‹ Nouveau dictionnaire des plantes médicinalesChapitre 34 sur 226 · ANIS VERT · texte numérisé non relu

ANIS VERT

sommet, incisées ou dentées ; les caulinaires sontpartagées en lanières d'autant plus fines que la feuille est plus près du sommet. Fleurs blanches, petites, inclinées avant la floraison (juillet), disposées en ombelles terminales de 8 à 12 rayons, sans involucelle. Chaque rayon porte une ombellule sans involucre. Calice nul ou à peine visible. Corolle à 5 pétales ovales, échancrés en cœur avec une lanière infléchie. Étamines 5, libres, plus longues que les pétales, à anthères arrondies. Ovaire infère surmonté de 2 styles droits, dont les stigmates sont globuleux. Fruits ovoïdes, striés longitudinalement, légèrement pubescents et blanchâtres, à 2 graines convexes, accolées par une surface plane. ®.

Habitat. — Il est originaire du Levant ; il a été introduit en Europe vers le milieu du xvie siècle ; on le cultive en France, près d'Albi, dans l'Anjou et la Touraine.

Culture. — Il demande une exposition chaude, une terre substantielle, douce et légère. On le sème au printemps et à la volée, en ayant soin de ne le couvrir que légèrement. Il a besoin d'arrosages fréquents, surtout si la saison est sèche.

Partie usitée. — Les fruits. Ils se présentent, dans le commerce, sous forme de petits corps grisâtres, oblongs, convexes sur une face, plans sur l'autre, du volume d'une tête d'épingle. Leur odeur est agréable, aromatique, leur saveur chaude et piquante, sans sécheresse ni âcreté. Le commerce les classe ainsi : 1° Anis d'Espagne et de Malte, qui est d'un vert cendré ; 2° Anis d'Albi, qui est blanc et aromatique ; 3° Anis de Tunis, qui est vert et plus doux ; 4° Anis de Russie, qui est noirâtre et peu recherché.

Récolte, dessiccation, conservation. — On les récolte en août. On arrache successivement les plantes arrivées à maturité, ou les fait sécher au grenier, puis on les bat avec un fléau pour séparer les fruits, qu'on crible ensuite pour les avoir bien nets et qu'on renferme enfin dans des sacs placés dans un endroit sec pour leur conserver leur arôme.

Composition chimique. — Les fruits d'an i s contiennent : résine, stéarine, chlorophylle, huile grasse, huile volatile. Celle-ci a pour formule Ci0H12O2; elle est incolore et se fige à + 40° pour ne se liquéfier qu'à ■+■ 47°.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Fruits, 2 décigr. à 2 gr. 2<> Infusion, pp. 40 à 4000. 3<> Eau distillée, 25 à 450 gr. 4° Teinture, 4 à 30 gr. 5° Alcoolat, 4 à 30 gr. 6° Huile essentielle, 4 à 40 gouttes dans une potion ou sur un morceau de sucre. 7o Oléosaccharum, 2 à 40 gr. On en prépare des dragées (anis couvert, anis de Verdun, de Flavigny) et des liqueurs de table (anisette, vespétro). Il entre dans "la composition des espèces carminatives.

ARBOUSIER BUSSEROLE

Action physiologique. — C'est un excitant dont l'action se fait surtout sentir sur l'appareil gastro-intestinal ; il détermine des contractions de la tunique musculaire, qui favorisent l'acte digestif et occasionnent soit par le haut, soit par le bas, une expulsion de gaz. Il justifie, par suite, parfaitement sa réputation de substance carminative. A doses élevées, il produit une accélération dans la circulation de la diurèse. Il communique au lait son odeur et en augmente, dit-on, la quantité. L'urine, sous son influence, acquiert une odeur désagréable.

