CENTAURÉES
au rose, puis au rouge vif, quand on les expose à inaction directe des rayons solaires ; ce phénomène est d'autant moins rapide que la lumière est plus diffuse; la coloration disparait si l'on vient à redissoudre les cristaux ou à les exposer à la chaleur. Ces considérations amènent Fauteur à penser que la lumière produit sur TErythro-Centaurine une modification physique et non pas une action oxydante.
Propriétés, usages. — La Petite-Centaurée est un amer, et pour cette cause on la voit préconisée comme tonique, stomachique, vermifuge et fébriftige.
C'est pour ainsi dire notre Quinquina indigène, partout on voit cette plante employée comme fébrifuge par les gens du peuple. Quelques praticiens même l'indiquent à leurs malades et les guérissent parfaitement. On dit à cela qu'il est possible qu'elle réussisse dans les fièvres vernales, dans celles où tous les amers eussent réussi aussi bien qu'elle, mais on lui refuse, en général du moins, la propriété d'arrêter des accès d'une autre nature. Je crois que c'est aller trop loin : le Quinquina lui-même n'est pas infaillible, et j'ai vu la Petite-Centaurée réussir la où le quinquina avait échoué; je n'en tirerai pas la conclusion que l'on doive remplacer l'un par l'autre, mais il me semble qu'on devrait chercher un peu plus à utiliser une plante que sa réputation recommande à notre attention, et I que Nepple considérait, il y a déjà longtemps, comme le meilleur succédané de l'Écorce du Pérou.
Nous n'insisterons pas sur ses autres propriétés, elle ne présentent rien de spécial.
Doses, mode d'administration. — On emploie ordinairement la Petite- Centaurée : 1"* en infusion^ 10 à 30 grammes pour un litre d'eau ; 2** en poudre à la dose de 2 à 10 grammes. On en a fait une eau distillée, un sirop, une teinture, un vin amer, et un extrait.
I On emploie au Brésil et au Pérou, sous le nom de Canchalagua^ Cachen ta huet ou Cachalouai^ une plante qui se rapproche beaucoup de notre Petite-Centaw^ée par son port et par ses propriétés; c'est VErythrsea Cjhilensis. On l'administre à la dose de 4 à 8 grammes par tasse dans les fièvres intermittentes, la pleurésie et l'ictère.
H. Centaurée (Centanrea Linn.). — C'est un genre de la famille des SvNANTHÉRÊEs. Prcsquc toutcs Ics cspèccs de ce genre lui empruntent le nom de Centaurée, auquel ils joignent leurs noms spécifiques. C'est ainsi que l'on a la Centaurée Chardon béni, la Centaurée Bluet, la Centaurée Chausse-trappe, etc.; toutes sont employées en médecine, nous allons dire ({uelques mots des plus importantes.
A. Centaurée officinale (Centanrea Centaurinm Linn.). — Cest la grande Centaurée. Elle fournit ses racines. Elles peuvent atteindre 60 à 80 centimètres de longueur, elles sont charnues, allongées, rougeâtres, d'une odeur aromatique, d'une saveur amère.
On Ta regardée autrefois comme sudorifique et tonique. En tout cas elle peut revendiquer sa place parmi les amers indigènes.
B. Centaurée bénie, Chardon béni (Centanrea benedicta Linn.). — On
640 CENTAURÉES. — bibliographie.
emploie les feuilles, les fleurs et quelquefois les semences. A hautedn^ille est émétique. A dose moins forte (15 à 60 grammes pour un fit» dcao en décoction ou suc exprimé de 50 à 100 grammes), on Ta recommaDdie dans les mêmes cas que la Petite-Centaurée, c'est-àrdire comme loDÎqoe^ 8udori6que, yermifuge et fébrifuge. Nous renvoyons à ce que nous itods dit plus haut à propos de cette plante.
C. Centaurée Chausse - trappe ou Chardon étoile {Centaureû ùlàtrapa Linn.), elle est caractérisée par son inyolucre formé d'écaiHeBantaquées à base large, dilatée et charnue, terminées au sommet par unekn^ épine très-aiguë et résistante, accompagnée à sa base d'épines l^énb plus petites.
On a employé toute la plante.
Les semences et la racine, qui sont d'une saveur assez douce, oui joui d'une grande réputation dans les affections des voies urinaiici, surtout dans la néphrite calculeusc. Les feuilles et les fleurs sont d'un grande amertume, et on les a administrées dans les mêmes cas que leî Centaurées précédentes. Clouet, Bertin, Laudo et Yalentin les ont expénmentées et en font le plus grand cas dans la Bèvre intermittente; le»HDbre des succès qu'ils ont enregistré est considérable et semble probaol
On l'administrera à la dose de 15 à 60 grammes pour un litre d'eau ae décoction. Le suc exprimé se donnera à celle de 120 à 160 granuDes^k poudre des feuilles et des fleurs de 2 à 5 grammes, l'extrait aifumi depuis 15 jusqu'à 60 grammes, l'extrait alcoolique de 60 centigramie à 2 grammes. Les semences sont données en macération dans du v» blanc à la dose de 4 grammes.
D. Centaurée Bluet {CcTUaurea Cyanus Linn.). — Tout le monde t» naît cette jolie plante à fleurs bleu de ciel, qui se rencontre dans toolej nos moissons vers le mois de juin. On se servait autrefois des fleon pour faire une eau distillée, si estimée dans les maladies des yeiD> qu'on avait surnommé la plante Casse-lunettes ^ mais maintenant ce câ^ a bien perdu de sa réputation, et Ton n'emploie VEau de Blu^V^ comme véhicule ; on l'unit au sulfate de zinc ou à tout autre astringest auquel on attribue tout l'honneur du succès.
Le Bluet possède une amertume assez grande : c'est ce qui a fait ^ ger h l'utiliser comme apéritif. On fait alors une infusion de 10 i 1^ grammes de la plante dans 1 50 à 200 grammes de bière ou de vin bluK- — On Ta aussi donné dans l'hydropyrie.
Les fleurs du Bluet ont été utilisées dans la teinture.
MoRETTi (Henri), Examen de la racine de Gentiane (in notis) (Journal de pharmaâi, 1^1'
DuLORG (d'Astafort), Académie des sciences, 1830. Nepple, Usage de la Petile-Gentaurée dans le traitement des fièrres intermittentes (Arch, |^^
Jii^.,i831, t. XXVI, p. 267).
Méhu, Recherches pour servir à l'histoire chimique et pharmaceutique de la Petile-Ceot»'^
Thèse deTécole de pharmacie, Paris, 1862. — Élude chimique et physique sur Vikfiia^' i^ taurine et la Santonine (Thèse de doctoral, Paris, 1865).
Léon Marchaio).
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — DLFnmo.N et plan. 641
€ÉPHAIi.%Ii€^IE, CÉPHAIiÉE ('/.^çxay;, tète, aX^c;, douleur). — Déflal<l0ii et plan. — En anatomie, on entend par tête l'extrémité supérieure du corps humain qui loge les principaux organes des sens et le principal centre du système nerveux. Prenant le mot céphalalgie^ 7.£faXaXYia, dans son acception étymologique, nous étudierons sous ce nom toute douleur qui occupe une partie ou toute retendue de la tcte. Jusqu'à présent, on n'a compris sous ce nom que la douleur qui occupe cette partie de la tétc qu'on appelle le crâne; aussi on étudie dans autant de chapitres la douleur qui occupe les autres parties. Ex. : la névralgie sus-orbi taire, la névralgie faciale, la névralgie dentaire, la névralgie occipitale, etc., etc. Ces diverses névralgies ne représentent, en somme, que la localisation de la douleur sur telle ou telle partie des organes si nombreux contenus dans la tète. Si l'étude séparée de ces diverses localisations est excellente au point de vue de la méthode, il n'est pas moins vrai qu'ayant à étudier la céphalalgie au point de vue de la pathologie générale et de la seméiologic, nous devons nous en tenir à la propre acception du mot et étudier la céphalalgie en général, quelle que soit sa localisation. En un mot, nous étudierons le phénomène morbide céphalalgie, sans nous préoccuper de son siège, de sa localisation, et par suite des divers noms qu'on lui a donnés. Pour que cette élude soit fructueuse, nous rappellerons suivant les préceptes donnés par Jaccoud dans son excellent travail sur les paraplégies, qu'en séméiologie trois ordres de questions doirentôtre résolues par le clinicien : 1" Le symptôme qu'il a sous les yeux est-il réel? Est-ce bien une céphalalgie qui existe? C'est, on le voit, le diagnostic du symptôme que le médecin doit poser tout d'abord. Pour résoudre le problème, il faut étudier le symptôme en lui-même, c'est-à-dire en connaître les caractères, l'évolution, la durée; c'est donc ce que nous ferons tout d'abord dans cette étude de la céphalalgie. 2* L'existence de ce symptôme étant reconnue, la deuxième question qui se présente à Tesprit du clinicien consiste à savoir quelles sont les conditions organiques ou instrumentales du symptôme ? Nous devons donc rechercher dans un deuxième chapitre quelles sont les conditions étiologiques de la céphalalgie ? Nous poserons ainsi le diagnostic pathologique. 5° La troisième question qui reste à résoudre est la suivante : Quelle est la maladie qui a donné naissance à ce symptôme? autrement dit : Quel est le diagnostic nôsologique? Ce n'est qu'après avoir résolu toutes ces questions que nous pourrons aborder avec fruit la question du pronostic et celle du traitement. Mais, disons de suite, que, si dans certains cas, il est possible au clinicien de résoudre ces trois variétés du diagnostic, il n'en est pas, malheureusement, toujours ainsi. Bien souvent, il n'est donné au médecin, malgré sa sagacité, de ne résoudre que les deux premières, le diagnostic du symptôme et le diagnostic pathologique. La troisième, le diagnostic nosologique, oflVe de telles obscurités et de telles difficultés qu'il est de toute impossibilité de la résoudre sinon par à peu près, du moins très-complètement.
L'élude du symptôme céphalalgie fera ressortir dansjout son jour cette
KOUV DICT. Htb. ET CHIR. VI. ^— 41
649 CÊPHALAL61B, CÉPBALÊB. -^ CAitiOrta», «ueifomd, STitm^itotoeiL
diffioiiUé. Avant dû eomnlenccrG«itl6 étude, donnons quelques explications mt ces deux mots : céphalalgiey céfhalée: .
Les auteurs modernes, prenant le mot céphidalgie dans le sens le phi général^ confondent dans leur description les deux termes : cipMd^ïtt céphalée. Les anciens, au contraire, attachaient un 9ens différent i ces deux termes. Pour eux, la céphalalgie désignait une douleur l^ère, limitée, et surtout passagère; tandis que la céphalée, ainsi que riod/qw son étymologie {eephidasa^ xe^xXaCa, de xe^aXi^, tête), signifiait on mal de tête violent, opiniâtre. Sous cette désignation, ils avaient lurtoot en vue ces maux de tête si violents qu'on rencontre dans lésinadiea soit diathésiques, comme la goutte, Tarthritis, etc.; soit cqds^tutionnelles , comme la syphilis, etc. Pour eux, ces deux mots ne signifiaient pas une difTérenee dans l'hitensîté, dans la forme de la doh leur; ce n'était pas deux degrés d'un même genre, ainsi que le prétendent les auteurs modernes avec Sauvages, mais ils signifiaient deux genres différents, se montrant dans des conditions diverses, et acqoérant par là une valeur diagnostique et pronostique bien difEérente. QoaiÉ à nous, acceptant pleinement les idées anciennes, nous essayerons, quoiqu'en étudiant ensemble ces deux phénomènes, de montrer qu'A (atf garder à chacun d'eux leur signification propre; car, si les caractères morbides sont, à la durée et à l'intensité près, les mêmes dans le deux cas, ils n'en offrent pas moins certaines divergences qui kor donnent une valeur pathologique bien différente. C'est surtout au pcnnt de vue du diagnostic nosologique qu'il est important d'établir cette distinction*
Si nous ne faisons pas précéder cette étude d'un historique, c'est que cehii^i nous a paru à tous égards hors de propos. S'il nous fallait, en effet, montrer toutes les vicissitudes que l'étude de ce phénomène morinde a subies depuis les temps les plus reculés jusqu'à notre époque; s'il tm fallait citer tous les auteurs qui l'ont étudié et qui en ont donné des explications les plus diverses, et plus ou moins fondées, il nous aurait lilh sortir du cadre qui nous était imposé. En outre, ce travail aurait été fastidieux pour le lecteur. Nous avons préféré faire ressortir dans le courant de cette étude les opinions qui nous ont paru offrir quelque intérêt, et placer dans V Index bibliographique qui fait suite à ce travail les noo^ des auteurs qui ont plus ou moins étudié le phénomène morbide qui nou^ occupe.
€»r«eiéveti« »l«gBO«tle «rflnpfoBMitl^rMe. — La céphalalgie peot être générale, occuper toute l'étendue de la tête» ou bien être partieUe (circonscrite), n'occuper qu'une partie, une moitié latérale (héroicranie),iifl^ région, occipitale ^ frontale ; ou bien enfin elle peut n'occuper qu'un espace très-limité, comme le sommet de la tête dans l'hystérie ; on l'a désigo^ alors sous le nom de elou. Elle peut se présenter à un d^ré d'intensité très-variable. C'est, on se le rappelle, sur l'intensité plus ou voxm grande que présente la douleur de tète, que les auteurs s'appuient dans la detcrtption séparée qu'ib donnent de la eéphatalgie et de la c^^
C^^nALALCIE, CÉPHALÉE. -^ €AiuwiiB&, D^cnmic; sviir<mAiin4cU. 64S
i^« J)aTaste^ dans ces deux tas, la dooleiir peut être légère au viûlenle, aiguë ou sourde. Lorsque la céphalalgie est légère, c'est) plutôt une géoe qu'une TéritaUa souffraoee; elle «e Hianifeste seule sans influer sur les Gooibioaisons intellectuelles. Mais en passant par .des degrés interné* diaires^ ellfî peut acquérir une. Tiolence extrême. Aien ne peut faire mieux apprécier les diffàreats d^rés d'intensité de la céphalalgie qjue la peinture faite par les malades i pour les uns, c'est une seiK satioa de cl^leur, de tension, de constriction, de fourmitteaieots, de pice^ements, d'élancements., Pour les autres, c'est une sensation de déchirement», de pulsations ; ce sont des éclairs de douleur» Pour ceai-ci, il semble que lem* téta édMe, qu'on la brise à coups de marteau; ou bie^ ils Oint la sepsation d'un poids^ d'un liquide qui se ^place et ballotte; pour d'autres, la tête est légère et comme iride* Dans quelques drcoiK stances, le cuir cheTelu, les, cheveux mêmes ne peuvent être touchés san» ai^gmeoter la souftrance. La douleur est assea vive pour faire pousser de» cris au malade. La tète a besoin d-étre soutenM; les malades pressent le Qront ou les parties doulourewtsea au ^noyen de leurs mams, de moucfioirs ; ils cherchent des endroits frais pour appuyer leur tête. Arrivée à ce degré,, on comprend facilement que la oêphalalgîe doive s'aecompagner d'un cortège de phénomènes qui sont la oanséquenee de l'intensité de la douleur. C'est ainsi que les sens s'affaiblissent ou se troublent^ qu'ils deviennent d'une susceptibilité exagérée; les malades sont en proie^ soit à des boiirdonnements, à des sifflements d'oreilles ; soit à vn trouble^ de la vue, consistant dans une dilatation ou dans une contraction an(yrmal& de la pupille; il existe de la diplopie ou de l'hémiopie; les malades se retirent dans des appartements sombres, loin de tout bruit, «ar le moindre bruit, la lumière la plus faible leur oecaaonneat de «violentes dou* leurs. La sensibilité cutanée est de même plus ou mains itérée par de Vfiypecesthésie ou de l'analgéeie« a La lace est souvent animée, injectée, onctueuse; toutes les dents» d'un côté, sont parfois doutoorenses. La cir^ culation cépbalique parait évidemment accélérée ; les mières temporale» battent avec force; les veines de la tête et du cou sont souvent gonflées » (Calmeil). Les sécrétions sont plutdt augmentées que ralenties. Ledé> lire enfin peut se montrer comme dernière, expression d'une soiuflirance e]^géréç.
, Outre. C0S pbéoomènea qui se manifestent dans le domaine cérébral^ on observe généralement quelques symptômes du côté des autres organes. L^s mfilades ont de l'anareiûaî 1* .langue «si Jbkmaha; h aoif^ast vive; il existe uu dégoût priMMueé pour les aliments ; parfois les malades ont de» nausées» d^& vomissements; tms ces derniers phénomènes se rapportent bie^ plus & la migraine, espèce partkiuUère de céphalalgie dont nous n'a-» vQus pas à nous occuper ici, qu'à la céphalalgie proprement dite. Les ma-'lades éprouvent un sentiment de malaise indéfinissable, uneinaptilude au traivail très-marquée; ils sont nonchalants, les mouvements sont pénibles. Lorsque ces accès violents de céphalalgie «at cessé, les malades sont courbaturés^ maussades et ne se remettent qu'après un temps plus ou
644 CÉPflALALGIE, CÉPHALÉE. — CÂiucTlaEs, diagnostic, sysptoîuiouwe
moins long. Enfin, on observe les symptômes des afTections dontli céphalalgie n'est qu^un phénomène.
La durée de la céphalalgie ne varie pas moins que son intensité ou ^(c siège. Elle est éphémère ou permanente. Elle ne dure que qadq» heures; ou elle se prolonge pendant plusieurs jours, plusieurs mob. ?: même, dans quelques circonstances, pendant plusieurs années, jkquet.)
Quand elle dure longtemps, pendant des mois, des années, «ok plus à la céphalalgie que Ton a affaire ordinairement, mais bienàlitéphalée, et celle-ci persistera tant que la maladie diathésique ou màttionnelle persistera. Dans les maladies diathésiques, comme lagoatttisi la voit succéder à des attaques, ou bien elle les précède, ou bieoaii elle se montre seule, et avec une violence et une opiniâtreté telles (pé mérite bien le nom de céphalée, que les anciens lui ont donne. Dansœ cas, le plus souvent, elle n^est pas continue, elle offre le type intermittat et il peut même se faire ({ue les accès reviennent avec une périodicité f. en impose d'abord pour une névralgie d'origine paludéenne. La classe <!^ fièvres larvées en offre un remarquable exemple. D'autres fois, au mtraire, la céphalée est continue; pourtant, à certains moments elle sW père, elle présente, si nous pouvons nous exprimer ainsi, le typerémitlal C'est ainsi que nous voyons la céphalée des syphilitiques présenter deses^ cerbations, la nuit principalement, lorsque les individus sont aulitL chaleur du lit paraît, en effet, jouer un grand rôle dans cette exacerbaiffl. A Tappui de cette opinion, nous relaterons le fait suivant qu*il nous i èk donné de voir dans le service du professeur Nélaton. Une - jeune feioœ blanchisseuse et repasseuse, était atteinte de tumeurs gommeuse^. ^ état l'obligeait souvent de passer la nuit à son travail. La céphalée db douleurs ostéocopes ne présentaient pas alors d'exacerbation. Nais ^ elle venait à se coucher dans la journée, au bout de quelques instautî!^ douleurs devenaient tellement vives que le sommeil était impossible. Et un mot, sitôt que celte malade se mettait au lit, ses douleurs s'enspfraient à un tel point qu'elle était obligée de se lever. L'iodure de poliisium à faibles doses la guérit radicalement.
Le diagnostic de la céphalalgie, considéré seulement comme phc»mène de la douleur, ne peut présenter aucune difficulté. Aussi D'e<t4 pas besoin de s'appesantir sur ce point. Disons seulement que lacéplalalgie étant un trouble purement subjectif de la sensibilité dont nous o^ reconnaissons Texistence que par le récit qu'on nous en fait, il en résuw qu'il faut que le malade conserve toute son intelligence pour qu'il f^^ nous en rendre compte. De même le très-jeune enfant qui ne peutananser les sensations qu*il éprouve, n'accusera pas ce phénomène morbiot Quant à certaines formes de céphalalgies intermittentes, et principal ment de céphalées apyrétiques que l'on pourrait confondre avec la augraine, la difficulté n'est grande qu'en apparence; car si l'on ti«i' compte des caractères de ces céphalalgies, de ces céphalées, et surt^» des caractères propres à la migraine, on verra que la confusion n fôtp'
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — conditions tTioLocigiEs. G45
possible entre ces deux ordres de phénomènes, pourtant si rapprochés l'un de l'autre. Du reste, à l'article Migraine, celte différence ressortira! dans tout son jour.
Conditions élloloyiques de la céplialalgle» — Blaynostlc l»atlio9éniiine. — Avant de relater les diverses circonstances dans lesquelles on voit survenir la céphalalgie, nous croyons devoir exposer les divisions, les classifications que, de tout temps, les auteurs ont cherché à établir dans cette étude.
La céphalalgie est un phénomène si commun, elle se montre dans un si grand nombre de maladies, qu'on pourrait dire qu'il n'existe pas un trouble dans l'économie qui ne s'accompagne de douleur de tête. Aussi, les auteurs devaient-ils proposer une foule de divisions dans l'étude de ce phénomène. Sans vouloir les rappeler toutes, ce qui serait fastidieux, nous dirons seulement que depuis Hippocrale, qui n'étudie la douleur de tête que dans ses rapports avec les maladies du cerveau, et depuis Arétée, qui le premier vit bien la différence existant entre la céphalalgie et la céphalée, jusqu'à Sauvages, on a admis autant de variétés de céphalalgie qu'il y avait de causes possibles. Pariset, le premier, introduisit dans cette étude une classification qui, de nos jours encore, peut être employée avec avantage; c'est ainsi qu'il étudia les céphalalgies suivant qu'elles sont sympathiqueSy idiopathiques ou symptom alignes. M. JoUy considère que la céphalalgie peut dépendre de deux ordres bien distincts de causes, les causes directes et les causes sympathiques. MM. Georget et Calmeii ont proposé la division suivante : 1*^ céphalalgie passagère due à des causes passagères ; 2** céphalalgie chronique ou céphalée ; 5** céphalalgie symptomatique d'affections viscérales diverses. Burder la divise suivant son siège, dans les muscles, dans le périoste, dans les os, dans les vaisseaux, dans l'encéphale, suivant sa durée périodique ou continue.
Monneret la divise en quatre genres :
Premier genre. — Céphalalgie par suite d'une perturbation nerveuse;
Deuxième genre. — Céphalalgie par suite d'une congestion sanguine des centres nerveux ;
Troisième genre. — Céphalalgie par suite d'une altération de la boîte osseuse ;
QuATRiÈBfE GENRE. — Céphalalgie symptomatique d'un trouble dans les fonctions de digestion.
L. Becquet, à l'exemple de Willis, la divise en accidentelle et en habituelle. Chacun de ces genres se subdivise en céphalalgie essentielle et ceplialalgie symptomatique.
Certains auteurs, enfin, admettent trois classes de céphalalgie :
Première classe. — Céphalalgies congestives ou sanguines^ celles qui surviennent sous l'influence d'une congestion, d'un afflux de sang vers la tête, comme on Tobserve dans certains cas de pléthore générale ou locale, lorsqu'il existe des obstacles à la circulation dans les parties supérieures du tronc^ ou lîien lorsqu'il existe des phlegmasies ou autres
«46 CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — conditions etiologiqces.
altérations intra-crànienes. C*est, on lo voit, la céphalalgie s^ioptomiiique de presque tous les auteurs.
Deuxième classe. — Céphalalgies sympathiques de Fétat fébrile ou 4^halalgies feT^riUs. Mais, comme la céphalalgie peut se rencontrer' dai» des afTeciions apyrétiques, on range dans cette classe les céphalalgies sympathiques d'affections apyrétiques générales ou locales.
Troisième classe. — Céphalalgies par diathèse ou par cachexie, c'eslà-dire les douleurs de tète déterminées par Faction sur Tencéphak et ses enveloppes de quelqu'une des diathèses généralement admises, leBwçie la diathèse rhumatismale, goutteuse, ou par une cachexie, comme la ^jphilitique, Tanémique.
Quant à V. Racle, professeur agrégé à la Faculté de médecine, il ne •donne point de divisions. Suivant cet auteur, la douleur de télé est rhumatismale, névralgique, congestive, anémique; c*est quelquefois uoe simple névrose. Chacune de ces formes se présente dans les maladies les plus dilTérentes, et une même maladie peut donner Heu à toutes «s formes diverses de douleur. Toutes les fois, ajoute cet auteur, qu un malade présentera le phénomène céphalalgie comme symptôme prédominaot, on cherchera à reconnaître :
Si la céphalalgie réside dans les enveloppes extérieures de la tête, Jao.^ le crâne, dans les parties les plus profondes, ou si c'est une douleur <)t «iége indéterminé (migraine proprement dite). Acceptant cette demièn manière de voir, tels sont les points principaux que le clinicien Atsn chercher à éclaîrcir; toutefois nous devons ajouter que s*U est possitk f)arfois de préciser le siège exact de la douleur, que s'il est possible de •dire qu'elle a son siège dans la peau, les muscles, le périoste, les os ou les nerfs; d'autres fois celte distinction est impossible malgré l'exames physique le plus minutieux. Il était nécessaire de faire de suite cette restriction, car c'est là une nouvelle difticullé qui vient se joindre à celte ^ue nous avons déjà lait pressentir. Malgré cette difficulté, nousn'hési- Ions pas à adopter celte manière de procéder dans l'étude des causes, car nous croyons que la connaissance du siège de la céphalalgie, toutes te fois qu'il se pourra, combinée avec les caractères présentés parceph^ nomène, sera pour le clinicien d'un grand secours, non-seulement pour rechercher quelles en sont les conditions étiologiques, mais encore pour résoudre le diagnostic nosologique. Aussi allons-nous passer succfôsi^ement en revue la céphalalgie due à une lésion soit de la peau, soit des muscles et du tissu flbreux, soit des os de la tête ; la céphalalgie duc i tine lésion des centres nerveux. Enfin, nous terminerons ce chapitre ffl «tudiant la céphalalgie développée en dehors d'une lésion évidente de» centres nerveux.
A. Céphalalgie dde a une lésion soit de la peau, soit des wsctf-'
ET DU TISSU FIBREUX, SOIT DÇS OS DE LA TÊTE. — LcS lésioUS de CCS d^
vers tissus qui donnent lieu à de la douleur de tète sont peu nombreuses, ^ussi très-souvent, pour ne pas dire toujours, la céphalalgie peut éclai^ le diagnostic.
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — . cohditions ^SriotociguEs. 647
Je laisse de c6té Térysipèle, qui s'accompagne d une douleur de tête d'abord légère, mais qui devient bientôt tensive, gravative, dont le siège est très-superficiel et qui augmente à la moindre pression, pour parler immédiatement de la céphalalgie dans les alTections névralgiques de la tête.
Comme conditions étiologiques, nous trouvons les causes habituelles des névralgies ; c'est ainsi que la céphalalgie survient ordinairement chez les individus qui y sont prédisposés par transmission héréditaire, les influences sidérales et météorologiques, le froid, l'humidité ; les travaux intellectuels; les chutes, les coups, les contusions, les blessures, les diverses altérations des nerfs en sont la cause habituelle : les névrites, les névromes*
Dans ces affections névralgiques, la céphalalgie se mon elle est superficielle. Les malades sentent et disent très-bi au dehors de la tcte et dans les parties molles; la pressio surtout dans certains points. Cette douleur siège, en effet, < ches de la cinquième paire ; aussi peut-on suivre son irradia dernières ramifications du nerf sur lequel elle siège. Il est avons-nous dit, où elle est plus vivement accusée par le r on vient à exercer même une légère pression. Ces points (points douloureux de Valleix) qu*on retrouve ici comme dans les autres névralgies, sont situés : au niveau des trous sus et sous-orbitaire, au-dessous de Torcille, au-dessus de la nuque, en un mot, aux points d'émergence des principaux rameaux nerveux.
Ces névralgies changent assez souvent de place et affectent tantôt un nerf, tantôt un autre, ou seulement des parties ou des branches différentes d'un même nerf. Les anciens la décrivaient sous le nom d'ftAnîcranie. En même temps que ces points douloureux, on constate une hyperesthésie manifeste des téguments; le plus léger attouchement, le moindre frôlement exercé avec la pulpe du doigt, réveille de la douleur. Trousseau a bien fait ressortir l'importance de ce dernier signe dans les névralgies; nous avons été à même d'en constater toute la valeur dans son service pendant notre internat de 4865.
Les caractères de cette céphalalgie sont très-variables : tantôt vive, brûlante, déchirante, consistant en élancements, en éclairs (ftdgura dolorîs); éclairs qui se répètent très-rapidement ou à des intervalles plus ou moins longs. Tantôt ils sont remplacés par une douleur sourde, obtuse, ou par de l'engourdissement; tantôt, c'est le contraire, de sourde etobtuse, la douleur devient rapidement vive, brûlante et fulgurante. Cette céphalalgie se montre parfois avec des paroxysmes réguliers prenant le type quotidien; d'autres fois elle vient à des intervalles irréguliers. Ces accès se montrent sans cause connue et à des heures indéterminées, mais le plus souvent le soir.
Les caractères de cette céphalalgie sont très-tranchés, aussi possèdet-elle une grande valeur diagnostique. Toutefois sa périodicité pourrait la faire confondre avec la classe des fièvres intermittentes, dénommées
Ui CËPUALALGIE, CkirilALEl::. — co^-BlTIOKs tmwûmct^
fièvres larvées aévralgiques. Mais ici la périodicité est généralemeDtpkb longue : elle est tierce, quarte ou double tieixc. EnOn, il ne se intnifeiie pas d'autres accidents du côté de^ centres nerveux. Dans la céphaial^ aucontraire^ ayant poUr siège les nerfs, la maladie est rarement bMiiée; elle présente des irradiations ; *et on voit survenir alors les phéooméoes habituels des névralgies, c'est-à-dire. augmentation des sécrétions, convulsions partielles, instantanées et douloureuses, telles que le ik^h (ace. Les caractères de cette variété de céphalalgie servent eoBàni^ temps à la diflerencier des autres céphalalgies, et principaleaot de celle due à un rhumatisme du cuir chevelu.
Le muscle occipito-fr(mtal et ses annexes fibreuses peuvent être a&ectés de rhumatisme. Cette affection naît exclusivement sous l'in&iKate du froid. On la remarque ohe^ les personnes qui s'exposent à rhuioidité, à des courants d*air ; chez celles qui laissent la télé découverte quand elle est mouillée de sueurs ; chez les femmes qui font couper leius cheveux; chez les hommes qui se font raser la tête. Entin, ellesedére kippe chez des sujets depuis longtemps prédisposés aux affections rhumatismales, chez ceux qui ont déjà subi plusieurs atteintes de cette sulâdie. Cette céphalalgie est superficielle, générale, occupant les deux côlè de la tête, quelquefois plus forte en arrière qu'en avant { elle est sourde, contusive, rarement vive, sans élancements; elle augmente par la pKsm et par les mouvements. La douleur est surtout très-vive au niveau Jfr attaches musculaires. Elle est continue et n'est pas limitée à un trajet nerveux. Elle ne s'accompagne pas de fièvre, ni des autres pbénomèoes^ réaction générale. Burder la décrit sous le nom de céphalalgie musadain suivant lui, elle se dissipe le plus souvent sans Tintervention des moy^ médicaux. Du reste, tenir la tête couverte et chaude, c^est la première indication à remplir . Qui ne sait du reste qu'on guérit de cette afliection les individus chauves, en leur faisant porter perruque.
Dans certains cas, l'affection rhumatismale n'occupe pas seulenieDi ^ muscles, elle s*ost propagée au périoste. La céphalalgie paraît alors pls^ profondément située; elle est plus intense, elle est générale, tensiveet rémittente; elle augmente par la pression du doigt et la contraction <1& muscles temporaux et occipito-frontal.
Quant à la céphalalgie désignée sous le nom de clou hystérique^ sf» siège, au sommet ou en arrièie de la tête; son peu d'étendue, ainsi qiK son nom l'indique ; sadurée, permanente ou passagère ; tous ces caractère^ la différencient des autres variétés. En outre, c'est un symptôme iïn|wriantà considérer chez une femme soupçonnée d'hystérie; loutefois,il6«' rechercher s'il n'y a pas quelques-uns des phénomènes que l'onrenconln^ habituellement dans cotte névrose.
La céphalalgie syphilitique^ phénomène ordinaire des accidents secoodaires et tertiaires de la syphilis, peut dépendre de lésions siégeant soit dans le tissu cellulaire, soit dans le périoste, soit dans les os. Dne alt^ ration des méninges ou de l'encéphale peut de même y donner !««• mais pour le moment, nous laisserons de côté cette cause de céphalée ue>
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — conditions ÉTrotOGrooEs. M*
syphiHitqués. Nous avons donné déjà un de ses caractères à propos de la marche et de la durée de la céphalalgie; nous dirons seulement ici que cette douleur est générale, gravalive, rarement aiguë ; aussi doitelle porter le nom de céphalée. Elle n'augmente pas généralement par la pression ; elle est plus profonde que les précédentes : elle est permanente et à marche ascendante. Les lésions qui lui donnent naissance sont des tumeurs gommeuses, des éruptions syphilitiques de toutes variétés, des périostoses. Les caractères sont tellement tranchés qu'ils suffisent pour la différencier des autres céphalalgies; en outre, son existence met immédiatement le médecin sur la voie de l'affection. Quant à la céphalalgie par earie au néjcrose des os de la tête^ la douleur n'offre rien de bien caractéristique qui puisse à elle seule faire diagnostiquer ces lésions. Aussi ce n'est que par l'exploration minutieuse des os du nez, de l'oreille; ce nVstque par Texamen attentif des phénomènes concomitants, phénomènes décrits à propos de chacune de ces lésions que l'on peut arriver à en établir le diagnostic. Disons toutefois que ce diagnostic offre dans certains cas de réelles difficultés, et qu'il n'est pas rare de voir rapporter à des I affections névralgiques, des accidents consécutifs soit à une carie du ro- I cher, soit à une lésion des os du nez. C'est pourquoi Lallemand a insisté I avec beaucoup de soins sur l'étude des lésions cérébrales qui compliquent I l'otite chronique.
I B. Céphalalgie due a une lésion des centres nerveux. — Toutes les
,; lésions des centres nerveux s'accompagnent de céphalalgie, aussi bien les , lésions aiguës qu^ les lésions chroniques.
I Dans la métmgite aiguëy la céphalalgie est sus-orbitaire, occipitale ou I même générale. Légère d'abord, elle augmente rapidement, elle devient I continue, exacerbante, et fait pousser des cris au malade qui croit sentir I sa tête serrée circulairement par un lien.
Elle constitue l'un des phénomènes prédominants de la maladie et I persiste jusqu'à ce que le malade soit tombé dans le délire ou le coma. I Même dans ces cas, lorsque le malade recouvre pendant un moment son I intelligence, il accuse de nouveau le phénomène.; car il se montre pen- I dant toute la durée de la maladie et ne s'éteint qu'avec elle. Aujourd'hui, il est impossible d'établir aucun rapport entre la nature de la céphalal- I gie et le siège des altératiotis ; car, elle se montre avec la même intensité aussi bien dans les méningites de la convexité des hémisphères que I dans celles de la base. De même, elle ne présente aucune différence sous le rapport des lésions, et les dispositions individuelles doivent être bien plus souvent invoquées pour rendre compte des différences d'intensité que ce phénomène présente.
