CATARACTE. — QUELQUES REMARQUES ACCESSOIRES SUR L*OPÉRATION
Pour que le bandeau ne se dérange pas, je lui ai donné la foime indiquée, figures 151 et 152.
Fie. 151. — Fronde oculaire.
Après une discision on ne garde ce bandeau que vingt-quatre heures ; on le remplace après par un simple bandeau flottant, en instillant tous les jours assez d'atropine pour maintenir une dilatation complète de la pupille, ce qui est d'autant plus important que la substance corticale gonflée qui pousse vers riris est plus abondante.
On ne supprime le mydriatîque qu'après la résorption complète du cristallin.
Après une extraction linéaire modifiée on garde le bandeau au moins deux jours, en changeani pendant ce temps une ou
deux fois la charpie après avoir Fig. 152. — Application de la fronde oculaire.
nettoyé l'œil. Le troisième jour
on instille quelques gouttesde l'atropine s'il existe quelques résidus de la cataracte, ou s'il y a dautres raisons de craindre une irritation de Firis. Dans le cas contraire, et si tout s'est passé régulièrement, le traitement consécutif est presque nul : on laisse pendant deux jours le malade tranquillement couché les yeux bandés ; il reste huit jours dans une chambre peu éclairée; ne sort qu^entre les dixième et quinzième jours, et ne se sert de son œil opéré et de lunettes convenables (vpi/. article Acco^imodation, chapitre Aphakie, page 221) que trois ou quatre semaines après Topé* ration.
Après Textraction à lambeau il faut plus de précautions. Le malade doit garder le lit, les yeux bandés, pendant cinq ou six jours, éviter tout mouvement brusque pendant les dix premiers, ne sortir qu'entre les quinzième et vingtième, et ne se servir de son œil que quatre à six semaines après l'opération.
Les pansements se font dans les commencements avec beaucoup de précaution, à l'éclairage d'une bougie; on nettoyé très-soigneusement
518 CATARACTE CAPSULAIKE. — opacité de la cristaixoîde.
les paupières, surtout lorsqu'on a été obligé, suivant les indicatiofns ordinaires, d*instiller de l'atropine. On applique ce bandeau un peu phis serré si l'adaptation des bords de la plaie n'est pas tout à fait parfaite, et on change le bandeau contre des compresses chaudes imbibées d'une infusion aromatique, s'il se manifeste une suppuration limitée dans une partie de la plaie.
Une antiphlogose énergique, des mercuriels et d'autres remèdes, doivent être absolument évités si la marche de la guérison est normale, et ne produisent pas grand effet si elle ne Test pas.
Le régime doit correspondre à l'état de la santé et des forces générales de l'individu ; l'opéré doit être alimenté, la mastication seule doit étrt évité les premiers jours.
CATARACTE CAPSULAIBE. — Opacité de la crla<allar44^. -
La cristalloïde ou capsule^est composée de deux moitiés très-différentes : la capsule antérieure et la capsule postérieure.
La capsule antérieure est une membrane vitreuse d'une complète transparence. Elle a une épaisseur de 0"*,05, et une élasticité d'une nature telle, qu'aussitôt incisée, elle s'enroule sur elle-même. Sa surface interne, c'est-à-dire celle qui est tournée vers le cristallin est recouverte d'une simple couche de cellules épithéliales, cellules d'une grande importance pour le développement et la conservation du cristallin.
La capsule postérieure, au contraire, n'est qu'une membrane vitreuse, excessivement fine, dépourvue de cellules et si étroitement liée à Thyaloïde, qu'il est très-difficile d'en faire une préparation isolée.
Les opacités de la capsule antérieure sont de différentes natures. Daiv tous les cas, ce n'est jamais la membrane elle-même qui devient opaque. elle ne subit d'autre changement que de se plisser. Exceptionnellement, elle est ou un peu amincie ou épaissie par de petites excroissance^ analogues aux altérations séniles des autres membranes vitreuses, \ml en restant transparente. L'opacité appartient ou à des dépôts exsudalif? qui se trouvent sur la surface antérieure de la cristalloïde (fausse membrane, fausse cataracte), ou à une hypergénèse des cellules intra-capjulaires essentiellement altérées, ou enfin aune substance qui s'applique» la surface intenie de la cristalloïde.
Les opacités de la cristalloïde peuvent se former : 1** le cristallin restant transparent; 2** le cristallin étant opaque (cataracte capsulo-lenlieulaire); 5** le cristallin enfin étant séparé de son enveloppe, (catarartf secondaire).
L Opacité de la orlslalloïde le crlalaUln étant trmn^m' rent {Fausse membrane^ cataracte fausse).
a. Suivant la nature de l'inflammation de l'iris et le traitement qu'on y a appliqué, les opacités qu'elle produit présentent un aspect très-diH?rent, qui leur a valu un très-grand nombre de noms. On observe toutes les transitions entre ces couches tout à fait minces, à peine visibte à l'éclairage ordinaire et des membranes opaques el épaisses, d'un ?ri*^
CATAHACTE CAPSULAIRE. — opacité de ia ciustalloïdk. 5i9
clair, qui contiennent quelquefois du pigment de Tiris. Ces fausses membranes sont d*autant plus épaisses, que l'iritis a été plus violente et que l'exsudation produite par elle a été plus abondante. La forme et la grandeur de ces membranes dépendent de la forme de la pupille, c'est-à-dire de la forme donnée par Finflammation ou modifiée par le traitement. C'est surtout la manière d'appliquer l'atropine, qui a une influence décisive. Dans des cas exceptionnels, la fausse membrane s'étend au delà du champ pupillaire. C'est' une exsudation abondante qui occupe dans ces cas toute la chambre postérieure et réunit, en s'organisant, l'iris et la cristalloïde.
b. Cataracte capsulaire centrale {Cataracte pyramidale ^ végétante), — C'est une petite tache blanche, bien limitée au centre de la pupille, qui s'avance en pointe conique dans la chambre antérieure, et dépasse quelquefois en même temps le niveau de la capsule vers le cristallin^ La perforation de la cornée, surtout dans les cas d'ophthalmies des nouveaunés, est la cause la plus fréquente de cette opacité. Après l'écoulement de l'humeur aqueuse, le cristallin s'avance rapidement, la pupille se contracte et la partie centrale de la cristalloïde qui n'est pas garantie par l'iris, se trouve en contact avec la surface postérieure de la cornée, avec laquelle une couche exsudative la réunit pour quelque temps. Un filament qui traverse la chambre antérieure, en communiquant entre la cornée et la cataracte pyramidale, ainsi que des synéchics antérieures, peuvent mênle tardivement trahir ce mode de développement. Tout d'abord, ce n'était que la couche exsudative qui constituait l'opacité; plus lard, cette couche elle-même empêche le travail régulier de la nutrition des cellules intracapsulaires et des fibres cristallinienties, qui deviennent à leur tour le siège d'une petite opacité profonde.
Il existe, en outre, une opacité semblable, mais congénitale. Nous ne connaissons pas les altérations qui la produisent durant la vie fétale.
En examinant soigneusement à l'éclairage latéral et à la loupe (voy, p. 487 et 488), nous ne pouvons confondre la cataracte capsulaire centrale, ni avec les petites opacités qui se trouvent quelquefois dans le centre de la couche antérieure du cristallin, ni avec celles situées au pôle antérieur du cristallin, dans les cas de cataracte stralifiée (voy. p. 480).
c. Cataracte capsulaiue traumatique. — Une très-petite ouverture traumalique de la cristalloïde peut sie fermer sans occasionner de troubles étendus dans le cristallin, de sorte qu'après la résorption de quelques fibres crislalliniennes devenues opaques, il ne reste que la cicatrice de la capsule formant une petite tache blanchâtre et striée.
II. Opacité de la cristalloïde le cristallin étant opaque (Cataracte capstdo-lenticulaire), — H y a deux formes différentes : la première s'observe dans des cataractes séniles et mûres depuis très-longtemps, la seconde dans des cas de cataractes compliquées.
a. L'opacité de la capsule, qui se développe dans des cas de cataractes séniles et rétrogrades, après que la couche corticale antérieure, d'abord ramollie, puis desséchée, a diminué de volume, forme une tache d'un
520 CATARACTE CAPSULAIRE. — opacitI de la cristalloîde.
gris clair, à bords dentelés et peu accentués. Elle occupe ordioaifemeii le champ pupillaire et n'attire pas beaucoup l'attention, de sorte que souvent on ne la découvre qu'après une observation très-attentive. L'exaioa microscopique de cette opacité fait voir.qu'elle se compose de la crisUlloûk transparente, mais plissée, et d une substance opaque qui s'attache à dk. Cette substance granuleuse ou irrégulièrement striée, est formée par ^ fibres cristalliniennes anatomiquement et chimiquement modi6ées;eOe contient quelquefois des molécules de chaux. ' b. Opacité de la capsule se déveix>ppa]st dams des cas de catabic»
COBiPLlQUÉES d'une AFFECTION DES MEMBRANES PROFONDES. C'est SUrtOOtlaiS
des cas de cataractes compliquées de choroïdite, de glaucome, de décolkment de la rétine, que nous trouvons cette' forme d'opacité capsulm, qui est caractéristique de la complication, et nous la fait deviner an pmier aspect de l'œil. Cette cataracte capsulaire forme une tache opaqae, blanche, crayeuse ou jaunâtre et très-nettement limitée. Quelquete elle n'occupe que le champ pupillaire, d'autres fois elle ne s'étend qœ d'un côté, et dans quelques cas dans toutes les directions, jusque ^en l'équateur du cristallin. Sa surface'présente un dessin très-délicat et tràrégulier qui dépend de la façon dont la capsule se plisse, et, qui n'a ae* cune ressemblance avec le* dessin qui, dans l'opacité du cristallin méioe, correspond à la disposition de ses fibres.
Les recherches anatomiques montrent, dans cette forme comnoe dais la précédente, la capsule transparente et plissée, et attachée à elle^ h même substance opaque. Mais ce qui caractérise cette deuxième ibrox, c'est l'altération de la couche des cellules épithéliales qui joue un rék plus important dans la formation ée cette opacité. Ces cellules prenociA un grand développement, entourent la substance opaque et la traTersol quelquefois. Parfois aussi elles sont entourées de membranes vitrenseî de nouvelle formation de façon à ce que ces cellules semblent se trouier dans la capsule elle-même.
III. Opacité de la erlatalloMe le cristalllii étant aéptf» de «a capsalo (Cataracte secondaire). — Les mêmes changinneais anatomiques qui constituent les formes de cataractes capsulaires que dois venons de décrire, c'est-à-dire dépôts d'exsudations sur la capsule, hipergénèse et dégénérescence des cellules intra-capsulaires, adlierencs de masses opaques constituées par de la substance cristallinienne inosr formée, membranes hyaloïdes de nouvelle formation, ces mêmes ehaûgements, disons-nous, peuvent également se produire après que le cmtallin a été complètement séparé de su capsule, soit par une opération soit par un traumatisme, soit par résorption spontanée.
Les cataractes secondaires les plus fines, s'étendent comme une loi d'araignée, un peu en arrière du plan de la pupille. On ne les voilp»' l'éclairage du jour, ce n'est qu'à l'éclairage latéral qu'on peut les reconnaître. Elles sont formées par la capsule à peine altérée et uegéoeit pas la vision.
Une autre variété de cataracte secondaire qui est en partie lr»m(«-
CATARACTE CAPSULAIRE. — opération. 52i
rente, en partie opaque, offrant un dessin irrégulier et qui également gène peu la vision, est formée par la capsule transparente, mais troublée par places par des dépôts de restes cristalliniens qui s'y attachent.
Les cataractes secondaires qui se forment après des inflammations de riris et des dépôts exsudatifs qui se trouvent sur la capsule, sont d'une influence plus fâcheuse et sur la vue et sur la nutrition et la conservation de Toeil. Elles forment des membranes d'un gris clair, d'un dessin très-varié, contenant par places des dépôts de pigment, et elles bouchent complètement la pupille, qui, dans ces cas est ordinairement rétrécie et déformée.
Mais la forme la plus grave de la cataracte secondaire, est celle qui présente une couleur blanche, crayeuse, une surface plissée, une grande épaisseur et des adhérences étendues non -seulement avec Tiris, mais quelquefois même avec la cicatrice de la cornée. Tous les changements anatomiques indiqués plus haut se trouvent réunis dans cette forme, qui est toujours le résultat des inflammations intenses de l'iris, du corps ciliaire et même du corps vitré. Ce dernier prend part à la formation de l'opacité surtout dans les cas où pendant l'opération de la cataracte, il se produit un écoulement du corps vitré, à la suite duquel se développe une suppuration dans le corps vitré, qui prend son point de départ dans la partie enfermée dans la plaie.
Opération de la cataracte cagiaiiilalre. — Pour les fausses membranes, on ne doit jamais faire d'autre opération que l'iridectomie, dont le but est de mettre à découyert une partie transparente de la cristalloide. Dans les cas où il y a adhérence totale du bord pupillaire, l'opération joint à Teffet simplement optique un effet thérapeutique, celui de rétablir la communication entre la chambre antérieure et la chambre postérieure, communication dont l'importance est si grande pour la nutrition normale de l'œil [voy. l'article Iridectomie).
Les opacités de la capsule dans les cas de cataractes séniles et de cataractes compliquées, n'exigent pas une opération spéciale, seulement elles iaipaaent la nécessité de porter la plus grande attention pour ouvrir la capsule dans l'opération de la cataracte, afin que le kistotome, s'accrocbant à cette membrane dans ce cas plus résistante, ne produise pas la luxation du cristallin, accident toujours fâcheux. Dans les cas d'épaississement très-étendu de la capsule, il vaut mieux extraire cette membrane inowiédiatement avant ou immédiatement après la sortie du cristallin.
