‹ Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 7 sur 75 · CAFÉ. — EMPLOI THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

CAFÉ. — EMPLOI THÉRAPEUTIQUE

administra une infusion concentrée de café avec le marc; en douze heures le malade en prit 320 grammes; il sortit du coma et guérit. Nous avons eu un cas analogue : X... avait, dans un but coupable, pris 10 grammes de laudanum ; nous le vîmes trois heures après, il était dans un état d'excitation très-grande; le tartre stibié parvint à déterminer les vomissements, mais le malade tomba dans la torpeur, le coma, les sueurs froides, avec accès d'agitation ; le café fut donné en infusion très-concentrée, par tasse toutes les demi-heures ; après six heures de ce traitement, le malade commençait à se réveiller. On continua le café, mais plus léger et comme tisane. Le lendemain X... se levait, seulement il gardait encore de l'hébétude, et il avait contracté un certain tremblement des mem* bres. Nous devons ajouter que c'était un buveur d'absinthe. OUivier (d'Angers) et Marye ont rapporté un cas semblable.

Jusquiame, tabac, laitue viveuse. — Or61a recommande l'emploi du café dans les empoisonnements par ces plantes.

Digitale. — Bouchardat croit que dans les empoisonnements par la digitale, le café peut être utile, d'un côté, par sa propriété stimulante, et, d'un autre côté, en rendant le principe insoluble.

Strychnine. — Trifet dit avoir retiré de bons effets de l'emploi du café dans le commencement d'un empoisonnement par cet alcaloïde.

Asphyxie. — J. Roques rapporte plusieurs cas d'asphyxie qui furent heureusement influencés par l'usage du café.

Champignons. — Rognetta prétend qu'il faut se garder d'employer l'infusion de café dans le coma qui suit l'empoisonnement par les champignons. Ces accidents sont si graves et pardonnent si rarement qu'on ne sait trop si, dans les cas malheureux, on peut attribuer à aucun médicament une part de la terminaison fatale. Begin conseillait le café dans ces empoisonnements quand il survenait de Tassoupissement, et, dans ces dernières années, on a enregistré quelques faits qui semblent favorables au café. En 1862, O'Connor guérit un empoisonnement de ce genre par les lavements de café, et en 1863, Humbert donnait une observation tout à fait analogue.

Acide cyanhydrique. — On a vanté l'infusion de café dans l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique. Orfila dit qu il est sans effet.

Alcool, — Il n'est personne aujourd'hui qui mette en doute la propriété qu'a le café de combattre l'ivresse. Cette action est trop connue pour que nous y insistions.

B; Le ralentissement de la circulation peut produire non plus des effets mécaniques et immédiats, mais bien des effets consécutifs. La digestion devient plus lente et le mouvement de décomposition organique est entravé. Ces deux effets physiologiques, inverses de ceux que nous avons vu se produire pendant la première période, conduisent à des déductions thérapeutiques importantes. En effet, si le mouvement de décomposition organique est ralenti, on comprendra comment Lehmann, Boëker et Schultze (de Breslau) ont trouvé que l'albumine, l'urée, lacide urique, ne se rencontraient plus en aussi grande abondance, et l'on s'expliquera l'usage

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An café dans les maladies où Texcrétion de ce$ détritus organiques est le symptôme que l'on veut enrayer : (gravelle, goutte, albuminurie, etc.). D'un autre cdté, le café devient un aliment, et cela à plusieurs titres : d'abord comme élément azoté, et par sa composition même, comme le veulent de Gasparin et Bouchardat ; ensuite en ralentissant la digestion et en lui permettant de perfectionner le chyme si l'estomac n'est pas trop nerveux ou trop plein; enfin, par cet effet même, que nous venons de lui reconnaître, d'empêcher le mouvement de dénutrition. On pourra dès lors le regarder comme utile dans les convalescences de certaines maladies de dépérissement et d'épuisement, scrofules, carreau, etc.

Gravelle. — Ray a pu constater sur lui-même Faction du café dans cette affection, et c'est à ce médicament qu'il croit être redevable de l'amélioration qu'il éprouva, et qui s'était déjà maintenue pendant seize ans, lorsqu'il faisait connaître cette propriété dans son Historia plantarum.

