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778 CHALEUji. — chaleur djuis us maladies (bthub amcnc}.
dessin? graphiques qai montrent d'un coup d œil les diverses pbas^deb chaleur durant tout le cours de l'affection.
Ces résultats sont consignés matin et soir et à leur date, ainsi qo» peut le voir dans le tableau précédent, spécimen de celui qui cU atUehé à tous nos registres cliniques, en regard de Tobservatton de chaque mûik On remarquera que le pouls et la respiration y occupent une place païaHèk.
Pour construire ensuite les tracés thermométriques, il suffit detimiae dizame de lignes horizontales, dont «haeune représente un degré du thr momètre.
Entre les lignes qui indiquent des degrés, on en trace d'autres quiib présentent des dixièmes (vay. p. 784 et 785).
Pages 784 et 785, ravant-dernière ligne des tableaux est marquée le»pérature normale au 37"; la ligne, située i» média teroent au-dessus porte le n** 38, celle au-dessous le n" 36, et ainsi de suite ; les lignes intenBcdiaires sont numérotées 1, 2, 3, 4, etc., et^indiquent des dixièoKsie degrés {voy. p. 784 et 785).
Cette table faite, il ne reste qu'à y marquer par des points, matio et soir, les températures, et à séparer les mensurations de chaque jour |>ir des traits verticaux ; en joignant ensuite les points par des traits déplume, on a un dessin qui montre exactement les variations successives de b chaleur durant tout le cours de k maladie.
Nous donnons ci-apràs à titre de spécimen le tracé graphique à'm pneumonie lohaire chez une femme de soixante-quinze ans. On jugen avec quelle facilité on peut embrasser d un coup d œil toute la scèae jurbide, en ce qui constitue la chaleur.
FiG. 172. -- Table«u grapliique d'une pneumonie lobaire âheti i«i« femudde quinze ans. Guérie (Chabcot, de l'Élat fébrile che:^ les ifieiUards),
IL £iiiii^ oliniqoe. 4e la eiMiiear mortoMtet. • ~ A; Mjiaaic ce-
NÉRAtE. — Lopsquîune augmentation d^ température â^abserve dansiwe mala^^e aiguè ou.clw:onique,.9ii,Ait qulil.y^aèvrefAuœi, po^ir iiois>m
CHALEUR: — cIialbu» hxns ees maladies fiïcDE ctmiobE). 7*79
que cela ressort de Fensemble dé ce trâvait,' éhàteiir anormale mi fièvre sont synonymes, nous le déclarons une fois jpour toutes. Cette élévation calorimétrique varîîe quant à son mode dé dëbut^ h son degré dlntensité et à sa terminaison, suivant les espèces nosologiqnes. Une fois établie, elle offre des périodes d*év6lution et diès stàdés de progression en rapport avec les diverses phases de la maladie.' Considérée en elle-même, on peut subdiviser la mardie dé la chaleur inorbîde en plusieurs périodes qu'on a appelées : période initiale, période d'état et période de déclin ou de déferveseence. Nous préférons les désigner avec Thomas du nom de périodes a9cendai^e^$tationnairèeide9eeûdante. ' "
Après cette étude générale, nous jetterons un coup d'œil sortes varia-' tions de la tëm|jéra(ure dans la convalescence et durant Tagonie, et nous terminerons par l'étude de la chaleur dand quelques groupes de maladies spéciales aiguës et chroniques. . ' '
V Période ascendnntè: — Wous appelons ainsi ta période comprise entre la naissance de la chaleur morbide et le moment où elle atteint son maximum. Le stade initial dépasse rarement quatre ou cinq jours. C'esl la période la plus difficile à observer, les malades entrant rarement à l'hôpital dès le début ; mais Traube et Wundériieh qui ont été plus heureuv, fournissent des tésultats identiques. Elle n'est que de déuze a trente-six heures dans les maladies inflammatoires et aiguës, pneumonies, érysipèles . et certaines fièvres émptives à périodels prodromales tfis-cotrrtes ; de deux à trois heures & peine dans les accès de la fièvre palustre ; en général, dans les affections débutant par on frisson firanc, le stade initial est très-court, et la température s'élève à 39 ou 40*^ au bout de très-peu d'heures.
Dans les affections typhoïdes et les maladies à prodromes plus ou moins longs, la température ne s*élève que lentement et gradoèllement, elle n'atteint 59 ou 40^ qu'après quatre ou cinq jours; mais pendant cette période ascensionnelle elle subit des oscillations matinales et ve^ertines, s'élevant un peu plus le soir, pour retomber un peu le matin, mais toujours de manière que la température du matin est plus forte que celle du matin précédent, et celle du soir plus élevée que le soir de la Teille. Ces données découlent des travaux de Traube, de Wunderlich, de Spiclmann, etc.
fiaerensprung et Michaël ont cherché à préciser davantage encore le mode de début de la chaleur morbide, en généralisant leurs observations touchant les fièvres intermittentes. D'après ces auteurs, il y a, une ou deux heures avant le frisson, élévation d'un demi-degré à un degré. Pendant le stade de froid, la température croît rapidement pour arriver à un maximum relatif, assez élevé vers la lin du frisson. Le maximum se maintient au même degré ou à peu près, pendant le stade de la chaleur sèche, pour retomber rapidement pendant celui de la sueur. Dans les fièvres inflammatoires, débutant par un frisson, le^ choses se passât de même jusqu'au maximum de Faugmeirtftiion iiikiale;'4a'*leiiipérat«ro subit alore, mx lieu de> tomber à ta normale^ une simple diminution <l'uo deminlegré environ, qitt ne^arequQ vingl^quatre heures^ ^etquefeis moins encore, et se
Wy CHAUSmi. ^^ cvÂtÈtm l^àirs les haladies (étude clikiqoe).
troiïfe bienidt reiiipfiicée pal* une nouYellé élévation, qui persiste ( un temps phis ôu moins long. Nous ayons pu yérifier plusiairs fois eeUe goAreka de la température dans les maladies rranchement inOammatm (pneumome, pleurésies), nous avons remarqué que la dépression ni. mentanée de la chaleur après le frisson est ordinairement marquée pr un sentiment de soulagement, accusé par le malade.
Eafin il est des cas où la maladie, débutant d'une manière insidin^ la période initiale de k chaleur se trouve marquée par une élévation fy duelle, mais saccadée, c'est-à-dire suivie de rechutes ; c'est ce qui vim particulièrement dans certains rhumatismes articulaires subaigns, <« dans les rougeoles anormales ; nous avons souvent fait cette observatÎQaâ la Clinique <Jb Strasbourg, pour la première de ces deux aflections.
2" Période statiamaire. — Quand la température morbide cesse de monter et se maintient à un degré déterminé et un temps plus on moioi long, on dit qu'elle est à sa période d'état. Nous l'appelions période stationnaire, parce que, à ce moment, il n'y a plus d'ascension continne. Ce stade varie, quant à sa durée, suivant les espèces morbides; IzfnHèL comme dms les inflammations aiguës (pneumonie, pleurésie), il ne dore que cinq ou sept jours; tantôt plusieurs septénaires, comme dam te fièvres typhoïdes, quelques érysipèles et certains rhumatismes artioi* Iftir^ fébriles. La température dans la période d'état ne reste pas absolument fixe, elle présente des diminutions passagères, qui revieDoeoi périodiquement, elle peut augmenter par surcroit de gravité de la mabdie; enfin, elle diminue aussi en raison de certains phénomènes inhéreab à l'affection et par suite de la médication (an tiphlogis tiques, bémorrhagies).
Outre ces oscillations, dont les unes sont variables comme les inodenU de la maladie, les autres, fixes comme le type de celle-ci, il en est qoi sont constantes pour chaque jour, ce sont les oscillations diurnes. U température morbide, en effet, baisse, généralement le matin, pour remonter le soir; le premier de ces mouvements s'appelle rémissûm, le second exacerbation ; la différence entre ces deux moments de la journée v«ie d'un demi-degré à deux degrés et demi. Les dernières recbercte de Thomas sur la pneumonie et autres maladies inflan^matoires, dow montrent qu'à partir de midi la température fébrile suit une progrcsaw ascendante jusqu'à minuit, et descendante jusqu'au matin.
Il est bien rare que la chaleur matinale soit plus élevée que celle d» soir; nous l'avons quelqueiois observé dans laphthisie a^ê. Ce mode de rémission est d'ordinaire passager. Smoler dit avoir observé que quand il se présente au début d'une maladie, il s'y continue pendant tout son cmr.
Le type rémittent matinal et serai ne semble être que rexagéraliou dfé oscillations diurnes normales? nous avons vu, en effet, qu'à l'étal physiologique la température matinale et vespertine peut présenler une différence de près d'un^ degré. La diète chez les malades p^t être pour quelque chose dans celle intensité d'oscillation, car Choral ^ prouvé, pir ses expériences, que les animaux soumis à l'inanition, présentent dfis valriations de température beaucoup plus considérables ; nen d'étomwDl
CHALEUR. — CHALEUR DAMS lf$ ,lli^49lf» (fTUDR (XTOWt). Ml
donc si chez nos malades fiévreux, et aoumU à |a diète,:iMHi6foh«arro»'46H oscillations de température de deux et de deux et demi d^prés centigrades.
1^ type rémitt^t se change quelouefois eq type continu. Matin et scyr la température est alors la même. Cela arriye surtout quand la maladie est très-grsTe, soit par elle-même (typhus), soit par des complications, surtout pulmonah^ (Spiélmànn).
Y a-t-il un rapport constant entre la durée de la période ascendante, €i celle du stade d'état? On peut dire que ce rapport existe dans une cieHaihe mesure. En comparant entre eux les tableaux thermométriques, dans les maladies aiguës, on voit que quand le stade initial est court, comme dans les maladies inflammatoires franches, le stade d'étal Pest généralement aussi; quand la période initiale dure quelques jours^ comme dans la fièvre typhoïde, la période d'état est de quelques septénaires; quand la p,ériode d'augment est longue et marquée par des oseilhttions, comme dans certaines fièvres rhumatismales, la période d'état montre également des oscills^tîons matinales ou s,érales plus considérables que de cjrtutuniè.
Il ressort encore de ces tableaux que la température dans la période d'état est jpresque toujours plus élevée après un stade initial court qu'après une période de début lente et oscillante.
' Cette concordance est loin cependant d'avoir la fixité d'une loi et le rapport entre les deux stades est loin d'être aussi constant. L'érysipèle, par exemple, présente une période ascendante .très*rapide et le stade d'état peut durer une à trois semaines et plus. Nous pourrions citer d'autres Taits analogues. D'ailleurs l'intervention d^un traitement actif peut profondément modifier ces rapports.
5*" Période descendante. — On, appelle ainsi le retour de la température morbide à la normale. La défervescence, comme on l'appelle depuis Wnnderlich, peut être complète ou incomplète; elle est complète quand il y a retour à la température physiologique ; incomplète quand il y a simple* ment tendance à se rapprocher de cette limite. Aussi longtemps que la chaleur morbide, tout en baissant, se maintient quelque peu au-dessus de la Jiorme, le médecin peut et doit s'attendre soit a une récidive, soit à un« complication.
J Le mode de défervescence se présente sous plusieurs types; Wunderlich, Traube et Spielmann en admettent trois : la défervescence rapide, trahiaote et lente, ou oscillante {Protrahierte Defervescenze). EUe est rapide, selon ce dernier auteur, quand dans Tespàcc de douze ou trentesix heures la température baisse d*un degré et demi et plus, surtout quand la teiiipérature ne décroit pas seulement du soir au matin, malis aussi du matin au soir [crisis); traînante quand la décroissance de un degré et demi se fait en deux ou trois jours ; lente ou en terrasse lorsque cette diminution de chaleut* prend un plus grand nombre de jours encore (lysis); oscillante ou saccadée quand la température baisse lentement, tout en faisant quelques retours ascensionnels. Dans le stade de défervescence, quel que soit du reste son mode, la températui:e du soir est
78^2 CHAiEUR. rrr XlUf^QR -PÀKSi LES NAlfJlIMB» {ÈWhE tilHiQDl).
pre^e toujours, plus, olei^éa. que œlie du matin. On-appélle défami. ceoce iotermitAenle. ccjlle où la température du matîttest très-rapprochée de la normale, la chaleur du soir restant encore élerée; et défenresœnoe provisoire celle qui marque la fin de la première période de certaines nnlîte dqnt la dernière période redevieuttébrile, comme dans la wîole, la San typhoïde, la lièvre j^une, etc.; 9i la durée et le mode de dediBaoBitasdifférentSy suivant les maladies, ils restent constants à peu près poarcb|ie espèce oosologique (Spielmann). . .
La déferyescence rapide se jnpontre dans les cas où la période initiai été, courte et la pério^le d'éjl|^t;de qu^lques.jcM^ seulement (pneumau érysipèle, pleurésie,. typhus), Lc^ déclin lient cadre avec les périodes iniftidfi de quelques jours et les si94es d'état de plusieurs seplénaifes {tkm typhoïde). jLa,clfutç traînante^, saccadée et rémittente, est tiès-semeitei rapport avec des. périodes de .début. osci)l$uUes, et se montce^ comipe es dernières^ dan^^ diBs afTectious^à^T^arche anormale (rouget, rhumatiiDK articulaires. ; i >.
Ces résul^^ta n^ sont acceptables qvie dans la plus grande génénlHé.
Ainsi, dap^ . la, fièvre intermitliente, le dernier stade e$4 iafiiBntat fk long ^ue le premier : la rougeole et la scarlatine, qui débaie&t taris deux par uoe.^sc^psion rapi4e^,se terminent Tuae par mie elMteiiéik de la tempmHvre,. Tautre p^f une déferveacence trauiaoie. , Notons» a^ant, d'aller plua,JLoin,;que9 4)eafermémeDt a ce qu'avâci observé les,s^pciei>s, la tempérajturiQ fébrile et le. malaise qui. raooompigie f^Ugmen^nt trèsrSQUvent qu^lqi^s^b^u^^a avant la défen^esoMioecniiqBt d'autres fo.fe, .avanit cette a^c^Q§ipn prpcri tique, la tempécuture-kw momentanénpyent pour remonter ensuite a son maximum. Cfitls nnrck s'observe surtout cjans les fipyrei^.éniptives, peu de temps, «vaut réniptin (Wuuderlich).. . . j. ,.. i: . . . .
Une déCerveac^nciQ bnis<pe s'aoç^WR^gifke presque tonjojars d'unseabment de biea^tria général^ Mec j^mnpil bkpfiriawta fideptisaemat à pools, senaatioa de Irsùchemr à. la peiui^8Hnr||ln:.oii mmm abedblt jlfais il Camt segarder de vi^ir, d(9AS .tout, abaiasqawfc .eow|ita4 1 4a hétl^^r uj^ sigp,^ f^^Qr^le, H d'oublier les attM*e$ signes ciimque8,<diy«h> tions heureuses. . <
Wun/dei^liçh, e^U.etfet, décrit^ isous le nom de ^{af»«ti«^ uBechute'siiliite dje la températuf:^{f^u-de$j^uj^, df^.la^pormialeky avtec acqll^EaiîaBi delà» piration et du pouls, succédant quelquefois dans les maladies aigoê (pneumonies malignes^ tyf^us, fièvrefe^iyphélde^)'à h période laphiséle vée delà chaleur. Cette m-
pagne pas d'une amél ^
imminent ; elle se disti ng-
mentation coïncidente d en-
pérature. Nous avons as a-
gnalé par Wunderlich,
4*» Ganvalescmce. — W
pas toujours physiologiq '^
Trasbe, de WanderHch, de Roger, de Spieimann; Elle est souvent audessous de h normale chez les individus qui ont eu une température fébrile très-prolongée ou très-élevée, et chez qui la défcrvescence a été très-rapide ; on fait encore la même remarque chez les malades qui ont été longtemps somnis à la diète, ou qui dtit ^bi de fortes pertes de sang. Elle est au-dessus de la normale, durant quelques jours, chez les individus qui, tout en étant sortis des principaux accidents de la maladie, conservent encore quelques lésions non entièrement guéries. Mais cette règle n'est pas générale, et très-ordinairement dans les inflammations aigués la fièvre tombe complètement, malgré la persistance d'un certain degré d'engorgement dans Torgane enflammé. L'augmentation de température dans la période de convalescence, ne doit jamais s'élever à plus d^un degré, autrement il y a à craindre soit la survenance d'un état chronique, soit une récidive, soit une complication. La durée de la chaleur sus-physiologique de la période de convalescence ne doit pas s'étendre au delà de quelques jours {voy. article Convalescence).