La question de l'opération a une plus grande importance pour les cataractes, secondaires, dont les différentes formes demandent des procédés différents.
Des quatre formes que nous avons décrites, les deux premières, qui gênent peu la vue, ne nécessitent aucune opération. Dans la troisième, il suffit de faire, au moyen d'une aiguille à discision (voy. p. 497), un trou dans cette membrane grisâtre qui couvre le champ pupillaire, il n'est pas nécessaire de l'enlever entièrement, car la réintégration d'une petite partie du champ pupillaire suffit pour rétablir la vue.
Nous sommes, au contraire, obligés de recourir à l'extraction, pour
522 CATAROHE.
la quatrième forme (les cataractes secondaires, dures et épaifse^). Ob fait, dans ce cas, une incision linéaire comme pour rcxtraction iiitétiiï de la cataracte (voy, p. 504), et Ton saisit la membrane avec une pioc^ pupillaire (fig. 145) ou avec une serretelle. CeHe dernière a lafaolâ^ de pouvoir passer par une plaie plus étroite, mais Tinconvéaient d'éire un instrument compliqué qui se dérange facilement. On combine leitraction avec Tiridectomie dans les cas d'adhérences larges avec l'irif. ii ne faut pas essayer d'extraire en entier les cataractes secondaires ailv^ rentes à la cicatrice de la cornée. Il faut se borner à en extraire la portion opposée à celle qui est solidement réunie avec la cicatrice de la corwe. On débarasse ainsi au moins une partie du champ pupillaire.
La précaution la plus importante pour toutes ces opérations delacaUracte secondaire, est de ne pas les faire trop tôt après l'opération de lacttaracte, sans cela le résultat obtenu se perd facilement peu de temps apm. On doit attendre, s'il est possible, un an et plus, surtout pour les cataractes secondaires adhérentes.
Nous renvoyons à l'article Cataracte, pour tout ce qui concerne la pré paration à l'opération, le traitement consécutif, etc. R. Liebreich.
CATARRHE. — D'après l'étymologie stricte du mot catorrkt (xaTdf^ôoç, de xaxi, en bas^ et féw, je coule) ^ on doit concevoir l'idée d'oL écoulement qui se fait des parties supérieures du corps aux inféricwes. Tel est, en effet, le sens dans lequel cette expression fut employée d'aboii c'est-à-dire dès les premiers temps de la médecine.
Les anciens pensaient que la tête était habituellement remplie d'une hfr meur qui, sous l'influence de certaines causes, se portait sur les yem, l^ nez, la gorge, la poitrine, les intestins, etc., où elle formait une Draw ou un écoulement. Cette humeur n'était autre que la pituite^ et conasUH en un liquide incolore et plus ou moins ténu ou filant; mais elle poss6 dait des qualités variables et exerçait une action en rapport avec ses qwlités sur les parties où elle se présentait. Aussi reconnut-on, dès le débat. plusieurs formes de catarrhe.
Hippocrate, qui marque le point de départ dans Thistoire de l'aBecliei dont nous nous occupons, admet que les catarrhes^ ou fluxions^ sort causés tantôt par le froid et tantôt par le chaud. Dans le premier cas, c'est-à-dire par l'action du froid, les chairs et les veines de la tête se coadensent et se rétrécissent, de manière que l'humeur qui y est contewir en est exprimée et se répand partout où elle peut. Les catarrhes de h seconde catégorie, qui sont causés par le chaud, tiennent à ce que \t chairs raréfiées par le calorique livrent passage aux humeurs, que leur échauffement ont rendues plus subtiles, et leur permettent de s'écouW vers d'autres régions. De toute façon les parties inférieures, qui sonlpl» sèches, attirent les humidités de la tète ; et celles-ci tendent naturel^ ment vers les points déclives, si faible que soit la force qui inlemeol. Hippocrate décrit en outre sept espèces de catarrhes : les trois première^ apparentes à la vue, comprennent les fluxions qui se font soit vers les D^
rines, soit vers les oreilles, soit vers les yeux ; la quatrième gagne la poitrine par la trachée-artère et y occasionne la suppuration et la phthisie; la cinquième affecte la moelle épinière ; la dixième constitue une forme particulière d'hydropisie, et la septième enfin correspond à la sciatique et aux doul^rs articulaires.
Cette doctrine qui, au milieu de tant d'erreurs, renferme beaucoup de vérités pratiques, fut celle de toute l'antiquité et du moyen âge. Quelques dénominations furent seulement changées : c'est ainsi que Celse appela destillatio ce que les Grecs nommaient catarrhe^ et dit que, de son temps, ce dernier mot s'appliquait à tous les écoulements en général. Galien ne fit guère que reproduire et commenter les idées hippocratiques sur ce sujet; mais lanatomie ayant progressé, il donna plus de précision à ses explications. Il parut considérer les veines comme les voies par lesquelles les fluxions se portaient de la tétc aux parties inférieures; puis il indiqua, sous des noms particuliers déjà en usage à son époque, certaines localisations des catarrhes : celui de la bouche garda le nom de destillatio; celui des narines s'appela gravedo; celui de la gorge rawcedo, etc. Enfin, il établit une distinction définitive entre le catarrhe et le rhumatisme : celui-là occupant les cavités du corps, et le second s'attaquant aux articulations.
Depuis lors et jusqu'au milieu du dix-septième siècle, on s'en tint à ces données. On disserta longuement sur les qualités de l'humeur catarrhale, à laquelle on attribua les caractères les plus variés. Elle fut réputée chaude ou froide, acre ou douce, épaisse ou fluide, rare ou abondante, maligne ou bénigne, etc.; et, sur ces suppositions, on établit une thérapeutique qu'on crut en rapport avec le mal à combattre. Mais, en 1660, Conrad Schneider apporte une idée nouvelle. 11 démontre que pendant la vie les trous de la lame criblée ne sauraient livrer passage à aucun liquide, ni pituite, ni sang; et que par conséquent l'humeur catarrbale ne provient pas du cerveau pour se rendre de là dans les narines et dans la bouche; sa source, du moins pour le catarrhe nasal, est dans la membrane pituitaire elle-même, qui la sépare du sang. Les fluxions des oreilles, des yeux, de la gorge, des bronches, des poumons, etc., comportent une explication semblable. Toutefois il ne faudrait pas attribuer à Schneider la gloire d'avoir conçu le système de la membrane muqueuse, comme l'ont fait plus tard Pinel et Bichat. Malgré ce progrès accom|ilt, Morgagni se croit encore oldigé, cent ans après, d'affirmer que « dans quelque partie du corps que les anciens crussent que le catarrhe descendît, il ne manque à cette partie ni glandes d'où il puisse î> 'écouler plus d'humeurs que dans l'état naturel, ni vaisseaux d'où elles puissent regorger entre les fibres et les membranes. » Ce qui prouve qu'à son époque l'erreur traditionnelle touchant Torigine des fluxions n'était l>as entièrement dissipée.
Les théories humorales survécurent à la ruine delà doctrine antique du catarrhe. Les médecins des dix-septième et dix-huitième siècles, qui ont décrit de si nombreuses épidémies d'affections catarrhales, firent pour la
plupart consister ces maladies dans l'altération préalable de la sén^ ou de la lymphe, et ces humeurs, menant ainsi modifiées se présenter sv les surfaces muqueuses et vers d'autres régions du corps, y provoquaient, en vertu de leur acrimonie, des fluxions, des irritations et des écoulemeotî de toutes sortes. Tel est le sens que prend le mot catarrhe pour des hommes célèbres comme Laz. Rivière, Fréd. Hoffmann, Sydeoham, Boerhaave, van Swieten, Lepecq de la Clôture, StoU, J. P. Frank, etc.; c'est encore de l'humorisme pur. Nous voyons cette doctrine du caUrriie reproduite de nos jours dans un ouvrage qui, bien que de date récote (1861), semble, par le ton général qu'il affecte, appartenir à TépoqK dont nous examinons en ce moment les idées. J. Fuster (de Montpellier a tenté en plein dix-neuvième siècle de ressusciter les formes oubliées des médecins épidémistes. Il voit l'origine des catarrhes dans l'altération da fluides lymphatiques : « Cette altération, dit-il, s'accuse par d'innombnblés différences de température, de couleur, de consistance, de goùtei d'odeur, et par les traces douces, piquantes, salées, acres, corrosiws. que l'humeur malade laisse à son passage à travers les organes. »
L'altération humorale, dans l'explication précédente, est primitive; ei le catarrhe, simple phénomène critique, ne joue qu'un rôle secondaire, soit par l'abondance variable du flux, soit par ses effets topiques sur k^ tissus. Il n'en est plus de même pour beaucoup d'auteurs de la périoè suivante. Sans faire nécessairement remonter l'origine de l'écoulemeal catarrhal au delà de la partie où il se manifeste, ils le considèrent avaai tout comme produit essentiellement par l'irritation sécrétoire, ou p» V inflammation. Le solidisme succède à l'humorisme. Déjà Schneider am admis que les catarrhes peuvent être de nature inflammatoire. Poar Cullen, le catarrhe consiste « dans la détermination augmentée desDuide vers la membrane muqueuse du nez, de la gorge et des bronches, jointe à un certain degré d'inflammation. » Pinel reconnaît de son côléjuete fièvres pituiteuses ou adéno-méningées dépendent d'une irritation particulière de la membrane muqueuse des premières voies, avec retentisse ment sympathique dans les autres systèmes de l'économie. L'école physiologique insiste davantage encore sur cette idée, et ne voit naturellement dans les catarrhes que des phlegmasies primitives ou sympathiques de membranes muqueuses, avec hypersécrétion de mucus. Renauldin, Broussais, Boisseau, etc., ont défendu cette doctrine avec beaucoup Jmtorité. Il faut convenir qu'elle a fini par l'emporter sur les théories anciennes, et que le mot catarrhe est de nos jours devenu à peu près syi»nyme d'inflammation de toute membrane muqueuse. Enfin, tenant moins compte du produit inflammatoire que de la lésion elle-même, on s'éloip« de plus en plus de la signification primitive du mot, qu'on finit wm par employer pour désigner des affections sans écoulement catarrhal.
Laennec, qui ne croyait pourtant pas à la nature essentiellement inflammatoire du catarrhe, n'a pas peu contribué pour sa part à dénalnrer le sens de cette expression. En décrivant les maladies des bronches, il« jusqu'à admettre un catarrhe convulsif, qui est la coqueluche, et inéfflc
un catati'he sec. Relatiyement à cette dernière affection, qui correspond à peu près au groupe symptoniatique de l'asthme, Laennec ne se dissimule pas combien il est loin de Tétymologie du mot catarrhe; « mais, ajoutet-il, ce nom n'indiquant plus chez les modernes qu'une forme particulière de Vinflammation dans les membranes muqueuses, je n'en emploierai pas un autre pour désigner les inHammalions des bronches qui existent sans expectoration, ou avec une expectoration très-peu abondante, d Mériadec Laennec fait observer avec raison que l'explication précédente ne justifie pas l'association de deux mots essentiellement contradictoires.
Au même moment où s'opérait cette confusion dans les idées et dans les noms, des tentatives étaient faites pour rendre à la dénomination de catarrhe une signification un peu plus humorale. Laennec lui-même déclare qu'il a préféré le nom de catarrhe à celui de bronchitCj « parce que les catarrhes forment la nuance qui réunit les inflammations aux congestions et aux flux purement passifs, et parce que, dans certains cas de catarrhe chronique, il est au moins fort douteux que la maladie soit réellement de la nature des inflammations, d Cette tendance à rétablir une classe particulière pour les flux essentiels s'est surtout manifestée comme une réaction contre l'école physiologique, mais c'est indépendamment de toute idée d'acrimonie humorale.
Cfaomel avait déjà commencé, en 1821, par admettre « que l'augmentation de sécrétion dans une membrane ne constitue pas nécessairement une phlegmasie; de la même manière que la sueur ou un écoulement abondant d'urine ne constitue pas une inflammation de la peau ou des reins. » Cependant l'accroissement des sécrétions normales dans une certaine mesure peut atteindre le degré de l'état morbide. Boche consacre par un mot nouveau celui à*hyperdiacriniey ce groupe d'affections qui s'appelaient auparavant /luo; ou catarrhes,
Andral reconnaît de son côté l'existence « d'une classe de maladies dans lesquelles l'écoulement d'un liquide à l'extérieur est le phénomène le plus saillant, celui autour duquel se groupent tous les autres, et contre lequel doit spécialement être dirigée la thérapeutique, x» Il appelle ces affections des hyper crimes.
Pour les auteurs du Compendium de médecine, <x le mot catarrhe devrait désigner toutes les circonstances dans lesquelles les membranes muqueuses sont le siège d'une perspiration plus ou moins active, indépendamment de tout travail phlegmasiquej de toute altération organique appréciable, sous l'influence d'un excès dans les fonctions d'exhalation. »
Enfin E. Monneret a plus récemment repris cette idée dans son Traité de pathologie générale, et lui a donné de très-grands développements. La réaction dans ce sens tombe dans un nouvel excès ; la signification du mot catarrhe devient très-vague; il n'a plus de base anatomique, et il est remplacé lui-même par les noms àliypercrinie et d'hétérocrinie.
