‹ Nouveau dictionnaire de santéChapitre 153 sur 197 · TRE · texte numérisé non relu

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TREMBLEMENT. — Indépendamment du tremblement qu'occasionnent si souvent la frayeur et la colère, et qui se dissipe ordinairement dès que l’esprit est rassuré; de celui des veillards qui est incurable ; de celui qui annonce l’invasion de certains accès de fièvre, et qui cesse dès que la période do chaud arrive ; de celui enfin que peuvent déterminer une congestion, une compression, une dégénérescence soit du cerveau soit de la moelle épinière , et qui ne disparaît qu’avec la maladie dont il n’est que la conséquence , le corps est encore exposé à plusieurs sortes de tremblement, parmi lesquels on remarque surtout celui qui affecte les personnes adonnées aux liqueurs alcooliques et celui qui atta que les individus travaillant le mercure ou usant de cette substance comme médicament.

Le tremblement des ivrognes , nommé en langage médical delirium Iremens , est assez facile à re connaître par les circonstances au milieu desquelles il se déclare. On a proposé pour le combattre une infinité de moyens parmi lesquels l’ammoniaque donné à la dose de dix à vingt gouttes dans un verre d’eau , et l’extrait aqueux d’opium à la dose de un à dix en même quinze centigrammes , ont longtemps été considérés comme les plus efficaces; maison, préfère aujourd’hui le traitement suivant : on met de suite la personne à l'usage des boissons aqueuses et acidulées comme les limonades tartareuscs ; on lui fait prendre le matin un bain de deux heures. Les nuits sont-elles agitées , le sang se porte-t-il au cerveau ? on lui applique des sangsues h l’anus ou. on "lui fait une saignée au bras. La langue estelle blanche et saburrale, le vent ri resserré , ce qui est très commun ? on donne un émétique , puis un lavement avec le miel mercuriel.

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Si , malgré ces soins, un accès de folie éclate, on doit s'empresser de maintenir le malade par un gilet ou camisole de force , on lui donne en abondance des boissons aqueuses sucrées , et on le tient plusieurs heures par jour plongé dans un bain tiède. L’accès ne tarde pas , généralcmeift , à cesser ou à s’amender. Dans le cas où il se déclarerait un assoupissement tendant à se prolonger , on ferait bien, indépendamment de l'emploi des sangsues qui serait fort indiqué , de placer des synapismes , des vésicatoires ou des ventouses aux jambes. L'application de la glace sur la létc pourrait aussi être d'un grand secours ; mais pour agir favorablement et être exempt de danger, ce moyen doit être continu, car, dès qu'il cesse avant d’avoir agi, il détermine dans le cerveau une réaction qui peut non seulement en détruire les bons effets , mais le rendre plus nuisible dans ses conséquences qu’il n’avait été utile dans son principe.

Quant au tremblement mercuriel , dont les ouvriers doreurs se garantiraient toujours aisément , s'ils avaient la précaution de ne travailler que dans des ateliers à cheminées garnies de tuyaux ventilateurs, on le guérit d’abord en se mettant en dehors Je la circonstance qui l'a provoqué , puis ou en combat les effets par des bains longtemps prolongés , des boissons douces et mucilagincuscs comme le sirop d’orgeat , le lait bu en abondance. On leur associe avec avantage l'opium et les lavements laxatifs et même les purgatifs, tels que l'huile de ricin,, les bains de vapeur et les boissons sudorifiques.

TUMEUR. — {Voyti Abcès, C*kckr, etc.)

TUMEUR BLANCHE. — On appelle ainsi l'engorgement chronique dés parties qui forment certaines articulations , particulièrement celles du genou , de

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coude, de la cuisse. Cette m.liadie, généralement : très grave , est beaucoup plus fréquente dans l’en-

fance et la jeunesse que dans l’àge adulte et la ' veillesse; elle paratt très souvent tirer son origine d'un tempérammeni lymphatique, et semble n’ètre 1 alors qu’un symptôme d’une affection scrofuleuse " générale. On la voit aussi survenir sur des individu»

- affectés de rhumatismes , de même qu’elle peut se ‘ déclarer à la suite d’un coup, dlunc chute, d’une

forte distention d’une articulation ; mais dans ce ' cas l’accident n’a sans doute été que la cause déterlf minante et n’a fait que hilcr le développement de la 1 maladie qui se serait déclaré plus tard.