Toutefois, chez les enfants, la méningite aiguë simple étant très-rare, un mal de tête sus-orbitraire, violent, continu, avec exacerbalion intermittente fera penser plutôt à une méningite granuleuse, à une méningite tûbercideuse. — La marche de cette dernière affection est plus lente, les accidents sont quelquefois assez lents et susceptibles d'amendement. Dans la méningite aiguë, au contraire, les accidents sont très-rapides. — La du-
«50 CÉPE\LALGIE, CÉPHALÉE. ^ conmtfoiis énpuuQiiEB.
rée de la céphalalgie dans la méaingite aîgue soit simple, soit 1ub»G8« leuse est longue, elle est en rapport avec la durée de la maiaiKe. Assi, ses caractères, sa marche, sa durée la font différeacier aisément dei Tariétés de céphalalgie que nous avons étudiées jusqu'à présent. Cependait, il est une maladie, la fièvre typhoïde, dans laquelle k céphalalgie aSce bien des ressemblances avec celle que nous éUsidions. Toutefois, il mk des diiïérences telles qu'on peut aisément la rapporter soit à Tune «A à l'autre de ces mçdadies. — Dans la fièvre typhoïde, la céphalalgie eoiih mence ordinairement avec la fièvre, dure tout au plus, pendant kp mier septénaire, puis, une fois disparue, elle ne reparaît plus. En enkie, elle est moins violente; souvent même, elle occupe peu les malades, dt c'est le médecin qui appelle leur attention sur ce symptôme. Dans b méningite, au contraire, elle dure longtemps avant ^apparition de h fièvre ; parfois pourtant, elle se montre en même temps que le moevement fébrile ; mais sa marche exacerbante, sa durée pendant toute la maladie, sa réapparition quand le délire ou le coma cessent, montrest assez, que la cause n'est pas la même, et par là se trouve étabUe la diférence. S'il est assez facile de dire que la céphalalgie est due à une méningite et non à une fièvre typhoïde, pouvons-nous dire de même<i»e celte céphalalgie est plutôt sous Tinfluence d'une méningite que sous l'influence d'une inflammation aiguë du cerveau^ d'une encépkaUteaigé. Quand l'inflammation est centrale, il existe peu de céphalalgie, parcoBséquent, dans ce cas, Tabsence de ce phénomène possède une assez grande valeur diagnostique. Mais, si rencéphalite est superficielle, elle se complique de méningite, et il est alors bien difficile de dire à qu'elle lésion elle est due.
Dans le ramollissement cérébral^ la céphalalgie, le plus ordinairemeot existe longtemps avant l'apparition des autres phénomènes, portant soit sur la motilité, soit sur la sensibilité ; elle est peu vive, c'est plulM de la pesanteur, une sorte de gêne répandue dans tout le orâne ou fixée ea un point que les malades ressentent. Mais dans d'autres circonstance lancinante ou gravative, elle est assez forte pour arracher des cris au malade; elle offre même, par intervalle, des exacerbations qui, das certains cas, reviennent périodiquement. La douleur persiste jwqu'à œ que le cerveau se désorganise. Toutefois, elfe semble se prolonger encore, car il arrive que les malades, au milieu du coma, portent sans cesse à la tête la main restée libre. Au dire de Rostan, ce signe suffit pre^ seul pour caractériser le ramollissement du cerveau. En outre, smvantce professeur, la céphalalgie siège le plus habituellement du côté malade.
La congestion cérébrale s'accompagne d'une céphalalgie ayant tous les caractères de la céphalalgie symptomatique d'une lésion du sang; nous dirons de même, pour celle qui est due à l'anémie cérébrale. Aussi, « n'est pas sur les caractères de la céphalalgie qu'on pourra établir ^ diagnostic. Du reste, ce phénomène offre ici peu de valeur, les ph«wmènes concomitants, les antécédents surtout doivent être tiudiés aïoi; beaucou[» dé soin ; car, si les phénomènes cérébraux sont les mêsm dios
CÉPffALAlGlE, CÉPHALÉE. ^ coHmtiÔNS ÉtittLOcrQUES. 651
Tnn et f autre cas, il y aurak pourtant Kh danger à Icnr' appliquer le même traitement.
Vhémorrhagie cérébrale ne s'accompagne pas de céphalalgie. Lorsque cette dernière existe, elle est Tindice du molimen hémorrhagique, de la congestion cérébrale qui précède Phémorrhagie On voit encore la céphalalgie exister dans l'hémorrhagie cérébrale, quand ceNe-rï est précîédée d'un ramollissement. C'est pourquoi là céphalalgie peut se montrer quand il survient autour du foyer, soit de la congestion, soit du ramollissement. Dans ce cas, elle est gravatite, profonde, et elle annonce ordinairement Tapparition d'autres phénomène^^, tels que délire, vomissements, convulsions, contracture.
L'apparition de la céphalalgie dans la convalescence ou même pendant le cours de la scarlatine, de la maladie de Bright, de Falbuminurie, annonce ordinairement le développement de l'hydrocéphalie aiguë^ de IV rémie. Dans ces cas, la céphalalgie est continue, gravative, parfois trèsaigué; les malades poussent des cris, cm hgdreneéphaliques (Coindet).
Dans Vhypertvophie du cerveau^ la céphalalgie est violente, continué aTec exacerbations comme dans la méningite tuberculeuse. En outre, c'est un phénomène constant.
La dégénérescence du ce^^eau ou de ses enveloppes, les tumeurs de n'importe qu'elle nature ne s'accompagnent pas de céphalalgie lorsqu'el^ les sont centrales. Mats lorsqu'elles sont au voisinage des méninges,' ce n'est pas à de la céphalalgie qn' elles donnent lieu, mais bien à une céphalée continue, opiniâtre, consistant en une douleur fixe, circonscrite; son siège a lieu souvent du côté de la lésion. Cette douleur continué s'exaspère dans de certains moments qui n'ont rien de bien déterminé. Ces exacerbations résultent soit de congestion, soit de ramollissement de la substance cérébrale ; elles sont d'une 'grande utilité pour le diagnostic. Quand elles surviennent toutes les nuits, sous Tinfluence de la chaleur du lit, on peut diagnostiquer la nature syphilitique de ces produits. Dans le cas contraire, la douleur étant la même pour n'importe quelle dégénérescence, elle ne peut être d'aucune utilité dans le diagnostic de la nature du produit. Le caractère d'opiniâtreté et de persistance de la c^ phalée suffit pour distinguer des affections cérébrales où la céphalalgie se montre avec irrégularité, par paroxysmes, les.dégénérescences du cerveau;, telles que tumeurs de diverse nature, hydatides, tubercules, cancers, dé^ générescences fongueuses, anévrysmes des artères du cerveau.
Dans les a//!;dto?i^ ctuc^rv^/et, inflammation, hémorrhagie^ tumeurs, la céphalalgie est presque constante. Suivant la lésion, elle se montre avec une acuité extrême, par exemple dans le ramollissement aigu; ou bien elle est vague, sourde comme dans l'hémorrhagie cérébrale. Du reste, elle n'of:^ fre presque jamais un caractère tel qui puisse faire supposer qu'il s'agit plutôt d'une affection du cervelet que d'une affection du cerveau. Toutefois, nous devons dire que dans les cas d'affection du cervelet qu'il nous a été donné de voir, la douleur présente le plus souvent un point ftxe, elle est frontale ou occipitale. D'après un relevé fait par Luys, elle
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serait plus fréquente à l'occiput qu ^ailleurs; elle répondrait en oulreaa lobe cérébelleux intéressé. Rarement elle est latérale et générale. Dernièrement encore, dans le service de notre maître, le professeur KalalisGuillot, nous observions une femme de 55 ans, chez laquelle il existait uq ramollissement aigu de la substance blanche du cervelet. Pendant la fie, cette femme était en proie à une céphalalgie frontale excessivement nre; (observation publiée dans le Bulletin de la Société anatomiqae de Pm, année 1864). Cette douleur est tantôt continue avec exacerbation, tabnt pousser des cris aux malades, comme dans l'observation précédente. lantôt elle revient par moments ; quelquefois, ce retard est régulier et reviml soit avec le type quotidien, soit avec le type tierce, le type quarte, poi* elle devient continue dans quelques cas ; enfin, elle ne se montre pa$ tant que les malades gardent la position horizontale, mais dès quib remuent, qu'ils se lèvent on la voit réapparaître avec une vive intensité. A ce propos, nous signalerons le fait d'Hérard (Union médicale I86O1. Il s'agit d'un homme que nous avons observé, étant interne de ce sawnl médecin. Cet homme, étant couché, n'accusait aucune céphalalgie; maii sitôt qu'il venait à faire un mouvement ou qu'il se mettait sur sonséanl, il était pris d'une céphalalgie frontale excessive, qui lui arrachait de? pleurs et des cris; à l'autopsie on trouva un kyste du cervelet. Celle tiriété delà douleur nous parait propre aux affections du cervelet; onnel» pas rencontrée que nous sachions, dans les affections du cerveau. Aussi, à notre avis, présente-t-elle une certaine valeur diagnostique danslalo«lisation de l'affection. Du reste, l'existence des autres phénomènes doit toujours être recherchée avec soin pour permettre d'asseoir définitivement son diagnostic.
En résumé, on voit, qu'à part quelques exceptions, les affections c^ rébrales, si diCficiles à diagnostiquer les unes des autres, ne sont qw médiocrement éclairées par l'étude de la céphalalgie,. ou mieux de la etphalée. Seulement, on peut admettre que la persistance, la continuité, la violence de cette céphalée rendent probable une altération chronique du cerveau et non une affection aiguë. Encore, faut-il ne pas oublier que celte céphalée peut manquer même lorsque cette altération existe. Quant au siège de la douleur, elle ne peut davantage éclairer le siêgt anatomique de la lésion; car il résulte des faits publiés, que si la lésiou rencontrée à l'autopsie a souvent son siège du côté oii la douleur était ressentie pendant la vie, le nombre des cas où cette coïncidence a manqué est pour le moins aussi grand, si même on n'est pas autorisé à dire que ces derniers faits l'emportent de beaucoup.
C. Céphalalgie sympathique. — Céphalalgie réflexe. — Dans ce cliapitre, nous avons en vue la céphalalgie qui se montre en dehors de toutes îeâ causes que nous venons de mentionner, c'est-à-dire la céphalalgie qui n'est pas liée à une lésion appréciable, soit des parties constituantes de l'enveloppe crânienne, soit des centres nerveux eux-mêmes. Ce n'est pas à dire que nous trouvions toujours dansia lésion de ces parties, dans celte de l'encéphale surtout, une explication de ce phénomène. Mais, du moins, la
CÉPHALALGIb:, CÉPHALÉE. — co.nditions tnoLociQUEs. 653
connaissance de cette lésion nous est d'un grand secours lorsque nous voulons établir la valeur diagnostique et pronostique de la céphalalgie. Ici, au contraire, nous n*avons aucune idée du pourquoi de la céphalalgie? En outre, ce phénomène ne peut avoir une grande valeur diagnostique ou autre ; car les circonstances où il se développe sont si diverses et si multiples , les étals morbides les plus dissemblables , tels que maladies fébriles, névroses, altérations du sang, s'accompagnent si souvent de ce phénomène morbide, qu'il faut, dit Choniel, dans la grande majorité des cas, surtout dans les affections aiguës chercher le point de départ de la céphalalgie ailleurs que dans le cerveau, c'est-à-dire, qu'en présence d'un malade présentant ce phénon>ène, le médecin doit d'abord en chercher la cause dans les organes éloignés avant de la demander au cerveau.
Aussi, dans le langage de l'école porle-t-elle le nom de céphalalgie sympathique; aujourd'hui on pourrait peut-être la dénommer céphalalgie réflexey surtout si Ton démontre que les nerfs vaso-moteurs jouent un grand rôle dans sa production.
Comme il n'est pas, pour ainsi dire, de maladies générales, de troubles dans l'un de nos organes qui ne s'accompagnent de ce phénomène, nous sommes obligés de passer en revue d'une manière succincte tous les cas où l'on peut le rencontrer, en ayant soin toutefois de faire ressortir quelques-uns de ses caractères propres à telle ou telle circonstance.
Pyrexies. — La fièvre et les fièvres de lixmporie quelle variété, qu'elles soient continues, rémittentes, intermittentes ou éruptives, sont toujours ou presque toujours précédées ou accompagnées de céphalalgie. Celle-ci est vague, généralisée, toutefois elle est le plus souvent localisée, et dans ce cas, les malades accusent une douleur frontale, sus-orbitaire. Elle est très-intense; elle s'accompagne d'un léger degré de congestion vers la tête. La face est rouge, vultueuse ; les yeux larmoyants. Dans les fièvres d'accès^ la céphalalgie commence et fniit avec l'accès. Parfois les malades ressentent pendant quelques heures encore une douleur plus ou moins obtuse. Le retour de la céphalalgie indique au malade l'apparition d'un nouvel accès. Dans ce cas, elle possède une certaine valeur diagnostique. En effet, quand un malade ne peut préciser s'il a de la 6èvre ou des accidents périodiques, on doit toujours rechercher s'il ne se manifeste pas du mal de tête à des heures déterminées. C'est très-souvent par la céphalalgie que le médecin peut faire rétrospectivement le diagnostic de la fièvre en général et de la forme intermittente en particulier (Racle). Disons, en outre, qu'elle constitue le phénomène dominant dans une des formes de la fièvre pernicieuse, laquelle a reçu le nom de céphalalgique.
Dans la fièvre typholdey la céphalalgie est ordinairement un des premiers accidents. Elle commence quatre, six, huit jours même avant l'apparition de cette maladie. Elle persiste, et même elle augmente lorsque cette dernière est déclarée. Généralement elle dure pendant tout le premier septénaire. Le caractère et le degré sont très-variables; ordinairement gravative ou pulsative, elle est quelquefois, vive,tensive. Parfois elle occupe peu les
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malades, d'a^trefi foi«^ sqn ioteniiié est telle, ifu'dleeoipâebe le MDneil. Généralement continue, elle est pourtant moins violente ie tBiUD^œk soir. Cette acuité vespérale eoincide avec* les redaublemeots ^t ftiMt la fièvre typhoïde. >
La céphalalgie constitue un des premiers accidents des fièvres éniplàa, La variole, entre toutes, présente oe phénomène au plva kaot degré. &s intensité est telle, que souvent, au début, avant toute tsace denptÎQi^ on incline plutôt vers une méningite, une fièvre typhoïde quevennoe variole. La céphalalgie cesse <Hrduuùrement dès que Téruption apjml; et lorsqu'elle persiste, lorsqu'elle augmente même, il but craiodR^ que complication.
Le typhus^ la fièvre jaune préseuteont aussi au débui et pendMt ki premiers jours ce phénomène morbide. La peeUy suivvil Pariiet, débuterait parfois après la céphalalgie* Dans ce cas, la maladie ainit une marche,, pour ainsi dire foudroyante, la mort survenant en peu d'heures.
Maladies de V estomac et du ivbe digestif* — Apres lea fièvres, les mhdies de Testomac et de l'intestin, sont celles qui s* accompagnent le ploi fréquemment de céphalalgie. Les tiens sympathiques qui unissent kadcm systèmes, digestif et cérébral, liens qui de tout temps ont frappé Iss é^ servateurs, rendent facilement compte de cette grande fréquence. Aasi peut-on dire que le plus léger trouble apporté dans les fonctions digesliie, donne lieu à la céphalalgie.
Vindigestionsimple détermine une douleur de tête quelquefoisateoce,»» peu durable, L'^mfrarro^ gastrique simple^ Y embarras gastrique fébrUc^^ fièvre gastrique bilieuscy s'accompagpçnt d'une céphalalgie vioûnte,;!» vive surtout dans les régions frontale, sus-orbitaireet occipitale. Lesafle^ tiens chroniques de l'estomac^ telles que, la gastrite chronique^ Ifii ûwoses de ce viscère^ h dyspepsie^ présentent de même ce phénonèv morbide.
Suivant Bachelet, on le rencontrerait de même dans la dyq^epsie tslettinale^ dans la dyspepsie iléo-cœcale. En effet, dit cet auteur, Jes dyspcr* tiques se plaignent de la. tête longtemps avant l'i^iparilioa des sdIt» symptômes. C'est un. malaise long, exaspérant rarement violent et tour jours proportionné a la difficulté do la digestion intei^tinale. Une. fois h digestion intestinale terminée, la tête se dégage et la douleur ledii^iM immédiatement. Citons enfin. les vers intestinaux Qihe(m9tijfa^f»i^ donnant lieu, surtout la n^onstipation, à la céphalalgie.
Maladies du système resj^ratoire. — Parmi les phlegmasîes aiguës (k ce système, Yitiftammaiian franche du parenchyme pulmonaire^ la pMmoniej est celle qui s'accompagne le plus souvent de céphalalgie. C'est^ pour ainsi dire, un phénomène constant ; mais pour cela, il ne peut à i» seul fournir de renseignements certains. Toutefois si, à une douleur (k tête violente, sns-orbi taire, se joignent des vomissements, une fiè?resicessive, des frissons et un point de côté, il est plu? que probable que h percussion et l'auscultation démontreront l'existence d'une pneumoaie.
GÂMiALALaiE^ CfiPHALËE. -^ (!osÉitibii«' ifiTJOioeioims. «55
LMfUm-ecatttrrhale, la grippe^ la bronchite aignëy donnent Keu, dé même, i de la douleur de téte^
On peut aassi rencontrer ce phénomène dans la ptftirésie.
Parmi les phlegmasies chroniqueSy il est commun de Yoir dans le cours de la féthiêie puhnênmre, survenir de la céphalalgie* Celle-ci se montre surtout itu moment de ces accès fabriles, périodiques et irréguliers qui surriennent le soir chez les tuberculeux. «
Le cêrg%a aigu détermine souvetit une douleur tensive siégeant au orreau de la région frontale et i la raeme du nez.
Les ûfftdkmsducosur donnent rarement lieu a la céphalalgie, surtout au début. Ce n'est que plus tard, lorsque surviennent les congestions TiflK^rales, ai fréquentes dans les affections de cet organe, que la douleur de tête se montre, et dans ce cas, elle est bien souvent Tindice d'un tra-» vaîl morbide s effectuant dans l'encéphale.
Le rhtma$Ume crtieidaire aigu s'accompagne le plus souvent d'une douleur de tête assez violente ; mais, en général, celle-ci cesse dans les premiers jours. Lorsqu'elle survient dans le cours du rhumatisme, et qu'elle se montre avec violence et ténacité, et qu'en même temps les denleurs articulaires deviennent subitement knoins intenses, qu'elles disparaissent même complètement, elle peut faire craindre le dévelop- I pement d'une complication cérébrale, d'un rhumatisme cérébral, d'une I «léningite rhumatismale.
Dans la goutte^ la céphalée se manifeste par une pesanteur et une lour- ' deur de tête continue et permanente ; elle alterne souvent a^c les douleurs articulaires; ou bien, il n'est pas rare de voir une céphalée durer depuis longtemps, ne quitter cette partie du corps que pour se porter sur quelques jointures ou ailleurs, souvent elle précède les accès de goutte. Les anciens auteurs ne lui attribuaient de la gravité que dans les cas de goutte intense. Suivant eux, elle siégerait plus particulièrement dans un seul cAté; elle serait hémicranienne .
Madadies de Vutérus. — Lorsqu'on sait que le système nerveux aux dilércntes époques de l'apparition des règles, de leur écoulement mensud Ml de leur cessation, est dans un état de surexcitation qui, chez beaucoup de femmes, se traduit au ddiors par les phénomènes les plus divers, par des anomalies de la sensibilité générale, par une perversion des fonctions nerveuses au point de vue physique et moral, il n'est mdlement étonnant que de tous les troubles nerveux qui se montrent à ces différentes époques, la céphalalgie soit un des plus fréquents. Aussi, conn prend-on aisément que de tous temps l'attention des observateurs ait été appelée sur les rapports qui existent entte ce phénomène morbide et les différents états physiologiques ou patliologiques de l'utérus ? Ainsi, il n'est pas rare de voir chez les jeunes filles l'hémicranie exister avant l'établissement de la menstruation ; une fois celle-ci établie, l'hémicranie disparaît.
Brierrede Boismont cite dans son ouvrage sur la menstruation plusieurs observations où Ton rencontre ce phénomène comme étant des plus accu-
056 CÉPHALALGIE, (WPHALKE. — tonditioss érioLociotEs.
ses. Toutefois disons de suite que ta céphalal^e est pla§ commune, plui tenace dans sa durée dès que Tâge de puberté a été dépassé. On laroit survenir au moment des règles, les précédant même de un à plusieurs jours, ets'accompagnantalorsdes phénomènes connus sous le nom de molimen.h céphalalgie, dans ce cas, peut affecter plusieurs sièges. Pour Piorry, cile siégerait à l'occiput, se montrant sous forme de névralgie cervico-ocàjntaie. Pour ce professeur, elle s^ait due aux relations qui existent entre 1» nerfs de Tutérus et ceux qui sortent de chaque cMé du rachis ; et (enrnie cette relation existe, dit Piorry, non-seulement vers la nuque, à breton postérieure et supérieure de la tète, mais encore au niveau des qmtre dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires, en même tennu que la céphalalgie, on constate de la douleur le long du rachis. H ne fndrait pas croire que la céphalalgie affecte toujours ce sié^e ; elle peatéirf frontale^ faciale (névralgie frontale, névralgie faciale). Pour donner une idée de la fréquence de la céphalalgie pendant la période menstraelle, qu'il nous suffise de citer les chiffres suivants, empruntés au livre de Brierre de Boismont. Sur 554 femmes observées, cet auteur a noté K^ fois la céphalalgie, 48 fois la migraine.
A Tépoque de la ménopause, nous retrouvons la céphalalgie. Feot-élit même serait-elle, d'après certains auteurs, encore plus fréquente qu'àiBcune autre période de la menstruation. Du reste, on sait que les céptlalgi^s de Tàge critique sont très-communes, et qu'en outre elles «iH très-rebelles aux moyens thérapeutiques.
S'il est fréquent d'observer la céphalalgie chez les femmes dont h époques menstruelles sont régulières, on comprend facilement qu^elle doive se montrer plus communément encore chez les femmes mal ré^ glées. En effet, elle existe presque constamment chez les femmes préseatmi de Taménorrhée ou de la dysménorrhée ; chez celles qui sont atteioles d'affections chroniques de Tutérus, accompagnées de leucorrhée. Nowli rencontré ce phénomène chez des femmes atteintes de métrite interne chronique. Cerise rapporte un cas de céphalalgie chez une femme présenUi^ un polype fibreux de l'utérus. Dans ces derniers faits, la douleur de tàe est continue, pas très-intense, et, comme elle, s'accompagne presque tcijours d'une gastralgie très-marquée, on ne saurait décider si la cépli^ lalgie dépend de la gastralgie ou de l'affection utérine ; si cette dernière est la cause des deux autres ou enfin, si dans plusieurs cas, comme k veulent Georget et Calmeil, la tète a été primitivement affectée. D'tprts Sauvages, la céphalalgie menstruelle {ceph. catamenialis) serait l'expression d'un état de pléthore générale, de congestion vers la tête, causée par la diminution de l'excrétion menstruelle ou par sa suppression, soit momentanée, soit définitive, comme à l'âge critique. Pariset, qui ac«q>*« cette opinion ^e Sauvages, rapproche de celle-ci la céphalalgie hémorrUi' dale. Les hémorroïdaires sont, en effet, sujets à la céphalalgie. Mais ch« eux, elle peut tenir de deux causes différentes ; lorsque la fluxion ti retardée ou supprimée, la céphalalgie annonce un étal de pléthore, de co»gestion vers la tète. Lorsqu'au contraire elle survient danslecasd'héfflof-
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉli. — coàwrtiiws éiiouMUtîBK. 657
rboides Ouenles, abondantes, elle annonce Fancmie cérébrale. Pendant la grossessCy il n*est pas rare de rencontrer de la douleur de tète, A Farticle pronostic, nous verrons que suivant qu elle existe au coaunencenient^ au milieu, ou vers la fin de la groasesse, suivait qu'elle existe au moment de Taccoucliement, elle a une «igniûcation bien difiérente.
De même que dans la diathèse arthritique, nous rencontrons, dans la di(Uhè$e dartreuse^ la douleur de tète. Chez les individus d'une constitu*tion darlreuse, la céphalalgie, d'après Bazin, différerait de colle qui existe chez les individus d'une constitution artliritiquc. Ainsi la céphalalgie dartreuse est vive, lancinante, limitée à la moitié du crâne ou à une partie de la tète, le front, les tempes; tandis que la céphalalgie arthritique consiste en une pesanteur et une lourdeur de la tête, continue et permanente.
Les névrosesy c'est-à-dire toutes les affections nerveuses reconnues exister aujourd'hui sans lésions appréciables ou au moins constantes dans les centres nerveux, telles que Thyslérie, l'cpilepsie, la chorée, l'hypocondrie, la catalepsie, s'accompagnent de céphalalgie ou même de céphalée. Ainsi, chez les hypocondriaques et chez les hystériques la douleur est continue ou mieux rémittente. Chez les premiers elle est presque continuelle (cephalœa melancholica) . Son siège est très-variable : tantôt frontale, occipitale ou syncipitale, tantôt générale. Les malades la décrivent ainsi : la tête est brûlante ; ils y éprouvent des bouffées de chaleur^ elle leur semble vide, elle bouillonne ; c'est une calotte de plomb qui leur serré la tête, ils y éprouvent des pulsations distinctes. En outi*e, elle s'accompagne toujours d'insomnie, et peut devenir assez violente pour déterminer des vertiges et même de la manie.
Les hystériques^ indépendamment des horribles douleurs de tête qu elles éprouvent pendant l'attaque lorsqu'elles ne perdent pas connaissance, éprouvent encore dans l'intervalle une céphalalgie presque continuelle; et la douleur offre le plus souvent la forme particulière propre à la maladie, qui est désignée sous le nom de clou hystérique. C'est une douleur aiguë, pongitive, lancinante, contusive, gravative, pesante, constrictive; souvent c'est un charbon ardent qui brûle, quelquefois c*est un froid qui glace (L. Becquet). La céphalalgie, chez les hystériques, est un symptôme constant dont l'intensité est proportionnelle à celle de l'accès. Les malades rapportent l'origine et le point de départ de tous leurs maux à la douleur de tète; elle prive les malades de sommeil pendant des nuits entières; elle s'accompagne parfois de rougeur de la face. D'autrefois les signes extérieurs de la congestion cérébrale sont moins évidents.
Dans Yépilepsie^ la douleur n'existe pas habituellement en dehors des accès, à moins que l'affection convulsive ne dépende elle-même d'une lésion cérébrale. Quelquefois, elle se manifeste comme prodrome prochain ou -éloigné, et les malades sont avertis par ce symptôme de l'imminence de..rattaque ; elle est générale ou elle siège dans un seul point de la tête. La céphalalgie est, au contraire, constante après l'attaque, et dure plus ou moins longtemps. Chez les mélancoliques y la céphalalgie, caractérisée
JfOCT. DICT. MÉD. ET CHIK. VI. — 42
658 CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. ~ ocmitioks énoLOGions.
par m sentiment de pesanteur dans les parties latérales de la lèle, sV compagnant d'une rongeur de la face, annonce souvent de nouveaux acc«s d'aliénation mentale.
Dans les empmonnementSy la céphalalgie est l'indice de rmtoïicalioi accomplie, c est-à-dire de l'absorption du poison et du conunencemenlde son action sur Téconomie. Par suite elle a une certaine valeur diagnostique, surtout quand la subsUnce a une action sur le syalème ncrreui. AussiVobserve-t-on constamment dans Tempoisonnement par ropium,la belladone, la ciguë, l'acoiiit, les solanées vireuses, l'alcool, la strycbmne; tandis qu elle est rare, au moins primitivement, dans rempoisonnmenl parTarsenic, les antiraoniaux, les mercuriaux (Racle) •
Certains agents médicamenteux, prolongés pendant longtemps, donncBl lieu à de la céphalalgie. C'est ainsi qu'on peut observer celte denuffe pendant l'administration de l'iode, de la térébenthine et du copahu.- Nous rapprocherons de celte céphalalgie, celle qui survient après les inhalations de l'éther et du chloroforme.
Dans Yasphpiie par la vapeur du charbony la céphalalgie consUtueua des principaux phénomènes. Les individus éprouvent d'abord une simjik pesanteur, puis une douleur vive, accompagnée d'un sentiment décompression vers les tempes, de bourdonnements dans les oredles, et de diverses hallucinations de l'ouïe. Disons en outre que cette cé|^ilp persiste ordinairement pendant des mois entiers après la disparilioi des autres accidents.
V intoxication saturnine donne souvent lieu à de la douleur de tète. Celle-ci est tantôt un symptôme de la cachexie qui survient à la long» chez les individus travaillant les préparations de plomb ; tantôt elle cofr stitue un des premiers accidents de l'encéphalopathie saturnine. A eéte de cette intoxication, mentionnons la céphalalgie ou mieux la céphalée qK Von observe chez tous les ouvriers qui travaillent à la fabrication des cûoleurs A' aniline (Bergeron); chez ceux qui travaillent le caouichou iW-
pech). . ,
Les intoxications dues à des virus ou à des venins s accompagnent m de céphalalgie; ainsi le virus de la rage, en se réveillaat de sa loagae incubation, s'annonce par une céphalalgie plus ou moins vive. La méi» observation a été faite dans les intoxications par le venm des serpeolsi
sonnettes. . ' ,
Nous avons dit que les affections aiguës ou chroniques du nezelde l'oreille s'accompagnaient le plus souvent d'un vive céphalalgie ; ilea e^ de même des affections de l'œil soit aiguës, comme ViritiSy ïinfiammatu» purulente de Vœil, la scléro^horoUite ; soit chronique, comme la c^ racle, Yamaurose. Dans ce dernier cas, elle a une cerUine valeur. Ainsi U doulCTir de tête, jointe à la diminution de la vue, est un dos signes prccui| seurs de l'amaurose. Dans ces circonslaoces la céphalalgie affecte Ut^ la forme gravative, tantôt la forme névralgique, s'irradiant alors le m des nerfs du front, des tempes et jusqu'à Focciput. n nous r^te maintenant à parler, pour tiuir ce chapitre • de la cepM-
CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — coxditioxs étiologiqoes. 659.
lalgie considérée par les auteurs souà le nom dcf céphalalgie nerveuse^ essentielle, et de celle qui se montre dans les aliératiom du sang.
D'après le docteur James Copland, la céphalalgie nerveuse, essentielle, fugace, accidentelle est surtout fréquente chez la femme, chez les sujet^^ qui présentent une grande susceptibilité nerveuse, qui sont d'une constitution délicate. Les excès vénériens, la masturbation, Tinfluence d'une lumière vive et brillante, d'une odeur pénétrante et forte, d'un travail soutenu, la lecture d'un ouvrage qui excite fortement l'attention, lasup* pression d'une habitude contractée, telle que la privation du café, du thé^ du tabac, toutes ces influences, chez certaines personnes nerveuses et irritables, font naître une céphalalgie intense, intolérable, qui est fixée particulièrement à la région frontale, et est caractérisée par une sorte de constriction fort pénible et continue. Parfois cette céphalalgie tient à des idiosyncrasies excentriques, et n'est autre chose qu'une anomalie nerveuse. Ainsi Barras parle d'un homme qui ne pouvait manger des amandes recouvertes de sucre sans éprouver une violente céphalalgie. Cette forme de céphalalgie ne constitue point une maladie ; c'est un phénomène fugace sans importance, que l'on rencontre cependant assez souvent, et qui disparait par un peu de repos, quelques instants de sommeil, par l'éloignement de la cause qui a déterminé cet accident.
f.es altérations du sang sont un^ des causes fréquentes de la céphalalgie. Du reste, ne pourrait-on pas considérer le» faits de céphalalgie sympathique que nous venons d'étudier comme étant dus plutôt à une lésion du sang? Dès lors on devrait les considérer comme symptomatiques d'une altération de ce liquide. Cette influence des modifications immédiates du sang dans la production des phénomènes est une des questions les plu^ épineuses et les plus délicates de la pathogénie. Son étude devra être faite à Farticle Samg.
Quoi qu'il en soit, nous avons dû soulever cette question, afin de faire voir que cette variété de céphalalgie devait servir de transition entre les céphalalgies symptomatiques et celles qui sont purement sympathiques» Du reste, leur valeur diagnostique n'est pas bien grande.
La pléthore comme Vanémie^ la chloi'ose donnent lieu à la production de ce phénomène morbide. Qu'il existe une diminution ou une augmentation de la fibrine, une diminution ou une augmentation des globules sanguins,. la céphalalgie est la même. Seulement elle varie en intensité et en durée,, et elle varie surtout au point de vue de la nature et du siège. Ainsi, dans la pléthore, elle consiste en une douleur sourde qui occupe la totalité ou one partie de là tète, se fixant pourtant le plus communément dans la ré^ gion frontale, et s'aceompagnant en général d'un état marqué de torpeur et d'engourdissement. Les malades ont un sentiment de plénitude dans la tête, de battement; à ce phénomène viennent s'ajouter du vertige et tous ceux qui caractérisent cet état particulier dénommé pléthorique^. Dans l'anémie, la chlorose, la céphalalgie se présente parfois avec les mêmes caractères et avec le même cortège de phénomènes; toutefois elle est plus vive, plus aiguë, s'accompagne d'une forte constriction dans
660 CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — diagnostic kosologique.
les tempes. En outre la stupeur n'existe pas. Les causes, enfin, difTcrert essentiellement. Elles sont assez connues pour que nous n'y insisliem . pas.
* A côté dç ces dernières causes de céphalalgie, mentionnons celle qai survient dans la néphrite albumineuse ; dans les diverses cachexies, telle (|ue la cachexie mercurielle, la cachexie syphilitique, et dans cette cachexie spéciale comme sous le nom de maladie d^Addison.
IHatiiCMitle noaologlaae. — Maintenant que nous avotis rtsiiié le symptôme en lui-même, les diverses influences sous lesquelles i« développe; il nous reste à résoudre une question plus intéressante, rà en même temps plus difficile, à savoir : quelle est la maladie qui adoo» naissance à la céphalalgie? Et d'ahord peut-on résoudre cette question? La céphalalgie peut-elle par elle-même nous aider à faire ce diagnostifl Ce phénomène se présente-t-il avec des caractères propres à telles oi telles causes, pouvant faire reconnaître ces dernières? En un mol la cêphh lalgie possède-t-elle, dans telle ou telle affection, des particularités à évidentes que le clinicien puisse dire d'après le caractère, la marche et la durée de ce symptôme : Il s'agit de telle ou telle affection?