Sparschuch accorde les mêmes propriétés au café, a II a connu, dit-il, des calculeuic qui l'ont employé dans ce cas, et en ont retiré de bons résultats. 11 semble attribuer ces effets à la propriété diurétique qu'il possède : urinam et sabidum pellens; ce que Murray exprime plus explicitement encore par cette phrase : Urinam movendo sabulum et calculos minores pellit.

J. Roques raconte l'histoire d'un colonel qui vit sa gravelle augmenter sous l'influence de la privation du café, et qui fut soulagé en recommençant à en faire usage. Foy constata les mêmes faits sur un vieux pharmacien honoraire des hôpitaux, qui, plus heureux que le colonel cité par Roques, vit les accidents disparaître complètement.

Chrestien (de Montpellier) préférait employer le café vert dans cette maladie. Récemment Landarrabilco a soutenu la même opinion et a rapporté six cas de gravelle guérie par l'usage continué de la macération de café vert. Dans deux de ces cas elle était accompagnée de coliques néphrétiques.

Longtemps les médecins ont proscrit le café du régime des calculeux ; il en est même encore qui continuent à le défendre; cependant le nombre de ces derniers diminue, et cette boisson est admise même dans les stations d'eaux où l'on envoie les malades atteints de gravelle et de calculs. Pour nous, le café n'est point un lithontriptique, nous ne croyons guère à son action dissolvante des calculs ; il nous semble agir, d'un côté, en produisant mie diurèse qui entraîne les graviers, et, d'un autre, en les empêchant de se produire, puisque nous l'avons vu s'opposer à la formation de l'urée et de l'acide urique. On doit s'attendre, si ce que nous avançons est vrai, à trouver que la gravelle est une maladie très-rare dans les pays où le café est absorbé en quantités considérables. En effet, elle est à peu près inconnue en Orient et aux Antilles. Dès 1671 Spon en avait fait la remarque : « La goutte, la gravelle, y sont rares, dit-il ; cet effet est dû au café, qui est une boisson aussi utile dans ces affections que le vin leur est contraire. » En 1785 Hoseley fait la même remarque dans nos colonies françaises ; enfin, au dire de Camper, la gravelle, autrefois

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très-commune en Hollande, est devenue très-rare depuis qu'on a substitué l'usage du café à celui de la bière.

Goutte. — La goutte et la gravelle sont si intimement liées entre elles, et leur nature est tellement analogue, qu'on doit s'attendre à les voir combattues par le même médicament ; au reste, ce que nous venons de dire du mode d'action du café nous dispense d'y revenir ici.

Ph. Dufour rapporte que Gras (de Genève) a guéri plusieurs goutteux par l'infusion de café ; lui-même a vu un religieux dont les douleurs de goutte furent calmées par le même moyen. Zimmermann raconte une observation semblable, et Feste (de Marseille), au dire de Meftre, a obtenu le même succès sur un malade qu'il soignait. Buchoz confirme ces assertions : c( Il purge les reins de cette matière graveleuse qui peut causer la pierre, et soulage beaucoup les malades, étant capable de résoudre ces nodosités qui leur mettent les fers aux pieds et aux mains.» « Je n'hésite pas, dit Petit (de Château-Thierry), à le permettre, et même à le conseiller à tous les malades goutteux, rhumatisants et pléthoriques, qui viennent réclamer mes soins, d

Pour être complet, nous devons dire cependant que certains auteurs (Merat et de Lens) ont affirmé que les douleurs de goutte, loin d'être calmées, sont réveillées par l'emploi du café. Cette dissidence prouve que de nouvelles recherches doivent être tentées; peut-être trouverait-on qu'on peut, en employant le café vert et non le café torréfié et chaud, jouir de tous les avantages du médicament sans en avoir les désavantages. Cette réflexion nous est suggérée par la lecture de huit observations de goutte, guéries par Landarrabilco, à l'aide de la macération de café cru.

Albuminurie. — En 1846, Honoré employait le café à l'Hôtel-Dieu dans trois cas d'albuminurie ; les résultats, dit Bouchardat, ont été aussi prompts qu'heureux. On donnait l'infusion de 25 grammes de café torréfié dans 300 grammes d'eau.