Les tumeurs blanches s’annoncent quelquefois '• par une douleur plus ou moins vive dans l’articulation et qui s’étend ordinairement le long des tendons des -• muscles voisins. Cette douleur est tantôt superfi- *■ riellc, sourde h son siège dans les parties molles et occupe toute l’articulation ; tantôt profonde , ai- *■ gué et occupant le centre môme de cette articulation.

. Dans d'autres circonstances la maladie se développe » sans que la personne ait éprouvé la moindre douleur

- dans le lieu-même, ou bien|elle survient tout à coup à

• la disparition d’une douleur exislantdansun lieu éloi-

* gué, ou sur la fin d’une des maladies communes à l’en- , lance , comme la variole , la rougeole , la scarlatine.

Dans le début l’articulation est rarement gonllée en totalité : au genou , le gonflement se montre d'a-

- bord au-de6sus ou au-dessous de l’os de la rotule, queli, quefois cependant sur un des côtés ; mais au coude

il occupe principalement les parties latérales de l'articulation , surtout en dedans. Ce gonflement est circonscrit, sans mobilité , plus ou moins dur , éla*t tique , ne conservant pas l’impression du doigt , mais i donnant ordinaironietit quand on la touche, une sen

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sation de mollesse qui fait présumer qu’iî y a Suc tuation , quoiqu'il n’y en ait pas; la chaleur y est rarement augmentée et la peau conserve longtemps sa couleur naturelle , les mouvements de l’articulation sont gènes. On voit de ccs maladies dans lesquelles le membre reste étendu , mais le plus communément il se lléchit . et lorsqu'on veut l’étendre, on occasionne les plus vives douleurs.

l.a tumeur peut rester longtemps stationnaire , mais le plus ordinairement elle suit sa marche , ou si elle s'est un peu arrêtée , les symptômes se réveillent souvent à l'occasion de la plus légère cause ; l'articulation se tuméfie de plus en plus , et si c'est au genou le creux du jarret s'engorge, se remplit, la douleur augmente , surtout le soir et à chaque variation de température et au moindre mouvement. Plus tard la peau devient pâle, luisante et s'amincit , les veines se dilatent et deviennent variqueuses, les muscles de la jambe s’amincissent et dépérissent ou s’infiltrent; les glandes ds faine s'engorgent et se tuméfient; les os finissent par se ramollir et se carrier; les cartilages articulaires se détruisent et il survient des abcès d'où s'écoule un pus ordinairement sanieux , jaunâtre dans lequel nagent des Uocons albumineux. Ces abcès se ferment rarement et dégénèrent presque toujours en listulet intarissables.

Les médecins conseillent bien des moyens contq les tumeurs blanches ; ce qui prouve déjà qu'ellcp constituent une maladie diflirile à guérir. Résumons les tous. Tant que la période aiguë ou douloureuse existe ou peut appliquer des sangsues sur l'articulation' malade , la couvrir de cataplasmes émollients laudanisés ; mais, aussitôt qu’elle passe à l’état chronique , on doit tâcher d'attirer sur la peau