Envisagée d'une manière générale, cette question ne peut élrerésote affirmativement. Il est évident, en effet, que la céphalalgie ne possède]» des caractères suffisants pour que le médecin puisi»e dire par le fait seul df Texislence de ce symptôme: H s'agit de telle ou telle maladie. MaisdiBî certaines circonstances la douleur de tôtese présente à nous avec te caractères tellement tranchés que nous pouvons, sans hésitation, dire, par exemple, que la céphalalgie est symptomatique ou sympathique; qw la maladie qui lui à donné naissance est d'origine paludéenne ou d'ori|jiiK syphilitique. Nous pouvons même, jusqu'à un certain point, lorsquehcé' phalalgie est sous la dépendance d'une lésion des centres nenreuï, now appuyant, dans ce cas, sur quelques-uns de ses caractères, dire que «tte lésion siège plutôt dans le cervelet que dans le cerveau. Mais là se bon» notre diagnostic ; car si nous voulons aller plus loin, si nous voolofis être plus précis, et dire,^par exemple, que la lésion des centres nerteiï consiste en un ramollissement ou en une tumeur, que cette tmneBr est anévrysmale, kystique, tuberculeuse ou cancéreuse, nous smiffs arrêtés, la céphalalgie ne nous éclaire en rien, et nous sommes oblig» de nous rejeter sur les symptômes concommittants. Bien heureux encwe, si nous pouvons, non pas émettre un diagnostic précis, mais du moins une supposition! Il en est de même pour la céphalalgie sympatfciqBi- Dans ce cas, les maladies qui s'accompagnent de ce phénonràne sont tellement diverses; les caractères de ce symptôme sont teliemeat pn tranchés que le diagnostic nosologique est presque toujoars, sinoo toujours impossible. En résumé, nous voyons donc que la céphalalgieîl* céphalée ne constituent pas pour le médecin un symptôme d'une gnm valeur diagnostique, et que si parfois Texislence de ce phénomène pwt appeler l'attention sur une lésion de ^encéphale ou sur une makiAci»théàique ou constitutionnelle, le plus souvent il doit rechercher rexisteo<«
QÉPHAULGUE, CÉPHALÉE. — valeur prosostiqle. 6«1
d'^utreasyinptômes pour arriver à porter le diagnostic nosologiquc. Nous bornerons à ces quelques explications ce que nous avions à dire sur cette partie de notre étude ; car en nous étendant plus longuement, nous serions obligé de revenir sur ce que nous avons déjà dit. Aussi prionsnous le lecteur de se reporter à la description que nous avons donnée de la céphalalgie, à propos de chaque cause.
Valeur prono«Uaae. — De même que nous avons essayé de montrer que la céphalalgie n'avait pas par elle-même une grande valeur diagnostique, surtout lorsqu'il s*agit de différencier une maladie d'une autre, de même on peut difGcilement établir sur la présence de ce phénomène un pronostic. Et d'abord, hâtons-nous de dire que la douleur de tête a bien rarement causé la mort : « Solus ad inleritum perducet fortasse neminem,x> a dit Morgagni. En effet, si les malades meurent, c'est de l'état pathologique dont la céphalalgie n'est qu'un symptôme.
Dans certames circonstances, il est donné au médecin de pouvoir émettre un pronostic, rien qu'en se basant sur l'existence de la céphalalgie. Ainsi, dans les fièvres, la céphalalgie est d'un mauvais augure, s'il y a prostration des forces, et si les urines se montrent crues ou sanguinolentes (Double). On doit, au contraire, ajoute cet auteur, bien augurer des céphalalgies qui existent avec une abondante sécrétion d'urines sédimenleuses. Dans la fièvre typhoïde, si la céphalalgie revient vers le déclin des accidents, il y a lieu de craindre une complication. De même, dans les fièvres éruptives, si la céphalalgie persiste au lieu de cesser, dès que l'éruption se fait, c'est un signe d'un fâcheux augure, indiquant une éruption incomplète, avortée, ou une complication. Du reste, le caractère de persistance constitue pour la céphalalgie, comme pour tout autre symptôme morbide, l'indice d'un grave danger. La douleur de tête, survenant dans le cours d'une albuminurie, d'une hydropisie, est toujours d'un fâcheux augure, car elle doit faire craindre l'apparition d'accidents cérébraux redoutables. Par contre, dans les affections cérébrales, comme dans les affections inÛammatoires, la cessation de la céphalalgie, le retour au sommeil et à la raison annoncent ou confirment ordinairement l'état de convalescence. A part ces quelques faits et quelques autres que nous ne cjToyons pas devoir énumérer, vu leur banalité, on peut émettre cette proposition générale : la céphalalgie qui n'est point accompagnée de phéaojnènes fâcheux, n'indique point par elle-même que la maladie dentelle est un des prodromes ou pendant le cours de laquelle elle survient, soit dangereuse. Ces quelques mots doivent nous suffire, car ce serait outrepasser le but que nous nous sommes proposés, si à propos de chaque .maladie, nous rappelions qu'elle est la valeur pronostique que peut avoir la céphalalgie.
Après avoir rappelé les classifications proposées pour la description de la céphalalgie, après avoir adopté celle qui nous a paru convenir plus spécialement à l'étude clinique, à l'étude séméiologique, nous croyons devoir dire, en terminant, que la céphalalgie doit surtout, être considérée sous deux points de vue bien différents : suivant qu'elle survient brus-
€62 CÉPHALALGIE, CÉPHALÉE. — iKiiCAnojfs racit^PEfiTioaEF.
<]iioineni chez l'homme en pleine santé, on présentant du «loins toutes les apparences Je la santé, et suivant qn'elle survient chex Thommedéjà malade. Dans ces deux cas, la valeur diagnostique et pronostique sen bien différente. Exemple : un individu est pris subitement d'une céphalalgie intense, dans de certaines conditions de climats, de saisons, dam certaines contrées, surtout dans les contrées septentrionales; eette céphalalgie indique d'une manière presque certaine une intoxicatioa pilodécnnc, une tiëvre pernicieuse céphalalgique, ou Tune des formes decette •intoxication connue sous le nom de fièvre larvée, une névralgie. Dam te pays chauds, dans les contrées méridionales, cette oé{>liaiaIgîe ii^ann^dâ la même indication, car ici, elle sera primée par les lésions soitabioninales,soit hépatiques.
Dans ces mêmes contrées, une céphalalgie intense survenant rabrtfr ment chez un homme en pleine santé, annonce presque toujo«rs Tintasion de la fièvre jaune. Dans ces faits, la céphalalgie est le phénonèoe prédominant. Dans les cas, au contraire, où elle survient chez rhonnae déjà malade, elle ne joue qu'un rôle secondaire; ce n est pas sur elle que Je médecin s'appuie pour établir son diagnostic mais bien sur les pfcènomènes concommittants. Aussi, les indications thérapeutiques sonibiet différentes. C'est pour cette raison, surtout, que cette manière d'einisager la céphalalgie me paraît devoir être préférée.
Indications f laérapeuHaoes. — Dans le premier cas, le médeck se basant sur le début brusque de la céphalalgie, comme prélude d'n» intoxication paludéenne, y trouve l'indication d'administrer immédiateiment le sulfate de quinine ; dans le second cas, au contraire, la céphilalgie étant primée par les autres symptômes, ne peut fournir aucune»* •dication, si ce n'est celle de supprimer la cause qui a donné lieu à a phénomène. En un mot, dans une lésion du tube digestif, du cerreas, -ce n'est pas au phénomène céphalalgie que le médecin s'adresse, 0»^ bien à la maladie qui lui donne lieu. Aussi, les indications Uiérapeutiqne<, à partie cas que nous avons signalé plus haut, se bornent à peu de clwsf: et les moyens employés sont si variés qu'il nous semble oiseux de te rapporter. Toutefois, nous croyons utiles de signaler à propos de h céphalée des syphilitiques, le traitement que nous avons vu réussir aveci» grand succès, entre les mains de Natalis Guillot pendant Pannée de i86l Tïous voulons parler du traitement par les pilules d'iodure de fer. Qw plusieurs malades du service, où Tiodure de potassium, même à petite doses, n'avait pu amener la cessation soit de céphalées atroces, soit de douleurs des membres, l'iodure de fer en pilules, à la dose de dix ctvA- (jrammes par pilules, les à fait cesser complètement, au bout de très-p« de temps, deux à six jours au plus. On administre d'abord quatre pîlnte par jour, puis on augmente de deux tous les jours. Rarement, il est !»• soin d'aller jusqu'à seize. Seulement, il est bon de les continuer pantat quelques jours à cette dose.
De même, nous croyons devoir signaler un traitement employé W- -quemment par Trousseau, dans son service à l'Hôtel-Dieu. Ce traitemeot
CÉPHALALGIE, CQPHALËE. — FomioiociE pathologiqoc» b6o
eotifiîste dans Tapplication sur la léte, de sachets contenant du sable chaud. A plusieurs reprises, il nous a été donné de voir pendant notre internat chez ee professeur, l'efficacité de ce moyen, surtout dans les céphalalgies de nature rhumatismale et même dans quelques cas de céphalalgie symptomatique d'une lésion cérébrale. Quant aux autres moyens préconisés par les auteurs, consistant en application de compresses imbibées d'une solution de cyanure de potassium, au lOO*"^, eau sédative, etc., ils rendent de même, dans certains cas de céphalalgie rebelle, de signalés services.
Jraiysloi^icle pMiioiosUiae. — Cette question est encore environnée de Tobscurité la plus grande, et il faudra peut-être longtemps encore avant qu'elle soit connue dans tout son jour. Du reste, disons-le, les auteurs n'ont jamais fait grand effort pour donner une explication même satisfaisante du mode de production de la céphalalgie. Les anciens auteurs admettaient qu'elle était due à une congestion de la masse encéphalique, d'où une classe de céphalalgie, connue sous le nom de céphalalgie cfmgestive. Pour eux, toutes les céphalalgies étaient congestives ou sanguines, les causes qui leur donnaient naissance, produisaient une hypérémie cérébrale. Quant au siège de la céphalalgie, nous retrouvons encore une grande diversité dans les opinions. Ainsi, F. Hoffmann lui assigne pour siège : le péricràne, la dure-mère, la peau et la membrane pituitaire ; il exclut formellement l'arachnoïde et la pie-mère; quant au cerveau, il n'en parle pas. Yan Swieten hésite à se prononcer au sujet du siège des douleurs de tète consécutives aux plaies de cette région. Le cerveau ne lui parait pas ^susceptible de manifester de la douleur, parce que, suivant ses expressions, la substance corticale du cerveau peut être impunément attaquée^ retranchée, lorsqu'elle dégénère en fongus. Les expérimentations modernes ont pleinement confirmé ce lait avancé par Van Swieten. On sait en effet, que, sur les animaux, on peut couper, mutiler l'encéphale sans obtenir un signe de douleur. La substance grise, elle-même, que l'on sait aujourd'hui être l'organe de réceptivité des impressions périphériques, a pu être blessée, sans que Magendie, Chauveau n'aient jamais constaté aucune manifestation indiquant, chez les animaux soumis à Texpérience, un état de souffrance. Tous les physiologistes, enfin, sont d'accord pour dire que la substance propre des lobes cérébelleux est complètement insensible aux irritations mécaniques et aux mutilations dont elle peut être le siège. Toutefois, nous devons faire une réserve en faveur des couches optiques. Les recherches physiologiques de Magendie ont démontrées, en effet, qu'elles étaient les seules régions du cerveau qui fussent exclusivement douées de sensibilité. Les animaux, mis en expéorience, ont toujours donné des signes d'une exquise douleur toutes les J'ois qu'après avoir enlevé les lobes cérébraux soit à des chiens, soit à des lapins, cet expérimentateur recherchait à l'aide d'irritations mécaniques, quelles étaient les régions de Fencèphale qui étaient le siège de la sensibilitè« Luys, Schiff et la plupart des physiologistes de notre époque ont confirmé ces recherches.
664 CKPIIALâLGIIl» CÉl'IMLÉE. -^ bibliographie.
En présence de ces faits fournis par I expérimentation, soimnes-iuiK aujourd'hui plus en ctat de délimiter exactement le siège de la céphalalgie! Pouvons-nous dire par exemple, qu'en dehors de ces faits où la eéphiialfne paraît être Texpression d'un état de souffrance de quelques-uns des ncrft qui se répandent à la périphérie des parties externes et supérieores (h crâne, elle indique plus spécialement comme étant le siège de cette sutfranco telle ou telle partie du cerveau, telle ou telle de ses memlaMe? d'enveloppe? Nous ne croyons pas qu'il soit possible de limiter ■ tel siège, de donner par conséquent une telle signification à la céphaU^. G. Sce>, dans ses leçons de pathologie expérimentale, donne une noin^ explication de la céphalalgie. « Si jusqu'à aujourd'hui, dit cet autew^ili cxislé tant de divergences et de difficultés à préciser le siège des céphalalgies, c'est que, sans enquête préalable, on les a localisées tantôt (lio> les parties profondes, tantôt dans les branches nerveuses de la cinqaîèice paire, et le mot névralgie, qui visait à la précision anatomique, ne faisait que consacrer une hypothèse : les céphalalgies siégeât en réaliléèaBdb muscles des sourcils, du front, des tempes, de l'oocipiit; les niusdeso6 cipito-frontaux sont atteints à leurs attaches antérieures ou ckns la partir charnue, et, dans ce dernier cas, la douleur se propage souvent aux \n pèzes et splenius. x> Pour cet auteur, on le voit, les muscles de la téteseé seraient dans tous les cas de céfdialalgie, le siège de la douleur. H en Iront la preuve, en ce que « la compression du muscle produit du soabgeiBai en diminuant les battements artériels ; en ce que les douleurs miilâtérsb sont bien moins fixes que celles de la névralgie du trijumeau, et fOuveK elles sont limitées à une portion très-restreinte du muscle, tandis que b névralgie s'étend suivant une ligne douloureuse. » Aussi, partant ^(^ principe, il donne une nouvelle explicalÎMi de la céphalalgie dans leian^ mies, a Les muscles, dit-il, recevant peu de sang ou un sang pauma globules, se fatiguent facilement comme tous les muselés, et cette faligiK qui devient douloureuse est perçue par les nerfs intra-muscnlaires; ïkémcrame est donc une fatigue douloureuse des musdes éfricrentem^ f excitation des nerfs vaso-moteurs de la tête. Ces deux phénomènes sont connexes, car les battements artériels isochrones au pouls, et toutes \t causes d'accélération du sang, exagèrent immédiatement la douleur, w soulevant, en tiraillant les muscles affectés ; si la compression desirtèffe temporales soulagé momentanément, c'est qu'elle supprime ces batt^ ments. » Quant à nous, plutôt que d'émettre une supposition plus oo moifi^ hasardée, nous croyons qu'il est plus sage d'avoir soulevé que d'avoir résolu cette difficulté. Du reste, disons en terminant que la déterminatiw exacte du tissu qui est en souffrance dans un cas donné, n'est pas ufff question de grande importance dans cette étude de la céphalalgie, la cansr devant presque toujours être recherchée en dehors des orçanes qw <* sont le siège. C'est là le point capital pour le clinicien.
JoLLT, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique. Paris, 1850, t. V. Lallemand, Recherches analomico-iwilhologiqnes sur l'enct^phale. Paris. I8r»0. lellrc tît^ '" AxDKAL, Clinique médicale, I' édilion. Paris, 1835. t. V. p. trCi, 57*.
GÉPIIAL(BMATOME. 665
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T. H. Bbbder.
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Louis Martin£au.
CBPlIAIi€raEAT#IIi:. — Sous le nom de ccphalœmaioine (de xcçaATj, tète, aîiiiropia, tumeur sanguine) on désigne aujourd'hui une tumeur formée par un épanchement de sang qui se fait entre Tun des os du crâne et le périoste qui le recouvre; on ne Tobsen^e guère que chez i'en&nt nouveau-né. Cette maladie, peu connue au commencement de ce siècle, était alors confondue avec les autres tumeurs sanguines de la tète ; son aîége précis atait cependant été indiqué par Baudedoque, mais ce fui surtout en Allemagne que son histoire fut complétée par les recherches de KjBgele et de l'un de ces élèves, Zeller, qui lui donna pour la première fois le nom de céphalœmatorae. Depuis cette époque le céphalœmalome a été bien étudié en France par Pigné, P. Dubois, Yalleix, Barrier,Bouchut, et tout récemment par V. Seux (de Marseille), qui lui a consacré une excellente monographie.
C'est à tort, selon nous, qu'on a admis plusieurs variétés de céphaloematome ; quelquefois, il est vrai, du sang s'accumule sous l'aponévrose épicranienne et plus rarement entre la paroi interne du crâne et la diu-eœèrequi se trouve décollée; mais désigner, avec Valleix, ces épanchements sou» le nom de céphaloamatome soua-aponévrotique et de céphalœmatoine interne, c'est confondre sous un même nom des affections tout à fait différentes; nous définirons donc le céphalœmatome un épanchement de Aang qui se fait entre le périoste et l'un des os du crâne chez les enfante nouveau-nés.
Le céphalomatome est rare; chaque auteur a d'ailleurs une statistique difîérente. JNœgele n'en avait observé que 17 cas en vingt ans ; P» Dubois, pendant plusieurs années, n'en atait vu que (i, à la Maternité de Paris, où il naissait de 2,500 à 3,000 enfants par an; Vallaix rapporte que du i^ août 1834 au 1" janvier suivant, sur 1,954 enfants qui entrèrent i Thospice des Enfants-Trouvés, il n'a rencontré que 4 cas de céphaloematome ; Baron dit que cette lésion se rencontre une fois à peu près sur 500 enfants. Hœre pense qu'elle existe une fois sur 100.
Le plus sûr moyen d'arriver à la vérité, comme le dit le docteur Seux,
666 CÉPHALŒMATQME. — cioses.
est d'agrandir le eadre de la statistique ; or, en additionnant l» trois vtle^és de Valleix, Burchard et Seux, on obtient un total de 9,015 enEuL nouveau-nés, sur lesquels ont été observés 56 céphalœmatomes, ce (ji donne environ 1 cas sur 250 enfants. Ce dernier chiffre peut dow du regardé comme l'expression à peu près exacte de la vérité.
C}au»es. — Depuis quelques années on a cité des exemples de cépU(^ matome chez des adultes ou des enfants âgés de plus d'un an ; àmm, l'épanchement se produirait, tantôt spontanément, tantôt à la suik^nc violence extérieure. J'ai précisément vu, il y a quelques jours, un lût de ce genre : il s'agissait d*un enfant qui, treize mois après sa natsân^ présenta sur le pariétal droit une tumeur fluctuante avec bourrelci oiseux ; une ponction donna issue à du sang liquide ; quinze jours ap» son apparition, cet hématome avait complètement disparu. Ces faits a'nt rien de singulier, car on sait que des épanchements de sangpeuieotsf faire dans toutes les régions du corps, mais ils se produisent, poaraua dire, au hasard, tandis qu'il reste avéré que c'est plus spécialement cbe l'enfant nouveau-né qu on est appelé à observer le cépbalœmatûine.Ti* les auteurs qui se sont occupés de cette maladie, la considèrent camt propre aux nouveau-nés; cest ainsi que nous l'avons définie et qoeo» {'étudierons. Reste à dire à quoi peut tenir cette prédilection.
Pour résoudre cette question, il convient d'abord de préciser eufât ment les points du crâne où se montre le céphalœmatome ; tous les »teurs s'accordent à dire que le lieu où le céphakematome se rencoiitatk plifs souvent, est Tangle postérieur et supérieur du pariétal droit; qafit Son volume n*est pas très-considérable, il est placé au-dessus de la im pariétale. Plus rarement on le rencontre sur le point oorrespoodanl k pariétal gauche, et ce n'est qu'exceptionnellement qu'il occupe uneaitit partie du crâne. Sur 85 tumeurs, dont Seux a pu trouver le si^e pnÀ 48 étaient placées sur le pariétal droit, 29 sur le gauche, 2 sur on è^ pariétaux sans indication plus exacte, 5 sur l'occipital, 1 sur le liroDlal droit. L'épanchement sanguin s'étale sur l'un de ces os dont il receme une étendue plus ou moins grande, nïais jamais il ne s'étend jusqu'fli sutures, ni aux fontanelles; de telle torte qu'il reste forcénient Umitéàk surface de l'os sur lequel il s'est primitivement produit.
Le céphalœmatome est ordinairement unique ; quelquefois il en esxk un sur chaque pariétal et la suture sagittale les sépare (9 fois sur "M Les céphalœmatomes triples sont très-rares (3 fois sur 70).
Le siège habituel du céphalœmatome étant connu, si Ton examiiie attentivement le crâne d'un enfant nouveau-né, on ne tarde pas à r«airquer que les os à la surface desquels l'épanchement sanguin se proW le plus souvent sont précisément ceux où le périoste se décolle a«« une assez grande focilité. Il résulte, en outre, des recherches «ieliilltft P. Dubois, et surtout de celles de Yalleix, que, chez le fœtus, la taUe interne des os se forme la première; qu'à la naissance le dipioéest^ Tétat rudimentaire; que la table externe manque sur plusieurs poiats; partout les vaisseaux sont très- abondants, à parois très-ténues. Tootts
CEPHALŒMATOME. ^ causes. 667
ces circonstances anatomiques font que là moindre pression donne naissance à une ecchymose entre les os et le péricrâne. Valleix a même établi que presque toujours, à la naissance, une ecchymose plus ou moins étendue existe entre les os et leur membrane externe, et qu'au-dessus de la bosse pariétale on trouvp trois ou quatre orifices par lesquels les vaisseaux laissent transsuder le sang avec une très-grande facilité*
On voit par ce qui précède que le crâne du fœtus présente dos conditions anatomiques spéciales très-favorables à Thémorrhagie, et j'en conclus que Forganisation des os chez le nouveau-né est la cause première, l'élément indispensable à la production du céphalœmatome. A un degré prononcé, cette cause suffit à expliquer Thémorrhagie quand survient un embarras dans la circulation céphalique; je crois cependant que presque toujours le travail de Taccouchement joue un rôle important dans l'étiologie de la maladie qui nous occupe. Dans l'immense majorité des cas, on constate l'existence du céphalœmatome soit au moment de la naissance, soit deux ou trois jours après; il est donc rationnel de penser que cette lésion est le résultat des pressions éprouvées parla tête du fœtus pendant qu'elle traverse le bassin. Mauriceau et la plupart des accoucheurs, jusqu'à Baudclocque, n'ont certainement pas eu d'autre idée. Becker, Carus, Wendt, Capuron, ont exprimé I la même opinion. Osiander, en particulier, pensait que cette maladie est souTcnt déterminée par le long séjour de la tête fœtale dans l'excavation du bassin, surtout si l'on a eu recours à l'application du forceps, un ! vaisseau émissaire ayant pu se trouver déchiré par l'application des cuil- \ lères de Tinstrument. Yelpeau admet aussi que les efforts et les pressions de l'accouchement peuvent donner lieu à un épanchement sous la couche tégunnentaire, sous l'aponévrose, sous le péricrâne, dans l'épaisseur des os ou plus profondément encore, à la surface de la dure-mère, et qu'elles sont de nature à faire naitre presque toutes les variétés de tumeurs sanguines indiquées par les accoucheurs et décrites sous le nom de céphalœmatomes. Nous ferons remarquer à notre tour que, même dans un accouchement facile, à un moment donné, une partie du crâne répond au vide de l'orifice utérin et de l'ouverture inférieure du vagin, et qu'il se produit en ce point une bosse séro-sanguine dans le cuir chevelu. Or, les bosses séro-sanguines, comme les céphalœmatomes, occupent par ordre de fréquence le pariétal droit, puis le pariétal gauche. Ne semble-t-il pas évident dès lors que ces deux lésions dépendent de la même cause? C'est ce que semble démontrer le fait suivant, qui a été rapporté par ?• Dubois : 41 Nous avons sous les yeux le crâne d'un enfant né à l'hospice de la Maternité, et qui succomba, trois jours après sa naissance, à des accès convulsifs qui, s'étant manifestés aussitôt après l'accouchement, se renouvelèrent presque sans interruption jusqu'à sa mort. Le tissu cellulaire sous-cutané du crâne était infiltré de sang dans une grande étendue ; presque au-dessus de la bosse pariétale droite existait, dans le même tissu cellulaire, un épanchement sanguin; au-dessous de celui-ci, et eu se rapprochant de la suture sagittale et de la fontanelle postérieure, exis-
668 CÉI»HALŒMATOMK. — caises-.
tait un véritable céphakematome, c'esl-à-dire un épaochemeiU de san^ au-deBsous du péricràne, lequel était complètement intact et par e<ukàequent séparait ce foyer profond de celui qui était plus superficiel. Nous n'avons pas besoin de dire que cet enfant était né après un accoucbeiDeol pénible. »
L'influence du travail de Taccouchement sur la production du céphalœmatome a cependant été mise en doute par de très-nombreux autôrs. Siebold, Micbaelis, Naîgele, Schmilt, Paletta, Klein, Zeller, Uœre^ s'accordent à dire que cette maladie a été surtout observée après des luouchemenls faciles, durant lesquels la télé du fœtus n avait éprouvé atome pression notable. N^egele, qui en avait vu dix*sept cas, ne l'avait janaK observée après un accouchement difficile ; bien plus, il lavait reocoilret une fois chez un enfant né par les pieds ; même observation a été faite pu Meisner et Hûter. Ces auteurs concluent, en conséquence, que le céphilœroatome est étranger aux difficultés et à la longueur du travail deFeofantement. Nous n'acceptons pas un jugement aussi absolu : on se rappdk, en effet, qu'une pression exercée sur les os du crâne d'un fœtus détermiiK très-facilement une ecchymose entre le périoste et le tissu osseux, queViileix en a signalé l'existence chez un grand nombre d'enfants nouveau-oe^. Ne voit*on pas d'ailleurs tous les jours des enfants apporter en naissaoi des ecchymoses sous la conjonctive : Comment expliquer ces dernières, si ce n'est par le travail de l'accouchement? De Tecchymose au cépbalumatome, il n'y a qu'un pas ; nous pensons donc que le travail de l'accouchement n'est pas étranger à la production du céphalœmatome, m: pour que ce dernier se produise il faut que le crâne présente au d>> ment de la naissance une prédisposition anatomique que nous aToa? indiquée plus haut. Si tous les enfants nouveau-nés ne sont pas atteint) de céphalœmatome, c'est que chez tous l'ossification n'a pasacquL^t^ même degré. L'état du crâne est, je le veux bien, le fait important et primordial dans l'étiologie du céphalœmatome, mais il est impossible (!r ne pas accorder au travail de Taccouchement une certaine influence, i^ serait-ce qu'à titre de cause secondaire.
Pour n'omettre aucune objection à cette manière de voir, nous^ terons que le céphalœmatome aurait été quelquefois reconnu avant b rupture des membranes ; mais aucun fait bien authentique ne vient appuyer cette assertion. Burckhardt aurait même rencontré un céphalœoMtome chez un enfant mort dans le sein de sa mère. « Dans le cours de 1S31 et 1832, un grand nombre de femmes grosses ayant succombé au choléra asiatique, j'eus vingt-sept fois l'occasion de pratiquer Topération césarienne sur les cadavres, et en examinant la tète des entants qui ctaie&t morts, je trouvai chez un seul une tumeur, s'élevant de la surbce du pariétal droit, présentant un bord bien distinct, aigu et circulaire, laissaai facilement reconnaître un trou dans Tos. En faisant l'ouverture de œtk tumeur, en présence de deux élèves en chirurgie, nous fûmes étonnés df trouver là au lieu de matière osseuse, deux lames, qui était distendue» comme une petite bourse, renfermant entre elles du sang récent, rouf
CÉPHALŒMÂTOME. — A-iAToirre kt physiologie pathologiques. 6W
et coagulé; tout le crâne et les vaisseaux sanguins, jusqu'aux plus petits, étaient gorges de sang. » Cette observation, on en conviendra, est loin de démontrer Texistence du céphalœmatome pendant la vie intra-utérine, et nous nous abstiendrons de toute réfutation.
Il est impossible dépasser sous silence une autre hypothèse qui, émise pour la première fois par Michaëlis, a été défendue par Paletta et par beaucoup d'autres; je veux parler de l'opinion d'après laquelle Pépanchement sanguin serait le résultat d'une maladie de Tos antérieure à la naissance. Cette altération consisterait en une absence ou une destruction de la surface externe de Tos, avec dénudation dudiploé et déchirure de ces vaisseaux. Si cette lésion, sur laquelle nous reviendrons en étudiant Tanatomie pathologique, était constante, la question serait presque résolue dans le sens indiqué par Michaëlis; mais il n'en est pas ainsi. On peut voir à la clinique d'accouchement de Paris, une pièce sèche qui fait partie de la collection de Depaul, et sur laquelle le périoste est soulevé par un céphalœmatome sans que l'os présente aucune altération. Naîgele, qui incisait les céphalœmatomes, n'a jamais trouvé Pos altéré quand l'incision avait été faite au débot de la maladie; le tissu osseux lui a toujours paru, au contraire^ bien intact et sain. De tous ces faits il faut conclure que Pépanchement ne reconnaît pas pour cause une malaiHe de l'os, et que dans les cas où le tissu osseux a été trouvé altéré, le séjour prolongé du sang sur la surface même des os avait produit celte altération. En un mot, la lésion osseuse, au lieu d'être antérieure au céphalœmatome, lui serait consécutive.
Ce qui précède laisse voir qu'une certaine obscurité environne encore l'étiologie du céphalœmatome, que toutes les questions relatives à son origine sont loin d'être éclaircies. Nous devions donc comparer entre elles les différentes opinions et dire quelle était celle qui nous paraissait la plus probable ; c'est ce que nous avons fait.
Attatomle et pliyslolmrle paUiologlaaes. — Nous avons vu précédemment quel était le siège du céphalœmatome ; nous n'y reviendrons pas. La tumeur offre un volume variable suivant le cas et suivant l^époque où on l'examine : au début, en effet, Pépanchement est peu considérable et peut passer inaperçu ; plus lard, il s'accroît et forme une C^tleetion qui varie depuis la grosseur d'une noisette jusqu'à celle d'un gros œuf de poule. Arrive enfin une période décroissante dans laquelle le céphalœmatome diminue progressivement pour disparaître enfin complètement.
A moins de complications, la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, l'aponévrose, sont intacts. Le périoste est au contraire soulevé par un épancliement de sang sur une surface plus ou moins large, suivant Pétendue de la tumeur. Cette membrane est habituellement transparente, lisse et polie du côté du foyer sanguin. Mais pour peu que la maladie dure quelques jours, elle ne tarde pas à s'épaissir, et, dans certains cas, on y trouve de petits amas de matière crétacée qui correspondent vraisemblablement à un commencement d'ossification.
670 CÉPHALŒHATOME. — - anatoiiie et psTsioiotic patboukiqces.
Le périoste incisé, on trouve une cavité remplie de sang. Cehû-ci e«l en quantité variable suivant la grosseur du cépfaalœmatome. Yalleii parle d'un céphalœmatome qui contenait 240 grammes de sang; nuis ordinairement ce poids est beaucoup moins considérable. Dans les premiers temps de la maladie le sang est d'un rouge asseï vif; il reste trèslongtemps liquide. Yirchow y trouva, après plusieurs semaines, des globules sanguins bien conservés, et il fait remarquer, à ce pciepos^qwle sang du fœtus n'est pas très-riche en fibrine. Plus tard, le sang iemi noirâtre, se coagule; il finit enfin par se présenter sous la forme d^iAe masse fibrineuse.
Quelquefois le sang est entouré par une membrane de nouvelle termation. Yalleix Ta vue tantôt blanche et filamenteuse, ayant Taspect lo tissu cellulaire condensé, tantôt d'un jaune rougeâtre et assez épaisse do côté de Tos, auquel elle adhérait par des filaments très-fins, \ma&> qu'elle était plus mince du côté du péricràne, avec lequel elle se mfondait en s'amincissant. Cette membrane n'existe pas toujours; elle est formée par un léger dépôt fibrineux.
On sait déjà qu'au-dessous de Tépanchcment Tos, en contact âTecle sang ou avec la membrane que nous venons de décrire, présente des i<pects très-différents suivant les cas : quelquefois, en effet, il est Im, poli, sans aucune altération appréciable; d'autres fois, au contraire,» surface est inégale, râpeuse, couverte de rugosités; son tissu est aminci par places. Ce dernier point est fort controversé ; mais en regardant i^ pièces sèches à contre-jour, nous avons vu manifestement la lumière Inverser les parties amincies beaucoup plus facilement qu'un os nemiil: aussi, pour nous, le doute n'est plus possible. D'après l'opinion deHcerei Kopp, Nsegele, le crâne pourrait même se perforer k la longue.
Ces différents états ne constituent pas des lésions radicalement diOerentes, ils représentent seulement des phases distinctes d'une mène maladie. Au début, le crâne est parfaitement sain avec toutes les apparences de l'état normal; mais sa vitalité est bientôt modifiée dans If point qui se trouve en contact avec le sang épanché. Par places, le tis^ osseux sera résorbé en partie ou cessera simplement de croître, et b partie correspondante paraîtra amincie à l'autopsie ; ailleurs, l'ossificition sera exubérante et donnera naissance à des plaques saillantes et rogueuses. Cette interprétation des faits deviendra plus évidente encort quand nous aurons étudié le bourrelet osseux.
Sous ce nom de bourrelet osseux on désigne une sorte d'anneBO^ entoure la base de la tumeur, dans le point où le périoste soulevé vieat rejoindre l'os. La coupe de ce bourrelet est à peu près tria^[ulaire; si face inférieure fait corps avec l'os, sa face externe recouverte par le périoste forme un plan incliné qui se porte en dehors pour se confondre insensiblement avec le reste de l'os. Sa face interne, en contact inunédiai avec l'épanchement, est perpendiculaire à l'os et taillée à pic; sa bauletf varie entre 2, 3 et 4 millimètres. Cette dernière face est rarement rég*- Hère ; le plus souvent elle est déchiquetée ; il s'en détache des poi«to
CÉPHâLŒHATOME. — SYXPTÔSZ8. 671
ossenfies plus ou moins larges qui se portent vers lé centre de Tos dé-* nadéw Le bourrelet manque par places ; là où il existe il est dur, d'ap^ pàrence osseuse ; il est formé par Tépaisissement du périoste. Aussi on ne robserre jamais dans les premières heures qui suivent l'apparition d'an céphalœmatome ; ce n'est qu'un peu plus tard qu'il apparaît. Sa présence forme Tun des traits caractéristiques de cet hématome.
•j^xnpcôoBes. — C'est en général du premier au quatrième jour après la naissance que le céphalœmatome deyient apparent ; il est probable cependant que c*est au travail de l'accouchement qu'il faut faire remon* ter son début dans un grand nombre de cas, mais alors la tumeur est si peu étendue et si peu saillante qu'elle passe inaperçue ; ce n'est que plus tard que l'établissement de la respiration et les modifications de la circulation chez l'enfant nouveau-né favorisent son accroissement. A ce point de irue^ily a une grande analogie entre le céphalœmatome et le thrombus de la vulve et du vagin, qui naît presque toujours pendant le travail pour ne se développer que dans les jours qui suivent l'accouchement. Quand le céphalœmatome attire pour la première fois l'attentiçn, il forme une tumeur arrondie, déjà bien circonscrite, molle et assez peu tendue pour que le doigt puisse en déprimer le sommet et toucher l'os sur lequel elle repose. Dans les jours qui suivent, la tumeur devient plus CQnvexe, plus tendue ; elle est irréductible et manifestement fluctuante. Suivant Naegele etBurekhardt, on y observerait quelquefois des battements; mais ce sont là des faits exceptionnels. La peau qui la recouvre ne présente pas habituellement de changements dans sa coloration ; ce n'est que rarement qu'on y observe une teinte rougeàire. Cette tumeur ne parait pas être douloureuse.
