Partie usitée
Les feuilles. L'activité de la jusquiame est très variable ; elle dépend, d'après Schrofif, de l'âge delà plante et de la partie employée ; ainsi la plante de deux ans possède une action plus énergique que celle d'un an, la racine l'emporte sur la tige et les feuilles; l'extrait alcoolique et l'extrait éthéré des semences sont les préparations les plus actives ; la plante sauvage est plus ; active que celle cultivée ; celle du Midi est plus énergique que celle du Nord.
Récoite, dessiccation. — On récolte les feuilles'un peu avant la floraison ; la dessiccation doit se faire à l'étuve, à cause de l'épaisseur du limbe et de son enduit duveteux.
Composition chimique. — La jusquiame contient : huile fixe,
HERALD. PLANTES MED. ^^Sftv^T^
substance grasse analogue à la cérine, matière extractive, sucre, gomme, albumine, amidon, ligneux, sels de chaux, de magnésie, de potasse,* et un alcaloïde végétal, Yhyoscyamine. Cet alcaloïde est contenu dans toutes les parties de la plante et surtout dans les graines; il a pour formule C,0H17AzO2 (Kletzniski). C'est une substance solide, blanche, cristallisant en prismes aciculaires, inodores, de saveur acre et désagréable, pouvant se volatiliser partiellement sans décomposition, peu soluble dans Peau, très soluble dans l'alcool et l'éther, précipitant en brun par l'iode et en blanc par le tannin. 11 est très difficile de l'obtenir pure, et elle affecte le plus souvent l'apparence d'une masse brune et visqueuse, d'odeur vireuse et étourdissante ; sous cette dernière forme, elle ne possède pas toujours la même intensité d'action. Les sels d'hyoscyamine sont pour la plupart cristal lisables, inaltérables à l'air, inodores, de saveur acre et nauséabonde, fort vénéneux. 11 n'est point nécessaire, pour l'usage médical, d'engager l'hyoscyamine dans une combinaison saline, vu sa solubilité dans l'eau.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre de feuilles, 10 centigram. à 1 gram. 2° Infusion ou décoction (usage interne), pp. 2 à 4 : 500. 3° Extrait aqueux, 1 à 5 décigram. et plus, par fractions. 4° Extrait alcoolique, 10 à 30 centigram. 5° Teinture, 1 à 4 gram. 6° Alcoolature, 1 à 4 gram. 7° Sirop, 10 à 50 gram. On prépare une huile et un emplâtre de jusquiame. On utilise également les feuilles sèches ou fraîches en cataplasmes, lotions, injections, fomentations, pp. 50 : 1000; elles entrent dans la pommade populéum, le baume tranquille ; l'extrait fait partie des pilules de Méglin, si fréquemment employées contre les névralgies et surtout le tic douloureux de la face. On prescrit l'hyoscyamine à la dose de 1 à 3 milligram. par jour, soit en dissolution dans l'eau alcoolisée, soit triturée avec de la poudre de sucre ; on en fait quelquefois des injections hypodermiques.
Action physiologique. — La jusquiame et l'hyoscyamine administrées à dose physiologique possèdent la propriété d'augmenter le nombre des pulsations et la tension artérielle, tandis qu'à dose élevée elles produisent des effets inverses. Sous leur influence, on voit le mouvement respiratoire s'accélérer, la chaleur animale s'élever légèrement, puis s'affaiblir si la dose est forte. On constate en plus une mydriase constante, parfois précédée de rétrécissement, si la quantité administrée est considérable; Pérythème et la rougeur scarlati ni forme de la face, des lourdeurs de tête, une tendance au sommeil, la sécheresse de la bouche, du gosier, des voies respiratoires ; de la dysphagie, de l'enrouement. Les fibres lisses intestinales sont excitées, et de là nausées, cojiques, purgations ; ces
fibres se paralysent sous l'influence des hautes doses. Enfin, si la dose est par trop considérable, il survient des vertiges, des troubles de la vision et de l'olfaction, des hallucinations, un délire furieux, des convulsions, de la paralysie musculaire, le coma et la mort.
