‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 135 sur 226 · LISERON SCAMMONÉE · texte numérisé non relu

LISERON SCAMMONÉE

Composition chimique. — Le styrax liquide est composé d'huile volatile, résine neutre cristallisée (styracine), résine molle, matière verte, acides benzoïque et cinnamique. L'huile volatile, ou styrol, C16H8, est un hydrocarbure liquide, incolore, très fluide, très réfringent, de saveur brûlante rappelant la benzine par son odeur, d'une densité de 0,924 et bouillant à 46«. Il est très soluble dans l'alcool £t l'éther, dissout le soufre et le phosphore. La styracine, C*6H160*, est en aiguilles incolores, inodores, fondant à 44°, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et l'alcool, se dédoublant en acide cinnamique et en alcool cinnamique sous l'influence d'une solution alcoolique chaude dépotasse caustique; l'acide nitrique la transforme en acide benzoïque et en essence d'amandes amères.

Formes pharmaceutiques, doses. — Pilules, 5 décigram. à 2 et 4 gram. par jour. 11 entre dans la composition de l'emplâtre mercuriel de Vigo.

Action physiologique. — Ses effets sont les mêmes que ceux des autres balsamiques, c'est-à-dire qu'après avoir été absorbé il exerce une influence spéciale sur les organes d'élimination. Cest ainsi que sous son influence la diurèse s'accroît, ainsi que la quantité d'acide hippurique contenue dans l'urine, tandis que les sécrétions des muqueuses bronchiques sont modifiées ou diminuées.

Usages. — On lui attribue les mêmes propriétés qu'au baume de copahu, et l'on a proposé son emploi dans les mêmes circonstances. 11 est aussi employé dans les affections catarrhales des voies respiratoires. A l'extérieur, on s'en sert en applications topiques pour modifier, déterger les ulcères sanieux.

LISERON SCAMMONÉE. Convolvulus scammonia L. Convolvulacées.

Description (fîg. 173). — Plante herbacée, volubile, de 1-2 mètres. Racine grosse, pivotante, épaisse, charnue, lactescente. Tiges grêles, cylindriques, grimpantes; feuilles alternes, pétiolées, triangulaires, hastées, aiguës, entières, glabres. Fleurs 3-6 portées sur des pédoncules axillaires plus longs qu'elles ; pédicelles munis de 2 petites bractées subulées. Calice à 5 sépales glabres, obtus, échancrés au sommet. Corolle grande, campanulée, d'un blanc teinté de pourpre, limbe à b' lobes. Étamines 5, incluses. Stigmate divisé en 2 lobes allongés et cylindriques. Fruit (capsule) à 2 loges polyspermes. ?f.

Habitat. — Croît dans plusieurs parties de l'Orient, en Grèce, en Syrie.

Partie usitée. — La gomme-résine extraite de la racine. Pour obtenir cette gomme-résine, on fait à la racine des incisions par où s'échappe un suc laiteux que l'on reçoit dans des coquilles de

LISERON- SCAMMONEE

moules, où on le laisse sécher : c'est la scammonée en coquilles , la plus pure de toutes et qui ne sort guère du pays dont elle est originaire. D'autres fois, on coupe le sommet de la racine, on l'entaille en forme de coupe et on laisse le suc s'amasser et se dessécher dans cette cavité. D'après quelques voyageurs, la scammonée proviendrait du suc exprimé de la plante et convenablement évaporé. Quoi qu'il en soit, il est certain aujourd'hui que toute la gommerésine du commerce provient du Convolvulus scammonia; la différence du sol, les procédés d'extraction, les fraudes, suffisent pour expliquer les variétés que présentent les scammonées commerciales. On appelle Scammonée d'Alep l'espèce la plus légère, la plus pure, et l'on donne le nom de Scammonée de Smyrne aux sortes plus lourdes et plus communes.

La scammonée d'Alep est en morceaux irréguliers plus ou moins volumineux et caverneux, légers, friables, grisâtres à l'extérieur, à cassure nette, luisante, noire ou d'un brun rougeâtre, brûlant avec flamme au contact d'une bougie allumée, donnant par le frottement une odeur faible spéciale, possédant une saveur de beurre cuit ou de brioche, devenant acre ensuite. Elle blanchit aisément au contact de l'eau ou de la salive; sa poudre est d'un blanc grisâtre; elle s'émulsionne facilement avec l'eau, le lait, l'émulsion d'amandes. C'est l'espèce adoptée par le Codex de 1866.

Composition chimique. — La scammonée d'Alep contient : résine, gomme, sable, ligneux, amidon, eau. C'est la résine qui constitue la partie active; elle est inodore, à peu près insipide, soluble dans l'alcool et l'éther, formant avec l'ammoniaque une dissolution d'un beau vert; c'est un glycoside qui présente la plus grande analogie avec la jalapine. D'après le Codex de 1866, la scammonée de bonne qualité contient de 75 à 80 0/0 de résine.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 3 décigram.

Fig. 173. — Liseron scammonée.

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à 1 gram. dans du pain azyme, de la confiture ou du lait. 2« Teinture, 2 à 8 gram. en potion. 3° Résine, 3 à 6 décigram. Cest la meilleure préparation de scammonée, celle qu'on doit préférer, car sa composition est constante. On prépare avec la' scammonée et sa résine des biscuits purgatifs pour les enfants. On donnait autrefois le nom de diagrêde à la scammonée cuite dans un coing, afin d'en corriger Pàcreté. Elle entre dans la poudre cornachine, l'eaude-vie allemande.

