‹ Nouveau dictionnaire de santéChapitre 68 sur 197 · ENT · texte numérisé non relu

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nom assez exact Je foulure. La douleur aiguë qui l'accompagne toujours appelaut les humeurs en plus grande abondance vers la partie malade, celle-ci devient bientôt le siège d'un goullcmcut plus ou moins considérable; de larges meurtrissures se déclarent et la peau prend une teinte livide, marbrée ou même noire. Lorsque le tiraillrmeut n’a pas été excessif, et que les parties molles n’ont pas souffert une trop grande dilacération , les douleurs disparaissent souvent au bout de quelques jours, et bientôt les mouvements de l'articulation s'exécutent avec la même facilité qu’auparavaut ; mais si des ligaments très forts ont été déchirés, il faut plus de temps pour que les parties divisées se réunissent, et l'articulation, même lorsqu’il n'existe plus aucune trace du mal , conserve une faiblesse qui la rend fort sujette à de nouvelles entorses. Quel quefois le tiraillement d'une articulation donne i« «sanie à une tumeur blanche, comme on l’observe -in tout chez les individus scrofuleux, et on doit même le r.mger au nombre des principales causes qui déterminent l'apparition de ces gonflements si redoutables.

L'immersion de la partie dans de l'eau très froide ou dans de la glace pilée est un excellent moyeu de prévenir les suites de l’entorse, lorsqu’on peut le mettre eu usage immédiatement apres que l'accident a eu lieu : l'action stupéfiante du froid fait alors avorter l'inflammation et ses résultats fâcheux; mais il faut avoir soin de prolonger longtemps l'immersion, sans quoi, loin d'ètre utile, elle deviendrait dangereuse, parce que les fonctions vitales, assoupie» en quelque sorte par elle, ne tarderaient pas à se réveiller avec une nouvelle énergie.

Mai» si les réfrigérants, auxquels on fait sucréder les fomentations astringentes et résolutives, suffisent

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presque toujours pour faire avorter les accidents d'une entorse récente, ils n’ont plus aucun effet salutaire lorsqu’un temps assez long s’est écoulé : le gonflement excessif, des douleurs violentes et l'inflammation qui commence réclament un tout autre traitement : le mieux est alors de poser quelques sangsues autour du gonflement, d’appliquer ensuite des cataplasmes de farine de graine de lin sur l'articulation; on les remplacera au bout de trois ou quatre jours par des compresses imbibées d’eau additionnée d’eau-de-vie, d’extrait de saturne ou d’eau de-vie camphrée. Si les morsures de sangsues s’élaient enflammées , on les préserverait au moyen d’un petit linge enduit de cérat. Il est bon d’appliquer un bandage roulé autour du membre , afin de prévenir l «dématie qui ne manquerait pas de s’établir; enfin le repos absolu et l’inactiou complète de la partie sont indispensables pour la guérison, et le malade ne doit se permettre le moindre mouvement que lorsqu’il ue ressent plus de douleurs ; cependant il n’csl pas rare de voir celles-ci se renouveler encore par intervalles, pendant un temps plus ou moins long, cas dans lequel les douches avec les eaux thermales , ou l’eau alcalisée, sout très-propres à rétablir l’articuialiou dans son état naturel.

ENVIES. — On entend par envies deux choses fort distinctes : d'abord, les désirs extraordinaires, les goûts bizarres que les femmes éprouvent souvent dans le cours de la grossesse ; ensuite toutes ces taches, ces empreintes que la peau peut offrir à la naissance, et qu'on attribue vulgairement aux impressions éprouvées par la mère, et transmises au fœtus.

Relativement aux envies des femmes grosses , tout ce que nous pouvons dire à leur sujet, c’est que , s’il est bien reconnu que sous l’influence directe de cet

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état, les femmes peuvent véritablement éprouver certains désirs auxquels elles ont de la peine à résister, par exemple, de manger des choses qui ne sont pas de saison, ou qui ne sont point alimentaires; d’un autre côté aussi , elles sont rarement admises en justice à rejeter sur cette position les délits, et, à plus forte raison, les crimes qu'elles pourraient commettre; le raisonnement et l’expérience démontrent qu’elles ne peuvent jamais perdre à ce point leur libre arbitre.

Quant aux envies ou signes qu’apportent les enfants en naissant, et dont la cause est complètement inconnue, on en rencontre de forme, de couleur et d’étendue très variables. Tantôt ce sont des taches qui ne dépassent pas le niveau de la peau ; elles sont alors peu étendues , jaunes , brunes ou noires, et, dans ces deux derniers cas, assez souvent recouvertes de poils durs et courts, ou rouges et violettes ( taches de vin), et tellement dépendantes d’une altération des vaisseaux sanguins de la peau, qu'elles foncent en couleur par le moindre c'cnrt de régime, par une impression morale un peu vive. Tantôt, au contraire, elles sont saillantes au-dessus du niveau de 1a peau , et, dans ce cas, presque toujours formées par un développement anormal de quelques parties du système sanguin. De ces deux sortes d’envies, les premières, qui offrent souvent l'apparence de certains objets assez communs, ne doivent point être touchées; car on nepourrait que les détruire en les cautérisant ou en les enlevant par le bistouri, et on laisserait alors après elles des cicatrices plus difformes et aussi désagréables. Les vésicatoires dont ou est tenté de les couvrir, ne les atlaqueut jamais assez profondément pour les faire disparaître, et laissent souvent après eux des traces blanchâtres qui en rendent l’aspect encore plus bizarre.

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