On voit d'après ce qui précède combien il est difficile de se faire une idée précise de ce qu'on doit entendre aujourd'hui par l'expression de catcrrhe; son acception ayant varié non-seulement suivant les époques,
hi6 CATARRHE.
mais encore pendant la ipême période de temps suivant les auteurs. An^ serait-on tenté de l'abandonner tout à fait si ce n^était un de ces lem» profondément entrés dans le langage médical et même vulgaire, el s'il tt représentait point au fond une réalité. C'est Tusagc qui décide en déimtive du sens des mots; or, en dépit de quelques-unes des doctriwsqw nous avons successivement examinées et des classements artificiels def nosographes, on se représente généralement un catarrhe comme me phlegmasie superficielle des membranes muqueuses avec productm pliu* abondante de mucus et même avec formation de pus proprement A. Aucune muqueuse n'échappe à cette affection; mais son siège depwSlection est la muqueuse des voies aériennes, depuis Touverlure des njrines jusqu'aux plus fines ramifications des bronches et dans toutes 5*^ dépendances. C'est sur cette membrane que viennent d'abord abonlirk effets des vicissitudes atmosphériques ; c'est son inflammation dite ^ tarrhale, qui sert de base anatomique à ce qu'on appelle un rhmf, ei pression dont l'étymologie se confond avec celle de ca/arrfce (pÉw. j. coule). Nous voyons même dans les termes du rhume de cerveau comit un écho lointain de la doctrine hippocratique que nous avons expo^^ plus haut. Les gens du peuple appellent encore catarrhe une certain éruption qui vient aux fesses, aux cuisses, aux jambes, et jusqu'atnUlons des très-jeunes enfants, et qui parait tenir au contact pins irrits^ que de coutume des évacuations de l'enfant, soit à un véritable cafard de l'intestin; et lorsque, avec la suppression de cette éruption, on m apparaître des accidents graves du côté de la poitrine ou de la tète, ^r dit que le catarrhe est remonté; le mouvement des humeurs aurait f« lieu ici de bas en haut. On sait d'autre part quel rôle joue la questiooè glaires dans la médecine populaire. Enfin, on a encore par eikm donné le même nom de catarrhe aux diverses affections des membnnb muqueuses qui ne portent point atteinte en apparence à leur int^té. quelles qu'en soit du reste la cause et la localisation : c'est ainsi qu*ily^ un catarrhe de vessie^ un catarrhe utérin^ un catarrhe vaginal^mthral^ etc.
Dans ces cas divers, les caractères anatomiques et physiologiques d^ catarrhe sont toujours à peu près les mêmes : une irritation dired^ ^^ réfléchie frappe la membrane muqueuse ; une hypérémie plus ou nioin manifeste s'ensuit; puis, après une très-courte période de sécheresse, i se fait d'abord une exhalation abondante d'un mucus très-fluide ei strt blable à de la sérosité; ensuite le liquide s'épaissit et devient opaqufft une élaboratioM plus complète du produit et par l'addition d'un (Jc grand nombre d'éléments cellulaires ; et enfin, la muqueuse verse dup' presque pur , mais gardant néanmoins un certain degré de viscosité, ffldice de son origine : c'est ce qu'on appelle du muco-pus.
Cette circonstance de la viscosité du pus formé par les membriDe? muqueuses est très-importante à noter. Il en résulte que la matière n'e^î pas miscible à l'eau; et Ton n'ignore pas que, d'après ce caractère, Œl^ pocrate savait déjà distinguer les crachats, provenant de la moquen«^
pulmonaire intacte, de cenx qui étaient fournis par cette membrane ulcérée. Ce fait, sans avoir une valeur absolue, est d'une certaine utilité en clinique, et il est bon de le consulter à Toccasion. H y a donc une limite entre le catarrhe et Tulcération ; les recherches micrographiques I en ont donné la raison de nos jours.
I On s'accorde généralement à considérer le pus, produit par les mem- ' branes muqueuses, comme formé par des cellules épithéliales qui ont I conservé leur apparence embryonnaire. A Fétat normal, on trouve déjà r la trace de cette disposition dans ce qu'on appelle le globule de 7nnais. I Bans les circonstances pathologiques propres au catarrhe , révolution r trop rapide de l'élément épithélial, sa desquamation incessante, le main- [ tiennent toujours à l'état naissant pour ainsi dire; alors il ressemble au [ globule de puSy ou plutôt le globule de pus n'est autre chose que Tépithé- \ lium lui-même arrêté dans son développement. Quant à la matière visqueuse^ elle est amorphe, et joue ici le rôle de la substance intercellulaire. Dès lors, le pus muqueux ne cesse point d'appartenir au catarrhe ; il ne fait qu'en marquer une phase plus avancée, celle qu'on qualifie de période de coction.
Il n'est pas impossible, on le sait, de voir d'autres produits figurer parmi les formations pathologiques des membranes muqueuses ; mais toutes ne dérivent plus aussi nécessairement du catarrhe. Nous ne nous arrêterons pas à discuter la question des humeurs âcres^ douces^ salées^ etc., qu'on rattache à l'affection catarrhale et auxquelles on a donné une signification exagérée : ces qualités si diverses ne sont le plus souvent acquises que consécutivement au travail de sécrétion ou d'exiialation, et par suite d'altérations secondaires subies par des substances très-peu stables de leur nature. Nous mettons à part, bien entendu, la question <les pus virulents. Quant aux productions dipthériliqueSj elles paraissent très-différentes dans leur origine, sinon dans leur cause, des sécrétions oatarrbales; elles ne procèdent point, comme le mucus et le muco-pus, <l*une évolution nutritive ou sécrétoire ; elles supposent une chute préalable de Tépithélium, une sorte d'érosion superficielle, en un mot un véritable traumatisme. Voilà pourquoi il est si important dans les affections couenneuses de ménager î'épiderme muqueux ou cutané, et de s'abstenir de cautérisations intempestives, et faites en dehors du point déjà malade. L'idée de catarrhe se résume donc en définitive dans cette condition de lormation et de desquamation incessantes des épithéliums, avec modification plus ou moins profonde des éléments cellulaires, et avec une richesse variable du produit en globules définis. Mais ce travail extraphysiologiquo suppose une irritation continue, et entraîne presque forcément une hyperémie correspondante, qui reste plus ou moins accusée : voilà bien tous les caractères réunis de l'inflammation. Après qu'Ahdral xious eut enseigné à décomposer ce phénomène complexe en ses éléments constitutifs, Virchow est venu à son tour prouver que l'un de ces éléments pouvait disparaître par avortement sans que le produit définitif en fût sensiblement altéré. Vêlement vasctilairey ou l'hyperémie, est celoi
528 CATARRIffi.
qui est le plus sujet à s^atténu«r et métiie à manquer tout à fait. L'irritation et la formation néoplastique^ qui est ici le pus, paraissent ao contraire pluë essentielles à la série pblegmasique. Au bout du eompte, cd ensemble n'est-il pas calqué pour ainsi dire sur l'évolution physiologîqie elle-même? La nutrition et la sécrétion normales procèdent-elles im autrement? Par conséquent on ne saurait affirmer que le catarrhe peol exister sans inflammation.
Avec ces données précises, il nous devient facile de dégager notnsqei des difficultés doctrinales qui Tout obscurci. A ceux qui conçofventlecitarrhe en dehors de toute forme pblegmasique, nous répondrons quoi n'est pas en droit de séparer arbitrairement un produit quelconque de l'acte qui lui a donné naissance. La circonstance d'un écoulement plis oi moins abondant d'bumeurs n'a pas plus d'importance, en physiobeie pathologique, que le mécanisme en vertu duquel s'opère cette àèpaër tion ; tout au plus donne-t-elle la mesure de l'intensité du tranil tfà s'accomplit. Lorsque l'un des éléments de l'évolution morbide est eoilotable dans son existence, n'est-il pas tout aussi légitime d'en admettif l'intervention quand même, que de créer de toute pièce ce qu'on ïtouIi appeler des flux essentiels^ des hyperdiacrisiesj des hyperctinies, llsofll pour montrer le vide de ces mots, de songer à la distance énomie qi sépare l'écoulement des larmes et le catarrhe oculaire, le flux d'urne e! le catarrhe de la vessie, et ainsi de suite. La différence entre les actes qa préparent ces produits n'est pas moins radicale qu'entre ces produits enmêmes. Il est nécessaire, pour avoir la notion exacte d'un phéomm physiologique ou pathologique, de se représenter en totalité la série <b faits qui l'ont précédé, de ceux qui le caractérisent et enfin de cen ^ en sont la suite. Autrement si Ton en disperse les éléments dans k cadres d'une nosographie plus ou moins systématique, on n'arrif e qui faire une œuvre artificielle et qu'à créer des entités factices. L'expression* catarrhe n'est donc pas seulement synonyme de flux muqueux ; c'eslavfll tout une forme particulière de la phlegmasie des membranes muqueuse. Encore moins est-elle synonyme du flux en général, sans autre quatf^ cation.
Le même raisonnement nous prouve que la doctrine de l'affectioB citarrhale, telle qu'elle a été soutenue par les médecins épidémistes, et de nos jours par Fuster, n'est point justifiée. En supposant que le catank dérive dans ce cas d'une altération primitive de la masse des humeon. il faut toujours tenir compte de l'acte intermédiaire qui se place efilR l'humeur peccante, encore contenue dans les vaisseaux, et son étaention extérieure. Or cet acte intermédiaire, quel est-il ? sinon une inflafl* mation. On trouve la preuve de cette inflammation, moins peut-être dn^ une hyperémie de la muqueuse que dans l'abondance du produit esoi^ et que dans sa tendance définitive à la purulence. On voit que nous vMte faire ici la part des cas où les caractères de l'inflammation ont étéfeplv contestés, et notamment dans là relation de Roederer et Wagier sur r#i* demie de maladie muqueuse observée par eux à Gœttîtague, mi^t^
CATAUlilie. 5-29
«Les membranes muqueuses, disent ces auteurs, exhalaient une plus grande quantité de mucosilc, sans pour cela présenter aucun caractère de l'inflammation. » Mais quelle idée se faisait-on alors de rinflammalion? et d/ailleurs nVt-on pas vu de ces épidémies dans lesquelles les phénomènes phlegmasiques étaient au contraire extrêmement accusés? Est-ce une difiérence de nature? ou bien n'y aurait il pas là plutôt une simple question d*intensité?
Tout en cherchant à restituer une signification rigoureuse au groupe symptomatique du catarrhe, nous nous garderons bien d'en faire une maladie particulière, une sorte d'entité. Ce n'est en somme qu'une expression morbide pouvant appartenir à des cas très-divers, comme nous en trouverons la preuve dans la revue suivante.
Ifous la voyons d'abord, et par-dessus tout, se manifester dans ces circonstances pathologiques qui dépendent de l'impression du froid sur les surfaces cutanée et muqueuse, et en général des vicissitudes atmosphériques. C'est ce qui constitue par excellence V affection cator/m/^ dont nous dirons quelques mots tout à l'heure.
Nous rencontrons encore cet e expression morbide dans la plupart des eJcantlUmes fébriles^ et notamment dans la rougeole si remarquable par la multiplicité de ses déterminations muqueuses. Ici la phlegmasie catarrhale a le sens d*un énanihème.
l*e$ fièores continues ne sont pas moins remarquables sous ce rapport. Il n*est point de circonscription de la membrane muqueuse qui ne puisse être affectée de catarrhe dans ces circonstances. Une de ces lièvres, la fièvre dite muqueuse^ nous olfre un exemple frappant de cette diffusibilitc d€3s manifestations catarrhales. Létot maqueux lui-même, qui complK|ue tant d'autres maladies, n'est que l'expression la plus vulgaire de cette même tendance. Toutefois, l'abondance des tlux n'est pas toujours trèsnotable dans ces cas. On observe plutôt une p[rande viscosité des sécréliuns: ce qui favorise l'accumulation des produits, leur stagnation et leur décom|)osition secondaire sur place. A celte sécheresse relative des surt'aoes, succède, dans la période de déclin de la maladie, une sécrétion active de matières plus fluides ; il y a alors comme une desquamation générale et un renouvellement complet des épitliéliums.
Enfin pour en finir avec les alTections générales, nous ferons observer combien sont fréquents et abondants, chez les scrofuleux, les flux des membranes muqueuses et avec quelle facilité ils tendent à la purulence. Is» diverses autres maladies diathésiques, la dartre^ la goutte^ la syphilis elCM qui se traduisent du côté de la peau par des apparences si variées, n'ont guèrequ'unc forme lorsqu'elles frappent les muqueuses, celle du catarrhe.
Dans beaucoup d'autres circonstances, et particulièrement lorsqu'on envisage les maladies sous le rapport de leur siège anatomique, le mot catarrhe n'exprime plus que l'inflammation de telle ou telle section de la membrane muqueuse. C'est ainsi que le catarrhe oculaire n'est autre chose qu'une conjonctivite ; le catarrhe nasalj un coryza ; le catarrhe
!<OUt. DICT. «En, ET CUIR. M, — 3i
SM CATARRHE. ~ affection gatabrhuc
pulmonmre^ une bronchite ; le catarrhe intestinal , une eaiérite ; le eaierhe vésicalj une cystite^ etc., etc. {votf. ces mots). D'autres fois, la oomeftdature s'écarte de cette régularité : le catarrhe utérin devient m leucorrhée; le catarrhe spécifique de i'urèlhre^ ou du vagio^ s'appeUeïJonorrhagie ; une certaine forme de catarrhe convulsif et conia^eux in voies aériennes est phis connue sous le nom de coqueluche; le totmk pituiteux de Laennec est aujourd'hui une simple bionehorrhée^ it sm catarrhe sec est à peu près notre asthme spasmodique ; le catank 4k suffocant est un accident commun à plusieurs sortes de broncbilee; le catarrhe de l'estomac n'est le plus souvent qu'un embarras gastrifie; enfin, le catarrhe rénal, ou des tubuliy correspond aux premières^ riodes de Valbuminuriey ou de la maladie de Bright (voy* tous ces mots).
