‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 167 sur 226 · PATIENCE SAUVAGE · texte numérisé non relu

PATIENCE SAUVAGE

soin de la séparer préalablement en petits paquets. Celle du bas des murailles est considérée comme plus émolliente; celle qui a poussé dans les fentes des murs est réputée plus riche en principes actifs.

Composition chimique. — Elle renferme une certaine quantité de mucilage et emprunte aux vieux murs, sur lesquels on la trouve d'ordinaire, un peu de nitrate de potasse ; elle contiendrait aussi du soufre, d'après Planche.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. dû : 1000. 2° Suc exprimé, 90 à 120 gram. 3° Eau distillée. On prépare aussi avec cette plante des cataplasmes adoucissants. Elle fait partie des herbes émollientes.

Usages. — Ses propriétés sont presque nulles ; la proportion de nitrate de potasse qu'elle contient est en effet trop peu considérable pour pouvoir entrer sérieusement en ligne de compte. Néanmoins, elle passe pour adoucissante, rafraîchissante, diurétique, et comme telle on la prescrit quelquefois dans les maladies où les antiphlogistiques sont indiqués ; pour augmenter le cours des urines dans les hydropisies et enfin dans les maladies des voies urinaires, telles que la strangurie, la dysurie, la cystite, la néphrite, la gravelle.

PATIENCE SAUVAGE. Rumex acutus L., Lapathum sylvestre Lamk. Patience à feuilles aiguës, Lampée. Polygonées.

Description. — Plante de 5-10 décimèt., ayant le port d'une grande oseille. Racine fusiforme, ou branchue, longue de 3 décimèt. et plus, grosse comme le pouce, portant quelques fibres épaisses, brunâtre en dehors, jaunâtre à l'intérieur. Tige cylindrique, glabre, sillonnée, très rameuse presque dès la base, à rameaux grêles, étalés. Feuilles très peu dentées, glabres et d'un vert un peu foncé, les inférieures alternes, pétiolées, allongées, aiguës, en cœur ou obliquement arrondies à la base, les supérieures petites, presque sessiles, ovales, allongées, lancéolées, ordinairement réfléchies. Fleurs (juillet-septembre) verdâtres, petites, hermaphrodites, pendantes, formant des grappes paniculées. Périanthe à 6 folioles, 3 extérieures plus petites, réfléchies, 3 intérieures plus grandes, persistantes, ovales, tuberculeuses à la base. Étamines 6. Ovaire triangulaire surmonté de 3 styles, stigmate lacinié. Fruit (achaine) triangulaire recouvert par les folioles intérieures du périgone. ¥■ ,

Habitat. — Elle croît dans toute la France, dans les bois, les pâturages, les haies, les fossés.

Partie usitée. — La racine. Elle a une odeur particulière peu agréable, une saveur âpre et amère. On la trouve, dans le commerce, coupée en tronçons et souvent mélangée de racines d'autres rumex, tels que les R. patientia L., E. ùbtusifolius DC, R. crispus L., R. divaricatus L., R. pulcher L. Il est facile de se la procurer, c'est

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ce qui a engagé les auteurs du Codex de 1866 à substituer cette plante au R.patientia, plante de montagne, plus rare que les autres.

Récolte, dessiccation, conservation. — Il vaut mieux employer cette racine fraîche que sèche, ce qui est facile, la plante étant vivace. Quand on veut la conserver, on la récolte à l'automne, âgée d'au moins deux ans, on sépare les fibres, on la coupe en rouelles, ou on la fend et on la fait sécher au soleil ou à l'étuve. Elle noirci! quand la dessiccation a été mal conduite et qu'elle est placée à l'humidité.

Composition chimique. — La racine de patience contient : principe résineux, rumicine, soufre, matière extractive chargée de tannin, substances amylacées, principes albuminoïdes, sels divers. La rumicine offre une grande ressemblance avec le rhubarbarin, substance peu définie que l'on rencontre dans la rhubarbe; elle est encore mal connue.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Tisane par infusion, * pp. 20 : 1000. 2° Extrait aqueux, 2 à 5 gram. 3° Pulpe préparée avec la racine fraîche.

