‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 67 sur 75 · CAVES (VEIKES). — PATHOLOGIE MÉDICALE · texte numérisé non relu

CAVES (VEIKES). — PATHOLOGIE MÉDICALE

auquel il était permis de songer pour apporter à la question quelques lomières : je veux parler de la présence ou de l'absence de raïbuminuric. — La théorie semble indiquer, en effet, que ce symptôme devra se présenter lorsque l'obstacle sera situé de façon à gêner la circulation rénale, et qu^il devra faire défaut dans le cas contraire. J'ai cru devoir tenter,! cet égard, quelques expériences sur les animaux.

Ces expériences ont été faites sur des chiens et des lapins. J'allai cbercher la veine cave inférieure tantôt par une plaie faite à Tabdomenen déplaçant le paquet intestinal, tantôt par une incision pratiquée à la région lombaire; j'étreignais alors le vaisseau dans une ligature à di(Téra\\es hauteurs. Malheureusement il m'a été impossible, en raison de U gravité des mutilations, de conserver les animaux au delà de quelque? heures.

Les ligatures ont été placées : 1® au-dessus de rembouchure des veines émulgentes; 2® au-dessus et au-dessous de cette embouchure; 3* au-de>sous seulement.

1* Les résultats de la première série d'expériences ont été extrèraemeDl nets. Lorsqu'une ligature a été placée sur la veine cave au-dessus des veinés émulgentes, l'urine, examinée peu d'heures après, présente loujoorv une énorme quantité d'albumine. Néanmoins ce résultat met un certain temps è se produire; car ayant examiné, dans un cas, l'urine un quart d'heure après l'opération, je ne la retrouvai ni albumineuse ni sanguinolente.

L'albuminurie obtenue ici était facile à prévoir; car les conditions y trouvent à peu près les mêmes que dans la célèbre expérience de R»binson. Il y a toutefois cette différence, que Robinson liait directement les veines rénales, tandis qu'à la rigueur, après une ligature placée audessus de ces veines,- le sang aurait pu refluer du rein dans le bout inférieur de la veine cave et trouver une issue par les collatérales.

A l'autopsie, j'ai toujours observé une énorme congestion des rciD5, portant surtout sur la substance corticale. Ces organes étaient doubIfeJe volume et œdématiés; mais jo n'ai jamais constaté d'hémorrhagies dans le parenchyme. — Il m'est arrivé, dans un cas, de trouver, après la mort. la vessie remplie d'un coagulum fibrineux. Je mentionne simpleuienl k fait, me contentant de rappeler que l'existence d'une urine spontanément coagulable a été observée par Brachet dans ses expériences sur la seclioD des filets du grand sympathique qui se rendent au rein.

S"" J'ai pratiqué une double ligature de la veine cave, l'une au-dessus, Taulre au-dessous des veines rénales. Une heure après, Turinc recueilfr précipitait abondamment par la chaleur et par l'acide nitrique. — H es remarquable que, dans ce cas, une turgescence énorme se fait entre te deux ligatures au moment même de l'opération et persiste après la mort, tandis qu'elle n'a plus lieu dans le bout de veine situé au-dessous de^ ligature inférieure. Ce bout est, en effet, richement pourvu de veines collatérales, qui font défaut dans la partie interceptée.

5** Enfin j'ai appliqué une ligature unique au-dessous de la veine i^

CAVES (veines). — PATHOLOGIE SÉDICALE. 631

nale. Contrairement à mon attente, j*ai vu lurine se montrer encore al* bumineuse à un faible degré, mais de façon appréciable. Cela est moin» surprenant qu'il ne semblerait au premier abord, et Ton peut s'en rendre compte en examinant les choses attentivement. 11 est vrai que les reinsne sont pas augmentés de yolume, mais il n'y en a pas moins une stase veineuse très-réelle. La preuve, c'est qu'à l'autopsie on trouve la veine cave également distendue au-dessus et au-dessous de la ligature, avec cette seule différence que le sang est coagulé dans le bout inférieur, et qu'il est liquide dans le bout supérieur. Cette distension au-dessus du lien constricteur est d'autant plus digne d'attention, que, dans le cas de ligature unique au-dessus des veines rénales, le bout inférieur seul était turgescent, le supérieur étant' au contraire affaissé. Elle indique une richesse d'anastomose toute particulière au niveau de la région des lombes^ et une singulière facilité pour le sang à rentrer, par un léger, circuit,, dans le bout supérieur. Seulement ce sang se trouve privé d'une grande partie de sa vis a tergo et tend à s'accumuler passivement dans la yeine rénale et dans la partie correspondante du tronc de la veine cave.