Usages. — La jusquiame est calmante, analgésique, antispasmodique. Son efficacité ne saurait être mise en doute dans certaines névralgies, telles que le tic douloureux de la face, la sciatique. On s'en sert, dans ces cas, soit à l'intérieur, soit en applications toniques, soit sous forme d'injections hypodermiques d'hyoscyamine. L'action calmante hypnotique est utilisée dans les cas où les opiacés sont nuisibles , par exemple chez les enfants et les sujets atteints de congestion cérébrale. Elle paraît exercer une action favorable sur le tremblement sénile et la paralysie agitante, dont elle diminuerait notablement les mouvements automatiques. On a recommandé les vapeurs de sa décoction, la fumée de ses feuilles brûlées à la manière du tabac, contre l'odontalgie. Sa propriété de diminuer la sensibilité la fait prescrire dans Tarthrite et le rhumatisme articulaire aigu, les phlegmasies douloureuses de la peau et du sein ; son action sur la sensibilité réflexe, dans la toux nerveuse, la coqueluche, l'épilepsie. Elle excite les fibres lisses de l'intestin, des vaisseaux, de l'utérus ; de là son emploi dans la constipation, l'incontinence d'urine, les flux hémorrhoïdaux, la réduction des hernies étranglées et des paraphimosis, les spasmes du col et de la vessie, du sphincter anal. Son efficacité dans les hémorrhagies, telles que l'hémoptysie, la métrorrhagie, est plus contestable. En se basant sur sa propriété de dessécher les muqueuses aériennes, on l'a administrée pour combattre les sueurs nocturnes des phthisiques, les sécrétions bronchiques exagérées, les bronchorrhées ; il est certain que, si elle ne modifie pas les sueurs, elle diminue notablement l'ex-
Fig. 163. — Jusquiame blanche.
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perforation, mais on doit éviter de la donner dans ces maladies à trop forte dose, parce qu'alors elle provoquerait l'expectoration au lieu de la tarir. L'hyoscyamine peut s'employer comme mydriatique dans les mêmes cas que l'atropine; elle serait même préférable dans certains cas, car son instillation est moins douloureuse que celle de l'atropine.
On peut substituer à la jusquiame noire deux autres espèces qui croissent en France et possèdent les mêmes propriétés; ce sont : 1° la J. blanche (Hyoscyamus albus L.) ; 2<» la J. dorée (H. aureus L.). La première (fig. 163) se reconnaît à ses fleurs jaunes, sans taches, à ses feuilles obtuses et sinuées. La seconde se fait remarquer par ses feuilles aiguës et dentées et les taches violettes de la corolle.
KRAMERIE TRIANDRE. Krameria triandra R. et Pav. Rramer à 3 étamines (K. canescens), Wild. Ratanhia, R. du Pérou. Po-
LYGALÉES.
Description (fig. 164). — Arbuste à racines longues, rameuses, rampantes, horizontales. Tige ligneuse, droite, cylindrique, à écorce mince, présentant de nombreuses ramifications inférieurement nues et noirâtres, blanchâtres au sommet. Feuilles alternes, presque sessiles, très rapprochées à la partie supérieure des jeunes rameaux, ovales, allongées, terminées par une pointe piquante, finement pubescentes, d'aspect blanchâtre et ayant un éclat soyeux. Fleurs (surtout en août) rouges, solitaires, courtement pédonculées, placées à l'aisselle des fleurs supérieures et formant une grappe terminale; pédoncule portant aux deux tiers de sa hauteur une paire de folioles opposées à peu près de la consistance des feuilles. Calice à 4 divisions profondes, ovales, allongées, aiguës, soyeuses au dehors, d'un jaune d'or au dedans. Corolle à k pétales rouges irréguliers et inégaux, les 2 inférieurs charnus, concaves, arrondis, les 2 supérieurs à onglet long, terminés par une lame spatulée arrondie. Étamines 3, dont 2 latérales grandes ; anthères coniques à 2 loges, la déhiscence s'effectue par un double pore terminal. Ovaire 1, supère, ovoïde, velu, monoloculaire, biovulé ou monovulé par avortement. Style épais, court, obtus, rouge ; stigmate glabre, unique, à peine marqué. Fruit (capsule) globuleux, pisiforme, armé de pointes crochues d'un rouge obscur. La surface est en outre garnie de poils soyeux. Outre leur pointe crochue, les piquants portent de très petits aiguillons dirigés de haut en bas. Graine unique. £.