5^ Agonie. — Si les maladies, au lieu de guérir et d'aboutir à la convalescence, marchent vers une issue fatale, la chaleur morbide subit souvent des modifications que le médecin doit connaître. L'expérience clinique nous apprend que dans les maladies aiguës, de courte durée, et devant se terminer par la mort, la température est souvent en augmentation progressive, déjà plusieurs jows avant la terminaison fatale. Cette progression peut être telle que la chaleur matinale est chaque fois plus élevée que celle delà veil1e.au soir; d'autres fois l'augmentation ne se fait pas aussi vite, mais les rémissions du matin font défaut, et la température du matin reste la même que celle du soir ; le dernier jour, la chaleur, déjà très-élevée, augmente encore d'une manière très-marquée. C'est pendant l'agonie que Thierlelder dit avoir vu la température animale monter à 43*^^2. D'après nos observations, l'augmentation' rapide de la température pendant l'agonie n'est propre qu'aux pyrexies aiguës, et à la période ultime de certaines névroses convulsives mortelles, telles que le tétanos. Chez les malades qui succombent dans les cachexies et avec des phénomènes d'hydropisie, la température fléchit graduellement jusqu'au moment de la mort.
B. JVtAftCHE DB LA l^MPÉItATUafe CONSlUÉRÉé t):\NS LES DIFFÉRENTS GROUPCS
KOSOfiOGiQUEs. — En examinant i un point de vue synthétique et abstraft
CHALEUR. — cHAiBtm bav^ tes' VAubiAc (inniE ctmws^.
Fir.. 174 b.
Fie. 171 f
lie. 17\
"OtV» DICT. NEU. KT OMb^
YK- 50
786 CHAI£UR. — ciiàUsOR 0aks les HAtàSics (étitoe cURien).
la marche générale de la température dans les maladies ichriles; mmàparant entre elles les périodes d'augmentation, de station et de jécin; en supputant leur durée absolue et relative, ainsi qat leur mode de «necession, d'après les nombreux tableaux que nous foumisseM les obsem. tions les plus exactes, ou nos propres tableaux cliniques, on arme î tr' déductions d'un grand intérêt, tant au point de vue du clâRemat des maladies en groupes nosologiques, qu'à celui de la valeur steMtpR et diagnostique des différents nôodes d'évolution de la lempératan.
En premier Heu, il résulte de ces recherches que la chaleur vmk affecte quelques types prédéterminés, suivant lesquels il parait bétk reconnaître et de classer les maladies aiguës d'après les mode» d'éfétion de la température dans ses diflérentes périodes. Oa peut établit classification suivante :
l"" Type très-rapide. — Période ascendante de deux à trois hecw, période stationnaire de quatre à huit heures, défervescence de imi quatre heures. — Accès de fièvre intermittente, fièvre éphémère, fêkficula (fig. 175).
2^ Type rapide. — Période ascendante de douze à trente-sii hem, période d'état de trois à neuf jours, défervescence en vingt-quatre r. quarante-huit heures. — Maladies inflammatoires aiguës, pneomoni» angines, pleurésies, typhus, scarlatine, rougeole, etc., et autres fièr^ éruptives. Pyémie, septicémie, fièvre puerpérale (fig. 174 j, ft, c,tf,r
3° Type traînant. — Période initiale trois à cinq jours ; période sb^ tionnaire deux à trois septénaires; déclin de trois à cinq jours; fi^ typhoïdes (fig. 175).
Ces trois types ne doivent pas être considérés comme absolus, i^ seulement comme l'expression de ce qui se passe le plus généraleneGi: ils peuvent servir à déterminer des groupes morbides, mais ne préju::^ rien sur les physionomies individuelles des maladies, incessamment il ^ difiées par les éléments perturbateurs, fournis par la constitution,^ génie épidémique, les complications. On pourrait, pour plus demetbc>i former de ces derniers cas un quatrième type ainsi constitué.
A" Type saccadé ou traînant. Période initiale de deux à cinq joirs période stationnaire deux à quatre septénaires; défervescence trois à x^* jours. On y rangerait certains rhumatismes à marche inégale, les fiê^fô éruptives anormales, quelques fièvres typhoïdes exceptionndies.
Il va sans dirç que ces types peuvent se combiner entre eux, wiefcertains moments sous Pinfluence des complications ou du traiteont L'aberration peut porter sur telle période de la température, par exet pie, modifier la défervescence s'il y a passage à l'état chronique vi terminaison par la mort. Ces résidtats sont la fidèle empreinte it> tableaux fournis par Wunderliçh, Traube, Jochmann, SpietaïaDfl^ Thomas. Nous les avons contrôlés par nos pro£Hres tableaux, <jue n'>^ construisons depuis nombre d'années, en faisant recueillir inalw cl sw? les températures de tous nos malades de nos salles.
On peut remarquer, du reste, que tous les groupements que do»
CUALfiUR. — ciutBQft HASis lss iiaume3^ (étoae cumoiif). 767
veooo» d'indiquer, au seul poioi de Yue de la calorîmétriey ont été à peu près formulés par les anciens pour la seule observaiiou des phénomènes fébriles. Le ibermooiètre ne fait que préciser plus exactefiieut ce qu'eux avaient induit d une manière générale.
La comparaison des trois stades d'évolution de la température fournirait encore d'autres rapprochements qui ne seraient pas sans intérêt pour la séméiotiqtte;.oa verrait, par exemple, qu'il y a un rap()ort proportionael assez accentué eotre la durée des stades, considérés dans la même maladie. Une période ascendante courte indique un stade d'état court et une défervescence rapide : fièvre intermittente, pneumonie, etc. Quafid l'ascension eat lente et graduelle, la période d'état se maintiendra longtemps au même point, et le déclin 3e fera en terrasse; fièvre typhoïde, etc. A un stade initial saccadé, correspondra une période d'état oscillante, et la ^fervescence aura le même caractère.
Sans attacher, a ces données un caractère trop absolu et toute réserve faite des éléA^eots perturbateui:$, on pourrait, étant donnée ime des trois températures, essayer d'en déduire la marche de la maladie. .
Le stade i^scen(^nt rapide et covrt indiquerait une période d'état et une défervesççnce de quelques heures, c'est-à-dire une fièvre intermittente. Une période initiale de vingt-quatre heures présagerait un stade d'acmé jie quelques jqurs, avec délire rapide, c'est-à-dire un fièvre inflammatoire, un typhus ; la marche invasive, lentement graduée, ferait pen&er naturellemcnt.au début de la fièvre typhoïde. La même supputation s'appliquerait à la^ marche ultérieure de la maladie déduite des autres périodes, et il serait possible, l'une ou l'autre étant connue, d'en pronostiquer le mode d'invasion ou de terminaison.
Nous croyons cependant que l'observation clinique à l'aide du thermomètre n'est pas encore assez généralisée, et que les phénomènes organiques ont quelquefois trop de mobilité, pour qu'on puisse dès à présent accorder à ces résultats, pris isolément, une autre valeur que celle d'une approximation ; mais, pris en faisceau avec les autres signes, leur valeur devient sérieuse.
Jetons maintenant rapidement un coup d'œil analytique sur la marche de la température, dans, les principales espèces nosologiques. Quoique cette étude ressorte plus particulièrement de la pathologie spéciale, ses résultats ne sont pas encore assez vulgarisés pour être sans utilité à cette place.
Fièvre IntèrtfiUtente. — D'après les tableaux de Baerensprung, Michaë et Thomas, élévation de la température deux à trois heures avant le frisson ; augmentation rapide vers la fin du frisson ; maximum correspondant à la fin de cette dernière période ou au cobmencement de la chaleur cutanée; état stationni^ire pendant la, chaleur sèche^ quelquefois avec deux points d'élévation', séparés par une légère diminution. Défervescence plus lente que la période ascendante, c'est-à-dire en terrassôj selon l'expression de Michaêl. Ces faits sont communs à tous les types, ainsi que rélévation du maximum qui est de 40® à 41%5 (nous avons vu une
78S CHALEUR. «^^ chalbuh Dâtis ies haladiss (irvK asHon).
lois 44"^). Daîis la défenresoence quelquefois la chakur Aesœnd an-éesm de la normale et peut s'y maintenir pendant Tapyrexie. Ihm h pvohént les accès ne sont que rarement aéparés par une température Mnak, et il y a plusieurs défervescences par jour suiTies d'autant de pM culminants (fig. 475, p. 785).
Inflammations aiguës franches^ pneumonies^ etc. *^ (TaUemè Ziemessen, Wonderlich, Charcot, Thomas.) Nous preaona ici pMrtrpt la pneumonie franche. Période ascendante trente-six heures à deai jtin. Le premier jour environ 59®, le deuxième 40 ou 4i*, un peu miuk dans les cas légers. Vers le troisième ou quatrième jour légère dio» tion passagère (fig. 174 a, p. 784).
Dans les cas traités par une médication active, on voit soofeat \m diminution plus considérable. Celle produite par la saignée, surM ai début, est à peu près deux dixièmes de degré et ne dure pas une hm (Thomas). .
La température s'élève rapidement dès le premier jour à^O^, elscir vent longtemps avant les signes locaux le thermomètre, par son éléfitia rapide, pose le diagnostic. Le maximum 40^,5, à 41^,05 toabevcrs^ troisième jour. La période d'état varie de trois à sept jours, les cas à I» pérature très-élevée ne 9ont pas toujours les plus longs. La marche e; rémittente. Exacerbation croissante de midi à minuit, déerotsaairtet minuit à neuf heures du malin, stationnaire jusqu'à midi. La rénins est d'un demi-degré à un degré, par rapporta l'exac»i>at΀fi. LacMrvescence tombe entre mimiit et le matin, dure en moyenne dooff. trente-six heures, est quelquefois précédée d'une augmentation, doivent suivie d'une chaleur au-dessous de la. normale. Il n\ a p i jour spécialement critique. La température, le pouls et k drsp tombent en même temps, et avant l'apparition des signes beaox Je t^ résolution; ordinairement il y a une sueur générale. En cas de oMctf température s'élève vers la fin.
Une élévation de température indique toujours un aocroiaseBieitd» flammation; quand cette élévation augmente graduellementj après le qo^ trième jour, le danger sera prochain. Une défervescenoe complète, i« moment de la journée, avec retour de la chaleur fébrile, iâdiqoe i» pneumonie intermittente. Plusieurs paroxysmes dans la journée te craindre la suppuration. La pneumonie catarrhalé débuté moins bi»^ quement, et sa température maximum s'élève moins haut.
Les autres inflammations âigués, bronchites, pleurésies, éiysipèit. quoique moms typiques, suivent à peu près la même loi. Mais dsK^ pleurésie, si l'exsudat est purulent, la température continue k^ta» tenir élevée pendant un temps indéfini, avec plusieurs exaceibatiofis ^ rémissions par jour. Dans la méningite simple les choses se ftssoA comme dans la pleurésie, mais dans la méningite tuberouleuse la te» pérature ne s'élève pas, nous reviendrons sur ce fait.
Typhus. — Période ascendante rapide, dès le troisième jour 46 à 41 «^ plus. État stationnaire plusieurs jours (5 à 4î) sans rémisaioos mabailo
CHALHIR. «^ CHALBOR BAHS les MÀLADIBS {iWBE «U1IIQ08){. 1%9
(type eontinw-eoiitiiitiit)« Vers la fin du prmaier sefiténtire légère dimn nution; dans les premiers jours du deuiième septénaire) vers le huitième où le neKvième jour, nouvelle exaoerbation de la température qui atteint et dépasse même celle du prunier septénaire. Dans les cas heureux, chute définitive de la chaleur vers le quinzième jour, précédée d'une courte exaoerbation ; dans les cas graves la déferveacence n'a lieu que vers le dixseptième. Dans les e^s morteb la chaleur va croissant jusqu'à la mortv DÛ» les4;aB très^malins il survient uneollapsus avec refroidi6sement(Wunderlioh). Le déclin est remarquable ; il est rapide et continu; dans une nuit la teaspératurQ baisse de 1^ i/2 à 5^ 1/2 et revient à la normale en vingt-quatre et quarante-huit heures. Exceptionnellement ladéfervescence est lenle^ mais alors elle est continue sans exaoerbation sérale. Le mode de déclin du typhus le distingue radicalement de la fièvre typhoïde, défervescenoe rapide ooatiaue, sans exacerbation le soir (Wunderlich, Wachsrauth) (fig. 174 ft, p. 784).
Fièvres émptives. — La chaleur commence avec Tinvasion et augmente jusqu'à Téruption ; un moment avant celle*d, elle est à son maximum^ elle dure jusqu'à ce que Téruption soit complète ; ceUe*ci opérée et teiminée, il y a tantôt délervescence complète {variole), tantôt état stationnaire ou abaissement relatif (scarlatine). A dater de ce moment la température varie suivant les phases ultérieures que Téruption aura à traverser, tombant déiinitivement avec la desquamation (scarlatine), ou se relevant avec la suppuration (variole).
SearleUine* -** Prodromes fébriles un à quatre jours, suivis d'une invasion fébrile de vingt-quatre à quarante-huit heures, avec température très-élevée 41 à 42",5 et plus. Persistance de la température pendant le développement de TexanthèKie environ quatre jours. Alors abaissement de chaleur d'environ 2 à 5*; nu^ défervescence incomplète; persistance de quelques degrés, avec augmentation habituelle à Tépoque de la desquamation. En résumé, ascendance rapide, acmé très-élevé, défervescence saccadée (fig. 174 c, p. 784).
Rougeolç. — La fièvre arrive rapidement à son maximum avec le moment de Téruptian^ et dure jusqu'à ce que celle-ci soit achevée (environ trois jours), puis la défervescence s'établit rapidement et complétement^ Ce mode de déclin constikie une différence frappante avec celui de la scarlatine (Wunderlich) (&g. i74d, p. 785).
Èrysipèle, -^ Môme marche que ceUe de la rougeole pour la première et la troisième période ; mais période d'état beaucoup plus longue de sept à juime jours, avec retour otfensif de la chaleur au moment des poubsées nouvelles.
Variok. -^ Période prodromalede deux à, cinq jours, avec température très-élevée, 40'',5 à 42"", ^près 1 emption défervescence. rapide en douze 3t quarantè^huit heiires. Cet abaissement arrive du troisième au cinquième our, à dater des prodromes* Dans les cas légens et dans la varioloîde la chaleur ne reparaît plu»; elle remonte au contraire avec la suppuration, irrive à un^aeméde 42^^ et ne descend déiinitivieipent qu'après la dessic-
790 CHALEUR. — chaleur dans les «ALAmcs (étcde cLtxiQce).
cation complète. Si la mort arrive, la chaleur s'élève considérablement (fig. 174 e, p. 785).
Dans les fièvres éruptives les anomalies et les complications sont téqnentes ; les règles que nous avons posées restent alors sans valew, é la température suit une résultante déterminée par les perturbations.
Fièvre typltùide (fig. 175, p. 785). — Pour bien comprendre femir. che d'epsemble de cette pyrexie, il faut la diviser en deux périofetb première s'étendant depuis le début de la maladie jusqu'à la fomràii complète des ulcérations intestinales; c'est la fièvre primitive^ la seokh. pique; elle dure dix-sept à vingt jours. La seconde période, qui ^tede I ulcération des plaques muqueuses, présente les allures irrégulière» el le complications de l'absorption pyémique et septicémîque ; les coarbe?è la température indiquent très-bien cette division. Ainsi : Stade asccndarf lent et graduel de trois à cinq jours, avec exacert)ation de chaque soir |^i» forte que celle de la veille ; rémission de chaque matin, plus faible qwb précédente : type quotidien rémittent. Vers le cinquième jour la teropéntare atteint son acmé, c'est la période d'état, elle dure un et deux septénaires ; vers la fin du deuxième septénaire, abaissement notable el progressif. La température générale est en moyenne de 40 à 41"* ,2 le soir, K dé 38,5 à 39",5 le matin pendant la période d'état, avec diminirtioffi passagères. Défervescence graduée, souvent t}'pique ; exacerbations * chaque soir, moindres que celles du soir précédent, et diminuant deb même quantité, tantôt chaque soir, tantôt tous les deux jours. Progression inverse dans les rémissions qui augmentent proi^rtionneB*ment chaque matin ; au bout de cinq à sept jours retour à tempéralar? normale (Thomas).