Dans l'albuminurie, l'appareil urinaire est chargé de verser à l'extérieur l'excès d'albumine qui, par une cause ou par une autre, se trouve dans le sang. Parfois cet excès est dû à une trop grande quantité de matières protéiques, introduites dans l'économie, et non assimilées; mais, dans d'autres circonstances, elle provient d'une trop grande décompo* sition du tissu des organes. On conçoit comment, dans ces derniers cas, le café peut empêcher l'excrétion de l'albumine, puisqu'il s'oppose au mouvement de décomposition organique.

Diabète sucré. — a Le café est utile à tous les malades affectés de glycosurie; sauf contre-indications, j'en prescris une tasse après le principal repas. On doit le prendre sans sucre, ou, au moins, en diminuant beaucoup la quantité de ce principe d (Bouchardat). On peut se demander si l'action du café, dans cette maladie, ne serait pas tout, à fait analogue à celle que nous lui avons reconnue dans l'albuminurie.

Convalescences. — « Les convalescents peuvent, en dehors d'un éréthisme nerveux considérable, et d'une disposition à l'insomnie, faire un

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usage modéré de ce stimulant » (Fonssagrives). «Le café est très-utile dans les convalescences accompagnées de débilité excessive... Il est d'un goût agréable, et est toujours pris sans répugnance par les convalescents; de plus, il éloigne toute idée de remède » (Penilleau) . Dans ce cas on doit sévèrement proscrire le mélange de la poudre de chicorée.

Scrofules. — Meffre croit que c'est à Thabitude qu'on a prise à Marseille de nourrir les enfants avec de la bouillie au café, qu'on doit de ne pas avoir une proportion plus grande encore d'enfants scrofuléux. Gardien ordonne le café aux scrofuleux ; il conseille de l'unir au chocolat.

Cabreau. — Grindel employait la décoction de café contre cette maladie; son opinion vient donc corroborer celle des auteurs qui l'emploient dans les scrofules.

ScoRBirr. — Trotter, Mollembrock, EttmûUer et Larrey, l'ont recommandé comme prophylactique et comme curatif de cette affection, qui semble liée à une altération du sang. Le café agirait autant comme reconstituant que comme moyen de chasser l'engourdissement, la prostration, la tristesse, etc.

m. Par sa caféine, le café semble jouir de propriétés antipériodiques analogues à celles du quinquina. On s'en étonnera peut-être moins, quand on se rappellera que ces deux plantes appartiennent à la même famille vétégale et à deux genres très-voisins comme organisation.

Fièvres WTERîtfiTTENTES. — A Batavia, les Hollandais emploient le café dans les fièvres pernicieuses; en Hollande, assurait-on il y a quelques années à peine, on le préférait à la quinine. Pouqueville dit que ce moyen est connu en Morée, et que les habitants coupent infailliblement leurs fièvres avec du café uni au jus de citron.

Murray indique le café comme fébrifuge, et Rasori l'administrait dans toutes les fièvres, qu'elles fussent intermittentes ou non. Coutanceau, en 1805, pendant l'épidémie de fièvres pernicieuses qui ont régné à Bordeaux, l'a vu diminuer notablement Fintensité des paroxysmes. En 1809, La Bonnardière l'employa avec succès dans ces mêmes cas ; mais c'est aux expériences de Grindel, de Dorpat, qu'il faut recourir pour comprendre tout le parti qu'on pourrait tirer de cet antipériodique. Sur quatre-vingts cas il n*a eu que huit insuccès. Il administrait alternativement la poudre à la dose de 1**^,50 centigrammes, et la décoction qu'il fait préparer avec 32 grammes pour 576 d'eau qu'on réduit à 190. Il pense que le café cru jouit dans ce cas de propriétés plus marquées que celui qui a subi la torréfaction. Richelini fut moins heureux, car il eut quelques récidives qui ne cédèrent qu'au quinquina. Del tel relate quatre observations de fièvres intermittentes guéries par le café.

Bouchardat dit avoir souvent employé le café dans les fièvres d'accès, et il le regarde comme un des meilleurs fébrifuges. Il emploie : 1^ la décoction concentrée (60 à 120 grammes de café cm concassé pour 1 litre d'eau), pendant l'apyrexie ; 2'' la tisane de café cru (30 grammes pour 1 litre

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d'eau) qu'il donne comme boisson. Il administre en même temps les préparations quiniques.

