Partie usitée. — La racine
Récolte, dessiccation. — On récolte la racine au printemps et à l'automne, quand la plante a deux ou trois ans. La dessiccation se fait au soleil ou dans une étuve modérément chauffée; si elle est trop grosse, on la coupe préalablement en petites rouelles. Elle est d'une odeur forte, d'une saveur aromatique, acre et amère; elle conserve ses propriétés en se desséchant, seulement sa couleur devient grise, et elle prend l'odeur de l'iris.
Composition chimique. — La racine d'aunée contient : résine acre, molle et brune, huile volatile, cire, extrait amer, gomme, albumine, fibre, sels dépotasse, de chaux, de magnésie, hélénine, mutine. L'hélénine (hélénol ou camphre d'aunée), C*»H2808, est une huile volatile concrète; l'inuline est une fécule particulière qui se colore en jaune par l'iode, ne forme pas de gelée avec l'eau et se dissout dans l'eau bouillante, d'où elle se précipite par l'évaporation sous forme d'une masse amorphe, gélatineuse. L'hélénine et la résine molle sont probablement les principes actifs.
Formes pharmaceutiques, doses. — 1° Décoction ou infusion, pp. 15 à 30 : 1000. 2° Sirop, 30 à 1000 gr. 3° Teinture, 5 à 10 gr. ¥ Vin, 50 à 100 gr. 5° Extrait, 1 à 8 gr. 6° Poudre, 4 à 10 gr. Cette racine entre dans le sirop d'érysimum et le sirop d'armoise cora-
Action physiologique. — C'est un amer et un aromatique agissant comme stimulant doux des organes digestifs et circulatoires, et par conséquent capable d'exciter les principales sécrétions. A dose élevée, l'aunée produit des nausées et des vomissements.
Usages. — Les propriétés de l'aunée ont été utilisées dans la dyspepsie atonique, les catarrhes pulmonaire et bronchique ; dans l'asthme, les fièvres exanthématiques, quand l'éruption se fait attendre. C'est un emménagogue populaire, qu'on associe souvent an fer dans le traitement de la chlorose avec dysménorrhée. On l'a également employée contre les (lueurs blanches atoniques. Les an-
AVOINE CULTIVA i{5
ciens la croyaient alexitère; il est certain que son action tonique, excitante, peut être mise à contribution pour combattre la dépression résultant de l'introduction dans l'économie d'un poison ou d'un venin. On incorpore quelquefois sa pulpe ou sa poudre dans de la graisse, et l'on emploie cette pommade en frictions contre la gale. On a également indiqué la décoction comme antipsorique, et la pulpe, en cataplasmes, pour déterger les ulcères sanieux.
AVOINE CULTIVÉE. Avena vulgaris Bauth., A, sativa L. Graminées. De aveo, je désire (fourrage désiré par tous les bestiaux).
Description. —Plante de 5* décim, à 1 mètre. Racine fibreuse. Tige (chaume) droite, creuse, articulée^ glabre, rameuse dès la base. Feuilles longues, linéaires, engainantes^ aiguës, vertes, glabres, un peu rudes; ligule courte et tronquée* Fleurs (juillet-août) vertes, nombreuses, disposées en panicules lâches dont les rameaux longs, grêles, flexibles et penchés portent plusieurs èpiUets btflores, uni* latéraux, ouverts; glume à 2 valves, lisses, striées, très aiguës, plus longues que les fleurs qu'elles entourent. Chaque fleur est munie d'une glumelle ou balle à 2 valves, dont l'extérieure, plus grande, lancéolée, aiguë, bidentée au sommet, présente sur le milieu de son dos une arête raide plus longue que la fleur, tandis que l'intérieure est glabre. Étamines 3, anthères oblongues. Ovaire supère surmonté par 2 styles à stigmates plumeux. Fruit (caryopse) allongé, étroit, pointu aux deux extrémités, glabre, marqué d'un sillon dans toute sa longueur, de couleur brunâtre, enveloppé par la glumelle. ®.
Habitat. — L'avoine est probablement originaire de l'Orient.
Culture. — Nous ne dirons rien de la culture de cette plante, que l'agriculture produit en grande quantité pour des usages autres que ceux de la médecine.