode d'action ; ayant entrep à propos de la rédaction de cet article, quelques expériences à cet égani nous inclinons à penser que la levure de bière agit surtout à la mani^ d'un bain local tiède, chargé d'acide carbonique constamment reim^

Les considérations dans lesquelles nous sommes entré, et les détailsf nous Tenons de donner sur les cataplasmes les plus usuels, sufBstot croyons-nous, pour faire comprendre les effets généraux de ce genre de ik* dicaments et en apprécier la valeur thérapeutique. Si nos lecteurs teoaicsi à être plus complètement renseignés sur Faction spéciale des cataplasn)^ médicamenteux, tant à l'égard de ceux qui viennent d'être décrits q«^ l'égard des autres, nous ne saurions mieux faire que de les renvoyer aBi mots : Astringents, Emollients, NiiRGOTiQUES, Révolsifs, etc., c'esl-à-Ji^ aux articles consacrés aux médications spéciales. Louis Hébeit.

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