Ce retour est quelquefois définitif et marque la fin de la fièvre prnfitive. Le plus souvent, au bout de peu de jours, la chaleur remonte, effet probable de l'absorption infectieuse secondtdre^ se faisant par les ulcénlions intestinales. Ici la marche de la température devient moins typiqot ou plutôt la fièvre procède souvent par paroxysmes, comme dans l'absorption pyémique, ou suit certaines complications organiques faciteà déterminer; de là souvent des ascensions rapides séparées par des rémissions plus basses que la normale (36*]. Ce qui précède ne s*appli(pe donc qu'aux cas réguliers et aux premiers septénaires; aucune maW> n'est sujette à autant de perturbations que la fièvre typhoïde, surtout par les complications si fréquentes vers le milieu et la fin.
On peut encore ajouter que la rapidité de la période ascendante de h chaleur, indique une période culminante très-élevée, mais ne pré5a? ni une longue durée, ni une plus grande mortalité (Thierfelder). Onp«t aussi dire avec Wunderlich, que le mode d'invasion de la chaleur tin marche initiale déterminent dès le début le diagnostic de la maladie: q» le.-i rémissions matinales sont plus grandes dans la fièvre 'typhoïde que dans les inflammations, que la température inîtîâté? élevée, n'est pas li mesure de la violence de toute là maladie (TOîerffeldiér), que des rémissions très-prononcées dans là chaleur du ftlatin sont uti Bôh signe; <}K
CHALEUR* -* CHALEUR DAN9 LEô HALAHICS (ÉTUDE OilKIQUl). 79f
le maximum ^e la température tombe $pr la deuxième moitié de la première semaine ; que dans les cas moins favorables, Texacerbatioa sérale de la deuxième semaine est de 41*^ passé (Tbierfelder); qu'il n y a point de rs^rt entre l'intensité des exacerbations et la durée de la maladie (Thomas), qu'on ne peut pas établir avec Tbierfelder que le troisième et le septième j.our de chaque septénaire soient marqués par un affaiblissement de la chaleur.
Si la mort survient, la température augmente tantôt graduellement jusqu'à la mort ; d'autres fois, seulement douze à quinze heures avant la terminaison fatale, et le pouls se précipite proportionnellement. Quelquefois, mais exceptionnellement, survient un coUapsus rapide de la chaleur, avec extrême rapidité du pouls. .
Pour compléter les &its relatifs à la marche de la température dans les maladies, rappelons encore sa remarquable élévation dans certaines névroses convulsivesj et particulièrement le tétanos. Wunderlich le premier a signalé pour cette dernière maladie une élévation de chaleur allant jusqu'à 41 degrés, survenant vers l'approche de la mort, augmentant même quelque temps après celle-ci, et ne, se caractérisant par aucune lésion anatomique qui puisse l'expliquer. Depuis lors, le même clinicien a montré le même phénomène survenant dans d'autres attaques convulsives, terminées par une issue fatale, accès hystérique, épileptique, cataleptique.
£rb, ainsi que Leyden (de Berlin) et Paul Ladame (de Neufchâtel) ont publié des faits analogues avec des températures de 42^ à 44°. Billroth et Fick ont fait à Zurich des expériences confirmatives sur des chiens artificiellement tétanisés. Ces derniers auteurs, ainsi que Leyden, croient devoir attribuer l'élévation delà température à l'action musculaire exagérée, le dernier, à l'irritation des centres nerveux. Mais le professeur de Leipzig rappelant que les phénomènes convulsifs ordinaires ne produisent pa3 de chaleur ; que là où elle s'est produite, la mort en a été le résultat, préfère attribuer l'une et l'autre à l'épuisement paralytique de Faction régulatrice de la température, suite de l'atteinte portée au système nerveux central qui y préside. Ainsi s'expliqueraient, et l'augmentation de la clialeur au moment de la mort, et celle qui survient immédiatement après. En traçant, comme nous venons de le faire, le tableau succinct de la luarcbie de la température dans les principaux groupes pyrétiques, nous répétons qu'on ne doit pas y voir un type absolu, immuable, s'adaptant mathématiquement à tous les cas, mais l'expression spthétique et moyenne de ce qui se passe dans la généralité. Le nosologiste ne procède pas autrement dans la description d'ensemble d'une maladie ; c'est à la clinique ^ faire la part des individualités morbides en les rapprochant du type général.
Ainsi, il est des pyrexies dont le caractère typique est moins régulier et plu* difficile à caractériser, par exemple, la fièvre traumatique dont il rs^ut rapprocher la fièvre puerpérale La première, étudiée à ce point de vue par Billrptl^ et R93ej, et 1^ seconde p^ Winkel, Leyden, Grûneviraldt,
7^2 CltALËtn. — ciuLBn lAVt tn xalaM!» (iroDS Gtnaoo^.
présenleitt nn cartetère prhmtivwittit et -shapleiBeiit killOTiwrtwK 4|uant au cours de la température : ascension rapide en Tiiigi<<|!iitre heures, maximom en quaniote-huit heures, dunmt pendant JÔneà vingt-qaatre heures et suivi àhme défervesceaoe rapide. Les teupéntaf» ultérietires observées dans les -deux maladies, appartiennent aux aSuns •de la pyémie et les rapprochent du type des fièvres înfeetîeuses : aecès multiples, alternances fréquentes de températures élevées et de léa»- «ions souvent très- basses; souvent, selon Lefden, dans les fièvres |)w^ f)érales (75 fois sur 100), le frisson est précédé de plusieurs heures (l^i ûi heures) par une élévation de teflaipéralure*
Il faut encore noter des déviatioDS acwdcn telles de eauses variées, bf giéniques, thérapeutiques ou fortuites. L*âge, le sexe, les teropératum ambiantes^ les perturbations physiques et morales et surtout les influences ■thérapeutiques, sont les eonditioiis de ces perturbations.
Chez les enfants, la température iébrile ne dépasse pas de beaueoiç <;elle des adultes et des vieillards (Charoot), mais les oscillatione soDtpte rapides et les influeooes extérieures plus efficaces (Wuuderlich), cfaei le ^vieillards, le collapsus de la chaleur est plus fréquent; les femmes sohb' ^ent U même loi que les enfants. La menstruation pendant la liène«^ précédée d'une augmentation et son apparition est marquée par ua^éminution. Le sommeil diminue légèrement la chaleur fébrite^ leiaou^ «nent Taugmente. lalimentation surtout a cette conséquence.
C. Marche wi la TEMPÉaATUBB dans les ipalames cfiRonuQUEs. — Les «indications qui peuvent nous guider ici, sont moins nombreuses que peur •les pyrexies aiguës. Dans celle-ci, Télément fébrile est le fait domioast, •et les recherches portant sur une période, à la fois plus limitée, et pte •accentuée, ont attiré et séduit d'avantage les observateurs. Les matémm à notre disposition sont les tableaux de Jochmaim (de Berlin), de Spidmanu (de Strasbourg); et les cahiers d'observations thermométriqiifô «^ nos salles de clinique.
U ressort de ces documents, que nombre de maladies chroniques soi^ •comme on le sait, exemptes de toute chaleur fébrile; que nous. ne trouvons celle-ci que chez les individus minés par des suppurations (tuberoQleux, cancéreux, épanchemènts purulents) . Jochmaun, qui n a pre^ •opéré que sur des phthisiques admet trois typ^s : i^ température matinale et sérale se rapprochant à peu près de la i.ormale avec légère élén* iion de cette dernière; 2'' température matinale égale ou inférieure àb •normale, celle du soir toujours plus élevée; 5** température con&lamiseot beaucoup au-dessus de la normale. ,
Le premier type se rencontre ordinairement tout au début de la phthi- ^ie. Lorsqu'il se maintient pendant tout son ^ours, il lui donme la force <le phthisie lente ou très-chronique. Le deuxième type est plus ooDomoa; il appartient à la période de ramollissement de la phtbisie. pulmonaire «t la suit pendant son évolution. U est souvent tout à fait iotermitteot Au troisième, se rapportent les maladies chroniques avec carai:tère ift llammatoire ; ici la fièvre hectique prend les allures d'Mme .çonsomptiM
GHALEtHt« -^ coALtun aahs lcs VALimM (étude ciikique). 795
rapide eonlme dans la phtiiiaie gakifiante, la pneamonte aigoê, les pleuré- ^m anppurtes.
Dans un travail de Sidney^iUnger, réoemment analysé dans les Arehmfes gé^aUê de Méitme (1866), il eat dit que la Uiberculese, méoie alors qu'elle ne se traduit encore par aucun symptôme ni signe physique, peut se tiagnostiquer par le thermomètre. Nous nous inscrivons énergiqoemenl contre une pareille assertion.
Dans le cancer, la chaleur fthrile est plus rare et assez tardive, sa marche est en général lente, le thermomètre n'atteint pas les gi'andes élévations ; les sueurs hectiques sont peu abondantes et manquent skm- Vent. Les matériaux pour une détermination pkrs précise nous font défaut.
En général, dans les pyrexies chroniques, le type fébrile ne reste pas toujours le même, il est dominé par les changements dans la maladie principale ; des complications intercurrentes, le degré d'alimentation, l'intervention thérapeutique. Le type le plus fréquent, est celui d'une température se maintenant habituellement au-dessus du tome normal avec des exacerbations le soir. Le maximum est en général faible; lorsqu'il s'élève tout à coup, une complication inflammatoire est à redouter. Lorsque l'exacerbation se montre le matin aii lieu du soir, une fièvre intermittente peut être soupçonnée.
D. Maladies avec DimifirriON de la TEHPfiRATURE. — Jusqu'ici nous ne nous sommes occupé que des états morbides où la température est en excès, mentionnons avant de terminer ceux où Ton observe un état con*- Iraire.
Nous trouvons souvent une diminution temporaire de la chaleur normale immédiatement après la défervescence des maladies aiguës surtout quand elle a été rapide; même dans la fièvre chronique, chez les phthisiques, par exemple, quand la rémission du matin succède à une chaleur nocturne prononcée; chez les sujets débilités, on constate un demi à un degré de température en moins. A la suite d'un traitement par les -contrestimulants, antimoine, quinine et surtout par Temploi de la digitale, la chaleur tombe de 0*,5 à 3° et 5* au-dessous du point physiologique. Cela arrive encore après certaines évacuations copieuses, pendant le vomissement ou par suite d'hémorrhagies abondantes. Il en est encore ainsi dans l'inanition, suite d'une diète exagérée ou forcée, comme dans la convalescence longue. Dans tous ces cas, l'abaissement de température est passager, transitoire, et cesse ordinairement avec la cause qui Ta produit ou par Templorde moyens rationnels.
Le choléra, dans sa période algide offre-t-il une diminution ou une augmentation de chaleur thermométrique? les observations sont contradictoires. Pendant que les uns affirment Texistence d'une température inférieure (Baerensprung, Doyère) ; les autres, avec presque tous les médecins des hôpitaux de Paris, ^Missent le contraire. Il est certain pour nous, que cette divergence protient du lieu et du moment de l'application du thermomètre. Plongé dans les profondeurs de l'anus, il donne la cha-
7M CHALEUR* — cuA^Boa dahi les mauuiiib (TEMpâUTims).
leur centrale qui peut être en excèf ; appliqué à raiaaeUe, et surtoti dans la bouche, il indique la réfrigération périphérique q«i est tmréelle.
Mais il est d^un autre c6ié, des cas où la diminution de la tempes ture est permanente et forme le caractère propre d'une mahdie. Ce sont : l"" les troubles de la circulation provenant Ae maladies orgaiùfKs du cœur; même avant la cyanose, avant les autres signes d'asy^ulie, (Bdème, ^c, on observe une température inférieure d un degré et pk, et cela à toutes les heures de la journée; 2^ dans les maUjdies qui eotn: vent la respiration et Thématose, emphysème, asthme, dilatation ou ittrécissement des bronches; dans Tagonie de ces maladies; 3° dansoert2\ins états toxiques du sang entravant Toxydation, chez les ivrogaes^ë surtout dans l'urémie chronique où nous avons une fois constaté use décente à 34^ 4" Dans les cas d'inanition, suite de rétrécissement cBsopfaigien, de maladies organiques de l'estomac, de lienterie chronique; ks cachexies hydropiques, anémiques, etc. 5"" Il existe en6n des reCroidifiempnts partiels, constatables au thermomètre, dans les régions du coqs localement anémiées par le froid, par une entrave circulatoire, par h distension œdémateuse ou Timmobilité paralytique (Aug. Voisin).
m. Bappori de Im tempérAture awec qoelaifte* juilrw éiément» de la maladie. — U existe des symptômes si constammeol unis à toute manifestation fébrile, que la conception phénoménale delà fièvre en a toiyours paru inséparable; ce sont les sensations de frissu et de chaleur, et tes modalités du pouls et de la respiration.
A. Frisson et chaleur. — Ce n'est pas de nos jours qu'on a consUté pour la première ibis que le stade du frisson, bien loin d'être caractérise par un abaissement de la température, est^ au contraire, le signal de m ascension. DeHaen d'abord l'a observé, mais le fait paraissait si contnirt aux idées courantes, qu'on a cru à une exception. De nos jours, GaTaml un des premiers (1839), a signalé cette coïncidence comme une loi- Aujourd'hui, tous les observateurs qui se sont occupés de la chaleur f^ brile, sont unanimes pour déclarer que le thermomètre indique toujours une température plus élevée pendant le stade du frisson initial. Cela résulte notamment encore des recherches de Baerensprung et Michael, sur les fièvres d'accès, de celles de Joclunami dans les maladies chroDiqueir de celles de Traube, Wunderlich, Thierfelder, etc., sur les pyrexiesetks inflammations. C'est même souvent plusieurs heures avant le frisson qK cotmmeoce le développement de la chaleur, et elle atteint ordinair^Deol son point culminant au moment du passage de celui-là au ;9lade de réchauffement ou peu de temps après» On peut ajouter, qu'en général, la chaleur sera en rapport direct avec l'intensité du frisson. On ne peat cependant malgré cela, prétendre que la sensation de froid est ua ùit purement subjectif; la pâleur ridée de la peau, le froid qu'elle fait éprouver au contact, particulièrement aux extrémité^, la. couleur livide de» lèvres et des ongles, indiquent une anémie ioa^ e^ unf réfrigécatioo, très-superficielle sans doute» mais réelle. La ^pntrafM^i^ spasoodiqBe
GHALEUB. -^ CHAU0R'DAIIS les MALAtlfiS (TEVPéRATOflfi). 79S
des vaisseaux périphériques, explique péremptoirement l'apparente contradiction de tous ces phéfiomènes. La sensation de chaleur dans les maladies fébriles ne correspond pas toujours au degré d'élévation du tlier* momètre, et des exaoerbations souvent considérables passent inaperçues des malades. De plus, chez les personnes nerveuses, chez les hypochondriaques, chez les femmes à l'âge de la ménopause, chez celles qui sont atteintes de névroses vaso-motrices, de cachexie ex-opthalmique, etc., on observe des bouflées de chaleur, d'ardeur à la peau entièrement insensibles au thermomètre.
