ACHE PERSIL
huile essentielle, matière gra$sey pectine, chlorophylle, tannin, matière colorante jaune, eœtractif, ligneux; sels minéraux. L'Apiine de Braconnot paraît analogue à la pectine. L'huile essentielle ou Apiol (Homolle et Joret) est un liquide oléagineux, d'une odeur spéciale et tenace, d'une saveur piquante et acre. Sa densité est de 1,078; elle est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme. Cette essence se rencontre, mais moins abondamment, dans les autres parties de la plante. La racine contient une certaine quantité de fécule qui la rend nutritive.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, racines et semences, 4 à 8 : 1000. 2» Eau distillée de feuilles, 60 à 100 gram. 3° Suc, 100 à 140 gram. 4° Alcoolature, 4 gram. 5° Extrait, 60 cent, à 1 gram. ; sirop, -4 cuillerées. 6° Poudre de semences, 1 à 2 gram. 7° Vin, 2 à 3 petits verres. 8° Apiol ou capsules gélatineuses conte-r nant 25 centigram. du produit, deux par jour. La racine figurait autrefois parmi les cinq racines apéritives majeures, les fruits faisaient partie des quatre semences chaudes mineures.
Action physiologique. — Le persil est un poison pour les petits oiseaux; il est, dit-on, mortel pour les perroquets. L'Apiol, à la dose de 50 centigram. à 1 gram., détermine une légère excitation cérébrale, analogue à celle que produit le café ; il se manifeste en même temps une chaleur épigastrique temporaire, un sentiment de force et de bien-être. A la dose de 2 gram., on constate des phénomènes nerveux, tels que troubles de l'ouïe, éblouissements, vertiges, tjtubations, comparables à ceux que détermine le sulfate de quinine à dose fébrifuge. Les feuilles et les semences présentent ces propriétés à un degré moindre.
Usages. — La racine passe pour diurétique, diaphorétique, et comme telle on Ta préconisée contre l'ictère, pour combattre l'hydropysie et faciliter l'éruption de certains exanthèmes. On l'a également indiquée dans le traitement de la diarrhée. Les semences, comme celles de la plupart des Ombellifères, sont carminatives et pourraient remplacer celles d'anis, de coriandre, de ferrouil. Le suc serait fébrifuge.
Les feuilles sont utilisées comme condiment. A l'extérieur, elles sont regardées comme résolutives; on les applique sur les contusions, les ecchymoses, les piqûres d'insectes, seules ou broyées avec de Peau-de-vie; elles passent pour antilaiteuses : placées en cataplasmes sur les seins, elles auraient la propriété de faire passer le lait des nourrices.
L'apiol est un bon fébrifuge, inférieur pourtant au sulfate de quinine. Il peut être substitué sans inconvénient à ce sel, dans la plupart des fièvres de nos contrées ; mais, dans le traitement des-
ACONIT NÀPEL
lièvres endémiques des pays chauds les guérisons obtenues par cette huile essentielle n'ont jamais excédé 50 0/0. C'est un puissant emménagogue, qui, administré à la dose de 1 à 2 capsules par jour, pendant la huitaine qui précède l'époque menstruelle, réussit presque toujours, sans qu'il y ait lieu de redouter les accidents consécutifs à son emploi.
ACONIT NAPEL. — Aconitum napellus L., A. caeruleum Bauh. Tue-loup, Coqueluchon, Napel, Capuchon, Pistolet. De ecxdv>i, rocher, caillou ; le nom spécifique dérive de la forme de sa racine, qui est celle d'un petit navet, d'où napellus, diminutif de napus, navet. Renonculacées-Elléborées.
Description (flg. 10). — Plante herbacée de 1 mètre environ de hauteur. Racine pivotante, charnue, napiforme, allongée, noire en dehors, blanchâtre en dedans, rameuse, à 3 ou 4 corps principaux, donnant une foule de ramifications et marqués de stries transversales. Tige droite, ferme, simple, un peu rameuse supérieurement, cylindrique, glabre, d'un vert clair.
Feuilles alternes, pétiolées, palmatiséquées, à 5-7 segments allongés, presque cunéiformes, découpés en 2-3 lanières étroites. Fleurs (maijuin) grandes, bleues, plus rarement blanches ou pourprées, hermaphrodites, irrégulières, formant un long épi au sommet de la tige.
Calice irrégulier à 5 sépales inégaux, un supérieur (casque) en forme de capuchon, deux latéraux (ailes), plans irrégulièrement arrondis, deux inférieurs plus petits, pointus. Corolle primitivement à 8 pétales, mais 2 seulement (nectaires) se développent en forme de bonnet phrygien cachés sous le sépale supérieur, les OJ autres sont réduits à l'état de languettes inégales, courtes et colorées. Etamines 30 environ, inégales; filets élargis et comme pétaloïdes à la base. Anthère biloculaire introrse. Pistil 3, allongé, presque cylindrique, pointu; l'ovaire, qui en forme la plus grande partie, est à 1 loge contenant une vingtaine d'ovu-
Fig. 10. — Aconit napel.