L'on voit, en résumé, que l'albuminurie peut se montrer dans chacun des trois cas réalisés par les expériences, mais qu'elle est infiniment plus prononcée dans les deux premiers. D'où l'on peut tirer cette conclusion qu'elle n'a pas une valeur absolue comme indice du siège de la lésion^ mais qu'elle établira cependant une grande présomption en faveur d'une oblitération située au niveau ou au-dessus des veines rénales, lorsqu'elle sera survenue très-rapidement et avec une grande intensité,

Pronostic. — Le pronostic d'une oblitération, ou, ce qui revient aw« même^ d'une compression des veines caves, est toujours extrêmement grave. Cette gravité est elle-même proportionnée à la difficulté du rétablissement de la circulation collatérale. Il est donc évident, d'après tout ce qui précède, que, toutes choses égales d'ailleurs, cette lésion a un caractère moins fâcheux lorsqu'elle atteint la veine cave inférieure. L» science possède, en effet, un certain nombre de faits avérés dans lesquels Tinterception complète de cette veine n'a pas empêché le cours du sang de ^e rétablir entièrement par les voies supplémentaires. Mais il faut pour cela que l'oblitération n'occupe pas une étendue trop considérable, et il faut, en outre, qu'il y ait un^ quantité suffisante de veines collatérales gaines au-dessus et au-dessous du point malade. Malheureusement la réunion de ces circonstances favorables est rare, et c'est pourquoi ces faits restent exceptionnels.

n y a aussi, cela va de soi, grand compte à tenir de Timportance des fonctions lésées. Il est certain, par exemple, que la présence d'une albuminurie considérable, liée aux entraves qui s'opposent à la circulation rénale, constitue une complication des plus fâcheuses par la déperdition incessante qui en résulte. A plus forte raison en est-il de même du cas^ où une oblitération remonte au-dessus des veines sus-hépatiques. Tousles produits de la digestion élaborés par le foie, tout le sucre fabriqué par ce viscère, se trouvent alors arrêtés au passage, et l'on peut dire

038 CAVES (teikbs). — pathologie véorcALE.

Mns exagération que la nutrition est ainsi tarie dans sa soorce la phi importante.

Enfin, et cette remarque s'applique également aux deux Teines ma, -on ne perdra jamais de Tue, dans le pronostic à porter, la came prenUre de l'oblitération. Sans doute il est capital que le cours du sang fàm trouver une issue par les collatérales; mais cette considération^ pour ainsi dire mécanique, devient bien secondaire si l'on a affaire à dm lésion mortelle par elle-même. Qu'importe Tarrét du sang s^il â*agi(fim cancer, puisque tôt ou tard la mort doit survenir par infection et seiftst même avant qu'une circulation collatérale ait eu le temps de s'étabfol

Somme toute, on voit que, pour les oblitérations de la veine ca^ n* lérieure, les chances de guérison ou de mort varient suivant une fouie k circonstances. Il n'en est pas de même pour la veine cave supérieure. U brièveté de ce tronc fait que les conditions y sont bien moins variaUeset rend le pronostic, d'après tous les auteurs, d'une désespérante unUarmité. « Toutes les observîitiont que j'ai recueillies ou consultées, ditOilmont, se sont terminées par la mort. » La durée totale des accidents, d^ puis le début jusqu'à la terminaison fatale, a rarement dépassé cinq i n mois. — Le pronostic est encore plus prochainement mortel dans fet» particulier où un anévrysme vient à s'ouvrir dans la veine caTC. La ^ alors se prolonge rarement au delà de quinze jours. Dans un casiHH<|i< cité par Goupil, la mort n'est survenue qu'au bout de deux mois.