B. Température et pouls. — H y a généralement entre le pouls et le degré de température, une concordance qu'on a admise avant de pouvoir la constater par le thermomètre ; mais cette concordance ne va pas jusqu'à permettre de juger de l'état de l'un par celui de l'autre; en d'autres termes, il est impossible d'établir un rapport exact, comme le croyaient les anciens, entre le pouls et la température, de juger par exemple du degré de chaleur par le degré de fréquence du pouls. Des observations minutieuses et des tableaux comparatifs faits par Thierfelder, Jochmann, Spielmann, Smoler, et nous-mêmes, établissent que, si dans la plupart des cas, le pouls croît avec la température, c'est dans un rapport et avec une régularité très-variaWcs. Ces observateurs signalent, du feste, un grand nombre de faits qui montrent qu'une même température peut coïncider avec ' des variations très-singulières du pouls; qu'il peut y avoir absence ou diminution de la chaleur avec une accélération manifeste de la circulation, ou une température très-élevée avec un pouls relativement lent. Il serait donc innpossible àBoerhaave de soutenir de nos jours cette proposition! « Ouidquid de febre novit medicus, id vero omne velocitate pulsunm sola cognoscitur. » L'irrégularité dans les rapports de la température et de la fréquence du pouls, n'est pas simplement l'effet du hasard, comme nous verrons plus bas.
Mais la chaleur fébrile imprime à la circulation une modalité à la fois plus spéciale et plus constante. C'est une diminution dans la tension artérielle et dans la pression du sang. Cette diminution a pour cause le relâchement du système vasculaire et l'augmentation d'ampleur des vaisseaux, et par conséquent du pouls. Marey l'a démontré par lesphygmographe et chaque praticien le constate en explorant le pouls fébrile, (Foi/. Sphycstoôraphe.)
Si, pendant les périodes de début et d'état, le pouls et la chaleur sont parfois en dis(iordance, il n'en est plus de même dams les périodes de déclin où l'harmonie se rétablit. Quand les affections fébriles doivent se terminer fatalement, pouls et chaleur suivent à peu près la même marche : celle-ci monte rapidement à son summum et la circulation s'accélère de plus en plus. Thieriblder, d'après Spielmann, pense pouvoir établir qnc, si le pools reste pendant plusieurs jours au-dessus des 120 puisa* tions, en augmentant tous les jours, on peut considérer la mort comme très-probable Au moment de la convalescence des mafladies longues et chroniques; î? powls rwle fréquent et la température baisse. C'est un
706 CHALEUR. — cHAreirit dafi^ tu mauvibs (tevp&j^toire).
effet de rinanttion. Dans h convalescetice suite èe$ fièvres aifuês, k température revient plus vite à ki normale que le pouls.
Malgré certains désaccords «ntre la chaleur et le pouls, ce serai ime erreur de nier la liaison étroite que la seméiotique a toujours établie eatre ces deux focteurs de la flèvre. En clinique, il ne suffit pas d*obser?er les faits, il faut les interpréter, il faut à l'exemple des «astrouemes tenir compte des perturbations qui troublent la marche des corps, sans nierii loi générale qui régit leurs mouvements. Souvent, en effet, il est penns à l'observateur de se rendre compte des discordances du pouls et de h température. Smoler s'occupe de cette question dans ton travail sur ïëA de la circulation et de la respiration dans les Sèvres. Si, dans quelques affections pulmonaires graves, le pouls devient fréquent alors que la température diminue, c'est un effet de Tasphyxie ; dans les affections cérébrales, au contraire, la période de compression amène le ralentissement du pouls sans influer notablement sur la chaleur; dans la eonvalesceoee des maladies longues, comme la fièvre typhoïde, l'anémie consécutive entretient pendant longtemps Faccélération du pouls, alors que toute chaleur fébrile a cessé. Il suffit de connaître ces lois 'cliniques pour en aisir la valeur, dan» l'interprétation de résultats qui paraissent de prime abord contradictoires. Il résulte de tout ce que nous venons de ëse ' i'* que le pouls s'accélère presque toujours avec Vélévatiou de la température, mais qu'il peut être accéléré par d'autres causes ; 2* que U variabilité du pouls empêchera toujours celui-ci de constituer la mesare exacte de letat fébrile, tandis que la chaleur en est l'expression la plu? précise. Nos tableaux cliniques offrent la constante confirmation de ceU« proposition. Cependant, comme il est en génétal facile de saisir la citts« du manque de concordance du pouls et de la température, on ne doit pai exagérer la. valeur de ce désaccord, mais en rechercher la raison.
Dans les cas où on produit la défervescence par des agents coalrestimulants, on observe généralement que le pouls baisse avant la température et que le premier, après sa réduction peut rester pendant use semaine et plus au-dessous de la normale, tandis que la température » rapproche toujours beaucoup plus vile do type primordial.
C. Température et resmuatiow. — Une étude réraunéraloire sérail^ croyons-nous, la recherche analytique des g«z exhatés par les poumon? pendant le cycle fébrile; le dosage quantitatif de Tacide carbonique, »k Teau et de Toxygène, rapproché des éléments de combustion excréle< par lurine ou corrtenus dans le sang, fournirait, avec le thermomèlare, li triple assise sur laquelle viendra se poser un jour la théorie de la ci»* leur fébrile, et ce dosage s'il devient fecile et précis pounra servir de mesure au degré d^ntensilé de la combustion.
AiiHsi, pour citer quelques exemples de la diredion à suivre^ Him àaan^ ses expériences, a constaté que chaque -gramme d^oxygène alKsorbé peadant lacté respiratoire, produit environ 25 calories etqM-da^s Tittcéèêration de la respiration, pendant le travail musculaire, cette labserplîa» d'oxygène 5e double et se triple, avec exhalatio» proportiannette i V
CHALEUR, '-^ GMALSUR D\m les maladies (T£llp£ftATUJlE). 707
cide carbonique el par conséquent combustion, c'est-à-dire calorification doublée ou triplée.
A un point de vue opposé, Doyère a constaté que durant Talgidité du choléra, l'exhalation de l'acide carbonique était réduUe considérablement pendant que Tabsorption de loxygène était presque insigniGante.
En attendant que la seméiotique puisse disposer 4e ce contrôle chimique, nous n'avons pour peint d'observation que la mécanique respiratoire elle*méme, considérée dans la régularité et la fréquence de ses mouvements. Entre la quantité de mouvements respiratoires et celle de la température^ il existe un rapport réel en ee sens que la fièvre accélère k pouls et la respiration; mais ce rapport est-il proportionnel, en ce sens que la fréquence de la respiration représente le degré -de la température? Nullement, cela résulte et des tableaux tracés déjà m 1838 par Donné, pour étudier la relation entre la température, le pouls et- la respiration, et de ceux fournis en 1860 par Smoler {de Prague). L un et l'autre ad* mettent la relation, le dernier même la croit plus étroite, mais aucun d'eux ne la croit proportionnelle.
D'après Smoler, l'accélération de respiration est constamment en rapport avec l'élévation de température et tràs-irrégulièrement avec TaccélératioQ du pouls. Selon lui, c'est la chaleur fébrile et la combustion qu'elle représente qui sont les véritables causes de la précipitation des mouve* ments respiratoires. Dans la thèse de Spielmann, nous trouvons quelques appréciations sur les rapports de la température et de la respiration dans lès affections fébriles avec complication du côté des voies respiratoires : « Lorsqu'une maladie générale grave est compliquée de bronchite, la température est toujours plus élevée, et cette élévation persiste pendant aussi longtemps que la bronchite. Cette action de la bronchite sur la clialeur est naturellement moins marquée dans la période d'état ; cependant elle se manifeste par des rémissions matinales moins considérables. Dans la période^ déclin, la bronchite empêche la température de revenir à la normale, etla maintient à un degré plus ou moins élevé. S'il y a engouement, il agit comme les autres complications inflammatoires (Thierfelder), c'est-à-dire qu'il élève la chaleur, à moins qu'il ne survienne sous forme d'hypostase ultime; en ce cas, il n'a pas d'influence sur elle.
Quanta nous, si nous avions à formuler sur ce point une proposition générale, nous dirions que tant que l'inflammation des voies puknonaires, à sa première période, n'entrave pas l'hématose, la température dépasse la nonnale, et qu'elle tombe, au contraire, au-dessous dès que les phénomènes Bsphyxiques se prononcent. Il faut se garder dans ce cas de prendre le déclin de la chaleur pour mn signe favorable. Mais en dehors de cette formule générale, que -d'exceptions à résoudre ! Si la respiration obéit à la thaieur, elle obéit aussi h d'autres moteurs : à une douleur pectorale qui entrave le mouvement ; à une maladie pulmonaire locale qui gène la respiratÎMi ; à l'impressionnabihté physique ou morale qui la pré^ oipile ; enfin et surtout à la dépression des bxces nerveuses, cause capitale et signe grave de la paralysiie et de l'aceélérati^ des mouveoienls respi-
708 CHALEUR. — ciuLEUft ba5s iss kauoigb (TExnâuimB).
ratoires. Il ne s'agit .eependant ici, pas plus que ponr le pouls, de rtfkt la loi, mais d'expliquer les exoeptions.
D. Relation de la TEMPiRAxoiiE avec la sueur. — * L^observaiioii d w exsudation aqueuse, s'évaporant à la surlace du corps^ a dû naturelleittit faire naître l'idée toute physique d'une rébigératiou produite par cephé- Bomène, et l'amélioration appareate si fréqueomieat précédée par bsiar a du faire rapporter à celle-ci tout le bénéfice de la crise ; de là k mb de sueur critique. Mais déjà les anciens avaient observé que bien des dis aucune amélioration ne suit cette sécrétion, que, bien au contraire, die était parfois un signe fatal ; tandis que la chaleur fébrile dans miirta circonstances pouvait se terminer sans son interventioa.
Les mensurations thermométriques ont précisé de la maaière la fis satisfaisante le rapport de la sueur avec la température. Lea obserraiiaB les plus concluantes montrent qu'à l'époque où se termine la mabilie, Vabaissement ie la température précède la sueur. Thierfelder déclare qae lorsque les sueurs surviennent chez un typhique à l'époque où la feeiiférature ne peut encore sabaisser, elles n'ont aucuae influence sar elk. Traube le déclare également. Il en est de même à plus forte raiaan ic sueurs artificielles, et le professeur de Berlin ayant soumis des maUfe à une sudation provoquée n'a jamais pu obtenir rabaissement permaaeot de la température.
L'observation thermométrique a confirmé d'ailleurs ce qtie la clbii^ avait déjà établi, que. dans un grand nombre de maladies aiguës, ks sueurs ne sont qu'accidentelles et sans influence sur la température li sur l'heureuse issue de la maladie; comme daas le riiumatisme fébrile, lasuette, et dans beaucoup de fièvres typhoïdes.
Chez les phthisiques, la sueur hypnotique est toujours accompagaée d'abaissement de température, quelquefois même, vers le matin, ceUe-ë tombe au-dessous de la normale; cela ressort de nos obaerralioAs, ohtraires> il faut le dire, aux résultats indiqués par Joahmano. Dana œ €& aUeasont ordinairement abondantes et trè»^bilitantes. Vera le 8air«- ^mûrement le cyde fébrile recommence.
Et cependant il est certain queirénipÉioa de Ia ancnr esLle foéqKsi signal de la diminution et de la cessation de la fièvre, et le piéladeda grand soulagement. C'est que la transpiration, si ello n'est pês la cmat de la défervescence, en est souvent le symptôme: elle ne la produit pa, die l'annonce. Il y a plus : elle la eomplètêt elle contribue à.aon tour m prompt abaissement de la chaleur, car avec. les sueurs, le déolm à celle-ci est beaucoup plus rapide que dans la défervescenœ sàdw. Ûa remarqua, en efïet, qu'une chute rapide de la températuroy tomme ccUe qui arrive au déclin des maladies aiguës ou au moment de réruplion des ^anthèmes, est généralement accompagnée oujwvie d'^neaneur abeodante. C'est dans ces cas, surtout^ qui surviennent .ordinairement ver» le matin, que la solution fébrile prend le oaractère d'une^oriae l»nre«e<i décisive, et que les sueurs sont dites, critiqua*
Nous voyons, par ce qui préqède» dan» quel aena il £ml reofamiadreli
CHALEDA^ ^^ €H uim dàks ibs vaumbs (TENPéRAToiœ). 799
signification' de oe mot. Il est probable, d^ reste, cpie ces sortes de sueurs entraineni avec elles des matières fiies en qualité ou quantité diftéreotes que lea sueurs physiologiques. Favre, Funke, Meissner, S. Ringer, y ont constaté de Turée, que Ranoke, il est vrai, y a cherché en Tain.
E. Rapport de la température avec les êhcptions. — Nous avons déjà examiné Tiiiftoence des exanthèmes f^riles sur la chaleur, et étudié les lois importantes qui règlent les rapports de ces deux éléments morbides* Les observations que nous avons déjà citées, et nos recherches personnelles, établissent qu'il y a un certain nombre d'éruptions tout à fait indifférentes par rapport à la température. L'exanthème du typhus; les taches rosées et les pétéchies de la fièvre typhoïde; les sudamina, les émptioDs miliaires dans le rhumatisme fébrile, celles de la fièvre miKaire, les taches hémorrhagiques, n'exercent aucune influence sur la marche de la chaleur.
En estril de même des éruptions herpétiques? A première vue, leur survenance au déclin des fièvres à frisson , leur coïncidence fréquente avec la solution heureuse de la maladie leur donnent un air de manifestation critique. Cependant l'observation thermométrique prouve que, semblables aux sueurs de môme nom, elles suivent et ne précèdent pas ta défervescence ; et d'ailleurs bien souvent la chaleur et ltf< maladie continuent leur cours au mépris de ces manifestations pseudo-critiques, ainsi que cela a été observé par notre collègue Tourdes dans la méningite épidëmique. Elles ne sont donc qu'un symptôme accessoire et non une cause directe de la défervescence.
F. TEMPéRATimE 13T ACC1MNT8 NERVEUX. — Il n*y a guère d'augmentation dans la chaleur sans qu'il ne se manifeste un certain nombre de phénomènes, tes uns subjectifs, les autres objectifs, qui forment le cortège fébrile. Le malaise général, la céphalalgie gravative ou aiguë; la prostration et la courbatnre, Tinappétence en sont les manifestations modérées^ le délire et ses différents modes et degrés, la jaetitation^ les soubresauts des tendons et d'autres phénomènes convulsifk en sont les termes extrêmes.
Beaucoup d'observateurs attribuent à la chaleur excessive tous ces troubles du système nerveux ; Liebermeisler a consacré un long mémoire à la démonstration de cette proposition. Il est certain que c'est dans les températures très-élevées qu'on les observe surtout, et qu'on peut dire que leur intensité est en raison directe de celle de la fiètre, ^mme d'un autre côté leur disparition coïncide avec la déferveseenee soit spontanée, soit artificiellement amenée par la thérapeutique. Lttderich a montré par de» observations prises à nos cliniques, que la défervescence amenée par la digitale dans les fiètres graves fait cesser immédiatement le déKre et la eourbainre. il faut néanmoins, pensons^nous, faire la part, et de là oomplexion nerveuse du malade, et de l'élément causal de la fièvre, c'està-dire de sa nature infectieuse et toxique ; ces circonstances ont leur pai^ daus la production des modalités nerveuses, quoique l'élévation de la température e^séit la'cause principale et directe.
800 CflAUSm. — çflAUVft OASs LES uiAki m {xEMPibLkMg^
G. SvHPTÔMEs OASTiMHNiissnifÀUx. --* l^s syH^>i6mes^astrD4oleitMiiK qui accompagnent l'état fébrile, en sont é?i4eHiOMnt le sénikUl, ma direct, $oit indirect. Le cûUapsiis de rihDerratbn laolrice et seorélBire, Péchauffement et Taltération du saag qui doit fournir ans aécrtfniB digestiires, rendent aisément compte de k sécheresse de ta btttche, 4h soif, de rinappétence, des Tomissements, ete., qui marquent Vinimi de la lièvre et signalent en même temps larrét, ou le raîentisBOBcÉiie tout travail d'absorption.
Ce dernier fait contribue indirectemeat à la modération de la tem^ ture en diminuant les éléments de la combastion. Mais y a-t-il kkmface gastro-intestinale des sécréUens qui entraînât directenent h chaleur ? Traube a noté au déclin des maladies des diarrhées critiques; et i essayé de les imiter; d'autres ont, dans le même but, adminîstié d» vomitifs. Thierfelder cependant établit qu'il en est des diarriiéeB mim de défervescence comme des sueurs ; elles en sont le signal et dm piib cause.
