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ARMOISE COMMUNE

contre la morsure des serpents, on Ta également proposée contre la morsure des chiens enragés. C'est un excitant, un tonique, que l'on emploie dans les fièvres adynamiques avec collapsus profond, le typhus; un diaphorétique recommandé dans les angines malignes couenneuses et gangreneuses. Elle est peu usitée de nos jours.

ARMOISE COMMUNE. Artemisia vulgaris Lim., Armoise vulgaire, Herbe, Couronne, Fleur et Ceinture de Saint-Jean. Remise. Synanthérêes-Sénécionidées. Armoise est une corruption du mot artémise, dérivé de apTejxi<;, Diane, c'est-à-dire herbe des vierges, par allusion à certaines propriétés médicinales.

Description (fig. 23). — Plante herbacée de 1 mètre et plus, très amère, très odorante. Racine longue, ligneuse, rampante, de la grosseur du petit doigt. Tiges dressées, cylindriques, cannelées, d'un vert argenté quelquefois rougeôtre, chargées d'un duvet plus ou moins blanchâtre, très ramifiées. Feuilles alternes, sessiles, profondément pinnatifides, à divisions inégales, très variables de largeur et de forme, glabres et d'un vert plus ou moins sombre en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. Fleurs rougeâtres (juillet-septembre) dis- Flg* Zim

posées en épi de capitules de forme pyramidale. Capitules petits, ovoïdes, allongés; involucre à folioles ovales, blanchâtres, cotonneuses, à bords membraneux, scarieux. Réceptacle convexe, glabre. Fleurons du centre hermaphrodites, ceux de la circonférence femelles et au nombre de b*. Corolle glabre, à tube allongé, glanduleux. Anthères prolongées au sommet en un appendice subulé. Fruits (achaine) cylindroïdes, lisses, à sommet muni d'un petit épaissis sèment disci forme. if .

Habitat. — Elle est spontanée en Europe et très commune dans les lieux incultes, les bords des chemins, des buissons, des haies.

Culture. — On ne la cultive que dans les jardins botaniques, où sa multiplication s'opère soit par la division des vieux pieds, soit

- Armoise vulgaire.

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par graines qu'on place dans une terre légère, en choisissant une exposition découverte.

Parties usitées. — La racine et les feuilles.

Récolte, dessiccation, conservation. — On récolte les feuilles en juin, en choisissant de préférence celles des plantes venues dans les lieux secs. On les monde, et on les porte au séchoir, où on les suspend en guirlande. Les racines doivent être séchées avec grand soin, sinon elles moisissent.

Composition chimique. — L'armoise contient : huile volatile, principe amer.

Formes pharmaceutiques, doses. — La saveur de la racine est douce; on l'administre en poudre, 2 à 8 gr. Les feuilles donnent lieu aux préparations suivantes : 1° Infusion, pp. 45 à 30 : 4000. 2° Eau distillée, 50 à 100 gr. 3<> Huile essentielle, 1 à 2 gr. 4» Sirop, 30 à 60 gr. 5° Extrait, 2 à 4- gram. 6* Poudre, 4 à 8 gr. 7° Sac, 15 à 30 gr. 8° Vin, un ou plusieurs petits verres par jour. 9° Lavement, pp. 20 : 500. A l'extérieur, 50 à 100 gr. en fumigations vaginales. On doit éviter d'associer les préparations d'armoise aux sels de fer et de zinc.

Action physiologique, usages. — Gomme toutes les plantes amères et aromatiques, c'est un tonique, un excitant, un antispasmodique dont l'action élective se porte sur l'utérus. Aussi est-ce un emménagogue populaire qui réussit lorsque le retard ou la disparition des règles dépendent d'un état atonique ou nerveux et qu'on l'emploie à des doses un peu élevées. On l'a également préconisée dans l'hystérie, les vomissements spasmodiques, les coliques flatulentes. On l'a même vantée contre la chorée, l'épilepsie (poudre de Bresler) ; elle est anthelminthique. Quand on pulvérise les feuilles d'armoise, on obtient un résidu cotonneux, formé par le duvet mêlé de fibres ; ce résidu peut servir à préparer des moxas.

ARNIQUE DES MONTAGNES. Arnica montana L., Doronicum oppositifolium Lam., D. arnica Desf. Tabac des Vosges, T. des Savoyards, Bétoine des montagnes, Souci et plantain des Alpes. Altération de ptarmica, 7rxapjxtxb<;, qui fait éternuer. Synanthérées-Sénécionidées.