Parmi tant de formes que revêt le catarrhe, il n'y en a que dem qs fixeront particulièrement, et pour un instant, notre attention; l'iDe^ Vaffection catarrhale, qui est en quelque sorte la personnification méat du catarrhe ; et l'autre, le catarrhe suffocant, symptôme propre i certaines maladies puhnonaires, et qu'il serait difficile d'étudier ailleurs.
Be rafffectlon catarrliale. — On réunit sous ce titre une multitude de cas pathologiques divers, mais paraissant tous dominés para même ordre d'influences extérieures, celles qui dérivent des vicissituds atmosphériques.
Cette étiologie, un peu banale et souvent insaisissable, comprend Imkt sortes de circonstances météorologiques, telles que : les transitions brasques de température, du chaud au froid et réciproquement; les éSé de la pression barométrique ; Faction de certains vents, surtout decw qui sont froids et humides; l'état hygrométrique de l'air; son degré o»nométrique qu'on considère en général comme étant plutôt augmenté fK diminué; et enfin le rô^e des saisons, principalement de celles qu'oa appelle les saisons intermédiaires, Taulomne et le printemps. Hais cesio* fluences si nombreuses paraissent en définitive aboutir à un seul eimèat cas, celui de la température; et les affections dites catarrhales appartiennent essentiellement au groupe de celles qu'on qualifie de maladies a frigore.
Comme les mouvements atmosphériques se font toujours sentir à m grand nombre d'individus à la fois, les affections catarrhales, qui soti sous la dépendance de cet ordre de causes, régnent le plus soufentd'Btf façon épidémique. Il suffît de citer la grippe, ce type de la maladie co» plexe qui nous occupe, pour éveiller immédiatement l'idée d'un mal lyaat un caractère universel. L'histoire de la médecine est remplie de rela^ de ces épidémies catarrhales qui ont été observées dans tous les temps ^ dans tous les lieux : Fuster n'en a pas relevé moins de quatre-vingt-iloov exemples, depuis l'année 1259 jusqu'en 1860, et pour la plupart du temps avec des formes et un génie différents. Les médecins épidémisteS) qui rappellent souvent les plus grands noms de la science, tels que ce«x de Baillou, deSydenham, de Ramazzini, d'Hoffmann (Fréd.), de Làwàà, d'Huxham, de Storck, de Sarcone, de Stoll, etc., etc., ont tous accordé
CATARRHE. — AF¥<BCTfoi« catabikhall'. su
une grande importance à l'action des cirmmfum et se sont piqués en général d'une grande précision dans le récit de leurs observations inéléorologiques. Les résultats qu'ils ont' obteons sous ce rapport sont loin d'éCfe constants; souvent même ils sont contradictoires; de sorte que, ea defaïuns àt la question du chaud ou du froid, on ne trouve rien qui puisse etractériser la constitution médicale, dite catarrbale. Aussi Liltré en êri^l Hé réduit à admettre l'idée d'une cause catarrbale de l'ordre de celles dont on soupçonne l'existence pour le choléra, pour la fièvre jaune, pour k scariatine, etc. Évidemment cela n'engage à rien. Depuis lors, on a fait joœr un certain rôle à l'oxone atmosphérique, et on a reconnu, en effet, que les épidémies de grippe coïncident ordinairement avec une augmM» tation dans le degré de l'échelle ozonométrique ; mais ces faits n'oni en* core rien de bien absolu (voy. Gwpve et Ozone).
A Tétat sporadique, les manifestations catarrhales sont de toutes les affections les plus fréquentes : aucun âge, aucun sexe, aucune confltîiution ne semblent y échapper. L'action individuelle de ces influences, ^pie nous avons vues se résumer en définitive dans une question de température,, rend facilement compte de la généralité d'un mal contre lequel il n'y a guère d'immunité. L'impression du froid sur le corps en sueur et récK proquement le passage du froid au chaud, Teffet d'un bain froid, i'ia* suffisance des vêtements, un courant d air, etc., telles sont les causes^ incessantes d'une multitude de maladies plus ou moins graves qui forment pour ainsi dire les éléments de la grande affection catarrhak.
Si des causes nous passons à Texamen des déterminiUions dites catarrhales, nous trouvons le tableau le plus chargé qu*il soit possible de voir» Aucune région du corps, aucun tissu, ne paraissent à l'abri de troubles,, ou de lésions, qu'on ne puisse mettre sur le compte d'un.refroidisseoieBt; c'est ainsi que nous avons :
1* Du côté des membranes muqueuses : Vophthalmiey le coryza^ ïotitey Vangine^ la laryngo-trachétiey la bronchitey la stomatite^ la gastrfhetuiétitey la dysenterie^ le catan*he des voies urinairesy celui des voies biliaires^ la leucorrhée j les vers intestinaux, etc.
2** Du côté de la peau : Vérythèmey Vérysipèley VherpèSy le.^iui, etc.
5* Dans les parenchymes : Vendo-périearditey Yangéitey Vadéhite^ Van-gioleucitej le phlegmony Voreillony Vœdèmechaudy Vwiasarque esM^ifîrf/e, la névralgie, la fluxion dentaire y le rhumatisme articulaire ^ le rhumatisme musculairey la plewo-pneumoniey la méningite cérébro-spkuUey Vencéphalitey la myélitey la néphrite simple, la néphrite albumineusey etc.
¥ Enfin des affections générales qui correspondent à tous ces états locaux, ou qui n'en sont que des complications; telles que : la (ièwe calarrhale, les états muqUeux, bilieux^ putride, adynamique, atoxifn^, ete.
Il ressort de cette revue rapide un fait dominant, c'est que les maoifestalions catarrhales sont essentiellement de nattire infiammaiêiie. ïXle^ comprennent les inflammations les plus aiguës et les plus fraacbes, et quelques-unes qui demeurent parfois à Tétat latent. Sur les raeoibraies «uuqueuses, le mal revêt le plus souvent la forme du catairhe (»ay. plus
532 CATAUliHE. — affection catjlbqha^.
haut) ; mais il peut prendre d'autres aspects, et notamment ceux de la diphthéritCj de Vulcérationj ou de la gangrène. L'angine couenneuse, k croup, les maux de gorge gangreneux d'iluxtiam, ne sont que des cas extrêmes de la maladie catarrbale. Il en est de même pour les stomatik» ulcéro-membraneuses épidémiques. Certaines déterminalions \iscénles, telles que les pleuro-pneumouies par refroidissement, sont des types d'affections inflammatoires; tandis que, dans les névralgies et dans le rhumatisme musculaire, les caractères de Tinflammation restent assadoiteux. A cet ensemble s'ajoute d'une façon constante de la fièvre : 6m ordinairement conUntie. mais souvent intermittente on rémittente. Lesdij est couenneuXy et cette disposition atteint son plus haut degré dans lé deux plus grandes phlegmasics catarrhales, la pneumonie franche et \t rhumatisme articulaire aigu.
Les autres expressions de la maladie catarrhale, que nous avons indiquées tout à rheure, n'en sont réellement que des complications : les états saburrauXy mtiqaeux ou typhoïde^ les vers intestinaux, etc., ne paraissent être que des conséquences éloignées de la stagnation des produits pathologiques dans leurs départements respectifs, et de leur décompofitidi secondaire. C'est alors qu'on voit la Hèvre prendre plus particulièrement ce type pseudo-intermittent, qui est un fait si considérable dans l'histoire des maladies muqueuses.
On doit tout naturellement chercher à classer les formes morbide> i diverses qui constituent le groupe des affections catarrhales. En luimême, ce groupe est caractérisé par la notion d'une cause déGnie qu est ici la transition do température, ou tout au moins une influence atmosphérique, et par la tendance éminemment inflammatoire de ses t¥ ments constitutif.
De cette façon, il se trouve établi sur des bases aussi solides que I& groupes pathologiques désignés par les noms de dartre^ de syphilis^ it goutte^ de scrofule^ etc.; bien qu'en somme la cause catarrhale ne réside pas dans une siû>stance surajoutée, quelle qu'en soit du re^te la nature, comme on le suppose pour les autres étals diathésiques dont ooitf venons de parler.
L'unité étant ainsi déGnie, nous voyons immédiatement apparaitre ane dichotomie qui date de loin puisqu'elle remonte jusqu'à Galien, et qui eà fondée sur une sorte d'opposition qu'on a voulu établir, pour l'affectioB catarrhale comme pour tant d'autres maladies générales, entre les surfaces et les parenchymes. Galien dit : « Quae fluxiones ûunt ad pulmonés, asperam arteriam et alias cavitates corporis, catarrhi : Quae vero ad artus, rheumata sunt aut rheumatismi. » Hippocrate avait simplement rattaché le rhumatisme au catarrhe, sans songer à créer une distindioo nosologique entre ces deux choses ; et peut-être son idée est-elle à la fois et plus pratiqueet plus philosophique. Hais la nomenclature de Galies a prévalu y0i ia difjférenoe des noms a dû entraîner plus d'une fois une séparation JUeof profonde entre deux membres d'une même famille. Si l'on v^ iSiMsir les véritables rapports qui unissent le rhumatisme an
Catarrhe. — catarrhe scffocart. sss
catarrhe, il faut songer au fait de la bronchite qui aboutit à la pneuoK^e^ et surtout à celui de la blennorrhagie qui engendre et domine Tarthrite dite blennorrhagique. Ces relations réciproques et alternantes sont plus fréquentes qu*ôn n'a coutume de l'admettre; mais ce n'est pas ici le lieu d'y insister.
i* Au groupe du catarrhe^ nous voyons se rattacher les manifestations cutanées et muqueuses :
a, I^s premières pourraient être désignées par le nom d'arlhritide^j s^1 ne consacrait par une confusion regrettable entre le rhumatisme et la goutte d'une part, et s'il ne donnait pas à l'arthrite catarrhale une signification prédominante et imméritée. On les a encore appelées des pélioses rhumatismates ; mais ce mot ne se rapporte guère qu'à certaines formes d'érythèmey et il faudrait s'en servir en même temps pour indiquer toutes les déterminations cutanées propres à l'affection catarrhale, et notamment Vérysipèle Vherpès et le zona.
b. Les déterminations muqueuses conservent leur nom de catairhây qui recouvre alors son véritable sens.
2* Au groupe du rhumatisme^ se rapportent : les arthrites^ les wiyorfyniesy les névralgies et les grandes phlegmasies viscérales.
Ici finit pour nous l'histoire de l'affection catarrhale ; pour le complément de cette étude, on devra se reporter aux articles qui traitent des diverses localisations de la maladie, et particulièrement aux mots : Grie>pe, Coryza, Angike, Laryngite, Bronchite, PnEUMOinE, F^DOCARDiTEf Rhumatisme, Névralgie, etc.
Da catarrlie safrocaitt. — « Les praticiens désignent sous ce nom, dit Laennec, un cas assez commun chez les vieillards attaqués depuis longtemps de catarrhe muqueux chronique, qui meurent souvent suffoqués par une sécrétion muqueuse tellement abondante, que les poumons ne peuvent s'en débarrasser.
<c Le catarrhe, examiné sous ce point de vue, présente une question plus étendue qu'elle ne le semble d*abord. Le catarrhe sufTocant n'est point une espèce particulière, mais un accident qui peut arriver dam plusieurs cas très-divers. »
Laennec indique quat: c circonstances dans lesquelles le catarrhe peut devenir suflocant : 1** cliez les vieillards, 2* chez les sujets attaqués d'œdème du poumon, 3** chez les mourants, 4** enfin chez l'adulte même elles enfants, dans le cours d'un catarrhe aigu do forme particulière {voy. Bronchite capillaire).
Quelle que soit la nature-de la matière qui encombre les bronches et provoque ainsi la suffocation, cela paraît en somme assez indifférent au point de vue du symptôme actuel. Chez le vieillard, c'est la matière habituelle de son catarrhe devenue seulement plus abondante que de coutume ; dans Tœdème pulmonaire, c'est une sorte de catarrhe pituitevx qui provient de la stase sanguine et du suintement de la sérosité dans les bron-^ ches ; pour le mourant, c'est Yécume bronchique^ résultat du mélange de Pair avec du mucus ou de la sérosité; enfin, dans le catarrhe aigu des
53 i CATARRHE. — catarbme scpfocaîct.
adiJiles et des enfants, à forme suffocante, c'est un miu(hpu8 îrès-fnit ei très-abondant. Il faut joindre à ces faits les suffocations qui 4é|Mi. 4ent d'un boudion de mucus à demi solide engorgeant une bronche pris- •cipale ou la trachée elle-même, des fausses membranes de la bnnckik croupale, et même du sang de l'hémoptysie. On tiendra compte, en oo^, d'un certain degré de turgescence ou de boursouflement de la inuqueMe bronchique qui joue parfois un rôle au moins aussi important que l^fro- 4uits patiiologiques dont nous venons de parler.