Usages. — La racine de patience est un peu astringente ; à forte dose, elle devient laxative. Elle est tonique, et à ce titre on la prescrit sans trop d'avantages dans l'ictère, l'atonie des voies digestives, les fièvres intermittentes, la cachexie paludéenne. Gomme dépurative, on l'a vantée dans le traitement des maladies cutanées, telles que l'eczéma, la teigne, la lèpre. La pulpe a été indiquée, en applications, sur les ulcères de mauvaise nature. Les gens de la campagne se servent de cette pulpe mélangée à la fleur de soufre et à l'axonge pour guérir la gale.

PAULLINIE. Paullinia sorbilis Mart., Uaranazeiro Coutin, Sàpindàcées.

Description. — Arbrisseau flexible, sarmenteux, grimpant, pouvant atteindre 12 mètres en s'accrochant aux arbres Voisins. Rameaux donnant aisément naissance à des racines quand on les courbe sur la terre. Feuilles alternes, imparipennées, munies de vrilles. Fleurs (juillet) verdâtres peu apparentes, disposées en grappes à l'extrémité de pédoncules axillaires, solitaires, volubiles. Calice à 4 pétales imbriqués latéralement, persistants. Corolle à 4 pétales claviformes, munis en dedans et à leur base d'un appendice glanduleux. Étamines 8, insérées sur un disque hypogyne glanduleux. Filets inégaux ; anthères oblongues, biloculaires. Ovaire à 3 loges uniovulées. Style simple à la base, tri fi de au sommet, se terminant par 3 stigmates. Fruit (capsule) pyriforme, membraneux, muni de 3 ailes, à 3 loges, contenant chacune une graine ovoïde, à embryon volumineux.

PAULLIME M

Habitat. — Croit naturellement dans la partie de la province de l'Amazone comprise entre le Tapayo et les rivières Mamuru, Andira et Manès, qui se jettent dans le canal Tupinambaranas.

Partie usitée. — Les graines, ou mieux l'extrait qu'on en retire et que Ton appelle Marana ou guarana, du nom de la peuplade, les Indiens Guaranis, qui préparait jadis cette substance et s'en servait comme médicament et comme comestible.

Pour obtenir le guarana, on sépare les graines et on les fait sécher au soleil afin de pouvoir briser, entre les doigts, la pellicule qui les recouvre; ces grains sont alors broyés sur une pierre chauffée, comme on le pratique, pour le cacao, dans la fabrication du chocolat. On ajoute à la pâte de l'eau, du cacao, du manioc, puis on fait des cylindres présentant la forme et la longueur d'un saucisson. Ces cylindres sont recouverts d'une feuille de cocotier et desséchés au soleil ou sous un feu de cheminée. Les procédés d'extraction actuellement suivis dans la province des Amazones différent çeu de celui qu'employaient les Indiens.

Tel qu'il se rencontre dans le commerce européen, le guarana est, en cylindres, du poids de 100 à 200 grammes ; d'un brun foncé analogue à celui du chocolat, sa cassure est rouge ; il présente de petites cavités provenant du retrait de la matière*; on y trouve quelques graines disséminées, encore enveloppées de leur tégument mince et brillant, qu'on y a jetées au moment de rouler la pâte en cylindres. Il présente une odeur particulière, une saveur amère, astringente; il est dur, cassant, difficile à pulvériser, se ramollissant et se gonflant beaucoup dans l'eau.

Composition chimique. — Le guarana contient : gomme, amidon, matière résineuse oVun brun rougeâtre, trois huiles volatiles distinctes dont une concrète, une huile grasse colorée en vert par la chlorophylle, tannin colorant en vert les sels de fer, guaranine. Il est aujourd'hui démontré que la guaranine n'est autre chose que du tannate de caféine.

Formes pharmaceutiques, doses. —1° Poudre, h* décigrammes à 1 ou 4 grammes. 2° Teinture alcoolique, 10 à 20 grammes. 3° Extrait, 4 à 5 décigrammes. 4° Sirop, 45 à 60 grammes. 5° Chocolat. 6° Pommade. Le guarana est peu usité sous ces dernières formes.

Action physiologique. — L'action physiologique du guarana tient à deux causes : 1° à la présence du tannin, ce qui permet de le considérer comme astringent; 2° à la caféine, dont les propriétés expliquent quelques-uns des effets obtenus par l'administration de ce produit américain.

Usages. — Au Brésil, on utilise les propriétés astringentes du guarana dans les diarrhées, la dyssenterie, et l'on en retire des ré-

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