KRAMERIE TRIANDRE 353
Habitat. — Le kramerie triandre croît au Pérou à mi-coteau sur la pente occidentale des Cordillères, en Bolivie dans les terrains arides.
Partie usitée. — La racine. Le nom de ratanMa sous lequel elle est connue est celui qu'elle portait au Pérou à l'arrivée des Espagnols et signifie plante traçant sous terre. Elle se compose d'une souche ligneuse d'où partent des ramifications cylindriques, de la grosseur d'une plume à celle du doigt, formées de deux parties, Tune corticale d'un rouge brun, un peu fibreuse, inodore, très astringente, mais non amère ; l'autre centrale, ligneuse, très dure, d'un jaune rougeâtre pâle, d'une saveur plus faible. Gomme l'écorce est la partie la plus active, il convient de choisir les racines de ratanhia petites ou de grosseur moyenne, car alors elles contiennent proportionnellement plus d'écorce. Ce ratanhia est le ratanhia officinal (B. du Pérou, B. Payta) ; mais depuis 4854 il s'est introduit dans le commerce plusieurs espèces nouvelles qui tendent à faire disparaître la première. Ce sont : 1° les B. de la Nouvelle-Grenade, ou B. de Savanille; 2° le B. des Antilles; 3° le B. du Texas, ce dernier que nous citerons seulement, car son importance est nulle. Le B. Savanille est fourni par le K.
ixina V. B., JL granatensis Tria, et PI., K. tomentosa St-H. Cette racine est courte, tortueuse, grisâtre, à cassure nette ; l'écorce est friable, adhérente au bois ; sa saveur est astringente, sans amertume. Le R. des Antilles a des racines longues, droites, cylindriques, tantôt noirâtres et marquées de nombreuses fentes transversales et revêtues d'une écorce très friable, tantôt de couleur fauve, à stries longitudinales, à écorce plus résistante. La première forme proviendrait du K. ixina, la seconde du K. spartioides Tria, et PI. L'écorce de la tige des ratanhias pourrait être substituée à la racine.
Récolte. — On procède à la récolte, en inondant préalablement
Fig. 16*. — Kramerie triandre.
le terrain où croissent ces arbres : il est alors plus facile de séparer du sol les racines qui s'étendent au loin.
Composition chimique. — La racine de ratanhia contient : tannin, principe extractif rouge peu soluble, gomme, fécule, matière mucilagineuse, matière sucrée, quelques sels, acide mal déterminé (A. kramérique?). Le tannin de ratanhia est en écailles luisantes, légèrement verdâtres, se dédoublant sous J'influence des acides en extractif rouge et en glucose. Cette transformation se produit aussi par l'action de la chaleur, et le rouge ainsi formé prend une teinte noirâtre en s'oxydant au contact de l'air.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 décigram. à 4 gram. 2° Tisane par décoction ou infusion, pp. 10 à 30 : 1000. 3° Extrait, 2 à 4 gram. en potions et en pilules. 4° Sirop, 20 gram. contiennent 5 décigram. d'extrait. 5° Teinture, de 5 à 20 gram. On trouve dans le commerce l'extrait tout préparé, originaire du pays où croît le ratanhia ; il est sec, cassant, à cassure vitreuse, presque noire, très astringent et donnant une poudre couleur de sang. Cet extrait présente une certaine analogie avec le kino. Les incompatibles du ratanhia sont les mêmes que ceux des autres substances tannantes.
Action physiologique. — C'est un astringent qui produit d'une manière très intense les effets de cette classe d'agents. Son action tannante, astringente, est pourtant moindre que celle de l'écorce de chêne.
Usages. — Le ratanhia, usité d'abord comme dentifrice, a été ensuite employé en collutoires, en gargarismes dans les gingivites simples ou scorbutiques, les stomatites mercurielles. 11 est journellement employé dans la diarrhée, la dysenterie, les hémorrhagies des muqueuses, mais il est contraire dans les hémorrhagies avec congestion. On le prescrit en injections dans les catarrhes chroniques du vagin et de l'urèthre. Il a été prescrit avec succès dans le traitement de la fissure à l'anus, des fissures du mamelon, de la kératite scrofuleuse ; en lotions d'extrait dans le varicocèle.