Mais ce n'est pas tout. Les diverses circonstances qui provoquent le <:atarrhe suffocant paraissent elles-mêmes dominées par riraposâbililê <|u'éprouve le malade à expulser le contenu de ses bronches ; et cela plitôt en vertu de l'affaiblissement des forces contractées que par suite (k l'abondance de la sécrétion muqueuse. Celte considération mérite i'ëtt mise sur le premier plan, bien que les auteurs l'aient uégligée ci apparence. D'après cela, il faut prendre pour type le catarrhe suffocant ta mourarUSy à la fois effet et cause de l'asphyxie qui termine la vie dus rimmense majorité des cas. Ce phénomène ultime est bien évidemioeal •le résultat de la faiblesse croissante du malade, car Técume bronriiiqw >ne gène l'entrée et la sortie de l'air que d'une façon relative. Il en esté même pour le vieillard affaibli qui s'épuise à rejeter les produits sav •cesse affluents de son catarrhe et arrive bientôt à ne le (aire que dm manière incomplète. La présente explication n'est en défaut quepowlt 'Cas où Tasphyxie tient à l'enchifrènement de la muqueuse, mais elle est encore applicable au croup bronchique, dont les accidents peuvent ocr ser momentanément par Texpulsion des fausses membranes qui tapisseil et injectent les conduits aériens. C'est d'elle que se tirent presque eidisivement les indications thérapeutiques.
Le catarrhe suffocant s'accuse, comme son nom le rappelle, parve dyspnée progressive, et bientôt extrême, et par tous les signes d'œ asphyxie imminente : gonflement de la face, cyanose des lèvres, ïàsk bleue et refroidissement des extrëmités, etc. L'auscultation (ait eateadre des râles « dont la matière est très-liquide x> (Laennec), d^un volameiariable, et surtout remarquables par leur dissémination dans toote k poitrine; ces râles, comme le râle trachéal des agonisants, sontseineet entendus à distance. Le thorax percuté^ au seul point de vue du caturfaei résonne comme à l'état normal. Lorsque V expectoration se ùH, clic montre quelle est la matière qui engorge les bronches; et, si elle est «ilisamment copieuse, un soulagement se manifeste dans Fétat du oaalaà, jusqu'à ce que Texsudation se soit reproduite de nouveau.
Pour être sûr que la dyspnée est bien sous la seule dépendance à catarrhe, il faudra explorer le cœur, les gros vaisseaux et les poutaoïs eux-mêmes, et reconnaître si ce n'est point en eux que réside la caweib mal. Le caractère tiré du gargouillement bronchique universel a poifftait ici une valeur presque absolue.
Le catarrhe suffocant, envisagé comme complication, est un indiceda fias graves et annonce en général une mort prochaine. Sa significatiû»
CATARRHE. *— CàTARBHE fil«FFO<UI«T. 555
«9t presque toujoiurs mortelle chez les vieillards et lorsquMl survient 4 la fin d'une longue maladie qui a épuisé les forces du malade. Comme symptôme de la bronchite capillaire chez un sujet jeune encore, il est moins redoutable et permet de réserver le pronostic.
Mous avons dit que la principale indication du trailement du catarrhe snflboant était fournie par Tinsuffisance des puissances expultrices. Aussi devra-t-on, pour combattre cet accident, placer en première ligue les médicaments dits expectorants. Les vomitifs sont les plus prompts et les plus efficaces parmi ces moyens. Ils trouvent particulièrement leur emploi danale cararrhe suHocant de la bronchite capillaire; on ne doit pas se lasser d'y recourir, tant que le soulagement n'est pas obtenu, et tant qu'ils n'ont point d'inconvénient par eux-mêmes. Vipéca et le tartre stibié seront mis en usage tour à tour ou simultanément.
Laennec a quelquefois administré le tartre stibié à haute dose et a réussi dans des cas fort graves. Trousseau conseille Y oxyde blanc d'antimoine. Cette substance, ainsi que le kermès^ convient particulièrement pour les vieillards.
D'autres fois, on cherchera à provoquer la toux par Pinspiration de fumées inntantes^ telles que celles qu'on obtient en brâlant du papier nitré, de l'amadou, des feuilles de datura stramonium ou de tabac, du souh^e même. Andral conseille des fumigations avec de l'eau simple, ou diversement aromatisée.
Quelques substances passent pour avoir une action directe sur la contractilité des muscles bronchiques, la belladone^ par exemple, et la plupart • des Solanées vireuses; on devra donc les prescrire à l'occasion. Les préparations de noix vomique ont une action moins prompte et d'un effet plus douteux. On pourrait encore, dans ce même but, galvaniser les petits nusdes des bronches par l'intermédiaire des pneumo-gastriques, ou provoquer' des contractions brusques du diaphragme en agissant sur les attaches costales de ce muscle et sur les nerfs phréniques.
li sera à peine nécessaire de désigner au malade Vattitude la plus favorable à l'expulsion des fluides bronchiques ; il aura déjà pris de lui-même la position qui convient le mieux à cet eflet, c'est-à-dire qu'en général il aéra sur son séant avec la tête et le corps fortement penchés en avant.
Lorsque les accidents seront moins imminents, on aura recours à des moyens moins prompts peut-être dans leurs effets, mais encore d'une -certaine utilité, à l'oxyinel scillitique, aux balsamiques, aux résines fétiéfs^ en un mot aux divers remèdes réputés expectorants.
Si l'on pense que la dyspnée tient en partie à la tuméfaction de la muqueuse des bronches, il faudra, suivant le conseil de Laennec et •d'Andral, ne pas craindre de pratiquer des émissions sanguines. Cette •médication réussit particulièrement lorsqu'on a affaire à un cas très-aigu, «bea un individu non affaibli et présentant une réaction fébrile assez marquée. Elle sera encore indiquée lorsqu'il y aura œdème, c'est-à-dire congestion du poumon.
Les révulsifs seront utiles, sous toutes leurs formes, dans les cas divers
536 CATHÉTEft , CATHÉTÉRrSME.
du catarrhe suffocant. Lacnncc recommandait de tes appliquer dé prR^ rcnce sur les extrémités inférieures, afin de fte pas gêner te )«i deli respiration dans un moment où le malade est déjà à demi suffotpié.
Consultez la bibnogni*aphie des mots : Grippe, Corîza, Akcinb, LARtxciTC» BtoMnni,teiiL KivUCDRRiiÉE, Fièvre mvqueqse, etc., etc. IlippocRATE. Des iioux dans l'homme, t. Yî, cap. iv et v. — Des airs, des eaux cl fe^Iwi,
t. II. — Épidémies, liv. III, t. Ilî. — Aphorisme*, l. IV. — Édit. Liliré. Ptfîs,*m Cblse, Dq reinedica, traduction de Eouquier et Rntier. Par», 182 k Pcge 18ti. Galiex, De OToi'borum iliflerentiis, lib. VI. — In Aph. Uipp. Commenlarîus III. — lo E^iitt
Hipp. Comment. — Ed. div.
Schneider (Gonrad-Viclor), Disscrlatio de 085e cribri(brtni. WiUebergsc, 1-665. -^ te tatonW
bbri quinque. ibid.j 1660, in-8».
SwiETEN (Van), Commentaria in H. Boerhaavc Aphorismos. Lugd. Bat., 1759, t. 11. — Piri-.*
1775, t. IV, pag. 277 et suivantes.
MoRGAGM, De sedibus et causis morborum, epist. XIII. Venttiis, 1760. — Éd. de r£iK|d^
méd. Paris, 1855, t. I, p. 235.
Salvaces, Nosologie méthodique. Venise, 1772, t. II, p. 148. CuLLEx, Médecine pratique. Edit. Bosqoillon. Paris, 1787, l. II, p. 159. IIacclerc, Sur le catarrhe suffocant. Montpellier, 1805. Cabaxis, Observations sur les affections calarrhales en général et particulièrement wr rei-
connues sous les noms de rhume de cerveau et de rhume de poitrine. Paris, 1807, w4- PiNBL, ISosographie philosophique. Paris, 1810, t. I, p. 87.
Frank (I. P.], De curandis hominum morbis cpitome. 1811-1820.— Trad. de GoudtfCMi. l'iris, 18Vi, l. I, p. 422.
Rekalldin, Dict. des sciences, méd., art. Catarrhe, t. ÏV. Paris, 1815. Choufl. Des fièvres et des maladies pestilentielles. Paris, 1821, p. 116. Laennec. De l'auscultai tion médiate. Ëdit. Andral. Pari», li$57, t. I, p. 155 et suiv. BnoussAîs, Examen des doctrines [Prop. de médecine], 5* édit. Paris, 1829, l. I. Frank (J.), Traité de pathologie interne. 1826-1832. Trad. de Bayle. Paris, 1857. — Deli*è^
rhumatismale, t. I. p. 171.— Des fièvres catarrhaks, iM , p. 181. Roche, Nouveaux éléments de palhologie méd.-chir., S* éd., t. II, p. 424. — IHct.àcnti
et de chir, prat., art. Catarrhe. 1830. Andral, Précis d'anatomie pathologique, 1. 1, p. 342. Paris» 1829. LiTTRÉ (É), Dict. de méd, en 30 vol., art. Catarrhe et Affections caUrrhak», t \1,185*. Blache, Dict. de méd. en 30 vol., art. Catarrhe suffocant, t. IV, 1854.* De la Berge et Moxneret, Competidium de médecine, art. Cilarrhc. Paris, 18j7, t. II, p. ^^ FAV^'EL, Recherches sur la bronchite capillaire (catarrhe suffocant, croup bronchiifiie) A» te
enfants. (Thèses de Paris, 1840.)^- De la bronchite capilUire sulTocante chez l'adolle [cstjn^
suffocant de Laennec) [Arch. gén. de méd., mai 1811, 3* série, t. X). Monneret (Ed.), Traité de pathologie générale. Paris, 1857, t. Il, p. 451 et suiv. FcsTER (J.j, Monographie clinique de l'alTeotion catarrhala. Montpellier, 1861.
jY. B. On trouvera dans ce dernier ouvrage l'indicalioB des principales épidémie» de rafl«u» calarrhalp cl les nom» des auteurs qui le» ont décrile>.
Alfred Lvtos.
CATARRHAIiE (Fièvre). Yoy. Fièvre.
CATARRHE TÉSICAIi. Voy. Cystite. '
CATHARTIQUE. Voy. Purgatifs.
CATHÉTER, CATHÉTÉRllillIE (xaesTYip, xacOîévr., ploi?ff' verser, faire couler). — Le mot cathéter est employé par Hippocrate pwf désigner des instruments et des pièces de pansements qu'on introdni» dans les conduits ou cavités naturels ou accidentels, soit pour yporter^'^ topiques, soit pour évacuer les liquides qui s'y trouvaient accumules;" s'appliquait donc aux mèches et aux tentes aussi bien qu'aux différefllc^
CATHÉTER.
ospèccs^ile sondes vésicales. Mais bicotôi oa rastreignit son usage aia ia&triimcïite qu'on introduit dans Turèthre et dans la messie. Plus tard, enfin, ces instruments eux-mêmes se multipliant et leurs formes dcve* nant de plus en plus variées, on leur donna différents noms, et Tusage ne eonserva celui de cathéter qu'à quelques sondes métalliques pleines^ en usage dans différentes opérations de chirurgie, et spécialement à TinstrutiioRt qui sert de conducteur dans la plupart des procédés de taille périnéale. C'est de cet instrument que nous avons à nous occuper; les autres, usités seulement pour des indications spéciales, seront décrits à propos des maladies qui en réclament Tusagc.
L'introduction du cathéter constitue le premier temps de la Hthotomie; c*est lui qui sert à trouver facilement Turèthrc, à conduire la pointe du bidlouri pendant Tincision de ce canal et, enfin, à guider Tinstrument qui devra débrider le col de la vessie. Lorsque ce débridemedt se lait avec un bistouri ou un gorgeret tranchant, le cathéter, restant eu place, peut servir encore à Tintroduction des tenettes.
Les cathéters sont formés d'une tige d'acier cylindrique (Bg. 155) pressentant, dans la moitié environ de sa longueur, une courbure analogue à celle d'une sonde, et dont le rayon doit être environ de 0'",4 à 0'",5 pour les adultes, et moindre |>our les enfants; cette courbure représente environ un quart de circonférence. Dans certains cas d'hypertrophie prostatique, il serait bon d'avoir des courbures d'un plus grand diamètre. Autrefois, on donnait aux cathéters une autre courbure en sens inverse, qui précédait la courbure principale, comme dans la sonde de J. L. Petit. Cette forme avait lavanta^e de faire mieux saillir l'instrument vers le périnée, et de faciliter ' ainsi sa recherche et Touverture de l'urèthre. Le cathéter est creusé, sur toute sa convexité, d'une cannelure qui doit être large et profonde, pour que l'instrument qu'elle doit conduire s'y engage aisément et n'en sorte pas une fois engagé ; cette cannelure doit être terminée [^r un cul-de-sac assez profond, pour arrêter l'instrument et l'empêcher d'aller blesser la paroi vésicale. Quelques chirurgiens, M. Thompson entre autres, se servent pour la taille latéralisée de cathéters dont la cannelure est située sur le côté droit de la courbure. Cette mo^dification ne peut guère avoir d'avantage que lorsqu'on se scrt^ pour rincision de la prostate et du col, d'un bistouri, d'un gorgeret tjpaxiehant ou de quelqu'autre instrument analogue; avec le lilholome cmibé elle serait sans utilité, et comme elle est moins commode pour l'incision de l'urèthre, je ne pense pas qu'elle doive être adoptée.
A son extrémité extérieure, le cathéter présente une plaque dont les
FiG. 153. — Cûlhéler.