Au début, le céphalœmatome se confond d'une manière insensible avec les parties voisines, mais au bout de vingt-quatre heures, surtout après deux on trois jours, la base de la tumeur ofbrc un rebord saillant, connu sous le nom de bourrelet osseux, qui oiTre au doigt un relief facilement appréciable. Ce bourrelet est d'abord incomplet, mais il se développe rapidement et environne bientôt la tumeur de tous côtés, laissant au centre un vide qui en a souvent imposé pour une destruction du tissu osseux, et fait croire que le crâne était perforé ; pour éviter Terreur, il suffit de déprimer fortement les tissus, et bientôt on est arrêté par l'os qui occupe un plan un peu plus profond que le cercle osseux.
Nous avons vu, en éludiant Tanatomie patbobgique, que le bourrelet osseux est dû à l'épaississement du périoste, et que par conséquent il lui fa«t un certain temps pour se développer ; c'est sans doute pour ne pas avoir connu cette évolution que certains auteurs ont nié l'existence du bourrelet osseux pendant que d'autres affirmaient son existence ; les premiers avaient observé des céphalœmalomes au début, les seconds les avaient vus un peu plus tard. La formation d'un bourrelet dur à la base de la tumeur n'est pas particulière au céphalœmatome; on trouve, en effet, le même relief sur certaines tumeurs sanguines qui se dévelop* pent sur le crâne des adultes; on le voit encore sur certains kystes de la même région lorsqu'ils viennent à s'enflammer ; nous pouvons] même
172 CÉPHâLŒMATOME. — diàgsmtic wh^iE^riEL.
assurer qu*on le rencontre à la base dé quelqoes abcès froids éafis fiferentes régions du corps. Mais ici il faut l'expliquer par un simple épaachemenl de lymphe plastique et non plus par Tépaisisseraent du périoste.
En général, dès que le bourrelet osseux est complet, le céphalœm^ tome commence à décroître. Une partie du sang est résorbée, elle bwrelet s'avance de dehors en dedans, en envoyant des prolongefBeols irréguliers vers le centre. Il se déplace pour ainsi dire en rélrécissafit»i ouverture, et la zone qu'il occupait primitivement ne tarde pas às'alfc ser; l'os y reprend un aspect lisse et poli comme dans le reste du tmt.k la même époque, les doigts qui pressent la tumeur perçoivent unecimtation parcheminée qui est produite par la dépression d'une \wtÀ osseuse ou cartilagineuse. Seux a observé ce phénomène quinze fois sv vingt-cinq observations; il est donc loin d'être rare. On l'explique d'ow manière satisfaisante par l'ossification du périoste qui avait été sonleré. On comprend par conséquent qu'il doive manquer au début poum'ap]»raitre que tardivement. Je donne actuellement des soins à un enfant nouveau-né atteint de céphalœmatome qui offre le phénomène de la crépitation parcheminée à un très-haut degré. Le centre de cette twra«ir présente une plaque ossifiée de deux centimètres de diamètre, que Fca peut aisément saisir entre les doigts, d'un bord à l'autre, et sur laque!? on obtient la crépitation à volonté.
Le retrait du céphalœmatome devient de jour en jour plus prononc? quand sa marche n'est entravée par aucun accident; la cavité dtnm de plus en plus, et bientôt le périoste est partout adhérent à l'os* Oq d»lingue encore pendant un certain temps quelques saillies osseuses, et h reprend enfin son aspect normal.
Dlagnoaile différentiel. — Le diagnostic du céphalœmatome eâ facile : le siège de la tumeur, l'époque de son apparition, la fluetuatioii la présence du bourrelet osseux, l'existence de l'os au-dessous de Yépsr chement, constituent des signes qu'on ne trouve réunis dans aucune antre maladie. Des erreurs ont cependant été commises ; il est donc importast d'indiquer les maladies avec lesquelles le céphalœmatome pourrait être confondu.
Une bosse séro-sanguine du cuir chevelu, lorsqu'elle est volumiDeost pourrait être prise pour un céphalœmatome. On remarquera toutete qu'une tumeur œdémateuse est constamment le résultat d'un accouclie ment pénible, qu'on en constate toujours la formation pendant le travail, et qu'elle n'a plus aucune tendance à s'accroître après la naissaw?* Elle est moins bien circonscrite que le céphalœmatome, passe souvent au-dessus d'une suture, parce qu'elle a pour siège les parties qui se présentent les premières au vide du bassin. Le cuir cheveh qui h ^^ couvre offre une couleur violacée bien prononcée; elle n'est pas fluctuante et conserve l'empreinte du doigt. Ce dernier caractère la distingue nettement dn céphalœmatome ; nous ajouterons encore qu'elle disparait a douze ou quarante-huit heures et qu'elle ne présente jamais de boerreM osseux.
CÉPUALŒMATOME. — DucNOirK oMriAfiMiEL. 673
Leç épiuddiements de çang sous-aponévrotiquc$ oflreai plus de ressemblaoce avec le céphalœmatomc ; dans les deux cas, la tumeur est fluctuante. Mais les épanchements sous-aponévrotiques ne se produisent guère qu'après un accouchement très- laborieux ou une application de forceps ; comme les bosses scro-sanguines, ils sont souvent à cheval sur une suture. La peau qui les recouvre est ecchymotique ; ils ne présentent jamais de bourrelet osseux. Ces caractères suffiront presque toujours pour faire reconnaître le siège précis de Tépanchement. Un cas véritablement embarrassant serait celui où une bosse séro-sanguine, un épanchement sous-aponévrotique et un cépbalœmatome seraient superposés, ainsi que P.Dubois et Burckhardt en ont cité quelques exemples. Le diagnostic ne serait possible qu'après la disparition de la bosse œdémateuse et de répanchement sous-aponévrotique dont la durée est plus courte que celle du cépbalœmatome.
Les abcès du cuir chevelu ont aussi une assez grande ressemblance avec le cépbalœmatome. Yalleix a vu un fait de ce genre : la tumeur, située au-dessus de la bosse pariétale gauche, était molle, fluctuante, irrégulièrement arrondie, sans changement de couleur à la peau ; autour d'elle on sentait très-distinctement un bourrelet saillant, d'une ligne environ de hauteur, peu étendu en largeur et offrant à la pression une assez forte résistance. L'ouverture de cette tumeur donna issue à du pus liquide qui s'était formé entre l'aponévrose et le péricrâne. Les symptômes que nous venons d'énumérer, quoique fournis par un abcès, s'appliquent si bien au cépbalœmatome qu'on s'explique l'erreur, mais on peut l'éviter en tenant compte des différences suivantes : Fabcès peut aussi bien siéger au-dessus d'une suture qu'au-dessus de l'os même; la peau qui le recouvre est ordinairement rouge et chaude; toujours il produit une assez vive douleur. Le céphalœmaioxne, au contraire, ne dépasse jamais les limites des sutures ; la peau qui le recouvre offre habituellement une coloration et une température normales; jamais^ à l'état simple du moins, il n'est accompagné de douleur.
Les tumeurs avec lesquelles le cépbalœmatome pourrait être le plus facilement confondu, sont les encéphalocèles et les méningocèles. Cependant la hernie du cerveau ou des méninges se fait ordinairement sur le trajet des sutures ou des fontanelles ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle se fait jour à travers la substance même d'un os, tandis que le céphaloBigatome siège directement sur les os. Dans Tencéphalocèle on sent, comme dans le cépbalœmatome, un rebord osseux, une espèce de bourrelet, mais en enfonçant le doigt sur ce point, on pénètre dans use perforation véritable, tandis que dans le cépbalœmatome on est bientôt arrêté par l'os. L'encépbalocèle oifre de plus des mouvemeots de soulèvement ou des battements communiqués par le cerveau*, rjen n'est plus rare dans le cépbalœmatome. Enfin, dans l'encéphalocèle, la pression fait disparaître en partie la tumeur et détermine, si on la prolonge, des convulsions, des vomissements et de la somnolence; tandis
KOCV. OICT. MÉP. ET CHIR. Vî. — >i3
«74 CÉPHALŒMATOME. — puonostic, traitemekt.
^u'on n*observe aucun de ces accidents quand on comprime un cépb- Sloematome.
On ne conçoit guère la possibilité de confondre les tumeurs sanguinb <lu crâne avec Thydrocéphalie, Us tumeurs fongueuses ou les \amm^ ■érectiles. Nous ne nous arrêterons donc pas à en établir le dia^uosi -différentiel.
Pronostic. — Les opinions les plus diverses ont été émises Tthhtment au pronostic du céphalœmatome. Michaelis et Underwood lcc«g- -dèrent comme une affection dangereuse ; Naegele et Hœre pensent (pise terminera heureusement si Ton prend la précaution d'ouvrir de bone tieure répanchement pour évacuer le sang; Seux déclare en6n qwt •céphalœmatome guérit toujours si on ne trouble pas sa marche par a «traitement intempestif. Sur dix-neuf observations qui appartiennentict ^dernier auteur, la guérison s'est opérée spontanément dix-huit fois : av fois au bout de dix jours, une fois au bout de seize jours, une fois u bout de dix-sept, une fois au bout de vingt, deux fois au bout deTÎnjt- <juatre, deux fois au bout de quatre semaines, une fois au bout de 6m semaines, six fois au bout de six semaines, une fois au bout de dai rmois. Dans la dix-neuvième observation, Tenfant mourut le quinzièo/ jour d'une entérite avec muguet confluent, mais son céphalœmalomesv^ vait une marche régulière.
Les faits publiés par Seux sont rigoureusement observés, et ceaifii j*ai pu voir viennent confirmer son opinion. Le céphalœmatome est ee tainement une affection peu dangereuse; la divergence des auteurs <: •ce point ne peut s'expliquer que par les idées préconçues que duce d'eux avait adoptées sur les causes de la maladie et par le traitemd souvent dangereux qu*on employait pour la combattre.
Traitement. — Nous croyons avoir démontré que le pronostic da cf [phalœmâtome est favorable, que la guérison spontanée est la règle; itic! tout, on doit donc éviter tout traitement violent. La résolution de Ub- *meur est le meilleur résultat qu'on puisse atteindre, et pour 1 obtfir iplus sûrement il faut savoir abandonner la maladie aux efforts coréc rde la nature. L'expe.ctatiou est la conduite la plus sage, mais on peal; Joindre sans inconvénient l'emploi de quelques topiques résolutif. I^ substances les plus communément employées pour cet usage sont les <1^ •coctions aromatiques, le vin, Teau-de-vie^ le vinaigre, une solution^ chlorhydrate d'ammoniaque, dont on imbibe une compresse pliée et iplusieurs doubfes qu'on applique ensuite sur la tumeur. La compressid peut encore activer la résolution, mais «Ile est difScile à bien Eaire. U Ibandes dont on a conseillé Temploi se déplacent avec une grande bolit^ aussi P. Dubois leur préférait un bonnet un peu étroit, retenu par uik ilarge mentonnière.
Il nous reste à passer en revue les méthodes de trailement actif fi 'Ont été employées contre le céphalœmatome et à montrer leurs incoo^ nients. Le séton, recommandé et employé par Moscati etPaletta» cai- «iste à traverser la tumeur de part en part avec une aiguille on avee «
CÊPHALŒMATOME. — bibliographie. 6Ï5
bistouri, et à laisser dans ce trajet une bande étroite de toile dont les bords sont effilés ; du sang noir s'écoule pendant l'opération, et deux ou trois jours après la tumeur s'enflamme et suppure. Cette inflammation «st précisément le but que les auteurs de ce procédé se proposent, mais <îlle dépasse souvent les limites curatives et peut déterminer des accidents qui amènent la mort. Le séton est donc justement abandonné.
Gœlis Tivait eu Tidée d'appliquer sur le sommet de la tumeur un morceau de potasse caustique, dans l'intention de provoquer une suppuration médiocre, jusqu'à la disparition de la tumeur. Pour cela on doit surveiller l'action du cautère, de manière à ce qu'il n'agisse que sur les parties les plus superficielles de la peau, sans compromettre les parties sous-jacentes. Il est fort difficile de limiter ainsi à son gré l'action d'un caustique; aussi Gœlis avait reconnu lui-même les inconvénients de sa méthode, après avoir vu succomber deux enfants.
L'incision est plus simple et moins dangereuse que le séton et le cautère ; elle a été employée depuis longtemps, mais on la pratiquait de deux façons différentes. Tantôt on se contentait de faire une ponction avec la lancette, d'exprimer le sang et de favoriser la guérison par des fomentations résolutives; tantôt on pratiquait une large incision avec le bistouri pour donner au sang une issue facile. Ce dernier procédé était suivi par Michaêlis, Osiander, Siebold, Nsegele, mais tandis que Michaëlis conseillait Tincision, dans tous les cas, aussitôt après l'apparition de la 'tumeur, Nœgele, avec plus de raison, pensait qu'elle était rarement 'nécessaire, et qu'on devait la réserver pour les cas dans lesquels les résolutifs avaient longtemps échoué. L'incision a réussi un grand nombre Je fois, mais elle peut être suivie d'une hémorrhagie mortelle ou d'une inflammation que rienae peut arrêter. L'incision était la moins mauvaise des opérations appliquées autrefois aux céphalœmatomes, mais aujourd'hui, qu'on sait que cette maladie guérit presque toujours spontanément, il faut la bannir de la pratique ordinaire. Il ne serait permis d'y avoir recours que dans le cas exceptionnel où un céphalœmatome Irès-volumincux, sans tendance à la résolution, finirait par s'enflammer.
En résumé, l'expectation prolongée, aidée, si Ton veut, de quelques moyens résolutifs, est le seul traitement exempt de tout danger, et celui qu'eu doit conseiller dans tous les cas.
Namkui (P. C), Bm Veneêphtàoê^e oongénîale et let tameurt sângoiBeB i It tète das entants,
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6T6 CÉPHVLOMÊTIUf:.
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?• leçon.
Traités des maladies des enfants de Boiciict, BAimiEn.
S. Tarmer.
CÉPHAIiOlHKTRIE. — La céphalométrie est la mensantiooi! la télé, dans le but d'apprécier et son volume et sa forme.
Malgré des causes inévitables d'erreur et dMmperlection dans lesresoltats obtenus, on est arrivé à tirer de cette étude des conclusions imitantes au point de vue de la détermination des races et des rapports f existent entre le volume de la tête et le degré d'énergie des facultéà intellectuelles.
Le procédé le plus ancien, mais aussi le plus incomplet de céphil'> métrie est la mesure de Tangle facial de Camper. Pour obtenir cetan^t. Camper traçait, sur un dessin de profil, deux lignes : Tune, dite ligne hciale, part de la partie la plus saillante du front, entre les arcades sourtr lières et s'arrête en bas à l'épine nasale inférieure, sur laquelle im: la sous-cloison du nez ; Tautre, dite ligne horizontale, part de la met épine nasale et va passer sur Touverture du conduit auditif. LW constitué par l'espace compris entre ces deux lignes varie selon led^ de capacité de la partie antérieure de la boite crânienne : il est habitua lement de 80** chez les Européens, et arrive rarement jusqu'à Fan? droit.
Pour le mesurer avec exactitude, le D' Morlon a construit un gw& mètre consistant essentiellement en deux tiges mobiles réunies par bû^ charnière qui correspond au sommet de Tangle facial ; ces tiges y^ traversées par un cercle gradué qui donne immédiatement la mesure leur écartement. Ce goniomètre a été modifié par le D' Jacquartqui,^^ sant dans son instrument un espace vide destiné à loger la bosse nasiit a eu surtout pour but d éviter les variations résultant du volume pb^ moins considérable de cette saillie osseuse.
L'instrument de Jacquart ne laisse rien à désirer sons le rapport dei précision ; mais il est un peu compliqué et revient à un prix fort ék^ Celui de Broca (fig. 160) est beaucoup plus simple, beaucoup ^W et surtout beaucoup moins cher. Il offre en outre l'avantage de foanr en même temps que Tangle facial OAB, qu'on mesure sur ie qaadrar^ la longueur de la ligne faciale ÂB ; celle du côté OA, base du triangle fe cial, et enfin la distance AP, comprise entre le sommet A et le pied de> perpendiculaire BP ; cette dernière distance exprime le degré de saillie» la face en avant du crâne, et mesure ce qu'on appelle le prognat)M^
On a quelquefois accordé une valeur exagérée à Tangle facial. Sas doute cet angle est plus ouvert quand les lobes antérieurs da cen^ sont très-dévcloppés, mais ce procédé de mensuration ne saurait doi»* qu'une idée très-imparfaite deTensemble de la capacité crânieane.Lî saillie des mâchoires, telle qu'on Tobserve chez les races prognathes, uw
GÉPHALOMÉTRIE. 677
pour diminuer l'ouverture de l'angle de Camper, alors même que le volume (lelatôte reste le même, et d*un autre côté la hauteur du conduit auditif au-dessus de la base du crâne varie singulièrement suivant les individus 3t suivant les races. En réalité, on n'obtient guère ainsi d'indications exaces que sur le développement relatif du crâne et de la face.
Vc. 160. — Goniomètre de Broca, appliqué sur le crâne d'un nègre; le môme instrument s'applique également sur la tête de Thomnie vivant. — AC, la branche transversale appliquée en Usur l'épine nasale ou point sous-nasal.— AO, 11, Lesdeux brandies antéro-poslérieures. — 0, Un des tourillonsr mobiles, fixé dans le conduit auditif droit. ~ AB, Branche ascendante. — BF, Tige exploratrice reposant en F sur la partie supérieure de la bosse nasale ou sur le point sus-nasal. — QQ, Quadrant Tertical mesurant l'inclinaison de la branche ascendante hB sur la branche transversale AO. — BAC, Angle facial.
Ces indications au surplus sont fort importantes en anatomie compaée aussi bien qu'en anthropologie. Mais elles sont insufGsantes, parce fu'elles ne donnent aucune idée de développement du crâne et de la face [ans le sena transversal. Elles ne fournissent donc qu'un moyen d évaluaion indirect et incomplet, et ne peuvent dès lors remplacer les données ournies par la mensuration directe.
CeUe*ci peut se pratiquer sur la tète revêtue de ses parties molles, ou ur le crâne sec, ou enfin sur des dessins obtenus par des procédés mécaliques et reproduisant d'une manière rigoureuse la forme et les dimenions des diverses courbes de la tête ou du crâne.
Sur la tète, on mesure des diamètres et des courbes ; sur le crâne, on nesure ces mêmes éléments avec plus de précision, et on mesure en outre a capacité de la boite encéphalique qui, seule, peut donner une idée nffisante du volume du cerveau.
La Société d^anthropologie de Paris a publié des instructions détaillées nr la mensuration des éléments céphalométriques. Nous renverrons le
CÊPHALaHtERIG.
lecteur à ce travail, le plus complet ({ue Ton possède jusqu'iei ; am m bornerons à donner ici quelques indications générales.
Les courbes se mesurent avec le ruban métrique. Les trois plus iBi|tt. tantes sont: l"* la courbe médiane antéro-postérieure (mocàj^frmà qui s'étend de la racine du nez ou de la suture fronto*iiastleàla|irotibh rance occipitale externe; 2^ la courbe transversale biamedéiîjà s'étend d'une oreille à l'autre en passant par la partie sapéneare^ié!! Yoûte du crâne. Sur le vivant, ou prend pour points de repère bÉân le centre du conduit auditif, et pour point de repère médian k (ùt culminant de la voûte, c'est-à-dire le vertex; sur le crâne sec^ltWi supérieur du conduit auditif fournit le point de repère Uténl,ci^ bregmaj c'est-à-dire Textrémité antérieure de la suture sagittale, (miï le point de repère médian ; S"" la courbe dite horizontale^ bien qu'eik m. toujours comprise dans un plan plus ou moins oblique, et qui correspc'5 assez exactement à l'entrée d'un chapeau enfoncé jusques sur lesuoùsourcilières. Le ruban métrique est appliqué transversalement sur la b du front, immédiatement au-dessus de ces arcades, puis il pasK im \$ au-dessus de la conque de l'oreille pour aller contourner la partie la p reculée de l'occipital : c'est la courbe maxinui que l'on se propose k
mesurer, et on y anïï aisément après (faàfr tâtonnements.
La mensuration it diamètres se pratiqK l'aide du compas d'ép seur. LèpelvimètredeB»
delocque , heureoseifêf modiGé par Mathieu qoil > approprié à la cépbalo8^ trie, est le compas le^ commode dont on pot»' se servir (6g. 161.. ^ fournit des résultats troprécis toutes les fois f les points de repère ^ lesquels il doit être appi^ que sont exaclemenl it terminés. Maisillàutbeaa^ coup d'habitude pour o^ surer avec cet instnuK:
les diamètres totniJ^ parce que la situation it points où aboutisseot l^ extrémités de ces diai»^ très varie beaucojç savant les sujets. De là l'utilité d'un autre instrument fort simple, conslmii
FiG. 161. — Compas d'cpaUseur de MaUiieu.
CÊPHALOMÉTRIE.
Fie. 162. — Cadre ànaaxinin. — A Iraveive mobile pouvant s'écarler oa se rapprocher de la branche D, ait niveau de laquelle est situé le zéro des échelles milli^ métriques des deux branches latérales.
par MîBithîeu sur les indications de Broca, et designé sous le nom de cadre à maxima (6g. 162).
Les principaux diamètres du crâne sont les suivants :
1* Le diamètre antéro-postérieur maximum^ qui part du milieu de la bosse nasale, entre les deux sourcils, et qui aboutit au point le plus reculé de Toccipital ; 2*" le diamètre transversal maximum , qui correspond quelquefois à la région sus-auriculaire, mais bien plus souvent à une région située un peu au-dessous des bosses pariétales. La mensuration de ce diamètre est fort diflicile sans le secours du cadre à maxima ; 5° le diamètre transversal minimum^ ou frontal minimum^ qui se mesure avec le compas d'épaisseur appliqué sur la partie inférieure des crctcs frontales, immédiatement au-dessus des apophyses orbitaires externes ; 4* enfin le diamètre vei'tical qui ne peut se mesurer que sur le crâne sec, puisque sur le vivant la base du crâne est inaccessible au compas* Sur le crâne même, la détermination de ce diamètre est fort controversée. Le diamètre vertical absolu, celui qui est exactement perpendiculaire au plan horizontal de la face inférieure de la tête, ne peut être mesuré que sur les profil»^ crâniographiques obtenus à Taidedu cràniographe de Broca. Mais on peut du moins mesurer à l'aide du compas d'épaisseur celui des diamètres du crâne qui s'en rapproche le plus ; or, la distance comprise entre le bord' antérieur du trou occipital (qui est le bord postérieur de l'os basilaire). et le point bregraatique, où la suture sagittale rencontre la suture coronale, ne diffère jamais de plus de2 à 3 millimètres du diamètre vertical absolu. C'est ce diamètre basilo-bregmatique qne Ton mesure ordinairement pour représenter le diamètre vertical.
La comparaison que l'on établit à l'aide d'une réduction en centièmesentre le diamètre antéro-postérieur maximum et le diamètre transversai maximum fournit le rapport désigné par Broca sous le nom d'indicé céphalique. Lorsque, la longueur du crâne étant représentée par 100, sa largeur est égale ou supérieure à 80, le crâne est dit brachy acéphale^ Lorsque la largeur est au-dessous de 7/9, c'est-à-dire lorsque l'indice céphaliquee8tinférieurà77,7 pourlOO,le crâne est do/ic/ioc^pha/^; enfin^ le crâne est mésaticéphale lorsque l'indice est compris entre 7/9 et 8/1 0>. c'est-à-dire entre 77,7 etSO pour 100. Ces indications sont au nombre des^
680 CÉmAlOMÉTOIË.
plus importantes de Tanthropologie, et jouent un grand rAledun bdHsification des races humaines.
Passons maintenant à Tcxamen des procédés graphiques qui pereieitent de reporter sur le papier la forme des diverses courbures de la léte, tout en les mesurant.
L*un de nous (Marcé) a employé dans ce bot, avec un avantage nd des lames de plomb épaisses de deux millimètres et demi, larges des centimètre, que Ton place sur la tète dans le sens des diamè^àfffr surer, et que Ton moule, à Faide d'une légère percussion, surtoolesls sinuosités de la botte crânienne ; non-seulement ces bandes donnent bm mesure exacte, mais encore elles conservent la forme précise dee os d permettent de reporter sur le papier, avec une grande simplicité, \t dessin exact des courbes de la tète ; il est important de donner an lane; l'épaisseur indiquée plus haut : plus épaisses elles n'auraient pts m souplesse suffisante ; plus minces, elles ne conserveraient pas lenr^ nflexions avec autant de fidélité.
Ce procédé fort simple, que nous n'avons vu signalé nulle part, wa^ a permis de reproduire avec autant de facilité que d'exactitude les ooit9urs d'un grand nombre de tètes d'idiots et d'imbéciles. Mais il < If désavantage de manquer de points de repère fixes et rend diffinleiocB: comparables entre elles les différentes parties de la botte crânienne.
Le même reproche peut être adressé à l'instrument dont se sérventle chapeliers, instrument composé de clavettes mobiles qui peuvent s'idipter exactement à la circonférence de la tête et permettent ensuite de k reproduire sur le papier avec une exactitude suffisante.
Harting (d'Dtrecht) a perfectionné Tinstrument des chapeliers, ta ] adaptant un ingénieux appareil qui permet de déterminer etacteoeiit la situation des conduits auditifs par rapport aux courbes tracées sork papier. Mais ce procédé très-compliqué et très-peu pratique ne do» qu'un très-petit nombre d'indications, et est bien inférieur dèsiarsan deux procédés graphiques dont nous allons maintenant parier. LHiDe^ celui du ly Antelme, savant ingénieux et modeste dont la science regret la perte récente; l'autre est celui de Broca.
Le céphalomètre d'Antclme, dont l'invention date de 1858, seoompwt essentiellement d'un cercle fixe ou support destiné à entourer obiiqi^ ment la tête en passant devant les yeux, au-dessous des conduits aaditife Un autre grand cercle mobile coupe le cercle fixe à angle droit, saàoà au niveau des conduits auditifs, et s'incline à volonté dans le sensm^ téro-postérieur. Sur ce demi-cercle est un curseur qu'on peut pdus» à droite ou à gauche et dans lequel glisse, dans la direction du eestre, ^ broche graduée dont le degré d'enfoncement, jusqu'à la périphérie deli tête, donne la longueur du rayon de cette périphérie au centre dû cercle. Il suffit d'incliner le demi-cercle en avant ou en arrière et de faire mw* voir le curseur latéralement pour porter la broche graduée vers an poi»' quelconque du crâne ou même de la face, et pour obtenir en ce point» longueur du rayon céphalique. Des divisions tracées sur \e dMBi-«*'*
CBWUWMÉTIVlE. 681
naobile permeltânt de détermiaer la distance des rayons entre eux dans le sens transversal.
Le poiat de départ des mensurations, dans le sens antéro-postérieur, est le bord supérieur de lorbite. Un petit cercle placé devant Toreille gauche, à Tangle droit et sur Taxe de Finstrument, est muni d'une broche meiisuratrice qui se meut dans le sens antéro-postérieur. Non-seulement elle donne les rayons et les angles antéro-postérieurs du crâne ; mais^ une îois abaissée, elle donne ceux de la face et peut servir à mesurer la saillie du front, celle des dents et même des pommettes.
Cet instrument est très-ingéaieux et fondé sur des principes tout à fait i*ationii6ls, mais son mécanisme est compliqué et il exige beaucoup de précision dans sa construction. En outre, pour peu qu'en Texpérimentant^ on appuie les tiges graduées sur la peau d'une manière inégale, on obtient des résultats qui diffèrent sensiblement, alors même que deux mensurations sont faites à peu d'intervalle l'une de l'autre.
Malgré cette imperfection (qui disparaît, du reste, lorsqu'on opère sur le crâne sec), le céphalomètre d*Antelme est certainement de tous les instruments applicables sur le vivant, celui qui donne les résultats généraux les plus complets et les plus exacts.
Le crâniographe deBroca (rot/, la fig. 163) est essentiellement constitué par une tige horizontale qui, à la faveur d'un mécanisme fort simple, se meut autour du crâne, en restant toujours parallèle à elle-même, et qui dessine sur un écran vertical l'exacte reproduction des courbes crâniennes. 11 permet d'obtenir toutes les courbes périphériques ; mais il a été construit principalement en vue de dessiner la courbe de profil du crâne et de la face, de déterminer au centre de cette courbe la projection du trou auriculaire, et de marquer en outre, par de petits traits excentriques, la situation de tous les points singuliers du profil de la tète. Grâce à la disposition spéciale et à la graduation du support appelé le crûniophore^ on peut déterminer sur le même dessin la ligne horizontale de la tète. Taxe vertical du crâne et la position du bord antérieur du trou occipital. Les divers rat/ons auriculaireSy tirés du point auriculaire aux points singuliers delà courbe du profil, interceptent les ang/^^ auriculaires^ désignés d'avant en arrière sous les noms d'angle auriculo-facial, angle frontal, angle pariétal , angle DUS et sous-occipital.
La mensuration de ces angles, faite avec un rapporteur, fournit des ré- Tsultats intéressants, et celle des rayons qui les interceptent permet de diviser le profil de la tète en triangles qui se prêtent à d^utiles comparaisons. Le profil crâniographique fournit un grand nombre d'autres cléments crâniométriques, parmi lesquels nous citerons l'angle facial OAB, et le triangle facial OAB.
Broca a communiqué récemment (1866) à la Société d'anthropologie une importante modification de son crâniographe. Tout en conservant la plupart des dispositions du crâniographe, il en a fait, pour ainsi dire, un instrument nouveau avec lequel on dessine instantanément et sans erreur possible, non^seulement les courbes périphériques, mais encore tous les
CÊPIiALOHÉTKIE.
FiG. 163. — Gràotograpfae. — AA, Table du crfiniographc. — DB, NonUiH. — C^ Écran sa- lequel la feuille de papier est fixée par quaire serre-fines. — DD, Potence. — P, Yîrofe o»dée, destinée à fixer au repos l'avant^bras du crâniograpbe. — abcdy Bras articnlé »bs I* potence suivant l'axe liorizontal ab. — cdefy Avant-bras articulé avec le bras, snivaot !«? borizontal éd. — /^, Tige creuse horizontale fixée à l'extrémité de l'avant-bras. — ki, 1^ traçante traversant la tige précédente. — h, Crayon. — ig, Aiguille traçante. — W, Deo tiges auriculaires. — >7, Branche femelle de l'une des tiges auriculaires. — *, Tb de pre»»» destinée à fixer la branche mftie. — lo. Branche m&le reçue dans la branche feflidle et rvcourbéâ en avant à son extrémité supérieure. — 0, Tube borizonlal fixé sur l'extrémité éti^ branche mâle, et traversé par l'une des fiches auriculaires. -^ 0, Autre tube semblable tn- Tersé par la seconde fiche auriculaire. -> R, Clou tournant, fixant sur la table du cHùoff^
CÉRHALÛHÉTRIE. 6S5
runc des extrémités du ressort HT, dont l'autre extrémité sert à fixer le pied du crftniographe.
FiG. 164. — Griniophore. — ÂMN'A', Pied du crftniophore. — AN, Bord antérieur de ce pied. — BCED, Support. — BC, Bord antérieur parfaitement rerlical et gradué de H en K. — H, Zéro du arâmophore.— DE, Laaguelte métallique à resaorl, fixée en D et formant le bord postérieur du support. — F, ¥is de rappel faisant mouvoir angulairement la languette ED. — C, Extrémité supérieure du support, terminée en une surface arrondie et oblique, et recourerte d'une petite râpe métallique.
Fjg. 165. — Profil crlniographique. — A, Bord inférieur de l'arcade alvéolaire. — a, Bord inférieur de la dent incisive. — m, Épine nasale inférieure. — n, Extrémité inférieure des os propres du nex. — p, Suture fronto-nasale. — B, Point sus-orbitaire. — C, Bregma. — D, Lambda. -^ E, Protubérance occipitale externe. — F, Bord postérieur du trou occipital. «- I, Bord autérieur de ce troa. — 0, Point auriculaire. — Y, Yertei. — H, projoction du xéro du criniophore. — AO, Rayon maxillaire. — OB, Rayon sus-orbitaire. — OC, Rayon bregmatique. — OD, Rayon lambdoîdien. — OE, Rayon ioial. — OF, Rayon métaporal. — Angles auriculaireê : kOB, Angles orbito- facial. — BOG, Angle fronUl. — GOD, Angle pariétal.— DOEy Angle su»-occipilal. — EOE, Angle sous-occipital ou cérébelleux. — BOE, Angle cérébral. — At, Ligne médiane inférieure de la tête ou axe horizontal maximum de la tête. — HV, Axe verlical de la tête. — MI, Diamètre vertical intérieur. — VI, Diamètre vertical extérieur.— YM, Épaisseur du crine au niveau du vertex. — Ir, Hauteur du bord antérieur du trou occipital au-dessus de la fa«c inférieure des condyles. — kg, Projection faciale. — qr, Projection cérébrale antérieure. — r*, Projection cérébrale postérieure. — AB, Ligne faciale. — BAO, Angle facial classique. — BAr, Véritable angle facial mesurant l'inclinaison de la ligne faciale. — ABO, Triangle facial de Guvier.
détails visibles sur les divers plans de la surface du crftne. On obtient ainsi une reproduction aussi complète qu'une épreuve photographique, et, ayant sur celle-ci l'avantage d'être géométrale^ c'est-à-dire sans perspective, avantage pfécieux pour la détermination des rapports. Enfin, en remplaçant la tige exploratrice droite par une tige recourbée, on peut, sur ce dessin qui représente déjà toutes les parties accessibles à la vue, tracer avec un crayon d'une autre couleur l'exacte projection des lignes rentrantes ou masquées par des saillies osseuses, résultat qu'on ne pouvait obtenir jiis€pi'ici qu'en pratiquant préalablement une coupe sur le crâne. Pour étendre ainsi les applications du crâniographe, il a suffi de remplacer l'avant-bras de cet instrument par une tige bifurquée dont la branche interne supporte le crayon et dessine sur l'écran, et dont la branche externe supporte la tige exploratrice, puis de placer le crâne entre ces deux branches. On pourrait y placer tout autre objet qu'on voudrait reproduire par le dessin.
Disons enfin quelques mots des moyens que l'on emploie pour n^esurer la capacité de la boite encéphalique. Le plus ancien procédé est celui de Virey et Palisot de Beauvois, qui remplissaient le crâne d'eau par le trou occipital après avoir bouché avec de la cire toutes les autres ouvertures ; le poids de l'eau en indiquait le volume ; mais il y a toujours une certaine quantité, et quelquefois, lorsque le crâne est vieux, une quantité considérable d'eau qui s'infiltre dans le tissu des os du crâne : on a donc dû renoncer à ce procédé. Tiedemann imagina de remplacer l'eau par du mil très-sec. Il pesait le crâne vide, puis le crâne plein de mil ; la différence lui donnait le poids du mil, et c'était ce poids qui lui servait de terme de comparaison, car il se proposait d'étudier la capacité relative des crânes et non leur capacité absolue. Mais la densité du mil, même dessé-
684 CÉPHAiOMÊTRlE.
ché, est sutôez variable, et il y avait une seconde cause d'arreor plosgraiii encore, résultant de Tinégale condensation des grains suivant qu'on h tassait plus ou moins. Tiedemann fut victime de celle double erreir, puisqu'il arriva à trouver que la capacité du crâne des nègres était égrie à celle des blancs, résultat contredit par toutes les recherches ullérieures.