LAITUE CULTIVÉE. Lactuca sativa L. Synanthérées-Chicoracées. (De lac, lactis, à cause du suc laiteux que contient cette plante.)
Description. — Dans son jeune âge, elle se présente sons la forme d'une large touffe de feuilles, arrondies, concaves, ondulées, bosselées, très succulentes, serrées les unes contre les autres et
formant une tête arrondie : c'est la laitue pommée. Dans cet état, la laitue est mangée en salade; mais, lorqu'on la laisse croître, elle se transforme en une plante (laitue montée) pouvant acquérir 6-12 décimètres et dont voici la description. Racine pivotante, presque fusiforme, peu rameuse, gris noirâtre à l'extérieur, d'un gris presque blanc à l'intérieur. Tige dressée, pleine, cylindrique, simple inférieurement, chargée en haut de rameaux ascendants, paniculés, hérissés de petites épines. Feuilles alternes ou éparses, semi-amplexicaules, auriculées à leur base, grandes, ovales, allongées, dentées, molles, vastes, souvent aiguillonnées sur la côte dorsale, tantôt entières, tantôt plus ou moins roncinées et pinnatifides, de plus en plus petites. Fleurs jaunes; capitules pédicellés très nombreux, disposés en grappes à l'extrémité des rameaux et formant un large corymbe pyramidal, muni d'un grand nombre de feuilles et de bractées, suborbiculaires , amplexicaules. Involucre un peu conique, renflé à sa partie inférieure, formé d'écaillés imbriquées, inégales, ovales, allongées, presque obtuses, d'un vert glauque, blanchâtres et scarieuses sur les bords. Réceptacle plane , glabre, ponctué, portant environ 12 à 15 demi-fleurons, reçus dans de petites fossettes peu marquées. Calice propre adhérent avec l'ovaire infère. Corolle composée de demi-fleurons hermaphrodites, à languettes linéaires, tronquées et denticulées au sommet. Étamines 5; filets courts et libres ; anthères soudées et réunies entre elles. Ovaire infère, uniloculaire, uniovulé. Style sortant du faisceau des étamines, court et portant à son sommet 2 stigmates filiformes, roulés en dessous. Fruit (achaine) d'un brun grisâtre, oblong, étroitement marginé et un peu hérissé au sommet, couronné par une aigrette stipitée blanchâtre. ©.
Habitat. — On ne connaît pas son origine; elle est cultivée et subspontanée autour des habitations.
Culture. — Par la culture, elle présente de nombreuses variétés qui sont les L. capitata (L. pommée ou officinale), L. romana (L. romaine ou chicon), L. laciniata (L. épinard), L. palmata (L. chicorée), L. crispa (L. frisée ou crépue).
Partie usitée. — La plante montée en tige, et le suc épaissi qu'elle donne à cette époque, sous le nom de laetucarium ou opium de laitue. Si l'on pratique des incisions transversales sur les tiges de la laitue montée, on divise les vaisseaux laticifères de l'écorce, et ceux-ci laissent alors écouler un suc laiteux, blanc, se colorant à mesure qu'il s'épaissit au contact de l'air : c'est la thridace (François) ou laetucarium des Anglais. Il se présente, dans le commerce français, sous forme de pains orbiculaires aplatis de 3 à 6 centim. de diamètre et du poids de 10 à 30 gram. 11 possède une saveur
nauséabonde, un peu hircine, une saveur amère, une couleur brune terne et se recouvre au bout de quelque temps d'une efflorescence de mannite; il est peu soluble dans Peau, à laquelle il communique pourtant son amertume, soluble en partie dans l'alcool faible. La laitue vireuse (L. virosa L.) et la laitue gigantesque (L. altissima Bieb.) fournissent également du lactucarium; c'est cette dernière espèce qui donne le lactucarium d'Aubergier. La difficulté que l'on éprouve à obtenir ce lactucarium en assez grande quantité, par la méthode des incisions, fait qu'on lui substitue souvent le suc préparé avec les parties corticales de la tige que l'on a soumises à l'expression et évaporées au bain-marie. C'est à cette préparation qu'il convient de réserver le nom de thridace. Elle constitue d'ailleurs un médicament inerte avec lequel on prépare pourtant un sirop.
