F AU
'eraea's désordonnés; les maladies de la poitrine, qui occasionnent de violents accès de toux; la joie, la ftayeur, l'impression de certaines odeurs, l'asphyxie, les vomitifs, les purgatifs répétés, l'équitation, les cris immodérés. Iais. i.nce faite avec mesure, loin de provoquer l'avortement, le previeut au contraire souvent ,
• n tin les plaies de la matrice et les manœuvres employées soit dans un but médical ration,ei, sait dans ici but ( mutuel, déterminent souvent l’avortement. Et e* pendant, au milieu de tant de causes d avortement, on pourrait croire que la grossesse éprouve beaucoup ■ le difficultés a parvenir à son terme ; mais l'observation prouve qu'il n'en est pas ainsi.
Il n'est pas toujours aisé de dire si ttu avortement doit survenir. Les hémorrhagies qui soqt les signes les plus constants, n'en sont pas toujours suivies; il en est de même des douleurs dans tes lombes et dans les aines On doit cependant les regarder comme un indice ■ssez certain lorsqu'elles se succèdent régulièrement. I. avortement a toujours été considéré comme plus ,r ..te que 1 accouchement, et il tsl en général d'autant n lus dangereux qu'il est plus rapproché du terme de • grossesse, qu'il se (.lit sous I influence, d'une cause
i agit avec promptitude et violence ; aussi eelui qui - provoqué est il presque toujours accompagné de graves accidents
Avoir indiqué les causes qui peuvent déterminer l'avortement, c'est avoir indiqué les moyens de le prévenir; niais quand il est inévitable et qu’il se inanitcsle par les signes caractéristiques, que faut-il fuire •> le favoriser. On y parvient en suivant le travail online d ms l'acrouchcinenl ordinaire (l’uyes^e ruo i\ en piatiquanl une suignee au liras, si la femme c t loi le it vigoureuse, et surtout ;i l’arcideul qui prn- ■. oqne l'avortement est de natuie t exiger cette pré-
motion. Mais il ne faut jamais chercher à extraire violemment le germe , parce que le fœtus, dans les trois el même quatre premiers mois de la grossesse, étant moins gros que le délivre; celui-ci pourrait être lelcnu dans la matrice et ne pas etre expulse. Si nean- „.oins ce dernier accident survenait, Ja rétention du délivre, il faudrait l'extraire après avoir compte le temps suffisant sur les seules forces de la nature ; en surveillant avec attentionné qui se passe vers les parties génitales, on trouve souvent l'occasion d exercer sur quelques débris des membranes de légères tractions oui préviennent toute introduction d’agent mécanique. Les suites de l'avortement, surtout après le troisième mois, étant généralement les mêmes uue dans 1 accouchement, nous n’y reviendrons pas. •
FIÈVRE. — On appelle Cèvreun état particulier de l’économie caractérisé par un trouble notable, mais surtout par 1111e accélération du pouls. Cet état est comme le disent les médecins, symptomatique ou esseni(el, c’est -à.- dire que tantôt il est lié à une maladie dont il n’est qu’un signe, ou pour mieux dire que la conséquence; tantôt au contraire il existe comme phénomène principal, même exclusif. Aussi, malgré les discussions animées et sans cesse renaissantes qu a fait surgir cette question dans les écoles, on s accorde communément aujourd’hui à reconnaître trois espèces de fièvres : F lève simple ou simple Mouvement fébrile, celle qui accompagne une maladie bien caractérisée avec les autres symptômes de laquelle elle se confond. Comme celle qui a lieu dans la pleurésie, la \ariole, l’inflammation du bas-ventre, de la vessie , des reins, etc. ; Fievre continue, celle qui, bien que recevant son nom de la partie malade, eu devient cependant le caractère dominant, comme la fièvre inllammatoire, bilieuse cérébrale, laiteuse, typhoïde, fièvre iaunc : enfin Ftèrre
Fit
d'accès, celle qui revient à des époques régulières plut ou moins rapprochées, etqu'on nomme pour cela même fièvre à types ou intermittente.