Spielmann fait la même observation sur les sairvations mcarconelb: bien plus, il démontre qu'elles amènent toujours une éLévalioa de tonfieture. C'est un fait clinique d'une valeur sérieuse.
Les hémorrhagies spontanées, les hémorrhagies intestinmies miMl survenant dans le cours des fièvres typhoïdes, amèneat toujouisii abaissement de la température si elles sont un p«tt conflidérables; uit ment celles du début sont suivies du retour de la chaleBr^ tandis ^ celles qui surviennent vers le décours peuvent ameiwr une amélionfasi ^cisive. C'est sans doute cette différence qui constitue* le peu d'aooafii entre les auteurs sur la signification pliis eu moins favoraUe èê e hémorrhagies.
H. Rapport des urinbs avec la tëbipératurb. -^ De loot temps on « cherché dans la composition des urines les élémenla de la tliéerie Ûmmogène. C*est avec ce liquide, en eflet, que s'échappeni les pradaibà la combustion moléculaire. La semétotique aneîeiine & y élail ptflieiièrement exercée. Les urines, ronges et rares dans la crudité^ et sédiaMtaires dans la coction, leur représentaient les deux principales phases è la coction f^rile. Voulant ttou$ restreindre rigoureoaencnt an nf|M< des urines avec la température, nous nous bomoBs à rappeler ^fue, dikt et abondantes au début du frisson ,. rouges et panûmenieusea^pfflMtait b période d'état, les urines deviennent épaisses et brunâtres vers h4ià^ avec nn dépôt plus ou moins «boudant, d'itspeot feecreux^
Aujourd'lmi la composition de l'urinée fébrile no se pffésuoie'pliiiatf l'aspect physique, et nous possédons dès à présent quelques reèkerchet analytiques peu complètes,, il est vrai; mais sufi^aantea oepeadafll pooi ébaucher les premiers traits de la synthèse qui t lie ies.nfîiiea à la. \fBmft rature. Ces recherches portent sur le doaagie de l'(ifée,'des ohlacure&t^ matières dites extraçtives et de l'iiéiiia^iBe. • •
Pour Vurée:, l'appréciation ^si déttoate^ ia >asia|ieniie est iosmstante (55), et sa propprtio^ npr/n|ile v^i^ie beaucovip ^elo#4 alin^tatioa
et sefen l'iadi^dii. L'onareiie Cébrile et Iftdiète en eniravofit h, produc^ tioD, ie sorte que^ dans ces cas, Turée môme inférieure à, la; normale doit, être conâdérée coBume palhologiqaemefit awigmeabée.
Ces dtfficuliés cependant ne sont pas insurmontables : 1^ parce que la^ réduction cottsidérabie du chlorure de sodium, dans les , urines Cébriloa révèle le résultat de la diète, et donne la mesure et l'origine du déficit relatif de l'urée; 2"" parce que beaucoup d'expérimentations portent sur des urines prises pendant la fièvre traumatique, suite d'opérations, et qu'on a pu doser Turine avant le traumatisme et après la guérison (Mùllor) . Qaei qu'il en soit, un premier résultat parait acquis, c'est la constante augmentatioe de l'urée pendant t^s les stades de la chaleur fébrile et sa production parallèle, avec la marcbe ascendante et descendante de la température. Le . premier résultat heurte de * front les idées encore courantes des anciens, qui ne croyaient à Taugmentation de l'urée que vers la fin dœ maladies aiguës.
D'immeqses travaux ont été entrepris en Allemagne pour élucider. cette question avec le thermomètre et le creuset chimique, par Moos, Uhle, Wacfasmut^, Ranke» MùUer, etc. Nous même, nous poursuivons depuis plusieurs années, à la Clinique de Strasbourg, ces sortes de recherches, de concert avec Hepp. C'est dans la fièvre intermittente q^ l'observation permet le plus de précision, puisque des paroxysmes francs et préfixés ahement avec des apyrexies complètes. C'est aussi par cette maladie que robeenratâon a débuté. Jochmann et Traube d'abord, puis Moos, Redenbacher et Ranke fournissent des tableaux, d'où il ressoi^t que pendant toute la durée du paroxysme fébrile, depuis le premier jusqu'au damier srtade, l'urée est en grande augmentation rdativement à Tapyrexie, malgré que pendant celle-ci l'alimentation ait été reprise.
Les observations faites sur la pneumonie par Wachsmuth, Vogel, Winge, etc., concordent. parfaitement avec les précédentes, et ont d'autant plus de signification qu'ici le thermomètre marche de front avec l'analyse, et montre h parfaite concordance de l'augmentation de l'urée aTeo celle de la température. On observe de plus que l'urée augmente avant le dédin de la température et dépasse l'urée de la convalescence, malgré une abondante nourriture prise pendant celle-ci^ Même résultat pour la lièvre typhoïde; toujours les plus hautes températures coïncident avec le maximum de Turée (Moos, Vog^l, lluppert, Brattlor, Funke).
La même loi se confirme pour le rhumatisme articulaire aigu, quoiqu*tci les sueurs, les épanchements locaux fassent qudque peu osciller les résultats. Cela ressort des tableaux de Wachsmuth et de Brattler.
Dans les exanthèmes fébriles, des recherches faites sur des enfants, par Bartoh, S. Rtnger, Biedenbachfir, etc., nous fournii^sent de longs tableaux ooncemmt la rougeole, la scarlatine, la variole, toiyours avec, le même résultat: augmentation de l'urée pendant le stade iébrile, et proportionnellement à lachaienr. Seulement ici la uQurriture copieuse dans la eon- K099J lier, wto* n cttw. , )fl. — 61 ,
8M CHALEDR. — cirALMt dans vb» kaumbs {TB]iffcàt6iK).
Tâlescenee semblait parfois fournir ce produit exoromcotiei en qonBlilé aussi considérable que pendant la fièvre.
D'autres recherches ont porlé sur presque toutes les maladies î&tiki et inflammatoires, le typhus, la brooehiie, la phthime tabercQleiiK,lB abcès du foie, et partout avec le même résultat.
Dans la fièvre traumatique qui suit les opérations ohiru^ialei, le foit est encore plus significatif, puisqu'on a pu doser l'urée aianirifération ; c'est ce qu'ont fait Mfiller et Brattler, et toujours la mène ki» confirme.
Il est donc prouvé avec la dernière évidence que peodant li tm Turée augmente considérablement, et cela malgré la diàle, et qi'a même temps et proportionnellement la température s'élève ; il est éiident que ces deux faits tiennent à la même cause. Il £ant ajouter qaek sueur et la survenance d'exsudats divers diminuent la production dm, d'où il faut conclure qu'une partie de celle-ci s'écln^pe par ces vek S. Ringer Ta démontré pour la sueur, nous-méme nous avons trané l'urée dmns les abcès frieuraux.
Ajoutons enfin que, d'après les recherches très-précises de Ç. Riofer, l'urée augmenterait avant la température, par conséqueal avant le irisson^ et se monti^rait à soo maximum au moment du passage de cebki t la période de eluileur.
Si donc la température est le résultat de la formation de Vmtk m plutôt du processus qui la produit, et si, comme on n'«n peut doafar, c'est l'alimentation qui en fournit les principaux élém^ts, on eompitnd de quelle influence la diète doit être sur la température {voy. Diéts).
La règle de la concordance du degré de ki température et de la qi» tiié d'urée ofEre dans quelques tableua des exceptions assez frappasUi et parfois une excessive chaleur n'entralae pas toujours un grand sorcroit d'urée. Ces exceptions tendent à prouver, eu bien que parfois futk se trouve retenue dans le sang, comme nous le .verrous aiHeurs, oafaia que la chaleur se produit aux dépens d'autres éléments, comme le saat chez les diabétiques, ou bien la graisse; dans ces cas il faudrait recbereher les produits comburés daw l'exhalation d'eau et d'adde carbonifr par les poumons. Déjà, Gaude Bernard, par exemple, a démontré, et b clinique a confirmé que chez les diabétiques le sucre diminue dans ks urines pendant la fièvre. Gela ressort égatenKUt des soigneusee obnnitions de Huppert, de Uhle et de Thierfolder ; tous oa vu le sucre ëaft raitre ou diminuer dans les urines pendant la fièvre* Les expériences k Gœe et Feitz tendent au même résultât.
Les recherches chimiques sur Tétât des autres élànents de l'urine dm la fièvre donnent des résultats également caraotériatiques* Par exenpie, le chlorure de sodium dans les urines fiébriles est toujours en raison iaverse de la quantité de l'urée et en r«80n directe de ceUe de Teau^ es d'autres termes, le chlorure sodique qui ae 'trouve dans PalimentalÎA disparait pendant la suspension de celle-ci par la fièvre^ ti réparait qaand la période de réparation a comai^enoé. Nos dnervations: cliniques oat
toujours eoniiitDé cette loi ; une autre qui mérite d'être signalée, e'ei^ l'antagonisme entre la quantité d'urée et celle des malières dites extractÎTes (leucine, créatine, thyrosine, etc.), ces produits d'une oxydation inférieure h celle de Tuçée, diminuent pendant leB hautes températures, convertis probablement en urée. Notre ami et élète Kien, a signalé dans sa thèse ces faits empruntés à notre clinique.
Enfln, un dernier produit de combustion se traduit presque toujours danft les urines, même à l'œil nu, c'est la matière colorante du sang, l'hématine, qui leur donne le reflet rouge foncé. C'est sans doute un •débri delà destruction des globules sanguins. '
L Relaîioci db la têupéràturë avec l'état m sang. **- C'est ici le foyer même où nous devons rechercher Torigine de la température fébrile. L'ytrouverons^ous? Nous n'osons nous flatter d'y réussir complètement^ nous marchons sur un terrain encore peu exploré.
Nous aurons cette fois pour principaux guides les médecins français.
Les analyses quantitatives des principaux éléments du sang dans lés inflammations et les fièvres, peuvent se résumer de la manière suivante : dans les premières les moyennes généralisées indiquent une diminution des globules, une augmentation relative de l'eau, une augmentation considérable de la fibrine et une tendance marquée de raUmmine à l'auge mentation. Dans les pyrexies, la fibrine tend à diminuer, les globules diminuent, l'eau reste normale ou s'amoindrit, l'albumine s'élève au contraire (Andral, Gavarret, Becquerel, Rodier).
' La fibrine est en excès dans d'autres maladies nullement fébriles, comme la chlorose, ou diminue dans les pyrexies tes plus élevées en température (typhus, scarlatine)^ les globules diminuent dans l'anémie aussi bien que dans les phlegmasies, d'où la conclusion que la chaleur morbide^ élément commun aux phlegmasies et aux pyrexies, n'est pas en rapport simple ou direct avec le» modifications des éléments du sang que nous venons de citer, autrement nous n'aurions pas de différence aussi sensible entre le sang des inflammations et cehri des fièvres.
Il feut donc rechercher daÀs la compoi^tion du liquide nourricier, quel est l'élément dont l'altération étant commune aux deux affections, puisse expliquer l'élévation de la température qui leur est également commune. Cette recherche a été faîte, et Téquation s'est trouvée non dans les éléments primitifis du sang, mais dans les produits de leur éombustion : Furée et l'acide carbonique. Picard (de Guebwiller), après avoir établi expérimentalement que le sang humain renferme 0,016 d'urée pour iOO^ a montré que, dans les inflammlitions comme dans les pyrexies, on en trouve 0,0236, c'est-à-dire 0*^,009 de plus qu'à l'état normal. Si on trouve oette augmentation faible,! on doit se souvenir que les reins éliminent--incessamment el actiremeiit le surplus d'urée. Voilà^ donc un élément comnlun trouvé entre les deux affections, et cet élément est le même que celui que nous ffvons tu dans les urines marcher parallèlement avec la température. - •
• Avant de tirer d& conclimen, rappebos enoare des expériences plus
804 CHALEUR. — chaleur dans les iulabibs (température).
récentes de Coze et Fellz. Les expériences nombreuaes relatées dans cernémoire (350), ont été faites sur des chiens et des lapins, rendus roaUde par inoculation du sang infectieux. Les auteurs ont recherché dans le sans l'urée, le glucose, et dosé la quantité d'acide carbonique. Nous ne tirerons de leur travail que les conclusions les plus directement applicables an nôtre. Pendant toute la durée de la maladie, onr a trouvé une augmenth tion de plus en plus considérable de Turée, et de plus en phis petite de h glucose, et la température a constamment augmenté proporlionndleiDeit avec Turée. Pendant cette même période, les gaz dosés dans le sanj, montrent une diminution graduelle de Toxygène et une augnoentation de plus en plus forte de Tacide carbonique, dans le sang veineux et artérid. La proportion des gaz est donc, elle aussi, en corrélation avec Télévation de la température.
Les faits que nous venons de signaler, les expériences de Billroth qui dans de nombreuses injections de matières putrides a vu constamment une augmentation de température suivre de très-près, et les résultats qui découlent des travaux sur les urines dans les maladies fébriles, se rapprochent et se renforcent en convergeant vers une eonchision unique, qui en est comme la synthèse : l'augmentation de combustion des matières albuminoïdes et hydro-carbonées dans le sang, et probablement des globules rouges, comme cause de la température fébrile.
De nouvelles recherches nous paraissent nécessaires pour élucider coinplétement ces grandes questions et pour fixer définitivement les rapports de la chaleur avec les urines, le sang et les produits exhalés des poumoœ.
Weikart s'est donné pour tâche de rechercher à quel degré de la impérature du sang la vie devient impossible, et comment une température surélevée amène la mort. 11 a conclu de ses expériences sur le point et coagulabilité du sang, que ce point correspond ver» iy centigrades, et que chez les animaux amenés artificiellement à ce degré, le sang se coagule dans le cœur. Une température fébrile excessive pourrait donc amener par elle-même des résultats approchants, et la mort comme renseigne Liebermeister, deviendrait le résultat direct de l'excès de la chaleur morbide.
J. Effets de l^ugmektation de la tehpératdre. — La condusion par laquelle nous venons de terminer le paragraphe précédent, nous expliqt^ certains autres effets de la chaleur fébrile, tels que ramaigrissemenl^ b pâleur, qui surviennent si rapidement dans les affections aiguës. On ait depuis longtemps que, tandis que les névroses les phis graves subsistent des années sans altérer la nutrition, la fièvre, dès les premiers jours, trouble celle-ci de la manière la plus éridente et condmt, si elle dore quelque peu, à une véritable consomption. Le mot de consomption des anciens, simple métaphore pour eux, est donc aDJourd'hni une véritable formule chimique. Un autre élément de dépérissement ou d'époisemeot dans les fièvres est sans doute la diète et la non-absorptidnl
K. Température et lésions oroankhjes. — La question à résoudre est eelle-ci : La chaleur fébrile éiftane-Uelle de l'organe euDaimné? ]!(ous
CHALEUR. — CHALEUR DANS LES MALADIES (tEIIPÉRATURE). 805
sommes loin, si ce n*est par le temps, du moins parles idées, de l'époque où l'école anatomo-pathologique d*alors ne voyait dans la fièvre qu'un effet {\e réchauffement produit dans Torganisme par la lésion locale, considérant celle-ci comme un foyer d'où s'irradiait la chaleur fébrile. L'espèce de conciliation tentée plus récemment par Virchow pour faire dériver des organes enflammés les produits de combustion trouvés dans le sang (para fibrine), et Pardente polémique soutenue dans le même sens par Zimmermann (deDantzig), n'ont pu davantage se soutenir, ni devant l'expérimentation, ni devant l'observation clinique. Billroth, dans ces derniers temps, reprenant les expériences de John Hunier a démontré comme le savant anglais, qu'en plaçant un thermomètre dans des organes, naturellement ou artificiellement enflammés, et un autre dans l'anus, on trouve toujours l'organe malade moins chaud que le sang, ce qui serait impossible si le premier était le foyer qui échauffe le second. L'interprétation de ces expériences a, il est vrai, tout récemment été constestée par John Simon et 0. Wagner; elle perd d'ailleurs beaucoup de son intérêt, quand on se rappelle avec quelle rapidité la circulation fébrilement accélérée opère la diffusion et l'équilibration du calorique entre les organes et le sang (recherches de Marey).