Description (flg. 24). — Plante de 2 à 6 décimètres. Rhizome fibreux, horizontal, noirâtre, émettant de nombreuses racines grêles et brunes. Feuilles, le plus souvent 4, réunies en rosette, à la surface du sol, sessiles, ovales, obtuses, entières, à 5 nervures, légèrement pubescentes surtout en dessus, d'un vert clair plus pâle en dessous. Hampe grande, à fleur terminale, présentant ordinairement vers sa partie moyenne deux feuilles plus petites, opposées, dressées, oblongues, lancéolées, plus ou moins aiguës. De chacune

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de leur aisselle sort plus tard une fleur latérale plus petite. Fleurs (juin-juillet) en capitules de 5 à 6 centimètres de diamètre, d'un beau jaune, lnvolucre évasé, campanule, formé de 15 à 20 bractées, velues, aiguës, linéaires, bisériées. Réceptacle nu.

Fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents et placés au centre ; demi-fleurons femelles, à languette oblongue , tridentée , étalée, occupant la circonférence. Fruits (a chaîne) allongés, subcylindriques, noirâtres, pubescents, surmontés d'une aigrette blanche, sessile et plumeuse. ¥>.

Habitat. —L'arnica croît dans les pâturages des montagnes, sur les terrains siliceux, granitiques, dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges. On le trouve également dans les plaines sablonneuses des Landes et de la Sologne.

Culture. — Il est difficile à cultiver. Il exige de la terre de bruyère et une exposition abritée et ombragée. On le propage par graines qu'on sème au printemps ; on repique les plants qui en proviennent au mois

Fig. 24. — Arnique des montagnes.

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d'août cm mieux en automne. On le multiplie aussi par la séparation des racines.

Parties usitées. — La racine, les feuilles et surtout les fleurs.

Récolte, dessiccation, conservation. — La récolte des fleurs a lieu en juillet; après les avoir mondées, on les fait sécher à l'étuve. On les trouve dans le commerce, dans un état de floraison très avancé, de sorte que les fleurons couronnés d'aigrettes blanches, et les demi-fleurons à languette d'un jaune assez vif, s'en détachent plus ou moins. On doit rechercher les fleurs les plus jaunes et celles qui sont restées les plus entières. Quand elles sont récentes, leur odeur est assez forte pour exciter l'éternuement; cette odeur et cet effet s'affaiblissent par la dessiccation ; leur saveur est un' peu acre et amère.

Composition chimique. — L'arnica contient : matière résineuse jaune unie au principe odorant de la plante, matière colorante jaune, acide gallique, gomme, huile colorante bleue, saponine, sels. L'arnicine que l'on extrait des feuilles est un produit cristallisable mal défini, qui a l'aspect et la consistance de la térébenthine, et dont la saveur est très amère. On a également donné le nom d'arnicine (W. Bastick) à une base assez énergique, qui aurait été extraite de cette plante, mais dont l'existence est encore controversée.

Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Infusion, pp. A à 8 : 1000, passez à travers un linge bien serré. 2° Poudre, 50 centig. à 2 gram. pour bols, pilules, ou demi-fine comme sternutatoire. 3° Eau distillée, 50 à 100 gram. 4° Extraits aqueux et alcoolique, 5*0 centig. à 4- gram. 5° Teinture éthérée, 1 à 10 gram. 0° Teinture alcoolique, 1 à 20 grammes. L'arnica entre dans la composition du vulnéraire suisse ou Faltrank ; on doit éviter son association avec les acides minéraux, les sels de fer, de zinc, de plomb.

Action physiologique. — A faible dose, c'est un tonique excitant ; à doses plus élevées, c'est une substance acre déterminant une sensation de brûlure dans la gorge, l'irritation de l'estomac et du tube digestif avec anxiété, nausées, vomissements, coliques, selles, sueurs froides, diurèse ; plus tard des étourdissements, de la céphalalgie, des mouvements convulsifs, de la dyspnée, du délire. Chez les femmes, il cause de violentes douleurs abdominales et des menaces d'avortement. A dose plus élevée encore, il amène des accidents graves, des hémorrhagies et la mort.

Usages. — C'est une plante énergique, dont il faut surveiller l'action avec soin. L'arnica était usité autrefois comme émétique. On l'a recommandé dans les fièvres intermittentes (quinquina des pauvres), contre la dysenterie ; dans les paralysies, les rétentions

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d'urine par faiblesse paralytique de la vessie chez les vieillards ; contre Pamaurose ; pour relever les forces dans Padynamie. On Ta vanté contre la coqueluche. La teinture et l'infusion, soit à Tintérieur, soit sous forme de compresses, constituent un remède populaire, dans les commotions cérébrales, les coups, chutes avec ecchymoses et collections de sang caillé (Panacea lapsorum). On a indiqué la racine, comme antiseptique, dans les infections purulentes. En cas d'empoisonnement par cette plante, on doit administrer l'opium et le tannin.