Tudesq et J. Roques ont remarqué que le café était un moyen prophylactique des plus efficaces, qu'on ferait bien de mettre en usage dans les pays et les lieux exposés aux émanations pernicieuses des marais.

Migrâuses. — L'action de Tinfusion de la graine du caféier, dans cette affection, est connue depuis longtemps. Sparschuch, en 17.61, dit que les médecins de son temps la guérissaient par ce moyen. Buchoz, plus explicite, nous dit que lorsqu'on prend du 6afé pour les migraines, il est utile d'en prendre d'abord pendant un mois entier tous les matins, ensuite deux fois par semaine, puis une seule fois. Formey employait le café dans le même cas, et Rudolphi raconte que, d'après son conseil, il le prescrivit à un malade qui était atteint d'une hémicranie rebelle. Il lui administra pendant deux mois une infusion de iT) grammes de café cru séché au four et pulvérisé, sur lequel on versait 120 grammes d'eau bouillante. Au bout de huit jours de traitement les accès s'éloignèrent et devinrent moins violents, et bientôt la guérison survint. Landarrabilco préfère toujours le café vert; il a rapporté trois cas de guérison dus à son emploi.

Le café noir uni au jus de citron réussit très-bien dans cette névrose rebelle. Ce fait donna à Hannon l'idée de préparer du citrate de caféine ; il obtint de nombreux succès avec ce sel, qu'il administre sous différentes formes. La veille de l'accès, ou au début, il donne 50 centigrammes de citrate de caféine en dix jours, et il le fait administrer toutes les deux heures. S'il ne peut agir que le jour de l'accès, il donne la même quantité, mais il fait avaler ses prises toutes les heures. Au deuxième accès il ordonne 1 gramme; au troisième, 1*^50 centigrammes, et ainsi de suite jusqu'à 2 et même 4 grammes.

Ëulenburg obtient aussi d'excellents résultats de ce traitement dans des migraines opiniâtres; il donne 10 centigrammes de caféine, et fait répéter la dose trois fois, de deux heures en deux heures. Comme le citrate de caféine est un médicament assez cher, et qui n'est pas à la portée de tous, l'auteur propose de le remplacer par l'extrait de café (20 centigrammes représentent 5 centigrammes de caféine).

Tic DOULOUREUX, NÉVRALGIE sous-ORBiTAiRE. — Lo café a jusqu'ici échoué dans ces affections.

Asthme nerveux périodique. — Musgrave , Percival et Monin prétendent que le café est un des meilleurs palliatifs de l'asthme nerveux périodique. Pring^e l'employait aussi avec succès; il le prescrivait à la dose de 30 grammes par tasse, sans. lait et sans sucre, et faisait répéter cette dose de demi-heure en demi-heure. Laennec le conseillait dans les mêmes cas. Robert Brie va plus loin, et il prétend que, non-seulement cet agent dissipe les attaques, mais qu'il en prévient le retour. J. Floyer, qui a été tourmenté pendant cinquante ans par un asthme, a, dans les dernières années de sa vie, trouvé dans le café le seul médicament capable de conjurer ses accès. Trousseau et Pidoux s'expriment ainsi : « L'une des maladies contre lesquelles le café a été employé, et est familièrement

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encore, avec le plus de succès, employé tous les jours, est Tasthme nerveux périodique... Il faut, dans ces cas, le prendre à très-fortes doses et trèsconcentré. » Deux malades affectes d'asthme nerveux, traités par Trousseau, dans son service à PHôtel-Dieu, furent soulagés par Tusage du café à hautes doses (café, 125 grammes; eau, 250 grammes); mais il faut dire toutefois qu'on avait concurremment employé le quinquina, la belladone et la stramoine. Hyde Salter, médecin de Charing-Cross Hospital, indique le café comme un des meilleurs moyens à opposer à cette affection, a Le café, dit-il, soulage dans les deux tiers des cas ; le soulagement est d'ailleurs très-inégal, tantôt temporaire et léger, tantôt complet et permanent. Il faut, ajoute-t-il, le prendre à jeun, le matin, sans sucre ni lait, très-fort et le plus chaud possible. » Ce médicament agirait, d'un côté, parce que c'est un excitant très-énergique des fonctions nerveuses de la vie animale, et d'un autre côté, parce qu'il s'oppose au sommeil, et que le spasme des tubes bronchiaux a moins de tendance à se produire dans l'état de veille quand la volonté et les sens sont actifs, que pendant l'insensibilité et la léthargie du sommeil.