l’inflaaamation dont l’intérieur de l’articulation est le siège ; c’est ce qu’on obtient par les vésicatoires volants, les cautères, les frictions mercurielles; même par les moxas et les sétons , et l'application du feu : moyens extrêmes il est vrai , mais qui ont compté trop de succès pour que nous n’empêchions pas qu’on soit étonné de les entendre proposer. On a aussi conseillé la compression qui agit nécessairement en gênant la circulation du sang dans la tumeur. Mais on a cru trouver dans les propriétés prétendues fondantes de l’iode un remède plus direct : on l’emploie en frictions a l’état d’hydriodate de potasse. Dans tous, les cas le repos du membre est nécessaire ; quelques médecins vont même jusqu’à fixer le membre dans un bandage inamovible qu’on n’enlève que le nombre de fois nécessaire pour donner un peu de jeu à l’articulation ou qu’on laisse si on prévoit que la soudure de l’articulation est inévitable. Si tous ces moyens échouent, il ne reste qu'une ressource , c’est la séparation de la partie malade, et mieux vaut , pensons-nous , en venir plus tôt que plus tard à cette triste extrémité ; et, malheureusement, la maladie se reproduit quelquefois encore ailleurs, et y produit de nouveaux accidents auxquels les malades ont rarement la force de résister.

TYPHUS. — On désignait autrefois sous le nom de typhus, toute maladie dont l’un des symptômes les plus remarquables était la stupeur empreinte sur la physionomie des malades. Mais on réserve aujourd’hui ce mot pour exprimer une maladie qui se développe épidémiquement sous l’iiilluence de mauvaises conditions hygiéniques, comme l’entassement d nommes sains ou malades dans des lieux humides ou resserrés, la putréfaction des matières animales, une nourriture insuffisante, les exhalaisons putrides

etc

qui se dégagent des eaux stagnantes , le décourage» ment moral, etc.

Comme toutes les causes que nous venons d'énumérer se trouvent presque toujours réunies dans les prisons, les hôpitaux, les vaisseaux, les villes assiégées , c’est aussi dans ces lieux que le typhus exerce particulièrement ses ravages. Tous les auteurs étant à peu près d’accord aujourd'hui pour ne voir dans le tvplius et la fièvre typhoïde qu'une seule et même maladie, sans pouvoir expliquer pourquoi la dernière se développe très souvent eu dehors des causes qu'ils assignent à la première, nous renvoyons au mot Fièvre (fièvre typhoïde), Ce que nous pourrions dire des signes et du traitement du typhus.

ULCÈRE. — On appelle ainsi toute solution de continuité ou entamure par érosion , ancienne, purulente, entretenue par une cause intérieure ou locale, occupant le plus habituellement la peau ou les membranes muqueuses, mais pouvant survenir 6U' les glandes, les viscères et même sur les os où il prend le nom de carie. Il y a donc entre la plaie el l'ulcère celte différence que dans la plaie, même suppurante, il y a tendance continuelle h la cicatrisation , tandis que dans l’ulcère celte tendance est empêchée par une cause quelconque le plus ordinairement intérieure.

Oii divise généralement les ulcères d'après leurs causes connues ou présumées: ainsi, on les appelle ulcères scrofuleux, scorbutiques, cancéreux, syphilitiques, etc. Ce sont alors ceux que l’on attribue à une cause intérieure. Parmi les causes locales ou extérieures auxquelles elles tiennent, les auteurs mentionnent le décollement de la peau , un corps

étranger , une induration des tissus qui en sont le siège, une maladie organique comme une carie des os sous-jacents, les varices, les trajets fistuleux, etc.

La forme des ulcères est sujette à de grandes va riétés ; quelquefois ils sont fort irréguliers et comme découpés par leurs bords; d’autres fois ils sont plus ou moins obiongs, ou bien ils affectent la forme circulaire. Leurs bords sont tantôt minces, tantôt élevés et plus ou moins durs, quelquefois mêmes renversés. On a observé que la forme ronde était de toutes la plus défavorable au travail de leur cicatrisation ; ce qui tient à ce que les ulcères de cette forme dépendent le plus ordinairement d’une cause interne, et de ce que, le plus souvent aussi, ils sont avec perte de substance. Le pus qu'ils fournissent offre aussi de grandes variétés dans sa consistance; sa couleur et son odeur; ces variétés dépendent nécessairement de leur nature particulière, de la structure des parties sur lesquelles ils siègent. Dans tous les cas les chairs qui forment leur surface n’ont jamais l’aspect frais et vermeil des plaies.