ARR'OW-ROOT. — Voy. Galanga à feuilles de balisier.

ARTHANTE ALLONGÉE. — Arthante elongata Miq., Piper angustifolium R. et Pav., P. elongatum Vahl. Matico, Herbe du soldat. Pipéracées.

Description. — Arbrisseau à branches grêles, marquées de nœuds saillants, dont les rameaux nombreux, dichotomes, noueux, sont couverts de poils mous. Feuilles (fig. 25) pouvant atteindre jusqu'à 2 décimètres, alternes, courtement pétiolées, étalées, lancéolées, partagées inégalement par la nervure médiane, réticulées, bulleuses, velues, coriaces, d'un brun foncé supérieurement, d'un vert pâle inférieurement. Les nervures secondaires, au nombre de 7 de chaque côté, sont palmées, saillantes, poilues. Chaque feuille est munie d'une stipule ovale, lancéolée, acuminée, oppositi foliée. Fleurs (juin-juillet) hermaphrodites, sessiles, disposées en anneaux et formant des épis solitaires de 10-15 centim., opposés aux feuilles, denses et légèrement recourbés, cylindriques, gros comme une plume de corbeau au plus, chargés de bractées coriaces, pédicellées, peltées, semi-orbiculaires ou obscurément triangulaires. Étamines 3-4, jaunâtres, filets arrondis, glabres. Anthères |réniformes, cordées. Ovaire sessile, oblong, anguleux, surmonté par un stigmate divisé. Fruits (baie) sessiles, pressés, obovés, tétragones, d'une odeur agréable, aromatique, contenant une graine à sommet tronqué. 5-

Habitat. — Cette plante est originaire de la Bolivie, du Pérou, du Chili.

Partie usitée. — Les feuilles, que l'on désigne sous le nom de matico. Elles arrivent en Europe en bottes d'une dizaine de kilogrammes, fortement comprimées et renfermées dans des surons. Elles sont plus ou moins brisées, souvent mélangées de quelques épis et de débris de tiges, mais toujours faciles à reconnaître à leurs deux faces, la supérieure étant relevée de saillies séparées par des sillons, tandis que l'inférieure présente des sillons creux séparés par des nervures proéminentes et velues ; la face supérieure est d'un vert foncé, tandis que la face inférieure est d'un vert blan-

ARTHANTE ALLONGÉE

châtre. Elles ont une vague ressemblance avec les feuilles de digitale; mais, même brisées, on peut toujours les distinguer à leurs nervures très prononcées, à leur odeur de menthe et de cubèbe, à leur saveur acre, amère, mais non astringente.

Récolte, dessiccation. — On récolte ces feuilles au moment de la floraison, on les sèche au feu et on les met en bottes.

Composition chimique. — Les feuilles de Parlhante allongée contiennent: tannin, résine, huile volatile, chlorophylle, matière colorante, extractif végétal, maticine, acide arthantique, nitrate de potasse. La maticine n'est pas cristallisable et n'a aucun des caractères d'un alcaloïde. L'acide arthantique est solide, incolore, cristallisable, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, à saveur franchement acide. L'huile volatile est verdâtre quand elle récente, mais devient jaune quand elle a subi pendant quelque temps l'action de la lumière.

Formes pharmaceutiques , doses. — 1° Tisane par infusion, pp. 10 à 20 : 1000. 2° Lotions, embrocations, lavements, injections 30, 40, 50 gr. : 1000 en décoction légère. 3° Poudre, soit directement à l'extérieur comme hémostatique, soit à l'intérieur sous forme de pilules, bols, 4- à 8 grammes. 4° Eau distillée.

5° Extrait hydro-alcoolique, 2 à 3 décig. 6° Teinture, 4 à 8 grammes.

7° Sirop, 30 grammes. 8° Essence, 10 à 30 grammes par jour.

Fig. 25. — Arthante allongée.