Sans vouloir m'élever contre une proposition malheureusement Ifop vraie dans sa généralité, j'ajouterai pourtant qu'il ne me paraît pas ia* possible que, par exception très-grande, une oblitération de la veine a'* supérieure, due à une concrétion pure et simple, puisse guérir soiiptf tlisparition progressive du coagulum, soit peut-être par l'établissenKrt d'une circulation collatérale suffisante. Le fait suivant me semble bien tligne, à cet égard, d'être rapporté ici ; je l'ai recueilli, en 1864, dansk service de Gubler.

Il s'agit d'un homme d'une quarantaine d'années, adonné aux boiss*» alcooliques, qui présenta pendant deux mois une cyanose très-accu^i limitée à la moitié supérieure du corps, U existait une tuméfaction (tiîmateuse des parties cyanosées et une distension énorme des veine» jug«* laires. Le malade éprouvait une dyspnée légère, mais qui augmenlail loi*8qu'il voulait gravir les escaliers. On ne trouvait aucune trace ni d'»" anévrysme, ni d'une affection cardiaque. Le seul si<çne physique qni s «frit à l'observateur était une matité de la fosse sus-épineuse du côté j»- <îhe ; comme cette matité était apparue postérieurement à l'entrée du nwlade à l'hôpital, et qu'il n'y avait d'ailleurs aucun signe rationnel de tuberculisation, ce phénomène de percussion fut attribué avec rt!SO»î par le chef du service, à des dépôts plastiques liés à la gène respintoiw et à la congestion du parenchyme pulmonaire. Le fait est que cet indifiJ" revint à un état de santé tout à fait normal et quitta l'hôpital, ne conservant d'autre trace de sa maladie qu'une certaine turgescence du coa et de larges varicosités sur la partie antérieure de la poitrine.

CAVES (veines). — PATHOLOGIE MÉDICALE. 6S&

l\ est bien difficile de ne pas croire, en ce cas, à une thrombose de la veine cave supérieure, imputable peut-être aux excès alcooliques, mais, en tout cas, terminée par la guérison.

Traitement. — La thérapeutique n'a que bien peu de chose à opposer aux diverses affections que nous venons d'étudier.

S'agit-il, en effet, d'une phlébite de Tune des veines caves : nous sommes, s'il est possible, plus désarmés encore que dans les phlébites ordinaires, puisque nous n'avons aucun moyen d'agir directement sur le tronc malade.

A-t-on affaire à une compression de vobinage? Le seul traitement rationnel serait de faire disparaître la tumeur, ce qui est presque toujours impossible. On se trouve donc réduit aune médication palliative ; et il en est de même, à plus forte raison, pour le cas de concrétion intra-veineuse. A ce titre seulement les émissions sanguines peuvent se trouver indiquées. Le malade en éprouve souvent un soulagement momentané. Ou a donné le conseil, dans ce cas, d'agir particulièrement sur les veines superficielles les plus turgescentes. Mais à côté d'avantages réels > cette méthode présente un grave inconvénient : c'est la difficulté de la cicatrisation, qui tient à l'état œdémateux, au peu de vitalité des régions phlébotoroisées. Disons, en particulier, que la section des veines frontales ou raaines, dans le cas d'oblitération de la veine cave supérieure, n'a pas donné les avantages que l'on en attendait.

La plupart du temps, tout se borne à l'emploi des purgatifs et des diurétiques. Mais ces moyens, comme les saignées, ne procurent qu'une atténuation éphémère des accidents. La ponction du thorax ou de l'abdomen[offrirait une dernière et importante ressource dans les cas où une abondante collection de sérosité se serait formée dans les cavités séreuses.

J'ai cité tout à l'heure un beau cas de guérison : le traitement employé avait consisté principalement dans l'emploi des alcalins administrés dans la vue théorique d'amener la dissolution du caillot et la fluidification du sang. Est-ce bien ainsi que la guérison est survenue? N'est-ce pas plutôt par l'étabUssement naturel et spontané d'une circulation supplémentaire? ^ Ne l'oublions pas : c'est là, en effet, l'indication majeure, celle que

nous suggère l'observation de l'enchaînement des phénomènes patholo- ' giques. Mais cette indication, c'est la nature, bien plus que l'art, qui est ' appelée à la remplir. On peut toutefois favoriser ce travail salutaire par ' une position convenable donnée aux parties œdématiées, par l'entretien ' d une douce température autour des membres malades. A ce titre, on ne ' saurait, sans une injuste prévention, refuser une importance véritable ' aux moyens palliatifs que nous avons énumérés. En prolongeant la vie ' du malade, ils donuent à la nature le temps de préparer et quelquefois de

parfaire la guérison.