rV. Le café a été vanté comme anttielmintique. Les observations sont peu nombreuses. En 1702, on lit dans les Mémoires de l'Académie des sciences, qu'on emploie avec succès l'infusion de café additionnée de jus de citron contre les vers lombrics. Sparschuch s'exprime ainsi à ce sujet : « Anthelminticum atidit^ et hinc pueris sœpe coufertur^ copiosius vero haustumj parvos eos reddit^ adeoque non facile his ordinandum. Si quis aliquos cyathos decocti saturatioris hauriaty vermes plerumque e ventriculo in intestina descendere experitur; si mox purgatio propinetur^ invisi ki hospiies hac expelluntur methodo. » Trousseau a jugé à propos d'unir dans ces cas le café à la suie, mais alors c'est, peut-être, cette dernière substance qui agit.

V. Le café a été encore essayé dans un certain nombre d'autres cas, mais ces applications ont été faites jusqu'ici d'une manière empirique, et dans l'état actuel de la science, on ne peut saisir de relation entre les effets physiologiques, les données chimiques et les eifets thérapeutiques. n faut dire, au reste, que la plupart des maladies de ce groupe appartiennent à cette classe d'affections peu connues dans leur essence, et que Ton nomme névroses.

Coqueluche. — Infusion de café cru sucré à la dose d'une cuillerée à café pour les enfants au-dessous de deux ans, à celle d'une cuillerée à dessert de deux à quatre ans ; enfin à celle d'une cuillerée à bouche audessus de cet âge. Yoici un médicament agréable et d'une administration facile. Quelle est son efficacité? J. Guyot, qui l'a préconisé, a guéri plus de soixante enfants atteints de coqueluche, et les plus opiniâtres n'ont pas résisté plus de quatre jours. On fera bien de proscrire de l'alimentation les fécules, les sucres et les fruits. « Toutefois, ajoute-t-il, je dois dire que le café parait présenter dans cette maladie un caractère tellement

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énergique, que son usage seul suffit à la guérison. » Longtemps avant J. Guyot, Blache avait employé ce moyen avec des résultats variables. Trousseau et Pidoux Vont expérimenté depuis. « Nous n'avons pas, disent-ils, été aussi heureux que Guyot, et le café nous a été d'un faible secours dans la coqueluche ; nous ne le croyons pourtant pas dénué de toute efficacité. »

Dans tous ces cas on a surtout donné le café cru; on eût peut-être eu plus de chances de succès en se servant du café très-torréfié. Des expériences très-curieuses ont en effet démontré que cette dernière préparation pouvait agir à la façon de la belladone et de la jusquiame, dont l'action dans la coqueluche est très-connue. Nous n'insistons pas plus longtemps sur ce rapprochement, mais nous pensons que des observations comparatives pourront être tentées avec avantage.

VoMissEBiENTs NERVEUX. — Buchau rapporte le fait d'une dame qui pendant les premiers mois de sa grossesse vomissait tous les aliments qu'elle prenait, excepté le café au lait. Les accidents s'apaisèrent au quatrième mois. Cette observation ne prouve en rien que le café ait guéri les vomissements incoercibles de la grossesse, car la plupart du temps ils s'amendent à l'époque à laquelle Buchan les a vus disparaître. Cependant c'est en partie sur Tautorité de cet auteur qu'on a préconisé le café dans cette circonstance.

Mal de mer. — Larrey semble le premier qui ait indiqué le café dans ce cas. Meffre dit avoir retiré de bons effets de son emploi pendant sa traversée en Amérique. Enfin Dethel croit que son usage lui a évité les inconvénients du mal de mer pendant son voyage à l'ile Bourbon.

Vertige stomacal. — Cette affection encore assez indéterminée, et qui semble être une névrose, a, dit-on, été guérie par le café. L. Blondeau le prescrit dans cette maladie.