Les ulcères variqueux sont faciles à reconnaître aux varices qui couvrent le membre, h son engorgement lymphatique, h la lividité du fond de l’ulcération , au caractère séreux et sanguinolent de la matière qu’ils fournissent et à la couleur brune des parties environnantes. Cependant ils varient encore tclon qu’ils sont simples ou compliqués d'inllammation ou de callosités. Les callosités elles -mômes, qu’on regarde comme une complication, ne sont que le résultat d’une inflammation lente de leurs bords. Les chairs fongueuses ou les fongosités ne se rencontrent que dans les ulcères anciens , négligés , mal traités, ou dans les ulcères soit de mauvaise nature, soit surtout compliqués de carie des os. 11 s’élève

lur.c

alors de la surface ulcérée des végétations charnues, des bourgeons saignants qui se réunissent par masses plus ou moins abondantes et forment de véritables champignons qui franchissent les bords de l'ulcère.

Les ulcères vénériens sont généralement taillés à pic, les scrofuleux sont blafards et fournissent plutôt une matière séreuse que du véritable pus , les dartreux ont une tendance à sc couvrir de croûtes , colin ceux qui tiennent à un vice scorbutique sont facilement saignants.

L'idéo qu’on a que les ulcères sont un moyen de dépuration habituelle a souvent fait penser que leur guérison était toujours une chose daugereuse. C'est une erreur en principe; sans doute il est imprudent de supprimer un ulcère ancien; mais quand il ne tient poiut h une cause interne, ce danger n’existe qu'autant qu'on néglige d’occuper, si on peut parler ainsi , la nature ailleurs soit par un vésicatoire, un cauti rc , un emploi convenablement répété de purgatifs. S'il dépend d'un vice intérieur, c’est ce vice qu’il faut avant tout combattre; faire le contraire serait vouloir effacer l'ombre avant d'avoir détruit ou enlevé le corps qui la produit.

Les ulcères de la peau, s’ils sont simples, guérirent ordinairement sous l'inlluence du repos et do quelques applications propres à empêcher l'abord du sang. La compression méthodique , l'excision des bords , leur cautérisation même quand ils sont ou calleux ou frangés, peuvent devenir nécessaires. Le ; traitement de ces ulcères simples consiste à entre-tenir leur surface dans le plus grand état de propreté possible et h éloigner tout ce qui pourrait interrompre le travail de la nature : on y parvient en couvrant l'ulcère de charpie sèche qui absorbe, la» matière couvrant les bourçcous c>«rnus base de la» -

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cîcatrisatfon ; et en lavant à chaque pansement l’ulcère avec de l’eau tiède, s’il y a un peu d’inflammation. ou dans le cas contraire, soit avec un liquide légèrement stimulant , comme du gros vin aiguisé avec un peu d’eau-de-vie , soit avec un crayon de pierre infernale passé avec la plus grande légèreté.

Quand les ulcères occupent les jambes, ce qui est très commun , la compression est un moyen qui contribue souvent assez facilement à les guérir. Pour cela on coupe des bandelettes de diachylum larges comme deux travers de doigt et longues pour fini e une fois et demie ou deux fois le tour île la jambe. On les applique depuis un pouce (trois centimètres) au-dessous de l’ulcère jusqu’à un pouce, un pouce et demi (de trois à cinq centimètres) au-dessus : chacune recouvrant, le tiers ou la moitié de la bandelette inférieure ; le pansement peut ne se renouveler qu’au bout de quarante-huit heures; on fait bien de mettre par dessus un bas lacé que les malades gardent le jour et la nuit. On peut aussi couvrir la partie malade d’une feuille de plomb qui agit principalement en régularisant la compression et en protégeantes parties contre l’atteinte descorps étrangers.