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Voyei la biMiographie de l'article Azwos (veine), t. IV, p. 598.

Maurice Ratkalti.

pathologie chirurgicale.

Les affections chirurgicales qui peuvent frapper les veines caves sûtA eitrêmement rares. Cela se conçoit, si Ton songe combien elles sont jprofondément cachées dans les cavités thoracique et abdominale, et soustraites par conséquent en grande partie aux chocs extérieurs.

CAVES (veines). — PATHOLOGIE CHIDURGICALE. 635

Toutefois, il faut reconnaître que des instruments piquants ou à lame pointue ont pu les atteindre directement, et que parfois des contusions violentes ont pu en déterminer la déchirures.

1* Plaies. — Les plaies des veines caves sont toujours d*une très-haute gravité. Elles déterminent, en effet, en général, une hémorrhagie interne immédiate et foudroyante, qui entraine rapidement la mort. Les observations assez rares, du reste, que Ton rencontre dans les auteurs, témoignent de ce fait. C'est surtout dans les combats à l'arme blanche et dans les duels que ces plaies ont été observées. De la Motte en rapporte deux exemples, tous deux relatifs à la veine cave inférieure. « On vint me chercher, dit ce chirurgien, pour aller voir un particulier qui venait d'être blessé. Je le trouvai avec un coup d'épée à quatre doigts au-dessous du nombril, et directement au milieu de la ligne blanche qui donnait du sang en quantité... il mourut le troisième jour. Je trouvai à l'ouverture du corps que la veine cave avait été percée comme par une saignée seulement, ce qui ne pouvait avoir été fait que par la petite pointe de Tépée, qui avait traversé tant d'autres parties sans nous être aperçus qu'elle en eût blessé aucune. »

Dans sa seconde observation, la mort fut instantanée. « Un homme de distinction reçut un coup d'épée au ventre, en la partie moyenne et inférieure de la région épigastrique. Je trouvai que Ton apportait ce mort sans qu'il eût répandu une seule goutte de sang par sa plaie, mais son ventre en était autant plein qu'il en pouvait contenir, étant dur et tendu à l'excès... Nous trouvâmes dans l'ouverture du bas ventre qu'aucun intestin n'avait été ouvert dans le progrès de ce coup, riiais bien les deux gros vaisseaux qui sont l'aorte et la veine cave, et cela par une si grande plaie qu'en un instant la plus grande partie du sang fut répandue dans la capacité du bas-ventre, duquel nous le trouvâmes autant rempli qu'il en pouvait contenir. »

Je puis citer une observation analogue concernant la veine cave supérieure. Un jeune homme est tué en duel. L'épée avait pénétré entre la deuxième et la troisième côte droite. La mort fut instantanée. A l'autopsie, on constata une plaie de la veine cave supérieure, et un épanchement considérable dans les médiastins et le péricarde.

La mort ne survient pas toujours d'une manière aussi rapide. Déjà nous avons vu que, dans la première observation de de la Motte, le blessé survécut trois jours. Le Rouge, cité par Boyer, rapporte le cas d'un homme qui ne succomba que le douzième jour, d'une blessure faite par une épée, qui traversa de part en part Voreillette droite^ qui est le confluent des deux veines caves et de l'aorte.

2^ Déchirure par contusion. — Les déchirures par cause traumatique des veines caves, surtout de la veine cave inférieure, ont été observées un certain nombre de fois.

