EN GÉNÉRAL
Il ne nous reste plus maintenant qu'à donner, le plus brièremenl possible, notre opinion sur différents points d'une importance pnûqnc.
Nous allons le faire sans discuter le pour et le contre des opraiom opposées.
I<*opératlon sur an «ell, l*aatre ëlant sain. — Chez des personnes âgées, dont l'autre œil est complètement sain, on évite ropératioi de la cataracte, ce qu^on ne peut toujours faire chez des jeunes gens,ipi nous demandent d'être débarrassés d'un défaut apparent; mais qu'on ne manque pas d'établir bien d'avance que Teffet de l'opération sur la ^oe ne sera pas très-grand, à cause de la différence qui existera cRircla réfraction et l'accommodation des deux yeux.
Pour certaines occupations, cependant, la plus grande étendue k champ visuel, du côte de l'œil opposé, aura une certaine importance.
Opération sur un cell lorsque le crlalallln de Tantre coamence ik ne troubler. — Heureusement pour les malades, la cataracte se développe ordinairement plutôt sur un œil que sur l'autre; oh prù donc leur épargner les tristesses d'une cécité complète dans les cas où h distance entre le développement des deux cataractes est assez grande poor que Tune soit déjà mûre lorsque l'autre commence seulement à se former. On décidera, dansées cas, l'opportunité de l'opération d'après l'âge à malade et les conditions dans lesquelles il se trouve : ainsi, par eiempk chez un ouvrier encore dans la force de Tâge, on fera l'opération àèsft le commencement de la cataracte au second œil rempêchc de travailler. Au contraire, chez un individu très-î\gé, qui n'est pas obligé de travailler. on attendra jusqu'à ce que les troubles au second œil le gênent beaucoap. ou l'empêchent même de se conduire seul.
Maturité de la cataracte. — Les inconvénients d'une raaloriîf incomplète dépendent de ce que des fibres cristalliniennes restées traoîparentes ont plus de cohérence avec la cristalloïde qu'avec les couche ramollies du cristallin. C'est pourquoi elles restent dans IVil aprè^ l'extraction, et occasionnent des irilis et des cataractes secondaires. I sera donc utile d'attendre une maturité complète des cataractes molles ^t mixtes. Les cataractes dures ne mûrissent que lentement ou pas da loat Leur maturité a heureusement beaucoup moins d'importance, car à m^ de la transition insensible, qui existe entre la consistance des fibres dn centre et celles de la périphérie du cristallin, leur cohérence est plu* grande et elles se détachent plus facilement de la cristalloïde. Du reste l'insuffisance de la maturité ne forme pas même, dans les cataractes molles et mixtes, un obstacle absolu, dans des circonstances où ropération paraît urgente.
CATARACTE. — quelques iiemarques accessoires sur l'opbuation. 515
Opération des deux yevx. — Une grande partie des malades se t^onlente d'un bon résultat obtenu sur un œil ; pour bien d'autres cependant, surtout ceux qui ont facilement passé par les fatigues de l'opé^ ration, et d'autre part pour ceux chez lesquels on peut espérer d'obtenir sur le deuxième œil un résultat plus favorable pour la vue que celui du premier opéré, Topératioa paraît désirable. Nous opérons volontiers dans ■ces cas le deuxième œil ; mais nous refusons toujours d'opérer les deux yeux à la fois.
A^e du malade. — Dans les cas de cataracte congéniale, il est désirable, à cause de la conservation de la vue, de ne pas faire trop tard l'opération ; cependant on fera bien d'attendre jusqu'à l'âge où l'on peut compter que le malade restera assez tranquille après l'opération. Pour les autres cataractes Tâgc, même l'âge le plus avancé, ne donne pas de ^ontre-indications, surtout quand on fait l'extraction linéaire modifiée.
Saisons. — Pour l'extraction à lambeau on fera bien d'éviter la grande chaleur; pour les autres méthodes la saison n'a pas d'importance.