538 GATHÉTÉRISME.
faces, perpendiculaires au plan de la courbure, sont ordinairemciicr» sées de sillons pour offrir plus de prise aux doigts qui la saisisseiA.
La tige du cathéter doit atoir 0°',4 ou O'^^h de plus cpe la loDgaeni Turèthre; son diamètre doit être proportionné à celui du canal, ^ildoè tendre pour en faciliter l'incision. On devra donc avoir toujours plosÎNn cathéters de dimensions variées, et il serait même bon d*^ avoir decoorbures différentes pour s adapter aux variétés de forme que Tnrèthcfeit offrir, surtout dans sa portion prostatique, et qui rendent parfois leoÉkètérisme difficile.
CATHÉTËBiSHfi. — Ce mot a conservé une acception beaacouf ph étendue que le mot cathéter. D'une manière générale, il signifie Viilnduction méthodique de sondes creuses ou pleines dans tous les ondiit» ou les cavités naturels du corps. Ainsi on pratique le cathétérifine ë trompes d'Eustache, des points lacrymaux, du canal nasal, de IW phage, etc. Employé isolément, le mot cathétérisme signifie toujoun athétérisme vésical ou uréthral, le s^l dont nous ayons à nous occuper ki. Les autres cathétérismes, dont l'emploi est borné à un petit wmkn d'indications particulières, trouveront leur place dans les articles ooi» crés aux différents oi^anes dont les maladies en réclament Tma^ (F. Oreilles, Lacrymales (Voies), Œsophage.)
Le cathétérisme est donc une opération qui consiste à introduire te la vessie, ou seulement dans Turèthre, une sonde, un cathéter, une u* gie, ou quelqu 'autre instrument destiné à une opération spéciale. S» vent il constitue à lui seul toute l'opération, lorsqu'il s'agit, parexeDfk, de vider la vessie, de dilater l'urèthre rétréci, ou d'y rechercher quelp obstacle. Dans d'autres cas, il ne constitue que le premier temps J^bm opération complexe, telle que la taille, la lithotritie, ruréthrotomie^b recherche des calculs urinaires et les diverses applications de rendoecop (voy. ces différents mots).
On voit, d'après ce qui précède, combien l'usage du cathélcrisiDe fll étendu ; il n'est pour ainsi dire pas une affection de l'urèthre, de la [»»• state ou de la vessie, où il ne trouve son application. Tantôt il sert à é» cuer l'urine accumulée dans la vessie par suite d'un obstacle à son passifF ou d'un défaut de contractilité de l'orgkne, tantôt il fait reconnaître «k tumeur prostatique, un rétrécissement de l'urèthre, une tumeur od i« corps étranger dans la vessie ; enfin, le diagnostic posé, il sert à iib»duire l'instrument à l'aide duquel on attaquera la maladie, ou, duDMiitt. le conducteur sans lequel la main du chirurgien ne pourrait conte l'instrument avec sécurité. Si nous voulions étudier le catbclérBtt dans toutes ses applications , dans toutes les modifications qu'il ifi^ subir suivant les exigences des cas pathologiques, et les opéralioos fi réclament son secours, dans les moyens de vaincre les obstacles ^« lui opposent les altérations diverses des organes, il nous faudrait pi*^^ en revue la pathologie tout entière de l'urèthre et de la vessie, et w» serions entraînés bien au delà des bornes de cet article, pour entrer ins
CATHÉTÉRISME. ^ CATHfitÉmsiiE chez l'homme. 559
clés détails donl la plaee se trouvera plus natureUement dans d'autres parties de ce dictionnaire. Il ne sera donc question ici que du procédé opératoire qu'on doit suivre dans l'introduction des sondes, quel que soit le eaB pour lequel on pratique cette opération.
On a distingué le cathétérisme, suivant le but qu'on se propose d'at* teindre, en évacuatif, explorateur, dilatateur, conducteur, etc. Nous ne ncfus arrêterons pas à cette division scolastique, qui ne répond en rien aux <liflBk*entes manières d'opérer, puisque l'usage qu'on fera de l'instrument ne modifie pas la manière de l'introduire, les seules différences dans le I manuel opératoire, sont dues à la disposition des organes et à la forme des instruments. Nous traiterons donc dans deux chapitres séparés, du catbétérisme chez l'homme et chez la femme.
L Ctatliéi^rlsMie olieB nionmie. — Quel que soit Tinstrument dont on se serve, le cathétérisme est toujours une opération délicate. Elle demande de la part du chirurgien beaucoup d'attention et de soin, et doit t toujours être pratiquée méthodiquement; car, si on voit souvent, lorsque * les voies sont libres, la sonde entrer de quelque manière qu'on s'y prenne, ^ -et même lorsqu'elle est poussée en dépit de toutes les règles, la réussite, en t pareil cas, coûte toujours au malade des douleurs qu'on aurait pu éviter, t -et il peut en résulter, surtout si l'opération doit être répétée, une uréthrose ou d'autres accidents qui viennent entraver le traitement. 11 arrive } vnéme assez souvent qu'une sonde introduite trop brusquement et sans [ précaution, produit des obstacles qui n'existaient pas et ne peut pénétrer, i tandis qu'elle arrive aisément à la vessie dès qu'elle est conduite avec ; douceur. L'instrument doit entrer, pour ainsi dire, de lui-même et, le t plus souvent, on n'a rien de mieux à faire qu'à sentir avec attention dans t quel sens il se dirige de lui-même, pour l'y porter doucement. Mais quel- I que simple que soit ce précepte, et quelque facile que paraisse son appli- . cation, c'est ce que les commençants ont le plus de peine à apprendre. Il ne faudrait pas, du reste, conclure de ce que nous venons de dire, qu'il j soit inutile, pour sonder, de connaître la disposition des parties ; il est très-important, au contraire, de savoir à chaque instant dans quelle por- I tien du canal se trouve l'instrument, seulement il faut, autant que possible, lui en laisser suivre la direction, et se borner à l'empêcher de , ^'égarer. On a décrit à Turèthre deux courbures, l'une antérieure à con- , cavité inférieure qui s'efface lorsqu'on relève la verge, et l'autre posté- ^ «ieare, à concavité supérieure commençant sous la symphyse du pubis pour finir à la vessie; à proprement parler, celle-là seule existe, car Favtre n'est que le résultat de la flexion de la verge qui se porte du eMé le plus déclive lorsqu'elle est à l'état de flaccidité, de sorte que cette *eoncavité, inférieure lorsque le malade est debout, devient latérale s'il ^est couché sur le côté. Il n'y a donc que la seconde courbure dont on ait à s'occuper. Nous n'en dirons pas plus sur ce sujet, que nos lecteurs eomiaissent et qui sera traité complètement en décrivant l'urèthre (voy. €B not). Nous nous bornerons ici à rappeler, a mesure que le besoin s'en présentera, les dispositions anatomiques dont il faut tenir compte.
540 CATHKTÊftlSME. — iiirsTRCtti^Ki^ éoukbe^.
On pratique, comme nous Tavons d'rt, ie cathétérisme arec des instnments courbes, avec des instruments droits et enfin avec des inMruRM flexibles. Dans le premier cas, on a donné à lopératioii le nom de athétérisme curviligne, et dans le second, celui de eathétériBme nttiligne. En parlant du premier, nous donneronB bien des détails «pplia blés aux deux autres et qu'il sera inutile de reproduire ensuile.
CATHÉTÉRISBfE AVEC DES INSTRUMENTS COCRBZS. — La plupaft de CttHMlm-
ments sont métalliques; on doit y comprendre cependant les-sonhs élastiques munies de mandrins. .Kous avons parlé, ailleurs do cuthà» et des bougies métalliques {voy. ces mots), il nous reste à dire qodqm mots des sondes. On en a fait en or et en platine, mais celles doBltici se sert journellement sont en argent ou en maillechort; les premières sm préférables pour la durée et pour la facilité de l'entretien. Celles d^ord de platine vaudraient mieux sous ce rapport, mais les première! mt trop chères et les secondes n'offrent pas la résistance de l'argefil. (Ii en a fait aussi en étain qui ont été préconisées par Mayor (de LausM&ei Elles ont, dans certains cas, des avantages réels, leur poids les Iiï » trer avec une grande facilité, et on peut aisément dianger leurcoorlMm suivant les indications spéciales, mais ces qualités ne sont utiles que d» des états pathologiques, qui seront décrits ailleurs. La sonde dar^ par sa légèreté donne plus de précision au toucher, lorsqu'il s'agild*» exploration et sa sonorité est précieuse dans la recherche des corps itr» gers. On désigne encore les sondes métalliques creuses sous le noii],li» employé autrefois, d^algaliej qu'on a fait dériver du grec àpyiXtloi pot àpYaXetov, instrument; je préfère l'étymologie que je tiens du doclar Assan Mahmoud, qui fait dériver Âlgalie de l'article al et cari, cmiiiflL ou coulant, ou qui fait couler.
Les sondes doivent avoir une longueur suffisante pour arriver danb vessie et dépasser le méat d'une certaine longueur, quelle que soit Tétudy de Turèthre; on leur donne généralement 28 à 50 centimètres. EHesioal recourbées dans un tiers environ de leur longueur, suivant un are dectfcie qui s'approche d'un quart de circonférence et se termine par un te arrondi ; près de l'extrémité, ou bec de la sonde, on perce deux ouvertiifc ovales, ou yeuXy qu'on doit placera des hauteurs différentes, parée qv^. s'ils étaient l'un vis-à-vis de rautre,^ l'instrument se trouverait «((Mblr dans le point correspondant, et serait exposé à se rompre. Au lieo «If deux yeux situés latéralement, on pourrait, comme le voulait Mayor, aec mettre qu'un dans la concavité de la courbure ; du reste cette dispositioB. qui est assez avantageuse, avait déjà été employée autrefois. Lea te» doivent être assez grands, ovales, et leurs bords bien arrondis, poifw pas léser la muqueuse uréthrale. L'extrémité opposée à la courbure, ou k pavillon de la sonde, est munie de deux anneaux, qui donnent prise ar doigts de l'opérateur et indiquent à chaque instant la direction dtbr dans la profondeur des parties. La courbure que nous venons de déerift est, en général, la plus commode et celle qui pénètre le plus fadletfeK sans faire souffrir le malade, mais elle serait trop allongée poiBreiptaw'
CATIiËTÉRlSME. — ii«striih6iit8. couitBs. 511
la vesfiîe el chercher un corps étranger situé le plus souvent au bas-fond ; on ^QÎt alors employer une sonde à courbure beaucoup plus forte et à bec plus court. J. L. Petit faisait précéder la courbure terminale de la sonde d'une autre courbure en sens inverse ; il espérait qu'ainsi Tinstrumcnt resterait de lui-même dans la vessie lorsqu'il faut Ty laisser à demeure. Son but était donc le même que celui de Marion Sime, dans la sonde a double courbure dont il se sert après l'opération des fistules vésico-vaginaiea; mais, pour l'homme, cette sonde remplissait mal son but; et d'ailleurs, aujourd'hui que nous avons de bonnes sondes élastiques, nous ne laîfi90D8 plus les sondes d'argent à demeure dans la vessie des malades. Les dimensions que nous venons d'indiquer conviennent pour les adultes^ mais, pour jes enfants, il faut des sondes plus petites, et surtout d'un calibre plus tin. Pour les adultes, les sondes de 5 à 6 millimètres de diamètre sont celles qui conviennent en général le mieux. La longueur que nous avons indiquée est la plus commode, mais on peut arriver dans la vessie avec des instruments moins longs, tels que les sondes de trousses, dont la longueur est limitée par la nécessité de les rendre portatives.
Pendant le cathétérisme, le malade peut être couché ou debout. Le décubitus est souvent une position de nécessité, soit que le malade ne puisse quitter le lit, soit que le cathétérisme constitue le premier temps d'une opération; mais, alors même qu'on a le choix, la position horizontale est encore celle qu'on doit préférer; elle est moins fatigante pour le patient; elle le met à l'abri de la syncope, qui peut arriver par suite de l'émotion inséparable d'une première opération ; elle est également plus, commode
I pour le chirurgien, surtout s'il s'agit d'un cathétérisme explorateur. Ce- |)6ndant le malade peut, dans bien des cas, rester debout ; il y en a qui préfèrent cette position, et, dans certaines explorations, elle peut excep-
, tionnellement être préférable. Enfin, dans des cas rares, on pourra faire asseoir le malade sur le bord d'un siège, le corps renversé en arrière. J'ai vu des personnes qui préféraient cette position, et j'ai eu l'occasion de sonder ainsi des malades qu'une dyspnée violente empêchait de se coucher.
Le lit sur lequel on pratique le cathétérisme doit, autant que possible, être résistant; le malade se rapproche du côté du chirurgien. Si le malade est debout, il faut le faire appuyer contre un mur ou un meuble solide, pour s'assurer de son immobilité.
Le choix du côté où se place le chirurgien n'est pas complètement indifférent. Le plus souvent il se met à la gauche du malade, parce qu'il a aioai plus de facilité pour commencer l'introduction de la sonde, et les personnes qui s'exercent font bien de prendre cette position jusqu'à ce qu'elles aient acquis une certaine habitude ; mais il est bon de s'accoutumer à sonder en se plaçant des deux côtés du malade, car, soit pour explorer la vessie, soit pour pratiquer certaine» opérations, il peut être utile de te mettre d'un côté plutôt que de l'autre. Il eat bon également de savoir stnder des deux mains, parce que, dans certains cas, on a besoin de la main droite soit pour toucher la prostate, soit pour ptiper le trajet de
542 CATHÉTÉfUSME. -— rasiRBiifiitTS t(mtitt<.
Furèthre ou pour se servir d'un bistouri penifaiiit que k main i tient la sonde. Lorsqu'on introduit le oalhéter en commençant ropéraûi de la taille, on se place dans la direction de Taxe du corps, eu hcedi périnée du malade.