Sous l'influence d'une pression énorme, le sang se trouve subitement refoulé avec une violence telle que la paroi veineuse cède et se déchire dans une plus ou moins grande étendue. Tel est le cas cité par

636 CAVES (fEiNEs)*. — pathologie chirurgicale.

Morgagni. Ainsi, Pyper raconte qu'un artilleur, sur le corps duquel avaient passé les deux roues d'un caisson, et qui mourut douze minutes après, présentait à Tautopsie les particularités suivantes : nulle trace de violence extérieure; une fracture des cartilages des sixième, septième et kuitième côtes droites; une fracture du sternum; une forte contusion da poumon droit. Le péricarde était plein de sang. La veine cave inférieure était déchirée dans toute sa portion péricardique jusqu'à Foreilleite droite, etc. Bourgougnon a rapporté à la Société anatomiqoe un cas de rupture de la veine cave inférieure qui avait été opéré par le passage d'une roue de voiture sur Fabdomen, sans qu'il y eût cependant ie blessure des parois de cette cavité.

Fontan a présenté à la Société de chirurgie de Paris une observation dans laquelle on voit sur un homme qui s'était précipité d'un troisième étage, avec des fractures multiples des os du crâne et de la face, des côtes, des cartilages costaux, des clavicules, des os coxaux, des membres, avec une rupture du foie et de la rate, une déchirure de la veine cave intérieure à son entrée dans le péricarde, et un épanchement dans c«lle cavité.

La lésion peut aussi être moins immédiatement mortelle. Netter raconte qu'un homme fit une chute d'un premier étage, le 23 avril 1813. Après un affaissement assez marqué, une amélioration sensible se manifesta. Le 30, apparut de la fièvre, puis on constata un symptôme singulier, un bruit de souffle assez fort en avant et en arrière de la poitrine, ai niveau du coeur, distinct toutefois des battements de cet organe. L'oppression, la toux survinrent, puis l'infiltration des extrémités infcrteures, puis des crachats rouilles, puis enfin la mort vers le vingtième jour. — Autopsie : épanchement sanguin dans divers points du ptfitoine. Les viscères abdominaux enlevés, on aperçoit entre les deux reio^ une tumeur bleuâtre fluctuante, qui soulève, en les décollant, Virtère aorte et la veine cave. L'artère repoussée et comprimée donnait le bruit de souffle, la veine, à sa partie inférieure et postérieure, présentait ai» p^ite déchirure qui la mettait en communication avec la tumeur, qui A'était autre chose qu'un épanchement de sang veineux.

On comprend, dans ces différents cas, comment agit la contusion tIolente. Elle arrête d'abord la circulation. La veine se gorge de sang et cède d'autant plus facilement sous l'impression qu'elle reçoit.

Cet accident serait singulièrement facilité s'il existait au préalable une altération des parois veineuses. Mais ces altérations sont elles-mêmes fort rares. La dégénérescence athéromateuse ou calcaire, si fréquente pour les artères, est exceptionnelle pour les veines. Les tubercules des veines sont plus rares encore ; en voici pourtant un exemple observé par Verneuil : chez un sujet qui présentait de nombreux ganglions tuberculeux de Fabdomen, on trouva de petites nodosités placées dans l'épaisseur d^ parois de la veine cave inférieure, et soulevant la membrane interne au-dessous de laquelle elles apparaissaient comme de petits points blancs. L'examen microscopique montra qu'ils'agissaiteffectivementdetuberculcs.

CAVES (VEI^E$). — PATHOLOGIE CHLRHR6K1LC. 6SI

n est probable que c'est toujours à une aitéraiion préexistante de It veine cave qu'il faut attribuer les cas de rupture spontanée de ce vaisseau. Le 'fait suivant, que nous empruntons à Squibb, en est un bel exemple :

Le sujet de l'observation était un mulâtre de 57 ans. A plusieurs reprises il avait présenté des douleurs abdominales, surtout i droite, ao-; compagnées de vomissements. Le tout avait été attribué à une péritonite. Au moment où il allait mieux, en se soulevant dans son lit, il fut pris d'une syncope et succomba quelques heures après.

L'abdomen était plein de sang. Il existait une rupture de la veine cave ascendante immédiatement au-dessous du bord inférieur du foie. Dans ce point, la veine était considérablement dilatée» Les parois en étaient fortement altérées et amincies. Un caillot à moitié organisé, qui était renfermé dans la dilatation, avait contracté des adhérences avec les parois ramollies du vaisseau, et la rupture s'était produite sur le bord du caillot et non sur le point le plus saillant de la tumeur. Celle-ci occupait la portion antérieure de la circonférence du vaisseau ; elle était recouverte par le bord inférieur du foie et par une portion de Testomac.