Fièvre jaune. — Larrey a employé le café dans la fièvre jaune, surtout quand elle venait compliquer le choléra.

Hypochondrie. — « Cullen vantait avec raison le café dans l'hypochondrie. Son utilité dans cette affection peut dériver à la fois de l'impulsion favorable qu'il imprime aux fonctions digestives et des modifications qu'il produit dans la manière d'être du cerveau» (Fonssagrives).

Nostalgie, délire lypémaniaqde. — « L'une des indications les plus utiles du café réside dans son emploi pour modifier la vie cérébrale dans les cas de délire lypémaniaque et de nostalgie » (Fonssagrives).

YI. Le café a été préconisé par certains auteurs dans des affections qui sont du domaine de la pathologie externe.

Ophthalmies. — Presque tous les auteurs anciens ont regardé le café comme un fortifiant de la vue ; il suffisait de recevoir sur les yeux les Tapeurs de l'infusion. Saint-Yves a, dit-il, guéri une amaurose imparfaite par ce moyen. Dans un mémoire publié à Naples, en 1823, Amati préconise « la vapeur de café en torréfaction contre l'ophlbalmie chronique, en même temps qu'on lotjonne les yeux avec la décpction de c^ifé cru. Il

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cite des cas de guérison par ce moyen et dans lesquels un nuage qui commençait à se former sur Toeil fut dissipé » (Merat et de Lens).

Dans la campagne d'Egypte, Larrey et Desgenettes employèrent la décoction de café cru comme préservatif de Tophtlialmie, qui sévissait sur nos troupes.

Gangrèiœ et Charbon. — Grindel a utilisé le café dans la gangrène, et Âssalini l'associant au quinquina, l'administrait à hantes doses à ses malades atteints de charbon.

CoBtre-laMeattoiÉi. — Une question doit toujours dominer Pappli* cation du café en thérapeutique : c'est celle des tempéraments; on devra s'abstenir de ce médicament chez les personnes à tempérament nerveux; alors le café amènerait souvent des résultats opposés à ceux que Ton veut obtenir, car il peut engendrer les maladies que nous l'avons vu guérir : les hémorrhoïdes, les dyspepsies, et par suite l'hypochondrie, etc. C'est dans ces cas probablement qu'il produit Tamaigrissement, et c'est ainsi seulement qu'on peui expliquer comment tous les auteurs l'indiquent comme moyen curatif de l'obésité.

Le café a donc été employé dans un grand nombre d'affections di* verses, mais on a dû voir que cette question, comme' beaucoup d'autres en thérapeutique, est encore fort peu avancée. C'est qu'en effet, malgré l'énorme quantité des travaux qui se sont succédés sur ce sujet, bien des points sont restés dans l'ombre tant en physiologie qu'en chimie, il en est même auxquels on ne semble pas avoir songé. Par exemple, nous n'avons trouvé nulle part la comparaison, au point de vue qui nous occupe, des cafés des différentes provenances; pourtant il doit y avoir diversité d'action entre l'infusion du café Moka et celle du Ceylan ou du Java.

De tous temps le café a été regardé comme un agent souverain par les uns, comme un poison par les autres, et, chose singulière, ces deux opinions peuvent être défendues avec autant de raison. Les anciens médecins avaient entrevp que tout résidait dans le mode de torréfaction ; Offret, de Nantes, l'a depuis affirmé au nom de la physiologie expérimentale. Le café très-torréfié est un poison narcotique et stupéfiant, le café peu torréfié est un excitant nerveux, c'est un fortifiant, et c'est lui qui, à proprement parler, mérite seul le nom de boisson intellectuelle. Mais ces curieuses observations physiologiques, pour mener à quelque chose, doivent être complétées par des recherches chimiques, car la thérapeutique ne peut marcher sans prendre appui sur ces sciences accessoires, qui, pour elles, sont les sciences fondamentales. Ce sont elles qui font voir et palper les faits cliniques, ce sont elles qui les expliquent, et dans ce siècle de scepticisme médical, pour croire il faut voir, toucher et comprendre.

