‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 216 sur 226 · Partie usitée. — La racine · texte numérisé non relu

Partie usitée. — La racine

Récolte, dessiccation, conservation. — On recueille les racines au printemps, quand la plante a trois ans au moins, et avant l'apparition des tiges. On les dessèche rapidement à Pair ou à l'étuve; on doit les conserver au sec et les renouveler chaque année. La dessiccation développe l'odeur spéciale de la plante que l'on a comparée à celle de l'urine de chat. Cette odeur, assez désagréable à l'homme, plaît beaucoup aux chats. La saveur de cette racine est acre et amère. On en trouve dans le commerce deux variétés; l'une, la variété sylvestris, qui ayant végété dans une terre sèche, sablonneuse, est blanche, cylindrique, d'apparence cornée ; elle paraît être plus efficace que l'autre variété (palustris), qui, venue dans les terrains marécageux, a des radicelles d'un gris foncé, plus ridées, plus déliées.

Composition chimique. — La racine de valériane contient : acide valérianique, huile volatile, matière insoluble dans l'alcool, gomme, résine, amidon, .ligneux. L'acide valérianique ou valérique, Cl0H»0*,HO, est identique avec les acides amylique, viburnique et phocénique; c'est un liquide incolore et fluide, d'une densité de 0,955. Sa saveur est acre, piquante, son odeur rappelle légèrement celle de la plante; il est très soluble dans l'alcool et l'éther, un peu soluble dans l'eau; il bout à 175°. L'essence récemment obtenue est verte, limpide, neutre, d'une odeur qui n'a rien de désagréable, elle s'acidifie peu à peu au contact de l'air. Elle contient plusieurs produits; l'un, le valérol, C^H^O* (?), est une huile volatile oxygénée se transformant graduellement en acide valérianique avec le contact die l'air; l'autre, le bornéenne, G20H18, est un hydrocarbure d'une odeur camphrée et isomérique de l'essence de térébenthine. Le troisième (bornéol) est un camphre identique avec le camphre de Bornéo. L'acide valérianique et les valérianates ne présentent qu'une partie des principes actifs de la plante, et c'est l'essence qui contribue le plus à donner à la valériane ses propriétés thérapeutiques. La résine est noire, très acre, d'une odeur de cuir ; c'est un des principes actifs de la plante.

Formes pharmaceutiques, doses. — Toutes les préparations de valériane participent de l'odeur forte de la plante et sont fort désagréables à prendre. On connaît : 1° la poudre, 1 à 10 grammes; 2a la tisane par infusion ou macération, pp. 10 : 1000 ; 3° la teinture éthérée, 2 grammes; 4° la teinture alcoolique, 5 à 15 grammes ;

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5* Pextraît, â à 4 grammes en pilules; 6* l'huile essentielle, 6 à 10 gouttes; 7» la teinture de valériane ammoniacale, 20 à 30 gouttes.

Action physiologique. — A petites doses, la valériane ne produit pas d'action notable. A dose élevée, elle détermine un peu de céphalalgie, de l'incertitude dans la myotilité, un peu de susceptibilité de Fouîe et de la vue*; si la dose devient plus considérable, on constate l'accélération du pouls, de la chaleur à la peau, de la diurèse, la céphalalgie devient plus forte; les troubles nerveux et musculaires augmentent, des phénomènes nerveux, des mouvements spasmodiques, tous les phénomènes de l'excitation en un mot se manifestent. C'est un stimulant qui agit, soit directement, soit par la voie du système ganglionnaire, sur le système nerveux cérébrospinal. L'huile essentielle produit de la paresse intellectuelle, de rissoupissement, un sommeil profond, rabaissement, puis Félevation du pouls, la diurèse. Administrée chez l'homme malade à la dose de 5 décigrammes à 4 gramme, elle modifie d'une manière prompte et rapide les éléments stupeur, somnolence, coma de cause dynamique, qui compliquent les fièvres graves (A. Bar rallier). Eu se basant sur l'effet produit sur les chats par les émanations de la valériane, quelques médecins pensent qu'il y aurait lieu d'essayer sur l'homme les effets des inhalations d'essence.

Usages. — La valériane a été vantée contre l'épilepsie; il est certain qu'elle est sans influence dans cette redoutable affection, mais elle est avantageuse pour guérir les convulsions épiteptr formes, rédampsîe des femmes en couche et des enfants, l'hystérie et les états nerveux spasmodiques dérivant de cette affection, les paralysies circonscrites des sens, les aphonies, les céphalées intenses qui succèdent aux attaques d'hystérie, les étouffements, les palpitations, le sentiment de strangulation, les bouffées de chaleur au visage, les crispations, les hoquets, les flatuosités, les broiements d'entrailles, les tympanites, en un mot les phénomènes que Ton désigne vaguement sous le nom de spasmes, de vapeurs, de maux de nerfs. Son efficacité dans la chorée et dans les désordres nerveux qni surviennent, soit après les grandes pertes sanguines, soit à la fin des fièvres adynamiques, est certifiée par plusieurs auteurs. On Fa également indiquée dans les fièvres intermittentes, les affections vermineuses, Pamaurose, la polydipsie, l'asthme essentiel.

VANILLIER OFFICINAL. Vamlla aromatica Swartz; Bpiiïe*drttm vamlla L. Orchidées.

Deseriptfoa (ftg. $68). — Sous-arbrisseau sarmenteux powant s'élever à des hauteurs considérables en grimpant et en s'aecrochant au tronc des arbres, tiges cylindriques, noueuses, vertes. Feuilles alternes, sessiles, oWongues, avales, aiguës, entières,

VANILLIER OPnCIÎfAL

épaisses, charnues, coriaces, légèrement ondulées sur les bords. Fleurs d'un blanc verdâtre, odorantes, grandes, en grappes terminales, formées de 5-6 fleurs. Périanthe articulé sur l'ovaire, à 6 divisions dont 3 eitérieures égales, régulières, oblongues, deux intérieures semblables aux premières, libres à la base, la troisième

Fig. 268. — Vanillier officinal. Fig. Î00. — Capsule de vanille. —

a, coupe tmnsrersale ; 6, graine.

(labellé) obovale, roulée en cornet, un peu sinueuse sur les bords, soudée par sa partie inférieure au gynostème ou support de l'anthère. Celle-ci terminale, operculée à 2 loges, contenant chacune une masse de grains de pollen agglutiné. Le fruit (flg. 269), improprement nommé gousse, est une capsule, lisse, glabre, verte d'abord, puis d'un brun rougeâtre foncé, charnue, silïquiforme, à 3 valves, uniloculaire, contenant des semences nombreuses, noires, globuleuses, entourées d'un suc brun, épais et balsamique. $.

Habitat. — La vanille croît spontanément dans les régions maritimes du Mexique, de la Colombie et de la Guyane. Cette espèce paraît être la même que la Vanilla planifolia (And.), qui d'Amérique a été importée aux Indes et dans nos serres, où elle fructifie.

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