Action physiologique. — C'est un purgatif énergique, drastique même, mais donnant malheureusement des résultats très inégaux autant à cause de sa composition variable que des idiosyncrasies diverses auxquelles elle s'adresse. Un fait singulier, c'est qu'elle purge moins à dose élevée qu'à dose plus faible. Les alcalis n'augmentent pas son effet. Elle produit moins souvent des coliques que le jalap, mais elle cause souvent des chaleurs à l'estomac et à l'anus.

Usages. — Par son insipidité et son activité sous un petit volume, la scammonée est précieuse dans la médecine des enfants; elle est alors surtout usitée pour combattre la constipation opiniâtre et les affections vermineuses. Comme purgatif hydragogue, elle trouve plusieurs applications dans les hydropisies, les affections cérébrales, thoraciques, pulmonaires, cardiaques.

La scammonée de Montpellier, ou S. en galettes, est fournie par le Cynanchum monspeliacum L., àsclépiadacées. Elle est inusitée.

LOBÉLIE ENFLÉE. Lobelia inflata L. Indian tabaco, Asthma weed (herbe à l'asthme), Emetic weed (herbe émétique). Campanp-' lacées.

Description. — Plante gorgée d'un suc lactescent acre, tantôt simple et ayant de 2 à 4 décimètres de hauteur, tantôt ramifiée et atteignant alors près de 1 mètre. Racines fibreuses; tige dressée, anguleuse, velue. Feuilles alternes, simples, dentées, serrées; les inférieures oblongues, obtuses, courtement pétiolées; les moyennes ovales, aiguës etsessiles. Fleurs bleues, teintées de pourpre (juillet), petites, pédicellées, réunies en grappes et naissant à l'aisselle de bractées acuminées plus larges que les pédicelles. Réceptacle glabre, ovoïde. Calice adhérent, tube glabre et ovoïde, limbe à 5 divisions subulées, linéaires. Corolle irrégulière tubuleuse ; limbe à 5 divisions, bilabié; tube cylindrique, infundibuli forme, étroit. Etamines 5',syngenèses; anthères pourprées, biloculaires , introrses; filets blancs aplatis à la base. Ovaire semi-infère à 2 loges. Style filiforme, arqué, terminé par un stigmate bilobé, caché par les anthères. Fruit (capsule) ovoïde, renflé, comprimé, couronné par le calice et portant 10 angles saillants. Graines nombreuses, petites, brunes. ®-

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Habitat. — Elle est commune dans les champs, sur le bord des routes, dans toute l'Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu'à la Caroline et au Mississipi.

Parties usitées. — Les parties les plus actives sont les semences et les racines ; néanmoins les feuilles sont presque exclusivement employées en France. .

Récolte. — La plante est recueillie en août et septembre. On la rencontre dans le commerce, sous forme de petites bottes rectangulaires, fortement comprimées, du poids de 250 à 500 gram. Elle est d'un vert jaunâtre, d'une odeur un peu nauséeuse et irritante, d'un goût acre et brûlant, semblable à celui du tabac.

Composition chimique. — La lobélie enflée contient : principe odorant volatil, lobéline, acide lobélique, gomme, résine , chlorophylle, huile fixe, ligneux, sels de chaux, de potasse, et de Voxyde de fer. La lobéline est un alcaloïde qui se présente sous la forme d'un liquide huileux, visqueux, un peu jaunâtre, incristallisable, à réaction alcaline, plus léger que l'eau, d'odeur piquante, rappelant celle du tabac, volatil, mais non sans altération. Elle est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool, un peu moins soluble dans l'éther. La chaleur la décompose. Elle forme avec les acides azotique, oxalique, sulfurique, chlorhydrique, des sels qui sont précipités par le tannin. Elle est toxique; à la dose de 1 à 5 centigram., elle dilate la pupille et exerce une action hyposthéni santé. On ne l'a point encore employée en médecine.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Poudre, 5 à30centigr. comme expectorant, 5 décigram. à 2 gram. comme émétique. 2° Infusion, 25 à 50 centigram. en potion, 1 à 2 gram. en tisane. 3° Teinture, 1 à 2 gram. 4° Teinture éthérée, mêmes doses.

Action physiologique. — Parmi les phénomènes qui se manifestent sous l'influence de la lobélie enflée employée sous forme de teinture, les uns sont spéciaux, les autres accessoires. Parmi les premiers, on note : 1° la dysphagie ; 2° la contraction thoracique et laryngée, la gêne de la respiration ; 3° l'irrégularité des mouvements du cœur et du pouls, la diminution du nombre des pulsations ; 4* l'engourdissement cérébral, la céphalalgie, la tendance au sommeil, la dilatation des pupilles. Parmi les seconds se rangent : 1° la fatigue musculaire ; 2° les troubles des fonctions digestives, tels que nausées, inappétence, coliques, diarrhées ; ces symptômes ne se montrent pas toujours (Barrallier) ; son action présente une certaine analogie avec celle du tabac.

Usages. — La lobélie enflée est surtout employée contre l'asthme seule ou associée à d'autres médicaments, et par extension on l 'a conseillée dans la dyspnée qui accompagne la phthisie pulmonaire,

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