La suppression brusque d’un ulcère entraîne des inconvénients graves, si comme nous l’avons dit plus haut, elle n’est pas accompagnée des moyens convenables. On a vu des malades être pris tout à coup d’étouffements, de coliques, de palpitations, contre lesquels tous les traitements échouent et qui cessent comme par enchantement aussitôt qu’on applique un fésicatoirc sur un ulcère qui s’était subitement fermé soit de lui-méme soit par l’emploi de quelque moyen de cautérisation.

URINAIRES (maladies des voies). — Piere ,

GtUVELLE, CaTARRUE, RETRECISSEMENT, INCONTINENCE,

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VACCINE. — A l'ouest de l'Angleterre, dans 'a paroisse de Berkeley, au comté de Glocester, un mé- Jeeindont le nom sera à jamais mémorable, Jenner, remarqua que, dans les grandes épidémies de variole, certains individus employés dans les laiteries no contractaient pas cette maladie. Ayant l'ait des recherches à ce sujet, il apprit que les individus en question étaient ceux qu'on employait à traire les vaches affectées d’une éruption pustuleuse au pis, désignée sous le nom de cow-pox, vérole des vaches, et qui, ayant quelquefois des écorchures aux doigts, y éprouvaient une érupition ert tout setnbable au cowpox. Il en conclut qu’en inoculant la matière de cette éruption à toutes autres personnes, elles seraient également préservées de la variole. L’expérience justifia ce pressentiment, et cette grande découverte fut proclamée en 1798. Voyons maintenant quelles sont les ouJitions favorables à l’inoculation de la vaccine, les moyens les plus propres à opérer cette inoculation, la marche que suit l'éruption qui en résulte, et, partant les caractères qui doivent donner la certitude de sa vertu préservatrice,

F.e vaccin peut être inoculé i des individus de tout âge, mais il est d'un effet plus sér chez [les enfants que chez les adultes; il réussit aussi mieux dans les saisons douces et tempérées que dans les froids rigoureux. La grosse-se ne le contre indique pas ; mais l'existence d’une maladie aiguë et certaines maladies régnantes peuvent s’opposer au succès de l’opération. Bien qu’ordinairement il ne se transmette qu’nne fois ;ar la même personne, on. eu a cependant vu chez lesquelles il avait réussi denx et même trois fois; il peut aussi prendre chez d’anciens variolé». Tour la

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faire réussir chez les vieillards, il convient quelquefois de combattre la rigidité de la peau par des bains, des lotions et des cataplasmes, tandis que chez les enfants faibles, d’une constitution molle, il faut, au contraire, frotter la peau avec une serviette un peu rude, j' Le moment le plus favorable à sa transmission est le septième ou le huitième jour de l’inoculatiou, parce 1 que c’est le moment où le liquide de l'éruption est tout à la fois assez limpide pour être facilement recueilli et inoculé, et assez mûr pour se transmettre sûrement.

Ou peut vacciner indistinctement sur toutes les parties du corps ; cependant, on préfère le bras, comme la partie la plus commode. On choisit la partie supérieure et la face externe. On opère ordinairement avec une lancette, qu’on pourrait très aisément remplacer par une aiguille ou tout autre corps assez aigu pour pénétrer dans les tissus. Avant d’opérer, on charge celte lancette, ce qui se pratique dilféremment, suivant que l’on vaccine de bras à bras ou avec du vaccin conservé, soit sur des plaques de verre, soit dans des tubes. Quand on vaccine de bras à bras, on attaque la pustule par sa face ou par ses bords, et on retire la lancette chargée d’une goutte de virus. Saisissant alors avec la main gauche le bras de la personne, de manière à tendre en sens inverse la peau avec le pouce et l’indicateur, on glisse la pointe de la lancette à plat sous l’épiderme, obliquement, de haut en bas, ’à la profondeur d’une demi-ligne à une ligne. Ou la retourne une fois ou deux, ou bien ou la laisse séjourner une demi-minute. On fait aiusi assez, généralement trois et même quatre piqûres à chaque bras, line seule suffirait , cependant , si le vaccin prenait bien.