Avant d'introduire la sonde, on Tenduit d*uo corps gras, huile oy cérat ; mais le cérat a Tinconvénient d'encrasser la sonde en péoétnBl dans ses yeux ; on pourrait enoere employer un mucilage, ou cimine le font quelques chirurgiens, du blanc d'œuF; cette dernière substance est préférable surtout pour les sondes en caoutchouc vulcanisé qui sontatUquées par les corps gras. La sonde est tenue comn^ uue plume i écrire, entre le pouce d'une part, Tindex et le médius de l'autre ; on doit aroir soin d'éviter de la serrer avec un effort qui diminuerait la sensibilil^ tactile des doigts. Pour maintenir la verge on 1^ saisit derrière le gkoi entre le médius et l'annulaire, de façon que le pouce et rindicatear restent libres pour retirer le prépuce en arrière ^t écarter les lèvres Jb méat.
Lorsqu'on commence Tintroduction de la sonde, on la place génénlement dans le plan antéro-postérieur du corps, parallèletneat i !i ligne blanche»; la verge étant tenue perpendiculairement à Taxe ûi corps, on introduit la sonde dans le méat et on la pousse lentement (b le canal, non pas dans la direction de son bec, mais suivant une li^ qui passerait par le pavillon et par le milieu environ de la courbvt. En même temps qu'on pousse ainsi la sonde, on doit attirer la i9f sur elle. En combinant ces deux mouvements, employant tantôt Tbi. tantôt l'autre ou tous les deux à la fois, on porte facilement le bec ^ la sonde jusqu'au-dessous de la symphyse du pubis, dans le point f correspond à peu près à la partie antérieure du bulbe. Au lieu de poisser la sonde dans Turèthre , on peut la tenir en place , et ne fc autre chose qu'amener la verge sur elle : par suite de ce mouieiin* le bec de la sonde suit de lui-même la direction de l'urèthre jœq» sous la symphyse ; j'emploie habituellement cette manière de faire fp est d'une facilité extrême. Pendant ce premier temps de l'opération, à k ventre est proéminent, il repousse en avant le pavillon de la sonde, Awt le bec se trouve relevé et vient rencontrer la face antérieure de la sj» physe pubienne au lieu de passer au-dessous. Dans ce cas, au tiea it mettre la sonde enlace de la ligne blanche, il faut la placer sur le eété en la faisant passer devant le pli inguinal correspondant. Du reste, l'introduction se fait de même que par le procédé précédent, seulement, bk fois le bec arrivé sous le pubis, on ramène le pavillon au-devant dek ligne blanche, par un mouvement de circumduction qui se combine aTer le suivant.
Lorsque le bec de la sonde est arrivé au-dessous du pubis, on seotf^ dinairement que Tinstrument tend à s'éloigner de l'abdomen du m** à chaque fois qu'on le pousse ou qu'on attire la verge sur hii. Celle sosation annonce qu*on peut opérer le second temps de l'opératimi ^ consiste à renverser le pavillon vers l'intervalle des cuisses (%. i^^-
CATHÉrÉRISJIE. — uisTBtMEirvs cqvrbss. 543
Pendant ee mouvement la sonde doit être maintenue dans le plan médian du corps. Or fait décrire au papillon un arc de cercle qui Téloigne
Fifi. 154. — Cathélérisine carviligne. — A, Vessie. — B, Prostate. — C, Rectum. — D, Testicule. — E, Symphyse du pubis. ^ F, Sonde introduite dans l'urètbre. — G, Bulbe. — H, Cul-de-sac reclo-vésical. — I, Paroi abdominale antérieure.
du ventre et Tamène entre les cuisses sans qu'il soit nécessaire le plus souvent d'exercer aucune pression, et le bec de l'instrument, suivant un arc en sens contraire, traverse, comme de lui-même, les portions bulbeuse, membraneuse et prostatique de l'urètbre et arrive à la vessie. On est prévenu de son entrée par la cessation de la résistance, et par l'arrivée de l'urine.
Assez habituellement la sonde éprouve un peu de résistance au col de la vessie, et on est forcé d'exercer une légère pression ; si la résistance est plus considérable, il faut maintenir l'instrument en place, et bientôt, le spasme qui s'opposait à son passage venant à cesser, il entre tout d'un coup.
U y a encore une autre manière de sonder dont nous devons parler, bien qu'elle soit, à juste titre, abandonnée aujourd'hui; c'est ce qu'on appellele tour de mattre. Elle consiste à commencer Tintroduction de la sonde en plaçant son pavillon entre les cuisses du malade, par conséquent dans une direction diamétralement opposée à celle qu'on lui donne habituellement. On fait exécuter à l'instrument, dans cette position, le premier mouvement, qui amène son bec sous la symphyse. Puis, on porte 8on pavillon en avant, suivant jUn demi-cercle, en combinant ce mouvement avec celui d'abaissement qui la fait pénétrer jusqu'à la vessie.
54* CATHÉTÉRISME. — obstacles.
Cette méthode bien exécutée et lorsqu'elle réussit du premier coup, At quelque chose de brillant qui peut séduire à première Tue^ mais qui iq. semble plus à de la prestidigitation qu'à une opération bien exécutée; €s outre, il arrive souvent que, dans le mouvement qui ramène la sûiidea avant, le bec s*accrochc dans la région du bulbe, et qu'il laut reconmencer à plusieurs reprises. C'est avec raison que cette méthode, e»pruntée aux anciens lithotomistes, est reléguée dans les curiosités histonques de l'art.
OlMtaclefi aa cattiétérlsinc. — Il arrive assez souvent, saosq» les voies urinaires soient malades, qu'on éprouve, en introduisuil h sonde, des difficultés dont il faut être prévenu, et qui dépendent : lésina, de la disposition des parties; les autres, de l'inattention de l'opénlev.
Dès le début de l'opération, le prépuce peut être un obstacle par îm étroitesse, s'il est afTecté de phimosis, ou, par suite de l'œdème, dont lî est le siège, et qui constitue un véritable phimosis accidentel. Qi^Apt fois le rétrécissement de l'orifice préputial est tel qu'il ne laisse pas passer l'instrument; alors il faut le débrider, ou pratiquer desuilc unedes^^ rations destinées à détruire le phimosis (voy. ce mot). Mais, le plus lèvent, surtout dans le cas d'œdème, la sonde peut passer, et cepcodait li est impossible de découvrir le gland, et d'apercevoir le méat ; le prépace oedématié forme même quelquefois un canal sinueux, que la sonde inverse, mais qui la gène dans ses mouvements. Sans doute, dans ce c^ on pourrait encore faire le débridement, mais ce serait une douleur iiposée au malade sans nécessité, une opération accessoire qui rafTedefiii péniblement, et avec un peu de patience on peut s'en passer. 11 suffit plus souvent, de reconnaître par le toucher, avec le pouce et l'iotlei placés sur le prépuce, la forme du gland et la position du méat, et de se servir de ses doigts pour guider le bec de la sonde. Si l'œdème est coaadérable, et que le prépuce contourné s'oppose à l'introduction, il svlltl d'ordinaire de le presser entre les doigts, ou de le comprimer qoek|ye temps en le saisissant à pleine main, pour chasser là sérosité, dimjaatf le gonflement et rendre Tintroduction possible.
L'étroitesse du méat, soit congéniale, soit résultant de la cicatrisatidi d'un chancre ou d'autres ulcérations, se rencontre assez souvent. D'autre» fois c'est à la partie supérieure de la fosse naviculaire que la sonde ti arrêtée. Dans ces deux cas, si une pression modérée de la sonde ne sidkl pas pour vaincre la résistance, il faut pratiquer le débridement des partie» qui résistent. On a inventé, pour cette petite opération, différents instnments spéciaux ; mais, de tous les instruments, le bistouri est le ph" commode, et celui qui, bien manié, donne le meilleur résultat. On f^ se servir pour cela du bistouri boutonné, qu'on introduit en applifutft son dos sur la paroi uréthrale, et qu'on retire en pressant le traoduflt sur la bride qu'on veut détruire ; dès que l'incision est suffisante, on oe»e d'appuyer, et Ton obtient ainsi une incision exactement de la grandeur qu'on juge nécessaire. Si Torifice est trop étroit pour hisser passer 1<? bouton du bistouri, on commencera par introduire une sonde aos^
CATUÉTÉRISME. — osmcifs. 545
qaî servira à conduire un bistouri pointu. Je me sers aussi quelquefois en pareil cas d'un bistouri à lame étroite dont la pointe est cachée dans une boulette de cire, comme on le fait pour Tincision du phimosis.
Ou rencontre encore de temps en temps, dans celte région, un autre obstacle dépendant d'une disposition naturelle. C'est dans ce point, eo effet, que se trouve le repli valvulaire décrit par Âlph. Guérin (voy. Urèthbe), repli qui n'est pas constant, mais existe fréquemment. Lorsqu'il est un peu développé, la pointe d*une sonde conduite le long de la paroi supérieure de l'urèthre peut s'engager dans le cul-de-sac qui en résulte; elle se trouve alors arrêtée, et il en résulte d'ordinaire une douleur assez vive. Ce petit accident, qui n'arrive guère qu'avec des sondes d'un petit diamètre, est facile à éviter en suivant la paroi inférieure du canal.
La sonde s'arrête assez souvent au moment où on commence à la renverser vers les cuisses, parce que ce mouvement étant fait trop tôt, le bec de l'instrument, qui n'est pas encore arrivé au-dessous de la symphyse, vient arc-bouter sur sa face antérieure. Il suffit, dans ce cas, de ramener la sonde en arrière, et de l'enfoncer un peu plus, avant de la renverser. Cet accident n'arrive guère que par défaut d'habitude ou par manque d'attention. Il n'en est pas de même de l'arrêt qu'on éprouve souvent un peu plus loin, dans la région du bulbe. Dans ce point, l'urèthre s'^rgit nn peu, pour se rétrécir ensuite à l'union du bulbe et de la portion membraneuse, en s'engageant dans l'aponévrose moyenne du périnée. En outre, la paroi uréthrale, doublée d'un tissu érectile plus abondant, et par suite moins bien soutenue, se laisse déprimer facilement; il en résulte une dilatation, qui devient considérable sur les malades qui ont été sondés très-souvent, surtout chez ceux qui se sondent eux-mêmes d'une façon peu méthodique. Dans ces cas, le bec de la sonde, arrivé dans le bulbe, s'enfonce dans la dépression qu'il rencontre ou qu'il produit, et, s'il ne Bé relève pas à temps, ii rencontre l'aponévrose périnéale moyenne, au liea de s'engager dans la portion membraneuse, et s'y trouve arrêté d'autant plus solidement qu'on cherche davantage à le faire avancer. Chez les vieillards qui ont été sondés depuis longtemps, il est rare qu'on ne trouve pas cet écueil, mais on l'évite facilement, en ayant soin de ne pas appuyer «ui^ la sonde pendant le mouvement d'arc de cercle qu'on imprime à son paviflen. De la sorte, le bout de l'instrument rendu libre remonte vers la parai supérieure du canal, où il trouve bieiitôt son chemin.
Avant d'entrer dans la vessie la sonde peut encore s'arrêter dans la pi^^state. En effet, on sait que, dans ce point, la paroi inférieure de Tarèthre présente sur les côtés de la crête uréthrale deux gouttières quei- ^tttfois assez profondes, que le passage habituel des sondes peut encore creuser davantage, comme la dépression bulbaire dont nous venons de parler, et qui se terminent en arrière par deux culs-de^sac, dans lesquels l'extrémité de la sonde peut s'engager, surtout si elle est d'un petit disttiètre. Ici encore, c'est en ramenant le bec de l'instrument en avant qu'on le dégagera de l'obstacle. C'est encore dans la prostate et sur les côtés du vertmontanumj qu'on trouve en plus grande abondance et avec
■OHT. MGT. ni». Kt cwK. VI. — 35
5'i6 (iATKÉTËHISME. — insthumeatt dioit^.
de plus grandes dimensions les orifices des follieules dans lesquels ^ s^engager la pointe d'une petite sonde et surtout d'une bougie.
D'après ce qui précède, on voit que la plupart des obstacle mtMié qu'on peut rencontrer en arrière de la symphyse ont leur siège à b (k* postéro-inférieure du canal, et que, par conséquent, la sonde dmt>imT! la face antéro-supérieure, tandis que, dans la partie antérieure, dJe itvait suivre la paroi inférieure. C'est précisément ce qui arrive ^nad oo observe attentivement les préceptes que nous avons donnés poor ïkÈnduction de la sonde.
Avant de quitter ce sujet, nous devons encore parler de k iàeàL qu'on éprouve souvent par suite d'une contraction spasmodique, tatM dans la portion membraneuse de Turèthre ou en arrivant aa cdéeti vessie. Le spasme peut être dû à une sensibilité morbide du canal fi se révolte contre tout contact de corps étranger; dans ce cas, il bultf combattre par les moyens qui seront décrits, en faisant l'histoire o^ affections de l'urèthre (voy. Urèthre). Mais souvent la contractioa ^ excitée par une introduction trop rapide, trop brusque ou mal dirige et c'est en agissant lentement et avec toute la douceur possible (^^ l'évitera. Si cependant on était arrêté par un spasme uréthral, il Eaudn£ arrêter l'instrument et le maintenir contre l'obstacle qui dispanltm bientôt et laisserait le passage libre.
