RAI
sombres où l'on n'a jnmais envie de parler. Le temps était beau, le vent, que je déleste, était en repos ; tout était calme, tout était analogue ;i mes sensations, et je portais dans moi eettc mélancolie qui. tous les jours, à celte même heure, concentre mon àme depuis que j'existe.
« Là, je m'assis machinalement sur une pierre, et j'y étais plongé dans mes méditations depuis quelques instants, lorsque tout à coup mon oreille, on plulùt mon existence, fut frappée par ces sons tantôt précipités, tantôt prolongés et soutenus, qui partaient d'une montagne et s'enfuyaient à l'autre, sans être répétés par les échos. C'était une longue trompe ; une voix de femme se mêlait h ses sons tristes, doux et sensibles et formait un unisson parfait. Frappé comme par enchantement, je me réveille soudain, je sors de ma léthargie, je répands quelques larmes et j'apprends, ou plutôt je grave dans ma mémoire le lianz des vaches que je vous transmets ici. J'ai cru devoir le noter sans rhythme, c'est-à-dire sans mesure. 11 est des cas où la mélodie veut être sans gêne pour être seule : la moindre mesure dérangerait son effet. »
RAPPORT, s. m. — Ilupport des interralles , calcul exact du degré de distance qui existe entre deux sons différents, lequel calcul, dans la théorie de la science musicale, s'exprime et se marque par des chiffres.
L'appréciation des rapports et leur calcul sont fondés sur le nombre des vibrations produites par les corps sonores. Ces corps font entendre un son plus ou moins aigu ou grave, selon le nombre de leurs vibrations, lequel nombre est déterminé par leur volume et surtout par leur dimension. D'où il suit que plus ce volume et cette, dimension sont divisés, plus le nombre des vibrations se multiplie.
Supposez qu'une corde tendue dont les deux extrémités reposent sur deux chevalets donne, dans l'espace d'une seconde, cinquante vibrations et fasse entendre le son du do grave ; la moitié de cette corde, séparée de son autre moitié au moyen d'un petit chevalet, devra donner, en une seconde, cent vibrations, et produire un son qui représentera l'octave du do de basse susnommé.
Ainsi se calcule le rapport des intervalles, et l'on dit que l'octave
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est à l'égard de sa note fondamentale comme 2:1, parce qu'on divise la corde en deux parties égales, dont une étant mise en vibration produit l'octave. Maintenant si l'on divise la même corde do en trois parties égales, ces trois parties donneront le sol ou la quinte naturelle, dont le rapport est comme 3 : 2. Des autres divisions de la corde résulteront tous les intervalles avec leurs rappoits. En continuant le même calcul, le rapport de la quarte sera comme 4 : 3, celui de la tierce majeure comme 5:4, et ainsi de suite jusqu'à l'unisson, qui est en raison d'égalité et dont le rapport étant parfait ou identique sera comme 1:1. (Voy Intervalle.)
RAPSODE, s. m. — Les rapsodes étaient, chez les Grecs, des sortes de ménestrels ou poètes subalternes qui. après qu'Homère eut fait entendre ses chants sublimes, n'osant plus versifier euxmêmes, se bornèrent à chanter les divers passages de V Iliade et de l'Odyssée, au choix de leurs auditeurs. Us cousaient l'un à l'autre, le plus souvent sans goût et sans intelligence, ces divers morceaux détachés de ces grands poèmes, ce qui les fit appeler rapsodes ou couseurs de chants.
RAPSODIE, s. f. — Morceaux détachés des poèmes d'Homère que l'on faisait chanter aux rapsodes aux jeux, aux fêtes publiques et dans les sacrifices. (Voy. Rapsodes. ) — Aujourd'hui, par extension, ramassis de vers ou de proses, de pensées musicales ou de chants, mal liés et mal cousus ensemble, et dont les parties hétérogènes forment un tout ridicule ou insignifiant.
RASCADO, s. m. — Sorte de ràclement que l'on fait avec le pouce en attaquant successivement toutes les cordes d'un accord. Il se marque par une sorte de spirale placée devant leâ notes.
RAVALEMENT, s. m. — Terme de lutherie. L'origine de ce mot ' date de l'époque à laquelle on commença à étendre au grave et à l'aigu l'échelle du clavier qui, dans le clavecin, fut d'abord de quatre octaves, du do de basse au do aigu de la clef de sol, et ravala, c'està-dire descendit ensuite d'une quinte pour s'élever d'une quarte, ce quilui donna cinq octaves. Depuis que le piano a détrôné le clavecin, il n'y a plus eu de ravalement, mais en revanche on a fait beaucoup, peut-être beaucoup trop, de chemin en amont.
RAVANASTRON , s. m. — Sorte d'instrument à trois cordes