Que le vaccin prenne ou non. du premier au quo-

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trième jour, on n’observe absolument rien. Sur la fin du quatrième, on sent distinctement au toucher une légère dureté dans le tissu de la peau. Le citiqitième, la petite cicatrice provenant de la piqûre parait se coller à la peau, l’élévation, sensible la veille, prend une couleur rouge et occasionne quelques démangeaisons. Le sixième, la teinte s’éclaircit, l’élévation circulaire s'élargit. Le septième, tout le boulon augmente, prend un aspect argenté. Le huitième, le bourrelet s’élargit ; la matière, fournie en plus d'abondance, soulève ses bords, qui deviennent tendus, gonflés et d’un bleu grisâtre. Le cercle rouge qui, jusqu’alors, a en\ ironné le bouton, commence à devenir plus rose. Le neuvième, tout cet appareil parait prendre un plus grand degré d'inteusité ; le bourrelet est plus large, plus élevé et plus rempli de matière. Le dixième jour, on n’aperçoit pas un changement bien sensible dans le boulon; seulement, le bourrelet circulaire s’éteud, ainsi que l’auréole. Si les boulons sont rapprochés, toutes les auréoles se confondent, pour ne former qu’une seule et même croûte. Le douzième jour, la dessication commence : le liquide du bouton se trouble et prend une teinte opaline: l’auréole s’efface. Le treizième, la dessication fait des progrès, marchant du centre à la circonféresscc. Le quatorzième , la croûte prend la dureté de la corne et une couleur paille trouble du quatonième au vingt-troisième et suivants. Cette croûte, solide, dure et douce au toucher, prend une coqleur plus foncée, conservant toujours à son centre la depression que l’on a remarquée lors de la formation du bouton. Kufin, elle tombe du vingt-quatre au vingl-scpticme jour, et laisse après clic une cicatrice roude, profonde, gaufrée, qui s'efface un peu par le temps, mais ne disparait jamais. Ce qui distingue surtout la bonne vaccine de la mauvaise, c est que

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cette dernière, plus précote, se montre dès le premier ou le second jour, et marche si rapidement, qu’elle acquiert tout son développement, alors que la véritable ne fait que paraître. Son bouton s’élève ra pidement en pointe, sp crève et laisse échapper une matière jauuâtre qui, en se séchant, ne ressemble pas mal à de la gomme.

Ou a beaucoup agité, dans ces derniers temps, la question de savoir si la vaccine avait une vertu préservatrice illimitée, ou bien si elle s’épuisait a la longue. Tout ce qu’on sait à cet égard, c’est que ia vevaccinalion réussit d'autant mieux que l’individu sur lequel on la pratique est plus éloigné du moment où il a été vacciné ou a eu la variole. Les attaques de petite vérole après vaccination s’étant montrées plus souvent après dix ans, ou en a conclu que tout autorise à pratiquer une seconde fois cette opération à cette époque. L’opération est si simple par elle-même, qu’on aurait tort de ne pas se procurer la chance qu’elle offre de vous préserver «ne seconde fois.

VAPEURS. — On dit qu’une personne est vaporeuse, a des vapeurs, quand el,le est triste, pensive, mélancolique, ou irritable aux moindres impressions. (Voyez Hystérie, Hypocuondrie, Nerfs, Folie.)

VARICES. — Ou donne ce nom aux tumeurs formées par la dilatation des veines, et produites par l’accumulation du saug dont la circulation est mécaniquement retardée dans ces vaisseaux. Ces tumeur sont inégales, noueuses, molles, indolentes, compres-" sibles, sans battement et d’une couleur bleui tre livide. Quelquefois considérables et assez souvent accompagnées d’un empâtement de la peau, elles disparaissent en partie et changent de couleur par la compression, par le repos et par la position horizontale, pour reparaître lorsqu’on cesse de les comprimer et lorsqu’on se tient debout

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