Le procédé désir William Hamilton, générs^lement usité aujourd'hui en Angleterre, est beaucoup moins incorrect. 11 consiste à jauger le ttm avec du sable de mer bien &n et bien sec, dont le poids spécifique «$t d'abord déterminé par une épreuve spéciale. Le poids du sable introdml dans le crâne est déterminé avec la balance, et transformé ensuite par m calcul de proportion en une mesure de capacité. Ce procédé est encore défectueux, parce que le degré de tassement du sable peut faire varier considérableraent le rapport de son poids à son volume. Le procédé américain, institué par (ieorge Samuel Morton, est préférable. On remplil le crâne avec du plomb de chasse, qu'on verse ensuite dans une mesure en verre graduée. Mais ici encore des différences de plus de 100 cenlimètres cubes peuvent être obtenues pour le même crâne, suivant le prœédê suivi pour le remplir, d'autant mieux que, dans certains cas, lorsque le erane repose sur sa voûte, il reste en tu'rière et sur les côtés du trou occipital des parties situées au-dessus du plan de ce trou, et que le plomb ne remplit pas.
Pour obvier à ces inconvénients, il faut, pendant que le plomb coole dans le crâne, introduire dans le trou occipital un fuseau de bois, avec lequel on refoule excentriquement les grains de plomb, de manière à b pousser dans toutes les directions. De la sorte, on comble tous les vides, et en poursuivant l'opération jusqu'à ce que la pointe du fuseau ne puisse plus pénétrer, on obtient un résultat qui, dans les diverses expériences faites sur le même crâne, ne varie que d'une fraction fort minime. Cette modiffcation du procédé américain, due à Broca, est adoptée aujourd'hui par la Société d'anthropologie.
Rappelons, en terminant, mais seulement pour mémoire, que la cephalométrie a été appliquée à la mensuration de la tète de l'enfant dans les accouchements difficiles. Stein avait imaginé dans ce but une sorte de compas d'épaisseur composé de deux branches d'acier s'articulaot à h charnière et réunies par un rapporteur gradué, do forme demi-circulaire, sur lequel on peut lire le degré d'écartement des extrémités, et par conséquent, rétendue du diamètre mesuré. On a essayé de faire du forceps Ivimême une sorte de céphalomètre, mais les indications fournies par ce» instruments sont trop incertaines pour pouvoir être de quelque utilité.
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, L. V. Marge et Paul Bert.
CÉPHALOTOHE, CÉPHitIâOTOIIlE, CÉPHAI^OTBIBB et CÉPHAIiOTRIPSlE. Vo\j. EjiBnTOTOiiiE.
CÉRATS. — Médicaments externes, de consistance molle,, dans la composition desquels interviennent des substances de nature très^diverse. Les cérats -sont essentiellement formés d'un mélange de cire et d'huile d'amandes douces. On emploie ordinairement la cire blasche, très-rare* ment la cire jaune. Quelquefois, le blanc de baleine ou le beurre de cacao sont substitués à la cire. Les cérats ne renferment jamais d'axonge, ce qui les 'distingue des pommades; jamais de matières résineuses, ce qui les différencie dos onguents.
Céral simple.
Cire blanche 1 partie.
Huile d'amandes douces 5 —
On fait liquéBer la cire dans Tliuile, à la chaleur du bain-marie ; on
laisse refroidir en agitant continuellement (Codex). Ce cérat est aussi appelé Cérat sans eau.
Cérat de Galien.
Cire blanche 1 partie.
Huile d'amandes douces 4 —
Eau distillée de roses 3 —
On fait chauffer, au bain-marie, la cire, Thuile et la moitié de l'eau, jusqu'à ce que la cire soit liquéfiée; on coule dans un mortier de marbre chauffé ; on agite le mélange, et quand il est presque entièrement refiroidi, on y incorpore le restant de Teau de roses, que l'on ajoute par petites parties, en continuant d'agiter suffisamment pour obtenir un pro* dttit parfaitement homogène.
En substituant la cire jaune à la cire blanche, on obtient Xteiratjatme des hôpitaux, lequel, selon quelques praticien», jouirait de propriétés I)articulières et devrait être préféré.
Cérat belladone.
Extrait de BelUdone. iO parties.
Cérat de Galie». 99 ^ '
F. S. A. On préparera de mémo le cérat d'extrait do jusquiame (Codex).
68(J CÉRATS.
C&at opiacé.
Elirait d'opium , • • • i çnoQiie.
Eau dislillée i —
Cérat de Galien 98 —
Faites dissoudre l'extrait dans Teau distillée, et mêlez au cérat dass un mortier (Codex).
Cérat laudanisé.
Laudanum de Sydenham I ptrtie.
Cérat de Galien 9 —
Cérat mercuriel.
Pommade ùiercurielle, à parties égales 1 ptrtie.
Cérat de Galien i —
Mêlez.
Cérat satum^.
Sous-acélate de plomb. 1 partie.
Cérat de Galien 9 —
Mêlez. Ce cérat, désigné aussi sous le nom de cérat de Gou/flrrf, ne doit être préparé qu'au moment du besoin (Codex),
Cérat êouflré.
Soufre sublimé et lavé 2 parties.
Huile d'amandes douces i —
Cérat de Galien 10 —
Mêlez dans un mortier le soufre avec le cérat, et ajoutes l'huile en tii-
turant de nouveau (Codex).
Cérat à là rose.
Cire blancbe 50,00
Huile d'amandes douces 100,00
Carmin 0,50
Huile volatile de roses. . 0,50
Faites liquéfier la cire dans Thuile, à ui;e douce chaleur; quand k mélange sera à moitié refroidi, ajoutez le carmin préalablement d^ dans un peu d'huile, et, en dernier lieu, Thuile volatile de roses. Ce cent est appelé encore cérat rosat ou pommade pour les lèvres.
Cold créant.
Blanc de baleine 60,00
Ciré blanche 30,00
Huile d'amandes dooces 915,00
Eau de roses 60,00
Teinture de benjoin 45,00
Huile voktile de roses 0«30
On fait liquéfier le blanc de baleine et la àt^ dans Thuile à une doacf chaleur; on coule dans un mortier de marbre chaufEi, et Ton tritore jusqu'à refroidifl6ement. On ajoute ensuite Tesaeiice de roses, et Ton inco^ pore, par petites parties, le mélange de Teau et de la teinture prédabkment passé à travers un linge (Codex).
Cérat au beurre de cacao (GuBomiT).
Beurre de cacao i . r^i^
Huile d'sBMmdef douces ..-.•*,....,,,,i parues çgaies.
Contre les gerçures des lèvres et des mamelles.
CÉBATS. 687
Cérat au quinqvma.
Poudre de qBinquina jaune i partie.
Cérat de GaHen. 4 —
Mêlez. Comme astringent et comme antiseptique dans le pansement des plaies de mauvaise nature. On peut remplacer, dans cette préparation, la poudre de quinquina jaune par une quantité moitié moindre d'extrait alcoolique de la même écorce.
Cérat amidonné (Alphée Gazehave].
Amidon 10 grammes.
Cérat de Galien 30 —
F. S. A. Contre les dartreè vives (Alphée Cazenave).
Comme on peut le voir par Tinspection des formules précédentes qui, à Texception des trois dernières, sont empruntées au Codex, le cérat de Galien ou cérat blanc, fait partie de tous les cérats composés ; il est à ces derniers ce que l'axonge est aux pommades, c'est-à-dire un excipieat. Toutefois, le cérat de Galien et Taxouge, envisagés comme excipients^ nous paraissent présenter de notables diiïérences : le cérat de Galien, en raison de Teau qu'il renferme, produit par son application, une sensation de fraîcheur qui, dans des cas déterminés, peut offrir des avantages. De plus, et c'est la surtout ce qui devrait rendre son emploi plus général, il rancit difficilement.
Le cérat blanc, ou de Galien, avec ou sans addition, est d'un usage extrêmement fréquent dans la pratique chirurgicale, pour le pansement des plaies. H est appliqué sur des plumasseaux de charpie, sur des linges entiers ou fenestrés, sur du papier brouillard. On introduit des mèches enduites de cérat dans les trajets fistuleux, ou dans les conduits naturels que l'on veut dilater. On interpose quelquefois des plumasseaux ou des tentes couvertes de cérat entre les lèvres d une plaie récente, pour en empêcher la réunion, comme cela se pratique dans la plupart des opérations de fistules. Le cérat sert à pratiquer le toucher rectal ou vaginal, à lubrifier les spéculums, les forceps, les cathéters et en général tous les instruments qui doivent être introduits dans les cavités naturelles ou accidentelles. Il est appliqué avec avantage sur les gerçures, les crevasses delà peau, les petites ulcérations superficielles (Guersent). Il ne conyient pas, lorsqu'il existe un relâchement très-marqué des tissus affectés : il augmente alors considérablement la suppuration et s'oppose au travail de la cicatrisation. C'est dans oe cas qu'Û semble rentrer dans la catégorie des topiques, que les partisans des pansements à l'alcool, ont dans ces derniers temps, flétri du nom de pourrUsatUs. '
Ajoutons encore que les cérats, quelle que soit leur oomposition^ oai l'inconvénient de se dessécher sur les plaies, et d'y déposer^ par suite de l'absorption exclusive de l'eau et de l'huile, une couche adhérente de cire qui ne s'enlevant qu'avec quelque difficulté, rend toujours les pansements plus ou moins douloureux. Aussi, ces préparations sont-elles beaucoup moins en faveur auprès des chirurgiens, depuié Tûitrodiiction en théra-
(iii CÉSARIENNE (opéiuTiov). — histoire et scAnsnouE.
peHtique, de la glycérine et des glycérolés, médicameaU qui préscoM entre autres avantages, celui de ne point se dessécher, et qui permettait, par conséquent,. de déterger les plaies avec la. plus grande Eacilité, su^ causer au malade la moindre douleur (voy. Glycéruic et GLTCÉiuiûi).
Louis UéBKirT.
CERlTEJklJ et CERlTEIiET. Voy, Eivcéphau:.
CÉHJ^BIEWBrE (opéraUon). — Sectio cxsarea^ partus anarm: hystérotomotokie (Roussel); l^arohysterotomia; hystérotoroie abdonioaie; gastro-hyslérotomie ; Kaiserschnitt; Cesarian opération.
L'opération dite césarienne consiste à pratiquer une ouverture u ventre de la femme enceinte et uoe autre à la matrice dans le bot ik (aire Textraction du fœtus par cette voie artificielle. Suivant Pliae, mFi appelée césariennej parce que le premier des Césars fut ainsi tiré à sein de sa mère, qui venait d'expirer. D'après une autre version, lesvnom de César tirerait son origine de l'opération : a cxso matris uterêl
C*est à tort que Lauverjat a appliqué la dénoroinatioD d'opératioB césarienne, en l'appelant vaginaley à des incisions pratiquées sur le s<ifment inférieur de la matrice par le vagin. Il n'y a aucune anali^n d'intention, ni d'exécution, ni de danger dans ces deux espèces d'opéntion. Aussi il ne sera pas question ici d'opération césarienne vagiàtle. On pourrait à meilleur titre ap|»eler césarienne l'opération qui consiste i donner issue par le ventre au fœtus développé dans la cavité abdomioik ou qui y serait tombé accidentellement. Mais cette opération, qui a <b indications spéciales, a reçu le nom de Gastrotomie (voy, ce mot).
Ml«tolre et •taUfttl««e de ropératliNi céMirleoBe. — L'opération césarienne proprement dite a d'abord été faite sur des fetame mortes à une époque plus ou moins avancée de la grossesse. On attribv à un des premiers rois de Rome, à Numa Pompilius, une loi appelée pu cette raison lex regia^ qui défend d'inhumer une femme enceiote: moins d'en avoir extrait le fruit. Cette loi est restée longtemps en vigM dans les différents pays tombés sous la domination romaine, elle a été sanctionnée par le christianisme et adoptée comme loi civile par la fkr part des états du Nord, surtout de l'Allemagne.
Pendant bien des siècles on n'a pas osé, à ce qu'il parait, emplo^ l'opération césarienne sur la femme vivante, alors qu'on s'attaquait cepeiidant sans scrupule au fœtus vivant, pour pouvoir en faire TextractiM par les voies naturelles. Il faut arriver jusqu'au quinzième siècle de Têfe chrétienne pour trouver la mention d'une opération de ce genre (Kicab de Falconiis, 1400), et le premier fait authentique ne date même q« de 1500. Un châtreur de cochons, du nom de Jacques Nufer, i^ C. Bauhin, ouvrit le ventre à sa propre femme pour en extraire le friNt de la conception, que plusieurs sages-femmes appelées à cet eflet dV vaient pu mettre au jour. L'opération eut un plein succès. Ed. C. J« Siebold doute avec quelque raison que ces opérations, ainsi que beat-
CÉSARIENNE (op^batiok). — tmistoirb et srUTismdB. (W»
coup 4'^a très du aûzième siècle^ aient été autre ehose que des gasiro^o^ mies suivies de l'extraction d^enfants généralement norts.
Le premier traité ex professe sur Topération césarienne, est eeluî que François Roas^ a publié en français en 1581. Il a «té traduit dan^ presque tous les pays de l'Europe. C. Bauhin le donna en latin en 1588; c'est l'édition la plus répandue. Roussel chercha à prouver la possibilité de sauver la femme et son fruit au moyen de cdtte opération, par des faits et par le raisonnement, mais il fut vivement cojnbattu par la plupart de ses contemporains, notamment par Âmhr. Paré et par fiiiiUeineau, à Topimon desquels se rangèrent Mauriceau, Viardel, Peu, etc. Le dixseptième siècle fut généralement incrédule. Au dix4iuitième, la question continua à être discutée et finit par être résolue généralement en faveur de l'opération. De nombreuses observations vinrent prouver la possibilité du double suecès. Jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, On possédait environ cent cinquante cas, mais qui n'offraient pas tous la véracité qo'o» doit exiger pour faire une statistique fidèle et convaincante. Dans le courant du dix-neuvième siècle, on recueillit un grand nombre de foits authentiques qui perniirent d'établir une statistique relativement trè&favorable. Ainsi Michaelis, qui a rassemblé toutes les observations publiées de 1801 à 1830, en a compté 150 parfaitement authentiques, dont 54 ont trait à des cas heureux pour la mère, et 76 à des cas terminés malheureusement. Kayser en a ajouté environ 80, recueilli» de 1850 à 1840. Un tiers de ces opérations ont été suivies de succès pour la mère. De 1840 à 1860, on en pourrait compter au moins 160, ce qui ferait un total de 570 faits entourés de toutes les garanties désirables.. Plus d'un tiers des femmes soumises à l'opération ont été sauvées, et le» deux tiers au moins des enfents ont été extraits pleins de vie. Dix-sept fois à notre connaissance l'opération a été pratiquée à plusieurs reprises sur la même persoime; une d'entre elles l'a subie cinq fois, quatre fois avec succès.
S'il est constant, en général, que l'opération césarienne a été pratiquée avec succès dans un tiers au moins des cas connus, il est certain aussi que les résultats définitifs do l'opération ont été très-différents sni-^ vant les pays, suivant les localités, suivant les opérateurs, et selon les conditions dans lesquelles on s'est trouvé placé. C'est en partie ce qui a donné lieu à des controverses brûlantes et à des opinions souvent exclusives. £n Angleterre, par exemple, les réussites ont été rares (1 sur 7, d'après West), aussi les accoucheurs anglais condamnent-ils d'une ma-^ nière presque absolue celte opération, quoiqu'elle ait été défendue éner«giquemenl par Hull. Elle réussit moins facilement dans les grands centres de population que dans les petites localités et à la campagne. Ainsi,, à Paris, on n'a plus obtenu un seul succès sur une soixantaine d'opéra>tioos faites depuis cinquante à soixante ans, tandis que la campagne en a fourni un très-grand nombre. Par exemple, dans le département de la Creuse, l'opération césarienne a été pratiquée six fois de 1843 à 1852, et toutes les six opérations ont réussi (Mémoires de r Académie de médecine y
ROUV. DICT. MÉD. ET CniB. VI. — 44
696 CÉSAJilENNE (opébatiox). — ikdigatioi^s cfaâiALES.
t. XY). Dans les grands établissements de Maternité, cUe a générakmeot échoué; ceux de Paris et de Vienne, où ont lieu par an de qtiatre a huit mille accouchements, ne comptent pas un seul succès. Certains opérateurs ont été exceptionnellement heureux. Nous citerons parmi eaiStae^ Meissner, Uœbœcken, Kilian, Billi, Guisard (de Gueret), qui ont rém toutes les fois qu'ils ont entrepris l'opération, ou deux fois snr trcè. quatre fois sut six, etc. Nous avons nous-méme réussi quatre {bis !v sept, et vu naitre tous les enfants en vie, tandis que d*aulres ont toujoan éohoué. Quelques-uns d*entre ces derniers sont néanmoins restés de idè partisans de l'opération; nous ne citerons que Baudelocque. Lepius^rd nombre en sont détenus de chauds adversaires, tout en avouant opi est des cas où elle est la seule ressource de l'art et offre la seule chinée de sauver la vie de la femme et de l'enfant qu^elle porte dans son sein.
Pour se faire une idée exacte des résultats que peut fournir ropénbeo en question, il ne faut donc pas s^en rapporter simplement à des statistiques particulières, il faut prendre les faits en masse et faire encore la part des conditions dans lesquelles l'opération a été pratiquée. Carileâ certain qu'elle a été très-souvent entreprise dans des situations dàespê> rées où elle n'avait pluS' la moindre chance de réussir. La faute en était-elle à l'opération? Non, sans doute, dirons-nous avec Deleurye.
Indlcatloiift a^ënérales de ropératl#ii. — Dans quels cas doit-d exposer Tcxistence d'une femme enceinte pour terminer l'accoucheioei^ d^une manière aussi extraordinaire? En d'autres termes, quelles sentis véritables indications de l'opération?
On est effrayé quand on lit ce qui en est dit dans les écrits antérie»^ à notre siècle. Ainsi Fr. Rousset reconnaît deux espèces d'indication: les unes fournies parle fœtus, les autres parla femme. Dans la premim catégorie, il range le volume excessif de rendant, les monstruosités, dk mauvaise position qui ne peut être corrigée, et la mort; dans la secomle. l'étroitesse des parties génitales, quelle qu'en soit la cause, les callosité les duretés, des ulcères, etc. Jusque vers le dix-huitième siècle, tout» ces indications étaient généralement admises. Un y avait ajouté liiplantation du placenta sur l'orifice de la matrice et les convulsions puerpérales, en un mot tout obstacle à l'accomplissement de la fonction <|« ne pouvait être écarté par les moyens alors connus. L'opération césarienne devait couper le nœud gordien, c'était plus expéditif que de le délier. Aussi les opérations entreprises pour la plupart de ces motik ^ dans des conditions très-défavorables à leur réussite, ne devraient-eVei plus entrer dans les statistiques modernes.
Ce n'est guère que depuis le commencement de notre siècle qu'ont bien tixé les véritables indications de notre opération. Toutes celles de b première catégorie de Fr, Rousset ont été écartées. L'acconcbcur qui ouvrirait le ventre et la matrice d'une femme pour un des motifs de cet^ catégorie, aurait de la peine à justifier sa conduite. Il en est de mémedtf accidents qui peuvent survenir pendant le travail. A eux seuls ils ^ peuvent motiver une opération aussi grave. 11 ne reste donc plus ^
ŒSABtENNE (oréiuTfo.x). — indicatioihs clNêRAtes. 091
YobstructioH indestructible et le rétrécissement infranchissable des voies naturelles de raccoachement.
L'obstruction indestructible devient une indication absolue d'opération césarienne. En effet, si les voies génitales sont obstruées de façon à ce que la sortie ou Textraction du fœtus devienne impossible, il ne reste plus qu'à pratiquer une voie artificielle. Cette obstruction peut procéder des parties génitales proprement dites, ou du canal pelvien. Ce n'est pas ici le lieu d'en indiquer, encore moins d'en décrire les différentes variétés, il faut les chercher aux articles Bassin (t. IV), Dystocie, etc.
Le rétrécissement infranchissable dépend d'ordinaire de la filière osseuse. Il n'est pas impossible que le canal génital lut-même devienne infranchissable lorsqu'il est affecté de maladies qui en réunissent ou rétrécissent les parois, ou les durcissent au point de ne pas permettre leur dilatation.
Les rétrécissements pelviens fournissent les indications de beaucoup les plus nombreuses. Ici s'élève la question de savoir à quel degré d'étroitesse du bassin l'opération césarienne est indiquée. Nous sommes obligé de renvoyer de nouveau à Tarticle Dtstogie, attendu que la détermination du mode et du degré d'étroitesse pelvienne indiquant l'opéra- , tion nous entraînerait à des discussions sans fin. Nous mentionnerons , une seule circonstance qui doit avoir une influence très-sérieuse suivant ^ nous sur la détermination à prendre, c'est la vie ou la mort du fœtus. Il I existe, en effet, des degrés d'étroitesse ou d'obstruction qui n'empêchent pas d'une manière absolue Textraction d'un enfant mort par les voies naturelles, mais qui ne livreraient jamais passage à un enfant vivant et intact. Faut-il alors sacrifier sciemment ce dernier pour épargner à la mère une opération dangereuse? C'est là la question tant controversée par les théoriciens, et qui fait si souvent hésiter le praticien. Celui-ci devra se laisser guider par sa raispi, sa religion et son cœur, quand il s'agira ou d'exposer la vie de la femlne pour sauver d'une manière certaine celle de son fruit, ou de commettre sciemment un fœticide, dans le bai de ^uver éventuellement la vie de la mère.
Il est donc des cas dans lesquels l'indication de l'opération césarienne est absolue, et il en est d'autres où, moins précise, elle dépend delà manière de sentir et de juger de l'homme de l'art; alors elle n'est que relative. Suivant les uns elle est contre-indiquée autant de fois qu'on entrevoit la possibilité d'extraire le fœtus vivant ou mort, entier ou écrasé ou divisé, par les voies naturelles ; suivant d'autres, il faut y recourir encore si Ton croit pouvoir sauver par son moyen le fœtus tout en exposant les jours de la femme. Enfin il est des cas oii, malgré une indication absolue, il faut pourtant s'abstenir : ce sont ceux dans lesquels on ne prévoit aucune possibilité de sauver ni l'enfant ni la mère, car quelque pénible qu'il soit de laisser mourir une femme en travail sans la débarrasser d'abord de l'enfant qu'elle porte dans son sein, il ne faut pas compromettre l'opération sans pouvoir espérer un résultat positif ou sans bot avouable. Il faudrait y renoncer également dans le cas où elle n'aurait
602 CÉSARIENNE (opéiution). — ihdigatioi^s «chéaales.
d'autre but que de sauver Tenfant , si celui-ci ne donnait pas ib signes actuels de vie positifs. L'auscultation devient, pour trancher cetir question, une ressource précieuse qu'on ne possède que depuis une qurantaine d'années, c'est un des motifs pour lesquels on extrayait aii|nnvant tant d'enfants mprls. Nous ne pouvons pas discuter ici siroupe: se lier entièrement aux résultats de l'auscultation ; cette question a fc être examinée ailleurs, nous dirons seulement que dans le dente il k s'abstenir.
L'état de santé de la femme doit aussi être pris en sérieuse considmtion avant de se décider à pratiquer l'opération césarienne danskso^ d'indication uniquement relative. Si Ton a de fortes présomptions piccroire que la mère succombera, que l'on opère ou qu'on n'opère [«. faut-il s^abstenir, si le fœtus est vivant, ou faut-il laisser mourir celaH; avec sa mère? Chacun répondra encore à cette question selon qn'fl.«er ou juge.
Nous n'avons touché que quelques-unes des questions qui peuvents^ lever dans l'esprit quand on se trouve en (ace de cas aussi enIham^ sants que ceux de l'obstruction ou du rétrécissement des voies génitale au moment du travail de l'enfantement. Nous nous abstiendrons 6ga^ ment de discuter les questions morale et légale qui ont donné lieu à e:' foule de controverses.
Choix du mmient. — Le praticien peut se trouver dans deux poatk: différentes quand il s'agit de faire l'opération césarieRue. Ooil&t^ pelé au moment où le travail est commencé et plus ou moins mm ou il a constaté plus ou moins longtemps à l'avance qu'il va se \im€ en (ace d'une difGculté qui fera surgir la question de cette opération.
Le premier cas est de beaucoup le plus fréquent, c'est aussi le |à embarrassant. Il s'agit souvent de se décider à l'emploi de tel ou tel n opératoire dans l'espace de quelques minutes. Or, le praticien qui îts. trouvé dans cette alternative peut seul dire ce qu'elle présente d'enik rassant. Que de questions difticiles à résoudre peuvent s'élever daIl^^ moment critique? Et d'abord quel est l'obstacle à vaincre, quelle eoe la nature, quel est son siège, jusqu'à quel point les voies de ïenbsk ment naturel sont-elles obstruées ou rétrécies? Le fœtus est-il mùr^gm ou petit, bien ou mal coriformé, vivant ou mort? quelle est sa préseofr tion, sa position? depuis combien de temps le travail dure-l-il?(|at sont les moyens de délivrance qui ont été tentés jusque-là et quels éc^ ont-ils produits? dans- quel état de santé la femme s'est-elle trouTèekbituellement? ne s'est-il pas déjà développé quelque maladie qui rendn cette opération plus chanceuse? quelles sont les ressources sur lesquel. on pourra compter pour exécuter l'opération dans de bonnes coodilion' pour en suivre les effets avec assiduité, pour combattre les accideots consécutifs? etc., etc. Quand on réfléchit à tout cela, on n'est étooBé f d'une chose : c'est que l'opération ait si souvent réussi alors qu'elle èi entreprise dans des conditions extrêmement défavorables. Quand a^ pense ensuite combien il est difficile de diagnostiquer le d^ré de réU^
CÉSARIENNE (opération). — indicatioss générales. <I0S
cîssement pelvien, les causes et le siège de robstruction des voies génitales, d'apprécier en un mot la véritable indication, on n'est plus étonné que l'opération césarienne ait été faite un grand nombre de fois sans nécessité réelle; cela explique comment des femmes délivrées ainsi avec succès, ont pu accoucher plus tard spontanément par les voies naturelles.
Le cas est tout à fait différent quand la difformité pelvienne qui a entraîné une étroitesse absolue ou relative, quand l'obstruction a pu être diagnostiquée plus ou moins longtemps à l'avance, c'est-à-dire avant le commencement du travail. Alors on recommence à plusieurs reprises et à des intervalles plus ou moins longs Texamen du bassin et des organes génitaux pour se faire une idée exacte de l'obstacle, et quand il a été bien reconnu, bien précisé, l'indication devient définitive, la résolution est prise à l'avance, et il reste le temps de mettre la femme à opérer dans les conditions les meilleures pour la réussite de l'œuvre. On en précise le moment, on en prépare d'avance les moyens d'exécution et on se met en garde contre les accidents. Mais ce n'est guère que dans les hospices de maternité que tout cela est pratiquable. Malheureusement le milieu dans lequel on opère alors est nuisible au succès définitif. Il est parfaitement reconnu que dans la pratique civile leis opérations faites dans les conditions les plus défavorables ont souvent réussi contre toute attente, tandis que dans les hospices où les femmes étaient entourées de tous les soins imaginables, et opérées par les hommes les plus habiles, elles ont presque toujours échoué. C'est ce qui a fait songer à transporter les femmes enceintes reçues dans les hospices et que l'on a reconnu ne pouvoir être délivrées qu'au moyen de cette opération, dans des localités saines, bien aérées, afin de les mettre dans les mêmes conditions atmosphériques que celles opérées à domicile.
Donc, le plus ordinairement on est obligé de prendre un parti en peu de minutes ou en peu d'heures, si l'on ne veut pas s'exposer à laisser passer le moment favorable. L'appel de quelques confrères fait souvent perdre beaucoup de temps, à la campagne surtout, mais il devient extrêmement utile pour un triple motif : i° pour s'éclairer de leurs conseils; 2** pour avoir des aides intelligents, et 3** pour couvrir sa responsabilité. Il est peu de cas où l'on soit forcé d'opérer sans ce secours actif et moral.
Préliminaires et préparation a l'opération. — Supposons maintenant l'opération arrêtée, quelles sont les précautions à prendre avant son exécution, comment doit-on y procéder, quels sont les accidents à redouter; ' enfin, quels sont les soins immédiats et consécutifs que réclame l'opérée et qu'il faut donner à son enfant s'il est extrait vivant? '
L'opération reconnue indispensable ou nécessaire pour sauver la vie de l'enfant, il faut immédiatement le déclarer aux parents les plus proches de la parturiente, puis à la femme elle-même et lui expUquer pour quel motif on se trouve contraint de recourir à un pareil moyen. Si l'indication est absolue, il faut lui déclarer qu'elle et son enfant périraient infail-
'604 CÉSARIENNE (opératio.^). — mDiCATioxs Gèi^tRiLî:-.
li;bleinent si Ton n'avait pas recours à cette seule chance de les sane tous les deux. Si Tindication n'est relative qu'à l'eafant, il faut le ijtloyalement, et faire comprendre néanmoins à la femme qae, iontentmr le sacrifice de son enfant, sa vie, à elle, ne sera pas nécessairemeot surv pour cela, mais qu'elle ii peut-être plus de chances de survivre à ce soi* de délivrance.
L'acceptation de la proposition de l'opération césarienne de la part ^ la parturiente est nécessaire tout d'abord, celle des parents y est aAsdonnée et tout à fait secondaire. L'influence des parents sur la femme» doit s'exercer que sur la recommandation du médecin et edoi-o j« parler selon sa conscience.
La proposition de l'opération est-elle acceptée; il s'agit de faire \ot les préparatifs nécessaires, mais sans ostentation, ni précipitation, poo ;> mener à bonne fin. L'opération n'étant pas mortelle par elle-méœe,! n'est pas nécessaire d'engager la parturiente à se munir des sacresiee^ de la religion, cependant cette proposition est la plupart du temps acceplr volontiers, et la femme y puise un courage utile au succès.
Tout d'abord, il faut songer au lit ou au meuble sur lequel la fennodoit être placée. Il doit se trouver libre dans l'appartement, de façon . pouvoir être entouré de toute part, et assez élevé pour que ropératear? soit pas obligé de trop se courber, et exposé à la lumière pour qu'il ^^ bien ce qu'il fait. Quand on opère de nuit ou dans un appartement seafe il faut faire préparer une certaine quantité de lumières artificielles enb autres quelques bougies de petites dimensions. La température dei'appjrtement doit être élevée à 20 ou 25 degrés centigrades. Le froid ou s* température basse ne peut que faire une mauvaise impression sur les ifganes qui vont être mis i découvert. Si Ton opère par une grande chabr. dans une pièce où l'air est étouffé ou chargé de poussière, il est utile d^ faire passer d'abord un courant d'air pur, ou d'arroser le plancher it? de l'eau légèrement vinaigrée ou chlorurée.
Souvent, on est forcé d'opérer dans des conditions peu favorables, dm^ des réduits (à la campagne principalement), où on trouve à peine de b place pour se retourner, un misérable grabat pour toute literie; es b mot, des conditions des plus défectueuses et de mauvais augure ; loai^ i< nature (comme on s'exprime vulgairement) des campagnards y est h*tuée, elle est identifiée avec cet état de chose?, et le succès d'une opéritk' quelconque est plus probable chez eux que chez l'habitant de la ville oc chez le malade d'hôpital, placé dans le milieu en apparence le plus ff^^ rable (c'est ce qui a fait désirer leur transport à la campagne).
Un meuble qu'on trouve partout et dont on se sert très-avantageuseme* c'est une table étroite, sur laquelle on étale un matelas qu'on repHe une de ses extrémités, et qu'on garnit ensuite de linges*, d'oreillers et i couvertures convenables.
Les instruments dont on a besoin sont peu nombreux : un bistoar
. droit, à tranchant un peu convexe et bien affilé, un autre bistouri tfrwî
ou courbe, à lame étroite et à pointe boutonnée ; une sonde cannelée, <te
CÉSARIENNE (qpkiutios). — uNoiCATiods oâaÉaÀUEs. MS
places à dissection et de boasciseaus. Il faut easuite des épongea fines bien ramollies et bien purifiées, du volume du poing à peu près, de Teau tiède et de Teau froide. Telles sont les choses nécessaires quand on vent procéder méthodiquement.
Le rasoir classique qu'on a quelquefois employé serait une ressource extrême.
, Il est aussi nécessaire de préparer avant de commencer à opérer l'appareil de pansement. Il variera un peu suivant les moyens de réunion que l'on compte employer. Dans tous^lês cas, il £siut du fil végétal et métallique pour sutures, du fil à ligatures même; des aiguilles et des porteraiguilles, des bandelettes agglutinatives, de la charpie, des compresses et un bandage dé corps convenable pour maintenir les différentes parties de l'appareil et exercer une compression salutaire. Ce bandage devra être arrangé de façon à pouvoir être relâché facilement ou entr' ouvert pour examiner Tétat de la plaie ou des sutures.
Avant de mettre définitivement la main à l'œuvre, on doit de nouveau examiner la patiente pour se convaincre une dernière fois de la nécessité d'opérer; de la vie ou de la mort du fœtus, et reconnaître le degré de distension, la forme et Tinclinaison de la matrice et ses rapports avec les organes avoisinants. Il est nécessaire aussi de diriger son attention sur la vessie, afin de la vider au moyen de l'algalie si elle renfermait une certaine quantité d'urine; enfin, le rectum doit également être débarrassé autant que possible. Si Ton avait pu prévoir plus ou moins longtemps à l'avance la nécessité de l'opération, on ferait subir une préparation plus complète encore à la femme. On la mettrait par exemple à un régime convenable, osi la placerait dans un milieu avantageux. C'est alors qu'on pourrait songer aux propositions faites à Paris; on lui ferait prendre quelques bains. Peut-être même la saignée pourrait-elle trouver son indication. Mais une préparation éminemment utile serait de vider le tube digestif à l'approche du travail de Tenfantement par des laxatifs un peu énergiques.
Quand le moment de l'opération esi enfin arrivé, on transporte la patiente sur le meuble où elle doit être opérée, on la coudie sur le dos, n^ais de manière à ce que le tronc soit un peu incliné^ les extrémités inférieures légèrement fléchies et modérément écartées. Cette s^titude évite pQye trop grande saillie de la matrice et la tension trop forte de la paroi abdominale qui résulteraient de la position complètement horizontale, et faciliteraient la hernie intestinale après l'ouverture du ventre, tout en rendant la respiration et la circulation plus difficiles.
