‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 166 sur 226 · Partie usitée. — Les sommités fleuries · texte numérisé non relu

Partie usitée. — Les sommités fleuries

Récolte. — On le recueille pendant tout l'été. Rar la dessiccation il ne perd pas ses propriétés. On lui substitue souvent la marjolaine.

Composition chimique. — Il contient : matière extractive gorrîmo-résineuse, camphre, huile volatile, acre, aromatique.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. 8 à 15 : 1000. 2° Poudre, 2 à 4 gram. On s'en sert à l'extérieur en cataplasmes, en lotions, en fomentations résolutives. Il entre dans l'eau vulnéraire, le sirop d'armoise, la poudre sternutatoire.

Usages. — L'origan possède les mêmes propriétés que les autres Labiées aromatiques; c'est un stimulant stomachique, un expectorant que l'on prescrit quelquefois dans l'atonie de l'estomac, la chlorose, les affections catarrhales, l'asthme, et aussi comme diaphorétique, emménagogue, antispasmodique. Dans la campagne, on combat le rhumatisme chronique, le torticolis, en appliquant sur la partie atteinte de l'origan frais haché et chauflé à sec dans une poêle à frire. L'huile essentielle est employée, au moyen d'un petit tampon de coton cardé, pour calmer les douleurs des dents cariées.

ORTIE BLANCHE. — Voy. Lamier blanc.

PAPAYER COMMUN. Papaya vulgaris L. Carica papay a Brovrn. Papayacées.

Description (fig. 203). — Arbre dioïque pouvant atteindre une hauteur de 6 métrés et un diamètre de 30 cent. La croissance est tellement rapide qu'en un an il peut atteindre 3 ou 4 mètres de hauteur, mais, en échange, il est de peu de durée. Racine blanchâtre, tendre, odorante. Tige cylindrique, simple, sans branches, pleine et solide vers la base, tendre et spongieuse au sommet, divisée intérieurement par des cloisons charnues et blanchâtres. Ecorce moyenne épaisse, verdâtre, revêtue d'une pellicule cendrée. La surface de la tige est hérissée de vestiges pétiolacés des anciennes feuilles. Feuilles ressemblant à celles du figuier, portées sur des pédoncules creux, longs de 50 à 60 centimètres, rassemblées en couronne à la cime des arbres, d'un vert tendre au-dessus, glauque en dessous, divisées très profondément en 7-9-11 lobes dont chacun

est plus ou moins sinué, surtout dans les pieds mâles. Les feuilles des mâles sont plus grandes que celles des femelles. Fleurs naissant au sommet de la tige entremêlées avec les feuilles ; elles se montrent presque toute Tannée.

Mâles, d'un blanc teinté de jaune, d'odeur suave, portées sur des pédoncules grêles, pendants, longs de 0 m. 60 à i mètre. Calice

gamosépale, à 5 divisions oblonguesr petit , d'un vert soyeux. Corolle gamopétale, tube légèrement courbé, limbe à 5 divisions qui s'étendent jusqu'au tiers de la longueur du tube.

Étamines JO; anthères oblongrues et jaunâtres; le pistil manque. Ces fleurs se flétrissent et tombent dès que la fécondation est opérée.

Femelles, très nom»

breuses, d'un blanc de neige , portées sur des pédoncules courts, simples et pendants. Calice très petit. Corolle à 5 pétales très longs, réfléchis depuis le milieu de leur longueur. Ovaire occupant le milieu de la corolle; style simple à 5 stigmates. Le fruit ou papaye (Baie) est suspendu au haut de la tige près de l'endroit où les pétioles des feuilles prennent naissance ; il présente la grosseur et la forme d'un melon marqué de plusieurs côtes; il est vert foncé d'abord, puis jaune rougeâtre à la maturité, creux à l'intérieur. 11 contient Une pulpe fongueuse, douceâtre^ peu aroma-

Fig. 203. — Papayer commun.

tique, présentant çà et là sur les parois, des graines brunâtres» noires, oblongues, ridées, bosselées, de la grosseur des semences de coriandre et d'un goût poivré. 5'

. Habitat. — Le papayer est originaire des Moluques, d'où il s'est propagé dans l'Inde, Maurice et de là aux Antilles.