Composition chimique. — Le lactucarium contient : principe amer (lactucine), mannite, asparagine, albumine, résine, cire, acide indéterminé, quelques sels. La lactucine est incristallisable, neutre, soluble dans l'eau et l'alcool, insoluble dans l'éther, réduisant le réactif cupro-potassique. On a également signalé dans le lactucarium une huile essentielle qui communique à ce produit son odeur vireuse.
Formes pharmaceutiques, doses. ~- Le lactucarium s'emploie sous les formes suivantes : 1° extrait alcoolique, 2 à 3 décigram.; 2° sirop, 30 à 60 gram., il est presque inerte; 3© sirop de lactucarium opiacé, 30 à 60 gram. ; 4° l'eau distillée de laitue est narcotique, surtout chez les enfants, dose 120 gram., comme véhicule des potions calmantes ou narcotiques. L'huile des graines est réputée antiaphrodisiaque. Ces graines faisaient partie des quatre semences froides mineures. Les feuilles de laitue associées au cerfeuil et à la poirée entrent dans la composition du bouillon aux herbes.
Action physiologique. — La laitue a passé pendant longtemps pour avoir la faculté de ramener le sommeil, d'émousser les désirs vénériens, d'exercer une action anodine, c'est-à-dire légèrement anesthésique. Le lactucarium est surtout hypnotique ; ses effets se manifestent principalement chez les femmes, les enfants, les individus prédisposés au sommeil ou que les préparations d'opium impressionnent fortement. 11 agit indirectement, en calmant l'éréthisme nerveux qui entretient l'insomnie, et possède l'avantage de ne pas déterminer les douleurs de tête, les bourdonnements d'oreille, l'injection de la face, le malaise, l'élévation et la dureté du pouls, la constipation, phénomènes qne l'on constate souvent sous l'influence de l'usage prolongé de l'opium.
Usages. — Le lactucarium est employé pour combattre Pinsom-
LAMIER BLANC 857
nie dont s'accompagne la convalescence des longues maladies, les palpitations du cœur, sans altérations anatomiques, les névralgies intestinales. Dans les bronchites légères, la grippe, il calme les accidents nerveux. On Ta également conseillé dans les rhumatismes, Thypochondrie, la spermatorrhée, le priapisme symptomatique de la blennorrhagie, et pour diminuer l'irritation de la conjonctive.
La laitue vireuse (L. virosa L.), malgré son nom spécifique, n'est point toxique ; la composition de son suc se rapproche de celle du suc de la laitue cultivée; elle paraît avoir des propriétés -analogues. 11 en est de même de la laitue sauvage ou scariole (L, scariola L., L. sylvestris Lam.).
LAMIER BLANC. Lamium album L. Ortie blanche, 0. morte. Labiées-Stachvdées (Aatjiôç, gueule béante, par allusion à la gorge de la corolle).
Description. — Plante de 2-4 décimètres, légèrement velue. Racine rampante, fibreuse. Tige dressée, verte, d'odeur aromatique peu agréable, présentant une faible amertume, simple, carrée, creuse intérieurement. Feuilles opposées, pétiolées, cordiformes, acuminées, profondément dentées, à nervures saillantes à la face inférieure. Fleurs (avril-mai) blanches, grandes, sessiles, verticillées au nombre de 15-16 à l'aisselle des feuilles supérieures. Galice tubuleux offrant 10 stries longitudinales, tacheté de noir à la base, à 5 dents aiguës , étalées. Limbe à 5 dents écartées , linéaires , très aiguës. Corolle à tube recourbé et redressé, à 2 lèvres, la supérieure entière, en forme de voûte, l'inférieure à. 3 lobes, 2 latéraux larges, arrondis, peu saillants, avec une petite languette étroite, celui du milieu plus large, échancré à son sommet. Etamines 4, didynames, exsertes, cachées sous la lèvre supérieure. Anthères à 2 loges noirâtres, couvertes de poils blancs, très écartés à leur partie inférieure, se touchant seulement par leur sommet. Ovaire profondément quadriparti. Style de la longueur des etamines. Stigmate bifide. Le fruit est formé par quatre achaines triangulaires, tronqués au sommet. ^ .
Habitat. — Il croît dans les haies, les lieux incultes et humides, au milieu de l'ortie commune, avec laquelle il présente une certaine ressemblance par ses feuilles.
Culture — Il vient dans tous les terrains, on le sèmeau printemps.