LYCOPODE EN MASSUE
sphérique à 3 côtés. Leur surface présente des élévations réticulées séparées par des dépressions. Les caractères microscopiques permettent de distinguer aisément toutes les falsifications auxquelles on soumet cette substance.
Récolte. — On récolte le lycopode principalement en Suisse et en Allemagne; on recueille les épis fructifies avant leur maturité, c'est-à-dire avant que les microsporanges se soient ouverts.
Fig. 174. — Lycopode en massue.
Composition chimique. — La poudre de lycopode contient : fécule, sucre, cire, pollénine. La pollénine est une matière azotée.
Usages. — La poudre de lycopode «st une substance tout à fait inerte. On l'emploie en médecine comme poudre absorbante; on en couvre les téguments excoriés chez les enfants ou les personnes obèses; on en saupoudre la peau, dans quelques affections cutanées,
telles que l'érysipèle, l'eczéma, l'intertrigo, les ulcérations herpétiques. En pharmacie, elle sert à rouler les pilules et les bols et à empêcher ces préparations d'adhérer les unes aux autres. Les spores
Fig. 175. — Lycopode.
du L. selago L. et des L. annotinum L. et L. complanatum DC. lui sont souvent substituées. La plante entière était autrefois employée en décoction contre la pi ique polonaise; elle est inusitée aujourd'hui. En Russie, on s'en sert pour combattre les accidents de l'hydrophobie.
MAIS CULTIVÉ. Zea maïs (de Çaetv, vivre). Blé de Turquie, blé d'Espagne, blé d'Egypte, gros millet des Indes. Graminées.
Description (fig. 176). — Plante de 1 à 2 mètres , racines nombreuses, blanchâtres, traçantes. Tige (chaume) simple, cylindrique dans sa partie inférieure, comprimée dans sa partie supérieure, droite, glabre, remplie, quand la plante est verte, d'une moelle sucrée. Feuilles alternes, engainantes, sessiles, planes, larges, munies d'une ligule courte, soyeuse et ciliée. Fleurs monoïques (juillet-août). Mâles, verdâtres ou purpurines, formant une panicule terminale plus ou moins rameuse, constituée par un grand nombre d'épis disposés sur un axe flexueux et pubescent ; chaque dent de Taxe présente deux épillets, ayant chacun deux fleurs sessiles, protégées par deux valves presque égales, oblongues, concaves et mutiques. Étamines 3, pendantes. Femelles, situées à l'aisselle des feuilles médianes, disposées en un épi sessile le long d'un axe charnu et conoïde, enveloppées par plusieurs gaines de feuilles sans limbe. Épillets à deux fleurs, dont l'une stérile. Glume à 2 folioles plus larges que celles de la glumelle. Ovaire sessile, ovoïde, glabre ; style court, comprimé, velu, terminé par 2 stigmates subulés formant par leur réunion une houppe épaisse, molle et soyeuse qui pend à la partie supérieure de la gaine foliacée protectrice de l'inflorescence. Fruits (caryopse) rangés sur l'axe de l'épi en lignes longitudinales, irrégulièrement arrondis, comprimés vers la base, luisants ou mats, blancs, jaunes, rouges, noirâtres, ou panachés, entourés à la base
par les glumes et les glumelles persistantes. Péricarpe membraneux
Fig. 176.— Maïs cultivé.
mince, charnu ; embryon épais, presque aussi long que l'albumen. ®.
Habitat. — Il est originaire du nouveau monde, d'où il s'est répandu lentement en Europe.
Culture. — Il est surtout cultivé dans la région de la vigne, mais il s'avance moins dans le nord, car il demande une température plus élevée.
Parties usitées. — Les fruits et les stigmates.
Récolte. — Les fruits se récoltent à la maturité, c'est-à-dire vers la fin de l'été. Les stigmates sont recueillis dès qu'ils sont sortis des bractées qui entourent l'inflorescence. On les fait sécher au soleil.
Composition chimique. — Les fruits contiennent : amidon, matière azotée, matières grasses, deœtrine, cellulose, matières minérales (Payen). C'est de toutes les céréales celle qui est la plus riche en matières grasses. Les stigmates renferment une matière extractive amère, à odeur animalisée, soluble dans l'eau et l'alcool faible, dont les caractères physiques se rapprochent assez de l'ergotine. Cette matière, qui est peut-être une glucoside, serait la partie active des stigmates (Vassal). Ces organes contiennent de plus une matière grasse solidifiable par la potasse, et de la mannite.
Formes pharmaceutiques, doses. — Les stigmates revêtent les formes pharmaceutiques suivantes : 1° Tisane, pp. 20 à 1000. 2° Sirop d'extrait, une cuillerée toutes les deux ou trois heures.
Action physiologique. — Les stigmates de maïs constituent un agent diurétique d'un effet incontestable ; sous leur influence et dans l'espace de trois à quatre jours, la sécrétion urinaire augmente d'une façon remarquable, le pouls se régularise, et le tout sans perturbation soit sur le système nerveux, soit sur le tube digestif; la tolérance est complète, et dans les maladies chroniques la médication peut être continuée pendant un mois et même six semaines.