Que l'on cherche donc encore, et l'on trouvera, nous le croyons, dans le café un médicament qui, chose assez peu commune, réunira deux qualités précieuses pour le malade : celle d'être efficace et celle d'être agréaMe,

60 CAFÉ. — PREPARATIONS ET PORVULES.

PrëparAttoBft ei formales. — On emploie, soit le café en nature, soit la caféine et ses sels ; de plus, le café a été utilisé comme correctif de certains médicaments. A chaque fois que l'administration du café a présenté quelque particularité importante, nous y avons insisté dans le cours de cet article ; il ne nous reste plus qu'à indiquer les formules générales, l"" Le café a été employé en nature; tantôt on a administré le café cru, tantôt on a administré le café torréfié, qui, à cause de son arôme, doit, d'une manière générale, être prétéré quand on n'a pas de raisons urgentes pour donner le café vert.

a. Café torréfié.

Infttiicn de cafi.

Gaf6 en poudre.. 10 gramm.

Eau bouillante 100

Passez et administrez le plus chaud possible.

Bouton arUmarcoiique (Van Noms).

Cafétorréfié 20 gramm.

. Vinaigre de vin 50

Faites bouillir, passez et ajoutez

Sacre 10 gramm.

Cette préparation, connue aussi sous le nom de Vinaigre de café de SwediauVy s'administre dans les empoisonnements par l'opium à la dose de deux cuillerées chaudes toutes les quatre heures.

Poiion fébrifuge, Cafétorréfié 50 gramm.

Faites infuser dans

Eau 100 gramm.

Passez et ajoutez

Suc de citron 60 gramm»

A prendre chaud et à jeun.

Sirop de café eompoié (GomiBissiEB].

Café Moka 00 Martinique peu torréfié 250 gramm.

Traitez par déplacement au moyen de l'eau bouillante, de manière à avoir :

Infusé 500 gramm.

Faites dissoudre

Extrait alcoolique de Mladone. 5 gramm.

— — d'ipéca 5

— — de quinquina 3

Ajoutez

Sucre r 500 gramm.

Traitez au bain-marie, faites cuire et filtrez. 15 grammes trois fois par jour, pour les enfants de trois à cinq ans atteints de coqueluche.

CAFÉ. — PRÉPARATIONS ET FORMOLES. 6f

Réveil regarde cette formule comme très-dangereuse^ et il pense qu'on doit ia repousser.

Sirop de café au rhum (Rbyeil).

Café torréGé frajdieinent moulu 250 gramm.

Eau bouillante.. ,...,.... ^ ............. . 800

Traitez dans l'appareil à déplacement, de^lanière à obtenir 800 grammes de liquide; ajoutez

Sucre blanc 2000 gramm.

Faites fondre à une douce température, et ajoutez après refroidissement

RbamTieox.. 500 gramm.

Filtrez au papier lavé à Teau bouillante. A prendre deux cuillerées à bouche toutes les demi-heures d'abord, toutes les heures ensuite, en additionnant d'uR peu d'eau chaude : dans le choléra.

Sirop de ca/tf (Fkbbabi].

Café du Levant torréfié 120 gramm.

Etu 1000

Sucre raffiné 1500

d Dans un vase fermé, pendant six heures, faites infuser le café avec 750 grammes d'eau froide ; en le débouchant un peu, on place ensuite le vase dans un bain-marie; quand l'eau du bain-marie bout, on retire le vase ; on laisse déposer, on décante et l'on verse sur le résidu les 180 grammes d'eau restante. Au bout de quelques heures on décante et l'on mêle les Hqueurs, que l'on verse peu à peu sur le sucre; on fait dissoudre au bain-marie, et l'on passe à la chausse. » 15 à 30 grammes et plus dans une quantité suflisante de véhicule.

Tisane de café aniinarcotique (Bouchardat). Café torréfié 50 gramm.

Faites infuser dans

Bau. 500 gramm.

Passez et ajoutez

Bao-de-Tie 50 gramm.

Dans les empoisonnements par l'opium.

b. Café cru.

Calé contre les fièvres d accès (Dauviit] .

Café cru. 40 gramm.

Eau 500

Faites réduire par ébullition jusqu'à 150 grammes; filtrez. Prendre en trois doses entré les accès. On augmente la dose de café si les accès persistent.

t8 CAFÉ. — PRÉPÀBàTlOHS BT FOBMUI^,

Déeoctiaufibrifkge,

Café cru 50 franmi.