C^ilM^iérlttnie avec le» iDsiraBaenUi arolts. — Dans rantiqiîH on s'était déjà servi d'instruments droits pour sonder les hommes, d !^ sondes ordinaires ne présentaient qu'une légère courbure; c'est ainsi f les décrit Celsc, et sa description s'accorde avec la forme fies si«d^ trouvées à Pompéi. 11 résultait de cette faible courbure que l'instrui»" ne devait pas être rapproché du ventre du malade comme nos ak^j^ actuelles pour donner à son bec la direction voulue, de sorte que le a^ rurgien, se plaçant à la gauche du malade, aurait été gêné pour le m^t vement de sa main droite ; aussi Celse prescrit-il de se placer à la dn^t^ du malade. L'usage des sondes droites était cependant tombé en oulé et la plupart des chirurgiens ne se doutaient pas qu'elles pussent arri^: dans la vessie, lorsque Âmussat démontra avec quelle facilité l'urèlh peut se redresser et remit en vigueur le cathétérisme en ligne dnnii C'est grâce à cette méthode de cathétérisme qu'on peut pratiquer da& l'urèthre et la vessie une foule' d'opérations pour lesquelles un instnunti^ rectiligne est nécessaire.
Les instruments droits ne sont pas employés pour le cathétérisme êv. cuateur, mais seulement pour introduire des instruments destiné- > quelque opération de lithotritie, d'uréthrotomie, etc. ; du reste, ces oft rations sont tellement courantes que le cathétérisme rectiligne est m ployé chaque jour. La sonde droite est encore nécessaire dans l'cfi^ii de l'endoscope, puisqu'il faut qu'elle laisse passer librement k lumién'
Pour subir ce cathétérisme, le malade doit être couché, car éam fa station verticale, il serait incommode d'abaisser la sonde autant qo'eik devrait l'être pour franchir le eoK Le chirurgien se place à droiW^à
CÂTUETËRISHË. — INSTROMEMIS 0BOITS.
>rélérenoe; cette position, indiquée pour T introduction de la sonde, 'est aussi par les manœuvres qu'il faudra exécuter dans le cours de Topéation subséquente. Cependant nous verrons, en parlant de l'endoscope voy. ce mot), que, pour placer la sonde de cet instrument, le chirurgien loit se mettre en face du périnée du malade, comme pour l'opération le la taille.
La position de la verge est importante ; si elle n'est pas assez releée, et si même elle est à angle droit avec l'axe du corps, Textrémité de I sonde rencontre la symphyse du pubis qui Tarréte, ou sur laquelle lie ne glisse qu'en causant des douleurs assez vives au malade; on dera dk>nc la relever un peu vers le ventre. La sonde est alors introduite, uivant une ligne droite qui traverserait le périnée un peu en avant de 'anu8 ; arriTée vis-à-vis de ce point, elle fait effort pour se redresser, et on extrémité externe tend à se porter vers l'intervalle des cuisses ; en uivant œ mouvement, on la fait entrer dans la portion bulbeuse dont Ile déprime la paroi postérieure. Avant d'aller plus loin, il faut abaisser brtement la sonde, sans la pousser, jusqu'à ce que son bec se trouve lans la direction de la portion membraneuse de Turèthre. Alors elle orme un angle très-aigu avec l'axe du corps prolongé entre les cuisses, ît elle se trouve presque perpendiculaire au plan du périnée (flg. 155).
h&. 15b. — Calhél6risDic recliligne. — A, Vessie. — B, Pioslale. -- C, R'*ctuiii. — D, Testicule. — E, Symphyse du pubis. — K, Soude btroduite daus Turèllire. — (i, Bulbe. — H, Cul-de-sac recto- vé*ical.
11 ne reste plus qu'à la pousser doucement en abaissant lé;^'èrenieut l'extréoitlé antérieure, et bientôt on arrive à rorilice vésical qui se laisse bcilement franchir. Il suffit d'avoir pratiqué quelquefois le cathéténsrae avec lea instruments droits pour le faire aussi facilement qu'avec les sondes courbes, et les personnes qui n'y sont pas encore habituées sont
548 GATHÉTÉRISME. — CATUi^éRisiiE chez ia femme.
souvent surprises de la facilité avec laquelle Tinstrument droit péoctr dans la vessie.
Oatuétêrlttine avec îem InutruMaeiits IlexIMM. — Ces instrohients sont les bougies et les sondes élastiques sans mandrins. NousaToot peu de choses à dire de leur introduction ; un de leurs avantages est pri cisément de se mouler sur le canal à mesure qu'elles pénètrent et de prendre elles-mêmes leur direction. Il nest donc pas nécessaire delenrfet exécuter des mouvements comme aux instruments rigides à mesure qn'dles avancent. Lorsqu'il n y a pas d'obstacle, il suffit de relever la verge pwr redresser l'urèthreet d'enfoncer lentement l'instrument; s*îl s'arrtte,!» le retire pour le pousser de nouveau , lorsqu'il est dégagé de Tobsladc qu'il rencontrait; cette opération n'offre aucune difficulté lorsque lecmil est libre. Mais, lorsqu'il existe des obstacles dus à l'état pathologique de; parties, il n'en est plus de même, et il faut parfois une grande habileté, beaucoup de soins et beaucoup de patience pour faire pénétrer une bougie dans un rétrécissement. Autant l'introduction des instruments flenbio dans l'urèthre est simple lorsque les voies sont à l'état normal, autint db est difficile et demande l'emploi de procédés et de moyens divers àm certains cas de rétrécissements du canal. C'est en traitant de ces aiïectiaih que nous aurons à nous étendre sur l'emploi des bougies {voy. UrèthbeI
.ILCaHiéU^rlsme cHes la femme. —La disposition des parties^ nitales chez la femme, la brièveté de l'urèthre, sa dilatabilité rendent leothétérisme beaucoup plus simple et plus facile chez elle que chez Phomme. Une fois placée dans le méat, la sonde pénètre facilement jusque dans h vessie lorsque Turèthre est à l'état normal, et l'on sait que ses afiiectiom. celles du moins qui mettent obstacle au cathétérisme, sont extréroemes* rares.
Il y a deux manières d'introduire la sonde chez la femme : on peut la diriger au moyen de la vue ou à l'aide du toucher. Dans la première iDéthode, la main gauche écarte les grandes et les petites lèvres pour decwvrir le méat, dans lequel la main droite porte la sonde tenue comme une plume à écrire. Cette sonde est beaucoup plus courte que celle qui stti pour les hommes; on lui donne en général 12 à 15 centimètres, et eflenr présente qu'une très-légère courbure vers son bec.
Rien n'est plus simple que l'introduction de la sonde par cette méthode, mais elle n'est pas toujours possible. Il y a des femmes chez qui le méat est situé très-haut et se cache dans le vagin, de façon qu'on perf difficilement le découvrir à la vue ; cela arrive surtout dans les dcmifP mois de la grossesse, lorsque l'utérus, s'élevant au-dessus du détroit ^ périeur, entraine avec lui la vessie et l'urèthre ; la même thùse ^rm encore dans certains cas de tumeurs volumineuses de l'utérus. Dans ^ cas, il faut avoir recours au doigt pour diriger la sonde. Celte méMf a de plus l'avantage de ne pas être forcé de découvrir autant la mahdeef de la placer en face du jour, ce qui répugne à la plupart des femmes.
Pour diriger la sonde au moyen du toucher, il faut se rappeler qtt'i ^ partie antérieure de l'orifice du vagin se trouve une saillie toujours bék
GATHÉTÉRISME. — moyens de fixer les sondes. 549
h sentir, le bulbe du vagin^ qui sépare l'entrée de ce canal du méat urinaire, situé à quelques millimètres en avant. Il faut donc porter sur le bulbe du vagin l'extrémité de Tindicaleur d'une des mains, la face palmaire en dessus, en ayant soin d'entrer légèrement dans le vagin, puis, avec Tautre main, on fait glisser la sonde sur ce doigt, en appuyant un •peu la convexité pour relever le bec de l'instrument qui se trouve ainsi en face du méat et y pénètre facilement.
. Quelquefois il ne serait pas commode d'employer les deux mains ; alors on prend la sonde de la main droite ou de la main gauche, suivant le côté du Ut où Ton se trouve, en l'appliquant sur la face palmaire de rindex, de façon que son bec n'en atteigne pas tout à fait l'extrémité ; puis, poussant à la fois la sonde et la main, on fait glisser le doigt le long de la paroi antérieure du vagin, et la sonde, dont on a soin de tenir le bec un peu relevé, glisse en même temps dans l'urètlire.
Ces deux manières de sonder sont très-faciles, pour peu qu'on s'y soit exercé, et la première surtout offre si peu de difficultés que, dans la majorité des cas, j'aime mieux l'employer que de me servir de la vue qui exige des préliminaires plus embarrassants*
Moyens de fixer les «ondes. — Il arrive souvent que la sonde doit être laissée à demeure dans la vessie pendant plus ou moins longtemps. Il faut alors la fixer, pour l'empêcher d'être chassée par les efforts de miction, ou de s'échapper dans quelque mouvement du malade. Sur l'homme, le moyen le plus simple consiste à attacher la sonde à la verge. Pour cela on prend quelques brins de gros fil de coton dont on forme un faisceau qu'on fixe par son milieu, au moyen d'un nœud, sur la sonde, à quelques centimètres au-devant du méat; puis on ramène les deux chefs sur le côté de la verge, on les réunit par un nouveau nœud et on les fait passer en avant et en arrière de la verge, au-dessus de la couronne du gland, de façon à l'embrasser dans un anneau complet, on les attache encore une fois sur le côté opposé et on les ramène à la sonde où on les fixe par un double nœud au point d'où ils sont partis. Au lieu de contourner la verge avec des fils, on peut encore les fixer au moyen d'une bandelette de diachylon. Les deux méthodes ont l'inconvénient d'étrangler les parties s'il survient une érection, aussi lorsqu'on a à craindre que cela n'arrive, il vaut mieux fixer les deux liens aux deux côtés d'un suspensoir, ou a deux ^u$-cuisses fixés sur un bandage de corps. C'est ce dernier moyen qu'il Jaut employer chez les femmes. Il arrive souvent que la sonde fixée à des sous-cuisses chez l'homme abandonne la vessie parce que le pénis se portant en haut relâche les liens qui la retiennent; aussi vaut-il mieux employer un moyen un peu plus compliqué, mais plus sûr. Pour cela on iorme, au moyen d'une baleine, d'une bougie, ou de quelque autre corps Hexible, un anneau dans lequel la verge entre librement. Cet anneau est fixé aux sous-cuisses par deux ou quatre liens, et c'est sur lui que s'attachent les cordons qui viennent de la sonde. Antoimin Desormej^ux.
<^r (i. A.), itodeA sur le calhétérâme eurfiligne et sur l'emploi d'une nouvelle sonde dans le cathétérisme évacuatif. Paris. 1861, in-4, avec figures.
550 CATHOLICUM. — CAUCHEMAR (hiotobique).
CATHOIilCini. — C'est un élecluaire qui était jadis fort emplm et qui est tombé maintenant en désuétude. Voici comment on le prépirait.
On prenait :
Racine de Polypode ^ ?"■■-
Racine de Chicorée ] 2
• Racine de Réglisse 1
Feuilles d'Aigremoine 3
Scolopendre 3
FruiU de Fenouil. 1»50
On faisait bouillir dans 100 parties d'eau Jusqu'à réduction d'un tiep, les racines et les feuilles, on y jetait le Fenouil en faisant infuser, on posait avec expression et on ajoutait :
Sucre 64 gnmni.
On évaporait en un sirop très-cuit et l'on délayait peu à peu
Pulpe de Tamarin 4 gramiD
Pulpe de Casse 4
Alors on incorporait la poudre composée suivante :
Rhubarbe , 4 gnnuB.
Séné 4
Réglisse 1
Semences de Violettes 2
Semences froides i,50
Cet électuaire est purgatif en l'employant à l'intérieur à la dose de 11' à 50 grammes; en lavement à doses doubles.
Léon Mabchaio).
CAIICHEIIIAR. — Le cauchemar peut être défini : « Un état Je malaise passager survenant pendant le sommeil, se caractérisant par une sensation douloureuse vaguement perçue dans un point du corps; A l'anxiété, de l'oppression ; l'impossibilité de pousser des cris, de se nw»voir; et par un rêve pénible, véritable délire dans lequel se succèdent (te images et des idées effrayantes. »
11 résulte de cette définition que nous ferons dans cet article deuxpirts distinctes, Tune à Y élément sensoriel, l'autre à Vêlement psychique; m^ aurons à démontrer que Tintelligence abandonnée, pour ainsi dire, à elle-même pendant le sommeil, s'empare d'une sensation douloureis« pour la transformer, impuissante qu*elle est alors à en apprécier eiaclfment la cause. C'est cette interprétation fausse d'une impression réelleqa constitue co que Maury a si justement appelé « le délire du rêve, étal dans lequel l'esprit contemple comme étrangère à lui l'image qui ^ pourtant son ouvrage. »
Hl»torl<iue. — De tout temps le cauchemar a fixé l'attention des liêdecins ; rien n'est plus curieux en effet à étudier que ce trouble profond qui, pendant le sonuneil, se développe tout à coup, arrive rapidemealà son summum d'intensité, et disparaît le plus souvent complétefflcnt (W