Le peu de douleur qu'occasionne l'incision de la paroi abdominable et de la matrice, surtout en suivant le procédé opératoire qui est généraleinoeot usité aujourd'hui, rend à peu près inutile l'emploi préalable de narcotiques ou de stupéfiants, moyens recommandés par beaucoup de praticiens, et qui peuvent, en effet, être de quelque utilité en diminuant, par. exemple, ta. sensibilité réflexe. C'est l'opium qui agit daas ce cas le plus sàrement et le plus promptemeol. Hais depuis que l'on connaii les moyens anesthésiques diffusiblas (l'éther et le chloroforme), on. a abandonné les
fiM CÉSARIENNE (drillATIO!f). PBOCiBés OfÉRATOIBBS.
iMHrcotiques. Par le moyen de l'anesthésie cbloroforraiqae, on soostrul la femme à la tortnre morale qu'elle éprouverait en se voyant ounir k ventre, on lui enlève le souvenir de la douleur, et Ton endort te systèote nerveux en général. Presque toutes les opérations césariennes pratiquées dans ces dernières années, l'ont été pendant le sommeil chloroformiqw, et on s'en est généralement loué. Dans notre dernière opération (186ts nous avons remarqué que le chloroforme employé à assez forte dose pos agir profondément, peut donner lieu à des contractions spasmodiques k diaphragme et des muscles abdominaux et i des efforts de ToniissenBat très-embarassants, au moment surtout où la matrice étant TÎdée, lei ^ mousses imfirimées au paquet intestinal en ont chassé bi plus gmét partie hors de la plaie, malgré les efforts qu'on fit pour le retenir. Ce n'est qu'avec peine qu'on est parvenu à l'y faire rentrer et à l'y miiBtenir.
11 faut donc recommander à la personne chargée de la chlorofonnbation,de ne pas trop insister, afin d'éviter les vomissements qui n'ont déjà que trop de tendance à se produire.
Dès que la patiente est endormie, on procède à l'opération, quelquefois il est nécessaire de raser préalablement le pubis.
Procédés opÉRATomEs. — Plusieurs procédés opératoires ont été recommandés et employés.
a. Méthode de Levret. — Le plus ancien est cehii qui a reçu le im de Levret, parce que ce célèbre accoucheur l'a le mieux décrit. Ron^ l'a déjà indiqué. 11 consiste à pratiquer une incision sur Tun des côtés k neatre le long du bord externe du muscle droit. D'après Roussot, cette \tr oision doit être un peu oblique, et suivant Le\Tct, parallèle h l'axe ^ corps. Les partisans de cette manière d'opérer veulent la plupart fff l'incision soit faite au côté vers lequel la matrice est inclinée. OuelqiK^ «ins seulement avec Millot, trouvent le côté opposé plus convenable.
b. Méthode de Deleurye. — L'incision à la ligne blanche est wm ancienne. Elle s'est introduite peu à peu dans la pratique et l'on \pm le nom de l'accoucheur qui Ta proposée et de celui qui l'a employée pov la première fois. Elle est connue sous la dénomination de méttiode k Deleurye. Mauriceau déjà a dit qu'il préférerait l'incision à la ligne bhnd^ à l'incision latérale généralement recommandée de son temps. Lesos^ gisent que c'est Platner, d'autres Varroquier qui est l'auteur de ce nflfr veau procédé. Il faut considérer comme des variétés de cette manièrf d'opérer, celles décrites par Lentisoh, Osiander le jeune, et Langenheci, <}ui conseillent de faire l'incision à 0*^,05 environ en dehors de b fif* médiane du ventre.
c. MéUiêde de Lanmerjat. — La manière de procéder de LawerjatsV* ^rte le plus de celles connues jusqu'alors. Lauverjat a proposé de bir? pne incision transversale de 15 à 16 centimèfares de longueur à la pare> abdominale, enb'e le muscle droit et la colonne vertébrale, phie ou wé» «u-dessotts de la troisième fausse côte, selon que te fond de la matrief «n sera plus ou moins éloigné. Plusieurs (ois, celte manière d'ouvrir 1^
CÉSARIEiNNE (op^iutioii). — PROcifiÉs oKAAtoiRcs. mi
ventre avait été employée avant lui, néanmoins, cette méUiode a conservé aon nom, parce qu'il Ta phis particulièrement recommandée et qu^l Fa employée plusieurs Cois avec im plein succès.
d. Méthode deStein (le jeune). — Stein a proposé de fiiire une incision oblique ou diagonale, de la branche horizontale du pubis d'un côté à travers la ligne blanche, jusqu'à la dernière fausse cèté du côté opposé. €ette méthode n'a eu que peu de partisans parmi lesquels se trouvent SchmidtmûUer et Busch. Ce dernier l'a même employée, mais sans succès. Zang décrit un procédé analogue ; il ne diffère de celui de Stein qu'en ce que l'incision est faite en deux temps et dans deux directions différentes.
e. Méthode d^Osiander. — Se rappelant la manière de procéder de Celse pour la lithotomie, O^nder a pensé qu'on pourrait pratiquer l'opération -césarienne d'une façon analogue. Il conseille d'introduire une main dans les parties génitales, de saisir la tête, de la soulever et la pousser en avant, de façon à ce qu'elle vienne faire saillie à Thypogastre; de pratiquer à cet endroit une incision oblique de 12 à 15 centimètres de longueur dans la direction du muscle pyramidal, de faire sortir la tête par cette ouverture et d'extraire ensuite le fœtus en entier. Cette singulière manière de faire l'opération césarienne a été mise en pratique deux fois par celui qui l'avait conçue, mais sans le moindre succès.
f. Méthode de Jœrg. — Enfin, une dernière manière d'opérer, dont JoBTg adonné le premier l'idée en 1806 et que C. fiaudelocque a appelée gastro^lytrotomiey consiste à inciser le vagin seulement, ou tout au plus encore le col de l'utérus, après avoir ouvert le ventre soit à la ligne blanche, soit sur le côté. Ritgen, supposant que la gravité de l'opération césarienne tient à Fouverture de la cavité péritonéale, proposa de faire une incision au-dessus de Faine, comme cela se pratique pour la ligature de l'artère iliaque externe et de décoller le péritoine de la fosse iliaque. Il opéra de cette manière sur la femme vivante en 1821, mais ne pouvant «xtraire le fœtus, il fut contraint d'inciser au milieu du ventre, et le fit d'après le procédé de Stein, mais sans succès. C. Baudelocque fit en 1824 la même proposition, et eut aussi la hardiesse de la mettre à exécution, «ur la femme vivante. Il fut, comme Ritgen, obligé de renoncer à extraire le fœtus de cette manière et de pratiquer l'opération à la ligne blanche ; la femme et Fenfant furent victimes de cet essai. En^n, Physik de Philadelphie eut la même idée ; il conseille, au dire de Dewees, de foire une incision transversale immédiatement au-dessus du pubis et de décoller le |)éritoine du fond de la vessie pour arriver au vagin 1 1
Ces dernières et excentriques manières de pratiquer l'opération césarienne ont étéimaginéœ dans le but d épargner la matrice et le péritoine, à la lésion desquels on a généralement attribué les insuccès de l'opération. Il était cependant facile de prévoir que des ouvertures si peu larges, pratiquées immédiatement au-dessus du bassin ne suffiraient pas pour l'extraction du fœtus, et que l'incision du vagin et du segment inférieur de la matrice rencontreraient des difficultés insurmontables. '
«98 CÉSAIUËNNE (opÉJunoii). -^ sicfccnos.
Les rouières de procéder de Steîn k jeune et d'Osiaader ne méritent pas de réfutation non plus. U n^y a de oomparaisoa à établir qu'oitre les incisions latérale, transversale et mitoyenne du ventre.
Malgré les avantages que leurs défenseurs ont attribuéaux deux preanm de ces procédés ; celui qui est presque exclusivement employé aujourd'hui c'est rincision à la ligne blanche. La facilité avec laquelle on pèùlR à cet endroit dans la cavité abdominale, la couclie peu épaisse à travencr, l'absence à peu près complète de vaisseaux dans cette coudie, la certitiiè de tomber immédiatement sur la matrice, la facilité d'agrandir rincisin primitivement faite, celle de contenir la masse intestinale pendol qu'on pénètre dans l'utérus, de saisir et d'extraire le fœtus : en fooi k procédé le plus expéditif et le plus sûr.
Ces avantages ne sont pas compensés dans les procédés dits de Len^ et de Lauverjat par la facilité de l'écoulement des liquides épanchés, à la réunion de la plaie extérieure et de la solidité de la cicatrice. On est d'ailleurs revenu de l'idée qu'il faut toucher le moins possible a«pm* toine. On se permet de l'éponger jusqu'à le mettre à sec, et on praliqM Ja suture de la plaie à la ligne blanche d'une manière beaucoup plu solide qu'autrefois et de façon à obtenir une cicatrice résistante, qui n'expose pas plus aux hernies que celle qui suit les plaies musculensfi de la paroi abdominale.
Le choix du procédé opératoire n'est donc pas douteux pour nous: c'est celui à la ligne blanche que nous préféronSé Voyons comment 3 faut l'exécuter.
Exécution de l'opération. — Nous supposons qu'on ait quelques aide intelligents ; on pourrait en employer au moins trois : deux pour fiicria matrice et maintenir en respect le paquet intestinal, qui est toiqiMn poussé vers toute solution de continuité de la paroi du ventre, ua troisième chargé de présenter les instruments et autres cboses nécessmi pendant l'opération. Un des premiers sera placé à la partie supéri^ireet latérale gauche de la femme et chargé de ramener l'utérus dans l'axe Jv corps, si toutefois il en est dévié, et de le Gxer dans la ligne moyenneèi ventre avec ses deux mains appliquées au-dessous des régions hypocaidriaques. L'autre remplira les mémos fonctions à la partie inférieure. Tov les deux, en appuyant un peu, maintiennent convenablement la fcmne. L'opérateur se place au côté droit de sa patiente. Avant de commencer il s'assure par la percussion de toute la région du ventre cernée par lesaides que l'utérus est en rapport immédiat avec la paroi abdominale, qu'aucmu anse intestinale n'est interposée.
L'opération comprend trois temps distincts : V l'ouverture de ïM^ men et de la matrice; 2!" l'extraction du fœtus et de ses annexes; 5' la réunion des plaies.
1"* Ouverture de V abdomen et de la matrice (6g. 166). — Une iwiaion est d'abord pratiquée à la peau. Cette incision doit s'étendre de l'ombiUc à deux ou trois travers de doigta du pubis, et avoir au bmîos 0^,25 de longueur (la longueur de la circonférence de la tête iMiN*
CÊSARIEiNNE (opÉiumN). — ExÉctJTio*^. 69»
Si l'épaisseur en pannicule graisseux le periùet, l'incision peut, du premier coup, arriver jusqu'à l'aponévrose, puisqu'on ne rencontre point de muscles. L'incision de l'aponévrose exige quelques précautions, afin de ne pas pénétrer trop rapidement dans la cavité péritonéale et entamer prématurément Tutérus, ou blesser Tépiploon, qui est quelquefois étendu sur ce dernier en forme de nappe ou de tablier. Il est prudent de ne pratiquer d'à- ^ bord qu'une boutonnière à l'aponévrose, d'ouvrir im- y
médialement après le péri- ^
toine, comme cela se pratique pour ouvrir un sac herniaire , d'engager une sonde cannelée dans cette ouverture et de l'agrandir avec le bistouri droit dans le sens et
dans rétendue de la plaie '
extérieure. •
Pour ouvrir le ventre, il est inutile de marquer avec de l'encre retendue et la direction de 1 incision comme le ""'""' "^""^
conseille Fr. Rousset, ou de P»6. 166. — Procédé opératoire. — flr, Incisions d'après
faire un pli à la peau, comme l^^X^-^'^^^T^^.
le recommande Levret; un ihode de Lauverjat. — e, Mélhode d'Osiander. — /;
véritable opérateur n'a pas Méthode de Riigen. besoin de ces précautions.
Elles sont surtout inutiles quand on opère, comme on le fait générale- ' ment aujourd'hui, à la ligne blanche, dont la peau est tendue et qui est d'ailleurs presque toujours marquée par une raie foncée. Si l'espace compris entre le nombril et le pubis est trop peu considérable pour donner à l'incision une étendue d'au moins 0"*,25, nécessaire pour permettre l'extraction du fœtus, en restant toujours éloigné de la symphyse pubienne d'au moins 0",06 , il faut la prolonger au-dessus du nombril en le contournant, ou mieux, en faisant toute l'incision h un centimètre environ en dehors de la ligne mitoyenne. Chez des femmes naines ou rachitiques ce cas se rencontre fréquemment.
L'ouverture du péritoine est signalée par un suintement séreux plus eu moins abondant. Quand l'incision est achevée dans toute la longueur, ses bords s'écartent par l'élasticité des parties et par ta pression que les
TOO CÉSARIENNE (opération). — Èxigctrrioiî.
aides exercent latéralement. La matrice se voit alors parfaitcmenl zt^ elle se reconnaît immédiatement à sa couleur de chair foncée. Qnehp». fois elle est recouverte par Tépiploon, avons-nous dît : celui-ci doitètn soigneusement refoulé en haut, au-dessus du fond de la matrice, znA qu'on entame cette dernière.
Il est important que la matrice soit attaquée aussi près que possible su la ligne médiane et vers le fond, afin que, après sa contraction, m ouverture soit aussi parallèle que possible avec celle de la plaie abdominale, pour que Tépanchement des lochies dans le péritoine soit éfilé. Pour atteindre ce but on recommande à Taide dont les deux mains seil appliquées sur les parties supérieures du ventre, d'exercer une presgkt de façon à faire basculer la matrice en avant afin que son fond se présente près de Tangle supérieur de la plaie abdominale.
L'incision de la matrice se pratique ensuite sur la ligne mitoyenne ai«( le bistouri à tranchant convexe. Les fibres utérines se divisent bêt ment ; à mesure qu'on pénètre, elles se rétractent et ia plaie s'élargit en prenant une forme prismatique. Il faut couper couche par couche le tissi utérin, afin de ne pas ouvrir Tœuf, si déjà il n'est ouvert dans le vagie. ou de ne pas blesser le fœtus, ce qui est arrivé. Une fois qu'on a pénétrt dans la cavité utérine, on agrandit suffisamment l'ouverture avec le bistouri boutonné, que l'on guide avec un doigt. Si l'œuf est intact, on k perce pour y faire pénétrer ensuite la main, ou on le décolle jusqul « que l'on soit arrivé aux parties fœtales qu'on veut saisir. L'épancbemeoi de l'eau amniotique dans le ventre doit être évité ; cependant il dj aurait pas très-grand inconvénient à ce qu'il y en pénétrât quelque p«: c'est bien certainement le liquide le plus innocent qui puisse se trour^ en contact avec le péritoine. Malheureusement l'incision ne tombe p^ toujours sur les membranes de l'œuf. Une fois sur trois à peu près m rencontre le placenta. Il faut alors se hâter d'agrandir l'incision et m comme dans les cas de présentation du placenta sur l'orifice de la nHtrice; c'est-à-dire décoller, introduire la main, et, arrivé aux membrane, les rompre, pénétrer dans l'œuf, et se hâter de faire Textraction do fortas. Il serait aussi peu rationnel de suivre le conseil de Jœrg qui vent q« J'oa divise le placenta, que celui de Canis et de Ritgen qui recommandei son extraction avant celle du fœtos. Si pourtant il se décollait en telaK et que son extraction préalable parût nécessaire, il faudrait faire sém l'extraction du fœtus immédiatement, afin de ne pas manquer vm^ buts principaux de l'opération : l'obtention d'un enfant vivant.
2'' Extraction du fœtus (fig. 167). — Le plus souvent les pieds du fata^ se trouvent au fond delà matrice; quelquefois c'est la tète. L'auscohatiei et le toucher peuvent donner, avant qu'on ne commence à opérer, une i^ exacte de la présentation et de la position ; on peut donc savoir d'avo& dans quelle direction il faudra porter la main. Celle-ci sera ghssée af« précaution vers le côté où se trouvent les pieds, pour les saisir et te attirer. Si on n'en trouve qu'un seul, il suffit de dégager une extràoutê inférieure. On procède ensuite à 1 extraction du iœtus, en surrant le^
CÉSARIENNE (opÉiuTias). -i- exécution. TOI
règles ordinaires. Si la tête se trouTait en haut, c'est elle qu'on tâcherait de faire sortir en premier, soit en la poussant vers Touverture de la matrice, au moyen de pressions exercées dans cette direction, soit en la saisissant directement avec la main. Les contractions utérines viennent souvent en aide à l'opérateur; on a même vu le fœtus être expulsé comme dans l'accouchement par les voies naturelles.
Fie. 167. — Manière de faire l'extraction du fœtus
Pendant cette manœuvre d'extraction, il faut éviter de trop violenter les angles dePincision utérine, aGn de ne pas agrandir inutilement cette ouverture, par laquelle Técoulement lochial n'a que trop de tendance, plus tard, à se faire jour.
L'extraction du fœtus n'est pas toujours aussi aisée.
C'est surtout pendant l'extraction du fœtus, et immédiatement après, qne les aides chargés d'appliquer la paroi abdominale contre la matrice ont une tâche importante à remplir. Ils doivent empêcher Tirruption'de l'intestin et de l'épiploon dans la plaie, ainsi que l'épanchement dans le péritoine de l'eau de l'amnios et du sang qui s'échappent de la matrice. Leurs mains, bien étalées, maintiendront surtout les bords de l'ouverture du ventre en contact avec l'utérus, pendant que l'opérateurfera l'extraction du fœtus d'une manière lente et graduée. L'évacuation prompte de la matrice amènerait un affaissement trop rapide de l'organe, qui pourrait entraîner plus d'une espèce d'inconvénient. On se comporte, pour séparer l'enfant de sa mère, comme dans les accouchements les plus ordinaires.
Reste la délivrance. A moins de raisons particulières, telles que une hémorrhagie, le décollement complet du placenta, etc., il ne faut pas'
7da CÉSAAIENNE (opiAATiai). — loâeimox.
se hâter d'enlever rarrièce-faix. Avec une époige fine on kve les eoirirons de la plaie, el on absorbe le sang à mesure qu'il s'en présenlt C'est aussi le moment de donner a Topérée les secMirs que son étil peut réclamer, de réduire des anses intestinales hemiées, etc. Penàot ee temps des aides s'occupent de l'enfant qui peut exiger des soins particuliers. Au bout de cinq à dix minutes on essaye d'extraire l'arrière-Eiii, que Ton trouve d'ordinaire décollé et poussé vers la plaie par les eofttractions deTutérus. Il y a deux manières de procéder à cette extraction. Ou bien on enlève le délivre par la plaie abdominale, de la mène manière que si on le retirait du vagin ; ou Ion fait passer le cordon omt licalpar le col utérin, en l'attachant à une baleine Qexible, dans le vagin, et on ramène hors de la vulve pour, par son moyen, opérer la déli- ' vrance par les voies naturelles. Wigand et Maygrier attachent une grande importance à cette dernière manœuvre. Elle doit surtout faciliter réeoolement lochial par les voies naturelles. La difficulté de l'exécution l'a lait abondonner. On fait donc la délivrance par la voie qu'on a frayée à Tenfant, mais il faut avoir bien soin de décoller la totalité des membranes, surtout si l'œuf avait été entier au moment de l'incision de l'utérus. Car si l'orifice restait couvert par une portion de membranes, les lochies n'ayant point d'écoulement par la vulve s'échapperaient dans le veotn.
Après avoir enlevé le délivre, il faut encore vider l'utérus du sang qai s'y est amassé et l'exciter à se contracter. L'introduction de quelques doigts dans sa cavité, des frictions modérées pratiquées sur le fond, sotfisent dans la plupart des cas.
Telle est la succession ordinaire des actes et des événements de Topération césarienne. Cependant elle peut être compliquée par des embarras et par de véritables accidents qui la rendent plus difficile et surtoot pte dangereuse.
Accidents immédiats. — L'ouverture de l'abdomen 2 la ligne blandie, faite avec les précautions que nous avons indiquées, ne donne lieu à aucun accident et ne présente aucune difficulté. Il n'en est pas de raésK de l'ouverture de la matrice. La division du tissu utérin, à une époque où son appareil vasculaire est excessivement développé, est toujanrs suivie d'une perte de sang abondante, qui peut dégénérer en véritable hémorrhagie. Cet accident dépend en grande partie de l'endroit où 1 incision a été faite et du degré de contractilité du tissu utérin. Générakment elle est peu abondante avant l'extraction du fœtus, à moins qa'oo ne soit tombé sur le placenta. Après Tévacuation de la matrice, la perte devient ordinairement copieuse, et souvent il faut employer des excitants de la fibre utérine et même des astringents pour en obtenir le retrait. 6^ a proposé et on a tenté la ligature des artères qui fournissent le plus de sang, mais généralement celui-ci s'écoule par des sinus laidement ouverts; puis, en supposant que l'on aperçoive des jets de sang artériel, comment saisir et lier cette foule de vaisseaux divisés qui se retirent et se cachent dans le tissu utérin. Les styptiques sont insuffisants et fcatraient devenir dangereux, la torsion ne ferait probablement qu'arracbtf
CÉSAfilENNK'(opjiEATioN). — ExÉccnoN. 705
les bouts vasculaires; l'etu de Pagliari, le perchlorure de fer, etc., rendraient peut-être quelque service.
La hernie de l'épiploon et des intcslins par la plaie forme un des accidents les plus embarrassants decettejopération. Elle a rarement Heu avant l'extraction de l'enfant, parce qu'il est facile jusque-là de maintenir les bords deTincision abdominale appliqués sur la matrice. C'est par l'angle supérieur de la plaie que ces parties ont le plus de tendance à s'échapper. C'est pour cette raison qu'il faut prolonger le moins possible Tincision au-dessus du niveau de Tombilic. Ce sont les mains des aides qui compriment la paroi abdominale qui doivent empêcher qu'une portion du paquet intestinal ne s'échappe, et pour cela il faut que la compression s'exerce plutôt de bas en haut que de haut en bas... Grœfe (de Berlin) a recommandé d'appliquer plusieurs éponges larges et molles sur les régions correspondantes au fond et aux côtés de la matrice, et de les y faire maintenir par des aides. Nous avons employé ces éponges et nous avons remarqué qu'elles embarrassaient plus qu'elles ne servaient. Si la hernie a lieu malgré les précautions prises pour l'éviter, il faut procéder à la réduction avec les plus grands ménagements, afin de ne pas provoquer le hoquet et le vomissement qui ne feraient qu'augmenter l'accident et rendre la réduction plus difficile, et de ne pas emprisonner de l'air dans la cavité péritonéale, ce qui a été cause d'un de nos insuccès.
L'extraction du fœtus n'est pas toujours aisée. D'abord la main qu'on introduit ne rencontre pas toujours facilement les pieds. Il faut éviter, pour ne pas compliquer la manœuvre, de saisir un bras, au lieu d'une jambe, d'attirer le cordon ombilical, etc. Les bras ne sont pas faciles à dégager s'ils se relèvent sur les côtés de la tête, mais celle-ci surtout peut offrir des difficultés sérieuses. La tête reste quelquefois arrêtée à la plaie de l'utérus dont les diamètres se rétrécissent à mesure que Forgane se contracte. Si des tractions méthodiques (pendant lesquelles il faut a^oir soin de faire fixer la matrice par un aide) ne suffisent pas, il faut sans hésiter agrandir l'ouverture en débridant l'un de ses angles ou les deux, avec le bistouri boutonné. Kilian a même appliqué le forceps dans ce cas. Brooke fut contraint de faire l'embryotomie dans un cas oii une épaule ou un bras s'étaient engagés, parce que, malgré le débridement, il ne parvenait pas à introduire la main dans l'utérus. Herzbruch a'yant trouvé la tête si fort engagée dans le détroit supérieur qu'il ne put l'en arracher par des tractions exercées sur le tronc, appliqua le forceps. L'enfant, vivant au commencement de l'opération, périt pendant cette manœuvre. Ce sont là deux exemples, pris parmi un grand nombre d'autres, des difficultés qui peuvent surgir quand il s'agit d'extraire le Icetus.
S'il s'était épanché de l'eau ou du sang dans le ventre, il ne faudrait ]3as hésiter à pénétrer avec une éponge fine et molle (mais non trempée dans un liquide) dans les anfractuosités et les replis de la séreuse pour 3.bsorber ces liquides et les enlever aussi complètement que possible. Ij'éponge retirée imbibée est ensuite fortement exprimée autant de fois
Oigitized by VjOOQIC
704 CÉSARIEiWE (ofébatios). — exécution.
qu'elle est pénétrée par les liquides, et réintroduite sans être autrement lavée ou trempée, afin d'éviter l'entrée et le séjour de toute subilance étrangère. On épongerait de même les anses intestinales et Tépiplom hernies s'ils étaient salis par du sang. En un mot, il faut mettre le péritoine parfaitement à sec. La situation, la pression et les injections qœ Lauverjat et Baudelocque conseillent ne sufBraient pas dans le pb grand nombre de cas, et auraient, en outre, des inconvénients graves. 3** Réunion des plaies (fig. 168). — Dès que la matrice est asseibb
revenue isur elle-mén»
pour qu'il n'y ail pk d'hémorrhagie à crainte, il faut songer à fermer h plaie du ventre. Apw avoir nettoyé convenable ment la plaie et ses alotours, on procède à lap^ plicalion de l'appareil cwi tentif.
Faut-il une suture à k matrice?
c r La plaie de la matrice
quand toutefois celle ducf nière est convenableroen* contractée, est lelIemeEt étroite, qu'il n'y a anniK nécessité d'en réunir 1^ bords. Elle est plus élroi* dans la profondeur qu'à I' surface. C'est à tort qu'^t attribue à Lauverjat la p position de la réunion pr des points de suture, iloi '^^'^ Mfyrjg fait que rapporter un ca^
Fig. 168.— R»5union de la plaie abdominale. — a. Suture ^*^ Lcbas, dans leqliel d
proronde enchevillée. — by Suture superficielle entor- chirurgien l'a appliqua'
iWU^. — c, Cordonnets de coton dont les extrémités ex- ? « „„t,,pp Jp !« matrice e?!
ternes sont éulées en éventail et ûxées par du collodion. "^^ «Uiure de la niaincc
ces extrémités externes liées sur la plaie en remplacement même désapprouvée ^
de bandelettes em plastiques. — rf, Bandelette de linge ef- Lauverjat et p^ la plfi" filé dans l'angle inférieur de la plaie. * j ' . Jb
^ part des operateurs; elK
a néanmoins été emplo\« encore quelquefois, entre autres parWiesel (de Hulsenbusch), dont i'op^ ration a réussi, aussi bien que celle de Lebaà. Il est des 'cas dans lesquet la plaie utérine a acquis une étendue extraordinaire par le tiraillemeii de ses bords pendant Textraction du fœtus ou par le débridenienl d autres où l'organe reste affaissé, inerte, malgré les excitations que l'on emploie pour le faire se contracter ; alors la suture pourrait trouver m
CÉSARIENNE (oriiuTiOH). -r- exécotioîç. 705
application. Des points séparés, dont un fil serait chaque fois fixé au dehors, pourraient rendre un véritable service. Le 61 métallique conviendrait parfaitement.
Quant à la plaie abdominale, sa réunion est de toute nécessité ; on difr fere uniquement sur la manière d*y procéder.
Quelques-uns prétendent qu'un appareil de pansement simple, main* tenu par un bandage de corps solide suffit. D'autres veulent que Ton emploie un bandage unissant, ou des bandelettes agglutinatives ; le plus grand nombre préfère la suture sanglante. Lauverjat s'attacha à faire ressortir les inconvénients de la suture et la condamna. Deleurye dit aussi que la suture est nuisible ; mais Baudelocque en fait Téloge. Parmi les partisans de la suture, et c^est de beaucoup le plus grand nombre, les uns préfèrent, avec Baudelocque, la suture enciievillée, les autres se servent de la suture à points séparés. Le nombre des succès de ce mode de réunion est à peu près égal. Que Ton ait employé Tune ou l'autre de ces espèces de suture, on place encore dans les intervalles des bandelettes agglutinatives ou plutôt des bandes de diachylon de deux travers de doigt de large et assez longues pour faire une fois et demi le tour du corps, et dont on porte le plein sur la région postérieure du tronc, tandis qu on en croise les chefs sur la plaie, entre les points de suture.
C'est ainsi que l'on a à peu près toujours procédé. Mais la réunion par suture en général a fait de grands progrès dans ces derniers temps ; les fils métalliques ont remplacé en beaucoup de cas le fil de chanvre ou de soie, on ne craint plus d'embrasser une grande largeur de tissus, de pénétrer dans la profondeur, et l'on obtient de cette façon des réunions beaucoup plus solides qu'autrefois. Dans les opérations d'ovariotomie qui ont beaucoup d'analogie avec l'opération césarienne, on a obtenu des réunions promptes et profondes par ces nouveaux procédés. Il faut pra* tiquer une double suture. Tune profonde et l'autre superficielle, la première enchevillée, la seconde à points séparés.
Pour la suture profonde les fils métalliques (d'argent, de platine) méritent la préférence. Leur force de résistance doit être en rapport avec répaisseur des tissus à traverser et à réunir. Une aiguille longue de 0°',15 environ, analogue pour la forme à Taiguille d'emballeur, légèrement courbe dans son tiers antérieur où elle est aplatie et prismatique, tandis que l'autre extrémité est arrondie et munie d'un chas ordinaire, sert à passer le fil. 11 faut ensuite des chevilles résistantes, en bois léger, ou en bouts de sonde élastique du calibre d'un tuyau de plume ordinaire.
Le premier point de suture s'applique à l'angle supérieur de la plaie ; on les place à 4 ou 5 centimètres de distance jusqu'à l'angle inférieur, de manière à en appliquer quatre ou cinq. L'aiguille doit être enfoncée à 5 ou 6 centimètres du bord de la lèvre de la plaie, labourer l'épaisseur de la paroi et ressortir à quelques millimètres dans la profondeur en comprenant le péritoine. L'aiguille est ensuite enfoncée vis-à-vis, à la même distance, dans le péritoine, pour sortir par la peau à 5 ou 6 centimètres
KOrV. DICT. «£0. IT CHIR, VI. — 45
706 CÉSARrENNE (opératiow). — exécctioh.
du bord. Dès que le (il métallique est libre on Tenrouie solidemtntauloHt d*une cheville de chaque côté, de façoa à rapprocher exactement k bords de la plaie. Il faut avoir soin si quelque anse intestinale ou ow portion d'épiploon s*y étaient engagés, de les refouler exactemeat ivaot de serrer les points de suture.
Plus les fils de la première suture ont été placés profondément et se trouvent éloignés du bord de la plaie, plus la réunion est imparditt superficiellement. On voit alors, surtout si la peau du ventre e^t fortement matelassée de graisse, la plaie béante à la surface. Pour remédiera cela et rendre la réunion de plus en plus solide on place entre cbiqie point de suture enchevillée, un point de suture superficielle fait aiecos fil de soie et au moyen d'une aiguille courbe ordinaire, ou un poiit de suture entortillée. Alors on peut se passer parfaitement des bandelettes agglutinativcs, ainsi que des compresses-languettes et des coussins ^^ commandés par Baudelocque, dans Tintention d'exercer une coropressi» latérale qui prévienne le tiraillement des lèvres de la plaie.
Pansement après lu réunion. — Sur la plaie même et sur les sulurei on place d'abord un linge fenêtre, puis de la charpie molette. Bauddocqm conseille d'appliquer d'abord une compresse trempée dao» un liqokle composé de blanc d'œuf battu dans de Teau et animé d'eau-de-vie os d'eau vulnéraire. Des compresses sèches et un bandage de corps simple terminent le pansement. Pibrac, G. Stein, Siebold, Graefe ont inventé ih bandages en même temps contentifs et compressifs; on a renoncé aiqoord'hui et avec raison à toutes ces machines compliquées.
Une dernière question mérite d'être examinée à propos du pansemeol Est-il utile de placer dans Tangle inférieur de la plaie, dans le butdafltretenir une communication entre la cavité péritonéale et l'extérieur, une bandelette de linge effile, ou quelques autres corps étrangers. Génénle ment on Ta trouvé sans nécessité. Il arrive cependant souvent qu il se fait une accumulation de matière purulente ou putride entre la par» abdominale et Tutéras. Or favoriser Técoulement de ces liquides «ras parait très-utile, et nous croyons pouvoir attribuer deux insuccès à b négligence de cette précaution. Mais passer un séton dans la matrice pv la plaie extérieure et le faire sortir par le vagin et la vulve pour lier les deux bouts sur le pubis (Cazeaux), c'est une proposition qui a a |9S trouvé d'écho, attendu que ce serait une bonne manière de {avonser répanchement des lochies dans le ventre et l'établissement d'une fistule utéro-abdominale. A-t-on opéré après avoir plongé (a fenune dans le sommeil anesthésique, il faut entretenir ce sommeil jusqu'à ce q[ue le pansemoit soit achevé, car Topération de la double suture sanglante provo- 4Itie une dooleur plus vive, plus désagréable que Tincision du ventre et de la matrice.
Le pansement terminé, il faut donner à Topérée une position à la fois commode et avantageuse. On commence par la transporter dans un lit frais, préparé conmie pour une accouchée ordinaire. Si à défaut de b frais ou la laisse sur celui où elle a été opérée il fout au moins rarraogtf
CÉSARIENNE (oPÉRATIOÎI). — TftAlTBHENT CHinCRGICAL. 707
convenablement et h mettre à sec. Le décubitas dorsal, la tète et la poitrine sur un pian légèrement inclîné, les genoux un* peu élevés : telle est la position la plus commode. Il est inutile de lier les genoux, comme quelques-uns Tont recommandé. Le lit doit être accessible de tous lesi côtés afin de pouvoir facilement approcher la malade.
Le pins grand silence et une tranquillité parfaite doivent régner dans
Tappartement, qui d'un autre côté sera peu éclairé et modérément chauffé.
Si Topérée demande un cordial, on lui donne quelques cuillerées de bon
bouillon plutôt froid que chaud, ou un peu de vin généreux. A partir de
ce moment, il faut introduire le moins possible de quoi que ce soit dans
Testomac, afin d'éviter autant que faire se peut le vomissement, un des
accidents les plus fréquents et que Tusage longtemps continué du chloro-»
forme favorise.
' vraltement eonméeuUf. — L'opération est achevée, mais le plus
difficile n'est pas fait. Le véritable chef-d'œuvre consiste à en prévenir et
à en combattre les suites fâcheuses. C'est dans le traitement consécutif
-que se trouve la difficulté du problème. On a peu d'exemples de femmes
' mortes pendant l'opération ; c'est du troisième au dixième jour que le plus
I grand nombre succombent. D'après les relevés faits par Kayser, sur 123
' cas de mort dans lesquels la cause prochaine a été indiquée, 77 ont été
' attribués à l'inflammation et à ses suites; 29 à des accidents nerveux,
' 10 à rhémorrhagie interne, 2 à l'hémorrhagie externe; une seule opé*
t rée est morte pendant Topera tion.
Le traitement qu'exigent les suites de l'opération est en partie chirurgical et en partie médical. En effet, il s'agit d'un côté de favoriser la cicatrisation des plaies qui résultent de l'ouverture du ventre et de la matrice; de l'autre de maintenir la réaction (qui est inévitable dans ces cas) dans de justes limites et de combattre les accidents qui manquent rarement •de se manifester avec une certaine gravité.
a. TRArrEMENTcmaoRfiiCAL. — De la manière dont là réunion de la plaie abdominale se fait aujourd'hui, elle présente une solidité à toute épreuve. Rarement du moins, on verra les fils déchirer la peau, ou des anses intestinales ou répiploon s'engager dans la plaie. Aussi, la cicatrisation a-t-elle lieu d'ordinaire par première intention sur toute la longueur. C*est pour 4^e motif qu'il est utile de ménager à la partie inférieure une ouverture pour l'écoulement des liquides épanchés, et du pus qui pourniitse former dans la cavité péritonéale. De tous temps, on a fait la remarque que, dans les cas où la guérison a eu lieu, la plaie ne s'était pas fermée par première intention et avait laissé ^happer une quantité plus ou moins considérable de suppuration.