Culture. — Il se plaît dans les terrains légers, mais il porte peu de fruits, s'il végète dans un sol sablonneux. On le reproduit de graines.

Parties usitées. — Les fruits, le suc des fruits, le suc de la tige et les graines.

Composition chimique. — Le suc d'apparence laiteuse est inodore, de saveur astringente et légèrement amère, se coagulant quand on l'additionne de trois fois son poids d'eau. Quand on verse de l'alcool dans sa solution aqueuse elle laisse précipiter une matière blanche, de saveur un peu douceâtre et légèrement salée, c'est la papayotine (Peckolt). Il contient : caoutchouc, cire, résine molle, résine brune, matières albumineuses, extractives, pectiques, sucrées, acide malique, papayotine. Ce dernier corps ne présente point une composition constante; par des manipulations appropriées, elle peut être obtenue sensiblement pure et constitue alors la papaïne {Wurtz). La papaïne présente la composition des matières albuminoïdes, elle dissout rapidement de grandes quantités de fibrine, même en liqueur neutre; elle peut émulsionner les graisses; elle est sans action sur les féculents.

Usages. — Aux Antilles, toutes les parties de la plante sont employées comme vermifuge. Le suc du fruit mûr a été indiqué pour effacer les taches de rousseur. Le suc de la tige ramollit et dissout la viande et caille le lait. De temps immémorial les Indiens se servent des feuilles fraîches pour envelopper la viande, afin de l'attendrir et de la rendre plus savoureuse. La papaïne est un médicament digestif qui, administré au moment du repas, peut remplacer la pepsine et en partie la pancréatine, dans le traitement des dyspepsies.

PARIÉTAIRE OFFICINALE. Parietaria officinalis L. Casse* pierre, Perce-muraille. Urticées.

Description (flg. 204). — Plante de 3-8 décimètres, chargée de poils crochus, de saveur herbacée, un peu salée. Racine fibreuse. Tiges nombreuses dressées, un peu rougeàtres, charnues, tendres, simples ou ramifiées dès la base. Feuilles alternes, pétiolées, ovales, acuminées, entières, triplinerves, parsemées de cystolithes punctiformes, d'un vert foncé. Stipules très petites ou nulles. Fleurs (juillet-octobre) petites, vertes, sessiles, polygames, axillaires, formant, à droite et à gauche, d'un petit rameau axillaire une cyme

PARIETAIRE OFFICINALE

composée ordinairement de 5 fleurs. La fleur centrale est femelle, celles de la périphérie sont mâles ou hermaphrodites, placées deux

de chaque côté. Ces fleurs sont réunies dans un involucre commun formé par une bractée accompagnée de deux bractéoles latérales. Dans les fleurshermaphrodites, on trouve : un calice gamosépale , tubuleux, mince, à i lobes aigus y velu au fond, 4 étamines formées chacune d'un filet très élastique, dont la forme est assez variable, et d'une anthère biloculaire , un ovaire uniloculaire , uniovulé, surmonté d'un style grêle, articulé à sa base et caduc, terminé par un stigmate en forme de pinceau. Dans les fleurs femelles, le calice est renflé, marqué de côtes longitudinales, à 4 dents, persistant, entourant l'ovaire. Dans les fleurs mâles, le calice est plus court, à folioles à peu près libres, étalées, poilues en dedans; les étamines sont au nombre de 4, l'ovaire rudimen taire. Le fruit est un achaine droit, ovoïde, un peu comprimé, lisse, luisant. 2t .

Habitat. — Très commune dans toute la France, elle croît dans les fentes et au pied des vieux murs, sur les décombres.

Culture. — Elle est si abondaute, qu'on ne la cultive jamais pour l'usage médical ; on pourrait la propager de graines ou d'éclats de pieds. Partie usitée. — On l'emploie le plus souvent fraîche. Sa dessiccation demande certaines précautions, à cause de la quantité de suc qu'elle renferme; on doit l'effectuer très rapidement en ayant

Fig. 204. — Pariétaire officinale.

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