Les lésions organiques ne semblent donc pas dominer la température. Nombre de fois la chaleur morbide s'établit sans qu'il y ait encore de localisation organique appréciable, souvent aussi la défervescence survient quand des signes d'altérations viscérales profondes se manifestent encore et persistent même après le retour de la chaleur à l'état physiologique. Ainsi, dans la pneumonie, le frisson précède tout signe d'altération locale, et, lors de la défervescence, la chaleur fébrile disparaît souvent un ou deux jours avant qu'aucun signe de résolution ne se soit manifesté (Hirtz, Grisolle).
Enfin, n'y a-t-il pas un certain nombre d'affections fébriles aiguës qui amènent la mort sans que l'autopsie fasse découvrir de lésion qui puisse l'expliquer, comme cause, et où il n'y a eu d'autre complication qu'uijie excessive élévation de température? JiC typhus, la fièvre pernicieuse, la scarlatine eu fournissent de nombreux exemples. Quant aux lésions trouvées dans ces circonstances, elles sont l'effet et non la cause de la haute tennpérature.
Une autre question se présente ici : Y a-t-il en dehors des altérations du sang et des sécrétions des lésions d'organes qui puissent être considérées comme l'effet direct de la chaleur fébrile? A cette question, d'une im* porlance pratique et doctrinale de premier ordre, répondent les £aits suivants : Depuis longtemps Andral et surtout Louis ont montré que dans les fièvres graves certaines lésions doivent être considérées comme consécutives à l'action fébrile ; la rougeur^ la séoheresse , l'ulcération de la langue, de la muqueuse buccale et pbaryQgo-4aryngés, et même certaines érosions de la muqueuse gtstro-intestinale ont été rangées dans cet ordre. Dietl, en Allemagne^ a signalé comme appartenant au même genre de faits la destruction de la moqueuse et du périoste palato-nasal, ainsi
806 CHALEUR. — chaleor dans les maladies (temimSiiatdiïe).
que les gangrènes et ulcérations cutanées, survenant dans les mètoes circonstances.
Des recherches d'anatomie pathologique plus fines, faites par Zenkcr, Kuhne et autres, ont montré le tissu musculaire subissant de profonécs altérations régressives sous Vinfluence de la température élevée ; dans le mêmes conditions Schclske a constaté expérimentalement la diminstioii de rirritabilité des muscles et du cœur, et Harless cdle de Texcitab^ des nerfs, ce qu'il attribue à la fonte de leur élément graisseux. Rappelon encore les expériences de Weikart, montrant qu'à 43* la fibrine du stag se coagule dans les vases et dans le cœur.
Liebermeister, rappelant quelques-uns des faits que nous venoi» d'énoncer et y ajoutant ^es propres recherches, établit que chci les indidus morts de fièvres graves à température élevée, typhus, scarlatine, elc, on trouve généralement des altérations parenchymeuses simultanées en foie, des reins, de la rate, et surtout du cœur et des muscles, des ramollissements caractérisés par une dégénérescence graisseuse des éléments cellulaires et des fibres primitives. Ces lésions, selon lui, ne peuvent être que le résultat de la température élevée, seul élément morbide prédominant. L'excès de la température, selon le professeur de Bàle, agit en altérant la substance musculaire du cœur et des vaisseaux, et en produisant ainsi une paralysie de la circulation. La malignité dans les fièvres n'et pour lui autre chose que reflet destructeur de la température trop violente sur les éléments des tissus.
Nous ne voulons nous élever ni contre les faits cités par Liebermeister, ^ont nous avons constaté une partie, ni sur leur interprétation pour un grand nombre de cas. Mais nous sommes loin de les interpréter d'une manière aussi absolue, et de refuser aux autres éléments de la maladie, et notamment à l'altération infectieuse du sang, et à la modalité individuelle du système nerveux, leur part dans les troubles organiques ; feirt autrement ce serait manquer à l'observation clinique en faveur d'ut» hypothèse.
C'est ainsi que les observations deRosersur la fièvre pyémîque; !« idées de Ch. Sédillot sur lorigine urémique de la fièvre, suite de cathelé^ risme, les expériences de Billroth sur Teffet des injections putrides, non montrent que dans certains cas la température est en rapport avec une origine infectieuse.
Yl. Valeur «éméloflque de la tempëralore. — LatempénAnre est aussi fixe au moins que le bruit respiratoire ùormal. Toutçs les îwî que la chaleur du corps dépassera 38* nous pouvons affirmer qu'il y t fièvre, et toutes les fois qu'elle sera au-dessous de 50* nous serons ea présence d'un étatalgide. Ainsi, dans l^étroite limite d'à peine 2% se meal la chaleur normale. La température pathologique n'en parcourt pas neuf; et on comprend dès lors avec quelle précision se constate l'état fébrile et combien chaque degré ascendant et descendant preàd de valeur, pour en déduire la marche, la modalité, et pour comparer «lire elles les déférentes espèces de pyrexies. Quelle supériorité sur le pouls qui parcourt
(iHALEUIU — ciuiBijR j)AKs vss mauiubs (TRMPiBiyuav)» 807
une gamme de cent cinquante pulsations par minute et peut dépasser la «orme de trente pulsations sans indiquer sûrement la fièvre! S'agit-il de s'assurer rapidement de la signification d'un état morbide» par exemple <i'une TÎolente céphalalgie, d'un frisson? Rien n'égalera en sûreté une vérification thermmnétrique.
Trou? e-t^on une température normale, ou légèrement élevée, on peut «n général affirmer que la maladie est sans conséquence. Constate-t-on au contraire deux ou trois degrés d'élévation dans la température, on est certainement en présence du début d'une maladie sérieuse. D'autre part la température révèle plus d'une maladie latente: une indisposition, en apparence légère, accompagnée de chaleur vespertine, masque souvent le début d'une complication organique, inaperçue et grave. La récidive, pendant la convalescence, ne se trahit souvent qu'à ceux qui suivent la maladie avec le «thermomètre. Beaucoup de fièvres intermittentes, en apparence guéries, présentent encore des accès larvés, que le thermomètre peut seul démasquer, avant leur explosion au paroxysme. Nous reviendrons sur ces divers objets en parlant du thermomètre appliqué au diagnostic.
Nous n'avons voulu ici qu'esquisser la valeur séméiotique de la chaleur et montrer à ce point de vue sa supériorité sur les autres lésions fonctionnelles. En effet, elle distance, sous ce rapport, considérablement les deux autres signes de la fièvre, le pouls et la respiration.
Tandis que la température normale est la même pour tous les individus, dans toutes les conditions, le pouls varie selon les âges, les sexes, la taille, l'idiosyncrasie, les impressions morales, les mouvements, même les plus fugitifs. En dehors de la fièvre, il obéit à bien d'autres moteurs dérivant des maladies du cœur ou des poumons; même dans certaines fièvres il se ralentit, comme dans la période compressive de la méningite, et en général dans les fortes irritations du centre nerveux. Il suffît d'un mois d'observation comparative entre la chaleur et le pouls, pour se convaincre de la valeur subordonnée de celui-ci, et une accélération de vingt à trente pulsations a certainement moins de signification pathologique qu'une minime augmentation de température. Nous en dirons à peu près autant et plus encore de l'accélération des mouvements respiratoires. Eux aussi, obéissent à maintes influences étrangères à la fièvre ; l'impressionnabilité nerveuse, la dépression des forces musculaires, les douleurs pectoorales,. les lésions du cqeur et des poumons,* sont autant de facteurs qui influent sur le mécanisme respirataire.
Il n'en est pas moins vrai qu'au point de vue du pronostic, et en saine clinique, la supputation de la température ne suffit pas, et que sa valeur se trouve singulièrement rehaussée par sa comparaison avec les modiGcations subies par les autres grandes fonctions, et notamment par la circulation. Citons \Ln exemple, emprunté à la clinique de to^s les temps, et mieux compris depuis l'étude de la thermométrie.
Dans les fièvres graves (fièvre typhoïde, typhus, scarlatine, miliaire, etc. •et même dans oerl^ines inflammations très-Iébriles (pneumonies, pleu-
•896 • GHALEIW. — c^Abetm &A!is lb6 vâladics (tEMPmAnwx).
résies typhoïdes), on d^serve souvent une délérvescence très-rapide; k thermomètre tombe subitement à la normale et au-dessous; d'aatfcsfab la défervescenee se borne aux extrémités, et le tronc, sortoutan ik»,r6<e chaud. Cet état, si bien décrit par Tbierfelder et Wunderlich sovs kasK de collapsus^ indique un danger imminent, et les anciens Ta^aîeiit p«fiteroent observé et compris : et Les malades attaqués de causas smtktlés à rintérienr par la flèvre, et sont froids à Tex teneur ; la langues h gorge deviennent âpres et se sèchent par TcCfet du souffle iaténe««t de la chaleur » (Hippocr., des Maladies j liv. 1, trad. Littré, X,\ p. 198).
A quel signe peut-on distinguer cette fausse défervescenee de celle 4|a annonce une heureuse solution? Le plus certain est sans coate^it Ictt du pouls et de la circulation qui, bien loin de se ralentir, prenneatn caractère de fréquence et de petitesse du plus mauvaise augure.
A. Valeur diagnostioue de la températurb. — Elle ne saurait diraciement indiquer la maladie spéciale, ni prononcer le diagnostic nonkoi; 'mais étant connue la Bxité primordiale de la chaleur normale, toute nodification sensible indique que l'homme est malade, et de plus qu'il ib fièvre, et vice versa^ toute constatation de la température phymologiipe éloigne immédiatement un certain nombre de maladies. Enfin unete» pérature au-dessous de la normale porte directement l'attention sw tataines espèces morbides.
Mais à ces résultats généraux ne se bornent pas nos conquêtes. L étwk
de la température nous indique non-seulement la naissance de la mabAf,
' mais sa croissance, son augmentation, son état stationnaire et sa temi-
' naison avec ses différents modes, rapides et gradués, critiqua ou Ifi-
ques. Elle indique encordes complications et les rechutes.
Bien plus, le diagnostic spécial, et cela dans les cas les plus perpleie. s'éclaire souvent d'une lumière subite par la marche de la tempéntuff. Dès les premiers' jours elle établit une dbtinctton tranchée entre aaeertain nombre d'affections inflammatoires {méningite, pn^nMnte, entéfile, ' angine, bronchites) et la fièvre typhoïde, et nous pouvons aifirmâripies! dès les deux premiers jours d'une maladie, la température s'élève éif entre 39-40**, cette maladie n'est pas une fièvre typhoïde. De cdl«i,lt typhus se distingue de la même manière : début rapide de la dnlor. acmé continue et très-élevée, défervescenee rapide à la fin du èeunèÊût septénaire, au lieu du commencement traînant et du décHn saccadé de b fièvre typhoïde.
La pyémie et la septicémie, quand le foyer d'infection. se 4érobe à Tifivestigation, présentent quelquefois une physionomie si scntblabieib ' fièvre typhoïde qu^elle fait hésiter les praticiens les plus exercés; sealk thermomètre fournit une lumière décisive : dans les deux premiers «, " la fièvre est composée d'une série d'accès qui, dans les vingt-qwfrf heures, présentent trois à cinq fois une température ascendante, (ahunante et descendante, avec autant d^ masrima et de minima différrtts. contraste frappant avec les oscillations régulières ^iqu'offre 4u matÉi «
CfiALEÇR. — cttALnm daks les VAiAptcs (rEiipéitATVBB). 9M
soir la ièvre typhoïde. Un fait semblable absorbe en ce moment Fattention des élèves de notre' clinique : Une femme de trente ans présente les phénomènes ordinaires delà fièvre typhoïde: prostration subdélire, selles diarrhéiques et urines involontaires, gargouillement iliaque, fièvre; mais cette fièvre a des évolutions particulières ; souvent la température du soir est inférieure à celle du matin, souvent le maximum (40*^5) tombe vers midi ; souvent aussi une nouvelle exacerbation se montre vers dix heures du soir; fréquemment des frissons annoncent la reprise de la chaleur : ce sont là les allures des fièvres d'absorpion, et nous diagnostiquons la septicémie, malgré l'absence de tout foyer perceptible. Vers le vingUhuitième jour, un érysipèle erratique de la face, et deux jours après un abcès métastatique horriblement fétide déclaré sous l'omoplate droite ne laissent plus de doute sur la nature de la maladie que l'autopsie vient de confirmer. ,
La méningite granuleuse se distingue par le même moyen de la méningite simple. Dans la première, poûnt d'élévation de température, quelquefois même, abaissement de celle qui préexiste, malgré la rapidité extrême du pouls, allant parfois jusqu'à deux cents pulsations parminute. Dans la méningite simple, au contraire, la température s'élève rapidement jusqu'à 40-41 degrés, et reste ainsi au moment , où le pouls se ralentit pendant la période comateuse. Ces faits, pour le dire en passant, expliquent comment, dans les observations de H. Roger, on trouve la méningite tantôt avec, tantôt sans fièvre. C'est que les deux espèces ont été confondues dans ses tableaux. Un fait qui s'est passé à notre clinique confirme d'une manière frappante les indications du professeur Wunderlich, auquel nous empruntons ce qui précède. Une jeune fille phthisique, couchée depuis longtemps dans nos salles avec une chaleur habituellement fébrile, offrit tout à coup les symptômes indéniables de la méningite tuberculeuse, à laqijtôlle elle succomba rapidement. De ce moment même la chaleur fébrile disparut et la température descendit au-dessous de la normale, sans que le pouls cessât d'être très-fréquent.
Plus d'unie (bis il arrive qu'une méningite très-violente passe pour une forte céphalalgie, et le médecin n'est détrompé que par la mort. Nous avons vu de ces cas, et nous croyons que le thermomètre eût pu seul prévenir Terreur. Nous pourrions en citer bien d'autres où celui-ci devient un instrumtmt précieux pour le diagnostic différentiel ; par exemple entre la fièvre paludéenne subcontinue et la fièvre typhoïde, entre les accès pyémiques et les fièvres d'accès, entre les épanchements séreux de la plèvre ou du péricarde et les exsudats purulents, entre la tuberculose aigué latente et la fièvre tjphoide.
Vers le décours des maladies, le thermomètre éclaire singulièrement les modes de termiaaisons plus ou moins favorables; la plupart des ouJadies fébriles ont, comme nous l'avons vu, leur mode de terminaison coiwu ; la cessation de la chaleur fébrile précède souvent celle de la ré- ^uiion locale, et œlle*ci s annonce pour nous d'une manière aussi certaine par le thermomètre que par les signes physiques. La longueur de
816 CHALEUR. ^- cuàLeoR h\M lu maawome* (tEHFtamofts).
la défervescence dans la pnauiimiîe, la pemataikoe d^une températoe vospertine életée dans le typhus^ la ûèvre typhoïde, les exanlhèmes aigus, avec une convalescence apparenta, sont des indices graves qui démasquent souvent des complications obscures et éclairent la conduite di médecin.
Un des plus grands services fendus et à rendre par les études thcnno* graphiques à la no8olofi;ie, consiste surtout dans la (ixatioa du caradère typique des maladies. Etant reconnu que chaque groupe morbide nil une évolution spéciale, mais régulière, dans sa période ascendante, àm son point culminant et dans son déclin; étant reconnu que ces diflèrentes phases se traduisent, mieux que par tout autre signe, par des conrbes tbermométriques particulières et préfixes , il sera bcile de calculer par avance la marche des maladies fébriles, et de constater les perturbatioas qu'elles subissent, afin de savoir si l'on peut se confier dans l'expectalien ou si l'intervention de Fart est nécessaire. Nous verrons que sous ce dernier rapport, le thermomètre prête à l'étude des agents phannacodyoïmiques des lumières non moins précieuses.
Nous pensons qu'il est inutile d'ajouler que, si importantes que soient les notions thermométriques pour la fixation du dii^nostic, elles ne dispensent pas le praticien de grouper autour d'elles tous les autres élémeoto séméiotiques ; de l'ensemble seul résulte le relief de la physionomie morbide.