La première de ces trois espèces ne peut avoir irt une description particulière, puisqu’elle cesse avec la naladie de laquelle elle dépend : nous n’avons donc à tous occuper que des deux autres : commençons par les fièvres continues.
1* Fièvre ixi i.vmm vtoire. Assez généralement regardée aujourd'hui connue le résultat de l'irritation de la membrane interne des vaisseaux sanguins, elle attaque ordinairement les sujets sanguins, sains et robustes. Son invasion est subite , accompagnée d’un frisson variable d’intensité, suivi lui-même d’une vive chaleur à ia peau. Le pouls est fréquent, plein, dur, les artères du cou et des tempes battent avec force, les veines sont distendues, tout le corps semble acquériruue sorte de gonflement et sa surface devient rouge, particulièrement à la figure; il y a mal de tête, abattement des forces, somnolence, et même quelquefois un peu de délire, les yeux sont rouges, injectés et brillants, le goût et l'odorat émoussés, sou veut lalangueestrougeet blanchâtre, mais ordinairement humide, il y a soif, dégoût pour les aliments, urine rouge et peu abondante, constipation ; enfin, bien que se déclarant dans tous les climats et dans toutes les saisons, cette fièvre est plus commune dans le nord que dans le midi, et dans le printemps et l’automne que dans toute autre saison.
D’apres tout ce qui précède, il est aisé de prévoir que la première cliose à faire dans le traitement de la fièvre inflammatoire, c’est de diminuer l’énergie vitale de tout l'organisme en désemplissant le système san- *guin. La «aignée est donc le plus efficace et par conséquent le premier des moyens à employer ; il convient surtout d’y avoir recours dès le début de la malaùie^et
FIÉ
de proportionner la quantité de sang à tirer à la violence des symptômes , à l’âge et à la constitution du sujet ; mais dans tous les cas, il vaut toujours mieux lit, faire réitérer, que de la faire faire trop forte en une J seule fois. A la saignée on ajoute les boissons rafraîchissantes,comme la limonade, l’orangeade, l’eau d’orge, de chiendent, et même tout simplement l’eau froide. On fâit respirerait malade un air frais et souvent renouvelé. Quand la transpiration paraît devoir être le le mode par lequel doit se terminer la lièvre, on fait bien de l’aider par quelques tisanes légèrement sudoriliques, comme l'infusion de bourrache, de fleurs de violettes, prises aune température élevée.
Fièvre bilieuse. Cette fièvre est celle à l’égar4de laquelle les médecins sont le plus en désaccord. Toujours est-il qu’elle est caractérisée par un excès de bile qui, du premier intestin où elle eetséerétée, passe dans 1 esturaac et manifeste sou excès et sa présence dans ce dernier organe par des signes spéciaux ; ma» la bile est-elle la cause des phénomènes maladifs, ou bien n’est elle appelée Iâ que secondairement ? c’est le point sur lequel la discussion est encore ouverte. Quoi qu’tl en soit, les personnes menacées d’une fièvre bilieuse qui sont le plus ordinairement celles à fibre sèche, à teint jaune, à caractère sombre, éprouvent d'abord un dégoût marqué pour les aliments; leur bouche est amère, quelques renvois se déclarent bientôt, de simples ils deviennent nauséabonds, puis véritablement bilieux; à cela se joint une constipation opiniâtre ou une diarrhée de matières verdâtres qu’on désigne sous le nom de débordement de bile. Il y a abattement des forces, douleurs au creux de l’estomac, le pouls est généralement fréquent , mais infiniment moins plein et moins dur que dans la fièvre inflammatoire, etc.
Dans la fièvre bilieuse, la médecine expectante est
192 fié
très souvent ce qu’il y a de mieux à faire, c'est-à-dire je repos, ia diète, les boissons délayantes. l.a saigne ue convient guère que lorsque la réaction inflammatoire est très marquée, c’est-à-dire lorsque le pouls est pie in, dur, fréquent; mais, pour peu que cette réaction soit peu prononcée, que les rémois bilieux soient pcisislauts, ou fait très bien d'administrer un vomitif; puis la personne se met à l’usage des boissons acidulés, a la diète. L’âge, le sexe l'état même de grossesse ne sont pas des contre-indications à ce moyen, seulement chez les sujets fortement constitués, l’émétique convient mieux, tandis qu’il est mieux de donner la préférence a l’ipécaeuanha pour les personnes faibles ou susceptibles Ou surveille d'ailleurs les complications qui peuvent survenir, et si la maladie devient Jièvre à accès, ce qui arrive assez souvent , on se conduit comme nous le dirons bieuiét eu traitant des fièvres de ce genre.