Usages. — On l'administre dans les dyspepsies fia tu lentes et spasmodiques, dans les coliques qui proviennent de la débilité des voies digestives, dans les tranchées des enfants à la mamelle ; on le donne, dans ce cas, à la nourrice ; son action excitante sur l'estomac est mise à contribution pour faciliter la digestion de certains légumes aqueux, tels que les choux et les navets. Pour quelques-uns, il serait emménagogue, diurétique. Il sert à masquer le goût de certains médicaments. A l'extérieur, on l'emploie en lotions, fomentations ou cataplasmes, sur les ecchymoses et pour dissiper les engorgements laiteux.

. ARBOUSIER BUSSE- ROLE. Arbutus officinalis Wim. et Grab. Arbutus uva-ursi L. Busserole , Buxerolle, Arbousier traînant, Raisin d'ours, Petit Buis. Éricinées. Le nom de busserolle lui vient de la ressemblance de ses feuilles avec celles du buis, celui d'uva-ursi ou raisin d'ours parce que ses fruits sont recherchés par les animaux sauvages.

Description (flg. 21).

— Petit arbuste de 3 à 6 décimètres. Racine rampante. Tiges courtes et trapues, dont les rameaux, cylindriques, rougeâtres et pubescents à l'extrémité, tombent et s'étalent sur le sol. Feuilles alternes, courtement pétiolées, irrégulièrement ovales, plus larges au sommet, sans nervures transver-

Fig. 21. — Arbousier busserole.

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sales saillantes, comme chagrinées sur les deux faces, entières, épaisses, coriaces, d'un vert foncé et luisant, semblables à celles du buis, persistantes. Fleurs (avril-mai) blanches, un peu rougeàtres, penchées, formant une grappe terminale, portées par des pédoncules courts, munis à la base de deux bractées lancéolées. Galice très petit, gamosépale, à 5 lobes, petits, arrondis, obtus, étalés. Corolle gamopétale, urcéolée, à limbe divisé en 5 lobes réfléchis en dehors, présentant à l'intérieur 10 petits nectaires arrondis. Étamines 10, incluses, anthères rouges, bifides. Ovaire à 5 loges, su père, entouré à la base de trois écailles charnues, surmonté d'un style à 5 lobes stigmatiques obtus. Le fruit (août) est une baie globuleuse, rouge, âpre, à 5* loges, contenant de petites graines, olivaires, très dures. $.

Habitat. — Il croît spontanément sur les montagnes du Jura, les Alpes, les Pyrénées, en Italie, en Espagne, dans le midi de la France. On le rencontre dans les lieux ombragés, stériles, sur le revers des rochers.

Culture. — Dans les jardins, on le reproduit soit de graines, soit de marcottes. Les graines demandent à être semées en vase et dans la terre de bruyère, aussitôt après leur maturité, et les jeunes plants doivent être placés en serre jusqu'à ce qu'ils aient pris assez de développement. On les repique alors dans la terre de bruyère. On ne lève les marcottes que la seconde ou la troisième année, en février et en mars. Il convient de mettre la plante à l'abri du froid et d'un soleil trop ardent.

Partie usitée. — Les feuilles. On peut les confondre avec celles du buis, mais ces dernières sont ovales, oblongues, ordinairement échancrées au sommet, présentant sur leur face inférieure une nervure longitudinale et des nervures transversales nombreuses. On leur substitue également ou on leur mélange les feuilles d'airelle myrtile (Vaccinium vitis idaea L.) ; ces dernières sont moins vertes, à bords enroulés en dessous, à nervures transversales très apparentes, à sommet non échancré ; leur face inférieure, blanchâtre, est parsemée de petites taches brunes ; elles ne renferment ni tannin ni acide gallique.

Récolte. — Toute l'année, en choisissant les plus jeunes.

Composition chimique. — L'arbousier busserole contient : acides gallique et tannique, résine, apothème, gomme, sel soluble, chlorophylle, pectine, extractif ligneux, arbutine. Cette dernière substance est un principe amer cristallisé, appartenant à la classe des glycosides. La quantité de tannin que renferment les feuilles est assez considérable pour que dans quelques pays on les emploie au tannage des cuirs et à la préparation de l'encre.

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