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Action physiologique. — Le matico possède une certaine analogie d'action avec le poivre noir, le cubèbe et le baume de copahu. Son action sur la muqueuse gastro-intestinale est Ionique, stimulante; elle devient irritante quand on exagère la dose; il se produit alors des troubles digestifs, de la diarrhée, de la céphalalgie, une augmentation dans la caloriflcation. Les principes actifs sont éliminés surtout par l'urine, ce qui explique ses effets sur la muqueuse génito-urinaire ; le passage de ces principes dans l'appareil cutané détermine de ce côté des exanthèmes sudoraux. Mis en contact avec une plaie récente, soit en décoction, soit en infusion, soit en poudre, il diminue ou arrête l'écoulement sanguin, coagule la fibrine, oblitère les petits vaisseaux et accélère la cicatrisation.

Usages. — A l'extérieur, on l'emploie pour étancher le sang, fermer les piqûres des sangsues, agglutiner les plaies des gencives et du nez ; le nom d'herbe du soldat qu'il porte au Pérou fait allusion à ses propriétés styptiques et vulnéraires. On l'a proposé dans l'ulcère simple de l'estomac et le cancer de cet organe, pour diminuer l'hyperémie et favoriser la reproduction de l'épithélium ; dans l'hématémèse, l'hémoptysie. C'est le succédané du cubèbe et du copahu dans la blennorrhagie uréthrale, la leucorrhée. D'ailleurs, l'étude thérapeutique et physiologique de ce médicament est encore inachevée, car son introduction dans la médecine européenne est assez récente. VArthante adunca Miq. et L., A. ancifolia, ainsi que quelques autres espèces du genre peuvent fournir des feuilles susceptibles de remplacer le vrai matico.

ASA FŒTIDA. — Voy. Férule ase fétide.

ASARET D'EUROPE. Asarum europœum L., A. officinale Mœncli. Cabaret, Rondelle, Nard commun ou sauvage, Oreille d'homme. Aristolochiées. Le nom d'asarum dérive de <£a/)po;, rebuté, parce que cette plante n'était jamais employée par les anciens pour orner leur tête.

Description (fig. 26). — Petite plante toujours verte, d'une odeur désagréable. Rhizome rampant, tortueux, de la grosseur d'une plume à écrire, quadrangulaire, d'un brun grisâtre à l'extérieur, jaunâtre à l'intérieur, présentant de distance en distance des renflements d'où sortent des racines blanchâtres. Les tiges qui en proviennent n'ont que 2-4 centimètres de long; elles sont couchées, terminées par une paire de feuilles. Celles-ci, portées par des pétioles de 8-18 centimètres canaliculés , laineux , sont un peu coriaces, vertes et lisses en dessus, pâles et légèrement velues en dessous, réniformes, arrondies, un peu échancrées en haut, recourbées en dedans et ayant grossièrement l'aspect d'une oreille d'homme. Les fleurs (avril-mai), d'un pourpre brunâtre, apparaissent

ASARET D EUROPE

an sommet des tiges entre les deux pétioles; elles sont portées sur des pédoncules très courts. Périgone velu sur les deux faces, eampanulé, à trois divisions pointues recourbées en dedans au sommet. È ta rai nés 42, incluses, insérées sur un disque périgyne; filets libres et courts; anthères libres surmontées par un prolongement du connectif. Ovaire oblong, à 6 loges; style hexagone; stigmate à 6 lobes. Le fruit est une capsule hexagone à 6 loges, surmonté des restes du périgone et contenant des graines grisâtres

rugueuses, insérées sur deux rangs dans chaque loge. ?f. — Ne pas confondre avec l'asarine, Antirrhinum asarina L., Scrophulariées, dont les feuilles ont une certaine ressemblance avec celles de Pasaret.

Habitat. — 11 croît dans les lieux ombragés et les bois montagneux; on le trouve dans toute la chaîne jurassique, au-dessus de la région des vignes et principalement dans celle des sapins.

Culture. — On le reproduit par éclat des rhizomes que Ton sépare au printemps et à l'automne. Tous les terrains lui conviennent, pourvu que l'on fasse choix d'une exposition un peu ombragée.

Parties usitées. — La racine et les feuilles.

Béeolte. — Les feuilles se récoltent pendant tout l'été. On recueille la racine au printemps et à l'automne, on doit la renouveler deux fois par an et la choisir entière, bien nourrie, de la grosseur d'une plume de corbeau ; son odeur doit être forte, camphrée ; sa saveur,, amère, poivrée.

Composition chimique. — La racine d'asaret contient : huUe volatile, huile grasse très acre, matière jaune nauséeuse et émétique, qui probablement est le principe actif, albumine, fécule, acide citrique, sels. Par la distillation, elle donne trois produits : une matière cristallisée (asarite), une matière blanche cristallisable (asarooe), et une huile volatile liquide.

Fig. 26. — Asaret d'Europe.

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