B. Valeur pronostiqiie de la tempéaatubb. — La fièvre n'est pas seulement l'élément le plus dangereux dans les maladies, elle est selon Texpreesion de Wachsmuth le danger lui-même. La gravité de ce danger étant d'un autre côté proportionnelle (toutes choses égales d'ailleurs) à riateosité de la température, on comprendra dès lors combien le pronostic doit s'éclairer aux lumières de la thermomctrie. Nous ne voulons pas àiit toutefois, que le degré d'élévation de la chaleur soit la seule expressiofl du pronostic, nous reconnaissons, au contraire, que la modalité de U fièvre conditionnée par l'état des forces, le caractère du pouls et de li respiration, le degré et la qualité de l'intoxication infectieuse, etc., réclament une large part dans la prédiction de l'issue d'une maladie fébrile. Cependant, il est des auteurs, et parmi les plus récents^ et parmi les plut autorisés qui soutiennent que la malignité dans les fièvres est constituée en dernier ressort par l'excès de la chaleur du sang, et que les phéao* mènes nerveux dans les fièvres graves, délire, soubresauts, etc., en dépendent virtuellement.
Le professeur Liebermeister dont nous avons déjà cité le mémoire i propos des lésions anatomiques postériem*es à la fièvre^ s' appuyant sur ces lésions, rappelant que dans les lièvres malignes et pernicieuses, b chaleur thermométrique est toujours la plus élevée, se demande si la chaleur par elle*méme, alors qu'ellfs atteint une intensité tout à fait extréoie, nf serait pas capable de provoquer à elle seule les accidents de malignité qui amènent la mort. Les recherches expéri[n^ntales sur les a^ûmaux, lui oftt démontré ainsi qu'à d'autre^ oUerv^teu^rs, jq|ie les mamnùfère^ et ks
CHALEUR. -^ cRAicim DiMs lïs mauu^im (rBiPjfiiUTViifc). 811
oiseaux succombent infâiHiblement larsqn^ leur température est poussée à 6 et T*" au-dessus du point physiologique. Il rappeUe aree Baer^Mprung, que la chaleur maximum observée chez Tbomme est de 43"%, et croit comme hii que Tabsence d'une température plus élevée démontre Tim^ possibilité de la conservation de la vie au delà de ce terme. Les recherches de Weikart, que nous' avons déjà citées, et qm prouvent qu'à ce moment le sang se coagule, semblent confirmer cette doctrine. Les statistiques de Wunderlich patient dans le même sens. Le professeur de Leipzig croit aussi qu une température dépassant 42^5 entraine forcément Ja mort, et qu^une température continue de 41** est déjà un signe fâcheux. Sur 45 cas de typhus eianthémateux, il observa 5 fois des* chaleurs de 43^ et plus ; les 5 cas se terminent par la mort. Sur 20 maladesr chei lesquels la température se maintint entfe 40 et 41'', îl y eut 9 morts, et ce furent les malades les plus rapprochés de 44*.
Liebemieister fournit une statistique analogue, et il la renforce de celles de Roser, de Ziemssen et de 0. Web^. -^ Depuis de longues années que nous déterminons par le thermomètre, matin et soir, la température de tous les itialades de la clinique, nous avons pu vérifier dans leur généralité, l'exactitude des observations que nous venons de citer. Nous affirmons à notre tour, que nom avons vu rarement If température dépasser 41*9, pendant plusieurs jours, sans qu'une issue fatale ne soit venue confirmer l'extrême gravité de ce signe.
Disons toutefois que, exceptionnellement, nous avons vu, comme Wunderlich, quelques individus, qui sans être bien malades, présentaient passagèrement une température constante de 42*. Ce fait s'est rencontré deux fois cette année encore dans nos saHes sur 2 hommes atteints d'érysipèle à la face ; ils guérirent tous deux sans présenter de phénomènes graves ; et il y a peu de jours encore qu'à la Clinique de Strasbourg, dans un cas de fièvre tierce simple et bénigne, le thermomètre a marqué feiu nnmient culminant de la Chaleur 44<». C'est la phis forte chaleur que nous ayons observée et dont nous ayons connaissanéé, et nous avons pris toutes les précautions pour écarter toute chance d'eiretir. le malade guérit. A trois lits plus loin, nous observions, le même jour, sur un malade albuminu-^ rique se mourant d'urémie, une température de 54'*.
Ces faits tout exceptionnels qu'ils soient, pi^ouvent néanmoins une fois <Ie plus, qu'en clinique, l'es signes même les plus certains ne valent qu'autant que d^autres éléments de la maladie viennent les renforcer. Ce qui le prouve mieux encore, c'est que la chute subite de la température n'est pas non plus un signe absolu d'améKoràlion, elle annonce en effet, Quelquefois dans les fièvres graves et dans d*àulres maladies infectieuses, urémie, intoxication, etc., un collapsus mortel. Le pouls, nous le reflétons, devient ici, comme nous l'avons vu, un signe différentiel précieux, car il s'accélère en raison directe de la diminution de la chaleur et de l'imminence du danger. Nous avons donné plus laut la théorie de ce fait. Nous avons déjà fait ressortir les l'apporls qui fient, au point de vue de révolution thérmogène, les périodcà de début, d'état et de défervesccnce
ti) CHALEUR. — CHUEPR DAKS LCS lIALABtfiS (tCHPÉKATITIE).
des maladies {èbrile«. Cw faits penvent éclairer le pronostic. Plus la chaleur augmente rapidement aa débat, moins ordinairement elle dure, el plus rapide aussi est la défertescence ; une fièvre d'accès, un typhus, une inflammation peuvent selon le cas se présager.
Quand la chaleur fébrile s'établit lentement et s'élève graduellement, elle présage une maladie ordinairement de' longue durée et dune décroissance lente. Selon Spielmann, la gravité de TafTection est en général plus grande quand la température prend le type continu, puisque ce It^ laisse supposer la présence de complications inflammatoires. Dans la Bètre typhoïde, Thierfelder croit avoir remarqué que la fièvre est plus înlen^ et le pronostic plus grave, quand dans la seconde moitié de la première semaine, il ne survient pas une diminulion passagère de la température. La moK devient très-probable , lorsque, pendant deux ou trob jours, la température s'accroît d'une manière continue sans présenter de rémission. Si Texacerbation qui coïncide ordinairement avec le soir, se montre le matin, elle continue ordinairement sur ce type pendant loat le cours de la maladie et indique souvent un élément palustre (Smoler). Si la température reste élevée quand le pouls est tombé, la èonvalesceiKt n*est pas franche (td). Si à Tinverse, le pouls reste encore un peu fréquent après la chute de la température, quand même les lésions locales deb maladie persistent, la convalescence ne tarde pas à se confirmer (id> L'exacerbation vespertinc toujours marquée par la chaleur ne Test p« toujours par le pouls. La peau sèche ou la peau sudorale coïncident ég^ ment avec la chaleur ; mais dans ce dernier cas, le malade souffre moin> Une température très-èlevée, ou se soutenant longtemps à une élévatiou prononcée est un signe ftcheux. Sauf les fièvres intermittentes, la température décline plutôt graduellement que subitement; le premier modeesi de meilleur augure que le second et plus exempt de rechutes. Une chult rapide de la température, avec augmentation de la rapidité du pouls et un signe fâcheux.
Une grande différence entre la température du matin et celle du sorr est un signe favorable, même si cette dernière est Irès-élevée. Souvent h température s'élève avant la mort, mais le fait est loin d'être conslan: (Smoler).
L'observation continue de la température montre de la manière la ^^ certaine le degré de la maladie, ses oscillations, ses changements, soe aggravation ou son amélioration et sa terminaison. Elle en montre h irrégularités, suite de complications ou d'influence thérapeutique: dt en annonce la solution mieux qu'un autre signe.
La maladie n'est pas terminée, si à un momentquelconque de la journeE la température est en excès ; pendant la convalescence, le premier sipi de la rechute est donné par la température, quelquefois plusieurs joon avant tout autre symptôme.
L'approche de la mort peut, avec ou sans les autres signes, se prèsafs par Tétat de la chaleur. Une chute de la température au-dessous de î^ normale ne a' observe que dans peu de cas; on 1* observe dans la déferres-
CHALEUR. — CHALEUR DtAHS LBS JULilBIBS (baTVRB ET- OBlfitBB). 819
cence heureuse des inflammations, pendant la rémission matinale des fièvres intermittentes, entre deux accès de fièvre iatemîltenle (nous ajouterons : après Tadministration de la digitale;, dans tous ces oas la température ne tarde pas à reprendre son degré uormaL Elle baisse encore démesurément dans le coUapsus aigu» dans certaines cachexies chroniques, quelquefois pendant Tagonie. Une répartition très-inégale de la température sur les différentes parties du corps sur?ient dans la période aigîde de la fièvre et du choléra, dans le collapsus des fièvres malignes, et peu» dant l'agonie.
La valeur des signes tirés de la température doit être renforcée par Tétude de tous les autres éléments de la maladie.
VII. Natore et origine de la ebaleor iiiorM#e. — Cette origine n'est et ne saurait être autre que ceUe de la chaleur normale, c'est*à-dii« la combustion des éléments organiques, celle des produits hydro-carfourés, de Talbumine, de la fibrine, des globules sanguins. Seulement, au lien d'une oxydation lente et graduée, nous avons une combusiionsus-activée; c'est elle qui produit la chaleur morbide dans toutes les espèces de fièvres; c'est elle qui se montre par ses résidus accumulés dans le sang (m éliminés par les urines et la respiration ; c*est elle enfin qui explique l'usure consécutive des tissus et des organes par la fièvre.
Mais cette combustion, qui lallume ? Née instantanément dans le corps vivant, elle ne saurait être un fait exclusivement et passivement chimique.
Est-ce la lésion locale, est-ce l'organe surchauffé par l'inflammation qui communique la chaleur au corps entier conmie un calorifère à un espace clos? Nous avons vu précédemment que les expériences de Uunter, récemment confirmées et développées par Billroth, démontrent, le thermomètre à la mai n, que le sang est toujours plus chaud dans la fièvre inflammatoire, que Torgane enflammé, et d'ailleurs les fièvres dites essentielles ou primitives existent sans inflammation locale.
Est-ce la rapidité du pouls? Cette théorie mécanique ancienne appliquée à Torigine de la chaleur normale ne peut se soutenir; les m^es objections se présentent pour la température fébrile ; nous n'y reviendrons pas.
Celle-ci est-elle produite par une fermerUationî Les fièvres de cause infectieuse ; la température fébrile suivant de près les injections putrides ou purulentes (Billroth) ; la présence de bactéries et de vibrions dans le sang des typhiques (Tigri) et dans celui des animaux artificiellement infectés (Coze et Feltz), seraient un argument en faveur de cette hypothèse* Mais ces faits ne sont pas encore acquis comme constants; ils manquent dans la fièvre inflammatoire, et quand ils existentavec certaines pyrexies^ la combustion moléculaire coexiste toujours et peut revendiquer pour elle la production de la chaleur.
La chaleur fébrile serait-elle Teffet, non pas seulement d'une production exagérée de calorique, mais encore de la rétention anormale^ d'une déperdition insuffisante? C'est la question que: vient de se poser Toaube,
MA C31ALEUR. — ««Aisot iaii ues muuNaB (sitnafi sr oitiaiE).
et il y est amené ptr quelques objections sàrieuaee qu'on petit faire à la théorie do la combustion telle qu'elle est ceoçue géoéralemeet. L'arée, qu'on a donné comme la mesure du travail eonsbuatif, peut se préieiÉr en excès dans les urines sans ancune augmentation de duleur, amm par exemple après une altmentalioa richement axotée; elie nne cheiks hommes selon ralimentation sans aucune différence de fteaipéralMre.fiyi beaucoup de fièfrea Turée ne dépasse et quelquefois n'atteint pas le diKIire normal.
Les médicaments antipyrétiques enrayent la température, elVuréettitintteà se montrer en excès (Wascbsmuth, Hirtz^ avee quinine ei digiuku L'oxydation peut donc être augmentée ou diminuée dans le asng saas » flner sur la chaleur du oorps* Dalà^Traube conclut que «•; dans la fièmb chaleur augmeote^oe neat paaaeulemeAt parce qu'elle aeproduiteaexcèN mais qu'en, terlu d'un é|al particulier du système nerrns l'aetisa ooapensatrice qui doU produire une déperdition propoctionnelloeat eotnTée. Le professeur.de Berlin admet qu'une sorte de détente du sjstèose cénbro-spinal porterait sur les Taso-moteurs du grand sympathique^troaUtrait l'action, régulatrice qu'ils exercent sur les capiUaires su(»er6ciek refoulerait dans les profondeurs sang et calorique ,. et produirait m l'accumulation de celui-ci..
C'est sous une forme asaaz obscure.la théorie fébrile feii 4}laire, flu> assez incomplète de Marey ; celle-ci, en effet, nou& moatre daiâkal^ leur extérieure du corps l'expansion circulatoire de la température pr^ fonde ; mais^lle reate muette sur la cause de laugmentation origiaelkit celle-ci.
Les objections de Traube sont sérieuses ; sa théorie en donoe-t^^'* solution? Des recherches ultérieures sur les fonctions nenreuses daDsiistimité des organes nous l'apprendront. Wachnnulb reproduit ei êfx^ les objections de Traube^ mais il croit y éobapiper en euhstituaaL à f théorie tbermogène par l'urée, la combustion d'un élément de saig niErt que les matières albumineuses et bydro-carbonies, c'est-à^lifie des giohkr sanguins.
« Selon lui, le seul élément constant se retrouvant toujours dans I'oe^ fébrile, c'est le résidu hémato-globulin et la nuitière colorante dusug^^ ce serait la combustion des globules qui déterminerait la produetioo^caloriq^e fébrile. Cette idée^ fondée en observation, noua paaiL ^ exclusive dans^sa généraiisatioa. Ëo résumé, o*est donc toujours àaa i<# île combustion qu'aboutissent la logique et 1 observation» maiatnfloreB» fois, soMs quelle influence naît et s'entretient ce traii%il7 ^t comment 0 fois produit slar râte^l-il ? La naissanoeiastaiitanée, le : dét eWpp^ot souvent si prompt, ei le déclin parfois si rapide de la «hal0«rlébrile,s diaparition subite par Temploide certains moyens^ quîniae^digilak; s durée malgré la diète, les rafraîchissants et les epoliatîona, ^létouroeol^ fidée^'un acte spontanément et primitivement oÛmtquê^ et tadiqueat« OMse <ic$ive ^i ailnme et éteint la combustion. Cette osAse ne saitf* lôtre autre que le système nerveux.
CHALEW. — euÀi^VR baks veb «subies (inbicatiohs THiitAFBimQufis). 8iS
Dans la fièvre, ce sertît done raction compensatrice et modératrice des nerfe iTranbe) qui serait paralysée, particulièrement celle de la moelle allongée, d'où partent les vasonmoteurs (Schiff); et on s'explique ainsi la prostration générale, le malaise précordial, Tanorexie, la Rréquenee du pouls, en même temps qu'on comprend mieux pourquoi près de l'agonie la chaleur augmente si souTCnt.
Quant aux effets généraux de la chaleur fébrile, nous les avons montrés en étudiant la température dans ses rapports avec les autres éléments tnorbides. Nous avons tu que le sang surchauffé, surmené, chargé de principes excrémentiels, altéré en un mot dans sa composition et dans sa pression, trouble les organes dans leurs tissus et dans leurs fonctions, opprimant ou surexcitant le système nerveux, précipitant le pouls et la respiration, altérant ou suspendant les sécrétions, troublant profondément la nutrition après avoir été troublé par elle, et amenant enfin, si la chaleur est trop élevée ou trop durable^ la paralysie du cœur et l'épuisement du système nerveux. Comme phénomène constatable, c'est h cha-^ leur exagérée qui est f essence capitale de la fièvre, c'est ta chaleur qtri est la eavse productive de ses ravages ; Galien l'avait déjà dit : « Cdàr pr»tematuratis substanHa febriumy b et les noms donnés à la fièviie par les Grecs et les Latins ne signifient pas autre chose. '
Vllf. inMciitioiis t^érapeotlimew Mndées sur to MMleor ttaoribide. — Si la chaleur morbide n'était qu'un signe ou qu'u^ symptôme, il neiserait pas nécessaire de lui consacrer un traitement : cehri-ci se déduirait logiquement de la lésion causale. Mais la chaleur morbide n'est pas, nous le savons maintenant, uniquement un signe pathognomonique de la fièvre, elle en est l'élément fondamental et primordial : la fièvre elle-même n^est pas seulement l'expression directe et le résultat itnmé-^ diat d'un désordre grave dans rorganS9me,mais aitssi l'agent ultérieur de désordres consécutifs; en un mot, la chaleur fébrile n'est pas seulement un symptôme, mais une lésion, mère de beaucoup de complications ulté'rieures ; aussi le praticien, comme le vulgaire, y attache- t-il une importance extrême, si bien qu'un homme qui n'a plus de fièvre semble déjà à peu près guéri.