Usages. — Les stigmates sont indiqués dans les affections catarrhales de la vessie, la cystite aiguë ou chronique, la gravelle, la dysurie, les coliques néphrétiques, la rétention d'urine ancienne. Les fruits font partie de l'alimentation dans la haute Italie, le Portugal, dans certaines provinces de l'Espagne, dans le Béarn et dans le haut Languedoc. Le pain de maïs ou pain de méture est épais, lourd, indigeste, s'aigrissant et se moisissant aisément. Le fruit est de plus sujet à être attaqué par un champignon auquel on donne le nom de verdet ou vert-de-gris, et, dans ce cas, l'usage du maïs serait une des causes principales de la production de la pellagre. Les cataplasmes de farine de maïs ont sur ceux de farine de lin l'avantage de sécher lentement et de ne pas rancir. Les enveloppes foliacées des épis sont fines et souples ; elles servent à confectionner des paillasses assez élastiques. Cette paille se brise difficilement et par suite donne peu
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de poussière par l'agitation. On a proposé de faire des moxas avec la moelle spongiense de la tige, après l'avoir fait bouillir dans une solution de nitre, puis séchée.
MANIHOT COMESTIBLE. Manïhot utilissima Pohl., Jatropha manihot L. Manioc amer. Euphorbiacées.
Description (flg. 177). — Plante de 2-3 mètres , monoïque. Racine charnue, tubéreuse, blanche, atteignant jusqu'à 1 mètre de
Fig. 177. — Manihot comestible : 1, rameau florifère et fructifère .2, fleur mâle ; — 3, fleur femelle ; — 4, racine.
long. Tige dressée, cylindrique, noueuse, glabre, glauque, farineuse, souvent teintée de rouge. Feuilles alternes, longuement pétiolées, profondément palmées, à 3-7 lobes ovales, lancéolés, très aigus, un peu onduleux sur les bords, d'un vert foncé supérieurement, glauques et blanchâtres inférieurement, accompagnées de 2 stipules latérales, lancéolées, subulées, caduques. Fleurs formant à l'aisselle des
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grappes composées de fleurs apétales, régulières, mâles et femelles. Mâles, calice subcampanulé, quinquéfide, d'un jaune rougeâtre, vélo intérieurement. Étamines 10, insérées, sur deux rangs, 5* plus courtes et 5 plus longues ; anthères biloculaires, introrses, longitudinalement déhiscentes. Le centre de la fleur présente un disque charnu, circulaire à b* lobes. Femelles, calice comme dans les mâles, mais quinquépartite. Ovaire à 3 loges uniovulées, entouré d'un disque hypogyne, glanduleux, et de 10 staminodes, surmonté d'un style court et trapu se terminant en une masse stigmatique trilobée. Fruit (capsule) presque sphérique, obscurément trigone, relevé longitudinalement de 6 angles saillants, glabres, à 3 coques, renfermant chacune une graine caronculée, d'un gris blanchâtre avec taches foncées, analogue à celle des ricins. J.
Habitat. — Croît naturellement dans toutes les régions chaudes de l'Amérique.
Culture. — 11 est cultivé depuis le détroit de Magellan jusque dans les Florides; on le multiplie de boutuues, de tronçons.
Composition chimique. — La racine de manioc est presque entièrement formée de fécule contenue dans les cellules, et d'un suc blanc laiteux renfermé dans les vaisseaux propres. Ce suc, d'une âcreté extrême, constitue, lorsqu'il est récent, un poison dangereux; il contient : fécule, acide cyanhydrique, sucre, sel à base de magnésie, et acide organique, principe amer, matière grasse cristallisable, osmazome, phosphate de chaux, fibre ligneuse. C'est par l'acide cyanhydrique que le suc récent empoisonne ; il est probable aussi qu'une matière acre, volatile, de la nature de celle que l'on rencontre dans les Euphorbiacées, vient ajouter son action à celle de l'acide. Néanmoins, comme ces principes actifs sont très volatils , qu'ils se détruisent par la fermentation, on peut les chasser de la racine, qui devient alors alimentaire.
Partie usitée. — La fécule. Pour l'extraire, on monde la racine de son écorce, on la réduit en pulpe à l'aide d'une râpe, puis on la soumet à l'action de la presse. Le résultat de l'expression (farine de manioc) consiste en un mélange d'amidon, de fibre végétale et de matière extractive, dont on peut faire du pain en l'additionnant de farine de blé ; mais le plus souvent on fait subir à la matière des manipulations particulières qui lui ont valu les noms de couaque, de cassave, de moussache et de tapioha.
1» Le couaque s'obtient avec 1a pulpe exprimée, séchée sur des claies exposées à la chaleur, puis criblée et légèrement torréfiée dans des chaudières de fer où on lui fait subir un commenceineot de torréfaction. Cette matière se gonfle considérablement quand on la chauffe avec de l'eau ou du bouillon ; on en prépare des poiagts