Les compresses et la charpie qui recouvrent la plaie n'ont besoin d'être changées que du troisième au quatrième jour, à moins de raisons partieulières, comme par exemple, les signes d'une hernie ou d'étranglement intestinal, la probabilité d'un épancheoient qui tendrait à se faire jour, etc. Si la réunion a lieu par première intention, on peut enlever les sutures superficielles dès le quatrième jour, les sutures profondes le cinquième
708 CÉSARIENNE (opération). — tbaitemekt médical.
ou le sixième. Si quelque point de la plaie suppure, il faut faire le pansement comme pour leè plaies en suppuration et dont U rtonion ttc a^oktient que par bourgeonnement du tissu conjonctif. Aussi longtemps qn'oe remai^que un écoulement par Fangle infôrieur de la plaie, il est pniéert de le maintenir ouvert, au moins jusqu'à ce que la ceswlfon de tous h accidents du côté du péritoine aient fait supposer qu'il ne sr fait pte d^épancliement et que celui qui existait a été éliminé.
Si les lèvres de la plaie prenaient un aspect blafard ou gangrétietnt, « serait le cas d'employer les excitants et les antiseptiques, tels qtiW solution de sulfate de fer, de sulfite de soude, la décoction de quimpim animée d'eau-de-vie, etc. En un mot, la plaie doit être traitée seemim artetn.
h. Traitement médical. — Le traitement médical est dirigé contre le? accidents qui sont une suite presque inévitable de Touterture du Tentrc et de la matrice, du contact des mdins et des instruments, de Fépanchement plus ou moins abondant de sang et dé sérosité dans la caTJlé péritonéale, etc.
Le hoquet et les vomissements sont, dans les premiers temps, les symptômes le plus graves, le ballonnement (météorisme) du ventre vietrt s'y joindre bientôt, et forme ensuite la complication la plus inquiétante. Le* premiers symptômes sont spasmodiques, nerveux et non pas inflaran»toires; on le reconnaît à l'état contracté du pouls, au peu d'élévaftion * la température du corps, etc. Ce ne sont pas les saignées générales et locales, les boissons émollientes et les cataplasmes chauds qu'il fout leor opposer, mais le froid, les antispasmodiques, une diète absolue.
J'ai employé avec le plus grand avantage contre le météorisme et ladooleur du ventre des cataplasmes très-froids et des douches d'éther H8M1. Depuis, Metz (d'Aix-la-Chapelle) (1852) a fait de l'emploi du froid aprè? Topération césarienne toute une méthode de traitement, et comme il 3 compté sur 8 opérations pratiquées par lui et ses confrères d'Aix-Ia^* pelle de 1837 à 1850, 7 succès, il faut croire qu'il est entré dani m excellente voie. Aussitôt, dit-il, l'opérée portée dans un lit préalablcmflit chauffé, il faut lui appliquer sur le ventre des compresses trempées dait? de Teau froide et les remplacer au bout de quelques heures par de b glace dans des vessies. Le froid local doit être continué tant que l'opérée s'en trouve bien. Aussitôt qu'elle s'en plaint, on suspend les fomentatîoflf pendant quelques heures pour ne les reprendre que quand la malade ei manifeste le désir, ou dans le cas d'une forte réaction. Il ne faut jamé y renoncer complètement pendant les premiers jours après l'opéntin, à moins de motifs graves. Quand le danger des premiers aeoidents a disparu quand une réaction modérée s'est manifestée, on suspend peu à pet le froid.
En 1839, nous disions {Dictionnaire des éivdes fiiédiealeê proH^)a A l'intérieur, il faut donner des boissons froides en petite quantité, de Teau pure à la glace, et même de petits morceaux de glace; Tétfaer, b teinture thébaîque, une solution de morphine. » Metz dit qu'en w^
CÉSARIENNE (opéRATioii). — traitembmt vÉDiCAr.. 709
temps qu'en applique le froid à Textérieur en fomenlaiioua sur le ventre, oadoit acUninistrar 4es lavements (roids et faire avaler des pilules de glace à Topérée. Les lavements, outre leur effet antiphlogistîque, provo* qu^nt. des évacuations précoces et régulières des intestins, et les pilules à côté de. leur effet rafraichissant, agissent comme sédatif du syslème ner- ▼eux ganglionnaire. Les pilules de glace et les lavements froids doivent être continués tant que leur usage est suivi d'un effet doux et calmant. Dès. qu'ils ne produisent plus ce sentiment de bien-être^ il faut les suspendre, comme aussi s'il se déclare de violentes coliques et de la diarrhée. Pour calmer le système nerveux en général, on peut administrer Topium à haute dose. Son effet se manifeste bientôt par Télévation et la régularité du pouls, et la cessation des réactions sympathiques.
Du troisième au quatrième jour se déclarent ordinairement des accidents inflammatoires, révélés par la douleur vive du ventre, les tranchées intestinales et utérines, la diarrhée, la fréquence du pouls, la chaleur, etc. La saignée générale n'est applicable dans ce mouvement réactionnaire que, très-exceptionnellement. L'application de sangsues sur les points les plus douloureux et renouvelée plusieurs fois si la douleur persiste et aussi longtemps que les forces de la malade le permettent, est le meilleur antiphlogistique. Le plus souvent on n'aura pas besoin d'y avoir recours, parce que la douleur n'est pas assez accentuée et que l'inflammation n'est pas franche. ^
Plus tard, s'il y a épanchement et suppuration dans la cavité abdominale, la fièvre prend un autre caractère, elle devient fièvre de suppuration et de résorption, elle présente des exarcébations et des rémissions. AliNTsles toniques et un régime analeptique deviennent nécessaires. Comme j'ai retiré d'excdlents effets de l'usage du sulfate de quinine à haute dose dans les fièvres puerpérales abdominales, je n'hésite pas à recommander cette méthode de traitement dans des circonstances tout à fait analogues. Mais on conçoit qu'il est de toute impossibilité de tracer au praticien une conduite invariable, on ne peut que montrer sur quelles bases doit reposer le traitement. La meilleure manière d'acquérir sur ce point des idées lucides, est de lire les observations détaillées sur des cas de réussite.
L'écoulement lochial doit particulièrement fixer l'attention après l'opération césarienne. C'est dans le but de lui frayer une voie plus facile que Wigand et Maygrier ont conseillé d'opérer la délivrance par la vulve, (^land les lochies ont un libre cours par les voies normales, il est à supposer qu'elles ne passent pas par la plaie utérine. Pour faciliter cet écoulement dans le vagin, on peut journellement, pendant les premiers temps des couches, introduire jusque dans la matrice l'extrémité d'une forte sonde, celle de métal à bec recourbé. Le doigt, que l'on conseille d'employer dans ce but, parvient rarement assez haut pour pénétrer profondément dans l'orifice interne du col «
Les excrétions habituelles ont également besoin d'être surveillées. S'il y a rétention d'urine, comme cela' arrive souvent dans les premiers temps après l'opération, il faut recourir au cathétérisme, et y revenir jusqu'à ce
910 [CÉSARIENNE (opéiution;. -^ RAmMfirr itfiacAL.
qtfê l'émission soit spontanée ci Toiontaire. La t^nsUpafioB doit ètrcinie au moyen de lavements. Nous avons vu que Metz conseille les bvemab d'eau froide pendant les premiers jours. Plus tard il faut plutôt noous auK lavements huileux (avec de Thuile de ricîii) ; plus nuremcot oa ii». cours auxlaxattis administrés par la bouche. La liberté du ventre est» chose nécessaire dans les premiers temps. S'il survient de la ^iairbéett du ténesme, ce qui se remarque plus partioulièremenl dtnoB la ycnoà inflammatoire, on les combat par de petits lavements opîaoés et Tofin à rintérieur. La moiteur est désirable quand une fois la réftctiea se 4clare; elle est d'ordinaire l'indice d'une détente générale, mais il ne te pas vouloir la provoquer par des boissons chaudes et abondantes. En a mot, il faut soigner que toutes les fondions s'exécutent aussi nomakment que possible.
Une fonction nouvelle, la sécrétion laiteuse, demande encore une saveillance particulière. Doit-on mettre Tenfant césarien au sein de a mère, ou faut-il lui épargner cette fatigue? De nombreux exefapb prouvent que la réaction laiteuse a lieu comme à Tordinaire ot^nb suites de l'opération qu'elle a subie n'empêchent pas absoluMitli femme d'allaiter. Cependant, ea général, la santé dies mères débnce au moyen de la gastro-hystérotomie n'est pas assez bonne pour support? une pareille fatigue, et souvent les glandes mammaires sécrètent te peu. 11 faut donc faire la part de l'individualité dans cette question ettn selon les circonstances.
Si la plaie du ventre, au lieu de se cicatrràer par première suppure, la gnérison définitive peut se faire attendre plusieurs Le séton placé dans l'angle inférieur de la plaie doit être retiré qu'on est coii vaincu que la cavité utérine ne conununique phis aveeoi: du ventre et que la suppuration venant de la cavité abdonîàttale a cent La plaie utérine a de la tendance à devenir fistulease. Alors, à chi^ époque menstruelle, on voit couler une certaine quantité de sang par eette ouverture, qui peut se cicatriser dans les intervalles, mais lacicatnet» rompt assez facilement. Quelquefois sa rupture est précédée de coliqa» menstruelles vives (Stein).
Quand il n'y a pas d'^nchement abdominal cmaécutif (en sappomt que tous les liquides épanchés dans le péritoine au moment deropîn tion aient été soigneusement enlevés) la guérison peut être complèlea peu de temps. On a vu des opérées se lever le dixième ou le quosiàie jour, et être remises complètement au bout de trois à six semaines* Mn quand il y a un q)ancliement consécutif, péritonite générale ou cirooascrite, suppuration interne, la marche de la maladie est la même ^ dans la métro-péritonite puerpérale ordinaire. Si elle n'entraine pas b mort dans le premier septénaire, elle peut oocasionni^ des 9cai^ consécutifs, tels que des phlegmons pelviens, l'absorption purulente, ck. Aussi possède-t-on des exemples de femmes qui- ont succombé du vii^ tième au trentième jour après l'opération. Généralement la mofi ^^ résultat des accidents primitife; On peut voir dam les auteurs ^ne no»
GÉSiMENKB (opsRATiOK). ^ fnmEiicifT NimAL; 711
meniionniBrôiis dans notre bibliograf)faie des stat»iiqttes intéressante» sons ce rapporU
il est à peine nécessaire de parler du régime alimentaire qui doit être observé à la suite de l'op^ation. Il est évident qu'il doit varier suivant la 'marche des accidents consécutifs. Néanmoins iî est une règle générale ^'ii ne faut pas oublier : elle consiste à donner de bonne heure des aliments réconfortants, en petite quantité à la fois, mais assez souvent pour relever les forces de la malade et la mettre à même de résister aux pertes qu'elle aura éprouvées d'un autre cAté. Un autre écueil est à éviter aussi. Pendant la convaleseence il faut empêcher que les malades ne commettent des indiscrétions de régime quant à la quantité et à la qualité des aliments. Plus d'un insuccès a été attribué à cette cause.
Que de précautions pour faire réussir cette terrible opération! Quand on en sera bien pénétré, elle réussira plus souvent, c'est notre conviction.
Soins postérieurs. — Quand la plaée abdominale est cicatrisée et que la femme est sur le point de reprendre ses occupations habituelles, il faut lui conseiller de porter un bandage de corps un peu solide, afin d'éviter, s'il est possible, la formation d'une hernie ventrale. Par quelque procédé que l'on ait opéré, on obtient rarement une cicatrice assez solide pour ne pas céder dans la profondeur à la pression du paquet intestinal. L'aponévrose abdominale ne se cicatrise pas; elle laisse, comme l'ont démontré les autopsies de femmes opérées et guéries, une ouverture elliptique plus ou moins grande par laquelle les intestins peuvent sortir et pousser la peau du ventre en avant comme dans les éventrations ordinaires. Si l'on a iait comprendre le péritoine dans la suture, la cicatrice est plus solide par suite de la réunion de.s deux feuillets séreux. Souvent l'cpiploon est venu s'applicpier sur l'ouverture et, en contractant des adhérences avec le péritoine et la nmtrice, a bouché jusqu'à un certain point le trou.
Il serait à désirer qu'une femme qui a subi l'opération césarienne ne devint plus enceinte. Dans le but de rendre une nouvelle grossesse impos- -sible, Blundell a conseillé de diviser en travers les trompes de Fallope ou d'en exciser un morceau ; Michaclis d'enlever l'utérus entier : c'est une manière étrange de tromper la nature. Ne vaut-il pas mieux faire comprendre à la feimne le danger qu'elle court en s'exposant à devenir de nouveau enceinte? Mais qu'est-il besoin de le lui faire comprendre, l'opération qu'elle a subie le lui dit assez. Aujourd'hui cependant elle peut s'y exposes* sans crainte : on la fera avorter!
Ce qu'il y a de certain, c^est que, avant qu'on ne parlât de la provocation de l'avortement, mainte femme délivrée par l'opération césarienne est redevenne grosse. Quelques-unes ont avorté spontanément; chez d'autres, la cicatrice utérine s'est rompue à une époque plus ou moins avancée de la grossesse, et a fait passer l'enfant dans le ventre. Quelque^ fois la cicatrice abdominale elleHnème s'est ouverte et a donné issue afu fœtus an dehors. lia plupart cependant sont arrivées à terme et ont dû subir une nouvelle opération, quelques-unes d'entre elles jusqu'à trois
9!î CËSARIRIWB (bi»ÉiwTKm). — ««uéctupiiiE.
et quatre fois. Oà doHron feîre alors fineismi? Il f»it inler k cicatrice parce que, eo coupant dans le tissu inodulaîre, on aurait peoit chance d'une guériaon par première intention, et en tout «as fnl^ peu solide.
L'opération césarienne se pratique aussi quelquefois sur la femme oceinte après qu elle a rendu le dernier soopir. C'est à raHidefitHan (Maladies de la) qu'il faut chercher les indications de Topéfatioii téarienne après la mort. Quant à l'exécution, elle doit être Ëiite de la wèm manière et avec les mêmes précautions que si Ton opérait sur la Ceue ^vante, attendu qu'on l'entreprend dast on momnot ou i'o« ueA fi positivement assuré de son décès.
Mous n'avout pa que rUnmat polir tian dire, dns cet Mlicle, ies nomlirca»et<iMrtiiJB* s'élèvent à propos de l'opératioB céMirieiine. Noos croyons n'avoir rien onis à'tmëalàd ^v praticien. Il nous reste à hii indi({uer les prtndpanx ouvrages dans lesqueb il troeveu losb documents relatifs k ce siget important , et dont la lecture contribuera à former mmi j^goni? à le guider dans les indiàitions, dans Texécution de l'opération et dans le traitement cemèaU
BtflfOiaB BT STATISTIQUE.
RocsSBT (Prarfçois), Traité nouveau de riiystérotonotokie on enfimlameiit ' edwii», dL, éc
Paris. 1581, ia-8 ; Bousset a été traduit en ktin par Cajspar Baubin, 1588, lôOi et ieM. '
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StBON, Recherches sur Topéraiion câarienne {HÊém. de VAcaêém. royale êe cMrmr§k, ?n.
1743, t I, p. «23, et 1755, t. Il, p. 398). HuLL (John), Observations, on H. Simon's détection with a Defcnce of ibe caesarean Opniia
derived from authorilees, etc. Manchester, in-8 (sans date]. Srabncel (K.), Kurze (JberMcfat der GescMchte des RaiserschnitU, ete. [Pyl's, ReperUr. firé
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accouchementt de Schweighâuser, t. I, p. 217, avec additions. — Geschidble der Qâw.
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Soc. de Méd, de Paris, an Vil (1798), p. 54). NETTMiNîf (J. F.), Spécimen sistcns sectionis csesareœ historiam. Ha'ae, 1805. Mhxablis (G. àd.), Gescbtchte dreier an dersetben Prau und gescbiclitlîclie BeneAaeB
fiber den Kaiserachniu [AMandL aut dem GebieU der G^mriskUfis, Kâel, iSS8. pw 38. Katsbr (G ), De eventu sectionis cassareœ. Havniœ, 1841, in-8. Hisse (P.), De sectione cœsarea, Gommentatio a Societate medîc. académie. Gorttîn^. ptet*
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Stoltz (J. a.), Relatiou d'une opération césarienne pratiquée pour la seconde ibit, «t afec ma
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[Heidelberger klinische Annalen. 1825. Brtnd I, p. 265). WiSAHD (J. N.\ Einige Gedanken ûber die Tôdlichkeit des Kaiserschnittcs. in Drci, etc. Ccbartî*
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CÉViJ)U4£. — ASSCUFTlDIf^ â»ÈAm. 71 S
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OBSERVATIORS.
Un grand nombre d'observations particulières ont été insérées soit dans des brochures, soit dans le$ joumanx, ou dans les recueils académiques. Ces observations sont toujours accompagnées de réflenons et de onmidénitioiiff plo ou moins importantes et curieuFea dont nons ne saarions trop recommander la lecture. Les indiquer ici sertit imposaibie, atlendn qu'il en a été publié tous les ans un certain nombre. En outre, la question a été traitée devant toutes let académies, notamment l'Académie impériale de médecine de Paris, et devant la plupart des •ociélés MTantes, dmit il faut cowulter iet BtiUelhu el les Mémeifeê, Tout lea Dictionnaires de médecine oontiensent un article spécial sur oe siqet; mais depuis le livre de Laoveijat (1788), il n'a plus été publié de monographie sur l'opération césarienne.
J. A. Stoltz.
€]fcVAIIlI«I«K. — Description. — L'on désigne en matière médicale, sons le nom de Cévadille, m) épi de petits fruits oblongs, atténués vers le haut, ayant Taspect de grains d*orge enfermés dans leurs bractées. Ces fruits sont des capsules à trois loges s'ouTraat par la partie supérieure, minces, I^ers, gris rougeâtres. Dans chaque liige on trouve deux graines (rarement plus) allongées, pointues, recourbées à leur extrémité en forme de sabre, ridées, noirâtres.
On a attribué longtemps ce fruit à une plante chinoise, le Veratrum SabadUla Reta.; mais iduaieur» auteurs modernes rejettent cette assertion, £t la plupart le regardent comme eelui du VeriÊtrumofficinale Scblecht.
(fig. 169). Don Ta appelée Hélonias officinalis^ et Lindley la nomme Asagraea officmalis. Elle est originaire du. Mexique, qui est bien le pays qui nous fournit la Cévadille. C'est un produit de la famille des Cûlguica-
CÉES.
Akaltse. — La Cévadille contient de la matière grasse, de lacide cé« vadique, de la cire, du galate acide
de Veratrum, de la matière colo- ^ ^^^ ^, „,. .,^ ^ /-» . , » rente jaune, de la gomme; euGn, suivant Merck, de l'acide vératrique.
PnoPRiÉTÉs, USAGES, DOSES, MODES d' ADMINISTRATION. — Lcs gramcs et surtout
714 CHALEUR. — Mmi«ui niMSàU: (sookces de auucut).
les capsules ont une aateur acre et amère ; elles sont sialagogves. Bèdoilei en poudre, elles excitent rélemuenMnt, d'oi la recommanéatioiideles pulvériser avec précaution. Prises à l'intérieur , elles sont purgatiieset très-excitantes. La présence de la Vératrine a dû de suite indiquer <[ieb Cévadille est loin d'être un médicament inoffensif ; aussi certains pn> ticiens ne l'administrent jamais à l'intérieur. Us ont peut-être raitea, or la Vératrine leur offre un moyen plus facile à manier (poy. VÉamEEi. Cependant on la prescrit encore en lavement à la dose de 4 à 8 gramise» pour 550 grammes d'eau ; on (ait bouillir jusqu'à réduction à 210 gr» mes et alors on ajoute 350 grammes de lait. Ce lavement est eH^diTe contre les ascarides et le tœnia. On Cul aussi une leintore, «n extitit«i une poudre (dose 10 centigammes à 40), qu'on a employée contre Vapoplexie, la rage et la paralysie,
A l'extérieur, on se sert de la poudre contre les poux, on doit cependant être prévenu que, dans des cas d'application sur la tète, on h vue produire des vertiges, des convulsions et la mort.
LÉon MARCHAm.
CWAIiElJR. — Phtsique médkalb. — On désigne sous le nom éf chaleur l'agent particulier qui produit en novs la sensation do chaod é du froid. Cet agent est répandu partout : non-seulement sa présence e4 indispensable aux êtres organisés ; mais il semble animer la matière db même en modifiant sans cesse son volume, son état physique, sa composition.
On a formé bien des hypothèses sur la nature de la chaleur.
Aujourd'hui, il ne reste plus que deux syst^es en présence : 1' 1^ système de V émission dans lequel la chaleur est considérée comme une matière subtile, s'échappaut des corps chauds comme centres, sous foriK de particules extrêmement déliées, trarersant Tespace avec nne grande vitesse, et se réfléchissant à la surface des corps qu'elle rencontre, ou le» pénétrant et se combinant avec eux eu proportions diverses : 3* Le système des ondulations qui considère la chaleur, non pins comme è la matière, mais comme le résultat de mouvements vibratoires excité» dans un milieu particulier appelé étker par les molécules des eorp» chauds, qui seraient elles-mêmes dans un état vibratoire particulier.
Cette seconde hypothèse est celle que l'on admet le plus généralement aujourd'hui, parce qu'elle offre l'avantage de se prêter, mieux que la pr^ mière, à l'explication des faits connus. Si, en effet, la chaleur n'est autre chose que du mouvement, ou conçoit comment elle peut s'accuraulerdio^ les corps sans en augmenter le poids, et comment elle peut prendre naissance par lo simple frottement de leurs molécules. On s'expKque encore et surtout comment, dans certaines circonstances, la chaleur ajoutée à ^ chaleur peut produire du froid, les deux chaleurs correspondant, on pareil cas, à des mouvements de sens contraire qui s'annulent eC ^ détruisent.
de ciiaienr. -^ Si la chaleur n'est pas de la matière, eU^
CHiLEUR. PHVMQUB MBOIfiALI («OOiCES DECttALBVB). 715
116 peut exialer cependiiit sans la matière. Aussi proTient«eUe toujours d'un corps daus lequel elle prend uaissaaee sous l'iafluence de causes di* verses que Ton nomme sources de chaleur. Ces sources de chaleur peuYeni être divisées en quatre classes : 1^ les sources physiques ; 2** les sources mécaniques ; S"" les sources chimiques ; ât" les sources physio«logiqu€s«
Sources phy$ique8* — La plus intense de toutes les sources de chaleur est le soleil qui, placé au centre de notre système planétaire, rayonne sans cesse dans toutes les directions, réchaufEe la terre, et exerce son iafluettce sur tous les corps placés à sa suriace. Les quantités de chalear que le soleil verse ainsi annuellement sur notre globe sont Traiment considérables, et surpassent tout ce qu'on pourrait imaginer. On a calculé qu'elles seraient capables de fondre une couche de glace qui envelop-* p6rait la terre entière, et qui aurait une épabseur de plus de 30 mètres.
Le globe terrestre possède une chaleur propre intérieure que l'on désigne sous le nom de chaleur centrale, et dont l'existence est attestée par Taccroissement de température qu'on observe dans le sol à mesure qu'on pénètre dans l'épaisseur de ses couches. Il résulte des observations faites snr la température des mines, comme sur celle des puits artésiens, qu'à une certaine profondeur, qui varie selon les pays, mais qui n'est jamais bien considérable, il existe une couche dont la température reste cou-, stante dans toutes les saisons (à Paris, cette couche est à 27 mètres de profondeur, et sa température constante et de ll^'S), et qu'à partir de cette couche, la température croit assez régulièrement de 1^ en moyenne par 30 mètrea*
Les phénomènes moléculaires, tels que Yimbibition^ Yabsorptiony les aetiom taptllairesy sont en général accompagnés d'un dégagement de chaleur. Il en est de même de l'absorption des gaz par les corps poreux, et l'on sait que, lorsqu'on dirige un courant d'hydrogène sur un firagment de mousse de platine, U y a assez de chalear produite pour déterminer l'inflammation du gaz.
Parmi les phénomènes physiques que l'on peut considérer comme sources de chaleur, un des principaux est le changement d'état des corps. Un liquide ne peut se solidifier, une vapeur ne peut se condenser, sms qu'il y ait chaleur produite par le seul fait du changement d'état. Dans le cas de la vapeur d'eau qui se condense, la quantité de chaleur ainsi dégagée est assez considérable pour être mise a profit dans le chauflage des appartements.
On connaît les effets calorifiques de Véle^rUUé. Ces effets peuvent être amenés à un degré de puissance tel que les métaux les plus réfractairas soient fondus et même volatilisés.
Quant à la lumière, elle présente avec la chaleur des rapports si intimes, que les deux agents semblent plutôt être des modifications d'une même force que des forces distinctes dépendant mutuellement l'une de l'autre. La chaleur rayonnante et la lumière ont des modes d'action si sembla- Uea; elles sont si bien assujetties aux mêmes kûs de réflexion, de ré-
nt CHALEUfi. — PHYSIQUE MÉDICALE (sODRCES DE CHALEUB).
Iractioa, de double réfraction et de polarisation, que leur différencepaTail éire plutôt dans la manière dont elles affectent nos sens, que àm la cèoeepiîon mentale que nous pouvons nous en former.
Sources mécaniques. — Le frottement, la compression, la percoâ^ioi peuvent devenir des sources de chaleur.
On sait que les sauvages se procurent souvent du feu en frottant dev iDMreeaux de bois Tun contre l'autre. On sait aussi que le simple froUeneot de deux morceaux de glace suffit pour en amener la fusion, alors néme qu'on opère dans une atmosphère à 0^. En général, la quantité^ chaleur développée par le frottement est d'autant plus grande que la pression est plus forte, et le mouvement plus rapide.
Lorsqu'on comprime un corps, l'observation montre que sa tempéralure a*élève. Le phénomène, peu marqué dans les liquides, Test davantage dan le» solides, et il est surtout manifeste dans les ga:t dont la compressihilité 60i extrême. Dans l'expérience du briquet à air, la chalenr produite par h brusque compression du gaz est assez intense pour déterminer rinflaiBnation de l'amadou.
La percussion peut, comme la compression, développer de la chaleor^d 6D ne peut attribuer le phénomène au simple rapprochement des molecales, puisqu'il est des corps, comme le plomb qui s'échauffent beancMif par la percussion, sans augmenter de densité.
Il est assez difficile, dans l'hypothèse de l'émission, de se rendre compte de la chaleur produite dans ces circonstances. On l'explique aujourdi'bâ par la théorie mécanique de la chaleur. On admet que les forces physique^ quelles qu'elles soient, peuvent se transformer les unes dans les auUe^ sans jamais s'anéantir. Le mouvement peut ainsi se transformer en cli^ leur, et la chaleur peut à son tour se transformer en mouvement. U^ donc qu'un mouvement se trouve diminué ou détruit, comme il l'est ptf le frottement ou par les autres actions mécaniques dont nous venons it parler, il est tout naturel que la chaleur apparaisse comme résultat de si transformation. Joule a même fixé, à l'aide d'expériences précises, le rapport d'équivalence qui existe entre ces deux agents ; il a reconnu qneb quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré la température del kilogramme d'eau équivaut à une force motrice capable d*élever un fo^ de 440 kilogrammes à 1 mètre de hauteur en une seconde. C'est là €£ qu'on appelle Véquivalent mécanique de la chaleur.
Sources chimiques. — La combinaison des corps est toujours accompignée d'un dégagement de chaleur, et cette production de chalenr est nême ce qui, dans beaucoup de cas, distingue la combinaison rceUe du simple mélange.
Il peut arriver cependant que deux corps doués l'un pour l'autre d'uw puissante affinité, produisent du froid par leur mélange. C'est ainsi qu'ei méhmt quatre parties de glace avec une partie d'acide sulfurique concen tré, on voit la température du mélange s'abaisser de plus de 20 degrés C'est qu'ici le phénomène est complexe ; il y a bien chaleur produil^pw la combinaison de l*acide sulfurique avec Veau; mais il y a chaleur aksor
CHALEUR. — PHYSIQUE médicale (effets de U CHAiB»). 717
bée par la fusion de la glace, et ce secopd eflet surpa$s€( 4e beaucoup fe prêftiier.
Dans d'autres circonstances, on peut encore observer un abakaeniettl de température par le simple mélange de deux corps doues d'une affinitë réciproque incontestable, sans que le changement d'état intervienne, .
En mêlant à poids égaux Tacide cyanhydrique et l'eau, Bussy etfiuignet ont vu la température du mélange s'abaisser de 10 degrés, en même tenifit que son volume éprouvait une contraction très-notable. Ici» Tabsorptioa de cbalear ne peut plus être attribuée au changement d'état ; elle pandt due à la diffusion ou à l'écartement des molécules homogènes.
Quoi qu'il en soit, Taction chimique peut être considérée comme une des principales sources de chaleur. La combustion de Thydrogène, oeUe du carbone et de beaucoup d'autres corps en produisent des quantiléi considérables. Les travaux récents de Favre et de Silbermann ont donné une grande importance à cette partie de la physique, en mesurant en quelque sorte raffinité chimique qui s'exerce entre les corps par le nombre de calories qu'ils dégagent au moment de leur combinaison.
Quant à Torigine de cette chaleur dégagée, la science ne possède, a cet égard, que des notions vagues et incertaines. Lavoisier l'attribuait à ce que l'oxygène, l'agent principal de la combustion, abandonnait, en eor trant dans la combinaison produite, toute la chaleur latente qui le con6tî-> tuait à l'état de gaz. Crawfort en trouvait l'explication dans un simple changement de chaleur spécifique, et dans un abaissement de la capacité calorifique moyenne. L'expérience a montré l'insuffisance de ces deux théories.
On sait, d'une autre part, que toute action chimique, si faible qu'elle soit, donne lieu à un courant électrique, et que tout courant électrique donne lieu à une production de chaleur. On a été porté, d'après cela, à considérer l'électricité comme la cause de la chaleur produite dans les cortibinaisons chimiques. De nouvelles expériences sont nécessaires pour faire adopter cette théorie par les physiciens.
Sources physiologiques. — Les animaux dégagent continuellemeat de la chaleur pendant leur vie. Les mammifères et les oiseaux compensent, à tout instant, par la chaleur qu'ils produisent, celle qui leur est enlevép par les causes extérieures ; aussi leur température reste-t-elle constante. Les autres animaux ont une température variable et subordonifée à oelle du milieu dans lequel ils vivent. Ils produisent également de la chaleur, niais si lentement, qu'elle se trouve enlevée à chaque instant par l'aclioii des causes extérieures.
Nous n'avons pas h nous étendre ici sur la production de la chaleur dans les êtres vivants. Tout ce qui se rapporte à cette branche des connaissances médicales a été développé avec beaucoup de soin dans Touvrage que le professeur Gavarret a fait paraître sur ce sujet important. La question de la chaleur animale doit, d'ailleurs, être traitée dans un article spécial (voy. Chaleur akimale).
Bffteftt de la clialear. -^ Les effets que la chaleur produit sir
719 CHALEUR. — hitsiqov iiiMaiB (emrts de la chalbi/b).
I«6 corps se rédaisent à trois principaux : i* changement de Tolmne-, 2^ changement d'état physique ; 3** changement de nature.
1** CHAifGEiiETiT DE voLuvE. — Tous Ics corps sc dilatent par la cWcot. Cette dilatation consiste dans un écartement régulier des molécdl^ et n'affecte, en aucune façon, la forme générale du système qu'elles représentent. Elle est toujours la même pour le même corps et pour la mm quantité de chaleur reçue ; et il est à remarquer que ce corps rcpred son volume primitif dès que la chaleur Tabandonne, comme s'il était doué à l'égard de cette chaleur d'une élasticité sans limite. Cette Ikcnltf que possèdent les corps de se dilater par la chaleur, de se contracter par k froid, et de présenter toujours le même volume pour la même tcmpmture, est une circonstance très-heureuse en physique : elle a été mise i profit dans la construction du thermomètre (voy. ce mot) ; et elle pe^ met, en donnant la mesure des changements de volume correspondant aux changements de température, de ramener à une condition unifonDJ' la densité de tous les corps connus.
Si les corps se dilatent tous par la chaleur, ils sont loin de se dikler de la même quantité pour le même intervalle de température ; le tuirïï se dilate plus que le fer, le plomb plus que le cuivre, le zinc plusquek plomb. Chaque corps possède, au point de vue de sa dilatation part chaleur, une propriété spécifique qui peut servir à le caractériser. V^ antre côté, la plupart des substances solides, liquides et gazeuses, se dt> tent régulièrement avec la température, c'est-à-dire que leur voteî s'augmente d'une même quantité pour un même nombre de de^s the mométriques en quelque point de Téchelle qu'ils se trouvent placf^ Cette considération est importante, car elle permet d'établir pour chaip substance ce qu'on appelle le coefficient de dilatation^ c est-à-dire ti fraction du volume à 0**, dont elle s'accroît, brsque sa températnre s'élève de 1 degré.
Dilatation des solides. — Dans les solides, il y a à considérer la «fit tation linéaire^ ou l'accroissement qu'ils subissent dans une seule de 1er dimensions, et la dilatation cubique^ ou l'accroissement qu'ils subissar dans leurs trois dimensions : leur forme extérieure n'étant pas changé?. la géométrie indique, et l'expérience confirme que, pour un même cùfp. le coefficient de dilatation cubique est triple environ du coefficient à dilatation linéaire.
On a déterminé avec beaucoup de soin le coefficient de dîlalatii^ linéaire des métaux les plus usuels. Voici les nombres :
PlaUne 0,00000092
Fer 0,00000118
Bismuth 0,00000199
Cuivre. 0,00000172
Argent 0,OOOOOIS1
Ètain OjOOWWR
Plomb «,60000»
Zinc 0,OOWtt»*
La connaissance de ces coefficients pour chaque corps en particvlif est importante en raison des applications qu'on en peut faire. C'est sir elle que repose la construction des pendules oompensateurs eft des tlier momètres métalliques. C'est elle aussi qui donne le moyen de cakokr
CHÂliEUR. -^ pmsiQSE m<»igaxb (ejvers m la chaleor). 7i9
leavariatioas que subit la capaciié des vases par Teffet de la température. Quand un vase est pénétré par la chaleur, sa capacité augmente, comme s'il était rempli par la matière même qui la constitue ; en sorte que, pour apprécier Taugmentation de capacité qui résulte de Faction de la chaleur, il suffit de multiplier la capacité intérieure à 0^, capacité que Ton détermine une fois pour toutes, par le coefficient de dilatation cubique de la matière qui constitue le vase, et par le nombre de degrés qui représente la température actuelle.