Eau 500

Faites bouillir jusqu'à réduction à 400 grammes, et ajoutez

Sirop de sucre .....«.« ^ .*.... I 100 gramm.

UacératUm de café contre la coqueluche (RsvBn).

Café cru 25 gramm.

Eau 500

Laissez macérer douze heures. Sucrez et faites prendre dans la journée.

Macération de café vert (LAifDiRRinLco).

Café Martinique 3 parties.

Café Moka 1 partie.

Café Bourbon 1 partie.

c( Mêlez le mieux possible ces trois espèces de café, sans les faire torréfier ni moudre, et faites-en des paquets de 25 grammes chacun. Introduisez le soir, dans un vase, ces 25 grammes de café mélangé avec 250 grammes d*eau froide. Fermez le vase le plus hermétiquement possible, et laissez macérer pendant dix à douze heures au plus. Le matin, au lever et à jeun, prendre le produit de cette macération froid et sans sucre. On peut manger peu de temps après sans inconvénients. Dans la goutte, la gra* velle, les coliques néphrétiques et la migraine. On continuera ce traite-* ment aussi longtemps que possible, en s' abstenant de boire purs toute espèce de vins, de liqueurs, etc... »

V On a isolé la caféine, et on Ta employée seule ou combinée à différents acides.

a. Câfêime.

Collyre à la caféine (Van den Corput).

Caféine pure 1 partie.

Eau distillée 100 parties.

On peut étendre avec de Teau.

Sirop de caféine (Bouchardat).

Caféine pure 5 gramm.

Sirop de sucre 1^

i5 à 30 grammes de ce sirop dans un véhicule approprié : dans les migraines et fièvres intermittentes.

Solution chlorhydrique de caféine (Van den Corput).

Caféine 35 centigraimn.

Eau distillée 90 gramm.

Acide chlorhydrique. 2 gouttes.

Sirop de fleurs d oranger « 15 gramm.

Par cuillerées à bouche, d^heure en heure, dans les fièvres intermittentes.

6. Citrate de GAPÉiNEé — Ce sel^ indiqué par fiannon, a été nié par Wittstein. Que cette substance soit une vraie combinaison ou un simple mélange, elle a servi aux préparations suivantes.

CAFÉ. — PBl£PAEAnOll8 £T rOBUULBS. 05

LctoemmU tm cUraU de caféine (Hariioiv).

Citrate de caféine 25 centigramiii.

Eau », ... 400 gramm.

Dans la migraine. La moitié la veille, et la seconde moitié le jour de l'accès.

Pastilles contre la migraine (Hainom).

Citrate de caféine 4 gramm.

Sucre et gomme adragante. Q. S.

F. S. A. Pastilles n^ 30.

Une pastille toutes les quatre heures, la veille ; toutes les deux heures, le jour de Taceès de migraine.

Pilules au citrate de cafiHne (Hanvon).

Citrate de caféine . 50 centigramm.

Extrait de chiendent . 1 gramm.

Mêlez, faites des pilules de 15 centigrammes. Une pilule toutes les deux heures, la veille de Taccès de migraine, ou toutes les heures, à partir des premières douleurs.

Potim contre la migraine (Uanhor).

Sirop de citrate de oaféine. . • . 30 gramm.

Infusion de thé 150

A prendre par cuillerées, de deux en deux heures, la veille de Taccès ; d'heure en heure, le jour.

Pommade au citrate de caféine (Hannor).

Citrate de caféine 50 centigramm.

Dissolvez dans un peu d'eau chaude, et incorporez

Âxonge •.••... 30 gramm.

Oh pourra employer cette pommade dans la migraine quand les autres préparations ne seront pas supportées. Onctions dans Taine et l'aisselle, préîdablement rasées, ou à l'intérieur des cuisses. On recouvrira d'un tafietas gommé.

Poudre de dirate de caféine (Van deh Gorput).

Citrate de caféine. « • • 8 centigramm.

Sucre. .*••..»..« / * - ^ gramm.

En quarante prises. Dans la migraine.

Siro]^ de caféine (Hanmor).

Citrate de caféine 6 gramm.

Sirop de sucre 130

A prendre dans les migraines, comme la potion.

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