Fièvre cKHEaRAi.e. Cet te maladie n'est autre chose que ce qu’on nomme communément fièvre chaude, frénésie ; mais les médecins ne voyant pour la plupart en elle que l'expression d une intlanimatioii soit de la sulManre même du cerveau, soit de ses enveloppes, la désignent, suivant le cas, sous les noms d ’encefihalitt ou de méninrjite ; deux maladies qui ont cependant, outre leurs caractères communs, des symptômes caruo téristiques. I.a première attaque de préférence l’en* fanre et la jeunesse, la seconde l’âge vit il.
Etudiées collectivement, ces deux affections débutent cominunémeut pur des maux de télé, des vertiges, des éblouissements, des fourmillements dans les ment bres. Chez les jeunes enfants , qui ne rendent pas compte de ces diverses sensations, on ne voit d’abord i c«’uue tristesse, une langueur inaccoutumées ; vlssout moroses, irritables, ont des boplfces de chaleur au vi-
Flli
éage , les yeux rouges de frissons et de 1 élévation dans le pouls, et presque toujours une constipation opiniâtre ; mais il se déclare bientôt une série de phénomènes infiniment pries graves qui décèlent une lésion du cerveau. C’est d'abord une agiiation extrême dégénérant bientôt en délire, et des crainpesqtii passent promptement à l’état de convulsions.
Presque toutes les fonctions paît icipcnt alors aux désordres dont le? systèmes nerveux et locomoteur sout le siège. La figure se colore de plus eu plus, les yeux étincellent et deviennent saillants, les artères des tempes battent avec force, la respiration est pénible et laborieuse, comme ou le dit, la langue sèche, brune, noirâtre; mais peu à peu le délire furieux ou les crientrecoupés et incohérents, si l’individu malade n’est qu’un jeunp entant, cessent pour faire place à une espece d’assoupissement, et f agitation des membres est remplacée par une sensibilité et un affaissement 1res marqués. La déglutition devient difficile, le ventre ballonne, les selles et les urines sont rendues involontairement, la peau se couvre d’une sueur froide, le pouls se ralentit et devient irrégulier, et les traits du visage s'altèrent profondément.
La violence des symptômes dont nous venons de tracer une rapide mais incomplète esquisse, fait dcj.i pressentir que le traitement de la lievie cérébrale ne peut être fructueux que s’il est aetii et administre le plus lot possible. Ausd faut— il des le début saigner largement le malade, ou, si c’est un jeune enfant, lut appliquer immédiatement des sangsues à la base do crâne, derrière les oreilles, et les faire saigner par des 'entouses appliquées sur lems piqûres, lui mettre le, pieds dans l’eau chaude, cl lui entourer les jambes de cataplasmes chauds. On applique en même temps de ^ eau froide et même de la glace pilée sur la tète ; o>
FIE
donne des boissons rafraîchissantes, comme la limonade cuite , l’orangeade , auxquelles on peut même ajouter un peu de crème de tartre, pour* les rendre légèrement laxatives; on administre des demi-lavements, on tient la chambre du malade peu' éclairée peu échauffée. Enfin un moyen dont on abuse bien souvent, c’est l'opium, qu’on croit propre à calmer les convulsions, et qui a bien rarement cette propriété dans l’espèce. On applique aussi avec quelqu'avantage quand les moyens que nous venons, d'indiquer ont échoué, des vésicatoires aux jambes, mais il est mieux d'en appliquer un derrière le cou.
FifcvRr.ni: lait. — Toutes les femmes, du deuxième au quatrième jour de leurs couches, surtout quand elles ne nourrissent pas, sont sujettes à un mouvement fébrile dont la cause est évidemment la stimulation sympathique des seins appelés h fournir la nourriture de l’enfant, et que par cela même on appelle fiivrt de lait.