72 ACONIT NAPBL
les. Fruit composé de 3 capsules (follicules) divergentes dans leur jeunesse, s'ouvrant par une suture longitudinale extérieure. Graines menues, noires, anguleuses, chagrinées. %.
Ne pas confondre avec YAconitum cammarum L. et l'A. ferox Wall., qui ont aussi les fleurs bleues, ni avec l'A. anthora et TA. lycoctonum L., qui ont les fleurs jaunes. L'aconit féroce, qui croît dans le Népaul et l'Himalaya, contient un des poisons végétaux les plus redoutables, le bish ou bich des Indiens.
Habitat. — Il croît naturellement dans les lieux couverts et hu- * mides des montagnes de l'Europe et principalement dans les pâturages élevés du Jura et de la Suisse,
Culture. — L'aconit napel prospère dans tous les terrains et à toutes les expositions ; il préfère pourtant les sols pierreux, plutôt secs qu'humides. On le reproduit soit par graines semées à l'automne, soit par division des racines. La plante sauvage doit être préférée pour l'usage médical, car la culture fait souvent perdre à l'aconit toutes ses propriétés; elle est plus active dans le Midi que dans le Nord.
Parties usitées. — La racine, les feuilles.
Récolte, dessiccation, conservation. — On récolte les feuilles au mois de juin, on les sépare de celles qui sont flétries et on les dispose en guirlandes dans le séchoir, à l'abri de la lumière. Elles perdent par la dessiccation les 5/6 de leur poids et une grande partie de leur activité. Quand l'opération est bien conduite, elles gardent leur belle couleur verte. Les racines doivent être récoltées vers la fin de l'hiver. Après les avoir lavées, on les dessèche à l'étuve et on les place dans un endroit obscur et sec. Elles conservent leurs propriétés mieux que les feuilles.
Composition chimique. — L'aconit contient : chlorophylle, albumine, cire, gomme, acides aconitique et malique, et enfin deux alcaloïdes, la napelline(?) (Morson) eiYaconitine. Cette dernière base se présente sous deux forme». La première, ou aconitine amorphe de Liégeois et Hottot, est celle qu'indique le Codex de 1866; c'est une poudre amorphe, blanche, à peine soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, Téther, la benzine, le chloroforme, que l'on prescrit à la dose de 1/2 milligramme à 1 milligramme. La deuxième, ou aconitine cristallisée de Duquesnel (1871), a pour formule C^H^AzO2* (?) Elle cristallise en tables rhombiques ; insoluble dans l'eau, même à 100°, elle est soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, l'alcool amylique et la benzine, mais elle ne se dissout ni dans la glycérine, ni dans les huiles de pétrole lourdes et légères. On ne lui connaît jusqu'à présent aucune réaction spéciale; elle produit sur la langue une sensation de fourmillement caractéristique. Ce sont les racines
ACONIT NAPEL 73
qui en contiennent le plus ; puis viennent les feuilles, et enfin les semences, qui sont peu actives. On la prescrit à doses très faibles, 1/2 à 1 milligramme. Pour rechercher l'aconitine dans les cas d'empoisonnements, il faut employer la dialyse d'abord, puis le procédé de Stas. Le principe acre volatil auquel on a attribué pendant longtemps les propriétés irritantes de l'aconit n'existe pas, et ces propriétés sont dues exclusivement à l'aconitine (Hottot).
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Extrait avec le suc de feuilles, 5 à 20 centigram. 2» Extrait alcoolique avec feuilles sèches, 1 à 5 centigr. 3» Alcoolature de feuilles, 1 à 8 gram. 4° Sirop, 10 à 80 gram. t>° Extrait alcoolique de racines : il est 25 fois plus actif que celui de feuilles, et on ne doit l'administrer que sur une prescription formelle. La poudre et la teinture de feuilles sèches sont de mauvaises préparations, car la dessiccation fait perdre à cette partie du végétal presque toute son activité. Les préparations d'aconit, quand elles ont été bien exécutées, sont, dans tous les cas, préférables aux aconitines du commerce, qui se présentent le plus ordi- . nairement sous forme de granules et dont il est difficile de connaître la véritable nature. D'ailleurs, ces préparations étant très variables dans leurs résultats, l'on doit toujours commencer par de faibles doses et surveiller attentivement les effets, car une foule de circonstances, telles que le mode de dessiccation et de conservation de la plante, les conditions de température dans lesquelles on a opéré, influent sur l'énergie du remède. Les divers aconits que nous avons énumérés plus haut peuvent être substitués à l'A. napel. Ceux à fleurs bleues et à fruits divergents sont plus actifs que ceux à capsules convergentes. Au point de vue des propriétés toxiques, on peut les classer dans l'ordre suivant, en commençant par les plus actifs : A. ferox, napellus, lycoctonum, anthora, cammarum.