Quelle que soit l'origine de la solution de continuité, elle entraine des symptômes identiques. Si elle est large, il se fait un épanchement rapide soit dans le thorax, soit dans le péricarde, soit dans l'abdomen ; et la mort arrive tantôt instantanément, tantôt au bout de quelques minutes, avec les symptômes des hémorrhagies internes.

Si la solution de continuité est moins considérable, on a vu la vie se prolonger plusieurs jours, 12 jours dans un cas, 20 jours dans un autre. Les signes hémorrhagiques sont encore la caractéristique de cette situation. Il est probable qu'une plaie très-étroite, intéressant à la fois la veine cave et l'aorte, pourrait devenir le point de départ d*un anévrysme artérioso-veineux, comme cela s'est présenté à la suite d'une rupture spontanée.

Le diagnostic exact du vaisseau divisé est souvent impossible. On peut reconnaître la lésion de Tun des gros vaisseaux des cavités ; mais je ne sache aucun symptôme qui permette d'affirmer que la veine cave est blessée à l'exclusion de l'aorte, à moins que la plaie extérieure ne soit assez large pour laisser passer des flots de sang noir.

Le pronostic est toujours très-grave, même quand la mort ne*survient pas immédiatement.

Dans ces cas, qui comportent toujours une plaie extrêmement étroite, et qui sont les seuls auxquels on puisse appliquer un traitement^ deux indications doivent surtout être remplies : la première est l'immobiUsation absolue du malade; les plus grandes précautions doivent être prises lorsqu'il faut le transporter du lieu de l'accident à sa résidence. La seconde est l'application des réfrigérants^ qui modéreront l'hémorrhagie et pourront faciliter la formation d'un caillot autour de la blessure veineuse et sa cicatrisation ultérieure. P. Denugé.

CEiNTAURÉES. — rEnrE-CERTAORÉE.

€1IIJLIJI4AI»E (TiMv). Voy. Conjongtif (Tissu).

CEIaMaVMaE. Voy. Histologie.

CEJVTAUBÉES. — Le nom de Centaurée a été donné à plusievn plantes dilTércntes. Pour éviter la confusion, nous allons d* abord décrire Ii plus communément employée.

I. Petlle-Cealaarée 1% thraea Centaurium Rich.) (figure 159) appartient à lafaùUe des Gentiakées.

Description. — C'est une îfc gante petite plante de 20 à 55 centimètres de hauteur, qu'on ' rencontre partout en France.dâBs les prairies, les bois, sur le borâ des haies, etc. La racine fibraise pousse une tige angaleuse, portant des feuilles opposées vers k haut, en rosette vers le bas. U tige se divise dichotomiquemeol et donne à l'extrémité de se divisions de petites fleurs d'unro« tendre.

Analyse. — lies sonunite fleuries, mais surtout les parties vertes, jouissent d une graoè amertume ; on doit donc, malp riiabitude qu'on a de ne presenn que les fleurs, employer de préférence tonte la plante. Henrr i même observé que la Petite-Centaurée est d'autant plus active que siioraison est plus avancée.

Dulong d'Astafort y a découvert un principe qu'il nomme Cent(mr'm% et qui serait, suivant lui, le principe actif.

C. Méhu a publié deux travaux remarquables sur cette plante. DansoD premier mémoire (1862), il l'étudié au point de vue pharmaceutique et chimique. L'Erythrœa Centaurium fournit une eau distillée, un apothème, une matière amère, une matière céroïde, et un principe particulier crbtallisable, qu'il nomme Erythro-Centaurine. L'auteur insiste surtout sur le mode de préparation et les conditions les plus favorables du rendement, et traite avec grands détails de la matière cireuse.

Dans son second mémoire (1865), Méhu s'occupe du principe cristalfeê, il en donne les caractères et décrit ses réactions avec les acides, les alcalin les métalloïdes, les différents sels. 11 s'attache en particulier à rétud^ de l'action de la lumière sur l'Ery thro-Centaurine. Les cristaux, d'iacolors qu'ils sont d'abord, passent assez rapidement et sans changement de poiJà

Fi«. 159. — Pelile-CenUurée [Erythrsea Centaurium),

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