Cette fièvre est-elle simple , naturelle , et la femme nourrit-elle son enfant? On se contente de loi faire; garder le lit , de l’engager h se garantir du froid, de lui éviter toutes les émotions vives et subites, et de lui faire boire quelques tasses de de tisane de Heurs do mauves, de violettes, de tilleul. Mais cette fièvre est-elle plus intense, ce qui arrive principalement et presque toujours aux femmes qui n'allaitent pas? On insiste sur les premiers moyens, c'est-à-dire sur la diète , le repos, auxquels on ajoute les boissons délayantes, comme l'eau de veau.de poulet, le petit lait, auxquelles on ajoute un gramme environ, même un gramme et demi de sel de nitre par pinte pomr exciter les reins, et contrebalancer ainsi le travail sécrétoire des sein». Ou prescrit quelques lavements laxatifs; on l'engage
flÈ
ii se teuir les seins chauds et soutenus par des serviettes douces, à se couvrir les cuisses, les jambes de cataplasmes chauds, à s’entourer de laine , à entretenir avec le plus grand soin l’écoulement de ce qu’on nomme vulgairement les couches, et à le rappeler s’il se supprimait ou seulement qu’il diminuât trop vite. On peut même, quand la bouche est pâteuse, l'appétit nul, la laqgue chargée, administrer un purgatif. Si les seins tendent trop à se gontler, on peut les couvrir de cataplasmes arrosés d’eau blanche, ou faits soit avec la farine de lin, l’eau de savon et le carbonate de potasse , soit avec le persil hftché. Quand la sécrétion n’a pu être évitée et que les seins sont excessivement tuméfiés et durs, oc ne doit point hésiter à les faire débarrasser du lai' qu'ils contiennent soit par un enfant, soit par un adulte, soit par un moyen mécanique.
Fièvre typhoïde. — Il n’est pas de mot à coup sûr en médecine, qu’on ail plus souvent employé, depuis une dizaine d’année, que celui de typhoïde. Faut-il en conclure qu’il exprime une chose nouvelle? Non, assurément, car il ne signifie rien autre chose que ce que les anciens appelaient fièvre putride ou maligne , et. ce que, dans les vingt-cinq premières années de notre siècle, on nommait fièvre adynamique, ataxique, nerveuse, etc. Seulement l’usage plus fréquent qu’en fait de celte dénomination prouvequela maladie qu’elle représente a été mieux étudiée par les médecins modernes, et est en définitive mieux connue. Ce qu'on wit de positif 'à cet égard, c’est qu’elle a pour caractère principal une altération de la membrane interne de 1 intestin, qui, réagissant énergiquement sur le système nerveux, donne lieu à cet ensemble de phénomènes si graves qui la signalent.
l e plus marqué de tous les syuiptomas par lesqucU
19C fis
se manifeste U lièvre typhoïde, est saus contredit le ■lé "mît pour les nlimyils, qui ne cesse que quand les naïades entrent en convalescence, bien que parfois le .eniiineul de leur faiblesse les porte à demander a manger. La soit au contraire, dans le début, est 1res urononeée. Cette inappétence est toujours accompagnée d'uu sentiitien* de lassitude, de courbature, d attalbie, de lourdeurs de lètp, même de douleurs dans tes articulations, qui simule assez bien une affection rhumatismale. Mats la douleur de tête cesse assez promptement pour faire place a un état de stupeur, -ortc d'engourdissement général , accompagne t.intiU d’une diminution de l'activité des facultés intellectuelles, tantôt d'un véritable délire. Dans Je premier eas, qui est plus eomtnuu, la physionomie des malades i quelque chose d'étraûge, elle u'evpriuie qu'un protnud étunnemeul, une complète indifférence, une sorte d'hébétude. Us entendent et comprennent bieu les questions qu’on leur adresse , mais ils ne répondent qu’avec lentcui et eu balbutiant.