Action physiologique. — L'aconit est une plante vénéneuse. C'est la racine dont on a surtout étudié l'action. Si on l'applique sur une région où les téguments sont firts, ou si l'on a préalablement frictionné la peau, on observe une chaleur intense, des picotements, des démangeaisons, puis un engourdissement avec sentiment de pesanteur et de tension. A l'intérieur, elle détermine une action irritante locale sur les voies qu'elle traverse, une impression de chaleur à l'estomac, des nausées, des coliques, une sensation d'engourdissement sur les nerfs périphériques de la sensibilité et spécialement sur le trijumeau, de la faiblesse musculaire, une diminution du pouls et du mouvement respiratoire, des sueurs générales, de la diurèse, du refroidissement, la dilatation de la pupille. Si la dose est toxique, il y a paralysie, convulsions tétaniques, coma vigil final, mort. On ne connaît jusqu'à présent aucun antidote m
HERAUD. PLANTES MÉD. 5
74 ACORE AROMATIQUE
spécifique certain. On doit, dans le cas d'empoisonnement, favoriser les vomissements et instituer le traitement d'après les indications symptomatologiques .
Usage. — L'action de l'aconit sur les nerfs périphériques le fait employer dans les névroses et les névralgies, principalement dans la sciatique, les névralgies faciales, l'odontalgie (frictions sur les gencives avec la teinture ou tampon imbibé de ce liquide dans la dent cariée), la migraine de forme névralgique, la surdité sans lésions apparentes, l'angine de poitrine. On l'administre dans les palpitations nerveuses ou rhumatismales avec douleur précordiale et l'hypertrophie, à cause de son effet déprimant sur le cœur. Cette action dépressive s'étendant à l'appareil respiratoire, on a préconisé l'aconit dans les affections pulmonaires où domine l'élément nerveux, l'asthme dynamique, la coqueluche, la toux nerveuse. Les chanteurs s'en servent avec succès pour combattre l'enrouement. On l'a également conseillé dans les hydropisies passives, probablement à cause de son action diurétique ; dans le rhumatisme aigu et la goutte, par suite de ses propriétés contro-stimulantes. Son efficacité pour combattre ou pour prévenir la diathèse purulente et certaines maladies qui s'en rapprochent, telles que la fièvre puerpérale, le farcin, n'est point encore établie d'une manière incontestable.
L'aconitine est également employée dans la plupart des affections que nous venons d'énumérer; on l'a aussi recommandée dans l'hypertrophie du cœur, les anévrysmes de l'aorte, où elle agirait en déprimant l'activité cardiaque ; elle paraît avoir donné quelques résultats encourageants dans le tétanos.
ACORE AROMATIQUE. — Calamus aromaticus Bauh., Acorus calamus L., Acore vrai, A. odorant. Canne ou roseau aromatique. De "Axopov, qui dérive de x6ptj, prunelle, les Grecs attribuante cette plante des vertus antiophthalmiques. Aroïdées-Callacées.
Description (fig. 11). — Plante herbacée ayant l'aspect de nos iris. Rhizome cylindrique, horizontal, présentant d'espacé en espace des nœuds avec cicatrice des feuilles, et à la partie inférieure des fibres radicales nombreuses. Feuilles de 5-6 décimèt., alternes, engainantes à la base, ensiformes, à 2 tranchants. Hampe aplatie, plus longue que les feuilles. Fleurs (juin-juillet) petites, jaunâtres, hermaphrodites, formant un spadice très dense, sessile, s'élevant latéralement sur la hampe prolongée en un appendice étroit et foliacé. Périanthe à 6 folioles scarieuses. Etamines 6, libres. Ovaire supère, stigmate sessile. Fruit (capsule) triangulaire à 3 loges, entouré par le calice persistant et contenant 3 semences. ?f. Ne pas confondre avec Y Iris pseudo-acorus, dont les feuilles présentent une certaine ressemblance,
ACORE AROMATIQUE
ni avec le Calamus aromaticus des anciens, qui serait produit par une Gentianée (Guibourt).
Habitat. — Cette plante est très commune dans les eaui stagnantes, les bords des rivières et des ruisseaux, en Alsace, en Bretagne, en Normandie, en Belgique.
Culture. — Sa culture est facile dans les lieux humides et marécageux. On la reproduit au printemps ou à l'automne, en plantant à fleur de terre les éclats de rhizome.