Préparation Aropérallon. — Généralement on n'a pas du tout tesoin d'une préparation quelconque. On peut instiller dans l'œil à opérer une ou plusieurs gouttes d'atropine la veille de l'opération, et on •donne ce même jour une légère purgation si le malade est constipé. II. va sans dire qu'il faut remédier, autant que possible, à un désordre qui peut exister dans la santé générale, et choisir pour l'opération le moment le plus favorable. Quant à un traitement préparatoire dirigé directement contre l'œil, il ne sera guère nécessaire que dans les cas où la cataracte se «développe avec des symptômes de congestion ou d'inflammation des membranes profondes, surtout de la choroïde.
Position dn malade, de Topéralenr et de Talde. • — Le malade étant couché est ordinairement plus tranquille qu'assis, et on peut plus facilement dominer ses mouvements ; c'est pourquoi la plus grande partie des opérateurs préfère maintenant cette dernière position.
Le malade étant couché, on se place derrière sa tête pour opérer l'œil droit, et on s'assied à son côté gauche pour opérer l'œil gauche. De cette façon on opère toujours avec la main droite; on a renoncé à la préten- ' tion d'être ambidextre, par la simple raison que même les plus exercés opèrent généralement un peu mieux avec la main droite qu'avec la main gauche, et qu'il n'y a pas lieu de maintenir une difficulté qu'on peut éviter par un simple changement de position.
Obligé d'opérer dans une chambre à croisées basses, on place le lit parallèle à la façade, l'œil à opérer du côté du jour. Si au contraire on peut disposer d'un amphithéâtre à croisées très-élevées, où le jour tombe surtout d'en haut, on met pour les deux yeux le lit ou la table à opération de façon que les pieds du malade soient dirigés vers la croisée..
L'aide se place pour l'œil gauche derrière la tête, pour Tœil droit du côté gauche du malade. Pour l'extraction à lambeau, il est très-important
516 CATARACTE. — quelques remarques accessoires sur l*opératioh.
d'avoir un aide habile et exercé. Il faut qu'il tienne les deux paupières sans exercer la moindre pression sur le globe de l'œil, qu'il cède on qull résiste selon le besoin aux efforts musculaires du malade. Pour les autres opérations, en appliquant un écarteur à ressort (fig. 150), on peut s«
FïG. 450. — Écarteur des paupières. — aa^ Yis pour fixera Tolonté les brandies.
passer d'un aide adroit, ce qui constitue encore dans bien des occasioiK un avantage de l'extraction linéaire modifiée relativement à TextractioD à lambeau.
Chloroforme» — L'usage très-étendu que plusieurs opérateurs faisaient du chloroforme dans ces dernières années a suffisamment prourt que même l'extraction à lambeau ne s'oppose nullement à son appliotion. Il faut seulement obtenir une résolution complète, car le stade d'iptation qui permet de faire d'autres opérations à l'œil, telles quelastrakh tomie, serait dangereux pour l'extraction.
Les opérateurs qui hésitent à provoquer par les anesthésiques une lésolution complètepour une opération peu douloureuse, et ceux qui, coouDf nous, attachent une certaine importance aux mouvements spontanés (h malade pendant l'extraction, réserveront le chloroforme pour les cas oé son application est très-désirable, à cause de la grande sensibilité d^ malade craintif et agité.
Panseaieiit et traitement conséontir. — Un simple panseiiMfit à sec pour toutes les opérations de la cataracte, nous paraît préfénkk aux applications de taffetas d'Angleterre aussi bien qu'à celles de eos* presses froides et glacées. Le pansement à sec se fait de la maniât suivante :
On met deux petits morceaux de linge sur les deux yeux et on le recouvre avec de la charpie, de façon à remplir le creux qui entonre le globe de l'œil jusqu'à la hauteur de l'arcade sourcilière et du dos denet Un bandeau élastique (de flanelle ou, mieux encore, de tricot), large de cinq centimètres fixe la charpie en exerçant une légère pressioe. Mais ce n'est pas le globe de l'œil qui doit se ressentir de cette pression, car la charpie qui l'entoure en formant pour ainsi dire un nid, k garantit tout en immobilisant par une légère tension la paupière siférieure.