La somnolence accompagne ou suit toujours la stupeur. Lorsqu'elle est bien prononcée et qu’il devient dillicile de réveiller les malades, le délire ne tarde pas en général à se prononcer. Variab e dans son début comme dans soit intensité, le délire l’est aussi dans sa forme ; tantôt en eflet il consiste en une loquacité extraordinaire, qui roule sur mille objets divers, mais le pin, ordinairement il est paisible, et peut aîsétnent se dissqii r quand on occupe momentanément l'attention îles malades I) autres fois cependant il est accotnp. igné de cris d'agitation, et même d'emporlemelit Déjà, ru parlant de la stupeur, nous avons tinté l’alTais- -• ment des forces musculaires, qui est un des phénomènes 1er plus fréquents dans le début. Cette faiblesse sort généralement J. -s oli.n-rs de la maladie et ne larde
FIÉ
pas.ii mériter le nom de prostration. Aussi les malades restent-ils couchés sur le dos, les bras placés le long H ii corps, ou cherchant à ramasser quelque objet supposé être autour d’eux, l’œil éteint , la face terne, et tout cela à un plus haut degré que dans aucune autre maladie aiguë. Le pouls, dedur, plein et fréquent qu’il était dès le début, devient petit, serré.
Pendant ce temps, il se déclare d'autres signes plus directs de l’essence thème de la maladie: la dégluti ■ tion est gênée, il se fait un saignement par les narines qui se dessèchent, le ventre se ballone, on sent toujours un gargouillement dans le bas dp flanc droit, occasionné par un amas de gaz et de matières fécales liquides, et presque toujours il survient, même quelquefois «Passez bonne heure, une diarrhée dont le produit es' un liquide tantôt jaunâtre, tantôt brun, mais toujours trouble et exhalant une odeur fétide, ou pour mieux dire de pourriture; il n’est pas rare non plus de voir, dans la phase extrême de la maladie, survenir des ta clics longes ou des vergeturcs bleuâtres à la peau et des hémorrhagies intestinales.
Tous les âges ne sont pas également exposés à la fièvre typhoïde; le plus grand nombre des observations recueillies jusqu’à présent tendent à faite penser que l’espace qui sépare vingt ans de trente-six est le moment où elle sévit avec le plus de force. Ouant à ses causes, elles échappent en grande partie; on a seulement remarqué que les individus arrivant de la campagne à la ville y sont fort exposés, surtout ciuix qui s’y iiourrisseist et s’y logent mal. Son caractère coutngimx est généralement nié par les médecins, cl il palait qu'elle n’attaque assez ordinairement qu’une seule fois le même individu ; plusieurs médecins la considèrent comme une éruption, qui est à l’intestin ce que la variole et la rougeole sont à la, peau et finissent par
1!>8 fié
n'y voir que résulta! d’un véritable empoisonnement.
La marche si souvent irrégulière de la fièvre typhoïde et la diversité des opinions que les médecins se sont formées sur sa nature même, sont autant de causes qui ont dû faire varier à l'infini les méthodes de. traitement opposées à celte si cruelle et pourtant si fréquente maladie. Les uns veulent qu’on saigne abondamment dès le début, les autres soutienucut que les purgatifs répétés doivent avoir la préférence. Les médecins prudents se plapent aujourd'hui entre ces deux opinions extrêmes et opposées, et se contentent de faire la médecine des symptômes. Ainsi ils saignent si les préludes de le maladie s’anqnrent par un pouls plein, large, et surtout si le sujet est jeune, vigoureux et sanguin. Ils attaqueut les phénomènes nerveux par les antispasmodiques, calment les douleurs intestinales par des cataplasmes émollients, modèrent la diarrhée par des lavements laudauisés, relèvent les forces par des toniques, quand elles leur paraissent abattues, opposent à la marche du mal des vésicatoires aux cuisses, font tenir le malade dans une grande propreté, attendent tout enfin des efforts de la nature, dont ils se rontentent de seconder les efforts , quelquefois si puissants.