La dilatation des solides est mise à profit journellement dans une opération simple qui consiste à déboucher les flacons à Témeri dans lesquels le bouchon et le col paraissent intimement soudés. En chauffant pendant quelques instants le col du flacon sur une lampe à alcool, son diamètre augmente, alors que le bouchon qui n'a pas encore été pénétré par )a chaleur, conserve encore le sien, et il suffit du plus léger effort pour obtenir l'ouverture du vase.
Dilatation des liquides. — Les liquides se dilatent par la chaleur plus que les solides. Comme ils sont toujours et nécessairement contenus dans des enveloppes solides, leur dilatation, telle qu'on l'observe, n'est jamais qu'une dilatation apparente, et Ton ne peut avoir leur dilatation réelle ou absoluey qu'en tenant compte de l'effet produit sur le vase luinodme.
Cependant Dulong et Petit sont parvenus, à l'aide d'un procédé trèsiagénieux, à déterminer le coefficient de dilatation absolue dés liquides indépendamment de la dilatation de leurs enveloppes. Les nombres suivants représentent les coefficients de dilatation des liquides les plus usuels :
Éther 0,00151
Sulfure de carbone 0,00114
Chloroforme 0,00111
Alcool 0,00105
•Eau 0,00044
Mercure 0,00018
L'eau présente, au point de vue de la dilatation par la chaleur, une particularité remarquable. Lorsqu'on abaisse sa température, elle se contracte, comme les autres corps, mais jusqu'à -h 4^ seulement. Au-dessous de ce point, non-seulement la contraction cesse d'avoir lieu ; mais le volume augmente progressivement jusqu'au terme de la congélation qui a lieu à O''. L'eau a donc un maximum de densité correspondant à + 4^. L'anomalie qui semble résulter de ce fait n'est qu'apparente : elle exprime simplement qu'à la température de H- 4^* les molécules de l'eau commencent à se disposer au changement d'état qui, on le sait, est accompagné, pour elle, d'une augmentation de volume considérable.
La connaissance du coefficient do dilatation des liquides entraine des applications utiles, par exemple, la correction du volume qu'ils occupent à une température déterminée, celle des hauteurs barométriques, enfin la correction des poids spécifiques des solides et des liquides.
Dilatation des ga%. — Dana les gai, la dilatation produite par la cha* leur est très-grande et surpasse de beaucoup celle qu'on observe dans les liquides et dans les solides. Cette dilatation donne lieu, d'ailleurs, k deui
730 CHALEUR. — putbwib miaiCkLt (oftis w la chalkoI).
remarques esseniieUêS : 1"^ Lorsqu'on hi coodidère dans im même g«, « trouve qu'elle présente une très-grande régularité. 2* Lorsqu'on k tt^ sidère dans des gaz différents, on trouve que les coefficients ne iMin entre eux que de quantités très-petites.
La dilatation des gaz a été étudiée avec soin par Gây-Lussac. ^Mkm. physicien suédois, s'est attaché «nsuite à faire disparaître quriqê causes d'erreur que renfermait le procédé employé ; et plus récetOM Regnault a réalisé des expériences qui paraissent offrir le deraier ta» à% la rigueur et de la précision. Voiôi les conséquences qui déco«lcotè ses expériences :
i^ L'air et, en général, les gaz penfnanents se dilatent des 566 colmillièmes de leur volume à 0'' pour Tunité de température ;
S"" Les gaz liquéfiables présentent des coefficients de dilatation notakkment diflérents ,*
S"" Ce coefficient varie pour la même substance, suivant qu'eu k détermine à volume constant, ou à pression constante ;
4** Le coefficient de dilatation d'un gaz augmente avec sa densilê c% son état de compression.
La construction du thermomètre à air, la correction du vohimc dno: et l'estimation exacte de leur densité exigent la connaissance parfaite it l'augmentation de volume que les gaz subissent par l'action de la cbleur.
Application médicale de la dilatation. — Toutes les parties de IW oisme sont soumises à la loi générale de la dilatation : elles augmeoês de dimension par la chaleur et diminuent par le froid. Quand la ehaka est poussée un peu loin, elle produit d'abord un état pléthorique dominé par cette circonstance que les liquides de l'économie sont pk dilatables que les parois solides qui les contiennent. Puis elle fidt kioL^ apparaître d'autres symptômes très-graves, tels qu'une gène considénUr dans la respiration, une céphalalgie violente, des étourdissements, afe une congestion cérébrale appelée improprement asphyxie par la cÛni
Les mêmes accidents peuvent résulter de l'action d'un firoid trèni celui-ci faisant refluer le sang de la circonférence au centre. Les pe^ sonnes faibles, chez lesquelles le cœur et les gros vaisseaux n'oat pts » force impulsive suffisante, éprouvent un ralentissement de la circnhiitf qui amène l'œdème.
Dans les cas les plus ordinaires, c*est sur la peau que l'action do ié est le plus sensible. L'épiderme étant fhxs rétractile que les parties a» jacentes, et étant immédiatement exposé aux intempéries de l'air, s fendille et donne lieu à des crevasses doubureuses. Les personnes ck lesquelles la texture de la peau est délicate, prouvent par TactioB à firoid prolongé une inflammation spéciale de te peau connue sou lenff d'engelure {voy. ce mot).
. 2'' Chanqement d'état rafsiQus. -r Indépendamment du chaagemat « volume que les corps éprouvent par l'action de la clMileur, ils penres changer d'état physique. Un solide peut fondre etdeveaÎF liquide; ieliya*
CIIALËUR. — pjtïSKHie hbdigals (eppcts de la chaieu»). 731
à son tour, peut pr^ndr^ l'état aéri forme et détenir vapeur. Inversement mi gai ou une vapeur que la chaleur abandonne, peut se condenser et devenir liquide, de même que le liquide, s'il est suffisamment refroidi, peut se congeler à son tour et devenir solide.
Tous les corps peuvent affecter successivement ces trois états de la matière ; mais les conditions de température sont variables pour chacun d*eia. Tandis que le soufre peut fondre à une température qui n'excède pas il5^, d'autres corps, tels que l'argent et le cuivre, exigent plus de 1000° .pour prendre l'état liquide. 11 est des solides qu'on ne parvient pus à fondre à la température la plus élevée de nos fourneaux, de forge; de même qu'il existe des gaz que Ton n'a pu obtenir liquides, même en les soumettant à l'action du froid le plus vif.
Hais ce n'est pas là une résistance absolue au changement d'état ; et à mesure que la science recule les limites des températures qu'elle peut produire, on voit se restreindre la liste des substances considérées jusqu'ici comme absolument réfractaires.
Le changement d'état comprend quatre points distincts : l"" la fusion; 2"" la congélation; S"" la vaporisation; A'' la condensation.
Fusion et vaporisation. — La fusion des solides, de même que la vaporisation des liquides, exige deux conditions essentielles, savoir : V une certaine température, qui varie d'un corps à l'autre et qu'on appelle température de fusion, ou température d'ébullition ; 2*" l'absorption d'une certaine quantité de chaleur qui est nécessaire pour constituer le corps dans son nouvel état, et que l'on appelle chaleur latente de fusion, ou chaleur latente de volatilisation.
Le point de fusion ou do vaporisation d'un corps peut varier selon des circonstances très-diverses ; mais la chaleur latente qu'il absorbe pour changer d'état demeure tougours constante et invariable. Ainsi la glace fond à 0*" dans les conditions ordinaires, mais on peut rétarder son point de fusion de 10, de 20, de 50^ même par l'addition de substances ayant de l'affinité pour L'eau liquide. Or, dans ce second cas, comme dans le premier, la quantité de chaleur absorbée et rendue latente est toujours la même; c'est toujours, pour 1 kilogramme de glace fondue, la quantité de chaleur qu'abandonne 1 kilogramme d'eau chaude, en passant de 79''25 à 0^. C'est sur ce principe qu'est fondé l'emploi des Mélanges réfrigérants.
Il suit de là que, toutes les fois qu'un solide passe à l'état liquide, ou qu'un liquide passe à l'étal de vapeur, il y a chaleur absorbée, et par conséquent production de froid. La simple dissolution d'un sel dans l'eau, la simple évaporation de l'éther, suffisent pour donner lieu à un abaissement de température plus ou moins considérable. On sait qu'au moment du dégel on éprouve un refiroidieseroent très-sensible, bien que la température qui a amené ce dégel soit plus élevée que celle qui existait avant qu'il ait lien. On sait aussi que i'arrosement des mes en été produit toujours un sentiment de fraîcheur, bien que l'eau employée ait exactement la même température que les corps environnants.
KOOV. DICT MÉD. ET CHin. VI — 46
722 CHALEUR. — PHmoti nfousAt^ (sm^ pk la cnu^).
CûngéUitioH et cimdenet^ion. — La coqgéiatioo des liquides, île mi que la condensatioû des vapeurs, exige deux conditions essentielles : l' il feut que la température s'abaisse jusqu'en un certain point qu oo i^ point de cong^alion, ou point de condensation; T il f ant que le ctvpi abandonne toute ht dialeur latente qui le constitiiait à Fétat liqiide^<Mà l'état de vapeur.
Ce sont, par conséquent, les deux conditions inverses des précédeats. Un liquide ne peut se solidifier, une vapeur ne peut se condenser s» rendre sensible une quantité de chaleur plus ou moins grande, et d^ lors ces deux changements d'état doivent produire des phénomènes calorifiques précisément opposés à ceux que nous avons précédemment (i^ crits. C'est par cette raison que la congélation de l'eau, que la cri^ lisation des sels est touijours accompagnée d'un dégagement de cbaleor.
Applications médicales du changement d^état des corps. — La tnn^ ration cutanée est une application de ce principe, que l'eau ne peut k réduire en vapeur sans absorber et rendre latente une quantité de chilei considérable. La quantité d'eau qui s'échappe du corps humain à l'éUti^ vapeur est, en moyenne, de 930 grammes environ par jour. Or, la cbleur absorbée et rendue latente par le fait de cette évaporation représente d'après les mesures très*précises que l'on possède sur la chaleur Uleni^ de vaporisation de l'eau, toute la chaleur qui serait nécessaire pour élere un pareil poids d'eau de 0** à 537<».
La transpiration cutanée peut donc être considérée comme un régsbteur puissant de la température du corps humain ; et, dans le bit, I observation montre qu'elle devient plus active, et par suite, qu'elle absock d'autant plus de chaleur que la température extérieure est plus éleié£.S l'air, tout en étant très-chaud, était saturé d'humidité, la transpintia cutanée ne pouvant plus avoir lieu, la température du coipss'élèverulnpidement, et entraînerait avec elle les accidents que nou^ avons prêccdemment signalés; mais si ce même air -est au contraire très-sec, et si k transpiration cutanée peut se faire dans toute son activité, la chaleurésorbée par cette transpiration compensant dans une certaine mesm li chaleur reçue, l'homme ou les animaux peuvent se trouver plongés quelque temps dans une semblable atmosphère, sans que leur tempéialim s'en trouve notablement modifiée.
Parmi les applicsCtions médicales qui se rapportent à la chaleur absorbée ou dégagée par le simple changement d'état des corps, nous d\em la fabrication de la glace par l'évaporation rapide de l'amraoniai|a Uquéfiée, et le chauffage des appartements par la condensation de U^tpeur d'eau {voy. t. VII, art. Chauffaoe).
L'appareil Carré ( fig. 1 70) qui sert à la fabrication de la glace se comp de deux pièces essentielles, savoir : 1^ une chaudière A dans laquelle ttrouve de l'ammoniaque en solution très-concentrée, marquant 0,88 & densimètre ; 2** un congélateur B qui est vide. Les deux pièces «h: reliées entre elles par un tube de communication EE\ En chaoffiiA la chaudière et plongeant le congélateur dans un baquet D rempli d'eu.
CHALEUR. — pifTSTQUE vbaioale (effets de la chalbub). 7S3
I iroide, il s'établit une distillation. Le gaz ammoniac se dégage, mais I eorrime il n'a point d'issue, il se comprime et se liquéfie dans le ^ congélateur. On intervertit alors les rôles, et au lieu de chauffer la ^ chaudière, on la refroidit, tandis que le congélateur est tiré de l'eau froide, et abandonné librement au contact de Tair. L'ammoniaque
I Fi«. 170. — Apfwreil Carré pour la fabricalion de la glace.
I liquide repasse alors avec une très-grande rapidité dans la chaudière ;
i mais la chaleur qu'elle absorbe pendant son évaporation est tellement considérable, que, si Ton a disposé au contact de la paroi du congélateur un cylindre d contenant une certaine quantité d'eau, cette eau est promptement et complètement solidifiée.
Le système d'appareils que Ton emploie pour le chauffage des appartements à la vapeur, comprend: 1° une chaudière dans laquelle se produit la vapeur; 2"" des tuyaux dans lesquels elle doit circuler; 5° des récipients à grande surface, destinés à la condenser^ et à transporter au dehors la chaleur qu'elle abandonne. La vapeur d'eau restituant, au moment où elle se condense, toute sa chaleur de vaporisation, on obtient ainsi un excellent mode de chauffage. C'est par ce procédé que la Bourse de Paris est chauffée depuis plus de trente-cinq ans. Les résultats obtenus semblent établir que le chauffage à la vapeur est moins dangereux et plus économique que le chauffage à l'eau chaude dont il sera question ci-après.
5<» Changement de nature. — Le troisième effet que la chaleur peut produire par son accumulation est celui où le corps change complètement de nature.
Cet effet n'est pas général. Il s'observe dans tous les composés du règne organique, lesquels sont formés le plus ordinairement d^oxygène, d'hydrogène et de carbone auxquels s'ajoute, dans certaiod cas, de l'azote. La
724 CHALEUR. — putsiqoe médicale (chiubob spiangnE).
chaleur, en agissant sur ces corps, détermine la formation de Teau %m dépens de l'oxygène et de rhydrogèae, celle de Tacâde earbooiipe m dépens du carbone et de l'oxygène ; et, comme il y a presque toiJMfi excès de carbone, celui-ci demeure comme résidu fixe et invandile de cette action» Lorsque la matière organique contient de Taxote, riBumniaque est au nombre des produits dégagés.
Quant aux composés du règne minéral, Faction qu^ils éproofeol è h part de la chaleur est tellement yariable, qu'elle ne saurait se géoénfar. Nous renvoyons, pour cet objet, à l'histoire de chaque substance et pvticulier.
L'étude de la chaleur et des changements d*état qu'elle déterminai les corps, se lie de la manière la plus étroite avec la formation iesopeurs dans le vidô ou dans Tair, et surtout a?ec V hygrométrie^ qùalli conséquence météorologique des principes qui s*y rapportent. Celle pntie de la physique qui s'occupe de déterminer l'état de sécheresse ou d'honiidite de Tair est aujourd'hui trop importante pour n*en point taire l'olijet d'un article spécial. Nous en avons déjà dit quelques mots en parlante I Tair atmosphérique. Nous nous proposons d'y revenir d'une manière (ib détaillée à farticle hygrométrie*
Chaleur spéqfique. — Dans une enceinte où tous les corps sont ib même température, le thermomètre indique le même degré pirtoiit,(t pourtant l'observation montre que ces corps renferment des quantités et chaleur fort différentes. Car, si on abaisse tout à coup la températartè cette enceinte, on peut reconnaître, au moment du nouvel équilibre, qv les quantités de chaleur abandonnées par chaque corps, sont loin d'ébt les mêmes.
On est convenu de prendre comme unité de chaleur ou calorie^ la qi» tité de chaleur qu'il faut fournir à 1 kilogranune d'eau liquide pour porter sa température de O"" à + 1*". On appelle alors 4^h4Ueur Mpécifiqtu d'à corps la quantité de chaleur, évaluée en calories, que ce corps afasorbcM perd, lorsque sa température s'élève ou s'abaisse de i degré sous le poii de 1 kilogramme. Cette chaleur spécifique peut être déterminée par pbsieurs méthodes.
Méthode des mélanges. — Si l'on mêle un kilogramme d'eau Uqaiài 0*" avec 1 kilogramme de mercure à + 34'' on obtient après le mélaofi 2 kilogrammes de liquide à + T. Il est naturel d'admettre^ en lai^B^ abstraction des pertes extérieures que l'on peut rendre d'ailleurs atfs faibles que possible, que l'eau a pris toute la chaleur que le merconi abandonnée ; et, comme elle n'a gagné, en détinitivei qu'une seule alont c'est que cette calorie unique représente toute la chtdeur que perd le watcure quand sa température s'abaisse de 33 degrés. Diaprés cela, si on I^ présente par 1 la chaleur spécifique de l'eau, celle du mercure doit Tébi pardon 0,030.
En substituait au mercure tout autre cotps incapable d'agir chiiDiqo^ ment sur l'eau, et en notant avec soin la température du mélaoge, «* arrive de même à estimer la chaleur spécifique qui )ui appartient. C'fit'
CHALEUR. — PHYSIQUE HKOICAIB (chAIÇDR SPÉCIfMBDE), . 725
oelie méthode, d'alHwirs très-sîmpte, que Vdn a donné le nom de méthode de» mélanges.
Méthode de la fusion de la glaee, — On peut encore déterminer la chaleur spécifique de» corps par une méthode qui a surtout été mise en pratique par LaVoisier et Laplace, c'est celle de la fusion de la glace. On a ebserré que 1 kilogramme de glace à 0* exige 79^5 pour fondre complètement sans changer de température; de sorte qu'en introduisant dans un puits de glace 4 kilogramme d'eau â -f- *79**25, on retrouve après un temps suffisamment prolongé 2 kilogrammes d'eau liquide à 0"^. Or, si Fan porte dans le même puits de glace 1 kilogramme de tout autre corps pris à la même température de 79*25, il reviendra de même à 0*, mais en fondanl une quantité de glace proportionnelle à sa chaleur spécifique propre. 4 kilogramme de mercure, placé dans ces conditions, n'en fondra que 0^035 , et ainsi la chaleur spécifique du corps observé sera dans un rapport direct avec la quantité de glace qu'il aura fondue.
Méthode du refroidissement. — Meyer et Leslie ont imaginé une troisième méthode, connue sous le nom de méthode du refroidissement, qui consiste à placer tous les corps dans les mêmes conditions de rayonnement extérieur, et à noter comparativement les temps qu'ils emploient pour franchir le même intervalle thermométrique. A masses égales, les chaleurs spécifiques sont proportionnelles aux temps ; en sorte que, si l'un des icorps est l'eau, et l'autre le mercure, on peut reconnaître, en faisant la part de l'enveloppe, que le même intervalle est franchi trente-trois fois plus vite dans le second que dans le premier.
L*étude des chaleurs spécifiques est une des plus intéressantes que le physicien puisse se proposer. Longtemps on l'a considérée comme une notion abstraite, utile seulement pour caractériser la nature des corps. Mais Dulong et Petit ont fait voir la relation très-remarquable qui existe entre la chaleur spécifique des corps et leur poids atomique, en sorte que ^<;etfe étude a pris depuis une importance considérable. Elle fournit, d'aii- {leurs, des méthodes calorimétriques extrêmement précieuses pour mesurer la chaleur dégagée dans les combinaisons chimiques, et traiter avec quelque chance de succès toutes les questions qui se rattachent à la chaleur animale.
Applications de la chaleur spécifique, — Parmi les applications de la chaleur spécifique, une des plus importantes est le chauffage des appartements parla simple circulation de l'eau chaude. Ici, ce n'est plus la chaleor latente de vaporisation qui est utilisée, c'est la chaleur spécifique de Fean liquide, chaleur qui surpasse celle de tous les corps connus. Le procédé consiste en un mouvement circulatoire continu. L'eau s'échauffe dans une chaudière placée au bas de l'édifice ; elle s'élève ensuite dans une série de tubes, pénètre dans des récipients placés au milieu des salles qu'il s'agit d'échauffer, et retourne enfin à la chaudière par une série semblable* Pendant ce double parcours, elle cède successivement sa chaleur aux tubes et aux récipients qui deviennent ainsi de véritables poêles à eau chaude. Le principal avantage de ce mode de chauffage est de donner une tempé-
726 CHALEUR. — physique médicale (pROPiGATioec de ia cialboi),
rature sensiblement constante pendant fort longtemps, l*ettt,< sa masse et de sa capacité, ne se refroidissant qu^avec une extrême.
Le chauffage à air chaud diffère complètement du précédenA; iicsthiè sur Faugmentation de volume que subit l'air échauffé, et cvlesoRh ment ascensionnel qui résulte de sa raréfaction. A l'inlérimir d'un [ojer. se trouve un système de tubes recourbés horizontalement, coommu^m par une de leurs extrémités avec Tair extérieur, etsereletantparraiÉc dans une direction verticale, de manière à pénétrer dans VÎÊàintmk appartements. L'orifice inférieur est la prise d'air ; Tonfice supérievA la bouche de chaleur ; chaque pièce a ainsi une ou ploaîears boodiei 4 chaleur. Ces appareils appelés calorifères sont plus éconeouques^it cheminées; mais ils ne peuvent ventiler aussi bien Fair des appartaMatï. Aussi les regarde-t^n comme moins salubres.
Propagation de la chaleur. — La chaleur peut se propager parw ^ conductibilité et par voie de rayonnement. Dans le premier cas, hfn/ft gation se fait au contact, dans l'intérieur des corps, en passant d'vBeiir iécule à l'autre; dans le second cas, elle se fait à distance, el samqa. soit besoin de matière pondérable intei^sée.
Rayonnement. — Lorsqu'un corps est placé dans une enceiate da la température est plus basse que la sienne, on observe qu'il se rénà peu à peu, en même temps que les corps environnants se réeliauneDt:ff effet se continue tant que l'équilibre de température n'est pas établi L chaleur peut donc se transmettre d'un corps à l'autre à travers Ytspa. et il est à remarquer que l'air n'est pas nécessaire à cette transmissi^ car elle a lieu tout aussi facilement dans le vide le plus parfait qae aet puissions produire. On donne le nom de chaleur rayonnante à la dak qui se propage ainsi à distance, et on appelle rayon de chaleur h k» droite que suit la chaleur en se propageant.
Les propriétés de cette chaleur rayonnante ont été étudiées afeckpk^ grand soin, et on a vu qu'elles étaient les mêmes que celles qui ^ tiennent à la lumière. Ainsi elle marche en ligne droite, et Iravcmctf^ tains corps sans les échauffer; son intensité s'afliaiblit propoitiiinellement au carré de la distance ; sa vitesse est la même que celle itï lumière.
Il est, toutefois, une différence fondamentale qu'elle nous préseateda» sa manière de se comporter avec les corps qu'elle rencontre. Parmi ««•«■ il en est qui l'arrêtent complètement, et que, pour cette raison, oaiffA athermanesj comme il y en a d'autres qui lui livrent passage, et qiV appelle diathermanes. Mais les corps diathermanes ne sent pas néce» rement les corps transparents, de même que les corps athernîanesaesK pas nécessairement les corps opaques. Un cristal d'akin qui se laisse bc lement traverser par la lumière, arrête complètement la cludear, tii* qu'un morceau de sel gemme enfumé, qui laisse passer facilemeat la di^ leur, constitue un écran presque complètement opaque powr la Imûat A cette différence près, les lois de la réflexion el de la réfindw
CHALEUR. ^-^ PHm^DK mIdicalb (propàcatioii de la châlsua). 7i7
mut eMadeattbi les méme$ que celles qu'on observe dans l'étude de la luittière.
Od a cherché à déterminei;;, les lois du rayonnement on prenant en considération la température' de l'air exlérieur, la surface rayonnante du corps chaud, et la surface absorbante des corps froids environnants.
A regard de Tair extérieur, Newton a donné une loi du refroidissement qui est ainsi conçue : Les abaissements de température que subit un corps chand pendant Tunité de temps varient proportionnellement aux excès de sa tenq)érature sur celle du milieu ambiant. Cette loi est journellement appliquée dans les expériences relatives au refroidissement ; mais Dulong et Petit ont fait voir qu'elle n est pas générale, et qu'elle ne peut convenir que pour des difEérences de température qui ne dépassent pas i 5 degrés. Au delà, les quantités de chaleur perdues sont plus grandes que la loi ne l'indique.
En ce qui concerne la surface rayonnante du corps chaud, Leslie a fait des expériences qui démontrent que son pouvoir émissif est subordonné à des conditions particulières. Il a rempli d'eau bouillante un cube en métal dont les faces latérales présentaient une couleur et un poli différent, et en plaçant des thermomètres bien comparables à égale distance de chacune d'elles, il a vu qu'ils étaient loin d'indiquer le même accroissement de température. Plus récemment, Melloni, en faisant usage de son appareil thermo-électrique, a donné les nombres suivants qui expriment les pouvoirs émissifs correspondant aux diverses surfaces :
Noir de fumée 100
€ftrbonat6 de plomb lOO
Encre de Chine 85
Gomme-laque 72
Malinebrut 10
CuÎTre poli 5
Argent mat 5
Or poli 4
Argent bruni 2
U a vu de plus que l'inclinaison de la surface était sans effet, et que ' celte surface, quelle que fût son obliquité, émettait toi^ours la même quantité de chaleur que sa projection sur un plan perpendiculaire à la direction commune des rayons.
Enfin, en considérant Tinfluence des corps environnants, on a vu qu'elle consistait en deux propriétés distinctes et complémentaires Tune de l'autre, celle d'absorber une partie de la chaleur reçue, et celle d'en réfléchir une autre partie* Leslie a vu et Melloni a confirmé que le pouvoir absorbant d'une surface donnée est proportionnel à son pouvoir émissif, et en raison inverse de son pouvoir réflecteur, d'où il résulte que le précédent tableau s'applique également bien aux pouvoirs absorbants des diverses surfoces, et que, pour avoir celui des pouvoirs réflecteurs, il suffit de ranger les surfaces dans un ordre précisément inverse de celui qui exprime les deux autres pouvoirs.
Application tHédUale du rayonnement. — Pendant les nuits sereines, loFsqu aucun nuage ne fait obstacle au rayonnement nocturne, tous les cQffs placés à la surface du sol envoient de la chaleur vers les espaces cé-
7S8" CHALEUR. >— PHTsiQffc vâncAiE (rM»A€ATfOK ie la «tiAiiflin^.
lestes, et bientAi leur reEpoidiMemenl peni ém&air assez Tif pwff qnlkse recouvrent de rosée. Celte rosée n'est autre chose que la coôdeiBritimde la Tapeur d'eau conteiMic dans Pair. Les aubsianoes qui préBentent œ phénomène an plus haut degré sont celles dont le pouvoir émîsaif est le pb considérable, telles que la terre, le sable, le ?erre, les plantes. Aucmtraire, les métaux, et d'une manière générale, les surfiàces polies ne se recoutrent que rarement de rosée.
Le froid que les corps éprouvent par Teflet du rayonnement noctarne. est cpielqueibis assez vif pour amener la eougélatioo 4e l'eau déposées leur surface ; c'ert là ce qui constitue la geléeUaneke. Au Bengale, on tm partie du rayonnement pour se procurer artifieiellemefit de la glace. Oi prend de grands vases fdats et peu profonds dams lesqods on introdnit^ îeau privée d'air par ébuUition ; on les isole parfaitemait en les ph(ai sur des lits de paille de riz, et on les expose librement, la nuit, en re^ d'un- ciel pur et sans nuage. Le lendemain matin, on trouve la surface de Teau complètement congelée, même alors que la température de Tair n'e^ pas descendue au-dessous de + 10**.
Ce ne sont pas seulement les corps inertes qui se refroidissent aiasi par Teffet du rayonnement nocturne ; l'homme et les animaux sont soaav eux-mêmes à cette loi générale. Le refroidissement qu'iis éprouvent pv celte cause se produit également pendant le jour, et il n'est pas rare, à» les pays très-chauds, lorsque les habitants s'abandonnât au aoimneilfl milieu de la Journée, que la «rosée recouvre les parties de leur corps r^ tées à découvert. Pour se mettre à l'abri de ce refroidissement qui peat devenir la cause de certaines maladies, il suffit de tendre une toile aidessus du lieu où Ton repose ; le rayonnement étant intercepté, le reÉfoidissement ne peut plus avoir lieu, au moins avec ia même intensité, eC ks accidents ne sont plus à craindre.
Le rayonnement vers les espaces célestes- n'est pas le seul auqael les 'êtres vivants se trouvent exposa. Entre eux et les corps enviFomiants, il S'établit des échanges continuels de chaleur, et leur température àtft plus élevée, ces échanges se font toujours à leur détriment. C'est pourp^ rer aux effets de ce refroidissement que l'homme se couvre de T^emate appropriés aux climats et aux saisons. Les notions qu'il possèëe s«r b chaleur rayonnante le porteraient à choisir de préCérenee ceux qui, pv la nature de leur surface, s'opposent le plus à l'^ission de leur cbakff propre. Mais la considération la plus importante i ce point de vue^esi celle qui se rapporte à la conductibilité de la substance employée.
Conductibilité. —La conductibilité est la propriété que possèdent les corps de transmettre plus ou moins facilement dans leur intérieur h cbileur qu'ils ont reçue en un certain point de leur surface. Il suflUdecbitffer comparativement à une de leurs extrémités des barres de fer, de vent el de bois, pour reconnaître les différences que les corps présentent à ce point de vue. On appelle bons conducteurs cettX4|ui, conuBe le finr d fa métaux, transmettent facilement et rapidement b cludeur qu'ils oa^ reçue ; on appelle, au contraire, mauvais conducteurs ceux qui, coflo*^
CHALEUR. < — PHYMQOE MiMGAbB (pjtefAQATIjOa »E Ui CHlLEHm). 70
le verre ou le bois, opposa une résistance pkie ^u idoî»3 grande à sa propagatioii.
Les inéiâux sont de beaucoup les meilleurs comhicteurs ; viennent ^n^ suite, mais à une très^grande distance les matières salines oontiniMs, teUes qae le marbre^ la pierre de liais, le verre ; puis les matières pulviirulentes, telles que le sable, la brique pilée, la eraie en poudre, la cendre de bois ; puis entin les matières filamenteuses, telles que le coUm, k laine, la loiie, le papier.
Pour apprécier la conductibilité dans les liquides, il faut, de toute né-
cesaité, appliquer la chaleur à leur surface, afin d'éviter les courants «I
les déplacements de molécules qui ne manqueraient pas d'avoir lieu, s^ils
étaient chaufTés par leur partie inférieure. On reconnaît alors que la coa-
ductibilité des liquides est très-£ail>le« Elle est même si faible qu'on m
I pensé devoir l'attribuer a la paroi solide dans laquelle ils sont nécessaire
I ment contenus. Mais les expériences de Despretz ont levé tous les doutes i
I ce sujet. Cet habile physicien a montré que non-seulement la conducttbililé
des liquides existe, mais que, pour eux comme pour les solides, la dis*
I tance à la source croissant en progression arithmétique, les excès de
I température sur Tair ambiant décroissent enprogr^sion géométrique.
I C'est surtout quand les aiouvements des molécules sont gênés par la vi»-
I cosilé ou par Tinterposition de matières étrangères que les liquides con^
dttisent très-mal la chaleur. C'est a cette circonstance qu'il fiaut attribuer
la très^aible conductibilité des fruits charnus, des plantes grasses, des
tissus animaux, etc..
La conductibilité des gaz est plus difficile encore à apprécier, en raison de l'impossibilité où l'on est de maintenir La fixité de leurs molécules, quand on les chauffe. On peut affirmer cependant que, si les gaz conluisent la chaleur, ils ne la conduisent qu'avec une difficulté extrême. Tout système de corps qui renferme, entre les diverses parties qui le constituent, une grande masse d'air, possède par cela seul une conductibilité très-imparfaite, surtout quand cet air est gêné dans ses mouvements. Le duvet, le coton cardé, les fourrures, et en général, toutes les substances filamenteuses qui emprisonnent l'air entre leurs fibres, sont de très-mauvais Gondocteurs.
ÀppUcatims médicales de la canduetibilité. — La sensation de chaleur ou de froid que nous ressentons au contact de certains corps, dépend, le plus souvent, de leurs propriétés plus ou moins conductrices. Les métaux, par exemple, nous paraissent toujours plus froids qu'ils ne sont réellement, parce qu'en raison de leur pouvoir conducteur considérable, ils nous enlèvent plus de chaleur que les autres corps dans un temps donné. Par la même raison, ils nous paraîtraient plus chauds, si leur température était supérieure à la nôtre.
C'est sur la conductibilité du fer qu'est fondé Temploi de ce métal chnjfiëau rouge pour produire la cautérisation. Tout autre métal plus conducteur que lui conviendrait mieux encore pour le même objet, surtout s'il avait une chaleur spécifique plus grande. Mis en contact avec la
730 CHALEUR. ' — physiquiî médicale (^ropaoation de jjl chalwi).
partie qu'il s'agit de cautériser, il lui céderait plus de chaleur dam k même temps, et, l'efTét devenant ainsi plus rapide, en serait moins dooloureux.
Lorsqu'on veut maintenir longtemps chaude une liqueur ou «k boisson quelconque, il faut la renfermer dans une enveloppe trb-pa conductrice, par eiemple, dans un système de deux vases coneentriqK séparés par une couche d'air. Le même système peut être employé égit ment pour garantir les corps qu'on veut maintenir froids contre la doleur de l'espace environnant. La glace, entourée d'une couverture de b» fond plus difficilement, et peut se conserver plus longtemps dans lasajsoi chaude.
Dans les pays froids, on fait usafçe de dôuWes croisées pour empédcr la chaleur des appartements de se répandre au dehors. C'est au peu de conductibilité de l'air interposé, qu'un pareil système doit son prinafc avantage. Toutefois, on a reconnu qu'il agit encore d'une antre mtnifR, en laissant passer la chaleur solaire par voie de rayonnement, et iomesl au contraire un écran athermane pour la chaleur obscure de h pw« -éehauifée*
La science n'est pas encore fixée sur la conduetibiUté propre des *verses parties du corps de l'homme. On sait seulement qne la coucb€<le graisse qui se trouve située au-dessous de la peau conduit très-mal la cb leur, et qu'ainsi elle doit rendre les parties qu'elle recouvre moins s»sibles à l'action du froid extérieur.
L'épiderme, mauvais conducteur de la chaleur quand il ert «cc,d€rât au contraire bon conducteur, quand il est humide. Aussi les divers» p ties de l'organisme sont-elles plus facilement pénétrées par le froid (faâ l'air^st chargé de vapeur, que quand il en est exempt.
Les poils, les plumes, les diverses espèces de fourrures qui rccoirmtf la peau des animaux sont de mauvais condocteurs de la chaleur ei«ot évidemment pour objet de les garantir contre le fipoid extérieur. Privé* cette ressource, l'homme y supplée par des vêtements canvenableBMflt choisis. Les vêtements qu'on appelle chauds sont formés de tisBwsp»gieux qui conduisent très-mal la chaleur, et qui empêchent ainsi les <iiverses parties du corps de se refroidir par le contact de l'air ambiant, fr mêmes vêtements pourraient être appelés froid*, si la température du khprs était supérieure à celle du corps humain ; car, en pareil cas, ife empêcheraient la chaleur extérieure de pénétrer dans l'organisme. \mï effet général est de s'opposer à l'équilibre des températures.
En nous bornant à signaler dans cet article les principale» applicati» que la médecine a faites des propriétés de la chaleur, nous renvoie» pour les détails qu'elles comportent, aux articles spéciaux qui feursoul consacrés (voy. Air, Bains, Climat, Frou)).
Henri BcvGHtr.
CHALEUR. — CIUU5UR animale (pROi^iJcnoRy ABson^no^), IM