La fièvre, il est vrai, nous Tavins vu, est un état complexe qui comprend l 'altération de la plupart des grandes fonctions î circulation, innervation, respiration, sécrétion, nutrition, etc. Mais c'est en définitive la chale:ur morbide seule qui est l'élément capital de la fièvre.
f^a chaleur^ en même temps qu'elle est le phénomène dominant, est aussi celui qui produit et explique tous les autres, et nous avons vu par les travaux de Louis, 'de Liebermeistcr et de Weikart, combien elle est par elle-même un agent destructeur des humeurs et des tissus. Ce seraft donc déjà beaucoup, à ces divers points de vue; que de l'enrayer pour maîtriser ces lésions fonctiomielles secondàrires; qui ne sont d'ailleti<^ ni les moins douloureuses ni les moins graves, comme la céphalalgie, le délire et l'insomnie, et souvent elles sont plus onéreuses que la maladie elle-même. • . ^ '"
8i6 CHA[£(]R. CHALEUR yàJtm le» llàbABIES (iNMGAneM^ntefBfTIQCttl.
Mais rimportance thérapeutique de la cbaleur fébrile ne s'arrête pt là : «n la détruisant, on entrave ordinairement du méoie coup le ikstloppemenl de la phlegmaste, dont elle est le symptôme. Un de nosélm, Coblence, a démontré la même vérité clinique pour la pnemoaie et lé rhumatisme aigu. Si ces faits, comme nous Tespéroiis, preBiieiitnii dans la pratique usuelle, il sera du plus haut intérêt de trouver des a^eiti eapables de neutraliser directement la chaleur fébrile.
Il résulte en effet de ces recherches que, sous l'influence de ceita médicaments, on parvient à arrêter complètement la fièvre inOan» toire, avant que la résolution locale ait commencé, et que la fièvre, m fois arrêtée, l'engouement ne tardé pas à se résoudre spontanément. Li même chose a lieu pour la fièvre typhoïde.
Étudions donc les moyens que nous pouvons opposer à la ch^ morbide.
Remarquons encore ici que la chaleur vitale, si constante à l'état physiologique, si réfractaire à la plupart des influences de climat, d'alinéatation, etc., est plus facile à modifier lorsque, par une cause morUt elle a dépassé ses limites normales ; de là une certaine bôlité d'à triompher par les agents antipyrétiques (Wunderlich).
Parmi ces agents, il en est qui sont purement hygiéniques; leuriifluence parait ressortir de la physique générale : ce sost ce«x qui ùmbent le calorique. On les désigne sous le nom de Umpérants.
Ce sont plutôt des adjuvants que des médicaments. On y range (viaopaiement les boissons fraîches, les lotions d'eau tiède ou fraîche, pan ou vinaigrée, les bains et les lavements froids, les ablutions, les aQiuiaK, l'hydrothérapie. Le caractère général de cette médication, c'est de iV voir qu'un eÛei t^oiporaire; la chaleur, un instant abaissée, ne tarde pu à remonter, ce qui exige la continuité de leur emploi; même les bai» froids, d'après les récentes expériences thermométriqoea 4e Frôlich, qai les a employés dans la fièvre typhoïde, ne donnent qu'un abaisseoKoiè température momentané d'un degré centigrade au plus. Ce sont donc de moyens qui, tout en soulageant grandement, ne guérissent point directement. Il est à croire cependant que leur action atdjuvante devie&t pkî efficace quand les malades sont placés sou| l'influence déprimante àm agent antipyrétique. De récentes expériences du professeur Walther tdë Kiew) montrent que chez les animaux préalaUement influencés par^k^ moyens hyposthénisants, la réfrigération artificielle détermine un ^kùt sèment bien plus rapide de la température que che9 cèur qui n'ootpfl absorbé de substances médicamenteuses.
D'antres agents thérapeutiques paraissent perler directement leur a^ tionsur les éléments mêmes du sang, tels sent : h diète, la saignée, k nitre, les alcalins, les antimoniaux, le plomb et les mercuriaux. Ils sea^ blent agir sur la plasticité du sang et son.oxyddulité.
l"" DiHe. — La diète, commandée, par rinatînct,, imposée par la 1^ gique^ sanctionnée par rexpérience, est certanieai^ntt; des plus 9^^ iiKryens de la médecine antipyrétâque» Les exp^rienees sur J'eiTotde rii»-
CHALEUR. — CHAUwa daks lbs haudies (immaatio^s liiéfiAPEUTiQUEs}. 817
mtioD, sur la tempéralwe et sur les uriaes, le proclament à leur tour. T Émisêions sangmnes. — Les émissions sanguines (saignées, ventouses, sangsues) diminuent la température ; les hémorrhagies survenues pendant la lièvre le démontrent cliniquement. A la suite d'une saignée, le thermomètre baisse de 1*" à l"" 1/2, mais cetie diminution est loin d'être constantes et moins encore durable; trois fois sur sept, il n'y eut pas de changement (Baerensprung) ; deux fois il y eut augmentation de cinq dixièmes avee syncope. Les tableaux de Thomas montrent dans la pneumonie, après la saignée, une diminution de deux dixièmes de degré un quart d'heure après; cette diminution jdure un autre quart d'heure, puis la chaleur remonte au degré primitif. Les observations de Spielmann, les nôtres et celles qu'on trouve dans les auteurs, fournissent des résultats très-variables ; le plus souvent il y a diminution temporaire de la chaleur, quelquefois pas de résultat du tout. Lés expériences de Baerensprung sur les animaux, peu concluantes en général, parce qu'elles portent sur des états noa fébriles, offrent cependant pour résultat une diminution notable de la température, qui atteint son minimum 6 à 8 heures après la saignée, pour se rdever ensuite et dépasser quelquefois la normale. Quoi qu'il en soit, la saignée ne soustrait pas seulement la chaleur, mais die enlève les éléments du sang et diminue ainsi TalimenA de la combustion, en même temps qu'elle modifie la pression intra-vasculaire. La clinique est ici d'acc(^ avec la physiologie. Les émissions sanguines conviennent dans les ca? urgents et chez des sujets robustes, où la fièvre s'accompagne soit de phénomènes cérébraux, soit de phénomènes aspbyxiques (méningite violente, pnetuaonie double, etc.). Mais les émissions sanguines sont contre-indiquées qiumd on prévoit une convalescence longue (fièvre typhœde) chez des sujets jeunes ou débiles, et quapd il s'agit <i'affection à marche modérée ou chronique. - 5o AntimonioHX. — Les antimoniaux (tartre stibié, oxyde blanc, kermès, soufre doré) semblent augmenter les sécrétions, diminuer Tabeorptioii, et p«r là dé[u*imer le pouls et la température. Leur action antiplilogistique parait cependant limitée pour ainsi dire à un seul parenchyme, le poumon ; Texpérienoe clinique a presque restreint les antimooiaœL à cette application spéciale. L'action nauséeuse n'est pas nécessaire pour l'effet thérapeutique.
4"* Mercuriaux. — Le mercure abaisse-t-il la température? Nous ne connaissons pas d'expérience qui le prouve, on sait même que la salivation mercwielle peut s'acconpagner de chaleur fébrile (Spielmann). Néanmoins il est probable que son action antiphlogistique, incontestable dans les inflammations sérenaes, et dans certaines fièvres typhoïdes inflammatoires^ ne s'accomplit qu avec diminution de la tempiérature fébrile.
5** Plombiques.^^Le^ préparations de cet ordre, d'après les expériences de StroM, abattent le pouls de 10 à 15 pulsations dans les phlegmasies pulmonrairea, malheureuBement les mensurations de température manquent, il se reste pour crîtéritiai que le résultat clinique dooné
nOVr, DICT. MÉD. ET CHIR. VI. — 52
818 CHALEUR. — CUALELR DANS LES MALADIES (l5Dt£ATI0KS THiklPCUTIQœs).
comme très-satisfaisant par Tauteur que nous avons cité, nous manquoos de données personnelles, ainsi que pour Faction des sels arsénicauinngés également dans cet ordre de médicaments.
6*^ Alcalins. — Les substances alcalines (soude de potasse; leurs nitrates, acétates et citrates, etc.) ont de tout temps figuré panm les médicaments antithermaux. Si diaprés Mialhe et autres ils fovonsenliti contraire T oxydation du sang, nous savons positivement que h chabr elle pouls faiblissent pendant leur administration, et la clifli<|oe]u» apprend chaque jour leur utilité dans les phlegmasies, il est bon tonlt* fois de forcer quelque peu la dose.
Dans une troisième classe, nous trouvons les médicaments qui semblent agir directement sur le système nerveux^ premier moteur de la <^mbustion fébrile. Parmi ceux-ci, les uns portent leur action directement sur la caloriticaiion, les autres sur TaccélératioD du pouls, la pispart sur les deux fonctions à la fois. Ici se placent :
A. Digitale. — La digitale est le remède antipyrétique le plus supérieurement précieux par Tintensité et la précision de son action, parla <lurée de celle-ci,, et l'étendue de ses indications. On pourrait Fappelerle spécifique delà lièvre inflammatoire. Employée déjà par Rasori comme n ^es agents contre-stimulants les plus énergiques, reprise en Âllenagne par Schôniein, Traube et toute Técole de Berlin, elle a pris un raogdéinitif et prépondérant dans les lièvres inflammatoires. En France, au coqvtraire, sauf Técolc de Strasbourg, elle est restée à^>eu près sans emploi' {Voy> Digitale.)
La digitale employée dans les maladies fébriles diminue le pouk
^'abord, puis la température, et enfin la maladie elle-même cède à m
tour. Le pouls commence à tomber après un laps de temps de 24 à
48 heures, la température après 24 à 60 heures, la maladie eUe-mèœe
entre en résolution 56 à 72 heures après l'administration du média*
ment. Ces résultats sont basés sur les observations de Wuaderlich, «k
Traube, de notre regretté Spielmann, et sur celles que nous OuseBâ
publiquement à la clinique médicale de la Faculté, et qui sont en partie
consignées dans les thèses de Coblence et de Laederich. Le premier elM
annonçant son action, c'est Tirrégularité et Tintermitteuce du ponb^sn
accélération au moindre mouvement; après quelques heures le poolsâp
ralentit, la température suit bientôt. Il y a ordinairement des nausêfe>
exceptionnellement des vomissements, presque toujours de la sueur »ec
frigidité des extrémités, jamais d'augmentation d'urine. Après l'inlemf-
tion du médicament, le pouls et la température continuent à baisser, ia
bout de 24 heures, la diminution de la chaleur s'arrête, tantôt au poiat
de la température normale, quelquefois 1 ou 2 degrés au-deasona, eli
, partir de ce moment, elle remonte rapidement à son type pbysiologifie.
Le pouls, au contraire, continue souvent à baisser pendant plu^iear»
jours, quelquefois avec imminence syncopale,et dans quelques cas rares?
il reste ralenti pendant 10, 15, 45 et 50 jours, sans que le malade
-éprouve aucun malaise. Le mode d'administration en Allemagne et ^
CHALEUR. — cnAiEUR d.uïs les maudies (tiiDiCATtOKS thérapeutiques). 819
Strasbourg, c'est l'infusion d'herbe pulvérisée (0,75 à 1«',25 par potion de 100 grammes). ^
Malgré ou plutôt à cause de la merveilleuse précision de son action, la digitale ainsi employée entrera difficilement dans la pratique vulgaire. Si on reste en dessous de Faction pharmaco-dynamique, on n'obtient aucun effet, si on la dépasse, on risque quelques accidents : il faut donc toujours marcher la main sur le pouls et Tœil sur le thermomètre, mais alors on dispose d'une action héroïque. La seule infériorité relative de la digitale par rapport à la saignée git dans le temps plus ou moins long, environ 56 heures, nécessaire pour produire ses effets, ce qui, dans les cas urgents, a bien quelque valeur.
B. Sulfate de quinine. — Après la digitale, mais dans un rang notablement inférieur, vient le sulfate de quinine. Son mode d'action se rattache probablement, comme celui de la digitale, à une impression portée sur la moelle allongée, avec irradiation plus prononcée vers les nerfs cérébraux (trijumeaux, nerfs acoustiques), et finalement paralysie réflexe. Comme la digitale, il ralentit le pouls et diminue la chaleur. De récentes expériences toxieologiques d'Ëulenberg ont confirmé dans ce sens l'action pharmaco-dynamique du sulfate de quinine. Son action thérapeutique ne se borne pas à son admirable spécificité contre Taccès palustre, mais s'étend, avec un degré de sûreté moindre, il est vrai, à toutes les autres pyrexies, principalement à celles qui sont accompagnées soit de Télément douleur, soit d'une dépression nerveuse spéciale; c*est ainsi qu'il a conquis un e place importante dans le traitement du rhumatisme fébrile articulaire ou cérébral (Briquet et Legroux); que dans la fièvre typhoïde à rémission un peu prononcée, telle surtout qu'on Tobserve dans le Nord, il rend de grands services, en suspendant, selon Wachsmuth, tout Tapparcil fébrile de la maladie.
7** Dans le même ordre de médicaments nous éoroprcnons collectivement certaines substances narcotiques et les alcaloïdes qui en dérivent, en premier lieu : la vératrine, Taconit et Taconitinc, la belladone et l'atropine, la jusquiame et même la morphine, etc.). Tous ces moyens par leur action déprimante sur le système cérébro-spinal entravent la température en méifne temps que le pouls et la respiration. De nouvelles expériences sont nécessaires encore pour déterminer et préciser la portée de cette action, et assigner à chacun de ces moyens sa valeur anticalorique spéciale, afin de fonder ainsi d'une manière précise ses indications et ses contre-indications.
La physiologie expérimentale cherchant dans ses derniers temps à préciser le mode toxique de certams agents contre-stimulants semble avoir démontré que cette action s'exerce par l'intermédiaire des nerfs vasomoteurs, en restreignant les mouvements du cœur et en resserrant le système vasculaire, d'où naîtrait l'anémie relative des tissus et rabaissement de la température. Ces faits déjà démontrés pour la digitale par les expériences de Traube et de Kulp, l'ont été récemment pour la quinine. Il semble que tous les agents de cet ordre, pour nous servir d'une
820 ICHALEDR. — chaleur dans les maladies (MBLiocBAPmE).
comparaison mécanique, serrent le frein au système vasculaire, cl restmgnent ainsi la production de la chaleur. Quoi qu'il en soit de ces ifo peut-être encore un peu aventurées, la clinique doit suivre avec inlèè .et vérifier par son contrôle les recherches entreprises dans celte diration ; la thérapeutique en deviendra à la fois plus précise et plus saTaotc. Il ne sera pas hors de propos d'ajouter ici que s'il est des agnbqoi refrènent la température, il en est d^autres qui par un mécanismee»traire semblent l'augmenter. Des recherches toutes récentes d'Au^ Voisin et Liouville, il résulte que le curare^ par exemple, en relâchai les vaso-moteurs, en dilatant les vaisseaux, a pour effet de produm une augmentation anormale de la chaleur. D'autres agents dont ladb intime est encore à rechercher, le café, le vin, le musc, les boissons trêichaudes, les milieux échauffés, surexcitent évidemment la produclk de la chaleur. (Fa</. art. Boissojis et Aromatiques.)
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Hœiz.