FiEvrk J»rxr. — Aussi appelée vomissement noir, vomito negro, mol de Siam, typhus omaril, typhus des tn>jnques ou d' Amérique-, cette maladie règne quelquefois isolement, mais le plus souvent d’une manière • ■pidéroique, et se développe au milieu de circonstanres dont les plus appréciables sont le voisinage de la mer et une température élevée. L'ignorance dans laquelle on est , soit sur la nature de la fièvre jauuc , «ut sur sa véritable couse, fait de suite pressentir qu'il eu difficile de donner à son égard d’autre précepte de traitement que celui de faire aussi la médecine des
fié 1 99
symptôme», c'est-à-dire, nous le répétons, de suivre les indications à mesure qu’elles se présentent. Au début, on a doue recours aux limonades, aux orangeades, à l’eau de riz ou à l’eau d’orge, à l’usage de quelques bains, de lavements émollients, de topiques adoucissants sur le ventre. Si , alors , les symptômes d’excitation, de réaction, d’éréthisme, ne s’amendent pas, on pratique au bras une saignée qu’on peut même I répéter deux et même trois fois les deux premier^ jours. Tout doit d’ailleurs , à ce sujet , être subordonné à la violence des symptômes, à la constitution du sujet, et surtout à la nature particulièra de l’épidémie. Les vomissements sont combattus par de l’émetique donné dans une grande quantité de véhicule, des boissons gazeuses, des purgatifs salins et même des excitants plus énergiques.
A la période de collapsus, c’est-à-dire d’affaissement, on oppose dans bien des cas avec succès les koissons stimulantes données chaudes comme les infusions de centaurée, de camomille, la décoction de serpentine de Virginie ou mieux encore de quinquina. Dans la période plus avancée on conseille lesdérivatils, comine les visicatoires et les synapismes sur les misses, les jambes ou les lombes. Les indigènes des pays qui sont le théâtre habituel de cette maladie se contentent de frictionner tout le corps des malades avec des tranches de citrou et d’en appliquer le suc sur le front, le creux de l’estomac, les membres, de donner des boissons acidulés, des lavements de mélasse et de suc de citron. Enfin , le moyen d’éviter la hevre jaune quand on habite le pays qu’elle envahit . r Rst “,en moins d’éviter les quartiers qu’elle occupe, que de vivre sobrement, d’éviter les excès de tout genre, et de s’exposer le moins possible soit à t’ar- “e,,r ‘ u so,eih soit à l’action miasmatique du soir et
• !<: U nui!. Quaol à IVulassimieut ucssuulades dam ilt» lazarets «•! à leur séquestration par des cordons .anitaires, l'élude désintéressée des faits démunir qu'ils soûl généralement plus nuisibles qu’utiles.
2° Fikvisks à accès ou ihtermitteutes. — Ces fièvres, si communes chez les personnes qui habitent les pays marécageux, ont des accès partages eu trois temps P’ mcipaox que l’on nomme stades: ci-, temps sont celai dn froi.l , celui du chaud et celui de la .sueur. Le ‘stade île froid débuté par île., lassitudes dans les membres , des douleurs de tôle, des bâillements; ensuite survient le froid commandant dans le dos et s’étendant a tout le corps, et accompagné de frissons, de claqiiement de dénis, de sécheresse à la peau, avec soif et accélération du pouls. l’eu à peu le froid se dissipe cl le maile de cl and commence; la peau rougit, se nmelie meme et la tète devient douloureuse jusqu’à . •• que se déclare U sueur et que tous les symptômes .U di.w.peut peu ii peu pour ne laisser aucune trace jusqu'à l'apparition tl’uu nouvel accès. L’intervalle qui les séjiarc se nomme intermittence. Ces accès re viennent ou toutes les vingt-quatre heures, c'cst la lievi v jjuotidieiuie, ou de deux jours l’un c’est la fièvre lieice, ou seulement an bout de trois jours révolus, e est la fièvre quarte, etc.; quant la lièvre est continue, -ou exaspérai ion prend le nom de paroxysme.
La lievre lulmuiilcute simple, quel que soit le type qu’elle affecte, se guérit souvent d’elle-mème; la dicte, le repos au lit, des boissons chaudes pendant la pr- ■ iode de froid; des boissons fraîches, acidulés pendant relie de chaud , mais mieux encore le changement de lieu, suffisent a -si- z eommuiiéiiicnt pour amener la . ucrison. Quand ces premiers moyens ont échoné, que le frisson, des bâillements, le brisement des membres, iiuioiieeut une nouvelle invasion du paioxvsme, on !■•»
ut:
coucher le malade Jaiis un, lit bien chaud et on le couvre suffisamment. Le fioid étant devenu général, ou lui fait prendre de temps à autre une tasse d’infusion de mauve, Je bourrache, de violettes, de tilleul; < n lui fait dos Irictions sèches sur la peau , on applique quelques ventouses sèches sur le cieux de l'estomac. Surviefit-il des nausées, des vomissements? on administre quelques gouttes de laudanum dans un demiverre d’eau sucrée, et on étanche la soif avec quelques tranches d’orange. La chaleur se propageant peu à peu, on diminue à mesure le poids des couvertures, on remp'ace les boissons chaudes par des boissons tempérées ét même aeidulées , comme l’eau de groseille, la limonade, enfin on pourra donner un ou deux lavements aéidulés pour calmer la chaleur et le resserrement du ventre qui s’observent quelquefois. Une fois l'accès terminé , le malade réglera ses repas de manière à ce que la digestion soit achevée avant le i». tour du nouvel accès. C’est alors qu'on doit administrer le quinquina ou mieux le sulfate de quinine, à moins qu’il n’existe quelques complications, comme une inflammation quelconque, ou un embarras de I estomac qui exigeraient, la première, une soignée ou des sangsues, le second un vomitif ou un purgatif.
Les praticiens varient sur les doses auxquelles on doit administrer le quinquina; les uns veulent qu'on I administre à des doses d’abord faibles, mais successivement croissantes , les autres le donnent de suite à des dôse.s élevées : l’expérience a démontré que pour je quinquina en poudre deux grammes (un der.iLgros), et pour le sullate de quinine six ou huit décigrammes (douze ou quinze grains) , suffisaient ordinairement. Mais il faut savoir que les doses seront d’autant plus considérables que la maladie sera plus violente, plus opiniâtre, et le sujet plus âgé; qu’une première dose
a)ant prévenu le retour de l’accès à venir , on dimi iiuera les doses suivantes ; tandis qu’on les augmentera au contraire s’il n’est résulté qu’une diminution légère dans la violence et la durée de l’accès; enfin que dans les fièvres quotidiennes le quinquina doit être donné aussitôt apres l’accès , vingt-quatre heures après daus la fièvre tierce, quarante heures après dans la fièvre quarte. Il sera continué huit jours dans le premier cas, quinze dans le second et vingt-un dans le troisième. » S'il échoue, administré par la bouche, et donné dans une cuillerée d’eau sucréo ou en bols, on peut le donner en lavement et même sur la peau déuudéc de-sou epiderme par un vésicatoire.
FILET. — Un préjugé assez répandu, et que'se gardent bien de combattre les sages-femmes et certains accoucheurs de campagne , c'est que la plupart des enfants naissent avec le filet, r'est-à-dire que chez eus, le repli membraneux qui unit la langue à la paroi inférieure de la bouche, s'avançant trop vers la pointe de cet organe, le gène dans ses mouvements, et partant, l'empêche de remplir ses fonctions. On ne saurait trop détruire cette erreur, car elle conduit dans la plupart des cas à une opération inutile, ou favorise un acte de charlatanisme. Quand cependant le cas existe , ce qui n'arrive pas seulement une fois sur coût, il faut y remédier. l’our cela on relève la langue au moyen de la partie pluie ou pavillon d'une sonde cannelée , puis on coupe le filet avec des ciseaux passés au-dessous, en dirigeant leur pointe un peu en bas afin d'éviter les deux artères qui occupent la hase de la langue. Si, malgré ces. précautions , il y avait un écoulement de sang un peu considérable et prolongé, on relèverait de nouveau la langue et on porterait sans hésiter au fond de la plaie ou directement sur le point d’où jaillit le sang, si ob le découvrait, la pointe d’un petit slilet chauffé à blanc-